Speaker #0Bienvenue dans le podcast qui s'adresse aux dirigeants et cadres sous pression et qui explore comment retrouver de la clarté mentale et une performance durable en travaillant sur la façon dont votre esprit fonctionne au quotidien. Mon nom est Géraldine Breton, bienvenue dans Présence et Performance. Aujourd'hui, on parle d'un endroit où votre énergie se joue énormément. vos réunions. Pas les réunions en général, plutôt celles qui s'enchaînent, au retour de congé, quand vous pensiez revenir reposer et que dès la première semaine, le temps vous file entre les doigts. Peut-être que ce scénario vous parle. Vous rentrez de vacances avec de bonnes intentions. Vous vous dites, cette fois, je ne vais pas me laisser happer par l'agenda. Je veux des journées plus claires, plus posées. Et puis, le lundi arrive... Réunion d'équipe, point projet, one to one, codir, vous passez la journée à écouter, à répondre, à rassurer, vous trancher, vous recaler, le soir venu vous êtes vidé. Avec ce sentiment étrange d'avoir été très occupé sans vraiment avoir piloté quoi que ce soit. C'est exactement ce qu'on va regarder aujourd'hui. Comment la présence change le temps. Comment votre façon d'être en réunion, dans votre corps, dans votre attention, dans vos décisions, peut transformer une journée saturée en un temps plus dense et plus utile ? Et paradoxalement, comment ça devient un temps plus respirable ? Je vais vous présenter Anne. Anne est directrice générale d'une entreprise de 60 personnes. Elle rentre de deux semaines de congés, des vacances vraiment reposantes. Elle a décroché, mieux dormi. Elle a été pleinement présente à sa famille. Avant sa reprise, nous nous sommes téléphonés et elle s'est promis quelque chose de simple. Elle m'a dit « Je veux garder un peu de ce calme, même en reprenant. Je ne veux plus vivre mes semaines comme une course. » Lundi matin, 8h30, son agenda est plein jusqu'à 19h, tous les créneaux sont pris. 9h, première réunion d'équipe, Anne arrive à l'heure. café, carnet, stylo, elle s'assoit, sourit, demande comment vont les équipes. Et très vite, elle passe en mode radar ouvert à 360 degrés. Elle écoute tout, elle capte toutes les émotions. Anne sent les tensions, elle rassure, elle reformule. Elle prend des notes pour tout le monde. Elle porte la réunion sur ses épaules. Elle le fait presque sans s'en rendre compte. A la fin de cette réunion, il y a un constat, tout le monde a parlé, beaucoup de sujets ont été ouverts, mais peu de décisions claires ont été prises. Et Anne ressort avec déjà une lourdeur dans la poitrine. Cette pensée silencieuse qui s'impose à elle, c'est reparti. J'ai d'autres clients pour qui cette lourdeur peut être au niveau du ventre, ou même au niveau de la tête. Pour Anne, toute sa journée va ressembler à ça. Des réunions où elle est très présente, mais surtout où elle est présente aux autres. Elle est présente à leurs besoins, à leurs émotions, à leurs urgences. Des réunions où elle, elle est très peu présente à ce qui se passe en elle, à ses signaux internes, à ce qui est vraiment essentiel dans chacune des réunions, pour elle. Le résultat, c'est qu'elle en sort épuisée, comme si le temps lui avait été volé. Alors, ce qui vide vraiment Anne, ce n'est pas le nombre de réunions. Je souris parce que souvent, les personnes que j'accompagne me disent « je m'engage à avoir moins de réunions » . Alors, c'est parfois pertinent, mais le plus souvent, ce n'est pas la question du nombre de réunions. C'est plutôt la façon dont vous vous y présentez qui compte. Pour revenir à Anne, dans sa semaine, il y a trois niveaux de charge. Sa charge visible. invisible et sa charge identitaire. Au niveau de sa charge visible, il s'agit du nombre de créneaux, la durée, le contenu. Et c'est sur cette charge-là qu'on souhaite naturellement, de manière intuitive, redresser la barre. La charge invisible, et c'est à mes yeux celle qui est très importante aussi, c'est pour Anne tout ce qu'elle porte sans le dire, à savoir la régulation émotionnelle, Les micro-conflits et les ajustements permanents. Quant à sa charge identitaire, et c'est peut-être la plus importante, là, il s'agit de l'image qu'elle veut tenir. Pour elle, c'est l'image d'une dirigeante disponible, solide et qui encaisse tout. Avec elle, en métacognition, on est allé regarder chacune de ces couches-là. L'idée, c'est de les rendre visibles. Parce qu'en fait, tant que vous vivez vos réunions uniquement comme des blocs du Nord dans un agenda, Vous ne voyez pas ou pas réellement votre énergie. Vous ne voyez pas que ce qui vous épuise, ce n'est pas la réunion en soi, mais plutôt votre façon d'y être. Votre façon de vous y suradapter, de vous y surcontrôler. La présence change le temps. Quand vous êtes pleinement présent à ce que vous faites, à votre rôle, à vos limites, à ce qui est important, le temps devient plus dense. Une heure de réunion, peut devenir un temps clair, structurant, qui vous rend de l'énergie, qui vous en redonne. Ou au contraire, elle peut devenir un tunnel flou dont vous ressortez vidé, et même 30 minutes peuvent faire ça. Ce n'est pas le même temps, et ce n'est pas la même journée. Alors, je vais vous proposer aujourd'hui une pratique guidée. L'idée, ce n'est pas de refaire toute votre organisation. L'idée même serait de réussir à changer quelque chose, sans changer l'organisation. Alors, prenons une seule réunion qui vous vide. C'est souvent une réunion récurrente. Et je vous invite à ce qu'on puisse la regarder autrement. Qu'on la regarde comme un laboratoire de présence. Si vous pouvez, prenez un papier et un stylo et mettez l'épisode sur pause le temps de vous installer. On y va. Choisissez une réunion, une seule. Celle qui vous laisse régulièrement plutôt fatigué, désaligné ou frustré. Vous l'avez ? Alors on commence. Première étape, nommer la réunion. En haut de votre feuille ou de votre note, écrivez « Réunion qui me vide » deux points et mettez le nom concret. Point hebdo avec mon n-1, comité projet X, codire du lundi matin. Étape 2, on va s'intéresser à... Comment vous y arrivez ? Alors, souvenez-vous de la dernière fois où vous avez vécu cette réunion et notez en quelques mots, tout d'abord, dans quel état physique vous êtes arrivé. Étiez-vous dans une énergie, dans une tension ou même un léger sommeil ? Notez ensuite dans quel état mental vous êtes arrivé. Quelle était votre pensée dominante ? Si c'est un petit peu flou pour vous, essayez de noter avec quel niveau de charge vous êtes arrivé. Enfin, notez dans quel état émotionnel vous étiez. Plutôt calme, agacé, inquiet, peut-être même déjà épuisé. Alors ça pourrait donner, j'y arrive déjà essoré, avec trois sujets en tête, la mâchoire serrée et la pensée, il faut que ça aille vite. Notez ce qui vient. Sans corriger, sans vouloir être un bon élève, sans trop réfléchir. Maintenant, la troisième étape, ça va être de se relier à ce que vous faites habituellement. Décrivez ce que vous faites d'habitude dans cette réunion. Pas ce que vous voudriez faire, ce que vous faites vraiment. Des phrases simples, comme je prends la parole en premier, je réponds à chacun, je laisse les autres vider leur sac. Je prends des notes pour tout le monde. Je dis oui à des choses que je ne veux pas. Regardez-vous comme si vous voyiez un enregistrement vidéo. Et notez 3 à 5 comportements typiques. Faites pause s'il vous faut plus de temps. Quatrième étape, on va regarder où vous vous suradaptez. ou surcontrôler. Alors, parmi ce que vous venez d'écrire, repérez deux ou trois moments où vous sentez que vous vous suradaptez ou que vous êtes dans du surcontrôle. Alors, la suradaptation, c'est dire oui alors que tout en vous dit non, par exemple. C'est rester en mode pompier émotionnel. C'est minimiser vos propres besoins pour préserver l'équipe. Le surcontrôle, c'est plutôt tout décider à la place des autres. C'est plutôt remplir tous les silences. Et surtout, vouloir que tout soit parfait, même sur des détails. Entourer ces deux ou trois moments, là c'est très précieux, car il s'agit des moments où votre présence se dérègue. Il s'agit de moments où vous n'êtes plus là pour ce qui compte, mais plutôt en train de tenir une image, ou de gérer une angoisse. Prenez le temps, mettez sur pause si vous en avez besoin. La cinquième étape consiste à clarifier votre vrai rôle. Je n'ai qu'une seule question. Dans cette réunion, si vous deviez décrire votre rôle en une phrase, en une seule phrase, ce serait quoi ? Décider des priorités de la semaine, clarifier les responsabilités de chacun, écouter l'état de l'équipe et arbitrer. Écrivez cette phrase, une seule. C'est le cœur de votre présence. Tout le reste est périphérique. Bien sûr, le reste existe, mais c'est intéressant pour vous d'être vraiment sur l'essentiel de votre présence, son cœur. Maintenant, je vous propose la dernière étape, celle du micro-changement. Choisissez un micro-changement très concret. pour votre prochaine occurrence de cette réunion. Alors, pas une révolution, juste un ajustement peut-être à 5 ou 10%. Ça pourrait être, avant la réunion, je prends 60 secondes seule, les yeux fermés, et je scanne mon corps, je note mon niveau d'énergie. Ça pourrait être aussi, au début, j'annonce clairement le but et le temps que je veux consacrer à ce sujet. Ça pourrait être, pendant la réunion, je décide de ne répondre qu'à certaines demandes et je m'autorise à en différer d'autres. Aussi, ça pourrait être à la fin, je prends deux minutes pour clarifier qui fait quoi et ce que je décide de ne pas traiter aujourd'hui. Alors, gardez-en qu'un, notez votre micro-changement sous la forme de « Lors de la prochaine réunion, je m'engage à… » et vous notez ce micro-changement. Il doit être faisable dès cette semaine. Si vous avez besoin de plus de temps, vous pouvez faire pause. Alors, ce que vous venez de faire, c'est juste de commencer à changer la qualité de votre temps. En choisissant une réunion, en clarifiant votre état, votre rôle, vos suradaptations et un micro-changement. Vous transformez un bloc d'une heure en un temps où votre présence est plus assumée, un temps où votre présence est plus alignée. Et quand votre présence change, votre perception du temps change aussi. Je ne vous l'ai pas dit parce que cet épisode n'est pas consacré au temps, j'aurais peut-être dû le dire au début. Le temps n'est qu'une perception pour nous, et c'est une perception en lien direct avec cette qualité de présence. Je travaille... au quotidien avec beaucoup de décideurs qui me disent « je manque de temps » . Et je vous assure qu'en regardant leur agenda, on découvre qu'ils manquent surtout de présence ciblée. En fait, ils sont partout, tout le temps. Ils sont comme dilués. Alors l'exercice de métacognition dans ce cas-là, c'est de se demander « où est-ce que je veux vraiment être présent ? » et surtout « à quel titre ? » Une réunion où vous êtes clair sur votre rôle, sur vos limites, sur ce qui est important, en fait, elle prend souvent moins de temps et elle produit plus d'effets. C'est le pareto de la réunion. Alors qu'une réunion où vous êtes en mode radar, en suradaptation, en surcontrôle, elle peut durer deux heures. Et vous laissez avec la sensation en plus que votre journée est complètement évaporée. Encore une fois, ce n'est pas la durée qui compte, c'est la... qualité de votre présence à l'intérieur de la réunion. Si en faisant cet exercice, vous avez identifié une réunion qui vous vide vraiment, je trouve que c'est une excellente nouvelle. Vous venez de repérer un levier concret pour reprendre la main sur votre temps et sur votre énergie, que ce soit au retour de congé ou en pleine saison. Alors ici, je vous propose ces protocoles pour avancer à votre rythme. En coaching individuel, on va plus loin. On entre par exemple dans vos réunions réelles, vos points délicats. On regarde ensemble comment votre présence peut les transformer en temps de pilotage plutôt qu'en temps subi. C'est souvent là que les vraies marges de manœuvre réapparaissent. Alors si vous sentez que c'est le bon moment pour vous, le lien est en description. On peut avoir ensemble un temps d'échange ciblé, sans engagement. Merci d'avoir pris ce temps pour vous aujourd'hui. On se retrouve mercredi prochain à 8h pour un nouvel épisode de Présence et Performance.