- Speaker #0
Je n'ai rien créé de nouveau. Et je suis invité dans beaucoup d'universités pour parler aux étudiants, quelque part en termes de motivation, parce que j'avais 5000 balles quand j'ai lancé mon projet. Je n'avais pas d'argent. J'avais que des idées et je n'ai pas eu une idée, une expérience nouvelle. J'ai simplement changé l'ordonnancement des choses telles qu'elles se faisaient. Et justement, des gens disaient « out of the box » . Ben non, c'est « skip the box » . Justement, ce n'est pas sortir de la boîte. T'enlèves la boîte. C'est une question des erreurs et de l'échec. Moi, je leur dis, je vise le 90-95%. Comme ça, on va vite et cette rapidité nous amène une agilité qui est fantastique. Et les 5% d'erreurs à ne pas faire que font pas les grandes, grandes marques, ça les ralentit de 30%. Oui,
- Speaker #1
je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
De vitesse. Donc, je tolère très, très bien. J'ai presque chaque employé qui m'a fait des conneries en 5 et 10 000 francs. Je leur dis, c'est bien, ça paye ta formation.
- Speaker #1
Bienvenue dans Process Advantage, le podcast où je donne la parole à des entrepreneurs et experts. qui ont mis en place des processus utiles afin de booster le développement de leur entreprise. Pour soutenir l'émission, pensez à laisser une note et un avis honnête. C'est ce qui m'aide le plus à faire connaître et améliorer ce podcast. Et si vous souhaitez installer un système d'organisation pour être plus rentable et serein au quotidien, direction organisologie.com. Le lien est en description. C'est parti ! Aujourd'hui... J'ai le plaisir d'accueillir un entrepreneur suisse reconnu pour son approche disruptive de l'horlogerie. Il s'agit de Thomas Bayot, fondateur de BA111OD en 2019. Il a rapidement fait de sa marque un acteur incontournable du secteur, atteignant un chiffre d'affaires de 4 millions de francs en Suisse en 2022. Son ambition ? Révolutionner la distribution horlogère avec le concept de OuiCommerce, un modèle qui repense la relation entre marque, client et ambassadeur, en alliant excellence et... accessibilité. Il démocratise l'horlogerie suisse en proposant des montres de haute qualité à des prix justes. Aujourd'hui, il poursuit l'expansion internationale de BA111OD en ouvrant des points d'expérience physique et en adaptant son concept d'affluent d'or à une nouvelle échelle. Son objectif, créer un pont entre commerce traditionnel et digital tout en valorisant le savoir-faire horloger suisse avec transparence et audace. C'est parti ! Thomas, ça me fait super plaisir d'être avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Plaisir de même.
- Speaker #1
5-6 ans plus tard.
- Speaker #0
Ouais, 5 ans.
- Speaker #1
Quelque chose comme ça. T'as bien progressé depuis.
- Speaker #0
Ça a bien changé.
- Speaker #1
Ça a bien changé. Je vais rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Si les auditeurs passaient une journée avec toi, qu'est-ce qui les surprendrait le plus ?
- Speaker #0
Peut-être la désinvolture et le calme apparent avec lequel je fais ça et le fait que je continue de vouloir trouver ça drôle. alors que c'est comme un business qui monte à plusieurs millions. Mais je continue de zérer ça avec le même étonnement, la même surprise et la même envie de faire quelque chose qui me passionne. Puisque le maître mot de tout ça, c'est « share the passion » , c'est la passion. Et c'est un amour profond pour l'horlogerie. Donc je pense qu'il les surprendrait. Et ce que j'entends souvent, de manière répétitive, c'est le volume d'activité par rapport au... au nombre de personnes qu'on est. C'est clair qu'on est dans une... Ça brasse, ça tourne, il se passe énormément de choses. On a un calendrier de lancement qui est égal ou supérieur aux marques dans lesquelles j'ai travaillé. On faisait des chiffres d'affaires de 30 à 50 millions. On a un calendrier de lancement, juste parce qu'on a des mondes qui sont tellement cools, on a tout lancé. Ça fait que les gens ne comprennent pas comment on arrive à être autant d'endroits en même temps et faire autant de choses.
- Speaker #1
Je me baladais en Belgique récemment. début octobre 2024,
- Speaker #0
je lui dis ah t'es là !
- Speaker #1
J'ai pris une photo, j'ai hâte, c'est sympa, on en reparlera mais c'est chouette. Qu'est-ce qui t'a inspiré à lancer ce concept qui est devenu une marque et cette marque c'est BA111
- Speaker #0
OD ? Exact, ou B1110D ou Bayo, en fait depuis le début, le mot à secondaire pas de marque, pas de marketing, pas de marketing, pas de frais. Qu'est-ce qui m'a inspiré ? T'as bien fait de faire la distinction entre de lancer la marque et de dire plutôt un concept parce que je n'avais pas conscience que j'en sais une marque au moment où j'ai lancé, c'est ça qui rend l'histoire assez cocasse. Ce qui m'a inspiré, alors de un c'est la nécessité puisque j'étais vice-président d'une marque, je me suis fait virer. Après, il faut quand même réagir, il faut faire des choses. Le destin a voulu qu'à part du consulting, je me lance dans l'enseignement. Ça s'est fait un peu par hasard. Et je me suis découvert un peu une vocation. Alors certains diront que j'aime bien causer, c'est vrai. J'aime bien expliquer. Et je suis économiste de formation. Et avec un petit détail, j'étais assistant en histoire économique. Et j'ai eu toujours énormément de fascination pour les grands bouleversements et les grands mécanismes qui changent l'humanité, qui changent l'humain et l'histoire. Gutenberg, c'est pas juste un mec qui a imprimé un livre, c'est la démocratisation de la parole du protestantisme qui a fait que etc. Donc en étant économiste, j'ai constaté qu'on était à une bifurcation fondamentale dans un domaine où j'excelle, c'est la distribution horlogère internationale, que j'ai pratiquée dans le monde pendant 15 ans, et j'ai compris qu'on était à une croisée des chemins entre le monde physique, la distribution traditionnelle, magasins, etc., et le monde digital. qu'on connaît comme le e-commerce, les deux étant des modèles économiques sous-optimaux, le premier très beau à son marge, le deuxième très mauvais en expérience. Et je cherchais la voie médiane, figitale, entre le physique et le digital, et j'ai beaucoup théorisé là-dessus en commençant d'enseigner dans des MBA, des masters en Suisse, en international, et j'ai créé ma propre académie où j'ai formé des centaines de cadres de l'industrie à comment on vend une montre. et... En réfléchissant sur ce concept, petit à petit, avec l'aide et la réflexion de beaucoup de gens qui ont amené beaucoup de questions, j'en suis arrivé à une conviction. C'est qu'il y avait une voie médiane, figitale, que j'ai nommée WeCommerce, le petit W devant le e-commerce, qui est son évolution communautaire, et qui permettait de tenter ce qui n'avait jamais été tenté, c'est... de commercialiser des montres à un prix jamais vu. Donc à la base, c'était vraiment cette idée de démonstration. Je précise quand même, pour expliquer pourquoi c'est une anomalie, c'est qu'en fait, ce modèle économique, je l'ai proposé à beaucoup de marques. J'ai pris mon bâton de pèlerin, j'ai été voir 25 marques en leur disant « Prêtez-moi une collection, faisons ça ensemble, testons, je pense que mon modèle est robuste. » Quand je parlais de Fijital, je devais être un des premiers en Suisse en 2016 à prononcer ce mot, personne ne comprenait. Souvent dans le management des grandes marques, on parlait de tweets, ils pensaient vraiment que c'était un cri d'oiseau. Et je me suis heurté face à autant de refus que de demandes. Et il y a un moment, comme on dit en bon anglais, screw it, ou enfin cool en italien, le fait. Et donc j'ai lancé ce modèle comme un concept pour démontrer Mordicus, comme on a dit avant notre entretien, talk the talk. c'est bien de causer, walk the talk c'est mieux de faire et donc j'ai lancé ça vraiment pour démarrer ce concept comment tu as géré les doutes ? corrige moi mais peut-être la question c'est le doute quand tu te lances de savoir si ça vaut la peine de le faire j'ai pas eu trop à gérer ce doute puisque je ne savais pas que j'étais en train de m'en servir de marque de monde beaucoup de gens me disent que je suis très courageux quelqu'un de courageux c'est quelqu'un qui sait dans quoi il s'engage quand il s'engage je ne savais pas vraiment hum Après, j'ai simplement suivi une route, la terre est ronde, c'est-à-dire qu'on ne voit pas exactement ce qu'il y a derrière tant qu'on ne s'approche pas. Et en cheminant, j'ai trouvé plein de chemins. Et finalement, petit à petit, les choses se sont éclairées, éclaircies. Et c'est vrai qu'à un certain moment, c'était même extrêmement excitant. parce que je sentais que j'avais mis le doigt sur une vérité fondamentale. Tout le monde dit aujourd'hui, ce n'est pas le taxi qu'il faut inventer, c'est Uber, ce n'est pas l'hôtel, c'est Airbnb. Et c'est bien l'écosystème. Et moi qui étais dans le poste de commandement, de pilotage des marques, je sais, c'est cette petite chose qu'on n'aime pas trop savoir quand on est client, que quand on achète une montre, le moins pour quoi on paye, c'est la montre. Et le plus... Une grande partie dans les segments où j'étais, deux tiers du prix de l'objet, de la montre qu'on achète, c'est la distribution, c'est-à-dire la commodité d'acheter la pièce. La montre, c'est entre 15 et 20%, même pas, de ce qu'on paye. Alors que la distribution, c'est 65%. Et le marketing, c'est 10-15%. Donc, quand on met les deux bout à bout, on se rend compte que finalement, ce n'est pas tant la manière dont on produit une montre qu'il faut aller repenser, c'est la manière dont on la vend. Et c'est bien, ça tombe bien, c'était mon job.
- Speaker #1
Oui, super intéressant. Tu as dit... Au bout d'un moment, tu as senti que tu as mis le doigt sur quelque chose. C'est quoi qui t'a... Tu t'es dit, oula, là, je suis en train de toucher quelque chose. Est-ce que c'est les gens qui t'ont... Les entreprises qui ont refusé ton concept ?
- Speaker #0
Alors oui, c'est toujours bien quand on refuse. En général, on se dit que c'est plutôt bon signe. Alors écoute, ce qui... Et là, c'est très intéressant comme question, parce que finalement, c'est aussi un petit peu ce qu'on m'a reproché, d'être un peu péremptoire. Et ce qui m'a motivé, là où j'ai su que j'avais raison, c'est la froideur et l'exactitude d'une équation mathématique, comme peut l'être une division des marges. Et c'était mon job. Et il suffit simplement de mettre sur un petit bout de papier une montre à 1000 francs, qu'est-ce qui coûte quoi ? Et on se rend compte que finalement, la montre coûte 175 francs à produire et la distribution coûte 650. Et les équilibres sont très très faciles. On a toujours dû... On n'a pas su vendre une montre autrement que de la manière traditionnelle pendant des siècles, jusqu'à il n'y a pas longtemps. Donc la question ne se posait pas. Et c'est pour ça que dans les années 80, 90 ou 70, quand il y a eu la crise du quartz, la réponse de Hayek, l'histoire a retenu son nom, il y en avait d'autres, mais on va retenir Hayek, c'était bien de repenser la manière dont on produit une montre. La performance industrielle a relancé l'horlogerie, etc. Mais ça, c'était vrai en 80. Aujourd'hui, ce n'est pas le taxi, c'est Uber. Donc, ce n'est pas la manière dont on produit une montre, c'est la manière dont on la vend, puisque c'est là qu'il y a le gros des marges. Et donc, la froideur... mathématique d'un margin breakdown, comme on dit en anglais, me donnait cette exactitude ou cette conviction que c'est bien là qu'était le problème. Mais c'était mathématique.
- Speaker #1
Très intéressant. Moi, j'aime bien parler de processus. J'aimerais bien que tu me guides ou que tu guides l'auditeur dans un client qui va aller acheter une montre dans une montre standard. Enfin, pas standard, mais on va dire une montre dans... Comme ça, c'est fait durant des décennies.
- Speaker #0
Le processus. Alors, durant des siècles... Oui, vas-y, guide-moi.
- Speaker #1
Je vais dessiner sur ma feuille.
- Speaker #0
Déjà, peut-être ce qu'il faut mentionner, c'est que le but de l'exercice, parce que quand on parle d'industrie horlogère, tout le monde a des étoiles salues dans les yeux parce qu'ils pensent à horlogère, ils oublient industrie. Le but de tout ça, ce n'est pas très romantique, c'est du pognon. Le profit est une entreprise que l'oxygène respirait pour nous. Une entreprise qui ne dégage pas de profit meurt. Donc, tout est fait pour générer ce profit. Et une montre, Le marketing qui va avec tout ça, c'est l'ensemble des investissements auxquels consomme une marque en vue de générer le profit. Mais le profit, la pierre philosophale, c'est... La vente. Et moi, j'étais responsable de la vente. Donc, il faut bien se rendre compte que maîtriser ça, c'est fondamental. Et les entreprises ne vivent que par la capacité de générer de profit. Or, dans la manière traditionnelle, le modèle d'affaires des marques, là où elles génèrent leur profit, c'est de produire une montre et de vendre cette montre à un intermédiaire qui, lui, va se charger de réaliser... La vraie vente, la vente finale, c'est pour ça qu'on parle de client final, c'est un processus linéaire qui part de la marque et qui finit à votre poignet. Et en fait, ce processus-là sous-tend qu'on ait un lieu, un service et un stock. pour vendre une montre. C'est-à-dire, il faut un magasin, il faut des employés qui vont vous conseiller et la montre physiquement présente. C'est comme ça qu'on l'a fait depuis des siècles. Imagine, il y a 200 ans, quelqu'un qui dit, bon, à Blanpin, je vais prendre une montre, je vais aller la vendre à l'Indonésie, je vais partir en voilier, je reviendrai dans deux ans et quand j'aurai vendu la montre, je vous ramène l'argent. Ah non, tu m'achètes la montre, après, tu fais ce que tu veux avec. Donc, on est dans un processus traditionnel de silo. avec des changements de propriété. La marque vend à un distributeur qui l'achète, qui devient le propriétaire, qui lui va exercer une valeur ajoutée à transporter cette montre dans un pays. Arrivé dans le pays, lui-même va vendre cette montre à un détaillant, transfert de propriété, qui lui, dans un lieu donné, offre ses trois caractéristiques. Un magasin, donc un lieu sécurisé, un sanctuaire, dans lequel des gens vont... te recevoir, te prodiguer un café, un cérémonial de vente, etc. C'est ça. Donc un service et compte monnaie selon tes trébuchantes, tu repars avec une montre. Et il faut se dire qu'aujourd'hui, il y a plein de garanties qui font que, mais à l'époque, il n'y a pas moyen que le mec te donne son piastre en or si tu ne lui donnais pas le truc en retour. Donc il fallait une synchronicité physique Merci. Et c'est pour ça qu'on ne pouvait pas déléguer ça. Les marques basées à Neuchâtel, comme on est aujourd'hui, ne pouvaient pas vendre dans le monde entier. Les gars du monde entier n'allaient pas venir faire la file. C'est toujours le cas devant chez moi. Donc, il faut aller chez eux. Et ce, chez eux, c'est un job complexe que les marques délèguent, ont toujours délégué aux intermédiaires de vente.
- Speaker #1
Donc, tu as la marque qui est le fabricant.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ensuite, tu as l'intermédiaire de vente.
- Speaker #0
Qui est le distributeur. C'est comme dans un corps physique, c'est le bras. Ça part de l'épaule, c'est le stock. Il y a le segment long qui est le bras. Et ensuite, il y a les doigts, les ramifications qui sont les détaillants.
- Speaker #1
Et ça, c'est les détaillants, c'est-à-dire, moi, si je vais sur la place du marché à Neuchâtel, quand je rentre dans un magasin là, ça, c'est le détaillant.
- Speaker #0
C'est un détaillant. Retailer en anglais, qui vient du mot retailleur. Il avait son menhir et puis il retaillait la pierre au goût du client final.
- Speaker #1
Et ensuite, ça finit sur le poignet, ou non, du client final.
- Speaker #0
Et quand ça finit sur le poignet, ça fait jling. Le détaillant a de l'argent. Il paie le distributeur, qui paie la marque, qui paie les producteurs. Ça vient en retour.
- Speaker #1
Ça, ça vient en retour, mais...
- Speaker #0
Alors que c'est thématique.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. C'est très bien comme ça. On voit comment ça se passe. Mais donc, par exemple, quand une marque fournit physiquement la montre au distributeur, est-ce qu'il y a un transfert de monnaie à ce moment-là ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ben ouais.
- Speaker #1
Donc, le distributeur, il prend le risque à ce moment-là ? C'est-à-dire, s'il dit j'ai des invendus, il peut revenir vers la marque ?
- Speaker #0
Non, la marque n'accepte pas. Sauf que, tu sais, quand tu demandes à quelqu'un comment ça va,
- Speaker #1
tu sais,
- Speaker #0
c'est pas la question.
- Speaker #1
La question, non, vas-y, vas-y.
- Speaker #0
La vraie question. Il y a une raison historique. J'espère que ce n'est pas l'heure du lunch quand on écoute ça. La vraie question, c'est comment allez-vous à Sel ? En fait, on scrutait, les pauvres médecins de l'époque scrutaient les excréments du roi, puisque dans les excréments, on arrivait à définir s'il était en bonne santé ou pas. Donc, le fait d'aller à Sel, quand on demande à quelqu'un comment ça va, c'est comment il arc son stock.
- Speaker #1
Ça va à Sel. Comment ça va à Sel ? Comment ça va à Sel ?
- Speaker #0
Alors maintenant, on ne dit pas aux gens est-ce que tu fais bien caca dans les rencontres. Mais la vraie question, c'était ça. Donc, comment ça va pour une entreprise ? C'est quelle est sa capacité à gérer la constipation ? Il ne va pas garder ses stocks, parce qu'un stock qui est invendu chez la marque, chez le distributeur et chez le détaillant, c'est toxique. C'est comme la constipation, on en meurt. Donc, la capacité à liquider son stock est essentielle. Et donc, la marque, elle, doit fourguer ses montres neuves. C'est pour ça que le pre-owned, on peut peut-être y venir avant, était l'anti... business parce qu'il fallait pas recycler du vieux, il fallait vendre du love. Le quoi ? Le pre-owned, pre-loved, en fait les montres qu'on utilisait, qu'on revend maintenant, ça c'est tout un nouveau business. Qui n'était pas le business des marques. Le distributeur il prend ses marques, il prend le risque financier puisqu'il les a achetées évidemment la marque quand le distributeur revient en lui disant j'ai pas vendu, la marque dit bah c'est ton problème. Sauf que son problème, enfin le problème de l'autre devient son problème si le distributeur n'achète plus et c'est ce qu'on voit, c'est sick, où on bourre les tuyaux, le pipe. On a mis des stocks, Après le Covid, c'est ce qui s'est passé. Et puis d'un coup, le marché ralentit. Les clients vont moins acheter en magasin. Les magasins achètent moins aux distributeurs. Et les marques disent aux distributeurs, bon, tu as signé le contrat, tu veux m'acheter ? Et les distributeurs disent, je ne peux pas. Et là, il y a tout qui se bouche.
- Speaker #1
Parce que le rétailleur, il va aussi acheter aux distributeurs. Et c'est aussi à un moment-là, il y a le transfert de risque qui se fait. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que si le rétailleur ne vend pas ses montres, le distributeur ne va pas revendre.
- Speaker #0
C'est ça. Et ça se bouche. Et ça, c'est le commerce. traditionnel.
- Speaker #1
Voilà. Et maintenant, juste encore une question par rapport à ça. Tu as dit en Suisse, on exportait 30 millions de montres et on est passé à 15 millions.
- Speaker #0
On a divisé par deux le volume, en 10 ans, 2011-2021. Sauf qu'on a plus que doublé, on a maintenu et augmenté le chiffre d'affaires. Mathématiquement, c'est très simple. C'est les montres à... C'est que monde exporte 3500, donc on fait en général x2, x3, c'est des montres à plus de 10 000 balles, mais en gros, une excellente analyse d'Olivier Muller, consultant, qui expliquait que l'industrie en gros vit grâce à 24 000 hyper riches qui achètent de manière répétitive plusieurs fois par année des montres à plus de 100 000. C'est eux qui nous font vendre. Et c'est là où on peut parler de tout ce qu'on veut, c'est grâce... à ces 24 000 personnes de 1 et ces marques de luxe, on peut les critiquer, mais c'est quand même elles qui font vivre, puisqu'on voit au sommet de la pyramide ces 6-7% de volume. exportés, c'est 70% de la valeur. Et c'est eux qui tiennent toute la pyramide. Sauf que, pour tenir le fronton en haut, il faut quand même la base. Et le problème, il reviendra, qui a été sous-jacent au lancement de mon concept, c'est comment redynamiser la base, qu'est-ce qu'on peut faire pour que en 2021, face à la même menace, que dans les années 80, l'effritement de la base, moitié moins de montres, ça veut dire moitié moins de prods, ça veut dire que les gens d'où je viens, de Chaux-de-Fonds, dans les usines, sont en RHT fermes, parce qu'il n'y a plus de prods. Parce que justement... tout ce volume est en train de fondre. Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Speaker #1
Il faut de moins en moins de montres qui sont vendues de plus en plus.
- Speaker #0
Il faut une montre à 25 milliards, en gros.
- Speaker #1
Et donc, qui occupe un gars,
- Speaker #0
un peu plus de gens. Donc, finalement, on vend la moitié moins de montres. Et moi, mon concept sous-jacent, c'était comment on peut aujourd'hui répondre à la même question à laquelle a répondu Hayek dans les années 80. Comment on peut relancer la base industrielle et l'entrée de gamme, le moyen de gamme, qui représente 80% du volume, à les 10-20% de la valeur. mais qui font bosser tout le monde, ma réponse c'était, c'est pas la manière dont on produit une montre qu'il faut repenser, c'est la manière dont on la vend.
- Speaker #1
La distribution.
- Speaker #0
La distribution. Et j'essayais, à ma manière, de contribuer à relancer et à démontrer qu'on pouvait relancer le segment d'entrée moyen de gamme pour loger.
- Speaker #1
Et donc là maintenant, si tu me détailles, j'aime bien le terme point, P-O-N-G, de vente.
- Speaker #0
Le point de vente. Alors attends, avant qu'on y arrive, là on a parlé du commerce. Parlons du e-commerce, parce que la question c'était... Comment aujourd'hui on vend ? Il s'est passé un truc fondamental à partir des années 2000, c'est la naissance d'Internet, qui a impacté énormément le marketing. J'en sais quelque chose, je pense que c'est chez Publicitas, un régie publicitaire énorme qui a fait faillite en 2017.
- Speaker #1
Ah, je ne savais pas qu'ils avaient fait faillite. Ils ont fait faillite,
- Speaker #0
puisqu'ils n'ont pas réussi à anticiper le tournant digital. Donc le marketing... Le fait qu'on ne mettait plus des pubs, moi je bossais pour le journal Le Temps à l'époque, dans une pleine page du journal Le Temps, mais qu'on la mettait sur un écran, les banners, Donc le e-commerce a déjà impacté énormément le marketing et ensuite le commerce. Donc le digital a impacté le marketing et ensuite le commerce. Les marques ne pouvaient pas décemment embrasser le e-commerce, on l'a combattu au début. J'en souviens très bien 2006, 2007, etc. Pourquoi ? Parce que c'était une énorme menace. Pour tous les détaillants avec qui les marques collaborent, il faut savoir qu'une marque faisait 95% de son chiffre d'affaires à travers la vente traditionnelle. Et je m'en souviens au début, il y avait un détaillant qui était un peu en avant sur son temps, Adolémon. qui a commencé de vendre en ligne. Et ça veut dire que son périmètre de l'aimanté, dans le Rhinetail, il vendait dans toute la Suisse. Et moi, j'avais des gars qui m'appelaient de Berne en me disant « Attends, c'est quoi ce bordel ? J'ai un client qui est venu faire réparer sa montre, qui l'a acheté à Delémont et il vit à Berne. » Donc, c'était une menace et les marques ont combattu farouchement. Et évidemment, les marques ne pouvaient pas commencer de vendre en ligne. Ça a été un tabou énorme, je vais donner un exemple un petit peu trash, mais vous ne pouvez pas dire à votre femme, écoute chérie, fais-moi mes oeufs pochés que j'adore, passe-moi quelques chemises, je vais vite aller me faire la voisine pendant une heure.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Quand on revient, on a sa valise devant la porte. C'est clair. On ne peut pas dire à un détaillant, écoute, sois super motivé, les montres que tu m'as achetées, pousse, vends-les. Moi, je vais vite faire un site internet et je vais vendre mes montres en direct. En fait, je vais passer par-dessus, je vais me prendre ta marge et continue s'il te plaît de faire en sorte de présenter mes montres aux clients qui ensuite vont venir l'acheter chez moi.
- Speaker #1
Donc en gros, là tu parles des marques qui ont commencé à faire du e-commerce.
- Speaker #0
C'était le premier qui sortait de la file, c'était Zéphlinguet. Et ça s'est fait petit à petit, de manière timide, on a commencé aux States, il y a eu quelques ventes en ligne, etc. Et puis finalement, les marques ont essayé petit à petit d'essayer de vendre en ligne, en direct. C'est pas parce que... on sert mieux le client, ça c'est tout du bullshit. Si on fait une montre qui coûte 175 francs, la même montre qu'on retrouve à 1000 francs en magasin, et qu'on prend 50% de marge, ce qui est convenable pour une marque, égale à 175. La marge se calcule par le haut, donc 50% de 350, 100% de mark-up sur 175. Bref, ce qu'il faut retenir, c'est que le bénéfice de la marque, c'est 175. La distribution, c'est 650. Imagine ce qui passe si tu vends en direct au même prix. Ton bénéfice, c'est plus 175, c'est 175 plus 650. C'est-à-dire que tu fais 300% de marge. On se souvient que le but d'une entreprise, c'est pas la beauté et l'amour, c'est le profit. Et quand t'as depuis 2015 une crise rampante économique qui fait que ton volume dégringole, tes profits dégringolent, il faut rectifier. Et il y a un truc qu'on oublie, et là, allez... Un petit croche-pied. J'ai fait beaucoup d'interviews, parlé avec beaucoup de journalistes très érudits qui connaissent tout sur l'horlogerie. Je leur pose toujours la même question. C'est quoi l'équation du profit ? Si le profit est ce qu'elle recherche les entreprises, c'est quoi l'équation du profit ? C'est très simple. Marge fois quantité. Combien tu vends de montres et quelle est ta marge sur chaque montre ? Si ta quantité diminue, seule manière de maintenir le profit, c'est d'augmenter la marge. Tu vas la chercher où ? Là où il y a un bon gros steak, la distribution. C'est pour ça que quand tu me dis pourquoi j'étais convaincu, on revient sur l'histoire économique, c'est évident qu'à un certain moment, les marques confrontées à une grosse crise économique avaient l'acier de vie devant eux, puis regardaient à côté chez les distributeurs, il y a un steak de 650 grammes que j'ai bien envie de me faire. Ils allaient se le faire, de toute manière. Et donc, le e-commerce, C'est en gros, skip the intermediaries, tu passes par-dessus les intermédiaires et tu te mets un gros gros steak dans l'estomac. Et les financiers, de toute façon aujourd'hui, désolé c'est pas très romantique, mais en gros on est dominé par trois grands groupes, quatre grands groupes horlogers plus quelques grosses marques. A la tête, c'est des financiers. C'est clair, ils sont cotés en bourse et tout est épié. C'est comme les avions, ça ne roule pas à l'envers. Donc, ils doivent faire du profit. Et moi, je me suis arrêté à 1,71 m, mais les marques, ça ne finit jamais de s'accroître. Donc, cette recherche du profit étant indispensable, c'est clair dans les années 2015, avec cette nouvelle option disponible, que les marques allaient chercher à se le faire. Elles allaient vouloir manger et allaient se faire la distribution directe. Et c'est là où on a commencé d'entendre parler de direct to consumer, B2C, tous ces mots qui décrivaient simplement un processus de se faire 300% de marge supplémentaire en bouffant le truc des intermédiaires. Si on doit décrire, et revenir à ta question originale, quel est le processus d'achat pour un client, dans le e-commerce, tu vas sur ton téléphone portable, et c'est aussi froid qu'un pixel, tu vois une montre, tu cliques mettre au panier, et tu reçois ta montre. Et là on en arrive à la croisée des chemins dont je te parlais, un modèle économique magnifique, tu rentres dans un magasin, on te sert ton café, c'est beau, c'est chauffé, refroidi, etc. Tu vois la montre, magnifique. Très riche en expérience, extrêmement coûteux. Le e-commerce qui est son pendant digital, c'est l'inverse. Extrêmement bon en marge, très très mauvais en expérience. Ma question, c'était, est-ce qu'on peut réconcilier la marge et l'expérience ? Ma réponse, figital ou e-commerce, qui était une réponse théorique.
- Speaker #1
Excellent. Et maintenant, comment une de tes montres finit au poignet d'un affluent dehors, ou en tout cas d'un client ?
- Speaker #0
Alors ?
- Speaker #1
Par où ça passe ? Alors ?
- Speaker #0
admettons moi où c'est que je vais découvrir parce que WeCommerce au début quand j'ai lancé l'unique manière d'acheter ma montre c'était de passer par quelqu'un qui la possédait ok donc une personne voilà une personne physique déjà cliente déjà cliente et je cherchais à disrupter les trois coûts fondamentaux de la distribution puis c'est eux qui justifiaient ce prix là c'est à dire il fallait un lieu un service et un stock donc le point POINT de vente est devenu le point POING, ou le poignet de vente. Donc c'est une montre qui, de manière aléatoire, se baladait. Et c'est bien parce qu'en marketing, on dépense des millions à essayer de faire converger le client dans un magasin. Voilà, on ne fait rien converger, c'est la montre qui, de manière aléatoire, se balade au poignet d'un client. Ensuite, il faut que ce client parle de la montre en face le service, en face le storytelling. Alors que la montre face 43 000 mètres, tout ça, on s'en fout. ce qu'il faut c'est on tombe pas amoureux de mensuration on tombe amoureux d'une personne et on tombe amoureux d'une histoire, d'une marque donc le storytelling est important et là je me suis dit qu'est-ce que je peux faire pour forcer mes clients à parler de ma marque c'est là où j'ai eu cette idée un peu tordue de mettre un nom complètement imprononçant Et j'ai créé ce logo en me fendant la gueule sur un Photoshop piraté à 11h du soir, en me disant qu'est-ce que je peux faire pour rendre ce nom le plus imprononçable possible, à tel point, et ce n'est pas des conneries, quand j'ai créé ma marque chez le notaire, ils m'ont demandé qu'est-ce que j'enregistre, ils m'ont dit mais c'est BA111OD, BA1110D, je ne savais pas. 300 francs de l'heure, prenez votre temps, je me suis vite décidé, c'est BA111OD. Et finalement, voilà. Donc je savais très bien que la première chose qu'on pose comme question quand on voit une montre, c'est quoi la marque ? Si tu ne sais pas comment prononcer le nom de la marque, tu vas devoir expliquer parce que c'est quand même chelou. Et donc, à partir de là, tu fais le storytelling. C'est un mec bizarre à chaud de fond, un échattel qui voulait lancer un truc. Et ensuite, le stock, le mec n'allait pas, ou la fille n'allait pas, donner la montre qu'il a au poignet. Là, j'ai emprunté les lois du trading où un trader qui achète 500 tonnes de blé, on va lui livrer devant son palier. Il acquiert un droit sûr. Donc, quand quelqu'un a acheté ma montre, il avait quatre droits de recommander.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
4 droits limités.
- Speaker #1
Ça c'était à l'époque, maintenant j'imagine que ça évolue. Ça peut revenir à maintenant.
- Speaker #0
Et donc, en fait, tu ne vendais pas l'objet, tu vendais le droit d'acquérir.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc tu donnais le droit d'acquérir et contre ce droit d'acquérir, la personne, le client existant, que j'ai baptisé affluent door, A de ambassadeur, Fluent de influenceur, c'est le marketing, la diffusion, Door de vendor, c'est-à-dire la vente. Donc, c'est un gars passionné avec qui on est en contact qui va parler de ma marque, en faire le marketing et la distribution. Et comme on a dit, si je n'ai pas besoin de faire ni distribution ni marketing, 65 postes en plus 15 égale à 80%. Oui. les gars là je vends ma montre vraiment pas cher et c'est ce que je voulais leur montrer en gros il a un code quoi en gros c'est un code c'est un code avec moi je te rencontre on va dire t'as cette montre ben écoute tu vas sur le site j'aimerais l'acheter ben tu peux l'acheter qu'à travers moi tiens je te file un code il m'en reste plus que deux plus qu'un donc je te fais la faveur je te le donne la personne m'achetait il mettait le code et il pouvait acheter la montre ça va faire buzz et le fait d'avoir le côté limite te fait que t'es là ouais c'est pas moi qui utilise ce code c'est une autre personne c'est ça et en plus on se sortait des écumes pyramidal, etc.
- Speaker #1
Il n'y a pas de transaction financière.
- Speaker #0
Il n'y a pas de transaction financière et il n'y a pas de pyramide puisqu'une pyramide n'a pas un étage. Ce n'est pas multi-level. Toi, tu m'achètes une montre, tu la recommandes à quelqu'un, toi tu vas avoir des points, moi je n'ai rien. Il n'y a pas du tout, on n'est pas dans boule de neige, pyramide, etc. On est dans un modèle de vente que j'avais baptisé et je précise en octobre 2019 quand j'ai lancé ma marque, le 11 octobre, 11 du 10. Pour le coup. Petit claveuil. J'avais baptisé ça Community Viral Development. Et pour la petite histoire, si on prend les deux premières lettres, Community Viral Development, je te laisse lire ce que ça donne.
- Speaker #1
Alors, Community... Viral...
- Speaker #0
viral développement tu prends les deux premières lettres COVID sans déconner j'avais appelé ça le COVID en octobre 2019 autant te dire que j'ai fait un beau rétropédage au mois de février 2020 ça me fait penser au bière Corona ouais c'est exact donc là j'avais baptisé mon modèle et en fait c'était ça et j'allais même plus loin et c'est pas des conneries j'expliquais quand je démontrais, parce que la montre était secondaire, je démontrais qu'on devait être en contact, en fait, on devait être à 1m50 d'une personne pendant un quart d'heure pour que la personne remarque le poignet et te pose la question. Et j'allais même jusqu'à parler de charges virales.
- Speaker #1
Ah ouais, à l'époque ?
- Speaker #0
Ah ouais, en octobre. Où en fait, logiquement, quand tu rencontres quelqu'un Quand tu achètes une montre, tu achètes une voiture, tu achètes un truc, les dix premiers jours, c'est là où tu présentes ça à ta conjointe, à tes potes, à tes collègues. Donc, je parlais de charge virale maximale pendant dix jours et d'un mètre cinquante pendant un quart d'heure. Alors, j'étais Covid à fond dedans. et donc j'ai rétropédalé j'ai appelé ça user generated commerce après et je me suis tué par rapport à l'arche virale etc c'est pas un sujet très très drôle super intéressant et donc là mais ça fonctionnait de la même manière c'est à dire c'est un modèle viral de développement et au début ça a commencé comme ça l'étape suivante pour répondre aussi à ta question qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui un jour je suis arrivé à la Migros pour la 250 millième fois on m'a demandé si j'avais le cumulus j'ai dit non et j'ai imaginé la caissière qui me dise allez reposer vos affaires si vous n'avez pas le cumulus Merci. Donc, en gros, vous ne pouvez pas acheter la montre si vous n'avez pas de code.
- Speaker #1
C'est dommage.
- Speaker #0
C'est quand même dommage, ça me limite et ce n'est pas très cool pour mes clients à qui il faut laisser le choix, le client est roi. Donc, j'ai ouvert les ventes Internet. E-commerce, après le WeCommerce.
- Speaker #1
Et tu as vu un changement ?
- Speaker #0
Il y en a plein qui me disaient, écoute, ton truc Herbalife, je m'en fous, ça n'a rien d'Herbalife. Moi, je veux juste la montre, je m'en fous d'un code, etc. Très bien. Il faut laisser le libre arbitre et le libre choix aux gens. Donc, du WeCommerce, j'ai ouvert et agrandi au e-commerce. Les gens pouvaient acheter en ligne, alors ils perdaient tous les avantages des points, qu'ils donnent des montres gratuites, etc. Et puis après, l'étape maintenant dans le multi-channel, c'est de dire, vous voulez aller en magasin, puisque cette expérience est vraie en ligne, est vraie à ton poignet, mais est vraie dans tout point d'expérience ou de vente qui peut être un vrai point P-O-N-T. Donc là, on retourne maintenant dans le retail, c'est mes premiers amours. J'ai fait ça pendant 15 ans, ça tombe bien, c'est mon job. d'ouvrir des réseaux de distribution. Donc là, on est en train de réouvrir des réseaux de distribution. Et c'est là où je perds beaucoup de gens, puisque je continue de maintenir mes prix.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
À peu d'exceptions. Après, on a un petit peu augmenté, tout augmente de toute façon. Mais on continue d'avoir... des prix qui défient les lois de la gravité, en tout cas tous les groupes ou toutes les grandes marques qui font même des millions de pièces, on est les montres, les meilleurs marchés. Alors c'est quelque chose que j'aime de moins en moins dire puisqu'au début, je vantais les mérites de mon modèle d'affaires en disant regardez, c'est des montres bon marché. Le problème selon l'effet Veblen dont on parlera tout à l'heure, l'effet snob, c'est qu'en général, les gens attribuent le bon marché à une moindre qualité. Ce qui n'a rien à voir dans ma marque. On a les mêmes qualités ou des standards de qualité même supérieurs à beaucoup de marques. on a des montres qui sont 100% faites dans le canton de l'île, on dessine à l'interne, on assemble chez nous, on fait un truc de malade, mais on a des prix qui, et si dans tes questions t'as quels sont les obstacles et les principales problèmes de Bayot, PA11OD, c'est nos prix. C'est notre plus grande force, c'est notre plus grande faiblesse. Parce qu'à ce prix-là, les gens ne croient pas.
- Speaker #1
Comment je peux avoir un tourbillon à 5000 balles ?
- Speaker #0
Imposteur. Il y a même des gars qui ont été vérifiés en Chine pour trouver les preuves de mes méfaits. Ils n'ont rien trouvé. Ça a été... Alors, c'est clair, ça a été un tsunami. Le fait d'avoir lancé un tourbillon, c'était un crime de lèse-majesté où la seule façon, c'était de démontrer que j'étais un imposteur, que ce n'était pas ce que je prétendais. Sauf que le droit dans mes bottes, c'est ce que je prétends. Il y a même eu des journalistes qui ont mené des enquêtes. On retrouve les résultats en ligne. Le bio n'est pas suissmé. Les plus grandes marques d'Avalide Joule ne sont pas non plus parce qu'on fait dans les mêmes usines.
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Mais le prix, c'est un problème et beaucoup de gens se basent sur un prix pour évaluer, imaginer une qualité.
- Speaker #1
Je veux juste revenir sur un point intéressant. Quand tu as ouvert tes montres à quiconque veut les acquérir, comment as-tu conservé l'intérêt pour les passionnés et d'en parler ? Est-ce que tu as maintenu le code ? Tu sais, ce côté de recommandation.
- Speaker #0
J'ai maintenu, j'ai même amélioré le processus puisqu'on est allé dans une nouveauté mondiale. on a un lien un lien unique qu'on peut scanner dans les verres de mes montres, de mes tourbillons, etc. Et en fait, c'est une puce NFC. Et en fait, il suffit d'apposer son téléphone sur une montre et on a dans le pourtour du verre une puce nfc invisible infaillible du coin d'un acte table qui permet en fait d'ouvrir un lien et souvent les gens ouvraient leur propre boutique donc pour acheter on était quitte de donner un code la personne pose son téléphone sur la montre du collègue et peut directement acheter aux collègues et
- Speaker #1
lui après il va qu'il continue d'avoir des points c'est juste pour et après un certain nombre de ventes il peut On peut accéder à une montre, on a des bénéfices.
- Speaker #0
Une montre gratuite, on a des sacs en cuir, on a des repas à la maison du Prussien, on a tout un éventail, comme des miles and more.
- Speaker #1
C'est toujours une incentive.
- Speaker #0
En gros, je pense qu'on est mu par la passion, mais c'est bien si en plus on gagne quelque chose. Bien sûr. Alors oui et non, parce que ça peut être l'inverse, c'est-à-dire, ouais, mais pourquoi tu me parles de ta montre ? Est-ce que c'est parce que tu penses qu'elle est trop chouette ou parce que tu vas gagner quelque chose ? On a recommandant. Donc là, en fait, c'est important de préciser Dans mon modèle, c'est share the passion. Les gens ne vont pas en parler pour gagner de l'argent, etc. Et la personne qui l'achète aura exactement les mêmes bénéfices et droits que la personne à qui il l'a acheté.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Je vois. Et il y avait un point qui était intéressant, c'est la qualité aussi. Le fait que ce soit de la très haute qualité fait que les personnes qui sont connaisseuses vont pouvoir évaluer, en parler et se dire…
- Speaker #0
C'est là où on a fortement progressé. Et ce qui est très marrant, c'est que finalement… On vend encore aujourd'hui 60%, 70% en Suisse romande.
- Speaker #1
Donc, bouche à oreille.
- Speaker #0
Donc, bouche à oreille dans le marché le plus difficile, exigeant et connaisseur au monde, qui est la Watch Valley. On vend des milliers de pièces dans le canton de Neuchâtel à des acteurs, et beaucoup de gens même bossent comme employés de marques et dans la cotraitance. On a énormément de gens qui, du coup, et ça c'est notre plus grand honneur, les connaisseurs, les gars qui bossent dans l'horlogerie, achètent des baillots. Un peu vulgairement ou directement dit, bordel, il y a enfin un mec qui nous vend les montres au prix où on sait qu'on devrait les payer.
- Speaker #1
Parce que c'est eux qui les construisent.
- Speaker #0
Ils connaissent les coûts. Ils savent qu'une montre à 1000 balles, c'est 175 francs. Nous, quand on les vend à 375, alors maintenant, on les vend plutôt à 500, mais ils savent que c'est le prix qu'ils devraient les payer. On a la meilleure proposition de valeur de toute l'industrie. Évidemment, on doit être très humble quand on dit ça.
- Speaker #1
parce qu'on ne va pas non plus se faire flinguer mais il n'y a rien qui bat le value for money qu'offre Bayou sur le marché super intéressant quand j'ai préparé notre rencontre j'ai écouté évidemment certaines personnes t'as eu beaucoup d'interviews beaucoup de gens sont venus te rencontrer moi j'ai pensé à la stratégie océan bleu ouais Je pense que tu l'as lu le livre. Je ne l'ai pas lu le livre,
- Speaker #0
mais on connaît l'art.
- Speaker #1
Et en fait, il y a une matrice que je trouve intéressante pour justement reconstruire une offre et un peu justement créer une nouvelle offre. Donc, tu as un océan rouge et un océan bleu. Et quand j'ai vu ta marque et ton concept, je me suis dit, OK, il l'a fait. Il s'est créé sa place, donc océan bleu. Moi, je vais te poser quelques questions que justement les auteurs posent. Et justement, ça permettra à l'auditeur aussi d'utiliser ces questions éventuellement s'il veut. se les poser pour sa propre offre parce que je suis persuadé que ces questions-là sont pertinentes pour une multitude de services ou de produits. Et je me les suis aussi posées moi-même pour l'e-commerce pur et ça fonctionne. Donc la première question, c'est quels critères acceptés sans réflexion par les acteurs du secteur doivent être exclus ? Donc toi, dans ton cas,
- Speaker #0
quels critères acceptés sans réflexion par,
- Speaker #1
on va dire, les marques, les fabricants ou les... Voilà. du secteur doivent être exclus ?
- Speaker #0
Dans ton concept. L'immuabilité de la manière dont on vend une pièce. Absolument.
- Speaker #1
Et donc, aussi le lieu, j'imagine. C'est ça, le...
- Speaker #0
Les trois critères, le lieu, le service et le stock.
- Speaker #1
Ok, intéressant. Quels critères doivent être atténués par rapport au niveau jugé normal du secteur ?
- Speaker #0
Quels critères doivent être atténués ?
- Speaker #1
Je précise, tu n'as pas lu les questions. Tu n'es pas préparé et c'est très bien.
- Speaker #0
Et j'aime bien comme ça, parce que c'est plus spontané, mais celle-là est assez... Alors, je précise aussi, j'ai fait beaucoup d'interviews, peu de journalistes étaient aussi préparés. Félicitations. Merci pour la qualité. Reprends du coup la question.
- Speaker #1
Quel critère doit être atténué par rapport au niveau jugé normal du secteur ? Moi, c'est mes idées.
- Speaker #0
Vas-y, donne-moi quelques exemples.
- Speaker #1
L'idée, c'est peut-être le champagne, le café, tout ça. Il n'y a pas besoin, tu vois. Extrus, atténués, ou peut-être, je ne sais pas, la garantie. Non.
- Speaker #0
Je ne sais pas. c'est... tout le superflu, effectivement. Mais du coup, on se rend compte qu'on s'adresse dès lors à un certain type de public. Il y a ceux qui boivent du vin et il y a ceux qui boivent les étiquettes. Et pour le coup, ceux qui boivent les étiquettes ne vont pas être très sensibles. Ok. message. Alors, on précise, ceux qui ne nous ont pas vus, on est dans un magnifique showroom, dans une villa incroyable, une des plus belles villas de Neuchâtel. Donc on offre quand même ce cadre fantastique, mais on ne le réplique pas, pour l'instant, dans des autres pays. Donc c'est vrai qu'on a en fait dépouillé, si je te répondais à la façon d'un boucher, quand tu achètes ton T-bone steak, tu payes l'os au poids, mais tu ne vas pas le manger. Tu payes le gras, ça c'est le marketing, ça donne du goût, mais tu ne vas pas le manger. Donc ce qu'il faut être attenué, c'est le gras et l'os, et ça tombe bien, nous on vend la viande au prix de la viande, donc il faut ne pas avoir trop de nostalgie du gras et de l'os.
- Speaker #1
De toute façon, encore une fois, c'est des questions ouvertes que je trouve très intéressantes pour les auditeurs qui sont toujours avec nous, n'hésitez pas à vous poser ces questions. Quel critère doit être renforcé bien au-delà du niveau jugé normal dans le secteur, à ton avis ?
- Speaker #0
La confiance. pour le coup, il y a un double manque de confiance, le fait que Pas tout le monde a une échatelle, des gens nous achètent quand même en étant loin, etc. Donc on se doit d'être extrêmement professionnel, démonstratif, d'avoir un site internet qui convainc, etc. Et on doit jouer sur la confiance de nos clients qui eux-mêmes vont en parler, donc on ne doit pas les décevoir. Et on a cet handicap supplémentaire du prix qui amène tout de suite une suspicion. Les gens se disent...
- Speaker #1
Ce n'est pas de la qualité. Ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas possible. Souvent les gens disent, en gros, il y a un truc qui ne peut pas jouer. Il y a balèze au gravier. Les gars, c'est Photoshop. Ils ne vont pas m'envoyer la montre. On n'est pas habitué, justement, à ces prix-là. Et comment,
- Speaker #1
justement, tu améliores la confiance ? Donc, le site, mais aussi la Fluentdor.
- Speaker #0
La Fluentdor, en passant beaucoup de temps en parlant avec les gens, en faisant ce que je fais aujourd'hui avec toi, en en parlant, et je pars du principe, malheureusement un peu faux, donc tu vas rebondir sur ce point-là, que les gens en comprenant, vont passer par-dessus leur réticence. Or, et si tu me demandes pourquoi mon modèle économique a évolué, heureusement ou malheureusement, beaucoup de gens, malgré qu'on ne fasse appel à leur intellect, n'arrivent pas à intégrer et ont besoin quand même. Un tout petit peu de superflu. On a besoin d'être assuré. Donc, on est obligé, quelque part, de remettre un tout petit peu de marketing, de remettre un tout petit peu de trucs. Sinon, les gens, la pilule ne passe pas chez beaucoup de gens. Parce que, malgré leur compréhension, ça ne débloque pas tous les freins qu'ils ont à l'achat d'une pièce.
- Speaker #1
Résistant aux changements, on l'a toujours fait comme ça. On est tous plus ou moins concernés par ça. Dernière question, justement toujours de la stratégie Ocean Bleu. Quel critère, jusque-là négligé par le secteur, l'horlogerie, as-tu créé ? J'aurais tendance à dire e-commerce, mais je ne pense pas.
- Speaker #0
Non, le e-commerce, c'est le fait de créer. Et c'est littéralement... une voie nouvelle. En fait, beaucoup de gens me disent « Oui, mais tu n'as rien inventé. » Absolument. Je n'ai rien inventé parce que j'ai fait un melting pot de toutes les techniques de vente que j'ai acquises pendant 15 ans à l'international. J'ai fait toutes les postures de vente qu'on puisse faire dans ma profession. J'ai vraiment fait un assemblage pour créer quelque chose de nouveau. Et c'est ça. Cet assemblage, en fait, n'existait pas. pas sous cette forme-là.
- Speaker #1
Tu parles des 26 lettres qui permettent de créer des millions d'ouvrages.
- Speaker #0
C'est comme si quelqu'un, quand tu me dis que c'est une technique utilisée chez un autre, c'est comme si quelqu'un te dit qu'un livre est égal à un même parce qu'il y a les mêmes 26 lettres dedans. Tout livre a été écrit sur la base de 26 lettres. Ce qui fait la différence, c'est l'ordonnancement. Dans quel sens tu mets les lettres, qui crée un mot, qui crée une phrase, qui crée un livre.
- Speaker #1
J'en suis convaincu et d'ailleurs je rebondis pour faire un petit clin d'œil à cette notion de processus. Des fois le simple fait dans une entreprise, dans un flux de valeur, de changer une étape du processus peut complètement prendre le marché de cours et complètement te créer un avantage compétitif incroyable.
- Speaker #0
Bah hits et shit c'est la même chose.
- Speaker #1
C'est juste des autres lettres.
- Speaker #0
c'est l'ordonnancement et moi c'est ça que je trouve passionnant alors du coup ça fait évidemment je ne devrais pas le dire en fonction de ce que j'ai créé mais c'est en fait j'ai rien créé de nouveau et je suis invité dans beaucoup d'universités pour parler aux étudiants quelque part en termes de motivation parce que j'avais 5000 balles quand j'ai lancé mon projet j'avais pas d'argent, j'avais que des idées et j'ai pas eu une idée une expérience nouvelle J'ai simplement changé l'ordonnancement des choses telles que... qu'il se faisait, et justement des gens disaient « out of the box » . Ben non, c'est « skip the box » . Justement, c'est pas sortir de la boîte, t'enlèves la boîte. Et en reprenant des choses existantes, en changeant l'ordonnancement, tu crées un mot nouveau, tu crées un océan bleu, qui te permet de finalement d'arriver et de challenger avec 5000 balles une industrie, qui est la troisième exportatrice en Suisse, qui pèse 25 milliards, mais qui si on la regarde à l'autre bout, puisque 25 milliards c'est ce qu'on exporte, mais quand on regarde... fois 3, fois 5, en fait on a une industrie qui fait 75 ou 100 milliards c'est le BNB de certains pays et un gars avec 5000 francs en tête et une idée arrive à quelque part à challenger ça, mais je le dis avec beaucoup de respect bien sûr, bien sûr le but c'est pas de mettre des bâtons dans les roues de l'industrie c'est de proposer de nouvelles solutions bien sûr,
- Speaker #1
mais tu le disais aussi très bien quand une industrie surfe sur la vague c'est difficile de prendre la précédente la suivante c'est le problème Hum.
- Speaker #0
souvent que j'avais entendu de la France, qui est un des derniers pays à embrasser Internet, puis ils étaient hyper bons avec le Minitel. Donc quand tu es très avancé dans une vague, tu ne vas pas changer. Un surfeur ne va pas attraper la vague derrière. C'est ça. Parce qu'il est sur cette vague-là.
- Speaker #1
Il surfe sur cette vague. Et ça, je trouve que c'est très, très difficile.
- Speaker #0
Et c'est une des raisons principales pour lesquelles les marques à qui j'étais proposé mon modèle m'ont dit non. Ils ont les deux pieds coulés dans le béton de la distribution traditionnelle. ils peuvent pas Prenez une marque qui vend, regarde là, du moment que tu le diffuses, chapitre 7, on l'aura sorti. On est sur une qualité grade A de malade. On a des finitions qui sont incroyables, la montre est très très belle. On est certifié chronomètre par l'Observatoire chronométrique de Genève. Et on est à 820 francs ou 760. Ça n'existe pas.
- Speaker #1
Habituellement, ça coûte combien ?
- Speaker #0
Alors j'en ai vu à cette qualité sans la chronométrie qui sont à 2000 francs. et si tu t'ajoutes chronomètre souvent t'es bien au-delà c'est impressionnant et la même marque qui vend ce modèle là parce qu'on les trouve maintenant prenez une très belle montre chapitre 7 elle est sur mon site internet je mettrai le lien chapitre 7 du coup ça sera les nouveaux ça n'importe où ailleurs c'est 2500 francs ou plus est-ce que la même marque peut dire bye bye oh parce qu'on fait une petite expérience slash 820. Tout le monde va dire pourquoi tu vendais les trucs à 2500 balles.
- Speaker #1
Ils doivent rester cohérents par rapport à leurs précédentes actions.
- Speaker #0
Ils se tirent une balle dans le pied ou dans la tête parce que tout le monde va dire mais ce n'est pas possible. Donc, pourquoi ces prix-là ? Pourquoi vous nous vendiez les prix avant ? En fait, c'est systémique. Les marques ne peuvent pas changer et adopter mes prix. Elles se tirent une balle dans la tête.
- Speaker #1
Intéressant. Justement, en parlant de montres, depuis ta création en 2019, tu as sorti combien de modèles ? Une vingtaine.
- Speaker #0
moi j'ai ce chiffre là on en a discontinué on en est à
- Speaker #1
40-46 SKU c'est à dire des modèles parle moi un petit peu des réactions des gens parce qu'au début certaines personnes disaient un modèle à 400 francs c'est pas possible, ensuite tu obtiens notre modèle à 800, je sais plus 1000 francs ou 500 francs alors que c'est 1500 c'est ce que disait Gandhi d'abord il se moque de toi d'abord il t'ignore
- Speaker #0
ensuite ils se moquent de toi ensuite fight and then you win quand j'ai sorti mon chapitre 1 qui était un proof of concept pour démontrer la vérité et la robustesse de mon modèle qui a quand même très bien marché tout le monde a dit ouais ça marche parce que c'est des montres asiatiques à moins de 500 francs alors du coup j'ai fait une montre suisse mais de chapitre 3.1 CTM Alors ça tombait bien parce qu'à l'époque j'avais deux employés, Céline et Mathilde, et moi Thomas, donc ça faisait Céline, Thomas, Mathilde. Sauf que CTM ça voulait dire en vrai Ausha tu madre, ça voulait dire en gros allez vous faire foutre. Et c'était ok, mon modèle ne marche pas, je vais te sortir une montre squelette magnifique à 475 francs suisse-mède. Et là tout le monde m'a dit ok, bon respect, sauf que ça marche avec des montres suisse-mède à moins de 500 balles. Et là je me suis dit trop bien, tu sais quoi, on va faire un tourbillon. Et on va le faire.
- Speaker #1
C'est quoi justement ton processus qui te drive ? C'est montrer aux gens qu'ils ont tort ? Il y a un peu de ça ? Ou tu te dis, ok...
- Speaker #0
Le fait de faire tort, c'est peut-être montrer que j'ai raison.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et mon processus, en général, il se passe entre 3 et 5 heures du matin. Je suis quelqu'un d'assez matinal. En général, je me rendors, mais pas toujours. Et là, pour le coup, j'étais en train de préparer une conférence pour la SCC, le Temple Société Suisse de Chronométrie. On présentait devant 700 personnes tout le gratin. de la production Swissmed. Et il m'avait commandé une conférence en 2022 sur le thème comment la manière dont on produit une montre va influencer la manière dont... Comment la manière dont on vend une montre va influencer la manière dont on la produit. Et j'essaie de démontrer que... à mon modèle d'affaires, on pouvait réinjecter beaucoup de valeurs et du coup du Swiss made dans les produits puisque le coût de production devenait quelque part secondaire puisque les multiplicateurs n'étaient plus de 7, de 10 ou je ne sais pas combien, j'ai moins hésité de 2 ou 3. Donc le coût de départ devenait secondaire. Et je voulais démontrer dans cette conférence qu'on pouvait très bien ramener du travail en Suisse et faire bosser les gens en Suisse Merci. Et même si ça coûtait un peu d'argent, ce n'est pas grave parce qu'avec un démultiplicateur de 2 ou 3, on arrivait, on atterrissait à des prix qui étaient très raisonnables. C'est comme on dit, ou de talk. Je me suis dit, tu sais quoi, je vais le faire. Donc je vais faire un tourbillon et je me suis payé le luxe de le faire 100% dans la région, d'angler tous les ponts. On allait hyper loin en termes de qualité. On a fait ça en titane grade 5. On n'a pas mis du PVD, on a mis du DLC. Alors ça,
- Speaker #1
c'est pour les spécialistes qui nous écoutent.
- Speaker #0
donc le revêtement c'est diamond like carbon c'est incroyable boîte en acier en titane grade 5 on a mis un tourbillon d'Olivier Maury qui est incroyable 105 heures de réserve de marche 5000G de résistance on est dans des très très hauts standards de qualité c'est celui où il y a la collégiale c'est celui qui est là-bas c'est le même tourbillon, en fait on n'utilise que les tourbillons d'Olivier Maury qui en plus sont d'une précision redoutable Oui. Et l'idée, c'était justement de lancer un prix pour les 50 premiers clients à moins de 4000 francs.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
C'est assez incroyable. C'est particulier comme des types. Alors c'est particulier comme des types. Pour la petite anecdote, je m'en excuse si certains clients nous écoutent un peu de retard de livraison, parce que dans mes meilleurs rêves, je pensais en vendre entre 50 et 80, j'en ai vendu plus de 1000.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Donc en termes de prod, ça a été un peu compliqué.
- Speaker #1
Oui, incroyable.
- Speaker #0
Il n'y avait jamais quelqu'un qui avait fait comme ça, autant de tourbillons, autant peu de temps.
- Speaker #1
Il a dû charbonner.
- Speaker #0
Carvacher, oui.
- Speaker #1
Parle-moi un petit peu des processus que tu as mis en place pour pouvoir sortir des modèles comme ça. Tu as quand même un rythme soutenu où tu crées des nouveaux modèles, tu testes. Comment ça se passe entre l'idée en 3 et 5 heures du mat et la réalisation ? Et la montre qui est livrée au poignet ou alors qui est plus en plus...
- Speaker #0
Alors, je vais te répondre en deux temps il y a qu'est-ce qui s'est passé avec le tourbillon ouais et puis qu'est-ce qui se passe dans la vraie vie parce que pour le tourbillon de l'idée à la réalisation il y a eu moins de deux mois incroyable alors carrément c'est impossible en général c'est deux ans et là je me suis levé le matin je me suis dit oh trop bien je vais faire un tourbillon j'ai été voir celle qui est devenue ma designer exclusive Liliane Murenzi, brillante Il m'a dessiné un tourbillon en deux semaines, incroyable, qui est magnifique. Ensuite, j'ai été voir les co-traitants. Et l'anecdote est intéressante. En leur disant, voilà, on était en mi-septembre, je leur ai dit, écoute, pour le 11 octobre, j'aimerais lancer ce tourbillon. Évidemment, la question, c'était quelle année ? Je leur ai dit, non, mais là, non. Dans 3-4 semaines. Ils m'ont dit, tu rigoles, tu déconnes, c'est pas possible. Et tous ont dit, tu sais quoi, on va le faire. Pour une raison. Alors c'est dans les montagnes, on se connaît tous, et beaucoup étaient déjà mes clients d'ailleurs, ils aimaient bien ce que je faisais, l'outre-cuisance ou mon esprit pirate. Mais il faut comprendre pourquoi j'ai beaucoup de soutien de la cotraitance ici. Parce qu'il y a pas mal de marques qui rêveraient de me flinguer. Et les cotraitants me soutiennent pour une raison très simple. Là,
- Speaker #1
tu les appelles qu'aux traitants et pas sous-traitants, donc c'est en divan.
- Speaker #0
Bon, déjà, oui, c'est une histoire de respect. Et aujourd'hui, les acheteurs des grands groupes, ils viennent avec des avocats. Et ils débarquent, et ils s'asseillent, et ils disent, bon, ton truc là, que tu me vends 250 francs, et bien, ça serait bien que ça soit 230, parce que les temps sont durs, et puis en fait, vous avez trop de marge. La réponse de la boulangère au boulanger, après Bayo, c'est, mais vous déconnez ? Trop de marge. Qui c'est qui fait trop de marge ? Parce que moi, à Bayo, qui vend son tourbillon 100% suisse, il est 3 920 francs. Je n'y fais pas des meilleurs prix que vous. Au contraire, lui, il me prend moins de quantité. Donc, vous, vous avez des meilleurs prix et vous le sortez à 40 000 balles. Donc, messieurs, les problèmes, ce n'est pas nous.
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Et donc, j'ai eu beaucoup de soutien de la coté-traitance pour sortir ce tourbillon. Maintenant, aujourd'hui, je ne peux pas non plus demander à mes équipes de faire des sprints.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
C'est un marathon. Donc, maintenant, on prend quand même 6 mois, une année pour développer les processus, pour tester, etc.
- Speaker #1
Donc parle-moi un petit peu de ce processus un petit peu plus posé.
- Speaker #0
On définit les collections qui nous bottent, on regarde dans notre collection qu'est-ce qui nous manque, puisque elle est une start-up, alors maintenant elle est plutôt une PME, mais en général tu as un ou deux modèles phares. Moi j'ai tout de suite voulu faire une collection, je viens du retail, donc je sais qu'il faut quand même pas mal de monde dans un magasin pour créer une marque. pas simplement d'avoir un ou deux modèles. Donc, on identifie, on décide ce qu'on veut. La designer talentueuse, Liliane, vient avec des propositions. J'en discute à l'interne. Moi, tous mes employés ont les résultats de vente en direct de toute l'entreprise. Tout le monde fait toutes les séances. Tout le monde voit ce monde se mêle de ce qu'il regarde, de ce qu'il ne regarde pas, mais ça me va.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une discussion aussi avec des clients, des bons clients ? Absolument.
- Speaker #0
On a chez nous un modèle de parrainage d'investisseurs assez spécial. et on co-développe des montres avec les investisseurs. Donc, on leur montre tout ce qu'on fait, ils nous donnent notre avis, ils influencent aussi même souvent des fois le design. Et ensuite, on vient avec un premier jet, dessin, on fait un premier proto, on le reçoit, on le corrige. Deuxième proto, prod, livraison.
- Speaker #1
Alors, premier proto, OK, correction. Ensuite ?
- Speaker #0
Production, mass production et livraison, OK.
- Speaker #1
Mass production, OK.
- Speaker #0
Et c'est mass production ?
- Speaker #1
C'est une mass production. Est-ce que c'est fait à Neuchâtel ou pas ? Parce que là, tu me parlais que...
- Speaker #0
Alors l'assemblage, c'est-à-dire T2, T3, est fait chez nous.
- Speaker #1
Donc c'est-à-dire T2, T3, c'est-à-dire les protos ?
- Speaker #0
Non, non, T2, T3. Le T0, c'est la production des pièces du mouvement. T1, c'est l'assemblage du mouvement. T2, c'est réception des boîtes, cadrans, aiguilles. Et pose, cadrans, aiguilles, emboîtage. On ferme la montre, on teste l'étanchéité. T3, on met le bracelet. Donc, ces T2 et T3 sont faits chez nous. Pas tout le monde le fait, de loin pas. Nous, on fait ça à l'intérieur.
- Speaker #1
Intéressant. Et comment tu sais combien de montres tu vas créer dans cette mass production ? Parce que toi, en fait, tu me disais le stock, c'est…
- Speaker #0
On estime...
- Speaker #1
Il faut bien doser cette histoire de stock. Comment tu fais ? Tu fais des pré-ventes qui te permettent de...
- Speaker #0
Alors l'avantage, c'est que moi, je viens de la vente. Donc j'arrive à peu près à estimer quel pourrait être l'impact et quel pourrait être le succès. Des fois, on est surpris en bien, des fois, on est surpris en mal. Et puis des fois, ça met un peu plus loin à sortir. Ce qui est embêtant en termes de cash flow, parce que si du stock dort, c'est mauvais. Et puis après, il y a l'autre où on ne produit pas assez. Et puis d'un coup, il y a tout qui part. Et puis là, après, on est embêté. Parce que les clients doivent attendre 3 à 6 mois pour qu'on reproduise.
- Speaker #1
Je pense que tu préfères le deuxième scénario.
- Speaker #0
C'est le deuxième, mais j'aime bien faire plaisir à mes clients. Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr. Mais justement, vu que tu fais du e-commerce, à quel point dans ce processus tu vas déjà vendre des montres à certains clients avant de passer en mass production ?
- Speaker #0
Ça dépend du prix de production. C'est clair, un tourbillon, c'est quand même des milliers de francs à produire en termes de cash flow. On fonctionne sur un système plutôt de pré-vente, où les gens payent, et nous ça nous aide justement à...
- Speaker #1
Ils peuvent venir voir le prototype, imaginer. Oui,
- Speaker #0
ils voient le prototype, etc., ou ils voient la montre, ils payent, et ensuite ils attendent 3 à 6 mois.
- Speaker #1
Et comment justement tu fais le lancement après cette mass production, qu'est-ce qui se passe ? J'imagine que justement tu as quoi, une dizaine de personnes ? tu es très présent sur LinkedIn. Comment se fait ce lancement ? C'est uniquement auprès des affluendeurs ?
- Speaker #0
La semaine prochaine, on va lancer ça. Donc, on va d'abord informer tous nos investisseurs par un. Ils ont même un prix de lancement favorable qui va se maintenir pour eux. Ensuite, on envoie un mailing à tous nos clients en leur disant, regardez ce qu'on a fait. Vous avez 48 heures sur un prix favorable pour acquérir cette... pièces et après 48 heures on envoie sur les réseaux sociaux il ya des communiqués de presse des articles qui permettent aux gens de et évidemment on l'envoie aussi si on peut dans les points de vente et à notre showroom ou pas mal de gens pas se voir les montres et nous on se déplace on fait des foires là je pars à munich la semaine prochaine inorganta et on va l'année passée j'ai passé deux mois les deux derniers mois de l'année chaque semaine on était dehors on allait voir les gens on leur montre là on a vu le processus justement de création
- Speaker #1
Toi, je sais que tu es reparti sur le retail. J'aime bien l'expression bâton de pèlerin. Est-ce que la boîte peut tourner pendant ton absence ? Comment tu as mis en place ? Est-ce que tu gères toi à distance ? Est-ce qu'il y a des processus qui t'aident à pouvoir voyager sans devoir être sur place ? Est-ce que tu es déjà à ce stade ? Comment ça se passe un petit peu ? Je trouve ça intéressant. On est là pour ça. Moi, ce que je trouve intéressant... les processus c'est que quand ils sont, alors évidemment on va pas tomber dans des trucs archaïques, bureaucratiques qui grippent la machine et je trouve que c'est toujours une question de dosage, le poison la différence entre le poison et l'antidote c'est souvent une question de en tout cas le dosage c'est une question le poison c'est une question de dosage, je vais y arriver mais ce que je trouve intéressant c'est qu'en ayant échangé avec certains entrepreneurs les processus leur ont permis de se détacher un peu des opérations pour pouvoir plus s'orienter sur la stratégie, sur le développement de marché. J'ai l'impression que tu en es là. Quelle est ta position par rapport à ça ? Est-ce que tu as des processus qui t'aident dans ta boîte ou c'est encore trop tôt ?
- Speaker #0
Alors au début, je faisais tout. J'ai lancé ça tout seul. Ensuite, j'ai eu des extensions qui m'ont permis de me démultiplier. Le stade d'après, c'était évidemment d'amener de l'autonomie. Donc un, c'est de recruter des gens capables qui savent prendre des décisions. Je recrute ici. des intrapreneurs. Entrepreneur, c'est celui qui lance sa boîte. Intrapreneur, c'est celui qui va considérer que c'est un peu son projet. Et comment on permet aux gens de considérer que c'est leur projet ? En les laissant se l'approprier. J'ai un style de management extrêmement plat. Je ne parle pas de mes employés, je parle de mes collègues, c'est mes collègues. Et je leur suis redevint, puisque sans eux, aujourd'hui, je ne pourrais rien faire. On est tous à peu près au même niveau. C'est moi le boss, mais bon. je suis extrêmement tolérant sur beaucoup de choses toujours dit que le jour où je mettais une timbreuse je démissionnerais de ma boîte parce que je veux pas être dans cette ambiance là on se mouille tous la chemise mais j'ai encore un style peut-être un peu paternaliste mais où on est tous ensemble, on se remonte les manches et on est en train de monter un projet qui est fantastique donc j'ai un niveau d'engagement des gens qui est assez phénoménal de responsabilisation et puis après ça vient aussi par rapport à une gestion très simple c'est une gestion des erreurs et de l'échec Moi, je leur dis... je vise le 90-95%. Comme ça, on va vite. Et cette rapidité nous amène une agilité qui est fantastique. Et les 5% d'erreurs à ne pas faire que font pas les grandes, grandes marques, ça les ralentit de 30%. Oui,
- Speaker #1
je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
De vitesse. Donc, je tolère très, très bien. J'ai presque chaque employé qui m'a fait des conneries en 5 et 10 000 francs. Je lui dis, c'est bien, ça pète. ta formation. Donc, quelque part, les gens n'ont pas peur d'avancer, de prendre des initiatives, de faire des choses et j'essaie d'être de moins en moins le facteur bloquant décisionnel où je leur dis, bon, à part si c'est une grosse bêtise, prenez décision. Et même si c'est une petite bêtise, je les assumerai pour vous, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
Tu fixes un montant jusqu'auquel ils peuvent prendre une décision, comment ça se passe ce processus-là ?
- Speaker #0
Oui, quand même.
- Speaker #1
Jusqu'à temps, vous pouvez...
- Speaker #0
Jusqu'à temps, il ne faut plus me poser la question. Et puis après, c'est clair qu'on... On est constamment en discussion. Alors c'est clair que quand je voyage, c'est des validations, puisque quand on est impliqué partout dans le processus dès le début, finalement tout le monde est impliqué dans tout dès le début. Donc tout le monde comprend les répercussions de tout et les importances. Il faut juste dire, ça c'est une décision importante, celle-là ne l'est pas. Et à partir du moment où on le fait, en principe chacun peut prendre plus ses décisions. C'est un peu vieux-pieux, j'y arrive pas forcément tout le temps, mais on est en train de... tendre vers quelque chose où la plupart du temps mes équipes peuvent être autonomes.
- Speaker #1
Et justement, vu que tes équipes t'ont suivi depuis maintenant plusieurs années, alors pas tout le monde, mais j'imagine qu'il y a quand même un noyau qui est là depuis un moment, parce que je trouve que l'autonomie, c'est très addictif.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et quand t'as un patron qui t'offre beaucoup d'autonomie, je pense que c'est... Quand t'as des personnes qui aiment l'autonomie, parce que pas tout le monde aime l'autonomie, certaines veulent le simple entrepreneur.
- Speaker #0
Ouais. Il ne se sentait pas. un peu stressé, pas très allé chez moi. J'imagine.
- Speaker #1
Un patron de cadre, qu'on leur dise quoi faire, etc. J'imagine. Là, ce processus entre le lancement de cette montre, est-ce qu'ils savent qu'il y a une nouvelle montre qui va être lancée et qu'ils savent ce qu'il faut faire, à quel moment ?
- Speaker #0
Ils connaissent l'instrument et comment on joue la musique.
- Speaker #1
Parce que j'imagine que tu as quand même tout le temps des choses qui reviennent. La communication, les communiqués, les trucs, tout ça. Et ça, est-ce que toi, Tu trouves toujours du temps pour réfléchir sur la manière dont c'est fait, sur comment c'est lancé, donc réfléchir sur ce processus ?
- Speaker #0
J'essaye d'en prendre de plus en plus soin. Alors il y a des fois où on s'arrête et on regarde la carte, puis d'autres on court dans la forêt pour essayer de ne pas se prendre les bras.
- Speaker #1
Donne-moi des exemples où vous couriez, c'était quoi ? Il y a eu des fois où tout d'un coup ça ne se passait pas bien, il y avait des problèmes de fournisseurs ?
- Speaker #0
Alors il y a... Non, c'est simplement des moments où on prend du temps de réflexion. Ça allait tellement vite. C'est passé d'un truc de rien à 5 000 balles, à des millions, et quand même beaucoup, beaucoup d'enthousiasme. Ça,
- Speaker #1
il y a toujours.
- Speaker #0
Oui, mais c'est vrai que de temps en temps, il faut freiner un peu pour essayer de... J'ai pris des consultants, on a réfléchi. J'aime bien justement quand des gens arrivent, je leur dis, mais notez vos impressions. Parce que moi maintenant... Je respire cette marque, je la sens plus comme dès le départ. Donc, permettez-moi de me réfléchir. Et puis après, il y a aussi le fait que c'est plus la même marque. On n'est plus dans le même truc. Et là, moi, j'ai dû passer aussi par un deuil. C'est vrai qu'au début, c'était fun. On était deux, trois, trottinette, livraison locale, des montres à 400 balles. On n'est plus du tout dans cette configuration. on est dans les choses beaucoup plus sérieuses. Donc moi aussi, j'ai dû faire un petit peu le deuil de ce petit bébé et puis de mettre de côté les petits habits tout choux, les chaussons, pour maintenant endosser un habit d'adolescent.
- Speaker #1
C'était quoi qui était difficile pour toi dans ce deuil ? Tu te souviens ? Justement, j'imagine, de passer de concept à marque, j'imagine. C'est ça.
- Speaker #0
Au début, c'était l'excitation de voir que ça marchait. Moi, j'appelais mes clients qui m'achetaient une montre. Au début, je les appelais. Il y a des gars qui m'achetaient des tourbillons, je leur disais incroyable, vous venez de me virer 5000 francs, vous vous rendez compte ? Ils étaient tout étonnés qu'un patron les appelle en les remerciant, c'est eux qui payent mon salaire, donc tout à fait normal. Mais c'est vrai qu'il y avait cette excitation et le fait un peu au début, c'est le début de l'aventure, c'est grisant. Et puis après, oui, alors après arrivent les temps où d'un coup on voit un informaticien qui débarque. On voit un financier qui débarque, le responsable du shipping. Et on se rend compte en fait que ça grandit. Et puis que c'est petits enfants, petits problèmes. Après, il faut redonancer tout. L'excitation est différente aujourd'hui. Au début, on marche sur un trottoir. Après, on marche sur un petit ponton à un mètre d'auteur. Avec un peu d'insouciance, on se dit, c'est trop fun. Maintenant, il y a 20 mètres. en dessous, donc il ne faut pas glisser il ne faut pas déraper, il faut être concentré c'est un autre jeu mais c'est tout autant grisant
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a le plus changé pour toi au quotidien justement dans ce passage cette transition ?
- Speaker #0
Lâcher prise
- Speaker #1
Donc c'est-à-dire que ça tourne sans toi ?
- Speaker #0
C'est ça, et de faire confiance. Moi, je suis quelqu'un qui sait très bien déléguer quand je fais confiance. Si je suis super perfectionniste et si ce n'est pas bien fait, je préfère le faire moi-même. À un moment, on ne peut plus faire soi-même. Il faut accepter de temps en temps que ce ne soit pas bien fait ou pas fait comme on veut. Et là, du coup, j'ai des équipes, certains consultants qui sont venus étaient assez surpris de voir à quel point mes équipes ont le droit de s'exprimer. de me remballer, de dire non c'est bien ça moi je trouve ça très sain si tu t'entoures de gens qui disent oui et vous allez tous dans le mur après je fais la gueule pendant 5 minutes et puis voilà j'ai des personnalités assez fortes dans mon team beaucoup de femmes qui savent me dire non et c'est très très bien après on s'explique un peu, on se pardonne un peu parce que personne n'aime dire non Mais au contraire, moi je pense à leur rôle et je suis très reconnaissant.
- Speaker #1
J'avais mon précédent invité qui disait une phrase intéressante qui disait « Si vous voulez augmenter votre chiffre d'affaires, il faut dire oui. Si vous voulez augmenter votre profit, il faut dire non. » Je trouvais ça intéressant.
- Speaker #0
Ah ouais, ça c'est excellent.
- Speaker #1
Je trouvais ça intéressant comme réflexion. Ça m'a pas mal fait réfléchir aussi sur ma toute petite activité. Je pense que c'est une phrase qui peut parler à pas mal de gens. Et est-ce que toi, au bout d'un moment, tu t'es posé en mode, OK, comment on va bosser là-dessus ? Ça ne s'est pas bien passé. Admettons qu'il y a une erreur qui se passe. Comment ça se passe ? Guide-moi un petit peu dans le processus. Est-ce que c'est discussion de groupe, puis ensuite, on arrête de travailler comme ça, on va travailler comme ça ? Parce que beaucoup de gens font une erreur, et ensuite, espèrent s'en souvenir peut-être un jour. Voilà. En se disant, on va s'en souvenir, c'était une erreur douloureuse, 5, 10 000 balles, voire plus des fois.
- Speaker #0
Est-ce que toi,
- Speaker #1
tu as quelque chose déjà en place ? Est-ce que c'est trop tôt ?
- Speaker #0
Oui, justement, la rapidité amène des erreurs.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Le fait que, si je te parle du nouveau chapitre 7, attention, si certains nous écoutent et ont acheté le premier chapitre 7, j'aime beaucoup cette montre, mais on allait trop vite.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
pas eu le nombre suffisant de protos pour se rendre compte qu'à mon goût, alors ça plaît beaucoup à certaines personnes, elle est quand même un peu grande, un peu épaisse.
- Speaker #1
Un peu bulky, tu dis.
- Speaker #0
Et là, du coup, on allait trop vite. Et ça venait du fait que c'est moi qui pousse en disant on sort ça à telle date. Et à un certain moment, maintenant, mes équipes ont mis les pieds contre le mur et m'ont dit, on s'en sort quand on l'aura vraiment bien fait. Et ils ont raison.
- Speaker #1
Donc là, il y a vraiment des étapes. D'où ce que tu disais, premier proto, correction. parce que là le concept c'est le monde bulky premier proton plus de correction c'est parti donc là on voit qu'il y a une étape qui a été rajoutée pour super intéressant en fait ça veut pas dire aller plus lentement ça veut dire anticiper plus mais
- Speaker #0
quand on vient de naître on anticipe rien le projet est devant parce que là on peut commencer regarder si ça fonctionne super chouette
- Speaker #1
A ton avis, est-ce qu'il y a un moment idéal pour commencer à formaliser des processus dans une entreprise ? Toi, tu as eu quand même pas mal, je veux dire, tu as été salarié avant de créer une boîte, tu as eu affaire à des processus. Tu penses qu'il y a un moment donné où c'est un bon moment, où le plus tôt c'est le mieux, où le plus tôt on met plutôt des bâtons dans les roues ? Moi,
- Speaker #0
je suis plutôt un… Je pense que la créativité vient de l'absence de processus au départ. Ce qui amène des processus, c'est le fait de travailler ensemble. À partir du moment où... Tu as des équipes, des gens ? Tu passes trois, cinq personnes, il faut se coordonner. Pour moi, je veux volontairement un tout petit peu jouer dans les brancards des processus. Souvent parce que ça veut dire justement qu'on s'organise et ça tue un peu la créativité, ça tue la spontanéité. Et pour moi, c'est quelque chose de fondamental. Donc je dis des fois à mes équipes...
- Speaker #1
C'est une question de taille, tu veux dire ?
- Speaker #0
Il y a ça, puis c'est aussi une question d'état d'esprit. Je dis des fois à mes équipes, oui, vous avez raison, mais laissez-moi. laissez-moi être comme je suis parce que le pire qui puisse arriver c'est que je sois extrêmement Sharp sur les processus mais que j'ai plus de créativité plus d'enthousiasme
- Speaker #1
Un moment enfin on fait pas tout ça si on se fend pas la gueule si y'a pas de passion parce qu'on arrête clairement et justement comment tu fais donc pour coordonner ces personnes sur ton équipe comment ça se passe pour être dans la même langage des gens qui
- Speaker #0
ont un petit peu la même configuration. Après, il y a l'effet d'entraînement qui fait que j'ai vu des gens arriver un peu rigides qui, finalement, après, sont partis un peu plus freestyle. Et ça fait du bien. Et puis après, c'est tous des processus. Là, on a deux locaux ici et l'autre, on fait la prod. Moi, j'ai acheté ça. trottinette. Je leur dis,
- Speaker #1
on va en trottinette.
- Speaker #0
C'est un style de vie de se déplacer en trottinette. Après, il y a une petite équipe derrière en ville. T'as pas le droit en ville ? Non, mais c'est un état d'esprit qui fait que. C'est la déraison, c'est de temps en temps de laisser les choses un peu fluides. Je me souviens du processus au début quand j'avais engagé une stagiaire. Pendant l'entretien d'embauche, une de mes premières questions, c'est quoi tes injures préférées ? Tu es un peu déstabilisé, mais pour moi,
- Speaker #1
c'est important parce que je passe ma journée à jurer,
- Speaker #0
à rigoler. C'est important de garder un tout petit peu ce truc léger et déraisonnable et pas d'être dans des processus intermédiaires. J'ai eu des boîtes où on avait des petits livres rouges qui sortaient avec des règlements. C'est la fin, c'est la mort.
- Speaker #1
Oui, c'est clair que c'est ton processus s'il n'est pas implémenté. Moi, j'aime bien dire, parce que j'aide des gens justement à structurer leur processus, des entrepreneurs, et j'aime bien dire, le processus, si tu veux, s'il prend de la poussière, ce n'est pas bon signe. Idéalement, il doit être intégré dans le quotidien. Et c'est ça, je trouve, qui est difficile. C'est là qu'il peut y avoir de la résistance. C'est trouver cet équilibre entre on reste agile, on déconne tout ça, mais on suit une structure. Par contre, en te posant la question, on voit quand même que pour tout ce qui est création, jusqu'au lancement, il y a quand même quelque chose de bien établi sur un niveau relativement haut, par contre à l'intérieur il y a de la créativité voilà il y a un peu de liberté,
- Speaker #0
il y a des briques après c'est pas juste des concepts, c'est des montres, c'est fait d'acier c'est fait d'arrage, donc tout ça pour que ça prenne 4 secondes par jour, il faut que ça soit bien bien huilé mais dans cette manière de créer Merci. On a quelque chose d'un petit peu dé... Comment dire ? Dé... Enfin, non formel.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant.
- Speaker #0
Dé-structuré qui permet aux gens de... Voilà, de se sentir un peu plus...
- Speaker #1
Super intéressant. On arrive bientôt au bout. J'aimerais juste terminer avec un peu ton organisation à toi. Comment tu gères tout ça au quotidien sans perdre de vue la stratégie et les projets de fond ? Donc en gros, comment tu gères le quotidien ? Avant, quand on se posait, tu avais des messages audios, des choses, des réponses, des décisions à prendre. Sans perdre de vue ta vision, ta stratégie, est-ce que tu as des moments dans ta semaine où tu vas travailler là-dessus ? Est-ce que c'est en 3 et 5 heures du matin ?
- Speaker #0
Alors c'est beaucoup en 3 et 5 heures que c'est des moments où je me rends compte que c'est de la méditation. Tu vas dans ton lit, il fait nuit, tu es à moitié réveillé et ça me... permet d'avoir une vision non enchaînée à des réalités des fois qui font qu'on n'arrive pas à s'élever. Après, ma manière de gérer aussi, je dis souvent aux gens n'envoyez plus d'emails parce que je ne les lis plus. Donc c'est WhatsApp et LinkedIn. Je ne réponds plus que là. Oui, de temps en temps, des emails, c'est quand même important. Et donc c'est très agile. Et moi, J'essaie de me ressourcer un petit peu comme je peux. Je me ressource beaucoup auprès de mes équipes. Je me ressource malheureusement de moins en moins en rencontrant des gens. Moi, je suis une nature très grégaire, très sociable. Mon projet était communautaire. J'adore rencontrer des gens et être généreux. J'étais tout autant généreux avec mon temps. Je me rendais compte dans une semaine, je passais la moitié de la semaine à boire des cafés. Et à un moment, j'ai dû freiner et rencontrer moins de monde. Mais j'aime bien rencontrer du monde. J'aime bien échanger des idées. On est toujours intelligents à plusieurs, jamais tout seul. Et de temps en temps, alors de 1, j'aime beaucoup faire des balades, sortir, marcher. Et puis après, c'est clair, je passe du temps aussi avec mes filles. 9 et 11 ans, c'est l'âge d'or où elles savent me ramener pas mal sur terre et me changer un tout petit peu mes idées.
- Speaker #1
Je l'imagine. Est-ce que t'as des moments où tu te dis, si tu dois te concentrer sur... Un projet de fonds, je ne sais pas. C'est quoi les projets de fonds qui te demandent pas mal de concentration ? C'est le développement d'un nouveau, d'une nouvelle montre ?
- Speaker #0
Actuellement, c'est comment faire entendre ce message à l'international. Clairement, on a des résultats qui sont assez impressionnants en Suisse romande. Il y a un moment, il faut que ça se sache un peu ailleurs.
- Speaker #1
Et donc justement, quand tu dois réfléchir, c'est de la stratégie.
- Speaker #0
Clairement, oui.
- Speaker #1
Donc comment tu sens ? C'est un moment où tu dis, OK, pas de WhatsApp, pas de smartphone. Est-ce que tu prends des moments comme ça pour...
- Speaker #0
3h05 du mat. Mon téléphone est mis. Souvent, oui.
- Speaker #1
Et tu vas au lit à quelle heure ? Parce qu'en fait... Alors,
- Speaker #0
ça dépend, mais souvent, je suis assez matinal, 9h30, 10h. Oui, oui, OK.
- Speaker #1
Tu as quand même tes... Moi,
- Speaker #0
j'ai besoin de 5. 6 heures.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ok. Alors à 5 heures, je tiens un peu la langue, mais après, souvent, je me rends dehors autour des 5h30, 6 heures, jusqu'à 7h, 7h30. Ouais. Donc j'ai 7 heures pour le tournage. Mais ouais, j'aime bien me réveiller la nuit et je suis très actif dans ma tête.
- Speaker #1
Et t'es pas anxieux quand tu te réveilles la nuit ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ok, c'est intéressant. Parce que moi, justement, j'étais là, purée, mon sommeil, c'est important, etc. Puis après, j'ai un petit peu regardé, et en fait, il y a 200 ans en arrière ou 100 ans en arrière, la plus grande partie de notre existence en tant qu'humain, d'humanité, c'était totalement normal d'avoir un sommeil biphasique, c'est-à-dire une première partie, on se réveille.
- Speaker #0
Il y a la sieste. Oui, c'est ça. Mais je pense que... Non, il y a ça, puis après, il y a des moments, oui, où j'essaie un petit peu de m'isoler, des moments où je vais marcher, ça, c'est important. Et puis après, il y a simplement des moments... Des moments de bonheur quand on est avec des gens où on se rappelle justement que la base de tout, la motivation de tout, c'est de la passion. Et les moments qui me ressourcent énormément, c'est des moments où je croise des clients et on discute. J'ai le plaisir de pouvoir connaître beaucoup de mes clients, ce qui n'était pas le cas avant quand je travaillais dans des marques. Alors, je connaissais mes clients, mais en l'occurrence, c'était des distributeurs.
- Speaker #1
C'est ça. C'était vendeurs, tu allais les voir. Les clients de marques,
- Speaker #0
c'est les intermédiaires. Les clients finaux, les vrais clients. Ben eux, pour le coup, j'en rencontre beaucoup et ça c'est très très chouette. Alors maintenant, c'est un micro succès local, mais c'est vrai qu'à Neuchâtel, la marque est connue, je suis assez connu sur les réseaux sociaux, donc j'ai pas mal de gens qui m'arrêtent dans la rue, au feu rouge, on discute, etc. Des gens qui montent leur montre, etc. Et ça je trouve super cool. Et en fait, en échange, souvent les gens sont étonnés à quel point je suis accessible et cool. Moi j'adore rencontrer des gens. Et donc ça c'est des moments qui sont super intéressants. qui m'excuse beaucoup.
- Speaker #1
Tu dis que les emails, c'est bon, si j'ai bien compris. Est-ce que tu as un assistant, une assistante qui les gère ?
- Speaker #0
Pas directement, mais toute mon équipe gère un peu. En fait, pour le coup, je botte en touche. C'est-à-dire que j'ai quelque chose, je renvoie directement à quelqu'un. Ok,
- Speaker #1
ça marche.
- Speaker #0
Et je pars un peu du principe que si c'est vraiment important, ça arrivera à moi. J'étais un gars qui était venu faire des conférences, quand je passais dans une autre marque, qui expliquait qu'une fois Ah... En fait, il avait perdu sa boîte mail. Il avait, je ne sais pas combien, 800 e-mails. Avant de partir en vacances, sa boîte mail avait foiré. Et finalement, ce qui est remonté à la surface, les gens l'ont rappelé, ce qui est important.
- Speaker #1
Il y avait un fil.
- Speaker #0
Il y avait une centaine. Et je me rends compte finalement des fois que si je ne traite pas, c'est comme l'eau, elle veut aller à la mer. Et si elle ne peut pas passer par un endroit, elle passe par un autre. Et finalement, les choses se résolvent sans moi. J'applique assez bien ça en me disant, si c'est important, ça arrivera à moi. Et si ça ne l'est pas, ça peut se régler sans moi.
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Là, j'ai la taille qui est compliquée.
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #0
C'est-à-dire, quand tu es au départ, tu gères un peu tout, puis ça va, tu as des petits problèmes. Tu arrives à garder. Et quand tu es grand, finalement, tu arrives suffisamment à déléguer tout pour que... Là, je suis entre deux. Donc si tu veux, à la rigueur... Tout ce qui est facile et qui est gérable se fait. Et en fait, j'ai plus que les grandes emmerdes qui arrivent à moi. C'est déjà un peu démotivant. Et les petites aussi. Donc, si tu veux, je n'arrive pas encore à pouvoir avoir un cercle autour de moi qui peut gérer tout pour que moi, je puisse me dégager de tout l'opérationnel, comme tu disais, pour être vraiment que dans le cercle. Et j'aime garder les mains dans le cambouis.
- Speaker #1
Je pense que c'est bien d'avoir…
- Speaker #0
J'aime comprendre ce qui se passe, comment ça se passe. Je suis tout le temps dans les ateliers avec les horlogers. Je suis tout le temps en train d'essayer de comprendre parce que c'est là que ça se joue.
- Speaker #1
Je pense aussi que c'est important de ne pas s'éloigner du terrain, de trouver cet équilibre.
- Speaker #0
Moi, je suis un homme de terrain. Moi, j'ai bossé dans des marques indépendantes. C'était de la guerre de tranchées. Je n'étais pas dans des grands groupes avec un tel muscle financier que finalement, on fait de l'administration des ventes. Moi, je devais aller chercher des ventes. Le gibier, je devais aller chasser. Je n'y étais pas, moi. Et j'ai gardé cet amour et cette croyance que le le. la bataille se gagne sur le terrain. Donc je suis tout le temps sur le terrain.
- Speaker #1
Intéressant. Je te pose cette question d'assistant, assistante, parce que c'est un de mes grands regrets, c'est d'avoir attendu trop longtemps avant d'en prendre une.
- Speaker #0
Alors j'ai quand même des gens très proches, et j'ai un team, je le salue, qui me soutient beaucoup. Et j'ai, oui, quand même une assistante qui me permet de gérer beaucoup de choses autour de moi.
- Speaker #1
et qui dégage pas mal de choses j'imagine pour que justement tu puisses aller développer cette stratégie parce que ça doit te prendre si tu veux développer ça à l'international alors évidemment t'as des contacts tu pars pas zéro mais ça doit ça doit pas être évident ok là on arrive sur du très très C'est concret. Comment vous organisez entre vous ? Comment les gens savent sur quoi travailler ? Est-ce que toutes les semaines, vous avez une réunion ? Comment vous gérez cette partie-là ?
- Speaker #0
Les tâches sont très définies pour chacun et chacune. On se voit toutes les semaines et c'est des bureaux beaucoup ouverts. Tout le monde entend ce qui se passe. Tout le monde est concerné. Tout le monde voit le chiffre d'affaires, etc. Et puis après, on a les groupes WhatsApp. Et simplement, maintenant, chacun sait sur quoi il doit bosser. Et puis moi, maintenant, j'essaie de donner une direction et de dire, on doit développer ça. Et les gens, de manière autonome, viennent avec des solutions. Et puis des propositions.
- Speaker #1
Super. Si tu pouvais revenir en arrière, parler à la personne que tu étais il y a dix ans, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Oh, il y a dix ans, mon Dieu. Ben, si c'était il y a dix ans, je dirais au revoir à mon père, qui est mort il y a dix ans. Et je lui dirais, papa, c'est dommage que tu partes maintenant, parce que tu serais bien marré dix ans plus tard. C'est sûr qu'il aurait été assez passionné. Et pour moi, non, c'est simplement l'évolution, c'est de garder confiance. Et c'est vrai qu'il y a eu cette phase... beaucoup plus un peu inconsciente, etc. Je pense que ce qu'il faut, c'est garder le cap et garder les valeurs de départ. Tout est fait pour être structuré. La dernière raison, même moi, je comprends que je m'insère dans un écosystème horloger. où tout est bien fait pour que ça soit lissé. Et j'ai réussi...
- Speaker #1
Il y a une sorte d'autorégulation, c'est ça ? Exactement, ouais. Du système ?
- Speaker #0
Du système. Pour, quelque part, et j'ai senti au début que le système ne savait pas comment m'intégrer. Et petit à petit, le système m'a intégré, accepté, on s'est un petit peu gagné en respectabilité. Je n'ai jamais taclé, je n'ai jamais fait en opposition mes choses, je n'ai jamais pointé du doigt en disant vous, manani, yana. J'ai fait mon truc et finalement, les gens comprennent le truc. que je fais, on joue les partitions normales, on les montre à la Fédération Hologère, on participe au Grand Prix d'horlogerie, on n'a jamais été sélectionné, mais bon, c'est pas grave. C'est qu'il y a d'autres marques qui sont mieux que nous. Mais oui, il y a dix ans, ça serait de se dire simplement, n'aie pas peur, continue de courant et ça s'est détruit un petit peu bateau, mais je pense qu'il faut avancer et Je regardais l'autre jour, en étant assis, je regardais un arbre. Et on se dit, mais si je devais traverser, c'est impossible à traverser tellement l'arbre est fouillu. Et en fait, quand on se rapproche des branches, on se rend compte qu'il y a plein de chemins pour passer de l'autre côté de l'arbre qui semblent infranchissables. Donc il faut simplement y aller avec confiance et se rendre compte que...
- Speaker #1
Se rapprocher du truc.
- Speaker #0
Et se rapprocher du truc. Et là, pour conclure, j'ai un petit avantage inattendu. J'ai beaucoup voyagé en Amérique latine. Les latinos m'ont fait beaucoup de bien. Je m'en souviens, la différence, je suis parti six mois dans les Caraïbes, quand j'étais à l'Uni. J'ai fait ma demi-licence. Et pour aller de mon appart à l'université en économie à Neuchâtel, il faudra traverser l'avenue du 1er mars. Alors souvent, au début, moi j'allais sur les passages piétons. Et ensuite, des fois, je traversais le jardin anglais. Et puis je me mettais sur le bord de la route, je regardais à gauche, à droite. Et quand il n'y avait pas de voiture, je traversais. Et je me suis rendu compte après qu'en rentrant dans l'Avec Latine, En fait, je marchais le long de la route, je regardais à gauche, il n'y avait pas de voiture, je traversais, j'étais au milieu de la route, je regardais à droite, je me suis dit, il y a bien un moment, je ne sais pas où je suis. Et c'est quelque part cette inconscience un peu latino du sud qui m'a fait beaucoup de bien, où de temps en temps, on ne sait pas. Et c'est vrai qu'en Suisse, si on n'a pas regardé, si on n'attend pas que le feu soit vert, on ne fait pas les choses. Et de temps en temps, quand on est entrepreneur, c'est vraiment faire des choses, il faut être un peu cinglé pour se lancer dans un truc comme ça. et du coup il faut avoir une certaine une certaine inconscience qui est franchement salvatrice super,
- Speaker #1
merci beaucoup Thomas avec grand plaisir, je te souhaite tout le meilleur pour les ceux qui nous écoutent,
- Speaker #0
merci d'être resté jusque là c'est ça,
- Speaker #1
je vais mettre tes liens à LinkedIn et puis ton site sous cet épisode et l'aventure est beaucoup relatée sur LinkedIn tellement de gens me suivent,
- Speaker #0
la marque a démarré sur LinkedIn d'ailleurs et c'est vrai que, alors Thomas Bayot simplement sur LinkedIn je partage tout ce qu'on fait un petit peu comme en étant le protagoniste et en même temps le spectateur de ce que je suis en train de développer et ça reste un terrain d'expérimentation pour moi c'est ça que j'aime beaucoup on pourrait en parler encore des heures, on va s'arrêter là mais cet aspect expérimentation c'est des gens qui ont des mots incroyables au poignet mais l'idée à la base c'est de tenter un truc nouveau c'est ça,
- Speaker #1
super donc je mettrai les liens en tout cas merci pour ton temps merci à toi celui-ci est précieux tout le meilleur pour le lancement c'est quoi le chapitre 7 ? le chapitre 7 voilà et puis pour la suite et puis de toute façon la Suisse c'est petit et le monde aussi on sera amené à se croiser forcément merci un grand plaisir à bientôt bravo vous êtes arrivé à la fin de ce format long pour booster ce podcast qui explore l'importance des processus pour les entrepreneurs je vous invite à aller mettre 5 étoiles et un commentaire sur l'application podcast du smartphone de votre voisin. C'est ça qui m'aide à augmenter la visibilité de mon projet, de ce podcast. Et donc, ça me crédibilise pour ensuite inviter d'autres entrepreneurs et experts pour évidemment vous partager ces futurs pépites. A très vite.