- Speaker #0
Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, deux fois par mois, on plonge ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débuguer des grands mythes de la psycho et répondre à des questions bizarres, super. Une fois tous les trois épisodes, il y aura aussi une surprise pop. Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connaît. mais qui n'existent pas vraiment intéressés. Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Hello Moufouk !
- Speaker #1
Hello ! Comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va bien, et toi ?
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Je suis hyper contente qu'on arrive à faire cette interview. Je t'ai rencontrée, moi, via Sandra Kisa, qui est une collègue de podcast qui a lancé le sien bien avant le mien et qui m'a beaucoup inspirée. qu'elles soient ici remerciées, c'est ce qu'on disait juste avant. C'est ça. Moi, je voulais interviewer des hommes dans mon podcast parce que j'ai vraiment envie de donner la parole au plus de l'an possible autour notamment de la question de leur métier et aussi de la parentalité à la marge. Et tu as accepté cette interview, donc je t'en remercie vraiment beaucoup.
- Speaker #1
Merci de l'invitation en tout cas.
- Speaker #0
Franchement, ça me fait super plaisir. Puis on a déjà un peu discuté avant cette interview et le courant était bien passé, donc je pense que ça va être chouette. Alors, je vais te présenter un petit peu, puis tu pourras compléter. Tu es photographe, donc. Tu t'es lancé il y a quelque temps à ton compte. Et derrière ces clichés, il y a une histoire personnelle dont tu m'as raconté quelques éléments la dernière fois. Tu vas développer, je pense, dans cet épisode, la raison principale qui t'a donné le déclic pour devenir photographe. Ici, on va parler de choix que je trouve, moi, courageux, de transmission, de regard. et de ce que ça veut dire de poser un regard sur les bonheurs des autres. Je trouve que ton travail est superbe. Et peut-être aussi ce que ça fait de poser un regard sur le bonheur des autres et ce que ça révèle de ce qui a pu peut-être nous manquer à certains moments. C'est ce que ça m'évoque quand je regarde ton compte, quand je regarde ton travail et quand je repense à ce qu'on s'est dit. Je te laisse compléter, si tu veux, parler de ton métier et de ce que tu fais.
- Speaker #1
Merci Marie, la description est assez bonne, juste quand tu m'as présenté ça m'a donné des frissons, donc c'était plutôt vrai, donc voilà, j'ai une nature assez joviale, mais derrière mon métier, il y a beaucoup de blessures personnelles, je pense que si vous posez la question peut-être dans votre entourage des personnes qui sont photographes ou photographes amateur, certains vont vous dire, bah oui, j'aime la photo, ok, mais... J'en suis sûr, en profondeur, il y a des blessures, il y a des choses qui manquent. En 2017 ou 2018, j'ai fait une formation en photo, un peu de développement personnel. Et on me pose la question, HP, pourquoi tu es devenu photographe ? Et je pleure, je ne sais pas ce qui s'est passé, je me rends compte. J'ai très très peu de photos de mes proches. Et là, ça a été... On était un petit groupe de 7-8 personnes et on était dans une villa en petit comité. Et là, mes propos ont résonné chez pas mal de personnes. Et donc, on était en train tous de pleurer en même temps. Donc, c'était la colonie de pleurs. Et ça a créé un lien hyper fort avec les copains, les copines. Quand on se revoit, on en rigole sur certains aspects. Mais oui, par rapport au métier de photographe, c'est vraiment une grosse blessure personnelle. Donc, peu de photos de mes proches. Et ce que je souhaite et ce que je veux vraiment, et c'est une mission que je me donne en tant que personne et en tant que photographe, c'est que tout le monde mérite vraiment d'avoir une jolie photo de sa propre famille. Qu'elle soit posée ou pas, moi, je m'en fiche. Par contre, qu'on soit fier et que... que ce soit même quand on est avec nos enfants ou que ce soit avec nos proches qu'on soit fier d'afficher nos images là on a fait une petite séance photo il y a quelques temps et on a pris un cadre récemment et on l'a affiché chez nous donc c'est vrai que chez nous on est très minimaliste on montre pas trop les images moi je suis plutôt dans un côté un peu minimaliste et il faut vraiment qu'on l'affiche fièrement soit dans un album soit... voilà de le mettre sur un mur à travers mes images tout ce que vous allez voir on en parlera peut-être tout à l'heure sur les réseaux ou autre mais il y a beaucoup beaucoup de joie parce que j'ai aussi une nature joviale Mais j'ai aussi une nature où tout ce qui est câlins, bisous, embrassades, ça me fait penser à tout ce que je n'ai pas eu. Et c'est ce que je souhaite vraiment pour toutes mes familles en soi, que ce soit mariée, couple ou autre, grossesse. C'est vraiment ce que je veux donner aux gens, tout simplement.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il arrive... Parce que les photos, celles que j'ai vues moi sur ton site et sur Instagram, on voit vraiment que tu arrives à saisir des expressions et des instants, je trouve, qui expriment des choses dont on rêve un petit peu au quotidien. Tu vois, avant d'avoir des enfants, on a ces images un peu d'épinal dans la tête et je trouve que tu arrives à saisir des choses dont on rêve. Pourquoi moi j'ai du mal avec les photos ? personnellement, c'est des souvenirs d'enfance effectivement, mais pas du côté de mes parents comme on a dit, parce que c'était des photos très naturelles, très belles j'ai beaucoup de chance là-dessus on a beaucoup d'albums justement et très peu posés, et j'ai même un fourrir de moi en photo où mon fils me ressemble quand il rit aux éclats de façon extrêmement impressionnante et c'est juste fascinant j'ai pas d'autres mots, de voir la génétique, cette expression c'est très impressionnant et très beau, très questionnant aussi mais voilà, les photos posées j'ai du mal tout simplement parce que j'ai du mal avec mon corps, avec mon légestrabisme avec le fait de porter des lunettes très longtemps, tout un tas de critères qui pour moi ne rentrent pas dans le cadre de la beauté je me plais pas en photo Et je ne sais pas quoi faire, ni de mes bras, ni de mon visage. Et c'est vrai qu'avec Benoît, justement, et je pense que ce serait pareil avec toi, parce que ce que je trouve le plus agréable, en fait, chez les photographes que moi j'estime, enfin, qui me mettent à l'aise, c'est ce que tu as dit juste avant. Tu as dit quelque chose du genre, il n'y a pas de jugement, je vois les gens. Et en fait, oui, il y a une beauté intrinsèque dans les êtres vivants, en fait. Et je trouve que c'est ça qui est le plus beau dans le travail de la photographie. Oui, tout à fait. Quand il est fait avec des valeurs que moi, je reconnais et j'estime. Quand c'est fait avec cœur, avec l'envie de montrer la beauté du monde. Il y a de la beauté dans les rides, dans le gras, dans un rire avec un triple menton. En fait, on s'en fiche.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est juste de montrer cette beauté et de montrer, oui... aussi comme ça me parle beaucoup aussi comme tu sais la fiction de donner à voir des choses qui peuvent tirer le fil de l'imaginaire aussi ça c'est sûr ouais c'est clair voilà donc voilà c'était et quelque chose que je trouve intéressant mais on en reparlera peut-être après mais c'est la photothérapie justement ouais
- Speaker #1
j'entends parler sur bah c'est devenu un peu une mode oui mais en soit c'est un nom qu'on donne Après, je ne connais pas en détail ce qu'on entend vraiment par photothérapie. Apparemment, il y a des thérapeutes qui font des photos, il y a des photographes qui font de la thérapie. Après, je pense qu'il y a un travail sur soi, il y a un travail aussi avec le photographe. Il y a aussi une histoire de développement personnel, d'apporter aussi de la confiance. Quand je parle confiance auprès de la personne qui est photographiée, du photographe aussi. Et je dirais qu'il faut qu'il y ait une prise de conscience des deux parties, je pense, pour vraiment valoriser ces systèmes de confiance, ces systèmes d'estime, ces systèmes aussi d'un travail sur soi en se voyant différemment. Il y a aussi ce côté où il y a la retouche. On connaît, même moi, quand j'étais gamin, je découvrais Photoshop à la télé. Je disais, c'est de la magie le truc. et tu fais une personne top modèle qui devient encore plus qu'une top modèle. Et en fin de compte, je pense que psychologiquement, les personnes ont été éduquées à ça en disant « Photographe, il faut qu'il retouche, il faut qu'il amincisse, il grossisse, il retire, il fait tout ça. » Moi, je ne vois pas du tout cette vision-là. On est comme on est. et voilà, la personne comme tu disais tout à l'heure a un double menton, un triple menton bah en fait ce qui va faire que tu vas reconnaître ton partenaire, ta partenaire ou tes proches vont regarder cette image et dire ah mais c'est toi ça, c'est complètement toi et comme tu le disais juste en voyant t'as une photo de toi petite et t'as une photo de ton petit qui a les mêmes expressions, la même aptitude, en même temps, ça montre bien que c'est ton fils. Donc ça, c'est rassurant. Et puis, voilà, c'est ton fils, ce n'est pas un autre enfant qui va ressembler exactement pareil. Et c'est ce qui fait aussi notre singularité.
- Speaker #0
La photo, elle va mettre en valeur quelque chose d'unique et d'universel aussi. Il y a vraiment un pont, je trouve, parce que... Quand tu regardes des albums photos d'il y a une centaine d'années, par exemple, c'est fascinant. Et justement, c'est ce que toi, tu m'as expliqué. C'est que toi, tu n'avais pas forcément beaucoup de traces du passé dans ta famille. Pas beaucoup de photos, c'était ce que tu m'avais dit.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Après, je dirais qu'est-ce qu'il y a l'époque aussi de l'argentique ? ou d'acheter une pellicule, d'aller chez le photographe, de faire le développement, tout ça. C'est un coût, ça je peux comprendre. Maintenant, est-ce que dans la famille, des gens prenaient des photos ? Je ne pense pas, ce n'était pas forcément naturel. Je pense que, on va faire un exemple, souvent, c'est souvent ça. Quand tu es dans une petite famille, tu as le conjoint avec les enfants, et puis souvent, la maman. va prendre des photos de ses enfants avec son conjoint. Et le conjoint, ou même l'enfant, va dire « Maman, arrête de prendre des photos, viens avec nous. » Typiquement, je pense que vous allez vous reconnaître dans mes propos en tout cas. Et en fait, le conjoint, il ne se rend pas compte, il ne prend pas conscience que vous faites ça pour vos enfants, pour lui et pour votre famille, tout simplement. Et au bout du compte... Il se plaint un petit peu au début, puis il se rend vraiment compte au fur et à mesure du temps et les années à venir. Après, il se rend compte et il se dit « Ah oui, mais tu as bien raison d'avoir fait des photos » . Par contre, la plus grosse frustration de la maman, c'est ce que j'en parle des fois sur les réseaux, c'est que la maman n'a pas de photos avec sa famille ou de l'enfant avec elle. Et voilà, le papa se rend bien compte sur cet aspect-là. Et c'est là où j'interviens, en gros. Quand il y a une prise de conscience de l'un ou de l'autre, c'est là où je dis « Il faut que… » . vous passiez chez un photographe, que ce soit moi ou peu importe, mais allez chez un photographe pour avoir ses souvenirs de votre propre famille. Posé ou pas posé, peu importe, mais vous avez une photo à vous, tout simplement.
- Speaker #0
La qualité d'une photo au quotidien, une photo portable, c'est à la volée et c'est chouette parce qu'on a des traces d'une visite au zoo, d'une midi au parc, etc. Mais c'est vrai que c'est aussi Merci. très différent de faire appel à un ou une photographe parce qu'on va avoir un autre type de traces et de souvenirs à ce moment-là. Ça marque aussi des moments, on prend vraiment le temps de les faire, on est un professionnel. Ce n'est quand même pas la même démarche du tout et c'est assez précieux aussi. C'est vrai que mes photos de grossesse, moi, je les chéris parce que je ne me sentais pas forcément hyper… bien physiquement, je me sentais très bien mentalement, mais physiquement, c'était le mode éléphanto qui était activé. Et c'est vrai que ces photos, elles sont magnifiques. Et c'est moi dessus pourtant, mais c'est fou. C'est vrai que les séances avec un photographe, ça peut intimider, je pense, certaines personnes, mais au final, je trouve que vous êtes des personnes qui savez être présentes, donner confiance et s'effacer. C'est-à-dire que tous les photographes, les bons photographes que j'ai connus, ça va à la fois créer un lien et vraiment il y a cette espèce de mouvement et s'effacer et laisser la place à la personne trop balèze et c'est vraiment pas évident parce que faire des photos pour l'idée c'est pas si facile on
- Speaker #1
est pas habitué oui et puis c'est pas naturel chez nous je veux dire même moi en tant que personne quand je suis aussi un photographe pour une famille, pour du portrait solo pour l'entrepreneuriat ou autre, on se pose des milliers de questions est-ce que je suis bien, je suis pas bien, je suis photogénique, est-ce que je pose bien ? Donc voilà, on se pose des questions et ce qui est normal, d'un point de vue en tant que photographe, c'est une personne qui souhaite à la fois être présent, présent mais pas trop être présent, qui est là pour vraiment... aider, créer une connexion entre eux avec les personnes et puis il y a aussi un côté de discrétion, d'effacement, de recul pour que les gens vivent leur... quand je dis les gens, la famille ou autre vivent le moment entre eux parce que Quand on va chez le photographe, on prend une démarche déjà de bien s'habiller. Ça peut être une corvée pour monsieur, ça je comprends, messieurs, mesdames, c'est différent, la démarche est différente. Mais je dirais que tu ne vis pas le même moment. Comme tu disais tout à l'heure, tu prends une photo des enfants, tu le vis, tu prends naturel. Elle n'est pas parfaite, mais ce n'est pas grave en soi, c'est un souvenir. Après quand tu vas chez les photo-arts Là tu... tu vas avoir une démarche où tu vas avoir tu veux des souvenirs, des souvenirs de ta famille posé ou pas posé, peu importe tu peux manquer un petit peu de spontanéité on va dire ça comme ça par contre la spontanéité moi je le vois comme ça c'est viable que le photographe mette à l'aise mais hormis cela il y a aussi il faut que aussi cette personne moi je suis un peu dans comme ça je leur ai dit dans les sciences famille on est là pour s'amuser on est là pour rigoler on est là pour faire un peu de sport donc ça arrive je les fais courir je les fais sauter je les fais prendre je sais plus comment on appelle ça sur le dos tu vois on fait une course les gamins ils adorent ça la course à un certain âge moi j'ai un petit de 5 ans et demi et donc voilà on joue au loup on fait tout ça et donc donc voilà faut que ça soit Pour moi la photo en soit c'est une excuse pour aller chez le photographe mais c'est pour moi plus une occasion de partager un vrai moment un vrai moment entre eux tout simplement et que même si il n'y a pas forcément la photo en question ils se disent ah c'était super on a passé un super moment avec le photographe on l'excuse du photographe mais ils ont partagé un moment ensemble tout simplement Je le vois comme ça en tout cas pour moi.
- Speaker #0
Oui, c'est la capacité à mettre à l'aise les gens, en fait. Générer du rire pour que ça pop un petit peu, quoi. Que ça fasse... Et puis, franchement, ça passe vite, une séance photo aussi. Ouais,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Il y a un côté, oui, il faut s'habiller, il faut un petit peu se pimper, d'accord. Mais c'est vrai qu'après, on est quand même vachement contents d'avoir une carte de vœux, d'avoir ça dans l'album, tout simplement. Tu te souviens. Puis c'est vrai que quand les enfants ont 20 ans et qu'ils quittent la maison, je pense que Mine de rien, tu es content d'avoir mis ta chemise bleue ce jour-là parce qu'il a 20 ans, il quitte le nid. C'est des moments puissants. Finalement, tu te dis, ça m'a gonflé ce samedi matin. Oui, mais franchement, tu es content de l'avoir cette photo dans ton portefeuille là. Franchement, c'est marquant. Puis, on ne sait jamais ce qui peut se passer. C'est bien d'avoir ces traces-là. Après, en plus, il peut y avoir honnêtement des séances photo. qui s'adapte, enfin je trouve, je sais pas si toi tu le fais, mais moi, ma photo de grossesse, elle était dans un parc, elle était en plein air. Et pareil pour les photos pro que j'ai faites avec Benoît, c'était dans mon cinéma municipal. Il y avait un super décor à la Wes Anderson, il y avait des chaises oranges, on a investi le lieu, il n'y avait personne. C'était génial. Et en fait, on peut faire des trucs hyper créatifs, hyper sympas, qui nous ressemblent en photo.
- Speaker #1
Ouais. Complètement. Moi dans ma vision des choses, c'est que déjà toutes les photos sont en extérieur, c'est un parti pris. Parce que je me voyais mal faire des photos de studio, j'ai l'impression d'être moins créatif. Je suis beaucoup plus créatif dehors et en fait quand je suis dehors, je vois plein de choses. Des choses graphiques, des choses de couleurs, des choses... Et donc, je te donne juste une anecdote, j'ai fait... j'ai un client qui me demande HP est-ce que tu peux prendre une photo de moi en photo d'entreprise, portrait CV, LinkedIn, tous ces trucs-là. Donc j'ai dit ok, pas de problème. Donc on n'était pas très loin du McDonald's, on était dans un parc, et là je lui ai dit tu vas te mettre dans le local à poubelle du McDonald's. Je lui ai dit vas-y, vas-y, tu rentres dedans, t'inquiète pas. et moi je voyais un truc, je voyais déjà un truc, je lui dis tu sors juste un peine, avance un peu, avance un peu et là boum une photo qui, on croirait que c'est un studio sauf qu'on est dehors et voilà et il y a d'autres moments aussi, ça a été dans le cadre de mon concours de portraitiste de France j'ai demandé à une personne, à la personne de se décaler un petit peu, bref et moi je vais dans le local à poubelle du casino donc je descends et... donc je suis un peu en pente et en fait je voyais un truc géométrique, un triangle dedans et avec un... voilà donc moi je voyais des choses comme ça mais des fois là... je pense que tu as pu voir j'ai posté une photo hier et c'était un couple qui était dans le champ de coquelicots et c'était pas prévu que ce soit là on commence à prendre la voiture et là je vois ça et je dis arrête toi là je vois un truc super bon là malheureusement c'est un champ de coquelicots et et là voilà je voyais un truc les couleurs étaient super assortie par rapport à leur tenue le ciel, en fait tout était rassemblé. Et je me suis dit, c'est génial, il faut que je fasse la photo là. Et donc voilà, et puis cette photo, elle a été sectionnée lors de mon concours, pour cette année, mais parce que je me suis formé, et j'ai eu, pas une connaissance, mais un peu plus une sensibilité à la couleur, que je ne faisais pas forcément gaffe avant. Donc voilà.
- Speaker #0
Je trouve justement que c'est une vraie connaissance, la question des couleurs, la question aussi de pouvoir saisir au vol un lieu qui va être approprié, c'est une vraie connaissance, tu t'es formé comme tu dis.
- Speaker #1
Oui tout à fait, je me suis formé et travaillé ça pour avoir une sensibilité aussi parce que je trouve que ça permet d'avoir une vision différente de ce qu'on peut avoir déjà aujourd'hui. Et si on en reparle dans quelques années, je pense que j'aurai encore une autre vision. et de voir différemment le monde par rapport à ça.
- Speaker #0
Oui complètement, je pense que ça va pas mal bouger. Justement au tout début tu nous as parlé de cette formation où vous avez tous pleuré, c'était une formation c'est ça ?
- Speaker #1
Oui tout à fait, c'était une formation un peu plus de développement personnel axée sur la photographie.
- Speaker #0
C'était vous les photographes ?
- Speaker #1
Oui, en fait les participants, on était tous des photographes. On avait nos... on va dire... pas professeurs ni les enseignants, je ne sais plus comment on dit. Encadrants. Oui, on va dire les encadrants. C'était des photographes, oui. Des photographes aussi. Donc, on avait deux et on avait... Bon, après, on était huit participants à ce workshop, comme on dit. Un workshop. Des photographes. Mais voilà, c'était une formation de trois, quatre jours, je pense, du côté d'Annecy, quelque chose comme ça. Et c'était vraiment puissant. On était dans une villa, mais on était vraiment tous ensemble. En colloque, huit personnes. C'était génial en même temps de partager ces moments-là ensemble par rapport à tout ça.
- Speaker #0
C'est des moments puissants. Et ça me fait penser que quand on a parlé de photothérapie tout à l'heure, ça ne te parlait pas forcément avec ce terme-là. Est-ce que c'était quelque chose de cet ordre-là, cette formation ? Ou c'était plutôt... Axé sur votre pratique ?
- Speaker #1
Non, alors au départ, entre guillemets, quand tu viens, tu dis que c'est un peu plus sur la pratique. Mais en fait, ça revient sur un peu ton pourquoi. Pourquoi tu fais ce métier ? Qu'est-ce qui t'anime ? Quand j'ai fait cette formation sur Sortir de l'âge, j'ai eu une révélation d'émotion et ça a décuplé toutes mes émotions en moi en termes de sensibilité. Sur par exemple, comme je t'en parlais tout à l'heure, les frustrations que je peux avoir, là j'ai commencé à regarder plus en plus, par exemple le mariage. Pour moi, mariage au départ, ce mot-là me disait fête et couple. J'avance dans le temps, c'était fête, couple, ami. J'avance encore après, c'était fête, couple, parent. Et après j'avance, et là ça a été fête, couple, ami, grand-parent, parent. et après c'était enfant donc en fait quand je suis en mariage je commence à regarder tout le monde tout le monde tout le monde tout le monde et pas uniquement nos mariés de ce fait là j'ai pris conscience que dans mes images il y a certes des câlins des bisous c'est ce que j'adore des gestes de tendresse mais c'est surtout aussi d'avoir des moments où si tu veux tu es un peu comme quand tu es sur une photo Tu peux regarder le premier plan. la première chose que tu vois mais c'est surtout ce qui est derrière qui est intéressant dans une image et c'est ce qui raconte aussi une histoire dans cette image d'avoir juste le couple ok mais ça rencontre pas forcément une histoire d'où comme je te disais tout à l'heure sur le côté de prendre un couple dans son environnement tu sais les anciens, main dans la main bah ça me fait penser à ça à ok donc là ils sont ici ils sont à tel endroit, ils sont en train de marcher, il y a quelque chose donc voilà un peu ce... le cheminement dans la partie de mes émotions et la découverte de cette formation, de cette révélation. Oui,
- Speaker #0
d'accord. Oui, c'est très profond. Tu vois, je n'aurais jamais pensé qu'il y ait des sortes de workshops ou de retraites autour de ça. Et oui, je trouve ça vraiment important, en fait.
- Speaker #1
de pouvoir se poser ces questions là tout à fait et à ce jour si tu veux je dirais qu'on a très très peu les formations de photographe sont très axées technique donc sur le matos, sur tout ça donc pour moi c'est un peu je ne suis pas forcément un vrai technicien je ne suis pas technicien du tout même si c'est plutôt le côté émotionnel qui est important pour moi mais je dirais que c'est la partie développement personnel, tu n'as pas conscience de ça aussi Et je te dis quand tu commences à découvrir ton pourquoi, qu'est-ce qui t'anime, là c'est jackpot parce que déjà tu ressors du lot. Et ce n'est pas simplement de faire des belles photos, mais les gens viennent pour toi, pour tes images et pas uniquement pour un prix. Et je pense que c'est partout pareil. Imaginons que tu as un banquier, non un assureur, on va dire ça. Un assureur, tu t'entends super bien, il est bienveillant, il te conseille bien. Il représente une société, il est la baffe. et du jour au lendemain il passe chez AXA et bah moi personnellement je serais prêt à quitter MAM pour aller chez AXA parce que je sais qu'avec cette personne il sera de bons conseils, il sera bienveillant et il sera pas là pour t'arnaquer désolé pour les assureurs en tout cas si on a mais l'idée c'est ça et pour moi c'est on vient pour qui tu es et ce que tu dégage dans tes valeurs, dans ce que tu partages, tout simplement.
- Speaker #0
Tout à fait. Je trouve ça vraiment... Je n'aurais jamais pensé, tu vois, que ça existait. Et c'est vraiment un axe, en fait, que je trouve important à développer dans la photo. Parce que, comme tu dis, ce n'est pas qu'une question de technique. Tu dis que tu n'es pas un bon technicien, mais enfin, le résultat est quand même nickel. Donc, si tu veux, ça veut dire que tu maîtrises quand même de la technique. Et il y a la petite surcouche sur le chocoboom. Ça a l'air petit, mais en fait, je ne sais pas pourquoi je dis petit. Je ne devrais pas. Il y a quelque chose qui est très important aussi, qui est l'émotion et que tu sais pourquoi tu fais ça. Et quand le moteur est activé, c'est quelque chose qui... Moi, ça me parle beaucoup en tant que future psy, en tant que personne qui accompagne déjà des gens par ailleurs. Notre moteur émotionnel, quand il est activé, il nous fait soulever des montagnes. C'est assez impressionnant aussi.
- Speaker #1
Complètement. Malgré la fatigue, tu as une journée. passion, tu as un truc qui t'anime et tu ne sens pas forcément cette fatigue. Juste un exemple, quand je fais des mariages, je commence à 9h du matin pour finir à 2-3h du matin. Il faut avoir la gare, il faut avoir l'envie et même si tu as un petit coup de barre, tu sais pourquoi tu le fais. Je sais que je le fais pour les familles, je le fais pour les couples, l'événement. Moi, je sais que le mariage, ça me fatigue, mais par contre, c'est tellement d'ondes positives que ça me recharge les batteries.
- Speaker #0
C'est très bien. Et en fait, ça vient réparer quelque chose.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Réparer aussi. Ce qui est beau, c'est que c'est un peu win-win, si je veux faire un peu l'américaine. Donc, tes photographes vont avoir ce résultat, ces photos qu'ils vont garder toute leur vie, parfois mettre sur la cheminée, même si moi non plus, je ne suis pas comme ça. Mais voilà, il va y en avoir des traces partout. Et vraiment, les mariages, ça passe tellement vite pour les mariés. Donc, eux, ça vient leur apporter quelque chose. Et toi, ça vient aussi mettre un pansement sur quelque chose que tu as vécu. Et voilà, ça vient réparer quelque chose. Je pense que la conjonction des deux fait que ça fonctionne. Il y a quelque chose de puissant qui se passe.
- Speaker #1
Oui, je suis tout à fait d'accord avec toi là-dessus. C'est vrai que c'est pour moi le côté pansement. Parce que, comme je disais, tu vois plein de gens qui rigotent. Tu as plein de gens qui font des câlins, des bisous. Des fois, comme je disais, les Jésus-Trois, ça peut... ça peut dire aussi je t'aime, c'est bravo, ça peut dire plein de choses, de la complicité. Donc comme je te le disais, c'est aussi des blessures personnelles qui font que j'ai envie vraiment qu'on ressente ça et que je me réalise un petit peu comme si j'avais ma propre famille, un mariage entre guillemets, mais même sur un shooting photo de famille, c'est un peu la même chose, je donne beaucoup de choses pour eux. Mais en fait le pour eux, c'est un peu égoïste quand je dis ça, mais c'est plutôt, c'est comme si je le faisais pour moi, en me disant, j'aurais voulu, alors oui, on ne peut pas idéaliser d'avoir une famille idéale, je ne dis pas le contraire, on a tous des problèmes familiaux et des sous-entendus, bref. Parmi cela, c'est un peu comme on disait, une pause, et on oublie tout cet aspect de problème, et qu'on fait essayer de s'abstenir. et que, lié à par ces images, ça rappelle certaines choses que je n'ai pas eues.
- Speaker #0
Mais justement, c'est une façon de sublimer, je trouve, des choses que d'avoir eu un manque ou une blessure et que le travail qui, en plus, te passionne. viennent réparer même si il y aura toujours une cicatrice on est des êtres humains donc il y a des traces justement anciennes parfois mais ça ça vient mettre un baume même si la cicatrice existe tout à fait voilà ça peut mettre du baume au coeur et la
- Speaker #1
passion vient va venir réparer des choses aussi c'est donnant donnant quelque part aussi ouais complètement complètement et j'aime même ça renforce aussi ta blessure quand je dis renforcer pas dans le mal C'est souvent dans les blessures que tu deviens plus fort. Je dis souvent comme ça. Tu vois, c'est un peu comme... Moi, j'ai fait des armatures avec le judo. Tu tombes, tu tombes, tu tombes. Tu dois réagir. Soit tu as deux réactions possibles. Après, ça dépend. Soit tu dis encore, j'ai encore perdu. Et tu as comment ton moral est au plus bas. Ou soit tu as une autre vision. C'est bon, tu rebondis et tu t'améliores, tu t'entraînes. Et ma vision c'est ça, on tombe, on remonte. Et en tant qu'entrepreneur, tu dois prendre des décisions. Des fois il y a des bonnes choses, des moins bonnes choses. Mais au moins tu passes à un autre cap. Je fais juste un exemple avec mon petit. Je fais un exemple. Des fois il a peur de certaines choses, ce qui est normal. Et je lui donne un exemple. On va à l'école à pied, on revient à l'école à pied. Et puis il y a une petite plaque d'égout, pas très haute chez nous. Et puis je lui dis, tu vois... La plaque des goûts c'est comme si tu avais la peur. Et tu vois quand tu sautes au dessus, tu vois qu'est-ce que ça t'a fait ? T'es content ? Bah ouais. Et t'as pas eu peur ? Bah non. Bon bah voilà donc si t'as peur tu restes toujours au même endroit et t'avances plus. Donc voilà je lui dis toujours, imagine que c'est toujours cette plaque. T'as peur de quelque chose, tu sautes et c'est fait. Donc voilà et ce qui fait que aussi le but c'est que pour mon petit je veux vraiment qu'il... qu'il ait aussi pour lui un aspect de confiance en lui. Je me rappelle des fois, je faisais un peu la chevaler américaine parce que j'allais suivre un petit séminaire, un petit de 5000 personnes. C'était là où je me suis rendu compte qu'il y a des choses où il fallait que je change. Pour le motiver le matin, on a créé une routine. C'était au début, quand tu changes d'habitude, c'est normal, c'est toujours dur. tous les matins avec mon petit avant d'aller à l'école on met une musique bien spécifique c'est I love it, je sais plus qui chante ça, bref c'est une musique qui est motivante qui bouge tout ça et donc tous les matins on fait notre danse tous les matins donc on pourrait même se filmer comme une chorégraphie c'est assez marrant donc pendant quelques secondes on fait des je sais plus si c'est des burpees, non pas des burpees, tu fléchis, tu sautes tout le temps, donc pendant quelques secondes je suis pas du tout ouais bref on saute pendant quelques secondes on fait des chorégraphies comme ça et puis des fois je lui dis t'es quoi je suis un champion donc vraiment pour lui apporter aussi de la confiance de réveiller son corps et de le motiver après je lui dis attention ça veut pas dire que t'es le meilleur je lui dis que c'est juste pour que tu te sentes bien et que t'aies confiance en toi par rapport à ça. Parce que dans mon éducation et de par mon histoire, on m'a surtout dévalorisé et en gros, on te dit t'es le cancre de la famille, t'es nul, tu sers à rien. Heureusement, grâce au judo, c'est aussi ça, ça m'a créé aussi un mental un peu d'acier et que, en gros, je veux rien lâcher. Je peux être très gentil et au fur et à mesure du temps, c'est là où j'ai pris conscience qu'il faut que tu fasses ta vie. pour toi et pas pour les autres, c'est là où il y a la prise de conscience et de me dire, ben voilà, je le fais et c'est pour moi et c'est un peu égoïste, mais c'est vrai d'un côté parce que tu vis pour toi et tu vis pas pour tes proches donc je veux dire, ceux qui te critiquent ou qui te disent des choses qui sont pas forcément bénéfiques mais plutôt toxiques, donc là, moi j'ai plutôt ce côté-là, plus les gens sont négatifs plus moi ça... Moi, ça me booste à bouger parce que je dois trouver un moyen pour casser ce côté-là.
- Speaker #0
Pour remettre de la lumière dans le discours.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Tout à fait.
- Speaker #0
Je trouve ça très beau ce que tu fais pour ton fils. Parce que c'est vrai que la confiance en soi pour les parents, je trouve, de notre génération, c'est quelque chose qu'on dit tous. J'ai l'impression, en tout cas, j'ai entendu beaucoup de parents m'en parler. Donc, je comprends très bien ta démarche. Je trouve que passer par le corps, tu parlais du judo qui t'a aidé à dépasser les brimades, qui t'a forgé et qui a fait que tu as pu dépasser les brimades. En tout cas, en passant par le corps et en passant par des choses concrètes. on arrive, on peut s'aider à dépasser le manque de confiance et les choses qu'on a reçues qui pouvaient être toxiques ou négatives qui peuvent nous tirer vers le bas. C'est un très bel exemple et je trouve ça super. Tous les rituels sont bons à prendre, je trouve, avec les enfants. Mais il y a encore plus ceux qui t'énergisent dès le matin comme ça. Avec la nuance, je suis un champion, ce qui veut dire je vais faire de mon mieux, je vais y aller. Aujourd'hui, je vais faire de mon mieux. Je ne suis pas le meilleur parce qu'en plus, qu'est-ce que ça veut dire finalement ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce qu'en plus, la célébrité, être le meilleur, ça apporte des choses qui sont complexes à gérer aussi. Donc en fait, je pense que c'est ça. Mais on danse en plus à deux, à plusieurs, c'est chouette aussi. Ça crée un lien. C'est ça. Voilà, c'est une complicité, on rigole. Franchement, c'est super de mettre quelque chose qui pulse et de la lumière dans ces matins-là. Il faut y aller quand même !
- Speaker #1
Tu vois aussi que, tu vois, on en parlait avec mon petit, il me disait « Papa, la chose que je me rappellerai de toi, plus tard » Il m'a dit ça, donc 5 ans et demi. Il m'a dit « Quand tu ne seras plus là, ce que je me rappellerai, c'est qu'on a dansé ensemble, on a fait ça. » Là, tu vois, je suis un peu ému quand j'entends...
- Speaker #0
Voilà, moi aussi !
- Speaker #1
C'est très beau ! euh... Mais voilà, tu dis que tu as laissé au moins une trace de quelque chose et que c'est certainement ancré. Peut-être, je n'en sais rien, peut-être plus tard, quand il aura des enfants, il va peut-être faire ça. Je n'en sais rien. Mais comme ça, ça permet de créer une routine et de créer un rituel avec, je ne sais pas dire un héritage, mais en gros, tu as laissé quelque chose qui a marqué dans son esprit. Donc, tant mieux. Et il vaut mieux que ça soit comme ça que de dire t'es nul, tu sais rien. Moi je l'ai bien encore là.
- Speaker #0
C'est ce que t'as reçu toi, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est un peu ça. Donc c'est dur psychologiquement. Je me bats, je me suis battu sur ça pour prouver le contraire. Maintenant avec le temps, je me rends compte que je m'en fous. C'est pareil, c'est ce petit séminaire qui m'a... Il m'a vraiment créé un déclic perso sur, tu vois, je ne sais plus si je t'avais raconté, mais en gros, on te donne un mètre et sur le mètre, on te dit que tu mets ton doigt à ton âge et on te dit que la moyenne des hommes décèdent à l'autorité de 80 ans. J'en ai 41, donc là, je me suis dit, waouh, il ne me reste plus beaucoup de temps. Donc là, je revois mes priorités. et me refocaliser là-dessus. Et pareil, mon petit qui me disait, ça m'a fait un peu mal au cœur, ce qui est un peu normal aussi, c'est que ça y est, papa va reprendre sa saison de mariage, on ne va plus le voir. Donc c'est un peu frustrant, c'est aussi de trouver comment je peux aussi par la suite trouver un moyen pour être présent, même si les autres mois où j'ai la basse saison, je suis là, mais C'est aussi un peu une frustration et j'ai envie aussi qu'il n'y ait pas de frustration par rapport à ça, qu'on partage ces moments-là.
- Speaker #0
Ça, c'est délicat. C'est vrai qu'on en avait discuté dans notre appel avant ce podcast et c'est vraiment une question délicate pour les parents qui ont envie d'être présents pour leurs enfants, cette espèce de tiraillement entre l'envie de se réaliser. et de répondre aussi à nos besoins ou à notre envie de nous réaliser et de réussir des choses. Et donc, ça demande du travail. Et l'envie qu'on a d'être présente pour nos enfants, c'est un vrai tiraillement. C'est bien que tu entendes ton fils. Et puis, en même temps, c'est bien de savoir... On vit dans un monde, c'est mercantile. On a besoin de travailler. Et on a besoin de travailler aussi intellectuellement et psychologiquement. Enfin, en tout cas, je ne sais pas pour toi, mais c'est vrai que moi, j'ai du travail. Je trouve ça structurant, je trouve ça passionnant. C'est fatigant, on est d'accord. Surtout à 41 ans, nous avons le même âge. Mais voilà, c'est vrai que c'est ce tiraillement-là. Et je ne sais pas ce que tu lui as répondu, sans indiscrétion, mais je sais.
- Speaker #1
Non, je ne l'ai pas... En fait, il en avait parlé auprès de sa maman à la garderie. Donc voilà, mais c'est les propos que la maman a parlé. Rapportés, d'accord. Oui, rapportés. Mais c'est très dur, c'est très dur. C'est très dur, donc... Donc voilà, là tu vois, pareil dans ce petit séminaire, et même par une autre coach, vu que ma saison de mariage a été déjà réservée pour 2025, on a déjà réservé pour nous. 2026, c'est-à-dire que je dédie du temps, c'est-à-dire que je ne prends pas de mariage, je ne prends pas de... Voilà, on dédie ce temps en famille et que voilà, on passe du temps ensemble tout simplement. Avant, c'était je prends le boulot qu'il y a. Maintenant, c'est plutôt boulot ou pas boulot. En gros, les vacances, c'est comme ça et c'est tout. Et puis surtout que tu as un enfant qui est à la maternelle, qui va passer en primaire et c'est le regret, je pense que j'ai du temps de parler aussi, mais c'est le regret. Là, en tant que papa, pas en tant que photographe, c'est que je me suis rendu compte, je n'ai pas assez profité du temps avec mon fils, même avec mon ami, j'ai négligé ce côté-là. Mais c'est pareil, c'est que, voilà, fin septembre, j'ai eu ce déclic quand j'ai fait ce séminaire. Et donc, si tu veux, à partir du moment où tu prends ce recul-là, cette vision-là, dansant, tu dis, ouais, en fait, on regrette tous. Quand j'ai des mariés qui viennent d'avoir un enfant, je leur dis « profitez au maximum de vos enfants parce que certains sont entrepreneurs, d'autres sont salariés. Mais profitez parce que le temps passe tellement vite et c'est hyper frustrant de ne pas avoir ça. » Et moi, j'ai l'impression de ne pas avoir réellement profité de partager ces moments-là avec lui et avec mon ami.
- Speaker #0
Parce que tu étais occupé à lancer ton activité.
- Speaker #1
J'étais, vu que je venais d'une nouvelle région, j'ai déménagé, il fallait ça, plus Covid, donc si tu veux, il fallait donner tous les moyens pour que ça bouse. Vu que tu es dans une nouvelle région, le bouchon à l'aile, le développement en ligne, ces trucs-là, c'est différent, donc là ça va un peu mieux. Mais voilà, je te disais... le fait d'avoir cette prise de conscience maintenant, donc c'est quand même, il a 5 ans et demi maintenant, je me dis, voilà, si vous avez des enfants, messieurs, mesdames, profitez-en pour passer un maximum de temps avec lui ou avec elle ou avec eux, parce que c'est vraiment un gros regret, et bien entendu, comme vous le savez, les enfants grandissent.
- Speaker #0
Et en même temps, tu sais, il a 5 ans et demi. C'est là où les souvenirs les plus forts commencent. Entre 4 et 7 ans, on imprime pas mal de choses. En tout cas, moi, j'ai beaucoup de souvenirs qui commencent par là. Il y a des gens et leurs souvenirs commencent beaucoup plus tard. Vu ce que tu as dit à ton fils sur la danse, ce qui est vraiment très beau et qui indique sa conscience du temps qu'il passe, mais aussi du temps que tu passes avec lui, vu ce que tu me dis sur l'aménagement, des vacances, des temps dédiés, vu la conscience que tu en as, Je me... n'aie pas de doute que les prochaines années vont être très belles et que tu vas trouver cet équilibre-là entre famille et travail. C'est vraiment un tiraillement du monde moderne qui est très difficile, je trouve.
- Speaker #1
Tout à fait. Et c'est là où, oui, il faut trouver le bon équilibre pour tout, en fait. C'est ça qui n'est pas forcément évident. Après, je pense que quand tu es entrepreneur, ce n'est pas forcément évident. une fois que tu as réglé, tu as défini tes règles, après c'est comme ça et c'est tout, tu déroges pas et et voilà donc là par exemple mon ami a cours tel jour à telle heure, bon bah voilà je sais que je dois arrêter de faire, je dois passer du temps avec mon petit je dois m'occuper du petit pour la douche, pour le repas, peu importe on anticipe le repas, ouais c'est ça c'est de de se donner des règles et de pas déroger quoi
- Speaker #0
C'est ça, et de savoir en fait mettre le curseur sur ce qui est important pour nous, sur ce qui nous bouffe un peu, ce qui nous interroge, et voir comment on peut réaménager, parce qu'il y a des gens qui ne peuvent pas forcément réaménager. Quand on a deux boulots à temps plein, de 9 à 18, ou de 10 à 19, là clairement, on met le paquet sur les soirs et les week-ends, et c'est comme ça, et sur les vacances. Quand on est entrepreneur, on peut un petit peu s'arranger, mais parfois on va devoir bosser le soir, ça m'arrive. Ça fend le cœur à des moments, mais on fait un peu comme on peut. On est dans un monde qui fonctionne comme ça. Il y a des choses auxquelles on ne peut pas déroger. Et en même temps, comme tu dis, quand on pose, tiens, ça c'est important pour moi, on s'y tient avec des adaptations par moment. Mais je pense que c'est vraiment une question d'équilibre à trouver. J'ai envie de souligner ce que tu dis sur les repas et le bain, parce que moi, j'ai déjà entendu des jeunes pères dire… Bon bah ça c'est elle qui s'en occupe, c'est cool pendant ce temps je peux jouer aux jeux vidéo ou je peux appeler mes potes. Alors bien sûr toutes les familles ont leur organisation. Donc moi vraiment il n'y a pas de jugement là-dessus parce que s'occuper d'un enfant ça peut être très répétitif. Une fois, il y a un monsieur qui nous a dit, dans un bar, on était avec le petit, il était tout petit. On sortait d'un rendez-vous médical, il s'était endormi, donc nous, on s'est pris un petit thé. Et en fait, le type nous demande si j'allais, et j'ai dit, ben non, j'ai pas allaité. C'était pas un choix, j'ai pas pu. Et il regarde mon mec et puis il dit, ah dommage, t'aurais pu avoir ta nuit, enfin dommage, tu vois, t'as dû participer. Et j'ai pas répondu, parce que, voilà, merci. pour ce qu'on regarde.
- Speaker #1
C'est quoi ce raisonnement ?
- Speaker #0
Que j'ai retrouvé chez beaucoup d'hommes qui vont avoir tendance à dire c'est cool si elle allaite, je peux être tranquille et je vais bien pioncer les premiers mois de mon bébé ou la première année, etc. Parce que du coup, c'est la mère et c'est la mère qui nourrit presque exclusivement sauf si elle tire son lait, on ne va pas rentrer dans l'allaitement. Ce sera pour un autre épisode.
- Speaker #1
Un autre sujet ça.
- Speaker #0
Tout à fait. Mais si tu veux, ce que je trouve dommage... c'est que ces personnes-là ne se rendent pas compte de ce qu'elles ratent aussi. C'est-à-dire, oui, la première année de notre enfant, on a mordu, mais on a aussi eu un lien absolument dingue avec lui. Oui, tu te réveilles la nuit à 4 du mat', mais tu vois aussi les étoiles et la lune dans le ciel en tenant ton bébé dans les bras. Moi, je n'ai jamais ressenti un truc aussi beau et puissant. Et c'est vrai que le lien avec notre fils, il est hyper fort à 3 aussi, parce qu'on a fait ça vachement tous les deux. aussi parce qu'il a fait ce travail là parce que c'est un boulot aussi mais c'est vrai que j'ai envie de leur dire donnez le bain aussi les gars faites le truc quand vous pouvez, évidemment quand on est à 20h30 on est éclaté et que c'est le schéma que c'est le fonctionnement de la famille il n'y a pas de problème, mais quand c'est pour jouer aux jeux vidéo ou pour faire une bière avec les potes plusieurs fois par semaine je trouve ça dommage, quand on a le choix je trouve ça bien d'accompagner son enfant et sa compagne au départ dans la vie Voilà. En tout cas, ce type-là dans le bar, mais vraiment, c'était dommage comme réflexion. Genre, ah bah, du coup, tu dois bosser. Bah, on l'a fait à deux ou pas, cet enfant ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Moi, on a une petite anecdote aussi. C'était quand on était à l'hôpital. Mon ami venait d'accoucher de petit. Et puis, il y a le pédiatre qui dit, bon, vous allez-y. Et puis, mon ami, il dit non. Voilà, c'est son envie. Et de toute façon, moi, ça ne me dérangeait pas du tout qu'elle n'aide pas. Et ce n'était pas forcément, pour moi, obligatoire de toute façon. Et donc, en gros, le pédiatre lui fait comprendre que ce n'est pas bien. Et au rendez-vous, il y avait des purificatrices ou des infirmières. Des sages-femmes. Oui, des sages-femmes, pardon. Ils disaient, moi, mes enfants, à l'été, ils sont tout le temps malades. Donc, c'était assez marrant. de voir ça ou des allergies pour d'autres mais si tu veux pour moi c'est là où tu vois t'as encore des raisonnements soit de machisme soit de stéréotypes et qu'en fin de compte il faut évoluer aussi avec le temps quoi si la maman décide après c'est un sujet débat, décide d'allaiter ou pas d'allaiter, ça c'est un choix après si on peut pas on peut pas et puis si elle ne veut pas elle ne veut pas et si le couple veut participer aux deux Bah voilà, moi je suis parti dans le club, si voilà, elle veut pas l'aider, bah ok, pas de problème, on se réveillera, on se réveillera pour faire les bips, tous ces trucs-là. Donc comme tu disais, la première année, tu morfles un peu. Ah là ! Donc voilà, t'es un peu en mode zombie. Et voilà, donc ça reste, ouais, des petites anecdotes. On en rigole maintenant, mais c'est vrai que je pense que sur le coup, on en rigole moins, mais c'est un peu dur.
- Speaker #0
Non, c'est très dur, mais c'est vrai que c'est... C'est vraiment toujours des questions de perception familiale, de choix. Vraiment, je ne suis pas choquée qu'il y ait des mères qui fassent tout ce qui est autour du bébé et le père qui soit par exemple dans la sphère du travail. Nous, on n'a pas du tout ce type d'organisation. Mais c'est vrai qu'il faut pouvoir, il faut se sentir à l'aise. Et il y a aussi des personnes qui aiment être vraiment la personne qui s'occupe du bébé. Et voilà, c'est vraiment OK. C'est ça, comme tu dis, il y a des relents de machisme aussi. Et alors le pédiatre qui fait culpabiliser pour le non-allaitement, c'est vrai que c'est des réflexions un peu d'un autre temps, dans le sens où déjà c'est la femme qui sent et qui sait si elle a envie, si elle le sent et si elle peut. Il n'y a pas à tortiller là-dessus, il n'y a pas à... Ce qu'il faut demander à la personne, en fait, ce que je n'aime pas, c'est qu'il y a le côté, on ne va pas partir sur l'allaitement, je sens qu'on est en train de partir.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on va pas le dévier, on va arrêter sur ce sujet-là.
- Speaker #0
Non, mais vraiment, c'est passionnant. Et puis, en plus, je vais te laisser aller travailler sur tout. Parce que tu as aussi un mariage à préparer en photo. Mais c'est vrai qu'il y a vraiment cette question qui est de se dire pourquoi est-ce qu'on ne veut pas le faire ? Moi, je ne pouvais pas, mais il y a des personnes qui ne veulent pas. Est-ce que c'est par peur ? Et si c'est par... peur. Pourquoi pas en discuter, mais de façon correcte, de façon subtile, de façon fine. Est-ce que vous voulez qu'on en parle ? Est-ce que vous avez peur ? Est-ce que vous ne vous sentez pas capable ? Ou est-ce que vous ne voulez pas ? C'est très différent. Parce que c'est bien, c'est notre corps quand même. Moi, j'aurais adoré pouvoir. Je n'ai pas pu. Mais franchement, ce n'est vraiment pas pareil de dire « Oh, c'est mauvais pour l'enfant » sur le plan nutritif, nutritionnel. C'est vrai que le lait maternel est extraordinaire au niveau composition. Et en même temps, voilà. Je connais aussi plein d'enfants qui sont très malades, qui ont été allaités très tard. Je connais plein d'enfants qui ont eu des reflux, des allergies, tout en étant allaités. Donc, clairement, c'est vrai que c'est extraordinaire d'avoir le corps qui peut faire ça, mais ce n'est pas une raison pour forcer les gens, les culpabiliser. Voilà, il y a un manque de... De toute façon, il y a un problème. Comme le médical intervient dans la naissance, j'avais fait un épisode là-dessus, on peut s'en remettre à l'avis des médecins, alors qu'en fait, il faudrait une équipe pluridisciplinaire. il faudrait Un médecin, bien sûr, des sages-femmes qui ont une autre vision du corps de la femme, et une autre approche. Il faudrait peut-être un ou une psychologue, et puis quelqu'un qui soit spécialiste de l'allaitement, etc. Il faudrait des équipes pluridisciplinaires. On est passé par l'allaitement, mais c'est vrai que jongler justement, parce que tu parlais de parentalité et d'entrepreneuriat, jongler entre ces deux pôles-là qui sont très importants dans nos vies, entre se réaliser professionnellement et se réaliser en tant que... Donc, parents, est-ce que tu aurais un conseil, justement, pour les personnes qui auraient envie de se lancer par rapport à ça, justement ? Parce qu'on a parlé de profiter des enfants, mais c'est vrai que qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui est parent ou qui va l'être et à quelqu'un qui voudrait se lancer aussi dans l'entrepreneuriat ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui te viendrait là-dessus ?
- Speaker #1
Le conseil que je pourrais donner, ça serait dédier du temps, des créneaux ou des heures bien précises. que vous passez et profitez de votre famille, de votre couple, même de votre enfant ou de vos enfants. C'est vraiment la chose que je devrais vous donner, c'est vraiment ça. L'entrepreneuriat, vous allez pouvoir bosser. Après, bosser, c'est aussi d'être productif. Parce que vous pouvez bosser, mais ne bossez pas sur les tâches les plus importantes. Vous vous dites, tiens, qu'est-ce que tu as à faire ? J'ai trop de choses à faire. j'ai ça ça ça ça ok mais c'est quoi le plus important qu'est ce qui va faire que si tu fais une tâche ça va ça va décompter tout est domino et c'est ce qui va avoir plus d'impact sur ton entreprise ou plus d'impact sur des tâches peut-être que tu procrastines ou pas mais mais voilà il faut vraiment bien réfléchir et toutes les personnes qui vont dire tout est important c'est impossible il ya toujours des tâches les plus importantes Et celles que vous allez faire en premier, ça veut dire que ce sont les tâches les moins importantes parce que vous allez dire que ce n'est pas trop difficile, donc ça va. Donc par rapport à l'entrepreneuriat, focalisez-vous sur les tâches les plus importantes et par rapport à votre famille ou à votre enfant, c'est dédié du temps pour eux, pour elle ou pour lui par rapport à ça.
- Speaker #0
Tu dis en fait, ce qui n'est pas mal, c'est de hiérarchiser au final, même entre vies de... vie de famille et la vie d'entrepreneur, en fait.
- Speaker #1
Oui, clairement.
- Speaker #0
C'est la matrice d'Eisenhower qui peut aider à ça, justement, avec Important, Euro, etc. C'est ça. Par exemple. Mais je trouve que c'est ça. En fait, c'est ça. Quelles sont tes priorités ? Vraiment s'écouter, et pas seulement au niveau de la tête, mais aussi au niveau des émotions et un peu du cœur.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Parce qu'il y a deux façons de voir les choses aussi. C'est vrai que ce n'est pas facile de les réconcilier,
- Speaker #1
parfois. Tout à fait.
- Speaker #0
Merci encore, HP, pour cette interview qui a été très riche. Je pense peut-être que je vais en faire deux épisodes, on va voir.
- Speaker #1
Oh, comme tu veux, Marie. Il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
Mais merci beaucoup à toi. Et puis peut-être qu'on reparlera des couleurs un jour, qui sait ?
- Speaker #1
Qui sait ? On ne sait jamais. En tout cas, merci beaucoup pour cette invitation. C'était super d'échanger ce moment entre nous. Donc, c'était vraiment top, en tout cas.
- Speaker #0
Merci à toi. À très bientôt.
- Speaker #1
À très bientôt. Salut. Salut.