Speaker #0Bienvenue dans Présence et Performance, le podcast qui part d'une conviction simple, ce que vous n'avez pas encore appris à voir, dirige à votre place. Chaque épisode, on apprend à lire les intentions, les signaux, les angles morts. Mon nom est Géraldine Breton, vous êtes ici chez vous. Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de quelque chose que j'ai observé durant ces dernières semaines, à la fois auprès de... deux femmes que j'accompagne, mais aussi dans ma propre vie. Alors ce dont je vais vous parler, c'est presque silencieux, pourtant ça pèse lourd. Il s'agit de la différence entre notre identité, qui nous sommes, et la suradaptation. À travers ces accompagnements-là, de ces deux personnes, j'ai vraiment fait ce constat qu'on pouvait progresser, se diriger... vers l'endroit où on a envie d'être, vers une forme de réussite, devenir plus compétent, et malgré tout, peu à peu s'éloigner de soi. Ça n'a rien de brutal, ça n'arrive pas d'un coup. On a juste ajouté des couches, nous-mêmes, parfois des rôles, parfois des manières d'être, des postures qui vont peser de plus en plus lourd. Alors, vu de l'extérieur, Ça se voit pas forcément, ça se ressent peut-être, mais à l'intérieur c'est vraiment une charge. D'ailleurs, depuis que je vous en parle, j'utilise le mot « lourd » , « lourdeur » . C'est aussi quelque chose qui manque de vivant, et ça me fait penser qu'on ne se perd pas dans des grands choix, qu'on ne se perd pas suite à de radicales décisions, mais qu'on a le risque de se perdre nous-mêmes dans les micro-éloignements qu'on répète. Alors, pour cette première partie, je vais vous décrire comment on se perd sans même s'en rendre compte. Tout simplement, à vouloir bien faire, à vouloir être crédible, correspondre à une image. Et tout ça, c'est très humain. C'est pour ça que, même si sur ces dernières semaines, je l'ai beaucoup vu autour de moi et aussi avec moi, je pense que ça a un caractère universel. Sans nous en apercevoir, Progressivement, on peut être amené à performer une version de soi. Particulièrement dans le monde du travail, c'est très visible. Les codes, les postures, les stratégies. Peut-être que vous avez vécu cette période où ces codes, ces postures ne sont pas tout à fait vous. Pourtant ça fonctionne et vous avez affiné, optimisé. Et à force d'optimiser Quelque chose qui n'était pas tout à fait vous, vous vous êtes éloigné. Alors avant d'aller plus loin pour cet épisode, je voulais faire une distinction qui me semble importante. La suradaptation pour moi, c'est vraiment le fait de rajouter des couches de tout ce qu'on pense être nécessaire à rajouter pour se sentir à la hauteur de ce que nous pensons nous-mêmes que les autres attendent. C'est se régler en permanence sur des attentes supposées. Je dis bien supposé, parce que, soyons clairs, dans cette histoire, les autres y sont pour rien. C'est nous-mêmes qui nous imaginons leurs attentes. À force, on perd de vue nos propres besoins, nos propres élans. À côté de la suradaptation, l'identité, au contraire, c'est ce qui reste quand on va enlever toutes ces couches. Quand j'enlève la posture, quand j'enlève le costume, quand j'enlève le personnage, Alors ? ce que je ressens vraiment, ce que je pense vraiment, ce que je veux vraiment. Ça, c'est mon identité. La suradaptation, c'est tenir une posture contractée en permanence pour faire bonne figure. C'est ça qui n'est pas vivant. C'est le côté rigide, contracté, fixe. Alors que l'identité, c'est la façon dont votre corps se tient une fois que vous avez relâché tout ça. Et ça, c'est vivant. Et oui, l'identité évolue, grandit. Et à partir de là, il est possible de faire un travail sur notre identité. Et d'ailleurs, c'est ce que je fais dans mes accompagnements. Mais c'est un travail sur le fond, sur le noyau, sur l'identité, et pas sur ce qu'on va rajouter. Alors, je vais vous parler d'une de ces deux clientes que j'ai accompagnées récemment. Pour elle, vraiment de l'extérieur, c'était... plus que satisfaisant au niveau de de ces chiffres, des équipes qu'elle a pu mettre en place. Et elle est arrivée à mon accompagnement avec un discours très propre, très carré, agenda plein, la croissance était à piloter, et elle avait toute la panoplie parfaite. Mais ce qu'elle m'a dit, c'est qu'elle se sentait vidée, qu'elle ne comprenait pas trop pourquoi. Alors elle avait fait des bilans de santé, rien du tout. Elle était pourtant très irritée par les demandes de son équipe. Elle avait le sentiment permanent de jouer le rôle de celle qui est solide, celle qui tient tout. Et quand je creuse avec elle, on se rend compte qu'en fait, elle a juste appris à se suradapter. Alors, aux attentes de ses associés, à celles qui étaient dites, là je ne parle pas de ce qu'elles présumaient de leurs attentes, elle s'est aussi suradaptée à certaines demandes de ses clients. de ses équipes aussi, et parfois même de sa famille. Elle savait exactement ce qui était attendu. Et la plupart du temps, elle arrivait parfaitement à le jouer. Mais là où elle s'est éloignée d'elle, c'est qu'elle ne savait plus très bien ce qu'elle, elle voulait. Et progressivement, elle s'éloignait d'elle-même. Alors, nous avons travaillé ensemble sur une pratique. Une pratique issue de l'ouvrage L'Honnêteté Radicale. L'idée, c'est vraiment pas de devenir brutale, Et c'est bien sûr de ne pas tout dire à tout le monde. L'idée, la seule idée, c'est d'arrêter de se mentir à soi. Parce qu'en fait, souvent, le premier mensonge, il est juste là. Quand on nous demande comment ça va, ça va. Quand quelqu'un dépasse une limite, cette phrase que nous-mêmes on se raconte, c'est normal. Quand on se dit, c'est le jeu. Quand on se dit « à ce niveau-là, c'est comme ça » , alors qu'en fait, non, non, ça ne va pas, ce n'est pas plus normal pour vous, ce n'est pas une question de niveau de jeu, et vous le savez. Avec cette cliente, on a commencé par quelque chose de simple. Repérer tous les moments où elle disait oui, alors que tout son corps disait non. Par exemple, les réunions acceptées par réflexe, les projets pris... Parce qu'il le faut. Les discussions où elle prend un ton très corporate, alors qu'elle, elle aurait bien aimé être plus directe, plus humaine. On a juste posé de la conscience là-dessus. Ensuite, elle a pratiqué le fait de pouvoir verbaliser, durant la séance, à voix haute, dans cet espace sécurisé. Là, je fais semblant. Là, je dis ce qu'il faut dire. Ce n'est pas ce que je pense. Là, je protège mon image, mais pas mon énergie. Alors ça paraît simple, parfois on pourrait en avoir un petit peu l'intuition, ça nous traverse. Si ce que je vous dis vous parle, notez-vous quelque part ce qui vous a déjà traversé de tel, et la prochaine fois, essayez de le déposer en le verbalisant. C'est vraiment un pas énorme vers soi. C'est là, c'est dans cet espace-là, avec soi, qu'il est... capital de redevenir loyal. J'ai remarqué depuis toutes ces années que cette question-là concernait des personnes qui sont toujours ultra loyales avec l'extérieur. Donc, c'est pour ça que j'utilise ce mot parce que peut-être que pour vous, si vous savez faire preuve de loyauté avec l'extérieur, c'est un mot qui va accrocher, c'est un mot qui va vous parler. Et ma question, c'est donc, à partir de quel moment Allez-vous décider d'être en toutes circonstances loyale envers vous-même avant tout ? Alors, on n'est pas allé aussi vite. On a exploré en fait ce qui pouvait rester quand on enlevait les couches des attentes des autres. Dans les couches des attentes des autres, j'entends par là quand on a enlevé la peur de perdre les autres, la peur de perdre un client. La peur de perdre une relation à laquelle on tient, même dans le domaine personnel. Cette peur qui fait que, parfois, au lieu de poser une limite, au lieu de dire spontanément là où c'est plus ok pour nous, on continue à sourire. On a enlevé le costume aussi du professionnel, de la professionnelle idéale. Et on est allé regarder, c'est quoi les vraies valeurs ? Qu'est-ce qui compte vraiment pour elle ? Après, on a travaillé par thème. son rapport au temps, à la croissance, à son équipe. Elle, elle souhaite quoi réellement ? Dans ce moment-là, ça permet de déplacer. Et ça permet de se rendre compte que l'identité de la pro qu'elle souhaite incarner, c'est plutôt dans sa clarté, dans sa capacité à pouvoir trancher, dans sa façon de créer un cadre sécurisant, et dans sa manière très humaine de parler des choses difficiles. Tout ça, elle l'avait toujours. C'était juste recouvert. Alors, après ce travail, qu'est-ce qui a pu changer ? Parce que si vous vous sentez concerné, vous imaginez peut-être un scénario catastrophe. Alors, elle n'a pas tout quitté, elle n'a pas changé de métier, elle n'a pas renversé la table. Elle a juste simplifié son message. Elle a commencé à dire les choses comme elle les pense. Voilà où on en est, voilà ce qu'on va faire, voilà ce que je ne sais pas encore. Elle a ajusté l'agenda, il y a maintenant moins de réunions pour rassurer, plus de temps de réflexion réelle. des temps de récupération qu'elle respecte vraiment. Elle a aussi renoncé à certains projets, parce qu'en fait, il n'avait de sens ces projets que pour l'image de la professionnelle performante, par exemple. Elle s'est aussi autorisée à montrer ce qu'elle vit, alors avec des phrases qui sont accueillies simplement par ses collaborateurs, des phrases comme « là c'est intense » . Là, j'ai besoin de soutien. Et avec quelques semaines d'écart, elle a pu me dire, en fait, à l'extérieur, il n'y a pas grand-chose qui change, finalement, mais j'ai plutôt l'impression d'être sans la carapace. Et autour d'elle, ses équipes pouvaient percevoir, en fait, une personne plus présente, plus cohérente, et du coup, moins dans la performance de rôle. Bon, elle, elle s'est sentie beaucoup moins fatiguée, reliée à ce qu'elle fait, et bien sûr, plus alignée. Alors cette cliente, elle incarne quelque chose que je retrouve partout. Moi, j'ai l'impression qu'une grande partie de la fatigue moderne, elle vient de là. Elle vient des fonctionnements qui se jouent contre nous-mêmes, sans nous en rendre compte, à force de s'adapter, de se conformer, d'être à la hauteur. Petit à petit, on va se couper progressivement. des choses toutes simples. Qu'est-ce qu'on ressent vraiment ? Qu'est-ce qu'on pense vraiment ? Et qu'est-ce qu'on veut vraiment ? Ensuite, on s'étonne de se sentir lourd, saturé, agacé, alors que tout va bien. Ce coup, il est invisible par rapport à une pratique extérieure, mais humainement, il est énorme. Vous êtes épuisé, et puis autour de vous, quand vous avez une moins bonne qualité de présence, Tout est plus compliqué. Alors on arrive à la partie pratique. Si ce sujet vous fait écho, moi j'ai envie de vous proposer quelques questions. Vous pouvez les laisser vous traverser maintenant, ou alors vous pouvez y revenir avec un carnet, un stylo. Première question, dans votre vie professionnelle aujourd'hui, où est-ce que vous sentez que vous jouez un rôle ? Deuxième question. Qu'est-ce que vous faites ou dites ? Parce que ça fait bien. Parce que ça se fait. Ça rassure. Mais qui n'est pas vraiment vous. Troisième question. Si vous étiez complètement honnête avec vous-même, qu'est-ce que vous reconnaîtriez là maintenant ? Quatrième question. Qu'est-ce qui resterait si vous enleviez juste une couche ? Maintenant. Alors peut-être une phrase plus simple, un nom assumé. Ou une manière plus directe d'être ? Cinquième question. Dans les jours qui viennent, qu'est-ce qui pourrait être plus simple et plus vrai ? Vos réponses ne sont que les vôtres. En cela, elles sont parfaites. Elles n'ont pas besoin d'être héroïques. On leur demande juste d'être honnêtes. C'est ça qui permet le retour vers soi. Loyal. J'ai envie de terminer avec... L'idée de la vraie puissance. Notre vraie puissance, c'est de réussir à construire une vie, une activité, des relations, sans se quitter soi-même. Je répète, notre vraie puissance, c'est cette réalisation d'une vie, d'une activité, de relation, où on reste avec soi, où on ne se quitte pas soi-même. Ça a l'air simple. Et pourtant c'est exigeant. J'ai la chance d'avoir pas mal d'outils et d'aimer en plus travailler l'auto-coaching, d'être entourée, d'être moi-même accompagnée par un superviseur. Mais pour moi aussi c'est exigeant cette question. J'ai bien conscience que ça demande du courage, celui d'être honnête, celui de voir où on se suradapte. Courage de simplifier aussi. Et simplifier, si vous ne savez pas par où commencer, ça commence juste là. Se dire soi-même la vérité et écouter ce qui se passe en nous. J'espère que cet épisode vous apporte de la clarté. Si cet épisode vous parle particulièrement et si vous souhaitez qu'on ait un échange sur cette question-là, toutes les informations se trouvent dans la description de l'épisode pour me contacter. Merci d'avoir pris ce temps pour vous. et de rester présent à chaque nouvelle sortie. Prenez soin de votre retour à vous, prenez soin de cette loyauté envers vous-même, et laissez faire.