- Sylvain Roch
Quand je vois des entrepreneurs qui sont à fond, j'en foutrais une grande baffe. Réveille-toi, prends de la hauteur, stop, arrête-toi. À un moment donné, quand t'es sur ton vélo, tu es là à la fond, tu vois pas le virage arriver des fois.
- Julien Gueniat
À l'armée, moi j'avais tendance à courir en tant qu'officier. Et puis un jour, un instructeur m'a dit, Guenya, un officier qui course, un officier qui est mort. Admettons, c'est un dirigeant qui n'a pas ce temps pour respirer.
- Sylvain Roch
Il y a une personne qui est dans le jeu complet.
- Julien Gueniat
Ouais, qui est dans le jeu complet. Qu'est-ce que tu dirais à cette personne sur la connaître, qui te permettrait de retrouver du temps et un petit peu le contrôle de tes semaines ? Première chose, t'appelles tes plus gros clients. Tu m'as pas dit mon client, tu dois expliquer la situation.
- Sylvain Roch
Et un secret entre nous deux, que ça reste entre nous, mais je suis toujours...
- Julien Gueniat
Trop à penser, trop à faire, si tout reste dans votre tête, c'est l'épuisement. Alors bienvenue dans Process Advantage, l'émission qui donne la parole à des experts et des entrepreneurs qui ont installé des processus pour développer leur entreprise. Pour soutenir l'émission, pensez à laisser un avis honnête. C'est ce qui m'aide le plus à m'améliorer et à me faire connaître. Et si vous, vous souhaitez sortir des opérations de votre entreprise, alors tout commence par la structure de votre information. En 2000 chronos, vous pouvez obtenir la checklist des conseils partagés par mon invité du jour et la possibilité de dialoguer de manière interactive avec les épisodes passés et à venir. Tout est gratuit. Plus d'informations sur Organizologie.com. Le lien est dans la description. C'est parti ! Sylvain, ça me fait vraiment plaisir d'être là aujourd'hui avec toi. Moi aussi. On s'est mis d'accord sur un angle que je trouve intéressant, qui est planifier l'imprévisible. Je trouve que c'est super parce que moi j'ai pas mal d'entrepreneurs qui me disent « Ah mais moi j'ai des activités avec des demandes en tout genre, il y a beaucoup d'imprévisibles et puis on ne peut pas le planifier. » On ne va pas parler de « Est-ce que l'organisation c'est bien ou pas ? » parce qu'en buvant le café avec toi avant, j'ai bien vu qu'en fait pour toi c'était très important d'être structuré et puis tu as vraiment compris l'avantage d'avoir des process, surtout quand on se développe. et qu'on a de plus en plus de personnes et qu'on veut de moins en moins être dans l'opérationnel. Mais c'est plutôt aujourd'hui, j'ai envie de comprendre avec toi la mécanique opérationnelle qui permet d'avoir d'un côté du planifié et ensuite comment tu gères de l'imprévisible là-dedans avec tes équipes. L'idée de mes épisodes, c'est de pouvoir donner des idées, des perspectives et deux, trois peut-être actions à tester pour les dirigeants qui nous écoutent aujourd'hui sur ce podcast. Est-ce que c'est OK pour toi ce premier cadre ?
- Sylvain Roch
C'est parfait.
- Julien Gueniat
Nickel.
- Sylvain Roch
Allons-y.
- Julien Gueniat
Sylmar Rock, tu es directeur général de Guimet V Guimet Fils SA, entreprise genevoise fondée en 1873. Tu représentes la 7e génération à la barre. Sous ton pilotage, l'entreprise a décroché le 2e prix SVC Genève 2023. Tu as mis en circulation le premier camion d'assainissement 100% électrique au monde. C'est fou ça ! Aujourd'hui, la moitié de tes clients pourraient t'appeler, ou ne t'appeler pas forcément toi, mais en tout cas ta boîte à 2h du matin parce qu'il y a une canalisation qui déborde. Et l'autre moitié, tu as confié des contrats d'entretien pluriannuels avec des tournées planifiées à la semaine. Tu as 120 collaborateurs, 80 véhicules. Et le but, c'est de comprendre comment tu fais coexister le planifié et l'imprévisible au quotidien.
- Sylvain Roch
Ok, c'est pas parfait.
- Julien Gueniat
Commence par un moment précis où tu t'es dit aujourd'hui, mon organisation n'est plus forcément adaptée ou l'organisation de ma boîte n'est plus forcément adaptée. Il faut que je change. Tu m'as parlé que tu travaillais beaucoup par palier. Ça remonte à peut-être 2018, peut-être 2017, peut-être même avant. Amène-nous dans un moment où tu te dis OK, il faut que je change quelque chose en termes de structure, d'organisation, de manière de faire au quotidien.
- Sylvain Roch
En fait, je me rends compte qu'on fait des paliers tous les deux ans avec le développement du groupe. Mon fil rouge, c'est mon agenda. Quand je vois que j'ai plus de... de temps pour réfléchir, prendre le temps d'avoir de la réflexion, là je me dis il faut qu'on passe un palier, il faut qu'on ouvre un peu la structure. Aujourd'hui j'ai regardé mon agenda depuis les deux derniers mois et les mois prochains, je me dis ok là on arrive à un niveau où j'ai peut-être trop accumulé j'ai plus le temps de réflexion et du coup voilà, il faut que je trouve une solution pour justement emmener les nouvelles personnes qui sont avec nous pouvoir plus leur déléguer. Donc vraiment, moi, c'est mon agenda. Si je vois que mon agenda, ce que j'avais fait au début, quand je suis allé dans la boîte, j'ai dit, voilà, il me faut mon lundi après-midi et mon vendredi. Je suis au bureau, mes dispos, je suis au bureau. Mais par contre, pour la réflexion. Donc le lundi, on sait de toute façon qu'il y a eu des soucis le week-end. Donc ça me permettait de réfléchir, réagir aux soucis qu'il y avait. Et le vendredi, je prenais tous les magazines que je recevais durant la semaine et je les lisais. Et ça me mettait des réflexions pour la suite. Donc à un moment donné, si je n'arrive plus à faire ça, je dis OK, je prends, je fais un pas en arrière. Qu'est-ce que je peux déléguer ?
- Julien Gueniat
Et là, justement, aujourd'hui, concrètement, ton agenda, il ressemble à quoi ? Tu n'as plus ces lundis et vendredis parce que tu es dans une phase où tu passes à un nouveau paillet ?
- Sylvain Roch
Oui, c'est ça. Parce qu'aujourd'hui, on a pu engager les chargés de communication. On a pu engager une personne qui s'occupe des achats, etc. On a commencé vraiment à encore passer à un nouveau palier. Et puis ces gens-là, on doit quand même les suivre, les accompagner. J'y mets en place un style un peu de parrainage, un parrain qui les suit, qui les aide. Mais moi, je suis toujours un peu derrière à discuter avec eux pour qu'ils aient la même vision et le même vocabulaire que nous. Et du coup, on arrive, on monte, ça monte, ça monte. Je passe un peu trop de temps des fois avec eux, ou pas assez. Et puis là, justement, je règle un peu mon fils d'épaule, je vois comment ça se passe.
- Julien Gueniat
Et pourquoi c'est important pour toi de réfléchir ? Parce que je connais beaucoup d'entrepreneurs qui sont sous l'eau tout le temps et qui pensent que la réflexion, c'est de la perte de temps.
- Sylvain Roch
Très bonne question. J'adore être dans le jus. Tu adores être dans le jus, c'est-à-dire dans l'action. J'adore être dans l'action. Mais quand tu es dans l'action, tu ne vois plus un peu ce qui se passe autour. Donc, à un moment donné, quand tu es sur ton vélo, tu es là à fond. tu ne vois pas le virage arriver des fois. Et on voit des grandes structures, ils se sont plantés parce qu'ils étaient à fond, Ou les entrepreneurs qui sont à fond, à fond, mais ils ne voient pas quel concurrent qui arrive par le côté. Donc moi, souvent, quand je parle avec des collaborateurs ou même des entrepreneurs qui sont à fond, je leur dis, prenez du recul. Même si vous êtes à fond aujourd'hui, vous pouvez prendre au moins une heure par la semaine pour pouvoir respirer. Pour pouvoir juste, ok, je me pose, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce que font les autres.
- Julien Gueniat
donc il faut et pour moi c'est hyper important de prendre cette hauteur et ça m'intéresse qu'on s'arrête un petit peu là-dessus parlons un peu de tes sessions de réflexion tu réfléchis à quoi est-ce que tu vas est-ce que tu as une routine parce que tu voilà deux après-midi par semaine tu vas analyser tu vas lire la presse tu tu Tu as des newsletters, c'est quoi le... À quoi tu réfléchis ? À la stratégie ? À un sujet chaud qui te lâche plus ? Parce que des fois c'est aussi ça, des fois tu as des idées comme ça, qui reviennent, tu les vois tout le temps autour de toi, un peu comme quand tu vas acheter une nouvelle voiture, tu la vois tout le temps, t'es hyperé, tout le monde a cette voiture.
- Sylvain Roch
Alors j'adore être... Le truc c'est que moi j'adore être au courant de tout. Donc j'adore lire les newsletters, donc je suis inscrit à plein de newsletters. Je suis inscrit dans plein de magazines, donc j'adore lire, j'adore même écouter les podcasts, dont le tien.
- Julien Gueniat
Merci.
- Sylvain Roch
C'est vraiment très intéressant. Donc tous ces trucs-là, ces choses-là me donnent de l'énergie à pouvoir avancer, évoluer. Et il ne faut pas oublier que la concurrence, elle est là.
- Julien Gueniat
Bien sûr.
- Sylvain Roch
Et puis il faut prendre la concurrence, il faut prendre tout ce qui est politique en jeu, l'environnement. Il y a beaucoup de choses qui se passent. je veux toujours pouvoir suivre le marché, suivre les tendances. Pour moi, c'est hyper important d'aller de l'avant comme ça.
- Julien Gueniat
Et le camion électrique, il est né dans une de ces périodes de réflexion où tu t'es dit, qu'est-ce qui t'a fait dire que dans l'assainissement, un camion électrique allait être important ? Je chope la balle au bon ?
- Sylvain Roch
C'est aussi une bonne question. Comme tu dis, moi, je suis à cette génération. Quand je suis revenu dans la boîte, j'ai eu ma vision. Évidemment, l'entreprise fonctionnait déjà très bien. Mais j'ai amené ma vision et je voulais que les choses... Mon père me le disait et son père le disait aussi. Tu viens, tu dois amener aussi une plus veilleuse entreprise. Et une entreprise, après la fin de la génération, tu sors qu'elle décline un petit peu. Il y a des choses qu'il faut revoir. Et là, je me suis dit, voilà, moi, pour la prochaine génération qui va arriver après moi, Je veux pas que... que la personne vient après moi, mon fils, ça peut être mon neveu, ça peut être n'importe qui, mais qu'ils disent ah ouais, il y a beaucoup de boulot parce que la boîte, elle n'a pas pris la tendance. Tu vois, je peux dire, moi, quand je suis allé dans la boîte, il y a 15 ans, il y avait un mail pour tout le monde et il y avait le fax.
- Julien Gueniat
Ouais, c'est fou.
- Sylvain Roch
C'est dingue. Je veux dire, tout le monde, je fais des allers-retours pour voir s'ils recevaient des mails. Donc, la secrétaire imprimait les mails de tout le monde. Alors, tu vois, ça, c'est des trucs, ça ne va pas. Et du coup, Moi j'ai toujours une vision d'aller un peu plus loin que les autres. Alors des fois, c'était le côté trop entrepreneur, me dire on essaye, on fonce, on verra bien si ça fonctionne. J'ai une idée, des fois ça passe, des fois ça passe pas. Et être trop dans l'innovation, certaines personnes des fois ça peut faire mal, mais je me suis dit le camion électrique. Et j'en parlais avec nos fournisseurs depuis que j'étais arrivé dans la boîte, on voit qu'il y a des camions électriques dans d'autres métiers, dans d'autres secteurs. Et nous c'est important pour le centre-ville de Genève de proposer quelque chose. donc j'ai dit quand ils m'ont proposé le camion électrique juste avant il m'a proposé une camionnette ton fournisseur ? mon fournisseur parce que je lui en parlais depuis des années il faut y aller il s'est penché sur le sujet c'est une grosse boîte et déjà quand il m'a dit ok on fait une camionnette électrique j'ai dit ok on fonce et juste avant je lui disais nous on promet des véhicules quand tu nous fais Ils sont trop hauts. Ça ne rentre pas dans les garages. Donc on a regardé avec lui, on a travaillé là-dessus sur un système à des véhicules plus petits. Hop, go, on est parti. On était les premiers à l'avoir. Premier électrique ? Non, c'était des véhicules encore thermiques, mais très bas, pour pouvoir rentrer dans les garages. Et après, après, je lui ai dit, OK, maintenant, tu vas faire électrique. On a trouvé un petit camion électrique, ça a marché très, très bien. Et je lui ai dit, maintenant, la prochaine étape, c'est le camion. Il faut qu'on y aille. Et du coup, ils avaient déjà aussi l'idée. en tête depuis un petit moment. Et quand ils m'ont dit, il y a un camion électrique, c'est possible, j'ai tout de suite dit go.
- Julien Gueniat
Même quand tu as vu le montant ? Tu as quand même réfléchi à deux fois.
- Sylvain Roch
Ça pique.
- Julien Gueniat
Ça pique beaucoup. Donc, c'était quoi ? Deux fois le prix ? Trois fois le prix ?
- Sylvain Roch
Deux fois le prix. J'aurais pu acheter deux camions quasiment. Un peu plus. Pour un électrique. Mais on y va. On montre aux gens qu'on est capable de le faire. Et on peut y aller. Donc ouais, deux fois deux camions. C'est le prix de deux camions. donc au moment de la signature tu la sens passer mais j'y croyais dès le début et aujourd'hui on est hyper content ça fonctionne super bien et il tombe jamais en panne c'était ça aussi le truc parce qu'on sait t'as des voitures électriques marques américaines, quand ça marche plus la voiture elle bouge plus et là avec un camion tu te dis si le camion il est coincé sur le pont du Mont Blanc ou coincé sur l'autoroute C'est très compliqué. Donc ça, c'était le point à discuter avec eux. Et c'est nickel, ça fonctionne très très bien. On est très très contents.
- Julien Gueniat
Ok, super. Et donc ça, tu penses que ce genre d'idées, tu ne les aurais pas, au moins, si tu n'avais pas ces moments, ces bouffées de réflexion stratégique, semaine après semaine ?
- Sylvain Roch
Oui, oui, je pense. Je pense clairement. Après, moi, j'adore essayer dans des salons étrangers pour voir ce qu'ils font aussi. J'ai toujours adoré l'innovation, depuis que je suis gamin. moi je sais que depuis l'âge de 6 ans je vais travailler dans la boîte mon père il m'avait montré une petite caméra qui faisait la localisation, c'est génial l'innovation et en plus je suis à 7ème génération donc il ne faut pas que tout je casse je ne dois pas tout casser donc être toujours précurseur, toujours aller de l'avant amener les choses pour moi c'est aussi hyper important et des fois courir même des fois courir c'est aussi le moment où quand je vais courir ou quand j'ai un peu de temps libre pour moi Il y a plein d'idées qui viennent. Alors notre CEO, des fois, il est un peu en panique parce que il doit gérer mes idées. C'est le but du CEO.
- Julien Gueniat
C'est de calmer le patron. C'est de canaliser ou cadrer ou réfléchir avec lui.
- Sylvain Roch
Ouais, cadrer, réfléchir.
- Julien Gueniat
S'il n'arrive pas à faire ça, il est où le buffer ?
- Sylvain Roch
Voilà, exactement. Et à l'époque, on n'en avait pas. Donc je vais me battre avec moi-même. Et du coup, moi, toute la semaine, je lui amène des idées et tout. Alors des fois, il est un peu en panique, mais ça fonctionne comme ça.
- Julien Gueniat
Et quand tu disais de battre avec toi-même, c'est-à-dire de battre entre plusieurs idées, et comment tu faisais pour choisir ? Pareil, ce n'était pas au programme, mais aujourd'hui je suis d'humeur d'explorer les questions qui viennent au vol. Mais comment tu faisais pour... Parce qu'en fait, ce qui coule beaucoup de boîtes, à mon avis, c'est la tendance à la dispersion, sur trop de projets en même temps. Évidemment, il faut diversifier, mais je trouve que la limite entre diversifier et disperser, elle est vachement fine. On a tendance à se disperser ou se diversifier par peur souvent parce qu'on se dit, j'ai un petit passage à vide, donc je vais lancer une nouvelle offre, alors je vais faire ce que mes clients me demandent de faire et je m'éloigne peut-être de mon offre-cœur métier, etc. plutôt que d'aller chercher les prochains clients. Toi, c'est quoi ta réflexion ? Comment tu fais pour prendre des décisions et te dire, on va essayer d'aller dans le sens, de tomber dans la dispersion ?
- Sylvain Roch
Ce que je fais déjà, c'est que j'ai beaucoup d'idées à la minute. Donc, j'ai notre tout. Et comme à la base, j'ai une formation commerciale et compteur de gestion. Donc, je mets tout sur papier et je regarde si ça vaut la peine ou pas. Après, j'en parle énormément avec mes équipes pour voir ce qui intéresse ou pas. Et je ne le fais pas pendant les moments de crise. Je le fais pendant les moments où tout va bien. Et souvent, je prends énormément d'idées. Et on en parle dans la semaine et tout. Et souvent, on valide les idées l'été parce que l'idée, c'est plus calme pour nous. et c'est des bonnes périodes. Donc l'été, on regarde, OK, pour l'année prochaine, on fait ça, l'année prochaine, on fait ça, ou pas. Mais on regarde sur le long terme. Si on a un truc qui nous plaît, on est à fond dedans. Des fois, ça peut nous prendre six mois ou une année avant qu'on lance le produit. Parce qu'avant, il faut faire des études de marché. J'ai aussi un peu de communication, j'ai fait un peu de marketing. Études de marché. Avant, on a tous les process qui sont mis en place par rapport à une idée que j'ai eue. Et c'est comme ça. Comme tu dis, il y en a beaucoup qui vont dans plein d'histoires, plein de projets différents. Ça se pète la figure. Et encore une fois, j'ai un peu cette épée de Damoclès autour de la tête. en-dessus de la tête. La famille, c'est ça. La famille.
- Julien Gueniat
Enfin, les générations.
- Sylvain Roch
Les générations d'avant. Donc aussi, pas d'erreur. On y va. Quand une idée est très bonne, on fonce. Quand il y a les moyens, on n'y va pas.
- Julien Gueniat
OK. Donc en fait, dans ta semaine, tu sens que c'est un peu surchargé, plus ces moments de réflexion stratégique. Comment tu fais justement, comment tu as fait quand tu es en 2017, 2018 ou la dernière fois où tu étais dans cette situation ? Comment tu fais pour retrouver justement du temps ? pour sortir des opérations et retrouver ton rôle de CEO, c'est-à-dire la stratégie, le relationnel, le développement ? C'est quoi ton approche ?
- Sylvain Roch
J'en parle énormément avec... Maintenant que j'ai mon CEO, j'en parle énormément. Je dis, voilà, là, je commence à être dans le jeu. Par contre, maintenant, on a aussi une assistante, donc elle voit aussi mon agenda, elle me dit, attention, il y a beaucoup. Et puis voilà, c'est surtout eux qui me disent. Moi, je le vois, mais je suis toujours un fonceur, donc c'est surtout eux qui me disent, attention.
- Julien Gueniat
parce que eux tu leur as donné en fait tu leur as dit moi il me faut du temps pour réfléchir exactement moi je leur ai dit il me faut du temps pour réfléchir donc si vous voyez que mon agenda est compliqué il faut bien me le dire et tu bloques dans ton agenda du lundi et du vendredi et par exemple ton assistante elle a comme mission de uniquement accepter les trucs très très importants et rien d'autre c'est ça ?
- Sylvain Roch
ouais exactement mais souvent c'est moi qui c'est bon ça passe le lundi je sais que tous les lundis je dois prendre du temps pour la réflexion tout ça jusqu'à présent, cette année, tous les lundis, je me suis mis deux, trois trucs.
- Julien Gueniat
Oui.
- Sylvain Roch
Mais après, ça fait partie du jeu. L'entrepreneur, aussi les autres collaborateurs, ne pourraient pas me challenger. Ils me disent, attendez, attention, là, il y a trop, etc. C'est comme ça. Mais c'est surtout mon équipe qui me dit, fais gaffe. Et puis après, moi, je le vois. Tu le ressens. Je le ressens, mais je le ressens. Ces derniers temps, on a énormément de trucs. Et je ressens que je suis un peu moins dans la réflexion. Et après, j'avais beaucoup, beaucoup d'idées aussi en vacances. Donc j'essaye maintenant de me mettre mon cerveau sous offre quand je suis en vacances. Et tu fais comment ? Avec un enfant, c'est vachement plus facile en fait. On en parlait tout à l'heure, c'est vraiment différent. C'est vraiment différent. Et du coup, voilà, il faut prendre... Ouais, il faut être... Ça va, franchement, ça va. Et justement, d'avoir un enfant, je pense qu'on n'a plus la même vision. Et on prend plus de temps quand on est en vacances, quand il est là, que quand on est seul et puis on a le laptop qui est ouvert. On se dit à 7h du matin, t'es avec ta dame, tu dis ouais ouais j'arrive. Je suis à 7h du matin, tu travailles. T'as une gueulante qui arrive,
- Julien Gueniat
qui vient en boomerang, qui vient en retour.
- Sylvain Roch
Ouais ouais c'est ça.
- Julien Gueniat
Faire un enfant pour déconnecter, c'est quand même assez coûteux, te diront certains. Donc tu dirais quoi aux entrepreneurs qui nous écoutent et qui justement ont de la peine à déconnecter parce que c'est aussi une problématique relativement importante. Ne pas faire la part des choses et je trouve qu'avec le numérique, c'est encore plus compliqué. Si tu parlais des emails, l'email à l'époque, le fax, il restait au boulot. Maintenant, on a cette laisse numérique qui nous suit. Toi, tu as deux ou trois recommandations à donner à ces personnes-là qui ont le cerveau en feu et qui n'arrivent pas à débrancher.
- Sylvain Roch
Oui, le sport déjà. Faites ce que je dis, pas ce que je fais J'ai fait beaucoup de judo quand j'étais jeune Aujourd'hui j'ai beaucoup moins le temps Tu cours quand même J'essaie quand même d'aller un peu au judo Parce que c'est vraiment C'est ce que j'adore J'adore cette vision de ce sport Mais le sport je pense que c'est pas mal Moi j'ai toujours dit Mon téléphone est toujours allumé Quoi qu'il arrive La nuit il est allumé Quoi qu'il arrive Tout le monde peut m'appeler, il y a un souci présent. Mais, parce qu'il y a le mai, aujourd'hui le mai, c'est que je coupe tout ce qui est 3G. Enfin 5G maintenant, tout ce qui est WhatsApp, tout ça, dans les périodes de la journée, déjà, parce qu'aujourd'hui, moi des fois je m'en trouve avec 500 WhatsApp. Donc tu te dis, c'est fou, t'as pas besoin de tout concentrer. Déjà, j'enlève le 3G des fois pendant quelques heures, et puis pour me concentrer sur ce que je fais.
- Julien Gueniat
Donc en fait, t'as que les appels qui passent.
- Sylvain Roch
Ouais. C'est ça en fait. Et aujourd'hui, je te rends compte que les gens t'appellent beaucoup moins. Beaucoup moins, c'est tout par WhatsApp. Donc, déjà cette partie-là. Le sport, coupez cette partie-là. Tu restes atteignable au cas où. Mais voilà. Parce que comme tu dis, il y a plein de gens qui me disent je suis dans le jus, je suis dans le jus, je suis dans le jus. Je leur dis, mais le sport, prenez un peu de hauteur. Mais déjà, on en joue cette partie-là. Et une assistante. Une assistante. Beaucoup d'entrepreneurs qui sont dans le jus encore me disent, mais je n'ai pas les moyens d'avoir une assistante. Je leur dis... prenez les moyens faites investissez dedans vous verrez c'est génial moi aujourd'hui c'est mon assistante professionnelle mais aussi privée bien sûr et c'est un gain de temps énorme et tous ceux qui l'ont fait aujourd'hui me remercie ouais
- Julien Gueniat
Oui, ça m'avait surpris. J'étais allé parler auprès d'entrepreneurs qui ont des belles boîtes. L'extérieur, en tout cas, tu te dis qu'ils ont bien réussi. Puis, je leur ai posé la question. Bon, ici, il y a une assistante. Et en fait, ça m'avait surpris de voir autant peu de mains se lever. Après, derrière, tu as des croyances, tu as des peurs, la confidentialité, la croyance de dire finalement, je ne suis pas remplaçable sur certains trucs, etc. Après, j'ai toujours le contexte qui est roi et ça nécessite de réfléchir au cas par cas. Mais pour moi, c'est une des premières personnes que j'avais eues de manière fixe dans ma boîte. C'était vraiment une assistante durant trois ans. Et alors que je suis seul. Ce n'était pas à 100%, mais ça m'avait énormément aidé. Puis c'était à distance en plus. Mais ça m'avait énormément aidé. Plus que le temps qu'elle me faisait gagner, c'est la charge mentale. Le fait de me dire... En fait, ce soir, après le podcast, je n'ai pas besoin d'aller checker mes emails, je n'ai pas besoin de faire ceci. Maintenant, il n'est plus là. C'est un agent IA, mais l'idée, c'est la même chose. L'agent IA ne peut pas faire des choses que l'assistante faisait. Donc, il y a quand même encore un... Je pense qu'à terme, je vais quand même en reprendre une.
- Sylvain Roch
Mais tu as raison. Et puis, l'assistante, elle permet aussi de se structurer. Elle est aussi là pour t'aider. Bien sûr. Et puis, comme beaucoup de gens me parlent aussi de la confidentialité, mais on signe des documents.
- Julien Gueniat
Oui, mais après, c'est le risque que tu prends quand tu travailles avec quelqu'un. Oui,
- Sylvain Roch
exactement. et aujourd'hui être entrepreneur je pense c'est pas être tout le temps derrière son PC ou être derrière ou avoir un agenda de malade c'est d'avoir du temps pour réfléchir pour développer la boîte et du coup je remercie mes collaborateurs tous les jours de me permettre aussi de nous aider à développer le groupe donc t'as carrément raison et maintenant il y a l'IA qui arrive peut-être un peu différent mais je pense qu'une assistante aujourd'hui en une année Merci. Il va y avoir un gain de temps pour pouvoir développer la boîte et d'autres choses.
- Julien Gueniat
C'est ça, c'est ça. Cool. Donc, comment on gère la partie ? Parlons un peu du business, ce que tu fais pour les personnes qui, parce que j'ai un peu présenté, mais sans rentrer dans le détail. Parlons un peu de l'état de tes offres, mais dans les grandes lignes. Ce que tu fais, parce qu'après, on va revenir sur la partie process. C'est une notion de prévisible, donc de planifiable et d'imprévisible.
- Sylvain Roch
Alors, nous, on fait une entretien d'égalisation. Donc on a différents services, on fait l'entretien d'écalisation, évidemment on a le dépannage, je pense qu'on en parlera après, c'est bien important. On fait aussi tout ce qui est pompage avec des gros camions, on fait des passages caméras, on a des caméras dans l'écalisation. On a un petit service maçonnerie qui aide aussi à refaire l'écalisation, les réparer. Et aujourd'hui on a aussi le chemisage, qui est aussi très important. C'est quoi ? C'est quand tu dois refaire de la maçonnerie autour de tubes ? En fait, le chemisage, c'est quand tu fais une canalisation dans la canalisation.
- Julien Gueniat
Ok.
- Sylvain Roch
C'est quand tu viens faire une canalisation. C'est comme une chaussette que tu viens dérouler derrière. Ça fait une canalisation. Donc, on a ça. Et on fait en tout cas des pontes de relevage.
- Julien Gueniat
Ok. Et donc, en fait, tu as une partie de mandat à l'année où c'est l'entretien prévention. Donc, ça, c'est planifiable. Et ensuite, tu as ? l'imprévisible.
- Sylvain Roch
Ouais, alors on en a même un troisième, on a du one-shot. Par exemple, on fait l'écalisation pour les fins de chantier.
- Julien Gueniat
Ouais.
- Sylvain Roch
Donc, où il y a les passages caméra à faire, où il y a une écalisation. Bien sûr, ouais. Les live-ups sont en service, donc on a aussi cette partie-là, le one-shot, toi. Ouais. Moi, j'ai vraiment séparé les trois. Donc, on a les contrats, comme tu dis.
- Julien Gueniat
Ouais.
- Sylvain Roch
Et ça, c'est du récurrent. C'est ce qui nous permet aussi de bien, de voir sur le long terme.
- Julien Gueniat
Ouais.
- Sylvain Roch
De voir sur le long terme. Et puis après, les fameux dépannages. qui peut être hyper intéressant et qui n'est pas planifiable en fait. Qui n'est pas planifiable, non.
- Julien Gueniat
Comment tu gères cette partie-là ? Si j'ai bien compris, tu as une partie de tes ressources qui sont sur du contrat, ça c'est planifiable. Ensuite, tu as une partie qui est les pompiers en gros.
- Sylvain Roch
En gros, c'est ça. En gros, c'est toujours les pompiers. Les pompiers de l'égalisation. Mais là, encore une fois, je n'ai pas réinventé la route. Les générations avant moi l'ont fait. Mais on a réussi aujourd'hui un peu à moderniser tout ça. C'est qu'aujourd'hui, on a une personne qui s'occupe de tout ce qui est de planification. Et les appels s'arrivent au bureau et après ils lui transmettent à elle. Et quand elle peut voir qui sont les plus proches, et c'est le degré d'urgence aussi. Des fois, c'est des choses ultra urgentes et d'autres pas du tout. Donc, elle a cette partie-là.
- Julien Gueniat
Tu peux donner un exemple, justement, d'ultra-urgent ?
- Sylvain Roch
Ultra-urgent ?
- Julien Gueniat
Ouais, ouais, vas-y. Justement, t'es sur Jeunet, sur Jeunet, là.
- Sylvain Roch
Ultra-urgent, une fois, on a une personne qui nous a appelés, puis elle me dit, écoutez, je suis au premier étage, et il y a tout qui ressort par mes toilettes.
- Julien Gueniat
Ouais, ok, ouais.
- Sylvain Roch
Et j'ai à peu près, je sais pas, j'ai 10 centimètres d'eau dans mon appartement.
- Julien Gueniat
Et elle est au premier.
- Sylvain Roch
Et le premier, tu te dis, mais c'est pas possible. Et puis du coup, à l'époque, le collaborateur, il nous explique ça. Je dis, mais c'est pas possible, ça. Puis en fait, du coup, on envoie une équipe, toi. On se dit, on essaie de lui dire, c'est pas vraiment possible. C'est physiquement, non. Mais du coup, on envoie une petite équipe, toi. Et on dit, moi, je dis aux techniciens, donc le responsable des équipes, allez voir quand même sur place, parce qu'il faut que quelqu'un nous aille, parce qu'il y a un truc que je ne comprends pas. Et en fait, elle avait ça, discrètement, dans son appartement. La personne était partie en vacances, elle n'est pas revenue, il y a eu un bouchon en dessous. Puis en fait, depuis quelques temps, ça débordait, ça débordait. Et du coup, elle est arrivée chez elle et il y a tout qui flottait.
- Julien Gueniat
Catastrophique.
- Sylvain Roch
On a eu ça et puis après on a eu l'inverse. On a eu une personne qui nous dit, ça refoule chez moi, c'est hallucinant. Envoyez-moi un camion. Et on lui dit, non mais un camion, il faut qu'on vienne voir, on envoie une équipe de dépannage. qui va analyser s'il voulait, mais on ne peut pas. Et puis en fait, elle ne voulait pas, on envoie le camion, et puis effectivement, il n'y avait pas grand-chose.
- Julien Gueniat
Je trouve ça intéressant ce que tu dis. Je te demandais des exemples, parce que entre ce que les gens considèrent urgent et ce que toi tu considères urgent, il y a vraiment un monde des fois.
- Sylvain Roch
Complètement, complètement. Pour les gens, c'est comme les pompiers ou la police, on voit ça tous les jours. Donc la vision d'urgence n'est pas la même. Donc c'est pour ça qu'on n'a pas d'IA aujourd'hui. pour les appels, personne qui discute avec l'interlocuteur, avec le client pour savoir ce qui se passe. Et puis, si à un moment donné ça ne va plus, elle peut passer au responsable, au technicien qui lui connaît un peu mieux le métier et qui peut poser des questions un peu plus pointues. Mais effectivement, parce que on a eu déjà une fois à 3h du matin, la personne appelle mon évier, il fait du bruit. Donc là non, enfin voilà.
- Julien Gueniat
Bah mets les boules caisses.
- Sylvain Roch
Bah mets les boules caisses, ouais. Non mais là, on peut intervenir. Et puis du coup, parce que le soir, si tu veux, on a un service, on travaille avec une société téléphonique qui envoie des SMS au service d'épanage et puis c'est eux qui vont sur le terrain. Mais à ce moment-là, la personne doit quand même appeler le client, donc l'épanneur appelle le client pour savoir... Avant de partir. Avant de partir, tu vois. pas aller foncer et arriver sur un truc qui pourrait être réglé le lendemain.
- Julien Gueniat
Donc t'as cette personne qui centralise et donc en fait, elle va un peu comme le 144 ou les urgences, elle reprend les appels elle regarde si ça peut être plutôt fait dans le futur ou si c'est vraiment urgent et puis si c'est urgent, elle va dispatcher ses cas à des gens qui sont en attente. Ils font quoi ? Comment tu fais pour gérer ces gens ? Parce que bon, les pompiers... Ils s'entraînent, ils se forment, tu vois, tout ça. Est-ce qu'on est un peu sur du même modèle ? C'est-à-dire que les gens qui partent pour du dépannage vont peut-être faire la mécanique aussi. Tu les occupes durant le temps mort ? Comment ça se passe ?
- Sylvain Roch
Non, c'est une bonne question. Non, eux, ils font des entretiens.
- Julien Gueniat
OK.
- Sylvain Roch
Ils font des entretiens de qualité. Et comme ça, s'il y a une urgence, ils peuvent... OK. Ils peuvent partir, tu vois. Et puis, des fois, il y en a certains. Si tu veux, on est quand même assez leader sur le marché.
- Julien Gueniat
Il y a du roulement. Il y a du roulement.
- Sylvain Roch
Au début, justement, on était un peu entre deux. Les panneurs faisaient un peu de contrat. Et maintenant, il y a du roulement, il y a du mouvement et il y a du boulot.
- Julien Gueniat
Il y a du dépannage. Il y a du dépannage, du dépannage.
- Sylvain Roch
Donc, ils y vont. Donc, ils ont moins de temps de faire ces fameux contrats d'entretien qu'ils pouvaient faire avant.
- Julien Gueniat
Oui, donc en fait, initialement, si on remonte à quelques années en arrière, c'était peut-être, tout le monde était sur du contrat, mais certaines personnes allaient être appelées à faire de l'urgence. Oui,
- Sylvain Roch
voilà.
- Julien Gueniat
C'est comme ça que vous gérez, le planifiez.
- Sylvain Roch
C'est exactement ça.
- Julien Gueniat
Est-ce qu'il y avait quand même une charge, une gestion de la charge, c'est-à-dire que si tu as trop de contrats, non, en fait, non, en fait, ça joue dans ce sens.
- Sylvain Roch
En fait, dans ce sens-là, ça joue, et quand je suis arrivé dans la boîte, en fait, on n'avait qu'un ou deux dépanneurs et tous les autres. s'il fallait vraiment, ils y allaient. Toi, il fallait les urgences. Mais ils n'avaient pas vraiment le matériel. Du coup, quand je suis arrivé, il y a eu deux ou trois coups d'orage. On s'est rendu compte que... Nos collaborateurs n'avaient pas vraiment le matos pour faire le job.
- Julien Gueniat
Donc pour faire du dépannage, c'est ça ? Pour faire du dépannage. C'est vraiment différent, quoi.
- Sylvain Roch
C'est vraiment différent. En plus, quand tu dois déboucher une canalisation ou quand il y a une grosse inondation, ce n'est pas le même matériel.
- Julien Gueniat
Oui, parce que l'inondation, je dois avoir enlevé l'eau, quoi. Exactement,
- Sylvain Roch
c'est ça. Donc on a dit, OK, moi je leur ai dit, OK, maintenant tous les véhicules ont du matériel de dépannage, ou quasiment tous les véhicules, parce qu'évidemment, on a différents véhicules et certains, on ne peut pas. Mais, OK. On prévoit ce qui n'est pas prévisible, comme tu disais tout à l'heure. C'est qu'en cas d'orage, nous, en fait, l'orage, c'est comme un feu. Si ça commence à monter chez le voisin, elle ne va pas commencer gentiment à monter chez toi. Elle va venir en même temps.
- Julien Gueniat
Tu as de la physique là-derrière.
- Sylvain Roch
C'est de la physique. C'est que quand ça commence à partir en sucette, c'est pour tout le monde. Donc là, à un moment donné, il faut que tout le monde ait le matériel. Parce que là, il y a vraiment un degré d'urgence. Donc là, ça, on a mis en place. Donc tous les véhicules ont le matériel pour intervenir au cas où,
- Julien Gueniat
régèrement, si les dépanneurs sont déjà full. Donc en gros, si je devais résumer un peu, tu as un centre de triage où tu tries le degré d'urgence. Ce que tu as aussi dans une entreprise de développement où tu as des bugs, en fait, c'est le même concept. à Et en fait, je pense que ça peut être appliqué dans énormément de... En fait, tu as une personne qui est plutôt allumée, je pense, mentalement, qui doit être bien là, qui dit écoute, qui va poser des questions, comprendre de quoi il s'agit vraiment, et puis qui va ensuite te dire non, ça, ça peut attendre, on va plutôt vous faire une offre pour venir plus tard. Et après, tu as en fait, nous on appelle ça à l'armée des mesures d'urgence, ou on va dire des comportements standards. Ok, s'il y a ce type de cas qui se présente, alors c'est le camion plus les véhicules, les gens sont équipés et puis c'est parti quoi.
- Sylvain Roch
Mais c'est exactement ça. Mais moi, encore une fois, je n'ai rien inventé.
- Julien Gueniat
Non, non, je vais noter, tu n'as pas rien inventé la roue, mais c'est très bien parce qu'il y a beaucoup de gens, je trouve, qui veulent réinventer la roue pour réinventer la roue.
- Sylvain Roch
Mais il ne faut pas. Encore une fois, moi, tout ce que j'ai lu, comme tu dis, à l'armée, moi, j'ai repris des choses de l'armée.
- Julien Gueniat
Ouais.
- Sylvain Roch
Je veux dire, l'armée qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais quand tu es entrepreneur, ça amène quand même pas mal d'idées pour structurer ton entreprise. Le management aussi.
- Julien Gueniat
Bien sûr.
- Sylvain Roch
Comme d'autres choses. Quand j'ai des cours de judo, tu vois que les jeunes, c'est comme les adultes, il y a toujours une personne, tu lui montres quelque chose, et une autre, tu lui montres la même chose, ce n'est pas le même ressenti. Donc l'armée ou d'autres choses. Et les process, tu mets un process, tout le monde doit le suivre. Des fois, ça vise derrière un peu.
- Julien Gueniat
Bien sûr, c'est normal. Ok, donc en parlant de process, c'est lequel qui tient tout dans la partie, dans ta boîte ? C'est quoi le process le plus important ? S'il y en a un seul qui menacerait l'équilibre planifié ou simplement le fonctionnement des dépannages ou peut-être autre chose ? C'est quoi pour toi ? Parce que tu m'as dit que vous êtes en train de revoir les process, notamment pour la partie ISO. Donc probablement que tu es un peu dans le truc en ce moment. C'est quoi celui qui te semble le plus important ? C'est quoi la gestion des clients d'une manière générale, l'onboarding, c'est quoi ? J'ai envie de te dire qu'il n'y en a aucun qui, s'il lâche,
- Sylvain Roch
ça fait couler la boîte. Mais en réfléchissant bien, je pense que c'est vraiment tout ce qui est dépannage, tout ce qui est organisation des équipes. Si ce process tombe, ça peut être... hyper compliqué pour nous.
- Julien Gueniat
Et il s'appelle comment ce process ? Vous lui avez donné un nom, c'est quoi ? Process dispatch, organisation des équipes ?
- Sylvain Roch
Organisation des équipes.
- Julien Gueniat
Ok, et c'est qui ?
- Sylvain Roch
C'est le CEO qui gère ça ? Comment ça se passe ? Alors, c'est le directeur des opérations. On a un directeur des opérations qui est chargé de cette partie-là avec tout son team. Donc, il y a les techniciens, il y a la personne qui fait justement cette gestion des équipes, tout ça. Donc, c'est tout géré par lui. Et du coup, on sait que... En fait, j'adore faire la gestion des risques. Et puis pendant le Covid, ça nous a été hyper intéressant. Même pour certains, ça a été compliqué. Pour nous, je ne devrais pas le dire, mais moi, j'ai adoré cette situation parce qu'on a pu revoir nos process. On a pu développer des services. On a vu le côté humain, comment le gérer.
- Julien Gueniat
Sur quoi les services que vous avez développés ?
- Sylvain Roch
On a développé...
- Julien Gueniat
Pendant le Covid.
- Sylvain Roch
Alors, c'était tout ce qui est... tout ce qui était dépannage. Mais dépannage, justement, tout ce qui était dépannage, inondation. Et c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'au fait, on s'est rendu compte qu'il faut qu'on mette du matériel de dépannage dans tous les véhicules. Ça,
- Julien Gueniat
le véhicule le plus proche, il peut...
- Sylvain Roch
Bah ouais, parce que pendant le Covid, on a essayé de faire des tournus, pas avoir toutes les mêmes équipes. Certaines équipes pouvaient travailler, d'autres pas. On s'est dit, bah voilà.
- Julien Gueniat
Redondance, tu...
- Sylvain Roch
Donc, tu vois, on a mis ça en place. Ça, c'était pas mal.
- Julien Gueniat
Ouais. Donc, organisation des équipes. Et puis après, parle-moi justement de ce flux un peu d'épanage. Je pense que ça peut être intéressant. Tu veux celui avec les orages ? Ouais, on peut prendre celui des orages. La personne... Enfin, il y a de l'eau qui déborde partout. J'en sais rien. Moi, je suis touché. Je me dis, purée, comment je sais déjà que vous existez ? Où c'est qu'ils vous trouvent, tu vois ? Je te propose, ouais, orage, c'est intéressant. Vas-y.
- Sylvain Roch
Allez. C'est le chaos technique. C'est mon préféré. C'est le chaos technique. C'est... Chaos technique. Chaos... Ouais, chaos technique. On a un autre nom. Mais le chaos technique, et puis surtout le soir, la nuit.
- Julien Gueniat
Oui, chaos technique de nuit.
- Sylvain Roch
Chaos technique de nuit. Donc, on a mis en place, et ça c'est avec le directeur technique, qui est vraiment un mec exceptionnel, à part ça. Voilà, ce qui se passe, c'est que le soir, donc je te dis, tu as une centrale qui prend les téléphones, et qui envoie des messages à notre dépanneur, attitré.
- Julien Gueniat
Voilà, s'il se dit, ok, c'est un orage.
- Sylvain Roch
C'est un orage. donc bon déjà nous tous les jours on regarde la météo la météo suisse on regarde ce qui va arriver ouais donc on le sent on voit que ça va ça va péter donc ça c'est étape numéro 1 on voit que ça va péter donc on prépare les équipes dire ok il y a un dépanneur peut-être deux peut-être trois qui sont là mais en stand-by ouais et quand ils jouent aux cartes ils jouent aux cartes voilà chez eux ils jouent aux cartes voilà ou à FIFA tu vois
- Julien Gueniat
Ils disent, c'est bon, il voit la pluie, c'est bon.
- Sylvain Roch
C'est ça. Ce soir, j'y passe. Ce soir, j'y passe. Et du coup, quand ils reçoivent plus que 10 appels dans les 3 minutes, 10 messages dans les 3 minutes, là, directement, ils appellent le directeur technique. Il dit, c'est parti. À partir de là, le directeur technique prend le lead sur tous les appels. C'est où ? alors là je dis vraiment le gros chaotique c'est que du coup ils nous appellent alors moi évidemment quand je sais que c'est les orages je suis pas très loin du bureau mais on fait venir du monde au bureau pas tout le monde, il faut faire attention parce que les gros orages ça peut durer longtemps donc on fait partie d'une petite partie qui vient prendre les téléphones on dit aux gens qui sont en stand-by maintenant vous pouvez venir on fait venir une première vague et après on enclenche la deuxième puis la troisième pour avoir du monde qui vient Merci. Pour soutenir.
- Julien Gueniat
Et gérer la capacité à durer.
- Sylvain Roch
Exactement. Parce qu'on avait vu pendant les gros orages il y a quelques années, on s'était rendu compte, encore une fois, cette procédure, aujourd'hui on est avec la cinquantième procédure.
- Julien Gueniat
Oui, bien sûr, c'est une version.
- Sylvain Roch
Mais on s'est rendu compte que tout le monde, parce que les clients ils tapent, mais à la fin, après trois jours, tout le monde est épuisé. Donc là, justement, c'est de faire des vagues, pour qu'il y ait un tournus, pour que les gens puissent se reposer. Parce que c'est du 24 sur 24, là.
- Julien Gueniat
Ouais, bah ouais.
- Sylvain Roch
Donc là, tout le monde est sollicité. Donc on met cette partie-là, et après, vague par vague, ça arrive dans la boîte, on envoie les équipes. Mais c'est hyper intéressant. Ouais, donc en fait,
- Julien Gueniat
t'as central triage, ils disent, ok, là c'est bon, il y a plus de... Tu m'as dit combien ? 10 appels en 3 minutes ?
- Sylvain Roch
Ouais, 10 appels en 3 minutes.
- Julien Gueniat
Ok, donc là, c'est une sorte d'indicateur. Ok, et puis ensuite, il y a le directeur technique. qui reprend le relais. Lui, il va déclencher certaines personnes, certaines équipes, c'est ça ? Et sur le terrain et dans les bureaux. Voilà. Et ensuite, les mecs partent sur le terrain.
- Sylvain Roch
Les mecs partent sur le terrain. Une partie, le centre de tri, la capacité, normalement, le tri, c'est une seule personne, voire deux des fois chez nous. Là, ils sont beaucoup plus. Mais tu as toujours le directeur technique qui va continuer à gérer le tempo, toi, avec moi. Moi, je vais l'aider.
- Julien Gueniat
Ouais, vous êtes en binôme. Non, on est en binôme.
- Sylvain Roch
Ok,
- Julien Gueniat
ouais. La question que j'avais, c'est qu'en fait, lui, sa capacité à durer, si ça dure trois jours, il faut qu'il aille dormir en binôme. En fait, c'est là qu'il y a... COO ou toi ? Non, c'est le directeur technique.
- Sylvain Roch
Si tu veux, t'as le... Je suis là, je suis le CEO, après t'as le COO, après t'as le directeur technique.
- Julien Gueniat
Et donc, c'est pas le COO qui fait ce... Non, non. Et c'est quoi la raison ?
- Sylvain Roch
C'est quoi la raison ? Parce que le directeur technique, il est avec ses équipes tous les jours.
- Julien Gueniat
mhm
- Sylvain Roch
Il connaît le métier.
- Julien Gueniat
Oui.
- Sylvain Roch
Aujourd'hui, le CEO, il gère différentes branches, différentes entreprises du groupe.
- Julien Gueniat
OK.
- Sylvain Roch
donc il serait pas à même faire cette partie cette partie là, même si il se connait très bien mais cette partie là c'est vraiment moi je veux des gens qui ont plus d'expérience et c'est une personne qui est avec nous depuis des années qui a fait un peu tous les niveaux et du coup voilà, on se connait bien on sait comment on fait donc là c'est vraiment le côté technique ressenti ok,
- Julien Gueniat
donc t'as l'intervention sur le terrain dans son soldat Ensuite, il arrête de pleuvoir, tout le monde est content. Qu'est-ce qui se passe après ?
- Sylvain Roch
Tout le monde se repose. Après, de toute façon, tu sais que quand il arrête de pleuvoir, tu sais de toute façon qu'il y a quand même des dégâts. Donc, il y a des caves qui sont complètement trempées. Donc, il faut commencer à les sécher. Donc, on a des systèmes, des déshumificateurs qu'il faut mettre en place. Toi, c'est encore toute la suite qui est hyper importante. Il faut avoir un suivi parce que les clients, il faut leur expliquer. que tout allait bien. Enfin, il faut les soutenir aussi. Parce que quand, avec les déluges qu'on a eues il y a quelques années, des fois, on avait des gens au téléphone qui pleuraient. Ils disaient,
- Julien Gueniat
on a tout perdu. Tu m'étonnes.
- Sylvain Roch
Et puis du coup, voilà. Mais donc,
- Julien Gueniat
cette intervention, il y a des offres qui sont faites ou pas du tout ? C'est genre une assurance qui prend... Tu travailles comment ? C'est les assurances ?
- Sylvain Roch
Alors nous, on ne passe pas par les assurances. Pour cette partie-là, parce que là, il faut se dire que c'est, encore une fois, dans l'urgence ou dans l'émotionnel. Bien sûr. Donc, on l'a... on leur dit combien ça va coûter on envoie les devis et puis c'est tout de suite validé par le client souvent ils regardent même pas les devis ils lui disent allez-y, venez,
- Julien Gueniat
enlevez-moi cet eau enlevez-moi cet eau et ensuite après c'est à eux de faire le nécessaire pour avec les assurances des fois certains même on les aide s'il faut parce que certains ils comprennent pas comment et cette partie là de faire une offre ça part avant le déclenchement même où t'as un orage qui arrive et l'eau qui sort là c'est intervention
- Sylvain Roch
Là, c'est intervention. Et c'est qui qui vous paye ? C'est eux.
- Julien Gueniat
Voilà. J'imagine qu'il y a cette notion d'urgence. Il n'y a pas d'offre qui est faite, mais il y a un service qui est fait.
- Sylvain Roch
Alors, on a eu à voir ça. Encore une fois, c'est encore un des cas extrêmes.
- Julien Gueniat
Dans l'ensemble, j'imagine que ça joue.
- Sylvain Roch
Dans l'ensemble, ça joue, parce que souvent, ils savent qu'ils connaissent nos tarifs. Mais c'est clair que quand tu as un canon qui est envoyé pendant 4 heures pour un pompage, on ne savait pas, on ne pouvait pas savoir. Franchement, quand il y a ces gros orages, ils sont contents de les assauver. Quand ils nous voient et qu'on ne vient pas, ils nous disent « Venez tout de suite » .
- Julien Gueniat
Alors,
- Sylvain Roch
ils sont dans cinq minutes. Pour eux, c'est dramatique, c'est comme s'ils étaient dans cinq heures.
- Julien Gueniat
Bien sûr.
- Sylvain Roch
Après, une fois qu'on est arrivé, ils sont tellement contents qu'ils payent et puis ils regardent avec les assurances derrière.
- Julien Gueniat
Donc, il y a l'intervention. Ensuite, il y a le suivi. Comment vous l'appelez ? Comme tu dis, des humidifications dans les caves, suivi de situation.
- Sylvain Roch
Suivi de situation, oui.
- Julien Gueniat
Et puis ensuite, qu'est-ce qui se passe ? Il y a la facturation.
- Sylvain Roch
Après, il y a la facturation, ou ça part sous facturation, ou ça part parce que souvent il y a des dégâts derrière. D'autres dégâts, peut-être des carénations concassées, des choses comme ça. Donc là, à ce moment-là, il y a un technicien qui va voir sur place, qui peut aller faire des devis.
- Julien Gueniat
Oui, avec la partie maçonnerie,
- Sylvain Roch
etc. On est encore assez bien organisé. Mais voilà, après, on en a vu tellement des orages.
- Julien Gueniat
Oui, mais ça fait depuis 1873.
- Sylvain Roch
Oui, il y a plus de 150 ans.
- Julien Gueniat
J'imagine que c'est quand même une affaire qui tourne. Et après, justement, comment les gens savent qui appeler ? C'est une question que j'avais, parce que moi, si ça m'arrive, je pense que je vais aller sur Google Maps ou Google. C'est comme ça que les gens vous trouvent ?
- Sylvain Roch
Oui, alors sur Google, en fait, on a du coup... Moi, je voulais de toute façon, justement, parce qu'on était connu, parce que 150 ans, on est connu, mais les gens ne savent pas exactement, et encore aujourd'hui, je pense qu'ils ne savent pas tout à fait ce qu'on fait.
- Julien Gueniat
Bien sûr, et puis même pour des nouvelles personnes qui arrivent, voilà, tu vois.
- Sylvain Roch
Ouais, exactement. Du coup, on a eu, on était assez grand, on a engagé une chargée de communication. Et justement, elle, elle travaille avec Google Business, on fait pas mal de communication sur ce qu'on fait. via LinkedIn, tous ces réseaux-là. On fait aussi du sponsoring, ça nous permet d'être vus. On travaille aussi un peu avec l'associatif. Donc aujourd'hui, depuis qu'elle est arrivée, je pense qu'on a vraiment une bonne visibilité, même si on peut toujours faire les choses mieux. Et surtout, comme tu dis, avec les personnes qui viennent d'arriver à Genève qui ne savent pas tout à fait ce qu'on fait. Donc là, voilà. On travaille beaucoup là-dessus et aujourd'hui, tout le monde va sur Google.
- Julien Gueniat
Ouais, c'est ça.
- Sylvain Roch
On est sur Google. Donc, on essaie vraiment d'expliquer bien ce qu'on fait et d'être assez carré là-dessus.
- Julien Gueniat
Je me dis, c'est quand même un truc assez... On est quand même dans l'urgence. C'est des choses importantes, comme tu dis, puis il y aura beaucoup de dégâts. Le gouvernement, tu vois, le 144, c'est connu, mais il n'y aurait pas une manière de communiquer. J'extrapole, c'est juste des questions, mais que le gouvernement puisse se dire « Ah, c'est ce numéro-là, quoi. » Mais bon, en fait, vous êtes une entreprise privée, donc...
- Sylvain Roch
On est une entreprise privée et puis on n'est pas les seuls à le faire. Il y en a d'autres qui le font. Presque aussi bien que nous. Mais non, en fait, si tu veux, dans les immeubles, dans les immeubles, t'as un numéro. Il peut nous appeler, il y a un numéro dessus. Et puis après, il y a toutes les autres sociétés. Mais ça aurait été top.
- Julien Gueniat
C'est ce que je veux. Moi, je veux bien. Tes prochaines réflexions. Ouais, ouais, ouais. On va y réfléchir, on va en parler. aux différents cantons. Si vous êtes les leaders. Oui. Tu vois ce que je veux dire ? Et puis que vous avez votre camion électrique, que vous avez gagné votre prix SVC, etc. Je trouve que c'est intéressant.
- Sylvain Roch
On va en parler. Enfin voilà.
- Julien Gueniat
Très intéressant, cette partie-là. Est-ce qu'il y a des autres éléments qui te semblent importants à comprendre quand on essaye de planifier des trucs urgents que tu n'aurais pas forcément... Parce que c'est souvent un peu... Il y a beaucoup de gens qui disent « Ah, mais moi, je ne peux pas avancer sur mes... » projet de fonds parce qu'il y a des trucs urgents qui viennent. Moi, je dis, les trucs urgents, c'est partie de la vie. Tu ne sais pas quand c'est que ça va arriver, mais ça va arriver.
- Sylvain Roch
Je pense que l'urgence, quand tu es entrepreneur, c'est gérer l'urgence. En fait, tu es entrepreneur, tu dois gérer l'urgence. Dans ta société, il y a toujours des choses.
- Julien Gueniat
Les gens qui parlent, les mauvaises nouvelles, les gens malades, le client pas content. Donc, comment tu fais pour conserver du temps ? Alors oui, tu vas me dire qu'il y a des relais, mais est-ce qu'il y a des choses qui te semblent évidentes pour toi ou que tu as pu tester ? Les choses qui ont bien fonctionné pour toi ?
- Sylvain Roch
Oui, deux choses. Mon père m'a toujours dit qu'il fallait anticiper les choses. Il faut anticiper. Et un secret entre nous deux, parce que je pense que ça reste entre nous, mais toujours avoir un plan B. C'est ce que je dis à mon team, c'est toujours avoir un plan B. Et il faut avoir tous les scénarios possibles. Quand il y a eu Covid, mon bureau, j'ai fait plein de scénarios différents. Plein de scénarios différents. Parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et il faut anticiper. Et le rôle d'un entrepreneur, aujourd'hui, c'est anticiper. On est dans l'urgence, oui, mais il faut anticiper ses urgences. Et voilà, nous, on voit avec les dépannages, on voit avec d'autres choses, quand les gens, des fois, nous appellent. Voilà, préparer.
- Julien Gueniat
Et comment tu anticipes l'IA, là ? Vous trouvez ça intéressant ?
- Sylvain Roch
Oui.
- Julien Gueniat
Parce que tous les entrepreneurs à qui je parle... Il y en a des qui sont heureux, d'autres excités, d'autres où ils se disent, bon, ça va être chaud pour moi, ça dépend un peu de l'activité. Mais toi, dans ton activité, comment tu anticipes ce sujet, cette vague ? Moi, je la considère comme une vague. D'autres disent que ça va se calmer, moi je ne pense pas, mais c'est très personnel et je ne suis pas devin. Mais moi, je la considère comme une vague qui va changer énormément de choses. Toi, tu l'anticipes comment ? Pour moi,
- Sylvain Roch
je pense qu'elle va tout changer. Elle va vraiment tout changer. On ne peut pas l'arrêter. Elle est là.
- Julien Gueniat
C'est la technologie.
- Sylvain Roch
C'est la technologie qui est là et il faut faire avec. Comme tu dis, il y a certains entrepreneurs qui disent « Non, non, mais moi, j'en veux pas. Jamais chez moi. » C'est la mort de ton entreprise. Aujourd'hui, elle est là. Tes concurrents vont l'utiliser et tu fais avec. Aujourd'hui, on a des caméras où tu peux mettre de l'IA dedans pour nous aider à avoir les défauts de la canalisation. Et j'entends certains qui disent « Non, mais on va pas l'utiliser parce que nos collaborateurs n'ont plus de travail. » Je suis désolé, c'est pas du tout ça. c'est le L'opérateur, il sera toujours derrière son écran et c'est un aide. Il faut utiliser ça comme aide. C'est une béquille, si on veut. Et dans différents métiers, ça sera ça aussi. Les avocats, ça sera aussi, je pense, ça sera pareil. Notre chariot de communication, elle l'utilise maintenant tout le temps. Tu vois, c'est une aide. Et dans notre métier, justement, l'IA nous permettra, aujourd'hui, c'est les caméras. Aujourd'hui, pour l'intelligence de localisation, ça va aussi nous aider de mieux faire notre travail. Tu vois, ça ne va pas enlever du personnel.
- Julien Gueniat
Un peu les radiologues, non ? Tu me parles de cette caméra, mais les radiologues se font aussi aider avec l'IA maintenant. Je ne sais pas si c'est le cas en Suisse, mais je pense... Si,
- Sylvain Roch
Je sens,
- Julien Gueniat
mais en fait pour... Voilà.
- Sylvain Roch
Et puis on parle de l'IA aujourd'hui, mais il y avait déjà l'IA à l'époque. Quand on est sur notre fichier Excel, il y a aussi les formules et tout ça. Ça fait partie du jeu. Donc moi, j'irais même plus loin. Moi, c'est surtout parce que je suis un parent. Moi, j'adore la technologie et je la suis avec les innovations. Parce que je pense que... Ça fait partie de notre rôle de CEO de Suisse, tout ça. Et moi, je vois déjà des robots dans quelques années, les rodos, mais pour aider, pas pour prendre du travail à des collaborateurs. Et pour aider, on portait des charges lourdes.
- Julien Gueniat
Ouais, un exosquelette ?
- Sylvain Roch
Ou un exosquelette. Il y a des choses comme ça.
- Julien Gueniat
J'ai vu des trucs comme ça.
- Sylvain Roch
Ouais, moi j'ai vu ça se revenir.
- Julien Gueniat
Sur la chanterie de maçonnerie, les trucs.
- Sylvain Roch
Voilà, j'ai vu. Ça,
- Julien Gueniat
ça rendrait aussi super sexy le métier. Enfin, plus sexy, je trouve, le métier.
- Sylvain Roch
Plus sexy que le métier. Parce qu'aujourd'hui, notre métier est vraiment à une mauvaise pub,
- Julien Gueniat
tu vois.
- Sylvain Roch
Mais ça m'était hyper intéressant. Et là, la technologie, l'innovation, permet d'amener un peu plus les jeunes là-dedans, tu vois. Parce que quand t'étais jeune, tu jouais avec ton camion grue. Bah voilà, mais t'as jamais vu travailler en maçonnerie. Il y en a plein qui travaillent dans les bureaux maintenant. Ils ont tout le monde à jouer avec son camion grue.
- Julien Gueniat
Moi, jouer avec mon gamin, il est très chaud. Les machines de chantier et tout ça, c'est...
- Sylvain Roch
Bah c'est ça. Moi, j'ai essayé aussi de lui donner des petits camions avec le logo de la boîte. Discrètement.
- Julien Gueniat
Ça commence tôt.
- Sylvain Roch
Non mais oui, mais c'est ça. Et il faut innover. Il ne faut pas avoir peur, je pense. Il faut être conscient de ce que l'IA va apporter ou des métiers vont peut-être disparaître. C'est là qu'il faut faire tous les jours la remise en question, tous les jours, et voir ce qui arrive. Anticipons ces choses-là.
- Julien Gueniat
Je discutais avec Adrien Lamage qui est le CEO de Swiss Translate. Lui, pareil, il est dans un autre domaine. C'est tout ce qui est traduction, tout ça. On parlait de ce sujet. Il m'a dit la même chose. Il m'a dit, dans mes collaborateurs, j'avais des personnes qui n'étaient pas forcément, qui ne veulent pas travailler avec l'IA. C'est des traducteurs qui travaillent depuis des décennies. Voilà. Il m'a dit, ça va être compliqué parce qu'en fait, c'est là. C'est le même discours. C'est là, quoi. Donc, en fait, lui, il s'est adapté. Il propose des formations pour aider justement les traducteurs de certaines entreprises à utiliser l'IA pour faire une partie de leur travail, quoi. Et forcément, à l'interne, ça soulève des doutes. Mais en fait, si tu n'embrasses pas le changement, résister contre le changement, je pense, c'est l'une des pires approches. C'est la stratégie de l'autruche.
- Sylvain Roch
C'est exactement ça, la stratégie de l'autruche. Mais effectivement, on m'a envoyé un texte en allemand, une centaine de pages. À l'époque, j'aurais appelé le traducteur et je lui aurais dit, voilà. Et puis, ça lui aurait pris une semaine. Là, j'ai mis dans le système. Hop, en cinq minutes, c'était fait. Parfait. Par contre, j'ai demandé au traducteur de vérifier que c'était bien traduit.
- Julien Gueniat
Oui, et puis tu as encore besoin de la post-it, tu as besoin de la validation. Oui, tout ça,
- Sylvain Roch
tu vois. Donc oui, tu as raison, il faut l'accompagner. Et c'est joliment dit, oui.
- Julien Gueniat
Mais c'est normal d'avoir peur, je pense. Ou d'avoir des doutes. Je trouve d'être dans l'incertitude, je pense que c'est normal.
- Sylvain Roch
Mais on a peur parce qu'on ne connaît pas souvent les gens. C'est souvent ça. Moi, je leur dis aux gens, informez-vous. essayer d'avoir un maximum d'informations sur ces technologies, sur cette IA. Mais c'est clair, ça pourrait amener de l'anticiper, encore une fois.
- Julien Gueniat
Et il y a d'autres choses que tu anticipes dans les prochaines années ? Les gros mouvements, ces changements, ces lames de fond ? Moi, je vois l'énergie, le coût de l'énergie, tout ça. Je pense qu'on est parti pour continuer de monter. Je ne sais pas si toi, le camion électrique, c'était une réponse à ça, mais est-ce que tu as déjà autre chose comme ça qui te semble évidente ?
- Sylvain Roch
L'eau va coûter de plus en plus cher, je pense. Donc, nous avons une réflexion là-dessus. Déjà, avec nos fournisseurs, on travaille avec des matériaux qui utilisent de moins en moins d'eau. Mais il faut quand même de l'eau pour nettoyer les calisations.
- Julien Gueniat
Bien sûr, oui.
- Sylvain Roch
Donc, l'eau, moi, je pense que ça va être un gros challenge, un gros enjeu pour le futur. Un gros enjeu. Je suis allé au Canada l'année dernière et eux, ils ont des grosses bennes où ils récupèrent les eaux de puits. Donc, nous, c'est ce qu'on ne fait pas encore parce qu'on n'a pas la capacité. Mais ça, je pense que dans le futur, parce qu'aujourd'hui, on utilise des hydrantes, tu vois. Donc là, je pense qu'il y a peut-être un travail à faire là-dessus. Et les véhicules électriques. Parce qu'aujourd'hui, effectivement, avec les panneaux solaires, ça le recharge. Nous, en une nuit, il est rechargé et il travaille la journée. Donc on sait que le coût de l'énergie va augmenter. On voit ce qui se passe avec l'essence en ce moment. Donc ça, c'est des gros enjeux. Et un autre enjeu qui est hyper important, nous, c'est le management. Parce que les gens qu'on manage aujourd'hui ne sont pas les mêmes que demain. Et aujourd'hui, les gens, souvent, nous ouvrent les travails à 100%. Et on sait que demain, ils travailleront sûrement à 80%, voire 70%, voire moins. Donc là, il faut quand même qu'on commence à réfléchir à comment les intégrer dans d'autres boîtes.
- Julien Gueniat
Au niveau de la planification des équipes, tu disais que c'était un des gros processus, une partie vraiment importante.
- Sylvain Roch
Clairement, et au moins on voit en Angleterre. Après, il y en a un qui ne travaille plus aussi le vendredi. Mais nous, on est quand même ce service de dépannage. Il faut qu'on trouve encore... la bonne technique, la bonne proposition qu'on pourra faire à ces jeunes-là.
- Julien Gueniat
Ça, tu le vois déjà ? Les gens demandent du 80% ?
- Sylvain Roch
Oui, ça commence. Moi,
- Julien Gueniat
tu as devant toi un gars qui fait partie de cette catégorie de gens où moi, quand j'étais dans mon dernier job de salarié, alors ça remonte à 2017, je travaillais à 80% dans un domaine où tout le monde bosse à 100%. Donc, t'étais précurseur. Oui, ou en fait, et de l'élip. il y avait peut-être deux, trois autres personnes qui avaient eu du 80% mais c'était des mamans qui avaient des enfants etc moi je fais du temps en fait pour moi pour ma vie bon j'avoue que c'est une activité à développer mais ouais je pense que ouais il faut composer avec de toute façon si tu veux attirer des gens et les conserver t'es obligé de composer avec après nous on a une réflexion là-dessus se dire ok les
- Sylvain Roch
mecs ils veulent bosser à 80 ou moins ok mais aujourd'hui on peut pas encore leur proposer quelque chose d'idéal ouais Donc on fait un truc un peu bâtard, on essaie de trouver des solutions, un jour sur deux ou quoi. Parce que c'est des collaborateurs qui, les ouvriers sont des gens géniaux aussi et on ne veut pas les perdre. Donc on essaie aussi de trouver une solution pour eux qui conviennent, mais pour nous aussi. Donc là-dedans, on est en pleine réflexion. Je pense que demain, peut-être qu'un camion qui est pour un team, il sera peut-être pour deux mains. Et peut-être que les gens, ils pourraient avoir un 50%. Donc il y aura un relais qui se passera. Mais il faut, c'est ça le truc.
- Julien Gueniat
Il faut anticiper.
- Sylvain Roch
Il faut anticiper.
- Julien Gueniat
Donc, ils tournent 7 jours sur 7 vos véhicules ? Vu qu'il y a du dépannage.
- Sylvain Roch
Ouais, 7 jours sur 7, ouais. Alors, si tu veux, le plus gros, c'est 5 jours sur 7. Et après, il y a tout ce qui est service dépannage, 7 jours sur 7. Après, les camions, ils sont stand-by au cas où. C'est plus rare déjà.
- Julien Gueniat
Ouais, c'est quand il y a des orages, des gros trucs, des machins. En règle générale, les camions, c'est du lundi au vendredi. Ouais, c'est ça. S'il y a des excès, ils sont prêts à partir. Et puis, d'une manière plus normale, c'est plutôt les camionnettes. Oui, c'est ça. Revenons sur cette partie process. Tu disais que c'était la xième version. Comment vous vous faites pour améliorer les process ? C'est quoi votre process pour améliorer les process ? Comment vous travaillez ? Est-ce que tout d'un coup, il y a un truc qui n'a pas fonctionné ? Vous faites un retex ? Un retour d'expérience ? Toujours. Parle-nous de ça, parce que je trouve que pour que ça reste pertinent, tu le disais, durant le café, il faut que ça soit vivant. Parle-nous un peu de cette partie-là.
- Sylvain Roch
Moi, j'adore faire des retours. J'adore les retours qu'on m'en fasse aussi. Et même quand on organise un événement, on organise un événement et je leur dis à tous, ceux qui ont organisé, maintenant, on se revoit deux jours après, dites-moi ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné. Parce que n'importe quoi, ou même n'importe quel process, il y a toujours un truc à modifier. Il y a toujours quelque chose qu'on n'a pas pensé, pas anticipé. Donc, régulièrement, je leur dis, voilà, dès qu'on met quelque chose en place, voilà, comment ça s'est passé, pourquoi ça a fonctionné, pourquoi ça n'a pas fonctionné. Je leur donne mon avis, mon ressenti des fois. Et voilà. Et donc, parce que nous, on fait des... Moi, j'adore faire des séances. Et comme je disais au café, c'est peut-être des séances des fois de 5 minutes, maximum 30. Et voilà, et avoir un retour. Un retour, savoir comment ça a fonctionné. Et du coup, voilà, là, chaque orage qu'il y a eu... C'est un gros orage. On fait un point avec le directeur technique et des fois avec le CEO aussi, parce que c'est trop courant tout ça. Qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné, pourquoi ça n'a pas fonctionné ? Et des fois, on voit souvent que c'est l'humain ou le client était en stress ou l'ouvrier a eu un souci avec son véhicule. C'est pour ça que nous, les process, ce n'est pas quelque chose de figé. Comme je suis arrivé à l'époque, ce qu'ils ont fait, c'était souvent des procédures figées.
- Julien Gueniat
Tu l'as fait une fois, c'est dans le classeur.
- Sylvain Roch
C'est dans le classeur.
- Julien Gueniat
Ça prend la poussière.
- Sylvain Roch
C'est comme au tout début quand il y a eu l'iso qui a été mis en place. Dans d'autres boîtes où j'ai travaillé avant, c'est OK, c'est fait, on le met.
- Julien Gueniat
Il y a l'expert qui arrive pour évaluer.
- Sylvain Roch
On ressort.
- Julien Gueniat
C'est bien, vous avez du papier.
- Sylvain Roch
C'est ça. Donc nous, on a une constante évolution.
- Julien Gueniat
Justement, ces procédures, ils sont au format numérique ? qu'ils évoluent rapidement, comment ça se passe ? Admettons, il y a un truc qui doit être changé, c'est que c'est le directeur des CIO, vous avez une personne qui est responsable de l'activité, donc admettons il y a eu un orage, il y a quelque chose qui a merdé ou qui ne s'est pas bien passé, et puis c'est dans vos zones de contrôle, parce que c'est cette partie-là où on n'a pas eu de chance, on n'a pas eu de chance, et puis on ne va pas forcément changer, parce que des fois ça ne nécessite pas d'être changé, mais ça se passe comment ensuite ?
- Sylvain Roch
Ça dépend de la grandeur de la process. Mais souvent, c'est le directeur technique et le CEO qui se charge de cette partie-là. Et après, il m'informe.
- Julien Gueniat
Tu vois,
- Sylvain Roch
ou des fois, moi, je suis directement avec le CEO. Ça dépend vraiment à quel niveau, parce qu'il y a le même niveau RH, des fois.
- Julien Gueniat
Bien sûr, ouais.
- Sylvain Roch
Mais c'est souvent le CEO qui se charge de tout ce qui est process.
- Julien Gueniat
Ensuite d'informer.
- Sylvain Roch
Informer. Et il n'y a pas si longtemps, il y a moins d'un mois, là, on vient d'engager quelqu'un, justement, pour régérer un peu tous ces process.
- Julien Gueniat
La partie qualité et tout ça, là.
- Sylvain Roch
Ouais, ouais, ouais. On avait déjà, on a quelqu'un aussi. On a pris une deuxième personne pour cette partie-là.
- Julien Gueniat
parce qu'il y a aussi l'environnement avec l'eau ça doit être costaud la sécurité l'eau, franchement l'eau moi j'ai vu parce que nous on est une troupe de sauvetage on va faire on prend de l'eau dans le Rhône et des fois on avait un tube hydraulique qui fuyait bon bah en fait c'est tout de suite les pompiers, informer les pompiers enfin je veux dire c'est très encadré, c'est très bien j'imagine que vous avez pas mal de travail de ce côté là ouais beaucoup de travail et on travaille beaucoup avec eux aussi
- Sylvain Roch
Les poupines nous appellent aussi souvent. Justement. Oui, effectivement. Et puis l'eau, ça va très vite, comme tu dis.
- Julien Gueniat
Mais c'est très bien, parce qu'en fait, on a besoin pour en vivre. Oui,
- Sylvain Roch
on a besoin d'en vivre. Et en même temps, je pense qu'on... Alors ça, c'est ma vision à moi. Je pense qu'on la gâche.
- Julien Gueniat
Ah bah, moi aussi, je trouve. Oui, je trouve aussi. Mais c'est parce qu'on n'a pas le manque, en fait. Je trouve que c'est la nécessité qui... qui crée l'innovation. Et donc, en fait, je trouve qu'en Suisse, on n'est pas encore dans la nécessité en termes d'eau. Et donc, on utilise de l'eau propre.
- Sylvain Roch
Mais c'est ça, c'est exactement ça. C'est exactement ça. Ça me rappelle quand j'étais avec deux potes, mes deux potes qui ont fait 400 coups. On est partis dans la jungle pendant quelques temps. Et là, t'as pas de douche, quoi. T'as pas de douche, t'as pas d'eau, tu fais comme tu peux. Et bien, la première chose qu'on a fait, qu'on est sorti de tout ça, c'est moi, c'était de prendre une douche.
- Julien Gueniat
Le front appuyé.
- Sylvain Roch
Le front appuyé.
- Julien Gueniat
Contre le mur, avec une douche.
- Sylvain Roch
T'as pété de noir, t'as tout quitté. Mais voilà. Et aujourd'hui, je vois que quand tu vois les gens qui laissent couler l'eau, ou l'eau des fois, même quand on nettoie. Je leur dis aux collaborateurs, faites gaffe. Faites gaffe, l'eau ça va faire cher. Faites attention.
- Julien Gueniat
L'or bleu.
- Sylvain Roch
Oui, et ça sera, je pense, de plus en plus.
- Julien Gueniat
Bien sûr.
- Sylvain Roch
De plus en plus. Donc, faisons attention à ça.
- Julien Gueniat
Tu as dit un truc qui m'a attiré mon attention. Tu dis que tes séances font maximum 30 minutes. J'ai échangé avec un réunionologue qui, lui, lutte contre la réunionite et contre les réunions qui sont un gouffre en termes de productivité et d'argent. Parce que quand on est 10 autour d'une table durant une heure, c'est une journée de travail qui disparaît. Pourquoi 30 minutes ? Pourquoi des fois 5 minutes maximum ? Et puis pourquoi pas des fois une heure ?
- Sylvain Roch
En fait, nous... J'ai lu des bouquins là-dessus, j'ai rencontré des gens là-dessus. Pas de réunion. J'ai lu un bouquin là-dessus. Fais des réunions de 5 minutes, 30 minutes. En fait, quand tu fais des séances, je suis d'accord, tu ne fais pas des séances à 10, ça ne sert à rien. Sauf si tu annonces quelque chose. Si tu informes. Sinon, moi, je suis plutôt en face-to-face. Ça, je préfère. Et tu fais des séances de 30 minutes, mais tu fais des séances où tu es prêt. C'est même comme avec les fournisseurs. Les fournisseurs, quand ils viennent me présenter leur produit, des fois ça dure une heure, une heure et demie, et ils viennent avec leur PowerPoint, ils présentent la boîte. Je leur dis, déjà ça, je leur dis, souvent ils sont surpris, je leur dis, mais non, déjà il vaut 20 minutes de présentation, j'en ai pas besoin.
- Julien Gueniat
Les slides,
- Sylvain Roch
c'est bon. Moi, je sais ce que vous vendez. Maintenant, c'est combien, quoi,
- Julien Gueniat
comment.
- Sylvain Roch
Pourquoi vous ? Voilà, voilà. Si vous êtes là, c'est parce que je vais travailler avec vous quand même. Mais voilà, on est plus dans le concret. Donc déjà, cette partie-là, et souvent, je dis à mes collaborateurs, vous mettez des séances de 30 minutes, et donc les fournisseurs, des fois, certains, ils ne sont pas au courant. Ils ont prévu une heure. Et je leur dis, non, moi, j'ai que 30 minutes ou 15 minutes. Donc, vendez-moi votre truc, et on y va. C'est oui ou non. Et les séances, c'est pareil. Je dis à mes collaborateurs, vous venez préparer. Si vous avez des questions à me poser, vous m'envoyez avant les informations, je les prépare. Comme ça, on peut en débattre. parce que vous m'amenez la situation on perd 20 minutes pour ensuite j'ai une réflexion parce qu'en plus moi je donne pas je donne pas mon go tout de suite j'ai besoin de réflexion encore une fois avec cette épée de Damoclès je vais pas faire de bêtises donc ok vous me donnez les informations on se voit, oui, non, pourquoi et go et c'est comme ça que j'ai tout mis en place tout mis en place autour de moi
- Julien Gueniat
Donc, ils viennent en fait avec déjà des solutions ou comment vous le ferez ? Oui, oui. Moi, ça, c'est un truc que je trouve cool. C'est le 1-3-1. Je l'enseigne à mes clients, des fois, qui sont submergés de sollicitations. Je dis, ben… Vous faites ce que vous voulez au final. Mais je trouve intéressant, c'est que tu viens demander aux gens qui viennent souvent avec des sollicitations de venir avec un problème spécifique. Trois solutions, dont une favorite. Le 1-3-1 et expliquer pourquoi la favorite. Je trouve déjà ça assez intéressant. Parce que ça te permet déjà d'avoir un bout de la réflexion qui a été faite et puis peut-être la décision qui est déjà là.
- Sylvain Roch
Mais ça, on fait pareil. Tu as raison, mais ça, on fait pareil. Et au tout début, quand je suis allé dans la boîte, et j'ai commencé à... à être responsable, il venait justement, il venait sans solution, il dit ouais j'ai ce problème là. Ben je lui dis non, vous repartez.
- Julien Gueniat
Je vous paye pour trouver des solutions. Trouver des solutions,
- Sylvain Roch
c'était pas la bonne, mais venez avec des solutions. Et ensuite, ensuite on en discute.
- Julien Gueniat
Et il est superbe, c'est là, waouh. Je lui aurais pas à penser quoi.
- Sylvain Roch
Exactement, c'est ça. Moi je lui aurais dit, moi je donne le tempo, mais je connais pas tout. Donc amenez les informations, et puis voilà, on débat. Alors moi j'ai l'expérience, mais voilà, et on en débat. On discute, mais surtout, toujours venir avec une solution. Ceux qui viennent avec un problème, il n'y a pas de solution. Comme tu dis, même s'il n'est pas bon, au moins ils ont cherché, ils ont réfléchi, parce que c'est trop facile de venir dans mon bureau toutes les 5 minutes. Et quand vous venez me voir, souvent ils viennent me voir, c'est pas prévu, souvent ça arrive encore maintenant, mais on essaie vraiment de dire, voilà, si on doit se voir, on met une réunion en place, on prépare et on exécute.
- Julien Gueniat
Tu vois ?
- Sylvain Roch
C'est comme ça que... que aujourd'hui j'arrive à gérer. Et des fois on est deux, des fois on est quatre, des fois on est cinq. Mais on essaie vraiment d'être très peu avec les bonnes personnes autour de la table. C'est hyper, hyper important. Et puis à l'époque, on avait encore la collaboratrice qui prenait les notes. Aujourd'hui, qu'on parle d'il y a tout à l'heure, maintenant on met le système au milieu,
- Julien Gueniat
il prend les notes, il fait le PV, et on les relit tous. Oui, non, on y va. Parce qu'à l'époque encore, on devait se revoir pour le PV. Et comment tu fais pour suivre les actions ? Parce que ce sont des problèmes. Les décisions qui sont suivies, ça m'intéresse de savoir. On en parlait durant le café, mais moi, mon hypothèse, ou ma thèse, c'est que l'organisation de ta boîte, elle reflète ton organisation personnelle. Et quand tu gères le CEO, le directeur, je ne sais pas combien de personnes tu as en direct, mais des fois, tu vas discuter des décisions qui doivent être suivies. Comment tu fais pour suivre ces décisions ? Est-ce que toi, tu as un système de suivi ? Est-ce que tu relis le PV ? Est-ce que tu te revois ? Parle-nous un peu de cette partie-là, parce que c'est un problème qui revient assez souvent. C'est-à-dire, on prend des décisions qui ne sont pas suivies. Et trois ans plus tard, on est là, on a décidé ça.
- Sylvain Roch
Oui, c'est ça. Déjà, je pense qu'on est en dessous de moi, on est sur moins de 10. À l'époque, quand j'étais technicien, j'avais des fois 30-40 personnes.
- Julien Gueniat
En direct ?
- Sylvain Roch
En direct. Donc là déjà ça m'avait bien soulagé. Toi il y avait 10 personnes. Après les personnes sont un peu différentes. Mais déjà ça. Et des do-do list.
- Julien Gueniat
Donc des do-do quoi. To-do, deadline, qui fait quoi. Et deadline.
- Sylvain Roch
Et c'est ce que j'ai appris de mes anciens boulots. C'est mettre des deadlines. Parce que moi j'adore les procédures. Parce que si au moment où j'ai pas de procédure, si j'ai pas de deadline. Je suis le premier à arriver, je suis le premier à aller dans tous les sens. Si on te met, on dit voilà, la date butoir. c'est dans une semaine. Ok, moi je sais que j'ai une semaine, donc je prépare mon planning par rapport à ça. Et c'est ce que je leur dis. Donc tu as un endroit,
- Julien Gueniat
une sorte de logiciel, où tout est différent.
- Sylvain Roch
Exactement, j'ai le logiciel, j'ai tout dedans. Le quoi,
- Julien Gueniat
t'as dit le ?
- Sylvain Roch
Le logiciel, pardon. J'ai tout dedans, dans mon système. Et souvent, moi je me mets, souvent on met 6, on met des choses peut-être à un mois ou deux mois, tu vois. Et on fait des séances assez régulièrement avec ces gens-là, toutes les semaines. Donc à chaque fois, je leur demande où ça en est.
- Julien Gueniat
Ouais, tu leur appelles, tu fais un suivi.
- Sylvain Roch
Je fais un suivi, je leur dis voilà. Et quand il y en a un qui me dit j'ai pas encore fait, j'ai pas encore fait, je dis ok, bon, la semaine prochaine,
- Julien Gueniat
on se voit. Quand est-ce que tu le fais ? Ton agenda ?
- Sylvain Roch
Ouais, c'est ça, ou moi ton agenda, et puis on regarde ensemble. Ok, t'as pas le temps, on se pose, on se refait un autre point. Pourquoi t'as pas le temps ? Pourquoi t'as pas le temps ? Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que c'est trop complexe ? Tu n'as pas envie ? Tu ne sais pas ? Est-ce que quelqu'un te bombarde de job ? Est-ce que tes collaborateurs qui sont en dessous de toi n'arrivent pas à suivre le métier, enfin suivre le boulot, et puis c'est toi qui le fais à leur place ? Là, je fais un peu une analyse, parce que j'ai besoin que mes collaborateurs directs aient du temps. C'est ce que je leur dis souvent, mes collaborateurs directs doivent avoir du temps pour réfléchir à ma place, pour avoir une réflexion, parce qu'ils sont dans le cœur du métier.
- Julien Gueniat
C'est des dirigeants, donc en fait le dirigeant il doit aussi réfléchir.
- Sylvain Roch
Mais oui, il doit réfléchir pour faire évoluer la boîte.
- Julien Gueniat
Parce que c'est bien comme culture je trouve, d'avoir le big boss qui dit vous devez aussi avoir du temps pour réfléchir.
- Sylvain Roch
Mais je pense que c'est hyper important. Moi quand je vois certains, des fois je loue leur agenda, puis je leur dis maintenant. Je vois leur agenda, il est full comme le mien. Et je leur dis non, ce n'est pas ce que je vous demande. Donc, on doit trouver des solutions ensemble pour vous donner du temps de réfléchir.
- Julien Gueniat
C'est important. Et tu parlais aussi des séances de 5 minutes. C'est quoi les séances de 5 minutes ? C'est pour dire que ce n'était pas bien ? C'était pour féliciter ? Est-ce que tu en as des séances de 5 minutes ?
- Sylvain Roch
Oui, j'en ai.
- Julien Gueniat
C'est quoi, des petits points juste pour débloquer une ou deux décisions ?
- Sylvain Roch
Oui, c'est ça. Il y a un collaborateur. On se voit une fois par semaine 5 minutes, mais vraiment 5 minutes. Pourquoi ? Parce que je sais que si c'est 8 minutes avec lui, ça va durer une heure. Donc toi, ça aussi, je dis 5 minutes parce que comme ça, c'est du concret. Il va droit au but. C'est plutôt du management. On va droit au but parce qu'il y a certains collaborateurs, ils vont tout expliquer. Mais vraiment aller au fond du problème.
- Julien Gueniat
C'est difficile d'avoir un esprit de synthèse.
- Sylvain Roch
Hyper compliqué. On n'est pas tous fait pareil. Et du coup, là, justement, leur dire, voilà, non, avec vous, c'est 5 minutes. Et puis, justement, avec d'autres, c'est 30 minutes. Et puis, il y en a certains, des fois, je sais que c'est 30 minutes, mais ça va dévier 45 minutes parce que je vais devoir creuser et chercher des informations. Parce qu'une grosse partie que je fais au tout début de mes séances, avec les directeurs, c'est savoir comment ils vont. Déjà, toi, ça, c'est comme... une des boîtes où je travaillais tout le monde disait ouais ça va salut comment ça va oui ça va ciao et en fait le mec derrière il a peut-être des gros problèmes il ne peut pas en parler parce que c'est une formule de politesse bien sûr il dit quoi non moi je leur dis comment ça va on parle de la famille on prend vraiment
- Julien Gueniat
5 minutes là-dessus ok on a parlé de ça maintenant on attaque je pense que c'est un temps très bien investi à l'heure de ouais Et quand la suite après est plus fluide aussi.
- Sylvain Roch
Oui, exactement. Et voilà. Donc, il y a certaines personnes, il faut aller chercher. Et puis d'autres, en cinq minutes, tac, c'est fait. On y va et on fonce.
- Julien Gueniat
Tu parlais du temps pour réfléchir. Tu le vois aussi des gens avec régularité. Je pense toujours au même moment. Comme ça, tu n'as pas la taxe de la coordination. La taxe de la coordination, c'est aussi quelque chose que je recommande aux gens. Et c'est d'avoir toujours ces séances qui... qui te permettent de synchroniser les gens et d'avancer, de les avoir tout le temps au même moment ? Comme ça, tu n'as pas à te dire, ah non, je ne peux pas venir là, je me déplace, etc. Ça, c'est l'horreur. Est-ce qu'il y a d'autres éléments qui te permettent de structurer ta semaine, qui reviennent comme ça et qui te permettent de garder le contrôle sur tes semaines ? Bon, tu as déjà une assistante qui fait une bonne partie du travail.
- Sylvain Roch
Elle fait une très grosse partie du travail. Ouais, non, moi, j'aime bien être dans l'ordre, être carré, tu vois. Et moi, j'ai besoin de... De savoir que le lundi, je vois telle personne, le mardi, je vois lui, toi, et j'ai besoin de ça. D'autres pas, mais moi, j'ai besoin de ça. Et du coup, je suis assez organisé là-dessus. Donc, moi, principalement, c'est ça. C'est principalement, c'est vraiment ça.
- Julien Gueniat
Les séances, c'est vraiment pour réfléchir, l'assistante.
- Sylvain Roch
L'assistante. Et j'essaye. J'essaye. Non, je le fais. Je le fais. Et je vais manger au moins une fois ou deux fois par semaine avec un collaborateur.
- Julien Gueniat
Ah ouais ?
- Sylvain Roch
Ouais. Ouais, ouais. Alors, les mêmes, ça peut être le CEO, ça peut être changer de com', enfin d'autres, tu vois, passer un peu de temps avec, tu vois.
- Julien Gueniat
Ouais,
- Sylvain Roch
ouais, ouais. Je pense que c'est assez important, tu vois, ou boire un café, tu vois. Là, on parle pas de boulot, tu vois. Donc, boire un café au moins avec eux, discuter d'autres choses, tu vois. Et des fois, là, il y a des choses qui t'ont pas sorti en séance, qui te le sortent. Et oui, des fois, ils te sortent une pépite, ils disent, ah, mais j'ai pensé à ça, j'ai oublié de vous en parler. Et là, bingo. C'est comme ça que... On parlait du chemisage. À l'époque, on le faisait. Après, on a arrêté. On sous-traitait. Et en parlant avec le directeur technique, on s'est dit, goût, on le remet. On le remet, c'est le moment. C'est comme ça.
- Julien Gueniat
On est sur le terrain d'avoir licencieur. Et là, pour une personne qui est toujours avec nous, d'ailleurs, je vous remercie si vous êtes toujours avec nous. Merci pour votre attention. Je trouve que c'est rare, nos jours. admettons c'est un dirigeant qui lui qui n'a pas ce temps pour respirer qui n'a pas ce temps mais qui ne sait pas exactement par où admettons il a 10, 15, 20 personnes par où tu après c'est très contextuel ça va dépendre de la personne mais c'est quoi qu'est-ce que tu dirais à cette personne sur la connaître je sais que c'est un exercice difficile mais en te basant sur ta propre expérience qui te permettrait de retrouver du temps et un petit peu le contrôle de tes semaines peut-être il y a des choses que tu as déjà dites mais est-ce qu'il y a quelque chose comme ça de toi qui te semblerait vraiment dans... C'est peut-être quelque chose aussi que tu as cru durant longtemps être vrai et qui s'avérait faux et qui a fait que tu as changé ta pratique en termes d'organisation parce que tu dis que tu es quelqu'un de structuré et organisé. Tu lui dirais quoi à cette personne ?
- Sylvain Roch
Tu dis à une personne qui est dans le jeu complet ?
- Julien Gueniat
Oui, qui est dans le jeu complet.
- Sylvain Roch
De s'écouter. De ne pas écouter les autres. Par là, des fois, tout le monde a des bonnes idées, mais des fois, ça ne te convient pas à toi-même. Donc, écoute-toi. Franchement, c'est hyper important. Écoute-toi.
- Julien Gueniat
Mais lui, s'il s'écoute, il est peut-être en train de se dire... Qu'est-ce que tu entends par écouter ? Oui, oui, pardon. Dans le sens, peut-être, il est là, s'il s'écoute, peut-être qu'il devrait travailler encore plus. Oui, oui. Tu vois, dans ce sens-là, c'est...
- Sylvain Roch
J'ai eu ça des fois, il se fait avec des gens comme ça, des entrepreneurs. Comme tu dis, je suis à fond, je suis à fond, je n'ai pas le temps.
- Julien Gueniat
Il faut que je fasse encore plus.
- Sylvain Roch
Il faut que je fasse encore plus. Parce qu'après, il y a la pression. Il ne faut pas oublier qu'en tant qu'entrepreneur, tu as des salariés à payer.
- Julien Gueniat
Oui, oui.
- Sylvain Roch
Et souvent, quand tu fais un boulot, les gens sont super contents de te voir, mais ils payent la facture à 30, 60, 20, 90 jours. Donc, tu es vraiment à la pression pour payer tes gars.
- Julien Gueniat
Bien sûr, bien sûr.
- Sylvain Roch
Le cash flow. Oui, le cash flow, c'est primordial. Et puis, il y a des boîtes qui ont coulé à cause de ça.
- Julien Gueniat
Oui, bien sûr.
- Sylvain Roch
Donc, ils sont venus me voir pour que je rachète des boîtes. Mais c'était trop tard. Il n'y avait plus rien à faire. On les aidait,
- Julien Gueniat
tu vois.
- Sylvain Roch
C'est arrivé. Mais je leur dirais, réveille-toi, prends de la hauteur. Stop, arrête-toi. Viens,
- Julien Gueniat
on va boire un café.
- Sylvain Roch
Et je l'ai fait il n'y a pas si longtemps. Pas fait si longtemps, un gamin qui me dit, j'ai trop de mails, j'ai trop de WhatsApp, je n'ai pas le temps et puis je bosse à pas d'heure. Je dis, OK, écoute, stop, on va boire un café, on discute. On va expliquer le quoi du comment, et tu comprends que le mec, en fait, il a ses fournisseurs à payer, il n'est pas payé, il y a des clients qui l'appellent, des gros clients qui l'appellent pour lui dire quand est-ce que vous venez faire le boulot, et il ne s'en sort plus. Et déjà, je lui dis première chose, t'appelles tes plus gros clients, t'appelles tes plus gros clients, tu leur expliques la situation. Parce que déjà, communiquer, c'est hyper important, surtout avec eux, ils vont comprendre.
- Julien Gueniat
La plupart.
- Sylvain Roch
La plupart le comprennent parce qu'ils savent. derrière souvent c'est d'autres entrepreneurs ou d'autres directeurs et ils le conçoivent donc rester dans son coin ça sert à rien de rester dans son coin ça sert à rien de rester dans son coin parce que tu vas te bouffer tu as la vie privée qui en prend un coup et tu vas te planter parce que t'as trop la tête dans le guidon donc tu te poses et tu discutes avec d'autres entrepreneurs et c'est pour ça que je dis à tout le monde tous ces entrepreneurs là je dis allez dans des clubs d'entrepreneurs qui vous permettent Merci. Comme Robin, tu as parlé d'un rapport. Rien, rien,
- Julien Gueniat
rien. Dans d'autres approches, d'autres perspectives.
- Sylvain Roch
Et tout le monde a eu des problèmes. Et on a tous eu les mêmes problèmes. Tu peux avoir trois personnes sous toi, cinq, dix, vingt, trente, mille. Les problèmes, c'est toujours les mêmes. Donc, ouais.
- Julien Gueniat
Intéressant. Donc, s'entourer, quoi.
- Sylvain Roch
S'entourer.
- Julien Gueniat
Et puis sortir la tête de l'eau. Ça paraît simple, mais c'est puissant, je trouve, comme conseil. Ça me rappelle... À l'armée, moi, j'avais tendance à courir en tant qu'officier. Et puis, un jour, un instructeur m'a dit, « Guenya, un officier qui court, c'est un officier qui est mort. » Alors, c'est l'armée suisse, on n'a pas fait la guerre, etc. Mais je trouvais l'image m'est restée. Et maintenant, moi, j'essaie vraiment de me dire, quand j'ai cette sensation que ça part, en fait, dans tous les sens, c'est de me poser. C'est le truc le plus simple et le plus dur à faire en même temps, parce que tout ton corps est rempli de cortisol et d'adrénaline et il n'a qu'une envie, c'est d'agir, Et des fois, le seul truc, c'est de se poser. C'est quoi le problème ? C'est quoi le périmètre du problème ? C'est quoi mes options ? Qu'est-ce que je dois faire en premier ? Et puis, c'est ce que tu as fait avec cette personne, en fait. Oui,
- Sylvain Roch
c'est ça. Et tu vois, pendant cette période de Covid, je n'ai jamais couru autant physiquement pour changer les idées. Parce qu'on avait des informations quasiment toutes les semaines qui changeaient.
- Julien Gueniat
Oui, c'était affreux.
- Sylvain Roch
C'était affreux. Et il y avait 30 000 scénarios sur ma tête, sur mon bureau. Donc, prends de la hauteur, respire.
- Julien Gueniat
Oui.
- Sylvain Roch
De toute façon, les urgences, et comme tu dis, on le voit à l'armée, ils disent, prendre la hauteur, qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi le problème ? Déjà,
- Julien Gueniat
juste bien définir le problème, déjà juste ça. Souvent, tu réalises qu'en fait, le problème, c'est pas du tout ce que tu pensais. Moi, je trouve que c'est incroyable, cet exercice de quoi on parle.
- Sylvain Roch
Exactement, de quoi on parle. Et après, tu te dis aussi, si tu vas un peu plus loin, on sécurise. On sécurise autour, pour pas que le problème prenne trop de hauteur. Et après, on va régler le problème.
- Julien Gueniat
Intéressant. Sylvain. c'était un plaisir j'aurais pu continuer encore cette discussion mais on a pris notre temps d'aller en café et puis après on a David le responsable du studio qui doit partir donc on ne va pas pouvoir déborder comme je le fais des fois habituellement avec mes invités où c'est qu'on peut te retrouver où c'est qu'on peut te suivre alors merci pour les personnes qui veulent peut-être suivre tes aventures parce que je trouve que c'est vraiment aspirant de pouvoir échanger avec des entrepreneurs qui veulent partager leur vie d'entrepreneur Merci.
- Sylvain Roch
Alors, j'essaie de partager pas mal sur LinkedIn, surtout sur ce réseau-là. Je ne fais pas trop d'autres. Rejoignez-moi sur LinkedIn avec grand plaisir pour pouvoir... converser ensemble. Merci beaucoup. C'est pas un exercice que je fais souvent.
- Julien Gueniat
Je suis honoré que tu l'ayes accepté, que tu aies accepté de le faire. J'espère que tu as passé un bon moment.
- Sylvain Roch
Ouais, génial. Je crois que j'ai pas vu le temps passer. Hyper cool. Cool. Merci à toi.
- Julien Gueniat
Super. Est-ce que tu voulais rajouter quelque chose ?
- Sylvain Roch
Tchoubonne !
- Julien Gueniat
Tchoubonne ? Ok,
- Sylvain Roch
ça marche. Génial. On est bon alors. A bientôt.
- Julien Gueniat
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