Speaker #0Bienvenue dans le podcast qui s'adresse aux dirigeants et cadres sous pression et qui explore comment retrouver de la clarté mentale et une performance durable en travaillant sur la façon dont votre esprit fonctionne au quotidien. Mon nom est Géraldine Breton, bienvenue dans Présence et Performance. Aujourd'hui, on va parler d'un mot que vous entendez partout, la charge mentale. On en parle comme d'un poids, d'une charge, comme quelque chose de flou, de diffus. On peut dire j'ai trop de charge mentale, je suis taturée. Alors c'est un sujet sur lequel je suis déjà intervenue en entreprise plusieurs fois et à chaque fois je commence avec les collaborateurs qui sont à mes côtés à proposer une lecture différente. Et si ce n'était pas une charge qui vous tombait dessus, un poids, mais avant tout un manque de priorisation stratégique dans votre esprit, dans votre tête. Pas dans l'agenda, mais plutôt dans la façon dont vous organisez vos pensées, vos sujets, vos critères de suffisant. Alors vous connaissez peut-être cette sensation. On démarre la journée avec une liste, des sujets importants, des urgences, des mails, des tensions d'équipe, des décisions aussi qui sont en suspens. Et très vite, tout prend le même poids. Que ce soit le mail client en attente, que ce soit le projet stratégique à préparer, la conversation difficile qu'on repousse depuis des semaines, les messages qui clignotent, le soir, vous vous sentez épuisé. Et pourtant, vous avez cette sensation « je n'ai rien fait d'important » . Alors, vous n'avez pas été inactif, c'est juste que votre cerveau n'a pas eu de boussole claire. Quand tout compte autant. Rien ne peut être vécu comme suffisant pour aujourd'hui. C'est comme une dette qui s'accumule. Et ce qu'on appelle cette charge mentale, en fait, augmente. Dans cet épisode, on va regarder comment vous pouvez définir ce qui compte vraiment dans une période donnée, le mesurer simplement, et alléger votre tête, alors non pas en faisant moins, mais en pensant plus stratégiquement votre semaine. Je vais vous parler... Pour cet épisode de Paul, Paul dirige une entreprise d'une soixantaine de personnes. Quand il arrive en coaching, il me dit « je ne comprends pas, je travaille tout le temps, je suis sur tous les fronts et j'ai l'impression d'être en retard partout » . Alors on regarde ensemble une journée type, à 8h30 il arrive au bureau, il commence par ses mails pour se mettre en route. Les premières tensions remontent, un client mécontent, un dossier à rage, une demande de son associé. Puis il y a la réunion d'équipe. Il écoute, il tranche, il rassure. Il prend du temps avec un collaborateur qui va mal. Il va aussi ajuster une stratégie. L'après-midi, problème de trésorerie, rendez-vous bancaire à préparer, une présentation stratégique sur laquelle il essaie d'avancer. À 19h, il ferme son ordinateur, vidé. Sa phrase, c'est « je n'ai rien fait de ce que je devais faire » . Objectivement, c'est faux. Ce jour-là, il a pris soin d'un collaborateur. Il a pris des décisions qui comptent. Il a assuré la continuité de son entreprise. Mais dans son esprit, rien de tout ça ne compte vraiment, parce qu'il n'a jamais défini comme tel. Ses seuls critères sont « est-ce que c'est bouclé ? » et « est-ce que je n'ai plus de retard ? » . Tout ce qui n'est pas complètement clôturé, est immédiatement classé dans la case « je n'en ai pas fait assez » . Alors ce jour-là, je lui dis « on va arrêter de parler de charge mentale comme d'un nuage flou au-dessus de ta tête, on va parler de priorisation stratégique » . Alors ce n'est pas dans tes outils, c'est plutôt dans ta façon de penser ta semaine. La charge mentale, on la décrit souvent comme une accumulation, des tâches, des responsabilités, des soucis à gérer en même temps. Pour un dirigeant, ça veut dire beaucoup de choses à penser simultanément, beaucoup d'émotions aussi à gérer, les vôtres et celles des autres, et aussi beaucoup d'enjeux à tenir. Mais il y a une autre chose, et il ne s'agit pas du volume, il s'agit de l'absence de hiérarchie claire à l'intérieur. Quand votre cerveau ne sait pas ce qui est vraiment prioritaire cette semaine, ce qui est suffisant pour aujourd'hui, et ce qui peut attendre sans drame, alors il garde tout en l'air, en permanence. C'est ça cette sensation de porter le monde sur vos épaules. Ce que je vous propose, c'est de considérer que votre charge mentale est au moins en partie un problème de stratégie interne. C'est pas juste j'ai trop de choses à faire, c'est plutôt je n'ai pas défini dans mon propre système ce qui compte vraiment maintenant. Vous comprenez que ce n'est pas une surcharge. C'est un manque de priorisation intérieure. Alors, cette semaine, l'exercice que je vais vous proposer est un tableau de bord anti-chargmental. Si vous le pouvez, prenez un papier et un stylo, mettez l'épisode en pause le temps de vous installer. La première étape de l'exercice, ça va être de commencer à noter ce qui compte vraiment cette semaine. Donc, en haut de votre feuille, écrivez « Cette semaine, ce qui compte vraiment pour moi, c'est… » pour moi, c'est deux points. Je vais vous demander de vous limiter à trois sujets, pas plus. Pas une liste de tâches, juste des axes. Par exemple, cette semaine, ce qui compte vraiment pour moi, c'est de préparer la décision X, de stabiliser Martin dans son poste et d'arrêter de finir mes journée en apnée. Laissez venir C'est un à trois sujets. Si tout est important, rien ne pourra vous alléger. Donc là, vous venez de choisir votre boussole stratégique intérieure pour la semaine. L'étape 2, ça va être de donner un signal simple par sujet. Pour chacun de ces sujets, prenez un signal simple observable. La question à vous poser à la fin de la semaine. À quoi vais-je voir que j'ai vraiment touché ce sujet ? Ce signal, ce n'est pas tout est réglé. C'est juste un signe que vous avez avancé sur ce qui compte. Ça peut être le nombre de créneaux consacrés à ce sujet, une conversation clé que vous avez eue, une décision prise, un premier pas posé. Alors, je reprends les exemples de la première étape. Préparez la décision X. Le signal sera « J'ai pris deux créneaux de 45 minutes pour réfléchir. » Sans interruption à cette décision. Pour stabiliser Martin, le signal, ça va être, j'ai eu un entretien honnête avec lui et j'ai clarifié les trois prochains mois. Pour arrêter de finir en apnée, le signal pourrait être, j'ai respecté une vraie coupure de 10 minutes dans ma journée, trois fois cette semaine. Pour arrêter de finir... la journée en apnée, le signal pourrait être j'ai respecté une vraie coupure dans ma journée, trois fois cette semaine, et deux fois j'ai aussi pu intégrer du sport. Notez un signal pour chacun de vos sujets. Vous pouvez mettre sur pause. Alors, ce que vous venez d'écrire, ce sont des repères de priorisation interne. Et ce ne sont pas des objectifs de performance. L'étape 3, maintenant, ça va être d'ajouter un quatrième point. On va sur un indicateur de soins. Je vous explique. Écrivez. Pour pouvoir tenir ces sujets, je prends soin de deux points. Et choisissez un seul indicateur de soins pour la semaine. Pas dix, un seul. Alors j'ai quelques exemples à vous proposer. Pour pouvoir tenir ces sujets, je prends soin de me coucher avant 23h, 3 soirs sur 5. Pour pouvoir tenir ces sujets, je prends soin de marcher 15 minutes seule deux fois dans ma semaine. Je prends soin de ne pas avoir d'écran les 30 minutes avant de dormir deux soirs dans ma semaine. Quel est le geste minimum qui, s'il est respecté, change déjà quelque chose dans votre façon de traverser la semaine ? Prenez le temps, mettez l'épisode sur pause. Ce n'est pas du confort en plus, là c'est une condition stratégique de votre fonction. Un dirigeant épuisé pense moins bien, il priorise moins bien, il perd du temps et fabrique encore plus de charges mentales. La quatrième étape, ça va être un rituel de fin de semaine. Je m'explique. Décidez maintenant quand vous relirez cette feuille. Peut-être vendredi en fin de journée, peut-être jeudi midi ou dimanche, si c'est plus juste pour vous. Notez en bas de la feuille, je relis cette feuille le, le nom du jour et à telle heure. Quand vous relirez cette feuille, posez-vous trois questions. Premièrement, qu'est-ce que j'ai réellement touché de ces sujets qui comptent ? Deuxième question, qu'est-ce que j'ai fait pour prendre soin de moi-même un peu ? Et troisième question, Qu'est-ce que j'accepte de déplacer à la semaine prochaine en conscience au lieu de le laisser tourner dans ma tête ? Ces questions-là vont vous prendre 5 minutes. C'est le moment où vous exercez votre priorisation stratégique. Ce n'est pas un gadget, c'est un moment important sur lequel on ne fait pas l'impasse. Vous êtes à ce moment-là en train de dire à votre cerveau Ça, c'était suffisant pour cette semaine et ça, je le reporte. Mais je sais quand. Je n'ai plus besoin de tout porter en même temps. La cinquième étape, ça va être de reprendre la main sur votre façon de vous juger. Si vous faites cet exercice, même imparfaitement, vous allez probablement remarquer deux choses. La première, vous faites déjà beaucoup de choses qui comptent. Vous ne les aviez simplement jamais nommées comme telles. Vous les viviez comme normal, allant de soi. Du coup, votre cerveau ne pouvait pas les enregistrer comme des preuves de votre efficacité. La deuxième, votre charge mentale n'est pas seulement une affaire de quantité, de volume. Elle est intimement liée à la façon dont vous vous jugez. Tant que vous ne définissez pas ce qui est suffisant pour aujourd'hui, vous restez en dette permanente. Vous pouvez toujours faire plus, donc vous n'en faites jamais assez. En travaillant votre priorisation intérieure, vous ne faites pas seulement qu'organiser. Vous faites du coaching de vous-même. Vous redessinez les critères avec lesquels vous regardez votre journée, votre efficacité, votre façon de tenir ce rôle exigeant. Si en m'écoutant aujourd'hui, vous vous êtes reconnu dans cette difficulté à prioriser ce qui compte vraiment, il y a un endroit clé où ça se joue. dans votre façon de prendre vos décisions. Comment vous décidez quand tout semble important ? Comment vous tranchez ou comment vous repoussez ? Est-ce que ça vous coûte en énergie, en temps, en charge mentale ? Pour y voir plus clair, cette semaine, je vous propose un diagnostic express autour de votre manière de décider. C'est un diagnostic qui vous prendra moins de 3 minutes, il y a 9 questions, et grâce à ce diagnostic, vous aurez une idée de votre profil, Je vous partage dans les résultats aussi des exercices correspondant à votre profil. Envoyez-moi le mot « décision » en message privé, sur LinkedIn par exemple, et je vous enverrai quelques questions ciblées pour voir comment vous prenez vos décisions aujourd'hui, là où votre façon de décider vous soutient, et là où au contraire, elle alourdit votre charge mentale. Un premier pas simple, sans engagement, pour transformer une charge diffuse en priorisation plus lucide et plus soutenable. Alors pour conclure, J'aimerais que vous repartiez avec cette idée. La charge mentale n'est pas une fatalité abstraite. Une partie de ce poids peut se transformer en priorité claire, en renoncement assumé et en soins stratégiques. Vous ne contrôlez pas tout ce qui arrive dans votre vie de dirigeant, mais vous pouvez reprendre la main sur la façon dont vous organisez votre attention. sur ce que vous décidez de compter comme suffisant cette semaine et aujourd'hui. Si vous sentez que vous portez beaucoup, que tout semble important, et que vous aimeriez rendre ce poids plus soutenable, sachez que c'est exactement le travail que nous faisons en coaching. Je n'ajoute pas d'outils en plus. Je clarifie avec vous votre boussole, vos critères, votre façon de vous juger, pour que votre tête puisse enfin se poser un peu. Merci ! d'avoir pris ce temps pour vous. On se retrouve mercredi prochain à 8h pour un nouvel épisode de Présence et Performance.