- Speaker #0
Bienvenue sur Pressroom, le podcast qui vous dévoile les coulisses des plus grandes enquêtes journalistiques.
- Speaker #1
En Corée du Nord ou en Iran, ça peur, on est surveillés non-stop. Ils avaient découvert que j'étais journaliste, j'étais plusieurs mois en prison, voire plus longtemps. Énorme explosion juste derrière nous, les gars voulaient se faire sauter là où on était.
- Speaker #0
Salut à tous, bienvenue sur Press Room. Aujourd'hui on reçoit Benoît Chaumont. Vous l'avez sûrement vu sur Canal+, dans l'effet papillon, l'émission où il se filme dans les pires dictatures du monde tout en restant hyper drôle. Dans cet épisode, Benoît va nous raconter comment il a réchappé à un attentat en Tchétchénie, pourquoi il s'est fâché avec les gardiens de la révolution en Iran, et surtout comment il fait pour s'incruster dans les communautés les plus fermées du monde. Ça tourne avec Benoît Chaumont. Salut Benoît.
- Speaker #1
Bonjour Esther.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'être avec nous sur Press Room. On a des fans dans l'équipe, tout le monde est fan de l'effet papillon. Est-ce que c'est toi qui as eu l'idée de partir dans les pires dictatures du monde ? Comment c'est venu cette affaire ? Non,
- Speaker #1
je ne suis pas maso à ce point-là. C'est Thomas Riby qui était le rédacteur en chef de l'Effet Papillon. Il a proposé à moi et à d'autres journalistes d'incarner quelques reportages. Incarner,
- Speaker #0
c'est que les journalistes... Incarner,
- Speaker #1
c'est-à-dire qu'on est devant la caméra et on interagit avec la caméra et on fait des plateaux à l'intérieur des reportages. En revanche, moi, je n'ai pas tiré la bonne carte puisqu'il est venu me voir en me disant « Tu veux bien faire une rubrique qu'on appellerait le Dictature Tour ? » Donc il faudrait que tu te rendes dans les pires dictatures du monde. Et avec un ton un peu différent si tu y arrives. Donc là je me suis dit, waouh, quand même compliqué parce que c'est des sujets sensibles et il y a un truc de curseur. C'est-à-dire que parfois il y a un peu de légèreté ou un petit peu d'humour dans mes sujets. Et dans ces endroits-là c'est vraiment compliqué, tu peux faire un faux pas assez facilement. Et puis au-delà de ça, évidemment, c'était le risque. C'est de me dire, waouh, si on lance cette série, bien sûr il faudrait essayer d'aller en Corée du Nord. Est-ce que tu es capable d'aller en Corée du Nord ? À ce moment-là, je n'avais pas la réponse, mais j'ai accepté de le faire.
- Speaker #0
Tu as réfléchi longtemps ?
- Speaker #1
Non, ça m'excitait quand même.
- Speaker #0
Le risque, c'est quand même quoi d'aller dans certains de ces pays ? Si on découvre que tu es journaliste, qu'est-ce qui peut t'arriver ?
- Speaker #1
La prison. Pour la Corée du Nord, on le sait tous, évidemment. Je pense que s'ils avaient découvert que j'étais journaliste, c'était potentiellement plusieurs mois en prison, voire plus longtemps en fonction des... de la situation géopolitique. Exactement, tout à fait. On est à Shanghai, dans quelques heures, on décolle pour Pyongyang, Corée du Nord. On a dit qu'on voulait passer quelques jours de vacances là-bas.
- Speaker #2
Moi, je suis cuisinier. Avec nous, pour ce week-end prolongé, une petite dizaine de touristes, très curieux ou très parés.
- Speaker #1
Et toi,
- Speaker #0
t'as l'air toujours couleur. Peut-être que tu l'es pas vraiment ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Non, c'est sûr que pour ce genre de reportage, Les jours qui précèdent le départ, même les semaines, c'est une profonde angoisse. Est-ce que j'en suis capable ? Est-ce que je peux le faire ? En fait, cette angoisse existe jusqu'au moment où tu n'as plus le choix, et donc où tu es dans l'avion. Et là, tu te détends un peu et tu te dis, ça y est, c'est parti, c'est trop tard, on y est, donc fais ton taf et puis détends-toi. Mais les semaines qui précèdent, tu ne dors pas même. Juste avant de partir en Corée du Nord ou en Iran. au Tibet, dans tous ces pays où le risque est quand même plus élevé que dans d'autres. Ça pleure.
- Speaker #0
Tu prépares comment d'ailleurs un reportage comme ça ?
- Speaker #1
Pas grand-chose en fait. Bien sûr tu t'intéresses au pays, tu te renseignes sur la situation géopolitique du pays, sur ce qu'il y a à raconter, mais tu ne peux pas anticiper ce qui va se passer sur le terrain parce que tu ne sais pas ce que tu vas pouvoir faire. Tu as quand même une idée. Ça pour les dictatures. Et l'autre série, Fuck le système, où c'était une immersion dans des communautés qui vivent en dehors de la société. Dans plein de reportages, j'y suis allé sans savoir s'ils allaient m'accepter. Donc,
- Speaker #0
tu improvises en fait ?
- Speaker #1
Oui, oui. Je n'ai pas rapporté sur les gitans irlandais. C'est absolument merveilleux. C'est l'essence même de notre métier. C'est-à-dire que tu arrives sans a priori et puis tu débrouilles en fonction de ce que tu as. Et puis, l'idée, c'était même si on ne veut pas de moi, ça se racontait aussi. Et en l'occurrence, pour les gitans irlandais, c'est un peu snatch en vrai. J'y suis allé sans savoir si j'allais pouvoir tourner avec eux. J'ai loué un camping-car. Je savais qu'il y avait une foire aux chevaux annuelle dans un endroit. au fin fond de l'Angleterre. Et donc, j'ai loué mon camping-car et je suis allé taper à leur porte et ils m'ont dit, vas-y, garde-toi là et reste avec nous. Alors qu'un confrère photoreporteur qui travaillait sur ce sujet, sur l'hégitore irlandais depuis des années, je l'avais appelé avant pour qu'il me donne deux, trois infos. Il m'a dit, laisse tomber. Moi, pour y arriver, c'est trois ans de taf, quoi. C'est des liens que tu tisses, tu ne pourras pas, quoi. Finalement, on a réussi. Mais non, mais toi,
- Speaker #0
en plus, on le voit vraiment, ton camping-car arrive et direct, le mec hyper sympa.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, c'était génial. Hello, sir. How then ? What did he do ?
- Speaker #2
Vous allez où comme ça ?
- Speaker #1
On aimerait bien rester pour la fois ?
- Speaker #2
Ah, vous êtes les bienvenus. Il faut juste faire une petite donation pour nettoyer l'endroit à la fin. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et on peut avoir l'électricité ?
- Speaker #2
Ah non, il n'y a pas l'électricité ! Qu'est-ce que tu crois ? Allez, je vais te montrer où te garer.
- Speaker #0
Et pourquoi tu avais choisi les gitans irlandais, d'ailleurs ?
- Speaker #1
C'est en effet un peu de travail en amont, c'est-à-dire que tu cherches ces communautés qui pourraient être intéressantes, et puis une fois que tu en as fait quelques-unes, tu grattes, tu grattes, et puis tu découvres les autres. Mais les gitans irlandais, c'est vraiment le film Snatch, c'est-à-dire que c'est des Irlandais qui ont fui la famine à la fin du XIXe siècle. et qui se sont mis sur les routes, et qui sont dispatchés en Irlande, mais aussi en Angleterre, et qui maintenant sont des gitans, mais roux.
- Speaker #0
Comment tu fais pour rentrer justement dans... Quelles sont les techniques pour rentrer dans ces pays qui sont justement interdits aux journalistes ?
- Speaker #1
Pour certains, tu dictes tes journalistes parce que c'est quand même plus rassurant de montrer patte blanche, mais évidemment que tu ne peux pas leur dire que tu fais une série qui s'appelle le Dictature Tour. Donc pour la Tchétchénie, en l'occurrence qui était l'un de mes premiers, voire le premier, j'ai contacté une fixeuse qui travaillait à Moscou. et qui avait déjà été en Tchétchénie et qui s'est rapprochée des autorités tchétchènes et en leur disant qu'on voulait faire un reportage sur découverte en fait sur le pays. Parce que quelques mois plus tôt, Kadirov avait dit je veux ouvrir mon pays aux touristes. Donc on l'avait pris au mot, on a dit ok super, si vous voulez que les touristes viennent, il faut leur montrer à quoi ça ressemble. Donc nous on est là pour ça, on va faire une sorte de déraciner des ailes mais en Tchétchénie. Et ça a marché, on a eu un visa, et là j'étais attendu, accueilli par le ministère du tourisme tchétchène, et qui m'ont permis de me promener un peu partout en Tchétchénie. Et ils sont restés avec toi tout le temps ? Oui, en revanche, oui, tout le temps, non-stop, du matin au soir. D'accord. On ne pouvait rien faire.
- Speaker #2
Je suis en pleine partie de pêche avec l'office du tourisme tchétchène.
- Speaker #1
Ça aurait été très risqué d'essayer de faire des interviews d'opposants, de dissidents, en cachette, à gros yeux.
- Speaker #0
Tu arrives un petit peu, enfin tu ne fais pas une interview, à un moment donné il y a... Tu laisses tourner la caméra.
- Speaker #1
C'est dans un centre commercial et il y a un stand de tir où tu peux tirer à la Kalachnikov. C'est vraiment tchétchénie. Et là, oui, en effet, on discute avec un papa qui est avec ses enfants et qui nous lâche deux, trois trucs.
- Speaker #3
Ici, officiellement, il y a eu 400 000 morts. Quand la Russie nous bombardait du matin au soir, personne n'a rien dit.
- Speaker #1
On essaie au maximum de recueillir le sentiment des habitants. Mais c'est très, très dur parce qu'on est surveillés non-stop. Il ne faut pas faire de faux pas, sinon ils vont comprendre qu'on n'est pas là pour montrer les belles mosquées, les belles montagnes tchétchènes. Mais tu le fais quand même. Oui, tu essaies, tu essaies, mais avec le sourire.
- Speaker #0
Avec le sourire. Tu as vraiment un ton. Je ne sais pas si c'est dans l'écriture. Si tu veux,
- Speaker #1
c'est là où c'est intéressant. C'est vrai qu'il voulait nous montrer une station de ski quelques kilomètres de Grosny. Et ils se font prendre à leur propre piège parce qu'ils nous emmènent avec des autorités du ministère du tourisme. Et en fait, on a passé mais trois barrages tenus par les services de renseignement russes. Et au bout du quatrième, ils nous disent non, vous ne pouvez pas avancer. On n'a pas pu aller voir la station de ski parce que c'était une zone militarisée et que les Russes n'avaient pas donné leur accord. Et donc, il n'y a pas une caméra qui rentrait dans cette zone. Donc, on n'a pas pu y aller. Donc, tu vois, ils voulaient nous faire croire que le pays était ouvert, magnifique et pour faire venir des gens. Et en fait, tu ne peux rien voir. Donc là, tu peux un peu craquer l'absurdité de ces pays-là.
- Speaker #2
Le problème, c'est que pour aller plus loin dans la vallée, il faut une autorisation du FSB. Ce sont les services secrets russes qui contrôlent la zone. Et malgré les demandes du ministre tchétchène du tourisme, nous ne les avons pas eues. Résultat au programme cet après-midi, séance de selfie. et balade bucolique sur un ancien terrain miné.
- Speaker #0
Donc t'as réchappé à un attentat là-bas, tu me disais ?
- Speaker #1
Oui, on y est allé pour l'anniversaire de Kadirov et à l'occasion... Mais pareil, culte de la personnalité... C'est partout, ce jour-là, énorme concert sur la place de Grosny, avec plein de monde et nous on était en train de filmer le pool, on faisait des plans d'illustres et puis un énorme explosion juste derrière nous. Et puis au début, tu sais pas, tu te dis ça se trouve, c'est une fuite de gaz. Ce qui était impressionnant, c'est que... Tout de suite, tu vois. Il y a un mec sur dix qui était en fait des flics et qui sortent leur flingue. Tu vois, qui sont tous armés et qui font un cordon de sécurité autour de l'explosion. Et nous, on avait les rushs, si tu veux. Donc, on avait l'explosion et on était censé être là-bas pour dire que c'était un pays où on pouvait aller en vacances. Donc, un attentat, ce n'est pas super. Et alors là, pour le coup, on a vraiment caché la petite carte. bien comme il fallait, mais j'ai eu peur. J'ai eu peur parce que le mec voulait se faire sauter. C'était donc un attentat kamikaze. Et le gars voulait se faire sauter là où on était. Il s'est fait contrôler par les flics. Et puis le mec, il a déclenché. Il y a eu six morts. Mais son idée au kamikaze, c'était de se faire exploser là où on était. Tu parlais de peur. C'est marrant parce que pendant deux jours, j'avais des courbatures aux jambes.
- Speaker #0
Tellement tu t'es tendu. Oui,
- Speaker #1
tellement tu t'es crispé. Et il se passe un truc dans ton corps et c'est comme si j'avais fait un marathon. Mes limites, je boitais, je crois. J'avais les jambes tétanisées.
- Speaker #0
Donc même hyper surveillé par les autorités, tu arrives quand même toujours à trouver un accès, une faille.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. En fait, c'est vraiment ça. C'est que tu as la possibilité de montrer l'absurdité. Et puis même sur les visages. En Corée du Nord, tu vois bien que les gens sont malheureux, ont une disquette dans la tête. Dans le métro, ils sont tous habillés pareil. Ils ont le badge des deux anciens dirigeants. Ils sont obligés à partir de 16 ans. Et s'ils ne l'ont pas, ils font un petit séjour en garde à vue pour leur expliquer qu'il faut être des bons citoyens nord-coréens. Tu t'en rends compte, en fait. Tout est assez vite. Les images suffisent, en fait.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des pays aujourd'hui où tu ne peux plus retourner ? Parce qu'ils ont vu que...
- Speaker #1
Cette série-là, je ne peux absolument plus la faire. Parce que le monde a changé. Parce que le monde s'est durci. Je ne retournerai jamais en Corée du Nord, évidemment. En Iran, non. En Tchétchénie, non plus. En Birmanie, non plus. D'une part parce que le monde a changé. Mais ta question, si c'était moi, est-ce que je suis cramé ? Oui,
- Speaker #2
tu es gris.
- Speaker #1
Je ne sais pas et je n'ai pas envie d'essayer.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une autre dictature où tu aurais aimé aller ou où tu n'as jamais réussi à rentrer ?
- Speaker #1
Pendant quatre ans, j'ai essayé d'aller en Arabie Saoudite. Et pendant quatre ans, ils m'ont dit, bien sûr, monsieur Chaumont, vous allez y aller. Attendez, la semaine prochaine, c'est bon. La semaine prochaine, c'est bon. Et je n'ai jamais eu le visa. Ils n'ont jamais voulu. Là, celle-là, elle est vraiment hyper dure d'accès.
- Speaker #0
Aujourd'hui, maintenant, je pense que t'as vu, il ouvre vachement.
- Speaker #1
Un peu, oui. J'ai notamment un confrère qui a réussi à y aller. Et puis après, moi, avec le temps, une fois que j'avais mis le doigt dans le dictature tour, j'étais de plus en plus cramé. Donc, soit tu la rentres la première année, mais sinon, après, c'est compliqué. Mais oui, je serais bien allé là-bas.
- Speaker #0
D'ailleurs, j'ai vu une interview de toi où tu dis que t'as fait plus de 50 pays, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais que t'aimes pas voyager.
- Speaker #1
C'est vrai ça ? C'est vrai dans des pays durs. Si tu me proposes d'aller à Los Angeles, j'en ai fait un sur les bodybuilders, où c'est pas dangereux, où t'es dans un environnement sympa et rigolo, ça me va. En revanche, j'ai un problème dans les pays durs. C'est-à-dire que je pense avoir de l'empathie pour les gens que je rencontre et donc ça me mine. Ça me laisse évidemment pas indifférent.
- Speaker #0
T'es naturellement boissé ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu disais que tu étais sensible aussi justement à ce que tu vois.
- Speaker #1
Je n'allais pas dans les bidonvilles en Inde, de New Delhi ou de Bombay avec joie. Oui, ça te laisse plein de différends. Tu ne passes pas une semaine à Gaza en sortant, en oubliant ce que tu as vu. Pareil dans certains pays d'Afrique. Dans les pays pauvres, ça me mettait mal à l'aise.
- Speaker #0
C'est lequel qui t'a le plus marqué dans tous les pays que tu as fait, tu crois ?
- Speaker #1
Je pense que c'est la Corée du Nord parce que c'est notre planète. C'est vraiment une secte à l'échelle d'un pays. Et puis tout est complètement différent. L'architecture, les gens, la tristesse des gens, l'absence de vie. Tout semble figé. Et puis ce culte de la personnalité est partout. C'est quoi le nom de ces fleurs ?
- Speaker #4
Les rouges sont les Kim Jong-il et les roses et violettes sont les Kim Il-sung.
- Speaker #2
Ah, ce sont leurs noms. Ils ont donné le nom des leaders aux fleurs. C'est laquelle la plus jolie pour vous ?
- Speaker #4
Les Coréens aiment les deux fleurs. Elles ont leurs propres caractéristiques. La Kim Jong-il est séduisante et fraîche. Et la Kim Il-sung est vraiment large et massive.
- Speaker #1
Comme eux, en fait. C'est un film, quoi.
- Speaker #0
Et comment t'as fait pour rentrer, d'ailleurs ?
- Speaker #1
Il y a quelques touristes qui peuvent y aller chaque année, quelques milliers qui peuvent rentrer en Corée du Nord. Je me suis fait passer pour un de ces touristes. J'avais déjà mon nom qui circulait un peu sur Google.
- Speaker #0
Tu peux nous rachemmer en journaliste.
- Speaker #1
Et surtout, tu ne peux pas dire que tu es journaliste, évidemment. Donc, il faut que tu changes de profession. Donc, moi, j'avais décidé d'être cuisinier à domicile. On avait créé un faux site de cuisine à domicile, avec des photos de moi en tablier dans un resto à côté de l'agence Kappa pour laquelle je travaillais à l'époque. On avait créé ce site et on avait demandé à une agence de faire remonter le site en première page de Google et de faire disparaître tous les autres papiers sur « Moi journaliste » . Mais t'allais en page 2 de Google, tu les trouvais les papiers. Avec ta photo ? Avec ma photo de journaliste, non, elle avait disparu.
- Speaker #0
Comment ça, heureusement ? Parce qu'à la rigueur, il pourrait y en avoir plusieurs, des Benoît. Oui, mais en tout cas,
- Speaker #1
tu tapais mon nom. Si tu faisais une recherche rapidement, ça va, j'étais couvert. Tu tombais sur le site de Cuisine à Domicile, donc c'était crédible.
- Speaker #0
Tu t'es créé une légende, quoi. Comment on est suivant,
- Speaker #1
en fait ? Oui, exactement. Tout à fait. Tu t'inscris auprès d'une agence de voyage. Il en existe deux, trois, je crois. Les deux, trois sont chinoises. Puis après, tu peux faire partie d'un tour pendant X jours. Moi, j'avais pris une semaine. Et donc après, tu es encadré et tu fais partie d'un groupe de touristes. Et tu te balades en Corée du Nord.
- Speaker #2
C'est parti pour trois jours de dictature tour entre musées, propagande et parcs d'attractions.
- Speaker #1
Et pour la petite histoire, j'ai tenté pour la première saison évidemment d'aller en Corée du Nord. Tout était bon, j'avais envoyé mon passeport, les visas étaient prêts, on devait partir la semaine d'après. Sauf qu'il y a eu Ebola, le virus là, et donc la Corée du Nord a fermé toutes ses frontières. Donc plus un seul touriste rentrait en Corée du Nord. Donc on s'est dit, tant pis, on repousse. Sauf qu'après, j'ai fait d'autres dictatures. J'ai continué mon dictature tour. Je suis allé en Iran, j'ai dû faire la Tchétchénie, je suis allé en Birmanie. Et l'année suivante, quand je me réinscris, je me dis, mon passeport, je ne peux pas le renvoyer comme ça. Ce n'est pas possible. Soit je suis journaliste cramé ou encore pire, agent en secret. Donc j'ai déclaré mon passeport volé et je me suis fait un passeport vierge. Je leur ai envoyé le nouveau passeport et ils ont fait les démarches, a priori. pour m'obtenir un nouveau visa. Et quand j'arrive à la frontière nord-coréenne, je suis à Tangerit avec un soldat nord-coréen, avec sa casquette, son uniforme qu'on connaît tous. Donc déjà là, tu flippes un peu parce que tu te dis s'il a googlisé mon nom avant et qu'il est allé sur la deuxième page, il va voir que je suis journaliste et alors je suis mort. Et donc je lui donne mon passeport. Il regarde mon passeport, il me regarde, il regarde le passeport, il me regarde et il prend son téléphone. Et là, je vois un mec sortir d'un bureau, je comprends que c'est le chef qui vient, pareil, qui regarde mon passeport. Il me regarde, ça dure longtemps, une éternité. Il repart là-bas, je fais putain, je suis cramé. C'est foutu, en fait, ils savent que je suis journaliste et je vais directement en prison. C'est foutu. Et donc là, tu es dans une séance de respiration ventrale où tu te dis, il faut vraiment que je me contrôle parce que si jamais j'ai le fond qui perle, c'est encore pire. J'ai réussi à garder mon sang froid. Et puis à un moment, le mec il revient et il me dit il y a un problème sur votre passeport parce que le numéro du visa ne correspond pas à votre passeport.
- Speaker #0
Ah oui, c'était sur le passeport d'avant ?
- Speaker #1
L'agence n'avait pas fait le nécessaire, donc c'était mon visa de l'année d'avant avec mon nouveau passeport. Donc ça ne correspondait pas. Et c'est ça qu'il les avait. Et donc il me dit c'est bon, allez-y, passez. Mais j'ai eu vraiment, je te jure, les 20 minutes les plus longues de ma vie. Là, il y a tout qui défile. Ouais, tu te dis c'est foutu. C'est foutu. Et pour la petite histoire, Ibarque et lui étaient passés, le caméraman. Il était avec les guides qui étaient de l'autre côté, qui nous attendaient. Et il m'a raconté après qu'il avait passé un quart d'heure aux toilettes parce qu'il ne voulait pas être confronté et devoir s'expliquer. Lui aussi, il était en panique. Il s'est dit, c'est fini. Ah,
- Speaker #0
mais c'est un truc de fou.
- Speaker #1
On a été suivis par deux guides, mais qui sont des gens des services de renseignement, c'est certain. Et un soir, on boit un verre à l'hôtel avec ces deux femmes. Et il y en a une des deux qui commence à nous poser des questions sur Obama, qui s'intéressait à la politique internationale. Et je vois l'autre qui la fusille du regard. Et tout de suite, elle s'arrête. Et je comprends qu'en fait, elles n'ont pas le droit de nous poser des questions sur ce qui se passe à l'extérieur. Parce qu'en fait, quand ils pensent, c'est vrai que ces deux guides, c'est les seuls en Corée du Nord qui sont en contact. Elles parlent anglais avec l'extérieur. Mais malgré tout, elles n'ont pas le droit d'en parler. Elles n'ont pas le droit de faire rentrer des informations qu'elles pourraient raconter à leur famille. Donc tu vois à quel point c'est fermé avec une méthode.
- Speaker #5
Mettez-vous en ligne. Maintenant, rendez hommage à nos leaders.
- Speaker #0
Qu'est-ce que toi, de manière générale, ça t'a appris sur le monde cette série ?
- Speaker #1
Ce qui m'a toujours impressionné dans ces pays-là, c'est que t'avais l'impression que les gens étaient beaucoup convaincus quand même de ce qu'on leur disait là-haut. de ce que le régime leur imposait. Mais j'ai compris qu'en fait, c'était le seul moyen de s'en sortir pour eux.
- Speaker #0
Parce que sinon,
- Speaker #1
tu deviens fou. Donc, ce n'est pas possible. Donc, c'est vrai que tous, ils avaient l'air sincères quand ils nous disaient, en Corée du Nord notamment, c'est un pays magnifique, il n'y a pas de problème d'insécurité. Eux, ils sont convaincus que chez nous, on est à feu et à sang, alors que tout va bien, qu'ils ont tout ce qu'il faut, suffisamment pour vivre, ils ont à manger.
- Speaker #2
Dans les années 90, la famine a fait officiellement plusieurs centaines de milliers de morts. Plusieurs millions, selon les ONG.
- Speaker #0
T'as fait un épisode en Iran, et là, y'a personne qui ose te parler en fait.
- Speaker #1
On sent que les gens ont vachement peur. Ah ouais.
- Speaker #2
Premier challenge, parler politique avec des étudiants en droit. Est-ce que vous pensez que l'Iran est une vraie démocratie ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #2
On a une démocratie islamique. Elle a vraiment peur de la caméra. Elle ne dit pas la vérité.
- Speaker #0
Comment t'es rentré déjà là-bas ?
- Speaker #1
Je leur avais dit que je voulais faire un documentaire sur la jeunesse iranienne. Ils m'ont laissé rentrer. Sauf que sur place, tu te rends compte que tu ne peux pas faire grand-chose. Et surtout, tu es obligé de faire chaque matin une demande auprès du service concerné pour tourner chaque séquence. Et puis pareil, tu es suivi. Tout le monde... On était suivis au point où, au début du reportage, on s'est fait arrêter, nous. On allait tourner la mosquée de Téhéran et, en sortant de la mosquée, on se fait arrêter par trois mecs en costard, lunettes de soleil. Et en fait, on découvrira plus tard que c'était les services secrets des Pasdaran qui nous suivaient et qui voulaient regarder ce qu'on avait déjà filmé, ce qu'on avait dans nos cartes. Une anecdote un peu rigolote, c'est-à-dire qu'ils nous mettent dans un coin, ils prennent la caméra, ils demandent à Cyril Thomas, le caméraman, de lui donner les cartes. Cyril leur donne une carte. Et les mecs le regardent en disant, il y a deux cartes dans cette caméra. Et Cyril, dans ce genre de situation, à chaque fois, tu back-up. En fait, tu t'enregistres tes tournages sur les deux cartes. Pour précisément, ces moments-là, si jamais on ne confisque qu'une carte, au moins, tu as tes rushs sur l'autre. Sauf que les mecs, ils connaissaient l'embrouille. Et donc, ils ont pris les deux cartes. Et on s'est retrouvés sans matos. Et on a fini le tournage à l'iPhone. Ils savent que tu es là, ils veulent te mettre des coups de pression. Et tout de suite, début de tournage, tu comprends qu'il ne faut pas dépasser la ligne.
- Speaker #0
Et pourquoi ils ont fait ça ? Vu que vous aviez une autorisation finalement, vous étiez là en tant que journaliste, pourquoi ils vous ont coupris ?
- Speaker #1
Parce qu'ils se méfient, parce qu'ils vérifient parce qu'ils surveillent, parce que l'embrouille sur le documentaire sur la jeunesse ils n'ont pas dû y croire, donc ils se méfiaient et ils ont tout de suite voulu voir Donc tu t'es retrouvé à poil au bout de combien de jours ? Je sais pas, c'était le premier jour
- Speaker #0
Ah ouais, ça... gros coup de pression.
- Speaker #1
Ouais, quand même. Ils ne peuvent pas filmer sans autorisation. Mais on a une autorisation écrite.
- Speaker #2
Après avoir insisté, nous aurons 15 minutes pour visiter les classes. Mais il en faudra moins pour nous faire de nouveau arrêter. Je veux juste voir ce que vous avez filmé. Montrez-moi sur la caméra.
- Speaker #1
Je me suis dit, on va être calme, on ne va pas prendre beaucoup de risques pendant ce tournage. Mais quand même, même si tu ne prends pas de risques, tu racontes des choses, je ne sais pas si tu te souviens dans ce reportage. Tu as cette scène qui est géniale, dans une boîte de prod, qui est chargée de couper les scènes qui ne correspondent pas aux valeurs islamiques. Et donc, ils prennent des films. Et s'il y a une femme un peu déshabillée, ils coupent la scène. Ou encore mieux, avec Photoshop, ils la rhabillent.
- Speaker #0
Et toutes les scènes avec ses bisous aussi.
- Speaker #1
Et tout ça, tu vois, c'est des petites scènes qui... Il ne paye pas de mine, mais qui raconte beaucoup du pays. Tout le mec en off de la boîte de prod qui nous raconte tout ça, comment il travaille, ce qu'il fait. Et puis après, on discute. Et en off, il me dit, mon film préféré, c'est La vie d'Adèle. Tu vois le film ?
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
d'accord. Lui, il a vu tout le film. Lui, il ne voit pas le film coupé.
- Speaker #0
En fait, tu fais genre le mec hyper naïf. Quand on voit en Corée du Nord...
- Speaker #1
Candide, quoi. Candide, naïf. Premier degré. Oui, déjà, je pense que c'est comme ça. C'est mieux de partir de zéro, tu vois, sans s'y dépréconçuer. Et puis après, tu te les fais toi-même et puis le téléspectateur aussi. Puis je pense que c'est ça que les gens ont bien aimé dans cette série. Ils devaient s'identifier plus ou moins à moi. J'étais le pote next door. Je leur ai réagi de la même manière. Certains, quand ils regardent sur les vannes, doivent rigoler et se dire qu'ils auraient fait la même. Il y a un truc d'identification, à mon avis.
- Speaker #2
Pour les coupes, c'est ici que ça se passe. Les scènes immorales, qui ne peuvent pas être diffusées, qui sont interdites, sont coupées. Et si on ne peut pas couper parce que ça nuit au sens de la scène, on couvre en faisant une retouche.
- Speaker #1
Est-ce qu'il peut enlever les habits aussi ? J'aimerais bien. Il demande si tu peux la déshabiller aussi. Tout le monde aimerait bien.
- Speaker #3
Surtout sur elle.
- Speaker #0
Donc toi, tu as toujours voulu faire ce métier, être journaliste ?
- Speaker #1
Non. Donc je vais vous donner un scoop. C'est que je voulais être policier au départ. Je voulais être inspecteur de police. J'étais en fac de droit et j'ai passé le concours d'officier de police. Et je n'ai pas eu le concours, mais quand j'ai passé ce concours, j'étais déjà stagiaire un peu par hasard à ITL. Et donc, plus j'avançais dans mon stage, plus je me disais, mais en fait, c'est ça que je vais faire. Et puis, il y avait quelques similitudes. Ces deux métiers n'ont évidemment rien à voir, mais le travail de terrain, le travail d'enquête, un travail d'intérêt public, évidemment, ces trucs-là m'ont fait dire que c'était ça que je voulais faire. Et j'ai été embauché en contrat de calife, en alternance à ITL. Et c'est comme ça que j'ai commencé ma carrière.
- Speaker #0
C'est marrant, on ne t'imagine pas du tout policier, toi.
- Speaker #1
Je crois que j'ai eu de la chance, finalement.
- Speaker #0
Je ne m'attendais pas à ça, tu vois.
- Speaker #1
Oui, j'ai fait du chemin depuis.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu aimes justement dans notre boulot ?
- Speaker #1
J'aime beaucoup raconter les histoires, mais pour être honnête, j'aime surtout les vivre. C'est ça qui est absolument extraordinaire. Alors oui, j'aime mettre en contact mes sources et les gens que je rencontre avec le public. C'est ça notre taf, mais si tu veux que je sois transparent, j'aime aussi pouvoir voyager et vivre ces aventures. Si tu veux, moi pendant toutes ces années de l'effet papillon, j'étais entre le bureau des légendes et Indiana Jones. Je passais une semaine à la recherche des paramilitaires dans la jungle colombienne et puis les mois d'après, j'étais à Gaza dans un hammam avec le Hamas, avec des mecs du Hamas.
- Speaker #0
Tu t'es vraiment trouvé dans un hammam ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. J'étais en tournage à Gaza et Rami, qui était le journaliste avec qui je travaillais sur place, le fixeur, nous a proposé d'aller nous détendre dans un hammam qui avait trois siècles et qui malheureusement n'existe plus aujourd'hui, évidemment. On a croisé plein de dirigeants du Hamas qui étaient dans ce hammam. Pour la petite histoire, moi j'avais qu'un slip de bain et ils m'ont demandé de me rhabiller parce que j'étais trop découvert.
- Speaker #0
Ah ouais ? Et eux étaient comment ?
- Speaker #1
Et c'est pas le spa du Sheraton. Ah oui, ils étaient pas nus, ils étaient pas tout nus. Non, non, non, t'es en short avec un t-shirt.
- Speaker #0
C'est pas pratique quand même. C'est exactement ce qu'on raconte finalement ici, c'est toutes les coulisses, tout ce qu'on voit pas, c'est finalement ça qui te fait le plus marrer. Est-ce que tu peux expliquer justement ce rapport qu'on peut avoir avec les gens avec qui on part en tournage ?
- Speaker #1
On vit tellement d'émotions en si peu de temps. temps, que ce soit l'angoisse, les rires aussi, la découverte. Enfin bref, c'est tellement fou tout ce qu'on vit. C'est fort en fait. Ça crée des liens évidemment ultra forts et on ne peut pas partager avec d'autres gens. Parce que je vivais avec les géris, les caméramans avec qui je partais. Je ne le racontais pas quand je rentrais chez moi. Parce que c'était tellement... C'est trop fort en fait. Il n'y a que... Si tu le vis, tu peux comprendre. Moi, je ne racontais pas parce que je savais que je n'allais pas avoir le vocabulaire pour bien décrire à la hauteur de ce que j'ai vécu. Ce ne sera pas assez fort. Ce ne sera pas à la hauteur de ce que j'ai vécu. Donc, je préférais pas raconter. Tu vis sans émotions fortes en une semaine. C'est non-stop. Tu as du mal à t'en sortir quand même. À quel niveau ? C'est éprouvant quand tu passes une semaine à Gaza. Oui, tu ne peux pas tourner la page juste en rentrant en Israël. Ce n'est pas possible. En plus, tu laisses des gens avec qui tu as passé une semaine dans ce merdier-là. Tu ne te sens pas coupable parce que ce n'est pas de ta faute. Mais tu as des images qui te reviennent. et puis t'as cette... dureté, quoi. Et la plupart des gens sont hyper dignes, tu vois, que tu rencontres sur place. Mais toi, tu te dis, waouh, c'est quand même pas facile. Moi, je rentre dans mon 18e, tout beau, alors que il y a des gens qui souffrent, quoi.
- Speaker #0
Ta famille, quand t'as accepté de faire Dictature Tour, elle a dit quoi, ta famille ?
- Speaker #1
Alors, sur certains tournages, je ne le disais pas. À mes parents, je ne disais pas l'Iran, Corée du Nord. Non, je dis au retour. Mais pas... J'ai dû dire, j'irai en Corée du Sud pour la Corée du Nord. parce que je ne voulais pas les effrayer. Et ma femme, j'ai eu une fille sur la fin de l'effet papillon. Et en effet, c'est sûrement ça qui fait que je n'ai pas... Je ne vais pas regretter que ça l'arrêt de l'émission parce que quand tu as un enfant tu ne vois plus les choses de la même manière. En tout cas moi aujourd'hui je ne prendrai pas les mêmes risques que j'ai pris à l'époque.
- Speaker #0
Tu ne veux plus risquer ta vie ?
- Speaker #1
Pas à ce point là, non.
- Speaker #0
Aujourd'hui tu fais quoi alors ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui je suis producteur de documentaires chez Maximal Production. Je ne suis plus sur le terrain. Ça te manque ? Un peu de temps en temps mais pas avec ce rythme là. C'est-à-dire que l'effet papillon, je partais toutes les trois semaines, j'étais une fois en Chine et trois semaines plus tard aux Etats-Unis. Enfin, ça n'arrêtait pas. C'est génial. C'est extraordinaire, à l'âge auquel je l'ai fait, mais maintenant avec une petite fille, c'est plus dur à encaisser. Donc, je repartirais bien, tu vois, une fois de temps en temps, mais pas à ce rythme-là.
- Speaker #0
T'as pas envie de relancer le truc ?
- Speaker #1
Oui, ça me titille. Et d'ailleurs, il y a quelques semaines, je suis tombé sur Ramzy dans un restaurant d'Éric et Ramzy. Et ce n'est pas moi qui tombe sur Ramzy, c'est lui qui tombe sur moi parce qu'il me dit « Ah là là, mais tes bonnages au monde, l'effet papillon, j'adore tout ce que tu fais, vraiment, je suis fan. » J'étais avec ma fille, il dit « Tu peux être fière de ton père, c'est génial, c'est un super journaliste. » Et après ça, je me suis dit « Mais attends, ce serait pas mal de faire... » Tu vois, d'emmener Ramzi dans la dictature, comme je viens de dire, c'est compliqué, mais refaire la série. C'est en terre inconnue,
- Speaker #0
mais en terre... Non,
- Speaker #1
mais oui, tu vois, pas échappé belle, mais ce serait échappé moche, quoi. Mais avec Ramzi, tu vois.
- Speaker #0
Excellent, j'adore le titre.
- Speaker #1
Échappé moche. Bon, je lui ai mis un petit texto, il ne m'a pas répondu, donc je vais le relancer.
- Speaker #0
Bon, super. Merci beaucoup, Benoît, de nous avoir raconté. les coulisses de tes reportages dont on se souvient tous.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Et puis, bonne continuation. Bonne chance pour Échappé Moche, si jamais un jour ça voit le jour. Merci, Benoît. Merci, Esther.
- Speaker #1
Ciao.
- Speaker #0
Merci d'avoir regardé cet épisode. À bientôt sur Pressroom.