Speaker #0Bienvenue dans le podcast qui s'adresse aux dirigeants et cadres sous pression et qui explore comment retrouver de la clarté mentale et une performance durable en travaillant sur la façon dont votre esprit fonctionne au quotidien. Mon nom est Géraldine Breton, bienvenue dans Présence et Performance. Aujourd'hui, je vais aborder une chose qu'on aborde rarement de manière honnête, Dans le milieu des décideurs, des responsables, la performance. Pas celle qu'on affiche, celle qu'on ressent. Parce que sur le papier tout tient, les chiffres sont là, l'entreprise tourne, l'équipe suit, et pourtant à l'intérieur le film est souvent différent. J'entends vraiment souvent « je devrais faire mieux » , « à mon niveau c'est pas suffisant » , « avec ce que j'ai je suis en dessous » . Ce décalage entre ce que vous produisez réellement et ce que vous vous en ressentez, Il est loin d'être anodin, il a même des racines très précises. Dans la façon dont vous mesurez votre performance, dans vos drivers internes, ce « soit fort » , ce « fait des efforts » qui ont clairement construit votre réussite, et aussi dans ce que j'appelle votre qualité d'appréciation, la façon dont vous regardez, ou pas, ce que vous faites vraiment. Dans cet épisode, on ne va pas parler de bien-être, on va parler de résultats, de rendement, de force, de persévérance, et de la façon dont malgré tout ça, vous pouvez continuer. à vous sentir moyen. On va voir pourquoi ces drivers sont à la fois votre moteur et le filtre qui vous empêche de vous voir à votre juste hauteur. Comment redéfinir ce qui compte vraiment dans votre performance ? Et comment entraîner concrètement une qualité d'appréciation plus juste avec un rituel simple, les 3 points de satisfaction ? Alors, l'objectif n'est pas de vous flatter, c'est plutôt que votre ressenti de performance se rapproche enfin de votre réalité. Je vais vous parler cette semaine de Julien. Julien a 48 ans, il est dirigeant associé d'une entreprise qui fonctionne. Les chiffres sont corrects, la croissance est là, pas spectaculaire mais solide, son équipe est stable, les clients reviennent. Quand il arrive en coaching, il me dit « Franchement, si je regarde froidement, tout va bien. Mais moi, à l'intérieur, je me sens moyen. À mon âge, avec ce que j'ai, je devrais être plus loin. » Je lui demande ce que ça veut dire pour lui plus loin. Il me parle alors d'autres dirigeants, ceux qui ont vendu, ceux qui ont levé plus, ceux qui ont une image plus forte. Il me parle de ce qu'il s'imaginait à 30 ans, où il en serait, ce qu'il aurait construit. Et puis, il lâche une phrase presque en passant. En vrai, je n'ai pas l'impression de donner tout ce que je pourrais. J'ai l'impression de ne pas assez forcer. Alors, on creuse, et très vite, deux drivers apparaissent. Le premier, soit fort. Julien ne se plaint pas, il minimise ce qu'il traverse, il encaisse, il ne demande quasiment jamais d'aide. Il a grandi avec l'idée que tenir fait partie du métier, que montrer la difficulté c'est déjà une forme de faiblesse. Ce driver a fait de lui quelqu'un de très fiable, un pilier, un dirigeant sur qui on peut compter dans la tempête. Le deuxième driver, c'est fait des efforts. Julien se sent légitime, surtout quand c'est dur. quand il faut arracher, quand il souffre. Dès que quelque chose devient plus fluide, il se méfie. J'en fais pas assez, je pourrais pousser plus, je suis en train de me ramollir. Ce driver lui a donné une capacité de travail énorme, une persévérance impressionnante, un niveau de résilience rare, comme le driver du soif fort. Mais vous le voyez déjà, ces deux drivers tirent très haut sur la capacité à produire, et très bas. sur la capacité à reconnaître ce qui est produit. Résultat, Julien est objectivement performant. Mais sa qualité d'appréciation est tellement filtrée qu'il continue de se vivre comme pas au niveau. Alors, pour y voir plus clair, je vous propose de regarder la performance à trois niveaux. Le premier niveau, on va parler de la performance visible, ce qui se voit et se mesure. Le chiffre d'affaires, la marge, la croissance, les projets livrés, les résultats... compte. La question, c'est plutôt d'être attentif, à ne pas confondre mes résultats sont en tension et je suis insuffisant. Ou quand on s'impose une croissance permanente sans jamais tenir compte du contexte réel. Le deuxième niveau, c'est la performance perçue, ce que vous ressentez quand vous fermez votre ordinateur le soir et là, vos drivers jouent un énorme rôle. Avec Soif Fort, vous minimisez la difficulté. Ce que vous faites devient normal, la moindre des choses. Avec Fais des Les efforts, ce n'est vraiment méritant que quand c'est arraché. Dès que les choses deviennent plus fluides, parce que vous avez 20 ans d'expérience, parce que vous avez construit quelque chose de solide, votre cerveau vous dit « ce n'est pas assez » . Le troisième niveau de performance, et c'est là que se trouve ce qui compte vraiment, la performance essentielle, cet alignement entre trois choses, ce que vous produisez, vos résultats. vos effets concrets, la façon dont vous les obtenez, vos décisions, votre présence, l'impact sur vos équipes, votre santé et aussi votre qualité d'appréciation, la façon dont vous reconnaissez ou non votre contribution réelle. Tant que ce troisième niveau est biaisé par « Sois fort et fais des efforts » , vous pouvez avoir des résultats excellents, tenir des tempêtes entières sans jamais vous vivre comme quelqu'un qui se réalise dans ce qu'il fait. Je le répète, parce que ça, c'est vraiment très courant, et c'est très très dommageable. Tant que ce troisième niveau est biaisé par « Sois fort et fais des efforts » , vous pouvez avoir des résultats excellents, tenir des tempêtes entières, sans que jamais vous puissiez vous vivre comme quelqu'un qui se réalise dans ce qu'il fait. Alors je vais... Vous proposez, comme à chaque épisode des exercices, le premier. Ça va être d'aller regarder votre carte actuelle de performance. On va rendre visible quelque chose qui tourne souvent en arrière-plan, sans qu'on le sache vraiment. Prenez un papier, mettez l'épisode sur pause si vous voulez. En haut de votre feuille écrivée ou de votre note, « Aujourd'hui, je me juge surtout sur… » et laissez venir. Ça peut être vos résultats financiers, votre croissance, votre image, votre temps de travail, la comparaison avec vos pairs, ce que vous vous étiez promis à 30 ans, les autres résultats, des camarades de promo peut-être. Notez tout sans filtrer. 5 à 10 éléments, c'est pas mal. Mettez l'épisode sur pause s'il le faut. Maintenant, à côté de chaque critère, une question simple. Ça vient d'où ? du marché de votre milieu de votre famille de l'image que vous aviez de vous plus jeune ou vraiment ça vient de vous aujourd'hui puis pour chaque critère je vous propose de vous demander quand je me juge là-dessus je me sens quand je me juge sur Les résultats financiers, la croissance, je me sens sous pression, en retard, fière, légitime, jamais assez. Quand je me juge sur la comparaison avec mes pairs, comment je me sens ? Laissez venir les mots. Ce que vous allez avoir sous les yeux, ça va être une partie de votre carte actuelle de la performance. Les cases que votre cerveau coche ou pas. avant de décider si vous avez le droit de vous considérer comme performant. Vous voyez peut-être que certains critères viennent de très loin, qui n'ont jamais été mis à jour, et qui produisent plus de tension que de clarté. Alors l'exercice 2 va porter sur vos 3 critères de performance essentiels. On va poser quelque chose de nouveau. Alors 3 phrases qui, si vous les respectez vraiment, font que vous pouvez vous regarder et vous dire « Alors là oui, je performe. » Une contrainte, parmi ces trois phrases, il y aura au moins un critère lié au résultat, parce qu'il compte. Au moins un critère lié à la façon dont vous fonctionnez. Clarté de décision, santé, impact sur les autres. Et aussi au moins un critère lié à votre réalisation de vous-même, c'est-à-dire cette sensation d'être à votre place, d'avancer dans la direction qui a du sens pour vous. En bas de votre feuille, écrivez Ok ? Je considère que je performe vraiment quand, puis trois phrases, pas plus. Par exemple, je considère que je performe vraiment quand l'entreprise atteint ce niveau dans une trajectoire soutenable. Ensuite, par rapport au fonctionnement, quand je prends mes décisions clés au bon niveau de recul et pas en état de survie. Et puis, concernant la réalisation de soi, quand je ne me trahis pas sur ce qui touche à mes valeurs. Ce n'est qu'un exemple. Pour chacune, quand vous les aurez notées, demandez-vous... À quoi je verrai que c'est vrai dans ma semaine ? Choisissez un indicateur concret, un signal, un comportement. Et enfin, en dessous, écrivez « Pendant les 30 prochains jours, je choisis de me juger d'abord, sûr. » Et vous recopiez vos trois phrases. Vous ne supprimez pas les autres critères, ils existent. Mais pendant 30 jours, vous choisissez consciemment de regarder en premier. Ces trois critères-là. Je vais maintenant vous proposer un autre exercice. Cet exercice est vraiment très puissant. C'est l'exercice des trois points de satisfaction. Redéfinir vos critères sur le papier, ça c'est un bon début. Mais si votre qualité d'appréciation reste pilotée encore une fois par « Sois fort et fais des efforts » , vous allez continuer à ne voir que ce qui manque. Ça se travaille comme un muscle de pouvoir apprécier ce qui est réussi, ce qui est là, ce qui fonctionne. Alors chaque soir, réservez simplement 3-4 minutes à cet exercice. Avant d'arrêter votre travail, juste notez 3 choses. La première, un fait concret dont vous êtes satisfait aujourd'hui. Même petit, une décision que vous avez prise. Une conversation que vous avez tenue, un pas sur un sujet important. Ensuite, notez un endroit où vous avez respecté vos propres critères de performance. Alors reprenez vos phrases de tout à l'heure, vous avez pris le temps de réfléchir avant de décider, vous n'avez pas sacrifié un point non négociable juste pour aller plus vite. Et enfin, notez un progrès infime par rapport à... L'ancien fonctionnement. Une situation où peut-être il y a un an vous auriez fait autrement. Plus fort, plus vite, plus dans la suradaptation. Et où aujourd'hui vous avez fait 5 à 10% différemment. Notez cette différence. L'idée c'est vraiment d'entraîner votre cerveau à voir la réalité complète de votre performance. Ce qui manque, oui. Ce qui demande du travail, oui. mais aussi ce qui est déjà là, ce que vous portez, ce que vous faites tenir sans même vous en rendre compte. Vos drivers vous poussent naturellement à surévaluer la difficulté et à sous-évaluer ce que vous faites déjà. Ce rituel n'y touche pas, il va affiner simplement votre qualité d'appréciation. Et c'est là que quelque chose change, dans votre sentiment, votre vécu, votre ressenti de performance. et dans votre réalisation de vous-même. Alors les trois idées clés à retenir sont vos résultats comptent, mais ils ne disent pas tout de votre performance. La deuxième, vos drivers, soit forts et faits des efforts, ne sont pas des ennemis. Ils ont signé une grande partie de votre réussite. Ils font de vous quelqu'un sur qui on peut compter, quelqu'un qui tient et qui traverse. Vous êtes réellement fort. Vous êtes réellement résilient, vous pouvez réellement accomplir beaucoup de travail. Tout est à garder dans ces drivers. Dans la mesure où je développe, ma capacité, et c'est cette troisième idée, de pouvoir apprécier au plus juste la situation, pour que mon ressenti de performance se rapproche enfin de ma réalité. Ma capacité à pouvoir être en dehors de biais. qui sont liées à ces drivers-là. La réalisation de soi ne se situe pas uniquement dans le prochain objectif atteint. Elle se situe dans la façon dont vous vous voyez vous en train de mener ce rôle, dans la façon dont vous reconnaissez vos propres pas, vos propres ajustements, vos propres progrès. Alors si en m'écoutant aujourd'hui, vous réalisez que vous avez une performance réelle, solide, mais avec un ressenti toujours un cran en dessous, Je vous propose deux choses. Une session focus. Alors, une session focus, c'est une séance intensive avec un seul enjeu, un résultat concret à l'issue. C'est idéal si vous avez une décision à clarifier, une posture à repositionner, une dynamique à dénouer. Sachez que durant cette session, je ne vous lâche pas tant qu'on ne réussit pas à dénouer cette dynamique ou à repositionner la posture. Je vous propose aussi un accompagnement impact sur trois mois pour pouvoir travailler en profondeur votre performance essentielle, recalibrer vos critères et construire une qualité d'appréciation qui tienne dans la durée. Toutes les informations sont dans les notes de l'épisode, ou vous pouvez me contacter directement sur LinkedIn. Rappelez-vous que vous performez probablement plus que vous ne le croyez. La question n'est vraiment pas de se raconter des histoires, c'est plutôt... de regarder votre performance avec des critères qui sont vraiment les vôtres et avec une qualité d'appréciation digne du décideur que vous êtes devenu. Merci d'avoir pris ce temps. On se retrouve mercredi prochain à 8h pour un nouvel épisode de Présence et Performance.