- Speaker #0
Madame, Monsieur, bienvenue à bord de Pamela Podcast sur ce Boeing 777 à destination des femmes qui osent et qui inspirent.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue chez Pamela, le podcast des femmes qui osent et qui inspirent. Aujourd'hui, j'accueille une invitée particulière qui n'est pas entrepreneuse, mais qui a un métier à haut risque et un métier qui peut faire rêver beaucoup de femmes. C'est Aurélie. Aurélie est une... Hôtesse de l'air, c'est une jeune femme dynamique et Aurélie est solaire. Je n'ai jamais vu une fille aussi solaire et positive. Bienvenue Aurélie.
- Speaker #0
Merci Pamela.
- Speaker #1
Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
Avec plaisir, merci à toi.
- Speaker #1
Je suis ravie de t'avoir aujourd'hui face au micro et dans mon studio.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Est-ce que tu es bien installée ?
- Speaker #0
Oui, super, super.
- Speaker #1
Parfait. Donc Aurélie, tu es hôtesse de l'air.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ce métier, c'est vrai que ça peut faire rêver beaucoup de femmes. Mais c'est vrai que c'est aussi un métier à haut risque. Et tu vas donc nous présenter et tu vas te présenter avant tout, nous dire donc tout ce parcours qui t'a mené aujourd'hui à ce beau métier.
- Speaker #0
Alors, donc je m'appelle Aurélie, j'ai 28 ans, j'ai un fils de 3 ans. Et je suis hôtesse de l'air depuis 5 ans.
- Speaker #1
D'accord, depuis 5 ans déjà.
- Speaker #0
5 ans, oui.
- Speaker #1
Quelle a été ta formation pour en arriver là ?
- Speaker #0
Alors, j'ai passé mon CCA, donc c'est mon Cabin Crew Attestation. On peut le passer dans plusieurs centres en France. Et ça dure à peu près, on va dire, 3 mois. Donc, en fait, il y a une première partie, la partie théorie, qui dure 3 semaines. Avec... Des examens tous les jours, on doit avoir minimum 75% de bonnes réponses tous les jours. On parle de marchandises dangereuses, de sûreté, de tout ce qui va être anatomie, premier secours. C'est très complet, les réglementations de l'aérien, etc. Et à la fin de ces trois semaines, on a notre examen final. Une fois qu'on a validé cet examen final, on doit passer à un test de natation. Pour le test de natation, pareil, ça va être sur une après-midi. où on va devoir en habiller, on va devoir justement aller en piscine, sauver entre guillemets.
- Speaker #1
Donc ça, cette formation-là, c'est pour vraiment si vous avez un risque.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
S'il y a un amérissage en fait. D'accord. De pouvoir justement tracter des personnes et les ramener jusqu'à notre radeau de sauvetage.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà, donc on est formés là-dessus aussi. Une fois qu'on a validé tout ça, on peut s'inscrire à justement la partie pratique qui, elle, dure entre une et deux semaines. Et là, ça va vraiment être le vif du sujet. Donc ça va être tout ce qui est évacuation sur terre, sur mer, donc les radeaux. On va faire tout ce qui est les extinctions de feu, incendies. Donc on est dans des cabines simulées avec énormément de fumée. Tout éteint et on doit retrouver le feu avec nos cagoules, nos extincteurs. On va avoir tout ce qui est premier secours qui est une grosse partie aussi. D'accord,
- Speaker #1
c'est quand même assez impressionnant et il vous baigne vraiment dans le vif du sujet.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, la plupart des gens pensent que justement les hôtesses de l'air sont juste là pour servir des cafés. Mais pendant notre formation, on ne nous parle pas du tout, même pas une seule fois de commercial. Merci. que de la sécurité, sécurité et secours.
- Speaker #1
C'est vraiment la première des choses. OK. Et moi, ma question principale, c'est justement, donc, cette peur, parce que ça peut faire peur, quand même, quelque part, ce métier. Et moi, je suis admirative de ce beau métier et de vous, en tant que femme, de se dire, est-ce que la peur, un jour, a pu te freiner ?
- Speaker #0
Alors, me freiner, non, parce que je suis quand même rassurée, parce que comme tout le monde le sait, c'est quand même le moyen le plus sûr.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que s'il se passe quoi que ce soit, ça ne pardonne pas. Voilà, donc moi, il m'est arrivé quelques événements où je me suis retrouvée à avoir peur.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quand j'étais à bord, j'ai eu peur. Mais ce qui nous sauve...
- Speaker #1
Dès les premiers vols ? C'est dans tes premiers vols, quand tu as commencé ? Non,
- Speaker #0
c'est vraiment quand il s'est passé ce qui s'est passé. Ça m'a fait peur parce qu'on reste humain. Donc forcément, on a les émotions qui reviennent. Mais ce qui nous sauve, en fait, c'est vraiment nos procédures, notre formation. Et on est tellement formatés, préparés que ça prend le dessus. Et tout le côté affectif, émotionnel vient au second plan.
- Speaker #1
Parce que là, quand ça vous arrive, la première des choses à vous dire, c'est que vous pensez au passager. Comment vous réagissez ? Parce que là, les visages des personnes, je m'imagine, je deviens blanche, peureuse comme je suis. Et là, quand tu vois toutes les personnes, parce que c'est beaucoup de personnes dans un avion, là, tu te dis, waouh !
- Speaker #0
Alors, si je peux juste me permettre, la première réaction, ça n'a pas été les passagers, j'ai pensé à mon fils.
- Speaker #1
D'accord, oui.
- Speaker #0
J'ai pensé à mon fils. Et c'est là qu'après, je me suis recentrée sur moi, mais ça dure une seconde.
- Speaker #1
Oui, tu n'as pas le temps en fait.
- Speaker #0
Vraiment, ça dure une seconde. Je me dis, OK, mon fils à la maison. Et après, je reprends le dessus grâce à mes procédures justement. Et je me dis, OK, alors tel passager là, ça, nos portes, nos équipements, etc. Et là, en fait, on rentre vraiment dans le cadre sécurité et sécurité de tous les passagers.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est là, ce métier-là, émotionnellement et psychologiquement, il est assez intense. Est-ce que dans la formation que vous faites, il y a cette partie psychologie, une partie psychologie ou pas ?
- Speaker #0
Alors, on nous parle un petit peu qu'il faut qu'on se préserve. On nous parle beaucoup de sommeil parce qu'en fait, la fatigue fait faire des choses un peu... La fatigue nous fait faire un peu n'importe quoi, c'est vrai. Donc, on nous parle beaucoup du sommeil. Après, on a des cours plus axés sur les facteurs humains, la fatigue et sur les passagers aussi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Passagers indisciplinés ou des choses comme ça. Oui, encore,
- Speaker #1
c'est votre chose sur laquelle il faut gérer. Et oui, ça peut arriver sur n'importe quel vol. Des personnes qui peuvent se bagarrer, des personnes qui ont le poil de ce temps.
- Speaker #0
Presque sur tous les vols.
- Speaker #1
Presque sur tous les vols ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais c'est incroyable.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en tant que passager, on ne se rend pas compte de tout ce qui se passe dans un avion. Mais nous, en tant que côtesse ou steward, c'est vrai que chaque vol est différent parce qu'il se passe toujours, toujours quelque chose. Toujours, toujours.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est incroyable. Donc du coup, en plus que vous êtes... Bon, il y a quand même toujours des hommes. Mais est-ce que le chef de cabine, il intervient ou c'est vous qui gérez tout ?
- Speaker #0
Alors, on n'est pas forcément toujours des hommes.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Enfin, il n'y a pas forcément toujours d'hommes. Des fois, c'est des équipages entièrement composés de femmes. Et après, c'est au niveau de la hiérarchie. Donc, les chefs de cabine et ensuite le chef de cabine principal. Ensuite, on va avoir les copilotes et ensuite le commandant de bord.
- Speaker #1
D'accord. Et vous arrivez à maîtriser la situation ? Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et c'est le commandant de bord qui prend la décision finale, quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Oui, et je trouve ça... C'est pour ça qu'aujourd'hui, je t'ai fait venir, parce que c'est un métier, bon, ben, vraiment féminin, et où vous avez des responsabilités, des situations face à vous qui peuvent vraiment être totalement aléatoires, et vraiment, chapeau, parce que vous arrivez vraiment à les maîtriser.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ce métier, c'est vrai que ce n'est pas facile. Et qu'est-ce qui t'a poussé à devenir hôtesse de l'air ? Parce que je sais quand même, je sais un petit peu de choses. Tu as été baignée là-dedans. Ton papa a été pilote. Ton oncle aussi, me semble, donc famille de pilote. Est-ce que ça aussi, ça t'a poussé à aller dans ce domaine aérien ?
- Speaker #0
Alors, je pense qu'inconsciemment, ça m'a formatée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'en fait, à la maison, ils ne parlaient absolument jamais d'avion.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Depuis toute petite, tout le monde me dit, alors tu veux faire comme papa ? Tu veux faire pilote ? J'ai toujours dit, mais pas du tout du tout. Mais en fait, vu qu'on a vécu à l'étranger, on voyageait énormément. Quand j'ai passé mon bac, je me suis posé la question de qu'est-ce que tu veux faire après ? Et en fait, je trouve qu'hôtesse de l'air, c'est vraiment un bon compromis entre tout ce que j'aime, c'est-à-dire les voyages, le relationnel, les horaires indécalés. Ça me convient vraiment.
- Speaker #1
Ça t'épanouit.
- Speaker #0
Ah oui, complètement.
- Speaker #1
Et en étant jeune maman, petit en bas âge, comment tu arrives à le gérer ?
- Speaker #0
Alors, j'ai de la chance d'être bien entourée. On me le garde quand je suis en vol. Après, comme je dis souvent, c'est vrai que je vois plus mon fils en étant hôtesse de l'air qu'en ayant des horaires de bureau. Parce qu'avant, quand j'avais des horaires de bureau, je le voyais une heure le matin, je le préparais, je l'amenais chez la nounou. Ensuite, le soir, je venais le récupérer et je passais deux heures avec lui et je le couchais. En fait, je profitais vraiment de mon fils le week-end. Alors que là, en étant hôtesse de l'air, je pars trois, quatre jours au maximum. Par contre, quand je rentre... J'ai vraiment 3, 4, 5, voire 7 jours d'affilée off derrière.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc vraiment du temps plein avec mon fils.
- Speaker #1
Ok. La réaction de ton papa quand tu lui as dit que tu voulais être hôtesse de l'air, comment il a réagi ?
- Speaker #0
Pas étonné. Il m'a dit, ça tirait à la perfection, c'est fait pour toi.
- Speaker #1
Tu as le profil, tu as la silhouette, tu as tout pour ce métier. Vraiment Aurélie, c'est vrai. Merci. Et en tant qu'hôtesse de l'air, oui, ça fait rêver parce que forcément, vous avez ce côté voyage. Et est-ce que vous arrivez quand même à en profiter un peu et faire à côté du tourisme ? Est-ce que vous avez le temps ? Comment vous arrivez à vous organiser ?
- Speaker #0
Alors, ça dépend. Je sais que sur Moyen Courrier, on a moins de temps parce qu'en fait, on repart le lendemain. Il n'y a pas les mêmes réglementations que sur le long courrier. des 12 heures de vol, voire 16 heures de vol. Là, forcément, on est obligé d'avoir minimum 24, 48 heures sur place. Donc, sur moyen courrier, on a moins de temps pour profiter, mais on peut quand même se faire un restaurant en équipage ou seul d'ailleurs, visiter un petit peu la ville. Donc, c'est quand même génial.
- Speaker #1
Donc là, tu es sur du moyen courrier ou long courrier ?
- Speaker #0
Là, je suis sur long courrier.
- Speaker #1
Donc, tu as quand même plutôt bien évolué rapidement. On peut parler des solutions dans ce métier ?
- Speaker #0
Alors, justement, non. En fait, ce n'est pas une évolution de passer sur Long Courrier, ni une promotion. C'est vraiment au bon vouloir de chacun et des besoins de la compagnie. Moi, quand je suis rentrée dans ma compagnie, j'étais sur Moyen Courrier parce qu'ils avaient besoin d'hôtesses et de stewards sur Moyen Courrier. Mais dès que je suis passée sur Long Courrier, c'était juste parce que c'était mes envies à moi personnellement.
- Speaker #1
Ok, tu t'y retrouves mieux, tu préfères ?
- Speaker #0
Je préfère le rythme et je préfère les escales.
- Speaker #1
Ah ok. Quels sont les avantages en plus sur du long courrier, contrairement au moyen courrier ?
- Speaker #0
Alors, les avantages...
- Speaker #1
Les destinations peut-être ?
- Speaker #0
Oui, alors il y a les escales, mais c'est vrai que pendant le vol, je trouve ça quand même beaucoup plus facile le long courrier, mais c'est mon propre avis. D'accord. Il en faut pour tout le monde.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'être sur long courrier parce qu'en fait, sur moyen courrier, on peut faire jusqu'à quatre décollages et atterrissages, quatre services dans la même journée.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
On n'a pas le temps de manger. C'est vraiment très, très, très rapide. Mais c'est un avantage. C'est qu'au moins, on ne voit pas le temps passer. Ça y va, ça y va. Alors que sur long courrier, vraiment, on prend le temps. On fait nos services. On a même plus de temps de repos. On peut manger, passer vraiment du temps avec les passagers. C'est vraiment l'avantage.
- Speaker #1
D'accord. OK. Quelle est la réaction de ton entourage quand tu dis de ton entourage ou des personnes que tu peux rencontrer et quand tu leur dis que tu es hôtesse de l'air ?
- Speaker #0
La première réaction, c'est waouh ! Je ne connais aucune hôtesse de l'air. Et ensuite, vont venir s'ajouter tous les clichés, les préjugés. Mais du coup, tu n'es jamais à la maison. ou alors un peu plus négatif, ah oui, mais vous ne servez que du café. Voilà,
- Speaker #1
vous avez l'image aussi, cette image-là de se dire, elles ne sont que serveuses avec leurs chariots.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et en fait, voilà, mais derrière tout ça, en fait, il y a quand même une responsabilité de la sécurité. Vous êtes formée, et je crois que ce n'est pas donné à tout le monde de faire un métier à haut risque.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Au final.
- Speaker #0
Oui. Moi, j'informe beaucoup justement sur le métier. Donc, c'est vrai que c'est un métier qui fait rêver. Ah oui. Voilà, le voyage, l'uniforme, tout ça en fait partie. Mais derrière, il y a une grosse partie de responsabilité. Et comme je le disais, pendant la formation, on ne nous parle pas du tout de commercial. C'est vraiment que de la sécurité.
- Speaker #1
Que de la sécurité avant tout.
- Speaker #0
Que de la sécurité avant tout.
- Speaker #1
Ah oui, c'est fou.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et les avions aujourd'hui, c'est vrai que c'est des avions plus technologiques. Ils vous expliquent ? Oui,
- Speaker #0
oui, oui. On est quand même bien rassurés parce qu'en plus, nous, on baigne dans ce milieu-là. Donc, on sait que c'est très safe. Vraiment, la probabilité pour qu'il se passe quelque chose est vraiment infime comparée à ceux qui prennent la voiture ou quoi que ce soit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais... Mais c'est vrai que s'il se passe quelque chose, au moins on est formé pour agir.
- Speaker #1
Oui. Moi, je suis toujours impressionnée quand on va dans les aéroports qu'on voyage, le monde qu'il y a.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est une question que je me pose énormément parce qu'on vit quand même un contexte économique qui est assez compliqué, mais quand même les gens voyagent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu en penses Aurélie ?
- Speaker #0
C'est une bonne question.
- Speaker #1
C'est plus de voyageurs tourisme, mais il y a aussi les voyages mode pro, professionnels. Mais c'est vrai que c'est assez surprenant, ce contraste en fait. J'ai du mal en fait à l'analyser.
- Speaker #0
C'est vrai, dans nos passagers, il y a énormément de personnes qui voyagent pour le travail.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et l'autre partie, je ne dirais pas forcément le tourisme, mais c'est plus pour rentrer chez eux.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
ça va être plutôt des locaux. Donc, si par exemple, on part au Brésil, il y aura énormément de Brésiliens dans l'avion. Ou si on est au Brésil et qu'on rentre à Paris, il y aura énormément aussi de Brésiliens qui habitent à Paris.
- Speaker #1
Donc, en fait, oui,
- Speaker #0
c'est d'un côté, de l'autre. Toujours du monde en fait.
- Speaker #1
Toujours du monde en fait. C'est fou ça.
- Speaker #0
Les gens ont besoin de rentrer chez eux ou d'aller dans tel pays. Et ils ne peuvent pas prendre forcément le train ou d'autres moyens de transport. Donc, ils sont obligés de prendre l'avion.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Oui, non, après, c'est sûr que c'est assez impressionnant.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Derrière cet uniforme, puisque vous avez un uniforme, ça donne... Bon, tu as pu nous le dire, qu'effectivement, ça pouvait donner une image. Mais derrière tout ça... Est-ce que ça vous donne aussi de la confiance de porter cet uniforme et de se dire, on pose un cadre, on a cet uniforme, le make-up qui va avec et il y a des exigences à respecter ?
- Speaker #0
Oui, quand on a l'uniforme, on représente la compagnie. De suite, on va mettre, je ne dirais pas un masque, mais c'est tout comme un costume. Un uniforme, finalement.
- Speaker #1
Un uniforme, voilà, ça porte bien le sens, non ? C'est ça.
- Speaker #0
Et en fait, tout ce qu'on va dire, c'est comme si la compagnie le disait. Donc, il faut vraiment qu'on reste très professionnel, qu'on garde le sourire, même si on est fatigué, stressé, en colère, peu importe, comme je disais, on reste humain. Donc, on a tous nos émotions, mais toujours rester professionnel. Et justement, si on a des passagers indisciplinés ou quoi que ce soit, en ayant l'uniforme, de suite, ça nous donne... plus de prestance et ça a plus de poids en face du passager.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est beau de voir, moi je trouve que c'est beaucoup mieux d'avoir chaque fois l'uniforme, l'uniformité entre vous toutes, les relations dans l'équipage. Ça se passe comment ? Parce que vous êtes nombreuses. Est-ce que tu fais partie toujours d'un même équipage, d'une même équipe ou pas du tout ?
- Speaker #0
Jamais, jamais, jamais.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Donc ça, c'est un des avantages et des inconvénients aussi de ce métier.
- Speaker #1
Et oui.
- Speaker #0
C'est qu'en fait, on n'est jamais avec les mêmes collègues.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc c'est bien parce qu'on rencontre énormément de personnes intéressantes. C'est hyper enrichissant. Mais c'est vrai qu'à chaque fois, il faut re-se présenter. Voilà. Mais... Non, on n'est jamais avec les mêmes personnes. Après, on peut se croiser au siège de la compagnie.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ou de temps en temps, on a déjà fait un vol ensemble, mais c'est assez rare. D'accord,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
Et au niveau des relations, en général, ça se passe quand même plutôt bien parce qu'en fait, on est tous là pour la même chose, la même mission. Après, il y a les caractères de chacun qui font que... Des fois, ça peut peut-être coincer, surtout avec la fatigue. C'est pour ça qu'on nous parle énormément de fatigue pour justement la cohésion d'équipage. Mais sinon, ça se passe à 99% bien.
- Speaker #1
Comment vous arrivez à gérer cette question du sommeil avec les décalages horaires ? Votre corps, ton corps, comment tu arrives à l'équilibrer ? Et à te dire, je me maintiens en forme pour mon côté maman quand je retrouve mon fils. Et être vraiment opérationnelle sur les vols. Comment tu arrives à équilibrer tout ça ?
- Speaker #0
Difficilement. C'est un métier qui est extrêmement fatigant. Extrêmement, extrêmement fatigant. Et c'est vrai qu'après, on est tous différents. On est tous différents. Il y en a qui ont besoin de dormir. En trois heures, c'est bon, ils récupèrent. Et d'autres, ils ont besoin de 12 heures. Donc ça dépend des personnes. Moi, je sais que ça va. Je le vis quand même assez bien.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Par contre, c'est vrai que quand je rentre de vol, je suis mais rincée. Je suis rincée et c'est vrai que, comme tu disais, quand il faut reprendre le rôle de maman, on rentre à la maison, le petit, il est avec nous.
- Speaker #1
Il étache les ménagères du quotidien, il faut le gérer quand même.
- Speaker #0
Et souvent, je rentre de vol, je me mets sur le canapé, mais en fait, je m'endors tellement que je suis épuisée. Le petit maman, réveille-toi, réveille-toi. Et là, c'est dur. La double casquette, elle est vraiment très compliquée à gérer. Mais après, une fois qu'on se repose, ça va mieux, c'est reparti. et on repart dans notre vie du quotidien avant de reprendre les vols.
- Speaker #1
D'accord. Quel est ton mantra quand tu prends le vol et que tu te dis, qu'est-ce que tu te mets en tête ? Quel est ton guide qui t'accompagne au quotidien sur tous les vols ? Est-ce que tu en as un ?
- Speaker #0
Je dirais sur tous les vols, mais en fait, sur toute ma vie, en fait. Comme tu disais, je suis quelqu'un d'hyper positif. Donc, je sais que... Quoi qu'il arrive, ça va aller, ça va bien se passer. En fait, le négatif, c'est même pas...
- Speaker #1
Ça te traverse pas l'esprit.
- Speaker #0
C'est même pas une option pour moi, en fait. Je sais que tout va bien se passer et du coup, vu que j'envoie vachement un don de positif, je reçois aussi énormément de positif.
- Speaker #1
C'est top ça. Tu es comme ça depuis petite ?
- Speaker #0
Depuis toujours, oui. Toujours positive.
- Speaker #1
C'est quoi ton secret ? je sais pas la génétique la génétique l'éducation c'est vrai c'est pas donat l'éducation l'éducation aussi parce que souvent on voit toujours plus le négatif que le positif oui alors sûrement du coup tu me dis le cerveau général le mental il a toujours tendance à te rebasculer sur du négatif parfois
- Speaker #0
Moi, en fait, dès que j'ai une pensée négative, automatiquement, c'est l'inverse. Ça va me le basculer en positif. Alors oui, l'éducation, ça joue beaucoup. Mais aussi, comme je te disais juste avant, j'ai grandi à l'étranger.
- Speaker #1
Et un peu depuis,
- Speaker #0
j'ai vécu en Inde.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je suis partie en Inde à l'âge de 10 ans.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en fait, quand tu vois tout ce qui se passe ailleurs, tu relativises sur tout.
- Speaker #1
Surtout là-bas.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Avec le seuil de pauvreté, tout ce que tu peux voir. Mais à côté de ça... Dans ce pays, il y a tout ça, tout ce côté positif. Aussi. Voilà, il te permet d'aller de l'avant.
- Speaker #0
C'est ça. Mais voilà, c'est vraiment tout ce combo, en fait, qui fait qu'aujourd'hui, je relativise sur tout, quoi. Donc, quand je prends un vol, je ne me dis pas, il peut se passer ça, oui, il peut se passer ça. Dans tous les cas, on ne peut pas faire ce métier en pensant comme ça.
- Speaker #1
Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Donc, c'est vraiment des personnalités qui ont vraiment le côté positif. Lors des recrutements, ça en fait partie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et voilà. Tu peux nous dire comment ça se passe en recrutement ? Comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #0
Oui, alors c'est très long. C'est très, très long. D'accord. Je dis toujours, le plus facile, le plus simple, c'est vraiment d'avoir son CCA, donc son attestation d'hôtesse de l'air. Et le plus dur, c'est d'être recrutée en compagnie. Parce qu'il y a énormément de postulants pour peu de postes, donc ils sont très sélectifs. Et c'est vrai que pendant les recrutements, il y a plusieurs phases, plusieurs étapes. On va avoir des tests psychotechniques, on va avoir des entretiens de groupe, des entretiens individuels.
- Speaker #1
Et l'entretien individuel, il se passe comment ? Là, ils vous posent des questions.
- Speaker #0
Oui, oui. Donc, l'entretien individuel, en fait, ils essayent de creuser un peu, de nous faire parler de nous-mêmes pour voir justement notre élocution déjà et notre façon de penser.
- Speaker #1
Les émotions ?
- Speaker #0
Oui, après, ils nous parlent un petit peu d'anciennes entreprises, comment est-ce qu'on a géré des situations compliquées pour voir justement si on arrive à gérer des conflits, etc. notre lien aussi avec les clients la relation client qui est très très importante dans ce métier parce qu'au final c'est la partie émergée de l'iceberg, c'est ce que tous les passagers voient donc c'est vrai que si on est quelqu'un qui fait la tête ça ne passera pas du tout
- Speaker #1
Qu'est-ce que ce métier t'apporte à aujourd'hui ? J'ai l'impression vraiment que tu es comblée Oui
- Speaker #0
Oui, oui. Voilà, t'as dit le mot.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
T'as dit le mot. C'est vrai que, en fait, ça m'apporte tout ce que je recherchais avant, c'est-à-dire vraiment ce côté... voyage, qui est quand même très important pour moi parce que voilà comme je te disais j'ai toujours voyagé donc ça me permet en fait d'avoir ce côté où je pars, je m'évade, je rencontre d'autres cultures je vois des choses incroyables mais je sais que quand je rentre, je rentre à la maison dans mon cocon, dans mon foyer et en fait j'ai trouvé mon équilibre comme ça Alors qu'avant, c'était plutôt l'inverse. Je n'avais pas mon cocon. En fait, je partais toujours à droite. Je déménageais tout le temps. Je ne savais pas où aller parce que j'avais besoin de bouger, de voir autre chose. Alors qu'aujourd'hui, maintenant, je sais où je suis ancrée et je voyage avec le métier. Et c'est génial. C'est mon équilibre.
- Speaker #1
Non, super. Quel conseil pourrais-tu donner pour des jeunes dames qui ne savent pas trop encore ce qu'elles voudraient faire et pourquoi pas devenir hôtesse de l'air ?
- Speaker #0
Et je leur dirais de foncer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De foncer parce que vraiment, comme je disais, c'est vraiment un métier incroyable. Et vraiment, je pèse mes mots. C'est envie des choses en dehors du commun, quoi. J'ai l'impression, en fait, de vivre dans une bulle en dehors de la société.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
C'est, en fait... Alors, il y a vraiment la mission, le vol qui est plus compliqué à gérer. Parce que, comme je disais, il peut se passer tout et n'importe quoi. Et ce n'est pas fait pour tout le monde parce que... On peut travailler de nuit, les jours fériés, les week-ends. On peut rater des événements, des anniversaires. On vient en décaler, mais après ça, comme d'autres métiers, comme les aides-soignantes, les infirmiers, le médical, les pompiers. Mais on a le côté, après, on va dire, qui nous rassure, c'est que derrière, justement, on va pouvoir aller visiter le Kilimanjaro, le Taj Mahal, on va pouvoir faire du parapente. En Afrique, on n'a pas de quotidien.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
On a une vie à mille à l'heure et chaque jour est différent. Chaque vol est différent. Les passagers qu'on rencontre sont différents. Nos collègues sont différents.
- Speaker #1
C'est super.
- Speaker #0
C'est enrichissant.
- Speaker #1
Ta compagnie, tu te sens bien dans cette compagnie ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pour l'instant, tu veux rester là ? Tu n'as pas envie de postuler ailleurs ? Pour moi,
- Speaker #0
c'était vraiment en tant qu'employée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour moi, c'est la meilleure compagnie du monde.
- Speaker #1
Parfait. Est-ce que quand vous êtes en escale, c'est vous qui devez vous organiser pour réserver l'hôtel ou c'est la compagnie qui s'occupe de vous réserver l'endroit où vous restez dormir ?
- Speaker #0
La compagnie s'occupe de tout. Elle s'occupe déjà de nous amener jusqu'à l'hôtel. On a une navette qui vient nous chercher à l'aéroport. Et ensuite, on arrive dans les hôtels. Donc, ce n'est que des hôtels. 4-5 étoiles dans des destinations.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est quand même exceptionnel où vous êtes quand même pris en considération. Oui. Vous êtes quand même chouchouté ou vous êtes quand même bien pris en charge. Ça, c'est un des avantages. C'est génial. Ça fait quand même rêver.
- Speaker #0
Oui, ça fait rêver parce qu'on est dans des destinations de rêve, dans des hôtels de rêve.
- Speaker #1
Ah oui. Même si c'est court, mais ça fait un bien fou.
- Speaker #0
C'est ça. C'est ça, on déconnecte totalement et c'est vraiment pour notre bien-être, pour qu'on puisse se reposer et être dans les meilleures conditions pour reprendre le travail après.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est génial. Et d'autres avantages peut-être qui vous proposent ?
- Speaker #0
Après, on a tout ce qui va être autour du comité d'entreprise, donc on va avoir beaucoup de réductions sur...
- Speaker #1
Ah oui, sur les vols à vous.
- Speaker #0
Alors, on va avoir des belles réductions aussi sur nos vols en perso. pour nous, notre entourage famille amis, etc d'accord, ça c'est cool et après on va voir tout ce qui est chèque vacances,
- Speaker #1
après comme dans toutes les entreprises comités d'entreprise où ça amène des beaux avantages ah oui, les concerts aussi les spectacles, les colonies tout ça quoi et est-ce que il faut être absolument basé sur Paris Pour être hôtesse de l'air ?
- Speaker #0
Alors, officiellement, oui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Alors. Officiellement, oui. On est basé à Paris. Notre base, c'est Orly ou Charles de Gaulle. Mais ensuite, on peut habiter où on veut.
- Speaker #1
Voilà, vous n'êtes pas obligé d'habiter...
- Speaker #0
On n'est pas obligé d'habiter à Paris. Par contre, on doit être là à telle heure au briefing avant de partir en vol. Après, la compagnie, on habite à Toulouse, à Béziers ou même en Allemagne.
- Speaker #1
Ça n'a pas d'importance.
- Speaker #0
Ça n'a aucune importance. D'ailleurs, on a des collègues qui habitent même sur d'autres continents et qui viennent... À Paris, faire les vols. Donc,
- Speaker #1
dans tous les cas, vous vous partez de Paris.
- Speaker #0
Voilà. Toi, ton départ,
- Speaker #1
il est de Paris.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ou Orly ou Charles de Gaulle.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Selon la compagnie.
- Speaker #1
Selon la compagnie.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
OK, d'accord. Et est-ce que c'est une compagnie aussi qui vous pousse à être dans des objectifs commerciaux ? Parce que c'est vrai que quand vous passez avec le chariot, et des fois, on a les catalogues où on peut choisir montre, parfum. Est-ce que ça, ça fait partie d'un objectif commercial ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, ça dépend encore une fois des compagnies.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'ai travaillé dans des compagnies qui avaient justement ce genre de vente.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais dans la mienne actuellement, on n'a plus ça.
- Speaker #1
Vous n'avez pas cette pression-là ?
- Speaker #0
Non, on n'a pas cette pression-là. C'est génial. Ça, c'est top.
- Speaker #1
Mais c'est confort parce que psychologiquement, déjà que vous avez quand même pas mal de choses à gérer. Servir, les boissons. servir les repas, les préparer, enfin les préparer, les faire réchauffer, c'est ça ? J'y suis pas, mais j'observe beaucoup. Oui,
- Speaker #0
il y a énormément de choses.
- Speaker #1
Il y a quand même pas mal de choses. Oui, oui, oui. En fait, oui, 8 heures de vol, mais en fait, vous les voyez pas passer.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Donc, si en plus, on devait vous mettre des objectifs pour vendre tel ou tel...
- Speaker #0
Ça existe, mais voilà, dans ma compagnie, en tout cas, c'est plus le cas. Ça existait à une certaine période, mais aujourd'hui, on ne le fait plus. Et c'est vrai que c'est un point en moins. C'est une tâche en moins à faire pour nous. Mais après, on va avoir tout ce qui est pression sur, justement, alors pression, entre guillemets, mais tout ce qui va être commercial. Donc, en fait, on va avoir beaucoup plus de temps pour s'occuper des passagers, avoir des attentions particulières envers eux.
- Speaker #1
Le service du passager.
- Speaker #0
Totalement. Et c'est vraiment ce qui ressort de notre métier. vouloir faire plaisir voilà vouloir faire plaisir rassurer si quelqu'un a peur de l'avion on va vraiment venir le voir tout le temps est-ce que ça va lui faire des petits cadeaux des petites attentions ou alors les les anniversaires les anniversaires de mariage les familles est-ce que tout va bien vous avez besoin de quelque chose voilà et sur les enfants qui voyagent seuls oui aussi aussi non aussi oui oui oui les enfants qui voyagent seuls alors eux c'est vraiment nos petits protégés ils sont vraiment euh...
- Speaker #1
En tant que parent, tu peux te dire qu'ils partent et tu es un peu tranquille dans le sens où ils sont quand même beaucoup pris en charge. Oui,
- Speaker #0
on est toujours à leurs petits soins, à les voir si tout va bien, leur proposer des jeux.
- Speaker #1
Et j'ai une autre question aussi. Est-ce que c'est super important le placement des passagers ? Est-ce que le numéro est important ? Lors du vol ? Oui.
- Speaker #0
Oui. Alors ça, c'est plus des choses qui se passent justement en tant qu'agent d'escale au sol ou pendant la réservation. Mais c'est vrai que, par exemple, un enfant ou une personne en situation de handicap ou une personne obèse ne pourra pas s'asseoir aux issues de secours, par exemple.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Parce qu'il faut que la personne soit apte à pouvoir ouvrir. Et sortir de l'avion si jamais les hôtesses de l'air ne sont pas là. Donc un enfant de 12 ans ou de 11 ans, 8 ans ne pourra pas le faire. Et sinon, on essaye aussi d'éviter justement de mettre des passagers à côté des enfants qui voyagent seuls. Et si l'avion est rempli, on va mettre une femme à côté des enfants.
- Speaker #1
Donc c'est important de rester assis à sa place.
- Speaker #0
Et des fois, les avions sont presque vides. et on va avoir tendance à vouloir se déplacer, aller sur les banquettes, etc. Sauf qu'il faut vraiment demander à l'équipage parce qu'il y a une question de centrage et les gens ne le savent pas forcément. Et en fait, si tout le monde se déplace, l'avion peut carrément piquer. Donc c'est important de bien respecter son siège et rester à sa place.
- Speaker #1
Vous, après tout le côté bagage, tout ça qui sent en soute ? Vous vous en occupez pas ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. On n'a pas du tout accès au soude.
- Speaker #1
Mais là, c'est pareil aussi. Il y a un travail non équilibrable des bagages pour justement... Oui. Oui.
- Speaker #0
Ça, ça se voit au sol et avec les pilotes.
- Speaker #1
D'accord. Oui. Ta pire anecdote que tu aies pu vivre dans un vol ? Tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #0
J'en ai plusieurs. J'en ai plusieurs. J'en ai une en particulier. Je dis souvent, c'est mon pire vol, mais en soi, il n'y avait rien de grave.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'était un vol à Havane, Paris, donc Cuba, Paris.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et en fait, on avait donc 9 heures de vol et on a eu 8 heures de turbulence.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc en fait, le pilote nous a dit, avant de partir, On va avoir 8 heures de turbulence. Donc, faites le service avant les turbulences. Et ensuite, on range tout, tout le monde s'attache. Et ça, pendant 8 heures, ça va être tranquille. Enfin, tranquille pour nous, parce que du coup, on n'aura pas à faire grand-chose. Mais voilà, ça va un peu bouger. Et donc, on part, on envoie le service, etc. Et là, on voit qu'il y a un appel toilette.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, je suis la plus proche. J'y vais. Et un monsieur qui était mal en point, on va dire. Donc j'ai vu ça, je suis allée voir sa femme. Je lui ai dit que ça n'allait pas trop. Donc elle est partie voir ce monsieur. On continue le service, on range tout. Et là, début des turbulences. Donc tout le monde s'assoit, attaché, tout ça. Et donc nous, on était au galet, à notre office, à l'endroit où on prépare tout. Et là, je vois une passagère qui arrive et qui dit « Excusez-moi, j'ai envie de vomir. » Et là, vomir. Et elle vomit partout par terre. Ensuite, une deuxième passagère qui arrive, un passager. Et en fait, le fait d'entendre, de voir, etc., tout l'avion s'est mis à vomir. Mais quand je dis tout l'avion, c'est vraiment tout l'avion. Il n'y a pas une personne qui n'a pas vomi. Et je crois que de l'équipage, je suis la seule qui n'a pas vomi. Et je ne sais pas comment j'ai fait. C'était vraiment catastrophique.
- Speaker #1
Mais elles étaient vraiment fortes ces turbulences ?
- Speaker #0
Non, en fait, ce n'était pas des turbulences fortes. Mais vu que tout le monde avait mangé et que ça secouait... En fait, tous les estomacs se soulevaient. Et donc, tout le monde se soulevait. C'était vraiment le vol horrible.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà. Et ça, pendant 8 heures. Et il y en avait partout.
- Speaker #1
Donc ça, les turbulences, vous ne pouvez pas le savoir à l'avance, bien évidemment, avant de décoller. Ou quand même, le pilote, il sait un peu ce qui va se passer.
- Speaker #0
Si. Alors en fait, ils ont un plan de vol.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ils ont un plan de vol où ils voient justement... toute la route qu'on va prendre avec justement les zones avec turbulence. Donc nous, en fait, avant de partir en vol, on se retrouve une heure et demie avant avec l'équipage pour justement débriefer, faire un briefing sur tout le déroulé du vol. Donc on va voir toutes les particularités des passagers, combien d'enfants, voilà. C'est vraiment, ça englobe plein plein de trucs. Et ensuite, les pilotes rentrent dans la salle de briefing et ils rajoutent des informations qui sont essentielles, comme le temps de vol, les turbulences. Donc, ils nous disent qu'on aura des turbulences une heure et demie après le décollage. Et on en voit encore. C'est hyper précis. Mais vu que ça reste de la météorologie, ça change.
- Speaker #1
Ça peut changer. Ça change. D'une minute à l'autre.
- Speaker #0
Oui, ça change rapidement.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
on part sur un plan de base. Ils le savent vraiment à l'avance.
- Speaker #0
Ils le savent à l'avance, mais des fois, on peut avoir des turbulences qui sont non prévues. Et c'est plutôt celles-là qui peuvent être dangereuses, parce que vu que les pilotes ne les voient pas au radar, une turbulence peut tomber d'un coup.
- Speaker #1
Est-ce que c'est la même chose, turbulence et trou d'air ?
- Speaker #0
Alors, trou d'air, c'est une idée reçue. Un trou d'air n'existe pas parce qu'il n'y a pas de trou dans l'air, en fait.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Comme il n'y a pas de trou dans l'eau. Alors, t'as ce livre ? Mais d'accord.
- Speaker #1
Mais c'est...
- Speaker #0
C'est l'ambulance. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et est-ce qu'on peut rentrer en disant... Est-ce qu'il vous parle ou c'est plutôt le pilote de cette fameuse boîte noire ?
- Speaker #0
Ah, alors on n'en parle jamais.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
non. On n'en parle jamais, jamais. Ça fait partie de l'avion.
- Speaker #1
Mais pas plus.
- Speaker #0
Non, voilà.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Mais cette boîte noire, quand même, elle enregistre tout le vol.
- Speaker #0
Tout,
- Speaker #1
tout, tout. Tout, tout, tout. C'est là où il y a... Et on ne vous en parle pas ?
- Speaker #0
Alors, on en parle en formation, mais après, pendant le vol, ça ne sert à rien d'en reparler parce que, voilà, nous, on fait juste notre travail. On sait qu'elle est là, mais c'est tout. Comme là, tu vois, on discute, mais on ne parle pas de notre micro, quoi.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
forcément. C'est pareil.
- Speaker #1
Mais c'est là où sort le son. Mais c'est là, voilà. C'est ça,
- Speaker #0
c'est enregistré, mais voilà.
- Speaker #1
OK, d'accord. D'autres anecdotes, peut-être ?
- Speaker #0
Oui, alors j'en ai plein. Une dernière, allez,
- Speaker #1
une dernière.
- Speaker #0
Une dernière. Sur un de mes premiers vols, j'ai été un peu visitée par mes collègues, mais très gentiment, ça reste toujours cordial, gentil. Et en fait, donc ce n'était pas dans ma compagnie actuelle, c'était dans une autre compagnie où j'étais avant. Et mes collègues sont venus et en fait, ils m'ont affiché une feuille dans le dos. avec écrit Aurélie célibataire 06 et moi je me suis rendue compte de rien et donc je commence mon petit service en cabine et là je vois tous les passagers qui rigolent et vu que moi je suis hyper bon public et hyper joviale, moi je rigole avec eux je comprends pas ce qu'il se passe et en fait il y a une différence entre rire avec les gens et rire de quelqu'un et là je me suis rendue compte qu'en fait ils rigolaient de moi Et donc, j'ai fait marche arrière, je suis allée voir mes collègues, j'ai dit, je ne comprends pas, tous les passagers rigolent, ils me regardent, j'ai quelque chose entre les dents, il me parle quelque chose, ça ne va pas. Et mes collègues, non, non, il n'y a rien du tout, donc j'y retourne. Et là, il y a une passagère qui me dit, excusez-moi, je pense que vos collègues ont transmis votre numéro de téléphone. Moi, je venais d'arriver, je ne savais pas trop comment ça se passait. Donc, je regarde sur son écran, je dis, comment ça, il y a mon numéro de téléphone sur les écrans, je ne comprenais pas. Et en fait, elle dit non, non, non, tournez-vous. Et là, je regarde et je vois une feuille A4 collée dans le dos. Et que c'est le poisson d'avril, quoi. Et je regarde la feuille, mais j'avais tellement honte. Bon,
- Speaker #1
ça a mis une grosse ambiance.
- Speaker #0
Ah, ça a mis une super ambiance. Ah ouais. Et c'était que le début, parce qu'après, avec l'équipage, on faisait que rigoler. Vraiment, les passagers, ils sont sortis, ils ont dit, mais c'était le meilleur vol de notre vie. On a tellement rigolé.
- Speaker #1
Et c'est un souvenir qui était, voilà, assez marrant. C'est ça, ouais. Et est-ce que tu étais célibataire, pour le coup ?
- Speaker #0
non mais c'était pas mon vrai numéro d'accord bon heureusement d'ailleurs d'ailleurs il y en a qui commencent à prendre les numéros mais oui
- Speaker #1
Aurélie est-ce que tu aurais autre chose à rajouter ou à nous dire sur ce beau métier je sais pas on a fait le tour Merci d'avoir accepté encore une fois mon invitation. J'espère que ça aura donné envie à des futures jeunes dames de s'envoler et de devenir hôtesses de l'air. Moi pour la petite anecdote par contre, oui j'ai oublié de le préciser, mais c'est vrai que c'était un métier, alors j'avais hésité entre BTS tourisme et BTS esthétique, bon ben je suis allée vers l'esthétique mais... pas hôtesse de l'air, mais j'aurais aimé être hôtesse, mais au sol, dans les aéroports. C'est vrai que c'est un métier qui m'a toujours plu, et le tourisme. Ou travailler aussi dans un hôtel. Voilà. Pour la petite anecdote. Mais du coup, c'est peut-être qu'un jour, qui sait ? Mais bon, je pense pas. Je suis déjà trop vieille.
- Speaker #0
Mais non, il n'y a pas d'âge.
- Speaker #1
Écoute Aurélie, je te dis à très vite. Et peut-être qu'un jour, Il y aura... Quelqu'un de notre ville qui tombera sur un vol avec toi ?
- Speaker #0
Mais j'ai souvent le maire à bord.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
J'ai souvent le maire de notre ville à bord.
- Speaker #1
Le ménard,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Oui, justement, c'était ça que je voulais te demander. Si tu étais déjà tombée sur une star ?
- Speaker #0
Ah oui, beaucoup.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Oui, oui, oui. J'ai eu beaucoup de passagers connus, enfin de personnes connues en passagers.
- Speaker #1
D'accord, ils ne prennent pas des jettes privées.
- Speaker #0
Et non.
- Speaker #1
Pas forcément. Non,
- Speaker #0
non, non. Beaucoup aussi de ministres, d'hommes politiques et de stars, de chanteurs, de chanteuses. Ah oui,
- Speaker #1
j'étais tombée sur... Ok. Ils restent discrets ? Ils ont besoin d'une place en particulier ?
- Speaker #0
Ça dépend.
- Speaker #1
Ça dépend. Tu veux nous dire qui ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas le droit.
- Speaker #1
Tu n'as pas le droit de dire.
- Speaker #0
Je suis désolée. C'est un petit ancien. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais il y en a qui sont arrivés avec tous les gardes du corps. Et... En restant discret, côté hublot, ni trop avenant, ni trop renfermé. Voilà, juste je fais mon vol, je suis cordiale, mais laissez-moi tranquille. Je ne suis pas là pour faire des photos. Voilà,
- Speaker #1
ils ne veulent pas vous signer des autographes, tout ça. Puis vous les laissez tranquilles pour respecter leur intimité. C'est ça. Bon, super. Écoute, je pense qu'on en a terminé, qu'on a fait le tour. Oui. Merci d'avoir pris le temps de nous écouter. N'hésitez pas à liker cette vidéo et à vous abonner à ma chaîne YouTube et à vous abonner également sur les plateformes Spotify, Apple Podcast. Je vous dis à très vite pour une nouvelle interview.