Speaker #0Et si Dieu n'était plus juste une case à cocher sur ta to-do list ? Bienvenue dans Psaume et Chocolat. Je suis Christine et chaque vendredi je t'ouvre les portes de notre salon chrétien, un espace de douceur où on ouvre la Bible ensemble, sans pression et sans performance. Ici, on ne cherche pas à faire plus pour Dieu, on cherche juste à être plus avec Lui. Alors prends ta boisson préférée. Et installe-toi. Nous sommes il y a 2000 ans. L'Empire romain est à son apogée. Et à cette époque-là, si tu fais la liste des gens qui comptent, des gens qui ont un nom, du pouvoir, une influence, voilà à peu près ce que tu vas trouver. À Rome, sur le trône, il y a l'empereur Tibère, le maître du monde connu. En Judée, Comme gouverneur romain, il y a Ponce Pilate. Tu connais ce nom et on le retrouvera un peu plus tard. En Galilée, il y a Hérode, le Tétrarque. Et son frère Philippe qui règne sur une seconde région. Et enfin un certain Lysanias sur une troisième. À Jérusalem, dans le temple, tu as les deux grands prêtres, Anne et Caïphe, le sommet de la hiérarchie religieuse. Sept hommes. Sept hommes qui ont le pouvoir politique, militaire, religieux. Cet homme qui décide, qui juge, qui sacrifie, qui prie publiquement, qui parle au nom de Dieu ou au nom de Rome. Et cette année-là, Dieu décide de prendre la parole, de rompre le silence. La parole de Dieu va descendre sur terre. À ton avis, à qui Dieu va-t-il parler ? Tu te dis peut-être à Anne, le grand prêtre. C'est logique. Après tout, c'est lui qui est le représentant officiel de Dieu sur Terre. Ou à Tibère, parce qu'après tout, c'est l'empereur. Peut-être à Pilate, un homme qui a du pouvoir. Et bien aujourd'hui, je voudrais te raconter à qui Dieu a choisi de parler. Parce que la réponse, elle dit quelque chose sur Dieu. Et je crois qu'elle dit quelque chose aussi sur ta vie à toi, à moi, en ce moment précis. Bienvenue dans ce nouvel épisode d'études bibliques de Psaume et Chocolat. Aujourd'hui... On attaque le chapitre 3 de l'évangile de Luc, les versets 1 à 20. Installe-toi confortablement, prends ta boisson chaude préférée, ou plutôt une boisson fraîche, parce qu'au moment où j'enregistre cet épisode, la canicule est là et je n'ai pas trop envie d'un chocolat chaud. Prends ta Bible si tu en as la possibilité et prenons ce temps ensemble. Dans le dernier épisode d'études bibliques, on avait laissé Jésus à 12 ans, dans le temple, en train de discuter avec les docteurs de la loi. Et juste après... Le texte nous disait que Jésus était redescendu à Nazareth avec Joseph et Marie, qu'il leur était obéissant. Et ensuite, 18 ans de silence. 18 ans dont la Bible ne nous dit rien. Et donc là, on tourne la page et Luc fait exactement la même chose qu'au tout premier chapitre de son évangile. Il prend du recul, il pose un décor politique, il nomme des dirigeants, il situe son histoire dans l'histoire des hommes. Comme s'il nous disait, écoute. Ce que je vais te raconter, ce n'est pas un conte, ce sont des faits, dans un monde réel, à une date précise, avec des noms vérifiables. Et c'est là que la parole de Dieu, après ces longues années de silence, va sortir. Mais pas comme on pourrait l'imaginer. Je te propose qu'on lise le passage ensemble. La quinzième année du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée. Hérode régnait sur la Galilée comme Tétrarque, son frère Philippe sur Litturée, et la Traconitide, l'Isanias sur la Bilène. Anne et Caïphe étaient grands prêtres. Cette année-là, Dieu adressa la parole à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Jean se mit à parcourir toute la région du Jourdain. Il appelait les gens à se faire baptiser en signe d'un profond changement, afin de recevoir le pardon de leurs péchés. Ainsi s'accomplit ce que le prophète Isaïe avait écrit dans son livre. On entend la voix de quelqu'un qui crie dans le désert. Préparez le chemin pour le Seigneur, faites-lui des sentiers droits, toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les voies tortueuses deviendront droites, les chemins rocailleux seront nivelés, et tous les hommes verront le salut de Dieu. Jean disait à ceux qui venaient en foule se faire baptiser par lui, espèce de vipère, qui vous a enseigné à fuir la colère de Dieu qui va se manifester. Produisez plutôt pour fruit des actes qui montrent que vous avez changé. Ne vous contentez pas de répéter en vous-même « Nous sommes les descendants d'Abraham, car regardez ces pierres, je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d'Abraham. » La hache est déjà sur le point d'attaquer les arbres à la racine. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Les fous lui demandèrent alors « Que devons-nous faire ? » Il leur répondit « Si quelqu'un a deux chemises, qu'il en donne une à celui qui n'en a pas. Si quelqu'un a de quoi manger, qu'il partage avec celui qui n'a rien. » Il y avait des collecteurs d'impôts qui venaient se faire baptiser. Ils demandèrent à Jean, « Maître, que devons-nous faire ? » « N'exigez rien de plus que ce qui a été fixé, » leur répondit-il. Les soldats le questionnèrent aussi. « Et nous, que devons-nous faire ? » « Extorquez d'argent à personne et ne dénoncez personne à tort. Contentez-vous de votre solde. » Le peuple était plein d'espoir et chacun se demandait si Jean n'était pas le Messie. Il répondit à tous, « Moi, je vous baptise dans l'eau. » « Venir, qui est plus puissant que moi. Je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu. Il tient en main sa pelle à vanner, pour nettoyer son air de battage, et il amassera le blé dans son grenier. Quant à la balle, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteindra pas. » Jean adressait encore beaucoup d'autres recommandations au peuple et lui annonçait la bonne nouvelle de l'Évangile. Mais il reprocha au gouverneur Hérode d'avoir épousé Hérodiade, la femme de son demi-frère, et d'avoir commis beaucoup d'autres méfaits. Hérode ajouta encore à tous ses crimes celui de faire emprisonner Jean. Voilà, maintenant je voudrais qu'on revienne au début, parce que ces deux premiers versets, c'est une petite merveille. Luc te liste sept noms. Tibère, Pilate, Hérode, Philippe, Lysanias, Anne et Caïphe. Sept hommes au sommet. Et puis, au milieu de cette liste écrasante, il glisse une phrase toute petite, toute discrète. Six mots. Cette année-là, Dieu adressa la parole. À qui ? Pas à un seul de ces sept-là. Aucun. Aucun palais. Aucun trône. Aucun temple. Aucun titre. La parole de Dieu traverse l'Empire, ignore tous ces champs importants, et va se poser sur un homme dans le désert. Un homme dont personne n'a entendu parler depuis 30 ans. Et toi, si tu as l'impression d'être invisible en ce moment, si tu as l'impression que ta vie ne ressemble à rien d'impressionnant, si tu te dis « Dieu ne peut pas vraiment me parler à moi, je suis trop ordinaire, je ne prie pas assez, je n'ai pas de titre, pas de plateforme, je suis personne » , alors ce verset est important. Dieu n'a pas changé. Il n'a jamais changé. Il choisit encore aujourd'hui les déserts plutôt que les palais. Il choisit les femmes ordinaires plutôt que des femmes spectaculaires. Ta vie, que parfois tu trouves banale, ta cuisine, ton trajet pour aller chercher les enfants, ton bureau, ta solitude du soir. C'est exactement le genre d'endroit où Dieu aime parler. Pas malgré son obscurité, mais aussi à cause de son obscurité. Et regarde le verset 2 d'un peu plus près. Parce qu'il y a un détail dans ce verset que tu peux passer mille fois sans le voir. Et pourtant, quand tu le vois, ça change tout. Luc nous dit « Dieu adressa la parole à Jean, fils de Zacharie » . Fils de Zacharie. Pourquoi est-ce que Luc précise ça ? On le sait. On sait que Jean est le fils de Zacharie. Luc nous l'a raconté en détail tout au début de son évangile. Et tu te rappelles peut-être de cet épisode du tout premier chapitre de Luc. Zacharie, le sacrificateur. à qui un ange annonce qu'il va avoir un fils malgré son grand âge, Zacharie qui ne croit pas et qui pour cette raison devient muée. Muée pendant toute la grossesse de sa femme. Muée pendant neuf mois. Le sacrificateur qui parlait à Dieu au temple, du jour au lendemain, perd la parole. Pendant neuf mois, plus aucun mot ne sort de sa bouche. Imagine la honte. Imagine ce qu'il a dû ressentir. Sa vocation. Sa fonction. C'était de prier à voix haute pour le peuple. Et il n'a plus de voix. Et tu vois ce silence-là ? Et maintenant, regarde ce que dit Luc. « Trente ans plus tard, Dieu adressa la parole à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. » Et juste après, il cite Esaïe. « On entend la voix de quelqu'un qui crie dans le désert. » Le fils de l'homme qui avait perdu sa voix devient la voix. La voix qui crie. La voix qui prépare le chemin du Seigneur. Le silence forcé du Père a couvé. la voix du Fils. Et tu vois, ce que certains pourraient appeler un détail, dans la Bible, c'est jamais un détail. Parce que, dans le plan de Dieu, le silence, en fait, n'est jamais stérile. Jamais. Ce que Zacharie a vécu comme une humiliation. Comme un trou de neuf mois sans pouvoir parler, Dieu était en train de s'en servir pour préparer quelque chose d'énorme. Le silence du sacrificateur, c'était la matrice silencieuse où grandissait la voix qui préparait le chemin du Messie. Alors si comme moi, parfois tu traverses des saisons de silence, des saisons où tu n'arrives plus à prier comme avant, où tu ouvres la Bible mais rien ne te parle, où Dieu te semble lointain, pire, toi aussi tu te sens loin de Dieu. Où tu as l'impression que ta vie spirituelle est en pause. Tu voudrais dire de belles choses à Dieu, mais tu n'as pas de mots. Et ce silence-là, peut-être que tu l'interprètes comme un échec. Comme une preuve que tu n'es pas une bonne chrétienne. Comme un signe que Dieu n'est pas là. Ça m'est arrivé. Mais regarde, Zacharie. Regarde ce que Dieu a fait de son silence. Ce qu'on prend pour de la stérilité spirituelle, c'est parfois la matrice silencieuse. Où Dieu prépare quelque chose qu'on ne voit pas encore. Quelque chose qui n'est pas pour maintenant. Quelque chose qui mettra peut-être des mois, des années à éclater. Mais qui éclatera. Le silence, ce n'est pas l'absence de Dieu. C'est souvent son atelier, l'endroit où il travaille. Et puis Jean se met à prêcher. Et franchement, il ne fait pas dans la dentelle, là on est d'accord. Espèce de vipère. La hache est sur le point d'attaquer les arbres à la racine. Ce n'est pas un message tendre. Mais ce qui est incroyable, c'est que les gens ne fuient pas. Au contraire, ils s'approchent. Ils viennent en foule. Et trois fois dans ce passage, trois fois, des gens lui demandent la même question. Que devons-nous faire ? Les foules le demandent, les collecteurs d'impôts le demandent, les soldats le demandent. Et il faut qu'on fasse très attention aux réponses de Jean, parce que c'est à la fois terre-à-terre et impressionnant. Au foule, il dit, si tu as deux chemises, donne-en une. Aux collecteurs d'impôts, ceux qu'on appelait à l'époque les voleurs légaux, prends juste ce qui est fixé. N'en ajoute pas. Aux soldats, ne menace personne, ne dénonce pas à tort et contente-toi de ta solde. Tu vois, ces gens viennent à Jean avec une question spirituelle. Que devons-nous faire pour fuir la colère de Dieu, pour nous préparer au Messie qui vient ? Les gens ne leur répondent pas avec des rites, des prières spéciales, des règles religieuses. Ils leur répondent avec la paix de la fin du mois, leur dressing, leur façon de faire leur travail le lundi matin. La repentance chez Jean... C'est pas une émotion abstraite, c'est pas un grand serment spirituel, c'est ajuster à un geste très précis du quotidien, c'est partager, c'est arrêter de prendre plus que ton dû, c'est ne pas mentir au travail, des trucs qui pourraient paraître ridiculement ordinaires. Mais ça fait du bien, parce que ça veut dire que revenir à Dieu, ça ne commence pas forcément par un grand bouleversement, ça ne commence pas par une retraite spirituelle, par une décision radicale. Par dix résolutions à la fois. Ça commence parfois par un seul petit geste. Un petit geste juste. Un message qu'on envoie pour s'excuser. Une parole méchante qu'on ne dit pas. Une chemise qu'on donne. Une honnêteté qu'on retrouve dans un email professionnel. C'est de la grâce en fait. C'est de la grâce que j'en te donne. Parce qu'il te dit en gros, tu n'as pas besoin de tout révolutionner pour commencer. Commence là, aujourd'hui. Avec ce que tu as sous la main. Et puis le texte se termine. La toute dernière phrase du passage dit « Hérode ajouta encore à tous ses crimes celui de faire emprisonner Jean. » Tu te rappelles, Hérode ? C'est le deuxième nom de la liste des sept puissants, au tout début du chapitre. Et là, à la fin, c'est lui qui referme la main sur la voix qui crie dans le désert. La voix qui avait préparé le chemin du Seigneur va finir en prison. Et plus tard, elle sera décapitée. Et tu pourrais te dire, mais c'est tragique, la voie s'est éteinte. Sauf que non, parce qu'au moment où Hérode emprisonne Jean, le chemin est déjà préparé. Les foules sont déjà venues, les cœurs sont déjà ouverts, et Jésus, le Messie qu'annonçait Jean, est déjà là. Il a déjà reçu le baptême, il a déjà commencé son ministère. La voie peut être muselée, peu importe, elle a déjà fait son œuvre. Et c'est un message pour toi et pour moi. Si on a l'impression que notre voix, notre parole, notre témoignage, notre service ne pèse pas lourd. Si jamais tu te dis, je n'ai eu que dix minutes pour prier ce matin, ça n'a servi à rien. Je n'ai parlé qu'à une seule personne de Jésus cette année, ça n'a servi à rien. Souviens-toi que la voix de Jean n'a prêché qu'une seule saison. Et ça suffit. Parce que ce qui compte, ce n'est pas la durée, c'est la fidélité à ce que Dieu te demande aujourd'hui. Si tu veux bien, j'aimerais qu'on termine par une prière ensemble. Seigneur, merci. Merci parce que tu n'as pas choisi les puissants pour commencer ton œuvre. Tu as choisi un homme dans le désert, fils d'un autre homme qu'on avait fait taire. Merci de nous rappeler que tu travailles dans le caché, dans le silence, dans l'invisible. Seigneur, pour toutes celles qui traversent une saison silencieuse, une saison sèche, une saison où elle a l'impression que tu n'es plus là, souviens-lui s'il te plaît de Zacharie. Souviens-lui que ton silence n'est pas ton absence. que tu es peut-être en train de couver en elle quelque chose qu'elle ne voit pas encore. Et merci pour Jean, merci d'avoir mis dans sa bouche une réponse aussi simple à la question que devons-nous faire. Aide-nous à ne pas attendre le grand bouleversement spirituel pour commencer. Aide-nous à poser aujourd'hui le petit geste juste, la parole retenue, le partage discret, l'honnêteté ordinaire. Au nom de Jésus. Amen. Voilà, c'est la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a donné envie de relire ce passage avec un regard neuf. Et j'espère surtout que si tu traverses une saison de silence en ce moment, tu vas la regarder différemment cette semaine. Pas comme une absence, comme un atelier. Dans le prochain épisode d'études bibliques, on reste tout près de Jean. Parce que juste après ce passage, dans les versets qui suivent, il y a une scène absolument décisive. Un homme va s'avancer dans la foule pour se faire baptiser par Jean. Et au moment où il va sortir de l'eau, le ciel va s'ouvrir. Cet homme, tu le connais, c'est Jésus. Et ce qui va se passer à ce moment-là va dire quelque chose de très précieux sur ton identité à toi. D'ici là, sois béni et à très vite dans le salon. Si cet épisode t'a fait du bien, partage-le à une amie qui en a besoin. C'est la plus belle façon de m'aider à continuer. On se retrouve vendredi prochain dans le salon. D'ici là, souviens-toi, tu n'as pas besoin d'être parfaite pour venir à Dieu, ni de chercher à faire du bien. faire plus pour lui. Cherche juste à être plus avec lui. Que tu aies cinq minutes ou une heure devant toi. Que tu sois en pleine forme ou au bout du rouleau. Que Dieu te retrouve et te bénisse là où tu es, exactement tel que tu es. À très vite.