Speaker #0Et si Dieu n'était plus juste une case à cocher sur ta to-do list ? Bienvenue dans Psaume et Chocolat. Je suis Christine et chaque vendredi je t'ouvre les portes de notre salon chrétien, un espace de douceur où on ouvre la Bible ensemble, sans pression et sans performance. Ici, on ne cherche pas à faire plus pour Dieu, on cherche juste à être plus avec Lui. Alors prends ta boisson préférée. Et installe-toi. Il est 9h du soir, tu es sur ton canapé ou peut-être déjà dans ton lit, tu as ton téléphone à la main et tu scrolles Instagram. Tu sais juste un peu avant de dormir, comme on fait parfois. Et tu tombes sur ces contes. Tu vois lesquels ? Ces contes chrétiens qui te montrent leur vie de foi à fond avec Dieu. La Bible ouverte sur la couette. Le café fumant à côté, la routine matinale parfaite filmée en timelapse, les versets relus pour la dixième fois, les paroles inspirantes en story, toujours en mouvement, toujours en feu, toujours connecté à quelque chose que toi, ce soir, tu ne sens pas. Et tu poses ton téléphone et il y a quelque chose, pas vraiment une pensée, plus une sensation, au creux de l'estomac, à la pointe du cœur, une atmosphère. Et si tu devais la traduire en mots, ça donnerait quelque chose comme « je ne suis pas à la hauteur » . Ou peut-être, je devrais mais je n'y arrive pas, je ne suis pas assez. Et si tu te reconnais, et je sais que beaucoup de chrétiennes se reconnaissent là-dedans, en silence, sans qu'on n'ose pas trop le dire, ben alors reste avec moi pour cet épisode, parce que cette sensation, je voudrais qu'on la regarde en face, je voudrais qu'on voit ce qu'elle dit, et surtout ce qu'elle ne dit pas. Bienvenue dans cet épisode de Psaume au chocolat. C'est un épisode où on prend le sujet et où on le travaille ensemble. Et le sujet aujourd'hui, c'est la performance. particulièrement cette idée qu'il y aurait des chrétiennes plus chrétiennes que d'autres. Et la fatigue, je dirais, presque le découragement que ça produit en nous. Installe-toi confortablement, prends ta boisson chaude préférée et prenons ce temps ensemble. Avant qu'on commence, je voudrais te dire d'où me vient l'idée de cet épisode. Ça fait longtemps que c'est une sensation que j'ai, qui me trotte dans la tête, mais je n'arrivais pas forcément à mettre des mots dessus. Et puis, il y a quelques semaines, je suis tombée sur un post Instagram d'une créatrice qui s'appelle... Comme d'ordinaire. Son compte c'est « Comme d'ordinaire, sans espace, je te mets le lien dans les notes » . Et son post m'a vraiment fait réfléchir. Elle posait quelque chose et j'aimerais bien qu'on le voit ensemble aujourd'hui. Avec mon angle à moi. Donc le mérite de l'intuition lui revient et si tu veux la suivre, va voir ce qu'elle fait, c'est super. Et puis tu te rappelles peut-être, dans l'épisode qu'on a fait sur la culpabilité, je t'avais dit qu'il y avait une variante particulière de la culpabilité chez les chrétiennes. Celle de ne pas faire assez. qui méritait son propre épisode. Ben voilà, on y est, c'est aujourd'hui. Si tu veux et si tu n'as pas eu l'occasion d'écouter cet épisode sur la culpabilité, je mettrai le lien dans les notes. Déjà, pourquoi on tombe dans ce piège ? Posons les choses, pourquoi est-ce qu'on en arrive là, à scroller un peu Instagram le soir et à se sentir à la fin plus petite qu'au début ? Déjà, soyons clairs sur une chose, les comptes dont je te parle, ce n'est pas leur faute. Vraiment. Une chrétienne qui te partage sa Bible ouverte, sa routine matinale, ses versets, son enthousiasme, elle fait quelque chose de bien. Elle encourage les autres. Elle témoigne de sa foi. Et franchement, c'est super. Et moi, je le fais aussi des fois. Et ça nous fait du bien de temps en temps de regarder ces contes-là. Tant mieux si on voit des personnes qui traversent des saisons où Dieu lui parle fort, où sa lecture publique est régulière, où sa prière coule. C'est super. C'est une grâce qu'elle reçoit et qu'elle partage. Le problème, ce n'est pas ses comptes. Le problème, c'est ce qui se passe entre eux et nous, parfois. Il y a deux mécanismes qui se mettent en marche. Et je crois qu'on a intérêt à les nommer parce qu'une fois qu'on les voit, ils perdent une partie de leur pouvoir. Le premier mécanisme, c'est qu'on compare des choses qui ne sont pas comparables. Tu compares ta vie complète, 24h sur 24, avec ses doutes, ses fatigues, ses moments de creux, ses cycles, ses jours moyens, tes périodes plus sèches. Tu compares ça à des moments choisis. Choisis précisément. Mises en scène avec une vraie attention. Peut-être qu'ils ont été filmés trois ou quatre fois pour que la prise soit bonne, avec un bel éclairage, avec une légende travaillée. Ces contes-là ne te montrent pas forcément leur lundi matin gris, où elles n'ont pas envie de lire la Bible. Ils ne te montrent pas forcément leur soirée à scroller passivement sur Instagram, comme nous parfois. Ils te montrent juste leur meilleur moment. et c'est normal, c'est ce qu'on fait sur les réseaux. Mais toi, sur ton canapé, tu compares ton intérieur à leur extérieur. Et en fait, c'est pas une comparaison juste. Ça existe aussi sur les comptes de maman. Si tu es maman, tu dois connaître ça. Tu vois ces mums trigrammes avec des vies parfaites, elles ont l'air d'être des mères parfaites où tout est parfait dans leur vie. La maison est toujours super bien rangée, elles ont une attitude parfaite avec leurs enfants. Le deuxième mécanisme, il est plus subtil. C'est qu'on confond deux choses, une relation et une performance. On voit quelqu'un qui semble très spirituel, qui lit beaucoup, qui prie beaucoup, qui partage beaucoup. Et inconsciemment, on se dit que... C'est ça la mesure d'une bonne relation avec Dieu. La quantité, l'intensité, le rendement. Et là on touche au cœur du problème parce que c'est faux. Ta relation avec Dieu, ce n'est pas un feu d'artifice. Vraiment, je voudrais qu'on s'arrête là parce que c'est important. Imagine, imagine un couple, un vrai couple, marié depuis 10, 15 ans. Tu peux peut-être penser à un couple autour de toi ou peut-être à tes propres parents. Ou à ta vie à toi si tu es en couple. Regarde ce couple vraiment sur une année entière. Il y a des moments d'intensité. Tu sais, peut-être le voyage à deux qu'ils ont fait pour leur anniversaire de mariage. La conversation qu'ils ont eue le soir où l'un des deux a appris une très mauvaise nouvelle et où l'autre l'a écoutée pendant des heures. Le matin où ils se sont retrouvés après une dispute et où ils se sont vraiment reparlés. Ces moments-là, ils sont magnifiques. Mais ils n'arrivent pas tout le temps. Ils sont rares, mais ils existent heureusement. Mais... Ils représentent peut-être, quoi ? Dix jours sur 365. Le reste, c'est la vraie vie. Le reste, c'est elle qui lui demande pour la troisième fois s'il a pensé acheter du pain. C'est lui qui regarde une série pendant qu'elle, elle range un placard. C'est le petit déjeuner pris en se disant à peine bonjour parce que tout le monde est fatigué. C'est les courses du samedi. C'est la chaussette qui traîne encore et toujours dans le salon. C'est aussi elle qui lui prépare un café sans qu'il le demande, parce qu'elle sait qu'il en a envie. C'est lui qui range la voiture pour qu'elle puisse... plus facilement sortir le lendemain. Et maintenant, je te pose une question. Ce couple, est-ce qu'il s'aime ? Évidemment qu'il s'aime. Et même, je te dirais, c'est précisément parce qu'il s'aime que tous ces gestes banals sont possibles. La preuve d'une relation longue, c'est pas le feu d'artifice le jour de l'anniversaire de mariage. C'est la fidélité dans la chaussette qui traîne et qu'on ramasse sans en faire toute une histoire. Ou peut-être en ralent on peut, soyons honnêtes. Mais c'est la connaissance de l'autre. Ces goûts du café, ces humeurs, ces fragilités qui fait qu'on n'a même plus besoin de demander. Tu vois où je veux en venir, je crois. Si quelqu'un évaluait ce couple uniquement à partir de ses moments les plus intenses, le voyage d'anniversaire, la grande conversation, la réconciliation après la dispute, cette personne n'aurait aucune idée de ce qu'est vraiment ce couple. Parce que la majorité de ce couple, ce n'est pas ça. C'est tout le reste. C'est le banal, c'est l'invisible, c'est le fidèle. Eh bien... Je crois vraiment que c'est la même chose avec Dieu. Une relation vivante avec Dieu, c'est pas un feu d'artifice permanent. Ce n'est pas du « Warchep » en continu. Ce n'est pas la Bible ouverte sur la couette tous les matins à 6h. Même si parfois c'est ça, et tant mieux quand c'est ça. Mais c'est aussi, et beaucoup plus souvent, c'est la prière qui sort en un soupir pendant que tu fais la vaisselle. C'est le verset qui te revient en tête trois jours après l'avoir lu, au moment où tu en as besoin. C'est cette pensée pour quelqu'un que tu n'as pas vue depuis longtemps. et que tu interprètes comme un appel à prier pour cette personne. C'est ta gratitude pour le café du matin. Et c'est ton coup de fatigue le soir où tu dis simplement « Seigneur, je suis crevé, garde-moi, je t'en prie » . Tout ça, c'est de la relation. Tout ça, c'est vivant. Et tout ça, c'est précieux à Dieu. Et si tu regardes ta vie spirituelle uniquement à travers ces pics, la fois où tu as vraiment senti Dieu, l'épisode de podcast qui t'a bouleversé, Le culte qui t'a fait pleurer, tu vas passer à côté de la majorité de ta vie spirituelle, celle qui se déroule dans l'ordinaire. Du coup, qu'est-ce que Dieu attend vraiment de toi ? Et là, je vais te répondre avec une honnêteté totale. Je ne pense pas, même si ça m'arrive, même si je tombe moi aussi dans le piège très souvent, mais je ne pense pas que Dieu attend qu'on soit à la hauteur. C'est vraiment un truc que je voudrais que tu prennes avec toi en sortant de cet épisode. Dieu n'attend pas que tu sois à la hauteur. Parce qu'il sait que tu n'es pas. Et c'est exactement pour ça, précisément pour ça qu'il a envoyé Jésus. Pense-y un instant. Si on devait être à la hauteur pour entrer en relation avec Dieu, à la croix, elle n'aurait aucun sens. Tout l'évangile repose sur cette idée totalement subversive. On ne peut pas. Et c'est ok. Parce que lui, il le fait à notre place. Et que maintenant, on n'est invité pas à performer pour mériter sa présence. mais à plonger dans une relation qui nous est offerte gratuitement. Rappelle-toi Jésus, c'est pas une religion, c'est une relation. Et il y a un détail qui m'a marqué dans l'évangile que je voudrais te partager. C'est dans l'évangile de Jean au chapitre 15. Jésus parle à ses disciples, à cette poignée de personnes qui le suivent depuis trois ans. Et il leur dit quelque chose qu'on entend tellement souvent qu'on ne l'entend plus. Il leur dit « Je ne vous appelle plus serviteur, je vous appelle ami » . Arrête-toi sur ce mot, ami. Pas employé, pas stagiaire, pas disciple en formation permanente, ami. Et un ami, tu sais ce qu'il fait ? Il vient chez toi en jogging, il vient s'en prévenir. Il s'assoit dans ton salon désordonné, il accepte ton café qui est peut-être tiède, il accepte ton silence quand tu n'as pas envie de parler, il accepte ta fatigue, il ne te demande pas en arrivant combien de pages de Bible tu as lues cette semaine, il vient pour toi, pas pour ton rendement. C'est ça le statut que Jésus nous donne, pas serviteur sous pression, ami bienvenu. Et c'est là que je voudrais nommer quelque chose d'important, quand tu sens cette pression qui te dit qu'il faut faire plus, lire plus, prier plus. T'engager plus, être en feu, être visible. Cette pression, je veux que tu saches ce que c'est. Ce n'est pas la voix de Dieu. Cette voix-là, c'est une version du légalisme. C'est peut-être même la version la plus piégeuse. C'est ce qu'on pourrait appeler un peu un légalisme déguisé. Déguisé en vie chrétienne enthousiaste. Déguisé en routine parfaite. Déguisé en encouragement. Mais qui en fait te ramène à une logique de mérite, de performance. Tu fais beaucoup. Donc tu es une bonne chrétienne, tu fais peu, donc tu es une mauvaise chrétienne. Cette logique-là, c'est exactement l'opposé de l'évangile. L'évangile dit, tu n'es pas une bonne chrétienne parce que tu fais beaucoup. Tu n'es pas non plus une mauvaise chrétienne parce que tu fais peu. Tu es une chrétienne aimée parce que Christ t'a aimé le premier et que c'est lui qui te tient, pas l'inverse. Alors ok, et maintenant on fait quoi quand on se trouve devant ses comptes et qu'on ressent cette sensation ? Déjà, encore une fois, nommez. Nommez le mécanisme quand il se met en marche. Quand tu poses ton téléphone et que la petite voix monte « je ne suis pas à la hauteur » , au lieu de te laisser noyer, essaye de te dire « tiens, je viens encore de comparer mon intérieur à un extérieur mis en scène » . Cette sensation, ce n'est pas la voix de Dieu. C'est juste un mécanisme de comparaison qui s'est déclenché. Déjà, ça désamorce. La deuxième, pense au couple, à l'image du couple. Sérieusement. Quand tu te sens tiède parce que tu n'as pas lu ta Bible aujourd'hui ou que tu l'as lu vite fait, demande-toi est-ce qu'un couple marié depuis dix ans s'aime au moins parce qu'il a passé une journée sans grande conversation. Bien sûr que non. La relation, elle continue dans le silence aussi. Elle continue dans le banal. Avec Dieu, c'est pareil. Et la troisième, c'est faire un choix. Un choix très simple mais radical. Décide que ta vie spirituelle, tu ne vas pas la mesurer à la quantité mais à la qualité. qualité de ton attachement. Tu es attaché à Christ ? Tu reviens vers lui, même maladroitement, même par à-coups, même après une semaine entière de silence. Tu sais que tu lui appartiens ? Ben alors t'es au bon endroit. Le reste, c'est des détails. Peut-être important, mais des détails. Et avant qu'on ferme cet épisode, je voudrais aussi te dire quelque chose parce que c'est lié. Si toi, tu es une de ces chrétiennes qui produit du contenu inspirant sur les réseaux, Bible surlignée, routine, encouragement, ben continue. Tu fais quelque chose de bien, vraiment. Mais peut-être juste de temps en temps, montre aussi tes jours ordinaires, tes journées banales, tes soirées où tu n'as rien dit à Dieu de spécial. Parce que ça aussi, c'est la vie chrétienne, et que tes followers ont besoin de voir que la vie chrétienne, c'est aussi ça. Et si tu veux bien, j'aimerais qu'on termine ensemble par une prière. Seigneur, merci. Merci pour cette vérité toute simple, mais tellement libératrice. Merci de nous rappeler que nous sommes tes amis, pas tes employés. Merci de nous rappeler que tu nous aimes et que tu ne mesures pas notre valeur à notre rendement spirituel. Pour celle qui écoute, qui se sent petite, fatiguée, pas à la hauteur, Seigneur parle-lui. Rappelle-lui que tu l'aimes, pas pour ce qu'elle produit, mais parce que tu l'as choisie. Rappelle-lui que sa vie spirituelle ne se mesure pas en pages de Bible lues, en heures de prière, en intensité émotionnelle. Elle se mesure à toi, à toi seul, à son lien avec toi. Apprends-nous à habiter notre vie ordinaire avec toi. Apprends-nous à voir dans nos journées banales, dans nos prières fatiguées, dans nos silences, les espaces où tu es présent. Amen. Voilà, c'est la fin de cet épisode. Si quelque chose a remis en toi pendant qu'on parlait, prends un moment avant de retourner ta journée. Dans le prochain épisode, on continue notre cheminement dans l'évangile de Luc. D'ici là, sois béni et à très vite dans le salon. Si cet épisode t'a fait du bien, partage-le à une amie qui en a besoin. C'est la plus belle façon de m'aider à continuer. On se retrouve vendredi prochain dans le salon. D'ici là, souviens-toi, tu n'as pas besoin d'être parfaite pour venir à Dieu, ni de chercher à faire plus pour Lui. Cherche juste à être plus avec Lui. Que tu aies cinq minutes ou une heure devant toi, que tu sois en pleine forme ou au bout du rouleau, que Dieu te retrouve et te bénisse là où tu es, exactement tel que tu es. À très vite !