Speaker #0Bienvenue dans Présence et Performance, le podcast qui part d'une conviction simple, ce que vous n'avez pas encore appris à voir dirige à votre place. Chaque épisode, on apprend à lire les intentions, les signaux, les angles morts. Mon nom est Géraldine Breton, vous êtes ici chez vous. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui touche énormément de cadres dirigeants, de dirigeants. d'entrepreneurs, mais dont on parle souvent de manière très culpabilisante, ce qu'on appelle le syndrome de l'imposteur. Alors je mets tout de suite des guillemets parce que vous allez le voir, je n'aime pas du tout ce terme. On vous a sans doute appris à le voir comme un problème de confiance en vous, comme quelque chose à corriger en vous. Et ce que je vous propose ici, c'est de le regarder autrement, pour ce qu'il est, un ressenti, un signal. au même titre que vos émotions nous allons voir ce qui se joue vraiment à l'intérieur votre système nerveux vos représentations de ce que devrait être un bon manager, un bon dirigeant et votre identité professionnelle et surtout nous allons voir comment ce ressenti peut devenir une information utile plutôt qu'une étiquette qui vous colle à la peau Alors, je vous propose de partir d'une scène que vous avez peut-être déjà vécue. Vous êtes en réunion codire, en comité projet ou en entretien avec votre équipe. C'est vous qui présentez. Objectivement, vous maîtrisez votre sujet. Vous avez préparé le dossier, vous connaissez les chiffres, vous connaissez les personnes. Et pourtant, il y a quelque chose qui se passe à l'intérieur. Votre cœur commence à s'emballer, vous avez l'impression d'être un peu au-dessus de vous, de vous regarder faire. Et d'ailleurs, vous surveillez chaque mot, vous sortez bien sûr de cette réunion vidée, avec une sensation étrange. Je crois que ça s'est bien passé, mais j'ai plus survécu que vraiment occupé ma place. Sur le papier, vous cochez toutes les cases. Mais votre système nerveux, lui, n'est pas au courant. On appelle souvent ça le syndrome de l'imposteur. Vous connaissez peut-être cette pensée. Si les autres savaient vraiment comment je me sens à l'intérieur, ils comprendraient que je ne suis pas à la hauteur. Dans cet épisode, j'aimerais que l'on désosse un peu cette expérience, qu'on regarde ce qui se joue vraiment, en profondeur, derrière cette étiquette. On vous a appris à appeler ça un syndrome. Un syndrome, ça sonne comme quelque chose qui vous tombe dessus, que vous subissez. Un syndrome, c'est un diagnostic. Ici, je vais volontairement le renommer. Je vais parler de ressenti d'imposture, ou de ressenti d'illégitimité. Pourquoi ? Parce que c'est ce que c'est. C'est un ressenti, et parce qu'aussi un ressenti c'est un signal. C'est comme une émotion. Par exemple, quand vous vous sentez en colère, vous ne dites pas « j'ai le syndrome de la colère » , « je ne sais pas comment m'en sortir avec mon syndrome de la colère » . Vous vous dites « ok, quelque chose en moi réagit, ça me donne une information sur ce qui est important pour moi, sur une limite qui a été dépassée » . Et si vous êtes bon en gestion des émotions, vous allez ensuite vous dire « de quoi ai-je besoin ? » Qu'est-ce que me demande de faire ce signal ? Qu'est-ce que j'en fais ? Très bien. Pour ce ressenti d'imposture, c'est la même chose. Ce n'est pas « vous êtes un imposteur » , c'est « il se passe quelque chose en vous, pour une raison précise, dans un contexte précis, à ce moment-là » . Rien que ce changement de mot fait déjà bouger la posture. On passe de « j'ai un problème à régler en moi » A, j'ai un signal à écouter et à décoder. Alors ce ressenti apparaît très souvent quand vous vous êtes accroché à une image très figée de votre rôle. C'est ce que je remarque avec les personnes que j'accompagne. Un bon dirigeant, c'est ça, une image. Un entrepreneur crédible, c'est ça, une image. Un manager, c'est ça. Et cette image est en général très étroite, très exigeante, très lisse, toujours sûre de lui, toujours disponible, jamais dépassée, toujours rationnelle. En résumé, quelqu'un qui n'existe pas vraiment. Du coup, vous faites une grosse confusion. Vous confondez légitimité et conformité. Conformité à cette image qui n'existe pas. La légitimité. La conformité, c'est est-ce que j'ai ma place dans ce rôle ? Est-ce que ce que je fais, ce que j'apporte a du sens ici ? La conformité, c'est est-ce que je colle parfaitement à l'image que j'ai dans la tête ? Tant que vous ne collez pas à 100% avec cette image impossible, vous vous jugez illégitime, même si dans la réalité, vous faites votre travail, vous apprenez, vous prenez des décisions, et vous avez de l'impact. Donc souvent, Ce ressenti d'imposture ne dit pas « vous n'êtes pas légitime » . Il dit « vous ne correspondez pas à l'image standard que vous vous êtes fabriquée de ce que vous croyez devoir être » . Je répète, votre ressenti d'imposture, votre ressenti d'illégitimité ne vous dit pas que vous n'êtes pas légitime. Il vous dit juste que vous ne correspondez pas à l'image standard que vous avez fabriquée. de qui vous croyez devoir être. Pendant ce temps, il y a un autre acteur en coulisses, et c'est votre système nerveux. Lui, il fait ce qu'il sait faire, scanner, analyser. Alors il regarde, est-ce que c'est prévisible ? Est-ce que c'est connu ? Est-ce que je sais comment réagir ? Est-ce que je risque le rejet, la critique, l'exclusion ? Si votre rôle, votre prise de parole, votre niveau de responsabilité viennent toucher une zone où vous n'avez pas encore de repères stabilisés, alors votre système nerveux peut lire ça comme un danger. Et bien sûr, ce n'est pas un danger rationnel, c'est un danger ressenti. Et là, il va activer le mode survie. Ce qui nous donne l'accélération du cœur, hausse de tension, hypervigilance, rumination. Et ça, ce n'est pas parce qu'on est fragile. C'est parce qu'il y a un gap énorme entre ce que vous croyez devoir être pour mériter votre place et ce que vous êtes réellement en train d'être là, maintenant, dans la vraie vie. Et vous avez remarqué, au lieu de remettre en question cette représentation impossible, Ce fameux dirigeant parfait, cadre dirigeant parfait, manager parfait, entrepreneur parfait, on pointe du doigt la personne, vous. On se dit, si je me sens comme ça, c'est que je suis un imposteur. C'est là que c'est intéressant de pouvoir déjà mettre ça en perspective en se disant, ce que je vais interroger c'est ma représentation, ce n'est pas moi. Puisque l'écart que je mesure se joue déjà sur cette représentation-là. Ce que je constate très souvent, c'est que ce ressenti se manifeste exactement dans les moments où vous êtes en train de grandir. C'est vraiment ce que je remarque souvent avec les personnes que j'accompagne. C'est aussi ce que j'ai remarqué avec moi, au sein de ma propre entreprise. Alors, une nouvelle prise de poste, un élargissement de périmètre des nouveaux interlocuteurs, un niveau de complexité supérieur. Et si au lieu d'y voir un frein, On voyait ça comme un signal. C'est juste le signal que vous êtes dans un espace où vous n'avez pas encore de repères stabilisés. Ce n'est pas du tout la preuve que vous êtes faux, que vous êtes fausse. C'est l'indicateur que vous êtes en train d'entrer dans un nouveau territoire. Le problème, ce n'est vraiment pas de ressentir cette imposture. Le problème, ça va être éventuellement ce que je vais en faire, ce qu'on en fait. Et ce qu'on en fait souvent, c'est une preuve à charge contre nous. Alors qu'on aurait le choix de s'en servir comme d'une invitation à ajuster la représentation de notre rôle, à poser de nouveaux repères et à apaiser notre système nerveux dans ce nouvel espace. Pour résumer tout ça, j'aime bien utiliser une image. Imaginez que votre rôle de dirigeant, de responsable, d'entrepreneur, c'est un espace. Et dans cet espace, vous avez un centre de gravité. Quand le ressenti d'imposture est très fort, votre centre de gravité monte dans la tête. Vous n'habitez plus le rôle, vous le commentez. Vous êtes en train de vous observer et de vous évaluer en direct. plutôt que d'être en lien avec les personnes et les décisions devant vous. Quand vous revenez au corps, à votre respiration, à vos pieds au sol, à votre posture, alors votre centre de gravité va redescendre. Et vous redevenez quelqu'un qui est présent, qui est là dans la pièce. Pas juste quelqu'un qui passe un examen invisible, qui en plus serait perdu d'avance. Pour moi, travailler sur ce ressenti d'imposture, ce n'est pas vous répéter que vous êtes formidable jusqu'à ce que vous y croyez. Surtout que ça ne marche pas. C'est plutôt vous aider, premièrement, à revisiter la représentation que vous avez de votre rôle. Deuxièmement, calmez votre système nerveux dans ces situations. Et enfin, vous redonnez la permission d'occuper votre place à votre manière. Je dis souvent à mes clients, fais avec ton style. On a tous un style. Et le fait ne serait-ce que de se le dire comme ça, souvent ça nous permet d'aller vers, je me réapproprie cette place à ma manière. Je vais maintenant vous proposer trois expériences super simples à tester. Et ensuite, je vous parlerai d'une masterclass que j'ai créée spécifiquement cette année en lien avec la semaine de la qualité de vie et des conditions de travail. Alors, la première piste, la prochaine fois que vous vous sentez illégitime. Je vais vous inviter à faire un petit scan en quatre questions. Vous pouvez les noter et les garder quelque part à portée de main. Première question, où est-ce que je sens cette illégitimité dans mon corps ? Est-ce que c'est dans la gorge, le ventre, la poitrine, la mâchoire ? Donc la première question, elle est sur où est-ce que ça se situe dans mon corps ? Deuxième question, quelle est la phrase automatique qui se lance dans ma tête ? Ils vont voir que je ne sais pas. Je suis là par hasard. Tout repose sur moi, je ne vais pas y arriver. Ils vont bien se rendre compte que je ne suis pas à la hauteur. Ils vont se rendre compte qu'ils se sont trompés. Malheureusement, il pourrait y en avoir beaucoup d'autres. Donc la deuxième question, ce sera de noter cette phrase. Troisième question, et là on va en profondeur. À qui ressemble cette voix ? Est-ce que c'est un ancien chef ? Un parent, à une culture d'école ou à la culture de mon entreprise ? Cette façon de parler, ce style. Et la quatrième question, qu'est-ce qu'il y a de nouveau pour moi dans cette situation ? Est-ce que je suis à un niveau de responsabilité différent ? Est-ce que je fais face à plus de visibilité ? Est-ce que je suis sur un terrain sur lequel je n'ai encore que peu de repères ? Avec ces quatre questions-là, vous êtes déjà dans un exercice complet de métacognition et vous allez passer de « je suis ce doute, je suis cette imposture » à « j'observe ce ressenti, ce doute, je regarde ce qu'il me raconte et dans quel contexte il se déclenche » . Et vous pourrez commencer à voir que très souvent, Ce ressenti arrive justement là où vous êtes en train d'entrer dans un nouvel espace. Ma deuxième piste, c'est un rituel très simple pour votre système nerveux, à utiliser juste avant un moment où ça s'active. Choisissez un moment, une réunion peut-être, un entretien, une prise de parole. Posez les pieds bien au sol. Alors, posez les pieds bien au sol. A priori, ils ne peuvent pas l'être à moitié. Mais ayez ce sentiment. d'être bien ancré au sol. Si ce sentiment ne vous vient pas naturellement, imaginez que vous avez chaussé deux chaussures de ski. Donc vous êtes très très stable au niveau des pieds. Laissez votre dos être soutenu par la chaise et puis je vais vous inviter à prendre cinq respirations en laissant l'expiration un peu plus longue que l'inspiration. Par exemple, vous pouvez vous dire j'inspire sur trois et j'expire par la bouche sur cinq. Donc vous allez faire ça cinq fois et pendant ces respirations, profitez-en pour vous dire, là maintenant je suis en sécurité, je suis en train d'expérimenter un vrai métier. Je n'ai pas besoin d'être parfait pour être à ma place. Une phrase qui vous soutient, ou vous la dites intérieurement. Et cinq respirations de ce type peuvent suffire à bien faire redescendre l'activation. Et là encore, vous n'essayez pas de vous convaincre de force. Vous allez juste offrir à votre corps un signal. Ce n'est pas la guerre, tu peux baisser d'un cran. C'est juste ça. Et si vous répétez ? ce type de geste alors ça va commencer à apprendre à votre système nerveux que ces situations ne sont pas forcément des menaces vitales enfin la troisième piste C'est la micro-réécriture identitaire. Je m'explique. Après cet épisode, je vais vous proposer de prendre une feuille et d'écrire deux phrases. La première commence par « Jusqu'ici, je me suis vue comme… » « Laisser venir » . Ça pourrait être « Jusqu'ici, je me suis beaucoup vue comme quelqu'un qui a surtout eu de la chance. » Ou « Jusqu'ici, je me suis vue comme l'expert qui a glissé par erreur. » vers mon métier. Et la deuxième phrase commence par « à partir d'aujourd'hui, je choisis de me voir aussi comme » . Donc ça pourrait être « à partir d'aujourd'hui, je choisis de me voir aussi comme quelqu'un qui a le droit de demander des repères, du soutien des moyens » . Un exemple. L'idée, ce n'est pas du tout de vous raconter une histoire toutreuse. L'idée, c'est d'ouvrir une autre manière de vous voir. Une manière plus proche de cette réalité vivante en mouvement que du modèle figé dans votre tête, qui n'existe pas. Vous pouvez relire ces deux phrases avant un moment sensible, juste pour vous rappeler qu'il y a d'autres façons d'habiter ce rôle. Si vous vous êtes reconnu dans ce que nous venons de dérouler, dans ce décalage entre ce que vous croyez devoir être et ce que vous êtes réellement en train de vivre, dans ce système nerveux qui se met en alerte dès que vous entrez dans un nouvel espace, ce que vous vivez n'est pas une anomalie. Ce ressenti d'imposture, c'est même pas nécessairement un frein. C'est juste un signal que vous êtes en train de traverser une zone où vous n'avez pas encore de repères stabilisés. Et la bonne nouvelle, c'est que ça, ça peut se travailler. Alors cette année, le thème de la semaine de la qualité de vie et des conditions de travail, c'est « Manager, c'est tout un travail » . On remet enfin le métier de manager au centre. Son impact, sa charge, sa complexité. Et c'est exactement pour cela que j'ai créé Une expérience sous forme de masterclass qui va être dédiée à ce sujet. Manager et dépasser le ressenti d'imposture. C'est un espace d'une heure où nous prenons le temps de revenir à vous, de comprendre comment votre système nerveux réagit à votre rôle, de questionner aussi vos représentations de ce que vous croyez devoir être. et de poser des repères très concrets pour habiter votre poste d'une manière plus juste pour vous. Si vous êtes dirigeant, cadre dirigeant, responsable d'équipe, et que vous sentez que ce sujet vous touche particulièrement, même si vous êtes entrepreneur, vous trouverez toutes les informations dans la description de cet épisode. Et si vous vous dites que ce sujet concerne aussi d'autres responsables, d'autres cadres dirigeants, d'autres dirigeants de votre entreprise, sachez qu'elle est également conçue comme une base pour des conférences ou des ateliers QVCT autour de ce thème. Manager, c'est tout un travail. Je vous dis merci d'avoir pris ce temps avec moi et à très vite pour un prochain épisode de Présence et Performance.