- Speaker #0
Bloc 2, les achats d'aujourd'hui entre défis et opportunités.
- Speaker #1
On entre donc dans le cœur du podcast, votre vision personnelle du métier, M. De Kayser. Qu'est-ce que vous aimez dans ce métier et qu'est-ce qui vous anime au quotidien ?
- Speaker #0
J'ai déjà un peu abordé le sujet. Je pense que les achats, quand vous rentrez dans une société, vous avez un rôle à jouer, un service à rendre, mais ce service, vous le rendrez pour toute la société et vous le rendez aussi pour... améliorer en fin de compte la marche de la société, mais de temps en temps aussi le fonctionnement de votre client interne. Et vous touchez à tout ça et vous êtes intégré à ça, à cette démarche. Si vous arrivez à bien vous positionner, si le service que vous voulez vendre, vous avez les gens pour le faire et que vous montrez que vous pouvez faire un bon service, à ce moment-là, vous êtes intégré dès le départ. Être assis autour d'une table avec des ingénieurs qui sont en train de concevoir un produit, vous allez faire votre travail de manière optimale, mais vous allez aussi pouvoir donner le maximum de ce que la professionnalisation des achats. On achète tous, à la vie. Quand j'étais chez Bipost, de temps en temps, je me disais, j'ai 28 000 personnes qui travaillent Ausha. Parce que chaque facteur qui passe dans une rue, il voit une affiche en disant super promotion sur la camionnette ici. Ils ont envoyé ça en disant, mais pourquoi vous achetez des camionnettes si chères alors qu'ici, ils les font moins chères ? Oui, mais en fin de compte, les achats, il y a quand même plus que simplement un prix. Il y a un certain nombre de choses qui sont derrière. On va garantir un prix, on va bloquer, on va faire des clauses bien spécifiques pour éviter que ça augmente. On va éviter que la maintenance, que ça tombe en panne, qu'il y a des garanties plus étendues. Enfin, il y a tout ce qu'on peut négocier. Donc, si vous expliquez bien votre business. Ce qu'on peut faire, celui qui croit que simplement, c'est de l'e-procurement, aujourd'hui c'est génial, je clique, je mets dans ma shopping basket, c'est comme à la maison, c'est comme sur Shein, hop, je commande et je l'ai demain. Oui, enfin Shein, vous savez ce que vous avez, vous n'avez pas terrible la qualité. Si vous allez chez procurement et que vous passez par nous, normalement, oui, ok, il y a une certitude qui est là et si on a un problème, oui, ce n'est pas grave. On va vers le fournisseur et on va lui montrer le contrat qu'on a et on arrivera à quelques avocats et c'est nous qui avons gagné. Et ça ne donne pas de préjudice à la société. Donc il y a tout l'ensemble du service. Donc ce qu'on fait, c'est qu'en fait on peut aider. Moi je suis là en disant je pars dans une société, je vais les aider à le faire. Et l'ensemble des collègues sont des collègues à qui je touche. Parce qu'en fin de compte, même un collègue HR, je fais des achats pour les HR. Donc ce sont tous des gens à qui on peut expliquer la valeur ajoutée, des valeurs ajoutées différentes. Donc voilà pourquoi moi j'ai évolué dans cette société, j'ai continué cette diversité.
- Speaker #1
D'accord, et le côté aidant, s'asseoir à côté du business, proposer des solutions pour améliorer et pour bien acheter. Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous agace, qui vous irrite ou qui vous inquiète dans l'évolution récente de la fonction ?
- Speaker #0
Je pense que le monde et l'instabilité, on va peut-être faire un cliché, mais le monde et l'instabilité fait que c'est pas évident non plus pour les acheteurs. Je pense qu'aujourd'hui, il y a quelques années, on allait faire un contrat et on dit on fixe un prix pour 5 ans et on est bon et on va encore renégocier. L'année 2022 était une année de fou. Je veux dire, on fixait un prix pour 2 jours. surtout dans le matériel technique et ce genre de choses. Les câbles, ça changeait tous les jours. Donc, je veux dire, c'était une instabilité. Donc, l'acheteur, quand vous allez vendre votre valeur ajoutée, vous avez un problème. Et donc, on a vu que ce positionnement de l'achat, il faut quand même essayer encore de dire comment je bypass toute cette instabilité. Et aujourd'hui, je pense que le monde de l'acheteur est un peu difficile. À côté de ça, on a encore une chose qui est, je trouve, nécessaire et qui doit être faite. C'est nos amis européens, si on prend la réglementation sur tout ce qui est sustainability et ce genre de choses. Le 3A, le 3 et le 3A, où les achats doivent réduire fortement le CO2. Ça ne mérite pas, je pense qu'il faut le faire. Mais je pense qu'aujourd'hui, on est dans des attentes de certaines sociétés qui disent il faut le faire demain, il faut qu'on ait les chiffres, il faut qu'on montre qu'on le fasse correctement. Et puis vous allez vers vos fournisseurs et là vous vous rendez compte qu'il y a un paquet de fournisseurs qui se posent la même question un peu que les acheteurs. Ils se disent « comment on calcule ? Comment on fait ? Comment vous allez faire ? Comment vous avancez ? » C'est une super opportunité aussi pour les achats. C'est-à-dire que quand ces gens auront trouvé des nouvelles solutions, je pense que c'est aussi une opportunité pour les achats, pour aller vers leur business en disant, dites, on a un fournisseur qui a des nouvelles solutions qui sont un peu plus CO2 friendly, qui vont mieux et qui nous permettraient d'avancer plus vite. Mais on le voit aujourd'hui, on prend un exemple bête, c'est la voiture électrique.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Toutes les sociétés se disent, on a mes... plus que des voitures électriques. Je pense que la plupart des gens se disent oui, mais on n'a qu'à voir. Vous êtes français, on regarde la France qui ne fait qu'une chose et ne dit on ne peut pas mettre 2035, on mettrait plus tard parce qu'on garderait bien les hybrides, etc. Je pense que l'Europe a fait un pas en avant. Dans les achats, essayer de suivre ce mouvement n'est pas évident et déstabilise un peu la position qui, dans certains cas, était peut-être un peu plus bien positionnée. Puis on arrive dans cette instabilité et votre business se dit, mais il ne me couvre plus. Comme avant. Donc voilà, c'est un peu ce qui est, pour moi, c'est problématique. Et il y a des secteurs qui sont plus problématiques que d'autres. Je pense que si vous achetez avec les États-Unis beaucoup, j'ai un collègue qui m'avait envoyé une demande en disant tiens, comment est-ce que tu fais toi ? Parce que lui, il était un peu dans des choses où il y avait énormément d'achats aux États-Unis. Il dit ben voilà, il n'y a pas grand chose. Il faut essayer de se mettre dans la tête de Trump. Alors il faut devenir fou. Je pense qu'on ne peut pas se mettre à sa place et on ne peut pas anticiper. Donc là, tantôt, j'ai dit, il y a la proactivité des achats. Je pense que quand on a une jurouette comme celle-là, anticiper quelque chose, on n'y arrive pas. Donc, qu'est-ce qu'on met dans un contrat ? Qu'est-ce qu'on négocie pour éviter que la jurouette puisse faire quelque chose ? Donc, je veux dire, à un certain moment, vous avez 15% de plus, vous avez 15% de plus. Il a décidé, on sait rien.
- Speaker #1
Non, non, non, clairement. D'accord. Donc si je résume les tensions, l'instabilité géopolitique et peut-être le cadre du législateur qui parfois shift et propose, on va dire, un nouveau challenge pour les achats, mais où vous allez perdre peut-être un peu de légitimité. Ce n'est pas le bon terme, mais un peu de confort par rapport à ce que vous proposiez auparavant.
- Speaker #0
C'est très bien résumé. Merci.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une tendance du moment que vous trouvez totalement surcotée ? On entend beaucoup parler des aïe, aïe par-ci, aïe par-là ou autre chose.
- Speaker #0
Je pense que l'intelligence artificielle, depuis l'année passée, j'ai beaucoup regardé. Il y a des super sociétés de consultances au top à qui j'ai demandé de faire des présentations, de savoir où ils en sont avec l'intelligence artificielle. C'est magnifique. Quand on les écoute, c'est toujours beau sur Slight. J'ai eu une des craintes. Je pense que ça va nous aider. Est-ce qu'on va arriver à ce que l'acheteur soit remplacé par l'intelligence artificielle ou un robot comme Elon Musk nous le proposerait ? Je pense qu'on n'y est pas. Mais je pense qu'aujourd'hui, ce qu'on se rend compte, c'est de dire quand on veut le mot digitaliser. Parce que l'intelligence artificielle est sur base de si on digitalise l'ensemble des choses. Chez Equence, on a fait un grand pas. On est parti de rien vers tout ce qui était e-procurement. Oui, mais les données. Déjà, rien que nos amis parisiens ont dû faire un travail énorme pour essayer de centraliser les données de tous les pays qui travaillaient sur des ERP différents et qui avaient des données. Ah oui, mais le champ américain d'une date n'est pas le champ belge d'une date. Alors l'intelligence artificielle, vous allez dire tout ça peut nous aider. Oui, mais il en faut beaucoup d'intelligence artificielle pour retravailler sur les données. Donc à la fin, ici, avant que je ne parte. Il y avait tout un groupe de travail qui disait, on reprend toutes les données et on met de l'intelligence artificielle pour y travailler. Alors oui, ça peut aider, mais une fois que c'est fait, cette intelligence artificielle aura une base de données qui est à peu près bonne pour essayer de se baser sur un certain nombre de définitions. Mais on a dit, le monde change et est instable complètement. Donc l'intelligence artificielle ne regarde que l'historique. Elle essaie un peu de tenir compte, mais je veux dire, ce que Trump dit, comment vous pensez qu'il va pouvoir le prendre dans l'historique ? Donc je pense qu'il y a un moment où il faut bien se rendre compte qu'il faudra des acheteurs et des acheteurs plus chevronnés. Parce qu'ils vont avoir un paquet de données, ils vont avoir un paquet d'informations qui vont venir en pop-up chez eux. Ça va être très intéressant. On prend une catégorie par exemple. Si vous avez un certain nombre de contrats, et dans ces contrats, je disais Yann Valcoff va jusqu'à la matière première. Si vous dites, là il y a de la matière première, le cuivre par exemple ou les câbles. Le marché du cuivre, mais si vous avez un pop-up qui vous dit le marché du cuivre est en chute libre, est-ce que la chute continue ? Où est-ce que vous êtes dans le fond du... Et ça va remonter. Est-ce que c'est le moment d'acheter beaucoup ou pas ? Tout à fait. Donc là, il faut toujours quelqu'un qui... L'intelligence artificielle va pouvoir vous aider. Mais il faut quelqu'un qui prenne la décision, qui prenne l'expérience. Et je pense qu'aujourd'hui, on n'y est pas encore. Quand vous voyez leur slide, c'est magnifique. Je voudrais bien le faire, je voudrais bien l'implémenter. Mais je pense qu'entre la réalité et le slide, il y a encore beaucoup de travail. Et encore beaucoup de... Le mot digitalisation, on est dans un monde qui aujourd'hui peut être virtuel, mais en fait, les données d'une société, avant qu'on puisse les lire correctement et en tirer un maximum d'informations et toute l'information pour pouvoir faire nos achats, et les achats ne tournent qu'avec les données. Si vous voulez faire des analyses de catégories, c'est avec les données, et qu'elles soient bonnes.
- Speaker #1
Sinon, ça coince.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
D'accord. Très très bien.