- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Psycho Pop. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir Manon, Manon Marques, qui a été ma formatrice podcast, et grâce à laquelle j'ai accouché de ce superbe Psycho Pop au bout de neuf mois qui ont été très très formateurs. Manon, j'ai souhaité l'interviewer dès que j'ai commencé à pouvoir faire des interviews, à me sentir capable de faire des interviews, notamment sur... son aisance à se présenter, à se montrer sur les réseaux, parce que c'est quelque chose qui m'a très longtemps bloquée. On va donc parler dans ce premier épisode, car il y en aura un deuxième avec Manon, de l'image de soi, de l'importance de se déconnecter, de l'importance de prendre des pauses et de faire ce qui nous anime vraiment. L'image du corps, l'image de soi avec Manon Marques, c'est parti ! Hello vous, moi c'est Marie. Futur psy, bien vu dans Psycho Pop Le podcast, une pause Et un podcast Dans Psycho Pop, deux fois par mois On plonge ensemble dans des sujets universels Amour, travail, parentalité, légitimité On prend une pause On se donne des tips de vie ou de survie Et on sait qu'on est dans le même bateau On va aussi débuguer des grands mythes de la psycho Et répondre à des questions bizarres, tu verras Une fois tous les trois épisodes Il y aura aussi une surprise pop Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connait Mais qui n'existe pas vraiment Intéressée ? Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Merci beaucoup d'être là. On s'est rencontrées en ligne il y a plus d'un an sur un challenge de rangement. Quoi ? Très utile pour moi.
- Speaker #1
Mais tiens, que pour de TDAH sur un challenge de rangement ?
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Je me demande, mais ça m'a vachement aidée. Mon claquère à pharmacie n'a plus la même tranche depuis Morgane. Donc voilà, je la remercie ici aussi pour ça. et donc de t'avoir rencontré. C'était une très belle rencontre numérique et en fait, j'ai eu le déclic, un truc immédiat, en voyant ton pseudo. C'est pour ça, d'ailleurs, mettez ce que vous faites sur vos pseudos Discord quand vous êtes dans des challenges parce que ça peut intéresser des gens. J'ai vu ça, je me suis dit « Wow, elle forme au podcast ! » Et en plus, maintenant, tu formes à la communication aussi autour de nos projets, donc ça, c'est trop bien. On en a besoin. Et voilà, donc j'ai vu ça et ça m'a donné l'élan. Et maintenant, je t'interview. Ce qui me donne quand même un peu les mains moites, je dois dire. C'est très émouvant.
- Speaker #1
Je suis intimidante. Je suis très contente d'être invitée sur ton podcast parce que du coup, tu fais partie de mes toutes premières clientes sur mon accompagnement. Et quand je me suis lancée sur la bêta test, et franchement, je ne pouvais pas rêver mieux comme cliente que toute la promo que vous étiez. Enfin, vraiment. Et en plus, tu vois, tu es revenue deux fois. Et je dis toujours... que je ne peux pas rêver mieux que les clientes que j'ai. Et particulièrement des clients comme toi. Il n'y a pas de meilleure cliente que toi, Marie. Franchement, tu sais comment valoriser les prestataires avec qui tu travailles. C'est vraiment top. Et tu as toujours des bons retours. Donc non, franchement, j'ai trop de chance.
- Speaker #0
C'est moi qui suis censée te saucer à ce moment-là.
- Speaker #1
J'ai un vertu.
- Speaker #0
Carrément, carrément. Je vais faire attention. Non, mais ça me fait très plaisir parce que c'est vraiment ce que je me disais aussi. c'est que sans toi et sans la clique qu'on était. J'aime bien dire la clique parce qu'il y avait un côté, en plus, on était très nature. Il y avait un côté très naturel, en fait, dans ce premier groupe-là que tu as eu. Et très pro aussi parce que finalement, on a toutes fait quelque chose de très chouette. Sandra, elle est loin devant et c'est un peu un modèle aussi. Yavana, elle a fait un truc très motivant, très péchu. Et grâce à toi, grâce au travail qu'on a fait ensemble et grâce à cette à ce groupe de femmes, j'ai pu me montrer. Quand même, je suis partie de loin. Donc, c'est aussi pour ça que je suis super touchée de parler avec toi de ce sujet-là aujourd'hui, d'oser se montrer en ligne et puis d'oser prendre sa place, la place qu'on estime légitime parce qu'on est passionné, parce qu'on fait, parce qu'on a des messages à transmettre. Et la preuve, moi, je suis la preuve vivante que ton message fonctionne. Non, mais vraiment. Si on se souvient bien, j'étais dans mon trou de souris. Arrête,
- Speaker #1
je vais pleurer.
- Speaker #0
Non, vraiment. C'est un fait,
- Speaker #1
quoi. Ça me fait très plaisir, en plus, d'entendre ton retour, et notamment parce que c'est quelque chose que, grâce à vous, j'ai rapidement pu me rendre compte aussi que, en fait, la création d'un podcast n'est pas juste la création d'un podcast. Et en vérité, vous veniez pas vers moi juste pour connaître la technique, mais qui avait vraiment une... une volonté de se faire accompagner aussi sur des peurs et des blocages liés à la visibilité. Et effectivement, parfois, ça prend du temps. Ça t'aura pris neuf mois et deux sessions. Et maintenant, tu as ta tête en photo de profil sur Instagram. Quand j'ai vu ça, je suis en mode... En portant du rose en plus, je suis en mode... Oui, c'est trop bien ! Le combo. Victoire, c'est sûr. Quand je vous vois comme ça, quand je vois les statistiques de l'une, les photos de l'autre, c'est toujours mes petites victoires en mode... Ah ouais, j'adore ! Oui,
- Speaker #0
mais c'est ça. Je me suis interdit, alors c'est un peu drastique, de dire petit pour ce genre de choses. Parce qu'en fait, c'est une victoire avec un grand V. Pour moi, c'est un truc inestimable ce qui s'est passé. Alors évidemment, c'est une mutation qui a été globale en devenant mère, en prenant ma vraie place dans le monde du travail, la place que je voulais occuper depuis toujours. Mais le podcast, c'est vraiment une espèce de couronnement. Je ne me suis pas auto-couronnée reine, mais j'ai eu l'impression enfin qu'avant, je me suis glissée dans des places pro et perso pas trop mal. Mais là, j'ai l'impression d'avoir créé mon propre moule et de m'être glissée dedans après. Jamais ressenti auparavant. Donc en fait, le podcast, il est un peu la matérialisation de ça grâce aussi à ton travail et à ce groupe, vraiment.
- Speaker #1
Depuis d'un projet que tu avais quelque chose que tu avais en tête depuis très longtemps, depuis une dizaine d'années aussi, je pense que c'est quelque chose qui met du temps. Et je reprendrai quelque chose que tu m'as dit et que je reprends beaucoup maintenant d'ailleurs. Dans mes accompagnements pour motiver les filles qui n'osent pas se montrer, un jour, tu m'as dit, j'ai compris grâce à toi que le fait de communiquer, ce n'était pas tant de communiquer pour moi, mais c'était que j'étais un vecteur, en fait.
- Speaker #0
Eh bien, c'est sûr.
- Speaker #1
Je suis un vecteur pour communiquer un message et pour aller toucher des personnes. Et je me suis dit, mais oui, c'est exactement ça, en fait. C'est de remettre la place de la communication dans ce qu'elle est. Ce n'est pas nous la communication. Nous, on insuffle une énergie dans la communication et on est vecteur d'un message.
- Speaker #0
Je ne me souvenais pas d'avoir dit ça, mais ça me parle vachement. On m'a souvent dit que j'étais madame dictionnaire ou madame bonnes expressions. Tant mieux si ça sert. Pour moi, j'ai atteint mon but quand une amie m'a dit, en écoutant ton épisode, une interview avec une autre amie, elle m'a dit « j'ai osé parler d'un projet que j'avais depuis longtemps » . en me disant, ce n'est pas grave si ce n'est pas aussi parfait ou aussi high level que certains le voient. Je n'avais pas besoin de le faire à la perfection. Je me suis motivée à faire ça et ça a la forme que ça a. Merde ! Et ça, je me suis dit, ok. Moi, j'ai coché la case à ce moment-là. Je me suis dit, c'est bon, il a atteint son objectif.
- Speaker #1
En plus, je me dis, t'imagines Marie, ce que tu arrives à produire aussi chez les gens. en termes d'inspiration et de voir que finalement c'est des choses, en plus des difficultés auxquelles toi-même t'es confrontée en tant que grande perfectionniste c'est démentiel waouh c'est génial parce qu'en fait justement le fait de moi-même faire ce travail de lâcher prise, ça inspire aussi les autres à dire ok le parfait c'est pas le plus important le plus important c'est ce que ça crée derrière, comme les chiffres c'est vraiment pas important Ça ne veut rien dire si ça ne crée pas quelque chose derrière.
- Speaker #0
Voilà. Je sais l'importance que ça peut revêtir de les regarder, de comprendre pourquoi, etc. Et pour l'instant, le cœur de ce que je voulais faire en faisant ce podcast, il est atteint pour moi. Si quelqu'un me dit, ça m'a fait du bien, j'ai pu parler de ce projet sans en rougir parce qu'il a la forme qu'il a. Et là, c'est tout. En fait, c'est ça qui est le plus important pour moi. Parce qu'on tire tellement de... de satisfaction et de réparation à oser faire certaines choses. D'un seul coup, on réalise qu'on en était capable, tout simplement, et qu'on n'avait pas osé avant. Toi, tu as fait ça pour moi grâce à ta bienveillance, à ce non-jugement. Et je n'aime pas utiliser des formules négatives, mais vraiment, je me sentais en sécurité et comprise, en fait, dans mes problématiques avec toi. Et c'est aussi ça qui a créé une sorte de cocon, parce qu'en plus, tu n'es pas non plus complaisante. Tu n'es pas non plus en train de nous dire... Non. Tu as ce beau mélange de... C'est quelque chose d'assez juste chez toi. Donc, tu sais nous dire... Là, tu trouves peut-être une excuse. Mais tu ne m'as jamais dit ça quand je te disais « Oui, je ne dors pas et bébé... » Vraiment ?
- Speaker #1
C'est une excuse, le bébé, tout de même. C'est un truc horrible.
- Speaker #0
J'ai déjà entendu ça sur d'autres challenges. Si vous n'avez pas le temps, c'est qu'une excuse. Et en fait... On va se calmer. Oui, des fois, c'est une excuse. D'autres fois, on va au burn-out si on se force à faire des choses. Donc voilà, il faut trouver la juste mesure dans ce qu'on dit. Et donc, toi, tu as eu ce rôle-là pour moi. Et aussi, comme on parlait, du fait de se montrer au départ, ce qui est aussi le sujet de cet épisode. Toi, Sandra et Yavana, vous vous montriez déjà quand j'ai commencé à suivre cette formation avec toi. Et moi, j'étais encore sur un compte no face, assez discret. Et vraiment, tout s'est ouvert au fur et à mesure, avec des paliers au fur et à mesure. Et je me demandais, toi justement, est-ce que tu as toujours eu cette envie d'incarner ton message ? Ou est-ce que c'est venu progressivement justement ? Je me posais cette question avec toi parce que tu as une communication que je trouve très naturelle et très spontanée, joyeuse, solaire, enfin voilà, et donc ça donne envie. Et puis, on ne te trouve jamais ridicule. Alors que moi, je me dis, si je fais ça, je vais avoir l'air d'une espèce de grosse truffe en fait. Et tu n'as jamais l'air ridicule. Et donc, je me dis, voilà, à quel moment tu as eu envie d'incarner ton message ? Est-ce que c'est quelque chose qui a toujours été présent ou pas du tout dans ta tête ?
- Speaker #1
Je pense que pour moi, l'image, elle est arrivée très tôt dans ma vie. Et du coup, j'ai toujours été un peu habituée à l'image, en fait, et à vouloir me mettre en scène. Parce que, pour le petit historique, j'ai commencé vraiment à 16 ans, quand j'ai eu ma première caméra. Et en fait, j'ai eu très tôt la volonté de vouloir raconter des histoires avec ma caméra. J'essaie de me souvenir en même temps, de voir si j'avais justement fait crainte de ne pas montrer, etc. Je pense qu'à l'époque, j'étais très insouciante. Et du coup, j'étais en mode, allez, on y va, c'est parti. J'ai envie de raconter des histoires et peu importe en fait. Mais je pense qu'effectivement, à une époque, je faisais plus attention aux détails physiques. comment j'allais plus paraître, alors que maintenant, oui et non, mais je peux être totalement naturelle et je m'en fiche. Justement, je sais que c'est des choses qui inspirent beaucoup aussi dans la communication, le fait que parfois, je ne sois pas maquillée, naturelle, très spontanée, etc. Et c'est ce qui attire aussi beaucoup. Mais on va dire qu'aujourd'hui, c'est plus maîtrisé. parce que ça s'inclut dans une stratégie aussi plus globale de ma communication et de qu'est-ce que j'ai envie de montrer. Parce que oui, quand je fais une vidéo de moi qui danse le matin, etc., qu'est-ce que je montre là ? Et ça, on en avait parlé dans un atelier. Je sais que vous avez adoré quand j'ai fait l'allégorie de la tasse de café et je vous ai dit, mais arrêtez de poster vos tasses de café. On s'en fout de vos tasses de café. En fait, c'était plus pour vous dire aussi, c'est très bien de poster une tasse de café, mais c'est plutôt dans l'idée, qu'est-ce que ça raconte de toi et de tes valeurs et des pans de ta personnalité ? Et en fait, je pense qu'aujourd'hui, ce qui est beaucoup plus fort, c'est que j'ai un vrai message à porter. Je ne suis pas juste Manon, 17 ans, qui fait ses petites vidéos humoristiques, maquillage, voyage pour soi ou pour son entourage. Mais là, je le fais avec un but entrepreneurial, en fait, et aussi un but de toucher les femmes à et les inspirer à, en fait. Donc, pour moi, c'est super motivant et vecteur. Et du coup, ça me donne envie de me montrer Chua. Ça me donne envie d'inspirer, de montrer que c'est possible. Et en fait, pour moi aussi, je me suis toujours dit que c'était tellement plus humain de montrer son visage. Donc, ça se fait naturellement parce que j'adore. la communication, j'adore parler avec des gens, donc pour moi en fait, parler à une caméra, c'est comme parler à quelqu'un c'est comme parler à des gens qui sont derrière c'est ça,
- Speaker #0
on le sent en fait, on le sent dans ta façon de communiquer, je souriais tout à l'heure parce que je pense à une vidéo que t'as postée très récemment, hier, ou hier je pense, tu sortais du sport t'as juste dit, je vais mourir mais celle-là elle est, en fait Tu aurais pu l'envoyer sur un groupe WhatsApp à des potes ou à ta famille. Je dirais, allez,
- Speaker #1
ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Et j'adoxe. Et en fait, je l'aime beaucoup parce que, déjà, parce que j'ai ressenti la même chose en refaisant une séance de sport.
- Speaker #1
De sport.
- Speaker #0
Pour le... C'est dur d'apprendre. Surtout, oui. Pour perdre le bidon de grossesse, je peux dire qu'ils y vont pas avec le dos de la culotte. Et donc, j'ai ressenti tellement la même chose. Donc, je trouvais ça... Voilà, c'est très direct. Et on sent, en fait, que tu t'excuses pas. d'apparaître à l'image, là où moi, ça peut m'arriver sur des réels. Je vois mes tics de visage et donc ça prend du temps. Ça prend du temps et c'est vraiment une posture même mentale. Et c'est pour ça que ça se sent effectivement, cette spontanéité que tu as, qu'elle n'est pas hyper récente. que c'est quelque chose qui te vient. Et c'est pour ça que c'est aussi parlant, je trouve. Et toi, tu faisais des vidéos vers 16-17 ans déjà, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Moi, j'ai reçu ma première caméra à Noël, quand j'ai eu 16 ans. Je crois que c'est moi qui l'avais commandée. Et en tant que grande multipassionnée et PDH, je me lassais facilement des choses. Donc moi, je pensais que ça allait être encore un hobby comme un autre. Et j'ai commencé à filmer un petit peu des choses de mon quotidien. Ma mamie qui fait la sieste sur le canapé, mon grand-père qui casse des œufs sur une aire d'autoroute quand on partait en vacances. Et puis après, ça a été le boom, un peu l'essor de YouTube à l'époque. Là où c'est intéressant aussi sur l'image de soi en tant que femme sur les réseaux sociaux, c'est qu'il n'y avait aucune représentation de femme sur YouTube hormis dans la beauté. Donc moi... la première chose que je me suis dite, c'est « Ah ouais, j'ai envie de faire des vidéos, donc je vais faire des tutos beauté. » Parce qu'en fait, dans mon cerveau, il n'y avait pas d'autres possibilités, vu que je n'avais pas d'autres représentations. Je n'avais rien conscientisé d'autre. Sauf que tu vois ma face aujourd'hui. Je me maquille encore moins à 16 ans. Je mettais juste littéralement de la poudre et du mascara et du liner. Et je faisais genre « Oui, alors petit tuto. » Et j'en mélangeais trois différents. Je faisais Spartine et ma face de plein de trucs. Et je me prenais pour EnjoyPhoenix, littéralement. J'étais en mode, ouais, moi aussi, je fais des tutos vidéo, maquillage, n'importe quoi. C'est trop drôle. Mais après, il y a eu les podcasts humoristiques. Donc, toute la clique, il y en a que je ne citerai pas parce que c'est des pédophiles et harceleurs. Donc, je ne vais pas citer. Mais dans les plus grands, on a notamment Cyprien, etc. Et là, j'étais déjà au lycée. et du coup Du coup, j'ai dit à ma meilleure amie, viens, on fait des vidéos humoristiques, nous aussi. Et pareil, là, pareil, je n'ai pas conscientisé le fait qu'il n'y avait pas du tout de femmes, etc. Mais je me suis dit, vas-y. Et donc, je me suis mise à tout faire à ce moment-là. La réalisation, l'écriture des blagues, le fait de filmer. Je dirigeais ma pote pour lui dire où se mettre, quoi dire. Vraiment, après, on jouait nous-mêmes. Et on a développé comme ça une chaîne YouTube qui plaisait bien à notre entourage. Et c'était très chouette. Et ça m'a permis de découvrir le montage, l'écriture, tout ça. Et maintenant, j'en ai conscience, mais ça a un petit peu été mon effet papillon.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et puis, après coup, je suis partie en voyage. J'ai vécu à l'étranger. Et pour moi, en fait, j'ai fait de l'anthropologie entre-temps, etc. Et je voulais trop, à la base, faire des documentaires. En fait, je me suis dit, j'ai trop envie de faire des documentaires. J'ai fait des petits vlogs, des petits documentaires sur ma chaîne privée de voyage, etc. pour ma famille. Et j'ai adoré ça. Et du coup, j'ai toujours une caméra. Et c'est ce qui m'a permis notamment de décrocher un job plus tard en radio et de tomber amoureuse du micro.
- Speaker #0
Donc, tu as vraiment fait ton propre chemin de façon un peu décalée de tout ce qui était mainstream à l'époque. En fait, c'est ça que j'aime. c'est que... Tu ne t'es pas dit, tiens, c'est masculine, par exemple, pour tout ce qui était YouTube. Et ça, c'est que j'aime bien. Tu ne t'es pas laissé arrêter par les codes de l'époque. Et alors, avant de passer à la question fondamentale, qui est, est-ce que cette chaîne existe encore ?
- Speaker #1
Ma chaîne voyage, oui, mais cette chaîne, non.
- Speaker #0
Mais non !
- Speaker #1
Je pense que je dois les avoir quelque part. J'aimerais bien les retrouver parce que c'était un vrai travail. Je passais des heures à faire du montage et j'adorais ça. Et je pense qu'à l'époque, je ne conscientisais pas. Je n'avais pas cette conscientisation aussi féministe que j'ai eue beaucoup plus tard sur l'espace qu'a la femme, notamment dans l'espace médiatique. Et aujourd'hui, il y a des études qui sont faites et qui montrent qu'on est quasi absente des algorithmes, etc. Mais à l'époque, c'est vrai que je ne l'ai pas conscientisé. Mais par contre, c'est marrant que le premier réflexe que j'ai eu, ça a été de me lancer dans un truc de beauté parce que finalement, il n'y avait que ça comme modèle. Mais je suis persuadée que si j'avais persévéré, que ce soit dans l'humour ou même dans le voyage, tu sais, après les vidéos voyages et tout, pareil, il n'y avait pas de femmes à l'époque qui faisaient ça. Et juste, je n'ai pas persévéré là-dedans, donc je n'ai pas fait grandir ma chaîne, etc. Mais je crois que j'y pense, j'avais tellement de potentiel en vérité.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu as des regrets par rapport à ça ? Tu y penses des fois ?
- Speaker #1
Plutôt pour le voyage, en fait, je pense que mon regret, ça vient du fait que... J'adorais faire mes petites vidéos. Et un jour, en voyage, je suis tombée amoureuse d'un mec assez toxique qui n'aimait pas ce que je faisais, qui critiquait ce que je faisais. Et ça m'a fait perdre beaucoup confiance en moi. Du coup, après, j'ai... J'ai un peu lâché et je n'ai pas osé reprendre pendant très longtemps. Et c'est même devenu une peur de reprendre les vidéos. J'ai repris en Australie de temps en temps, etc. Mais là, je reprends tout juste vraiment ma caméra pour un objectif professionnel, donc pour des clients, etc. Donc là, je me réapproprie quelque chose que j'avais peur de refaire, etc. Mais c'est vrai que je pense que sur ça, c'était un regret parce que quand je vois maintenant l'essor des vidéos voyage, je me dis que j'étais au bon moment,
- Speaker #0
au bon créneau avant que ça explose c'est intéressant de voir que c'est à cause de quelqu'un c'est connecté à la vie de quelqu'un ça c'est terrible et en même temps c'est assez parlant c'est à dire que quand on arrête parce que quelqu'un nous dit quelque chose à propos d'une action d'un projet etc c'est aussi peut-être des choses compter. pense de nous-mêmes et donc du coup on va épouser cet avis-là et le prendre en compte plus que le nôtre et en même temps c'est une question d'âge c'est la confiance en soi, il y a aussi beaucoup une question de maturité et c'est vrai que je comprends très bien les regrets par rapport à ça, c'est vrai que du coup tu avais eu cette intuition un peu innovatrice quoi t'étais déjà dans le...
- Speaker #1
Mais maintenant je me rends compte aujourd'hui que j'ai vraiment un profil et d'innovation et ce n'est pas quelque chose que j'ai conscientisé. Là, je ne l'ai conscientisé que très récemment. Mais en fait, quand je pense à mes idées, à chaque fois, j'ai toujours eu des super idées, mais je n'avais pas la confiance en moi nécessaire. Et comme tu dis, en plus, j'irais plus loin. C'est que là, pour le coup, c'est encore une fois, je me dis, est-ce que ce garçon aurait dit ça, ses amis garçons, tu vois ? C'est-à-dire qu'il y a aussi cette volonté. inconsciente aussi d'écraser les femmes dans l'espace de parole. Oui, il y avait effectivement des problèmes de confiance en moi. C'était plus des peurs de ne pas être aimée complètement, etc. De validation, on va dire. C'est surtout ça.
- Speaker #0
Mais effectivement, quand j'y pense, je me dis, pour un garçon avec qui je suis restée neuf mois et qui m'a pourri la vie,
- Speaker #1
en plus, je l'ai tombée. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est impressionnant. On a déjà souvent tendance à s'auto-saboter, à se sabrer un peu. Et si en plus, il y a des gens qui s'y mettent aussi, c'est quand même assez compliqué de se tenir à ces projets et de se porter soi-même dans ces projets-là. Clairement, on n'a pas besoin qu'on mette les bâtons dans les roues, en fait, à certains moments.
- Speaker #1
Non, vraiment pas. Vraiment pas. On se remet suffisamment seul.
- Speaker #0
C'est vrai que ça, c'est une chose qu'on peut aborder toutes les deux là. Ce n'est pas forcément dans le scope immédiat du sujet de l'épisode. Mais c'est vrai que moi, je me suis toujours dit, les gens qui te disent « n'écoute pas les autres, fais ce que tu veux » , la télé-réalité parle beaucoup de ça, genre « sois toi-même » . Et en fait, j'ai enfin compris le sens du message. C'est quand quelque chose te parle et te fait vibrer, tu n'es pas obligé d'écouter les objections des gens qui ont des craintes pour toi. Tu peux écouter leurs arguments. Mais si tu veux essayer, et évidemment, ça ne met personne en danger, que ça n'expose pas quelqu'un qui n'est pas consentant ou consentante, bien sûr. Mais voilà, si tu veux tester, n'écoute pas les gens qui ont peur ou qui ont envie de te brider parce qu'en fait, c'est toi qui détient la clé. C'est-à-dire que si tu es passionné, tu es passionné, tu tentes. Il ne va rien se passer. Et pour l'image de soi sur les réseaux sociaux, c'est un peu pareil. Il faut en parler peut-être de façon un peu mesurée parce que ça dépend comment on s'y pose. et quel type de public on a. Je sais que j'ai des contacts Instagram qui m'ont dit, moi j'ai des mecs plein mes DM et c'est insupportable. Voilà, ça va dépendre comment on communique, ce qu'on va récolter comme followers. Enfin voilà, c'est aussi particulier. Je ne sais pas si toi, tu as eu ce problème d'ailleurs, j'y pense. Non,
- Speaker #1
je fais beaucoup de trucs. Je fais énormément de tri déjà dès les abonnements. Moi, ma cible, c'était... C'est les femmes cis et trans, je précise. Ça n'exclut pas de travailler avec des hommes, en fait. Mais je vois direct sur les profils avec qui j'ai envie de travailler et je fais déjà le tri, en fait. Parce que pour moi, le fait de me lancer dans l'entrepreneuriat, c'était aussi une manière de me construire ma vision du travail et de me dire, je choisis aussi les personnes avec qui j'ai envie de travailler. Tu peux parfois attirer les mauvaises personnes, ça, ça arrive, oui. J'en ai fait les frais l'année dernière. Mets ! Ça m'a renforcée dans ma position de... Non, en fait, justement, je veux encore... plus me polariser aussi dans mon message, dans ma communication. Et j'ai refait un switch en janvier que tout le monde a ressenti parce que depuis que j'ai fait ce switch, je reçois tellement de messages. Parce que je pense que l'année dernière, j'étais trop encore dans le lancement, dans je tâtonne, etc. Et en fait, après deux échecs de lancement de mon accompagnement, je me disais comment j'ai fait la première fois, j'ai fait ça. Comble, vraiment, j'ai vendu les six places et là, deux échecs, etc. Et j'ai compris qu'en fait, ma stratégie de communication, je n'étais plus alignée avec et que je n'étais pas encore assez polarisée. Et là, j'ai assumé complètement mon message. J'étais beaucoup plus directe aussi sur les problématiques à aborder et les problématiques de ma cible. Et clairement, là, j'ai observé que c'était beaucoup plus efficace.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on en avait parlé. Je me souviens quand on s'était parlé... de com. Et c'est vrai qu'on avait parlé du fait que l'accompagnement, sous cette forme-là, toi, il te prenait plus d'énergie qu'il ne t'en donnait. Et c'est vrai que se positionner en tant que entrepreneur et entrepreneuse, il faut vraiment bien se connaître au niveau du rythme, au niveau des missions qu'on accepte, au niveau des offres qu'on propose. Il faut toujours prendre la température intérieure parce que ça peut changer. De six mois en six mois ou d'une saison à l'autre, on peut avoir des capacités différentes, clairement, franchement.
- Speaker #1
Et puis,
- Speaker #0
en fonction des clients et des clientes qu'on rencontre aussi ou des partenaires qu'on a, on peut avoir des choses qu'on va modifier. Et en fait, je pense que c'est bien de toujours reprendre la température. Bon, si ça marche sur quatre ans, ça marche sur quatre ans. Mais c'est vrai que j'ai vu ton message switcher et tes limites aussi être plus claires. Et on voit que du coup, c'est beaucoup plus aligné. Ça résonne en fait, ça se voit. À quel moment, du coup, tu t'es dit, non, il faut que je change quelque chose par rapport à mon offre ou par rapport à mon positionnement ? C'était ces deux sensations d'échec, de non-recrutement sur ta formation, c'était ça l'idée ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu ça. Je pense que l'année dernière, en fin d'année, j'ai eu énormément d'événements qui se sont enchaînés, une rupture, des problèmes financiers. Et je pense que ce qui m'a vraiment donné un coup en termes même de santé mentale, ça a été une cliente atroce et manipulatrice, en fait, qui est en plus partie avec une partie de ce qu'elle me devait. Et à partir de ce moment-là, je me suis dit, non, non, moi, je veux... En fait, je ne veux plus attirer n'importe qui dans ma communication. Et c'est là où j'ai vraiment voulu faire un switch. Et l'angle n'était pas le bon parce que, en fait, c'était aussi de me dire, que faire un podcast deviendrait vraiment un besoin et pas juste une envie parce que j'en ai marre d'entendre j'ai envie de lancer mon podcast mais peut-être plus tard et au final tu ne vends rien et tu deviens la bonne poire tu es la bonne copine et je me suis dit là je ne veux plus être dans ça et je me suis rendu compte qu'effectivement là où ça devenait un besoin c'est quand on en parlait dans la stratégie de communication globale Je n'aimais pas l'idée de parler du podcast et de la vente, etc. parce qu'il y a déjà d'autres entrepreneurs et entrepreneuses qui le font déjà et très bien. Et moi, là où j'étais vraiment alignée, c'était sur le côté de la prise de parole en fait et de la communication. Et ça a été grâce aussi à mes observations, grâce à vous, à mes clientes et aux personnes qui venaient vers moi, qu'aussi je me suis rendue compte qu'il y avait une véritable problématique de se montrer, d'oser. de parler et que c'était dur et particulièrement pour les femmes de s'exprimer sur les réseaux sociaux. Donc voilà, j'ai fait un petit shaker et j'ai un petit peu lié tout ça.
- Speaker #0
Oui, ça shake bien. Non mais c'est chouette et franchement, je comprends ce besoin de switch vers quelque chose de plus cash parce que je l'ai vécu aussi. Et ça fait du bien et je sais que je vais revenir à plus de douceur. Mais d'abord, il faut repasser par la phase un peu Amazon. pas la marque. Pas de zone au sens mythologique.
- Speaker #1
Kitsch et non. Oui.
- Speaker #0
J'avoue, c'est un des rares boycotts que j'ai, mais c'est vrai que je n'utilise pas Amazon du tout. Mais voilà, être warrior, c'est vrai que parfois, quand on a été une good girl, c'est un archétype que tu utilises pas mal et ça résonne fort. Et donc, c'est vrai qu'on a besoin de repasser par ce côté cash, direct, à ne pas en passer par quatre chemins. Moi, je sais que je pourrais revenir à la douceur. à un temps, mais c'est vrai que ça fait du bien d'être plus direct. Quand on a beaucoup été people pleaser, quand on s'est beaucoup adapté. malheureusement, c'est un peu comme les... Je ne suis pas quelqu'un de révolutionnaire dans l'âme, ni de violent. Et c'est vrai que c'est un peu comme le féminisme aujourd'hui. Ça répond à des centaines, des milliers d'années, des centaines d'années, je ne sais pas, je ne sais pas dater, mais beaucoup d'écrasements. Et donc, forcément, on en passe par le ras-le-bol et l'explosion avant de pouvoir faire quelque chose de plus sage et de plus modéré. Mais je... Tu penses que c'est difficile de ne pas faire péter le couvercle ?
- Speaker #1
Je suis tellement d'accord. Je suis d'accord et je le dis tout le temps, de toute façon, même dans toutes les luttes sociales, et que ce soit même des luttes individuelles, on a besoin d'atteindre aussi un espèce d'extrême pour venir balancer, après trouver un équilibre, parce qu'il y a un moment donné, c'est ça, c'est ce que tu décris, il y a une espèce d'explosion. on se rend compte et on se dit « mais putain, en fait, j'en ai marre d'être la good girl, d'être toujours gentille avec tout le monde. » Et puis au final, de me faire avoir et que les gens en profitent, de s'affirmer aussi dans une autre position, je pense que c'est important. Et c'est ce qui fait qu'on s'améliore aussi dans sa communication, dans son rapport aux autres. Et ça, ça passe aussi par le fait de connaître ses limites, je pense. Et ça, ces limites, on n'a pas toujours... eu la possibilité de les connaître en rendissant. Et du coup,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est quelque chose, quand on se lance dans l'entrepreneuriat, moi, ça a été mon cas de me dire, mince, en fait,
- Speaker #1
ah ouais, en fait, j'ai des limites. Je ne suis pas juste peace and love, chill, allez. Oui, tout à fait. Ce que j'étais totalement au départ, parce que tu acceptes tout en même temps. Allez. Et puis, en fait, quand tu commences à reconnaître ta propre valeur, la valeur de ton travail, même financièrement, tu vois, et à t'autoriser à te dire... Mais en fait, j'ai le droit. J'ai le droit de parler d'argent. J'ai le droit de vouloir plus d'argent. J'ai le droit d'être confiante sur mes capacités et de dire, moi, je suis bonne dans ça et c'est OK. Et j'ai le droit de me la péter, en fait, grâce à ça.
- Speaker #0
Et en plus, je trouve que c'est vrai que le truc de se la péter, d'avoir l'impression d'être quelqu'un qui est trop fier d'elle, c'est quelque chose qui est extrêmement jugeant pour nous-mêmes. Alors que quand on réussit, quand on coche une case, qu'on réussit quelque chose qu'on a toujours voulu faire ou qu'on rêvait même. Dans mon cas, pour le podcast, c'était vraiment un rêve, un truc très puissant. Quand tu le fais, je disais ça à des étudiants hier en cours, quand tu le fais, ils m'ont dit « Mais on n'ose pas aller dans les événements pros, aller vers les pros, on a l'impression de mendier. » Et je leur dis « Non, vous êtes des pros en devenir, mais vous êtes quand même sur le chemin. Vous avez déjà 3-4 ans dans l'EHPAD sur un master, ça fait 3 ans sur 5. Vous êtes... légitime, vous avez fait des stages, vous êtes juste en train d'apprendre, mais vous allez voir que la frontière, elle est mince entre le moment où on se sent pas légitime et où on sait pas faire, et où d'un seul coup on a notre première mission. Vous êtes la même personne. Vous avez juste coché quelques cases, soit de diplôme, soit d'expérience, mais c'est juste vous. Et ils m'ont dit qu'on avait jamais vu ça comme ça. J'ai dit non, mais c'est normal parce que vous avez encore l'impression d'être de l'autre côté. Mais je peux vous dire que moi, là, je suis prof devant vous, là, aujourd'hui. Mais en fait, j'ai l'impression d'avoir été un bébé encore il y a trois semaines. Et avant de venir vous voir là ce matin, je n'étais pas forcément très en forme. Et je me disais, mais qu'est-ce que je vais leur dire ? Et ils m'ont dit, ah non, mais vos retours, ils sont pertinents, madame. Oui, oui, d'accord. Bah oui, sûrement. Mais j'aurais dit, dans le cerveau, en fait, on se sent toujours petit à des moments. C'est naturel. Donc, c'est vrai que ce switch de tiens, je me la pète, ouais, mais carrément. Franchement, au bout d'un moment, c'est prêt. On peut se taper sur l'épaule. C'est vraiment plaisant. C'est super important. Et on n'est pas si éloigné. Franchement, on est souvent à ça de pouvoir se la péter. On a l'impression que c'est ça. Et en fait, honnêtement, évidemment, il faut bosser. Ça demande du travail, de la sueur. Il y a de la fatigue à la clé, on ne va pas se mentir. Mais franchement, après, on est capable de beaucoup de choses. Et on peut se la péter.
- Speaker #1
De ouf. Et puis moi, je pense que c'est la... La première chose, c'est de dire, quand quelqu'un nous fait un compliment, c'est limite de se dire « je sais » plutôt que « merci » . En plus, c'est plutôt un merci en mode « merci de le voir et de le constater, mais je sais » .
- Speaker #0
Merci de le souligner, je suis assez d'accord avec toi.
- Speaker #1
Je pense que la semaine dernière, on en a parlé, parce qu'on avait prévu le même post sur le rose en même temps. C'est trop drôle. Mais du coup, j'ai été faire un peu les boutiques la dernière fois et je me suis autorisée à acheter des choses que je n'osais pas acheter. Du blanc. Une ceinture motif léopard avec des lunettes léopard et un haut rose. Eh bien, crois-moi bien que quand je peins cette tenue, on dirait Madame de la Fontanelle qui va en vacances à Saint-Tropez. Et j'adore parce que ce n'est pas du tout mon style. Mais qu'est-ce que j'aime me la péter. J'ai été la dernière fois vraiment prendre un calcé. Je me suis pris un matcha lavande dans mon café avec mon petit top rose. Ma ceinture léopard et mon haut blanc. Mais incroyable, je me sentais… je me sentais trop bien et je me suis dit en fait on se met tellement de limites et on codifie nous-mêmes en mode non ça ça appartient, jamais j'oserais etc et de casser ces barrières ça fait trop du bien parce que oui je peux avoir plein de styles différents et c'est ok.
- Speaker #0
Non mais ce truc de pré-carré je trouve que tu mets le doigt sur quelque chose ce truc de ça, ça appartient aux autres moi j'avais ça avec le fait de me montrer j'avais dit à une copine mais toi t'as une tête à télé et c'était pas il y a si longtemps que ça je pense que c'était l'année dernière Merci. Je lui ai dit, mais toi, tu pourrais participer à une émission comme ça. Parce qu'en fait, toi, tu as une tête à télé. Moi, j'ai une tête à rien. Enfin, une tête à écrire, au fond, dans ma... À mon bureau, comme tous les rats de bibliothèque, tu vois. Genre, je n'ai pas une tête à montrer. Et c'est fou.
- Speaker #1
C'est super triste. J'ai une tête à rien. Toi, tu as une tête à réussir. Et moi, j'ai une tête à... Non,
- Speaker #0
c'est plutôt... Non, c'est plutôt... C'est plus... Je pense que c'est plutôt...
- Speaker #1
Je suis photogénie.
- Speaker #0
Non, mais c'est ça. C'est plutôt une tête à... Tu as une tête à... à ne pas pouvoir vendre avec ta tête. C'est pas que j'ai l'impression d'être à mettre à la poubelle. C'est que pour moi, le physique, ayant grandi avec une petite tête de chouette à lunettes de bibliothèque, ça ne rime pas vraiment, mais voilà, je m'étais toujours dit, moi, je suis là pour être intelligente, pas pour être jolie. Et en plus, c'est ce qui est valorisé dans ma famille, même si mes parents ont essayé de me donner confiance en moi physiquement. C'est quelque chose, voilà, c'est vraiment quelque chose d'assez ancien. Et si tu veux, ouais, donc du coup, moi, je me disais, ma tête, elle ne peut pas faire vendre un message. Elle ne peut pas véhiculer un message. Ce n'est pas un plus. Et c'est ça aussi que j'entends en partie dans ce côté le rose, le blanc, le léopard. Moi, c'est pareil. Pour moi, le léopard, c'était grand-mère Ieta dans Une nounou d'enfer. C'était la référence de quarantaine, là. Mais pour moi, c'était réservé à des gens. Le blanc, c'est pour les nanas sur la côte d'Azur. Le rose, c'est pour les nanas avec un grand N. Moi, je ne suis pas une vraie fille. J'ai déjà aussi entendu ça quand j'étais plus jeune. Et en fait, oh là là, fais comme tu le sens. Mais c'est vrai qu'on se ferme des barrières sur des trucs abscons.
- Speaker #1
Et on adopte des étiquettes qu'on nous fout sur le front, tu vois. Alors que c'est dommage parce qu'en fait, le fait de te dire, ah ben finalement, je ne suis pas jolie, tu vois. Et tu gardes cette idée en tête. Et même en grandissant, en étant adulte, tu ne vois même pas ta propre beauté. Et tu n'arrives même pas à te dire que... Alors que... Je suis désolée, Marie, mais franchement, tu es jolie.
- Speaker #0
C'est mignotant. Je me suis mise dans la case des...
- Speaker #1
Les lantellos à lunettes, gnic.
- Speaker #0
Moi, je suis la guilliette, donc je suis la nana qu'on friendzone pour toujours, alors que c'est complètement absurde. On n'est pas là pour faire ma psychanalyse, mais en fait, c'est clair qu'à 40 ans, tu comprends vraiment tes schémas de pensée. Là, moi, j'ai vraiment l'impression, enfin, je ne vais pas faire la vieille, mais j'ai l'impression que d'avoir ouvert vraiment Je ne sais pas si c'est en devenant mère, je ne sais pas si c'est la crise de la quarantaine, mais j'ai l'impression d'avoir ouvert une boîte de Pandore de « Oh là là, qu'est-ce que j'avais mis comme échafaudage et comme… » Et en fait, aujourd'hui, c'est aussi les kilos de la grossesse qui font la surprise où tu te dis « Bon, voilà, le corps, il fait comme il peut. » Mais c'est vrai que ce n'est pas pour pêcher des compliments. Je m'étais mise dans une case, comme tu disais, toi, en disant « Le match, ça… » Tu vois, moi, c'est pareil. Le match chat à la vente, je me serais auto-jugée. Mais c'est méga bon !
- Speaker #1
Là où je m'en suis vraiment détachée, c'est quand j'ai commencé à voyager, et particulièrement en Amérique latine, parce que là-bas, les femmes portent des choses très moulantes, très près du corps, que ça m'a permis de prendre énormément confiance en moi grâce aux mouvements, aux randonnées, aux voyages, aux rencontres, et de voir mon corps de ce qu'il portait, en fait, de me porter moi. Et là où vraiment, je pense qu'il y a eu un switch aussi dans mon rapport à moi-même, c'est qu'en Australie, quand je suis arrivée, j'ai eu un choc émotionnel très fort. Je venais de perdre ma grand-mère. Le connard dont je parlais plus tôt m'a larguée, genre deux jours après que je sois arrivée. Et mon corps n'a pas supporté. Je pense qu'il a pris tout ce que mon esprit ne pouvait plus supporter. Et j'ai développé des douleurs. C'est un nombre d'intestins irritables. Tout mon côté Ausha été quasi paralysé. enfin je pouvais je pouvais mais j'avais des douleurs constantes du cou jusqu'aux orteils, tout mon côté gauche. Et ça a duré longtemps. J'ai commencé à vraiment récupérer au bout d'un an et demi. Et en fait, là où j'ai commencé à récupérer, c'est quand j'ai conscientisé qu'en fait, je dissociais mon corps et mon esprit. Et que tellement mon corps était douloureux, je n'en voulais pas. Et du coup, j'ai dissocié. J'étais en mode, non, je ne veux pas de cette douleur. Et après coup, ça m'a vraiment aujourd'hui permis de comprendre à quel point mon corps, je le veux puissant. Et il est là parce qu'il me porte.
- Speaker #0
C'est hyper important de penser au corps comme plutôt un véhicule. On dit aussi le corps et l'esprit dans la philosophie occidentale. Chacun pense à ça comme il ou elle veut. Mais c'est vrai que cette dissociation-là philosophique, je trouve qu'elle fait beaucoup de mal parce qu'en fait, on est un tout. Et c'est dommage de dissocier corps et esprit à ce point puisqu'en fait, ils sont intrinsèquement liés. Je veux dire, on est... Le corps n'est pas qu'un véhicule pour notre âme, on est un tout, en fait. Et c'est vrai que cette idée de sentir son corps puissant et de mettre cette joie aussi dans le corps et de le mettre en mouvement, pour la santé mentale, ça fait beaucoup. Et ça t'a aidé, toi, à remonter dans ces moments-là, toi, de passer par le corps ? Qu'est-ce qui t'a fait rebondir, en fait, dans ces deux moments clés ? Enfin, l'Australie, et puis là, récemment, qu'est-ce qui t'a fait le plus de bien ? Si t'as envie de donner quelques clés ? Ce qui t'a fait toi du bien.
- Speaker #1
Je pense qu'au contraire, c'était de ne pas passer par le corps. Et on a tendance surtout en Occident, je dirais, on est tellement omnibulé par le corps, en fait. Et le moindre changement dans notre corps nous fait perdre totalement confiance en nous. Je dirais qu'en Australie, ça a été vraiment d'arrêter de dissocier, de me dire, mais attends, en fait, quand j'insulte mon corps, je me dissocie et il ne peut pas aller mieux. Est-ce que du coup... inconsciemment, je crée quoi ? Je le crispe, etc. Et j'avais repensé à cette expérience que j'avais vue, qui avait été faite sur du riz, sur deux jarres de riz. Il y a une jarre de riz qu'on insulte tous les jours, et une jarre de riz à qui on dit des mots d'amour. Alors que pourtant, ce n'est que de la matière. La jarre de riz qu'on insulte tous les jours pourrit, littéralement. Et je me suis dit, mais en fait, je suis en train de faire ça à mon propre corps. Je suis en train de... lui dire, en gros, pourri, j'en ai rien à faire. C'est violent, en fait. À partir de ce moment-là, là, en Australie, justement, j'avais commencé à vraiment poser mes mains sur les zones douloureuses et à leur dire, je t'aime, je t'accepte. Enfin, vraiment, j'ai fait ce travail-là et ça a commencé déjà, j'avais des douleurs qui allaient mieux et puis après, j'ai été accompagnée aussi par des professionnels qui m'ont permis de faire ça. Et après, ça a été une meilleure connaissance de moi, de comprendre parce que c'est des douleurs, j'ai encore des séquelles aujourd'hui, mais Merci. Je sais que c'est parce que je suis hyperlaxe, je peux me blesser facilement. Donc quand je fais du sport, il faut que j'apprenne et il faut, et c'est pour ça que c'est indispensable pour moi de faire du sport, que je muscle les bons muscles pour devenir plus forte et éviter de me blesser. Pour le syndrome de l'intestin héritable, ça m'a permis aussi de voir ce qui vient inflammer et aussi de faire la corrélation entre ce qui se passait dans ma tête et ce qui venait créer l'inflammation. Parfois la dépression, les états dépressifs, quand on ne va pas bien. Il y a des choses, en fait, quand on mange les aliments inflammatoires, ça vient créer et nourrir l'inflammation et elle ne se sort pas.
- Speaker #0
Oui, il faut saisir des outils qui nous parlent sur le moment. Mais tu vois, je vois qu'il y a quand même plusieurs choses qui, pour toi, étaient liées au corps aussi. C'est-à-dire, c'est lui qui a parlé. Donc, c'était vers ça qu'il fallait que tu ailles, avec de la douceur et de la bienveillance dans un cas, en parlant aux parties du corps qui avaient mal et donc reconnaître cette douleur aussi, qui parlait de ce que tu avais vécu émotionnellement, clairement. Ce n'était vraiment pas du chiquet, là. ce que tu avais tué, qui en plus était loin de tes bases.
- Speaker #1
J'étais très loin, ouais.
- Speaker #0
C'est impressionnant, tu vois, je pense que tu peux féliciter celle que tu étais à l'époque d'avoir traversé ça, c'est hyper puissant.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair. Je ne sais même pas, mais après je pense que aussi, si j'étais restée en France, ça aurait été pire, tu vois. Je le voyais, parce que j'étais en France quand c'est arrivé et c'est même ma mère qui m'a vue sur le canapé, qui m'a dit non mais maintenant tu vas y aller, tu vas aller en Australie. Même si je n'étais pas totalement prête, mais parfois, il y a des environnements qui peuvent aggraver aussi. Parfois, ça fait du bien aussi de changer d'endroit, mais c'est sûr que ce n'est pas facile.
- Speaker #0
Non, mais c'est sûr. Je trouve que tu as pris un chemin qui se tient par rapport à tes besoins du moment. Et même le syndrome de l'intestin irritable. C'est vrai que j'avais une amie qui avait ça à une époque qui m'en avait parlé. Ça peut te pourrir la vie. Ça demande aussi à s'écouter et à savoir. Elle, elle tenait un journal d'alimentation pour savoir ce qui faisait mal, ce qui faisait pas mal. Et puis, elle faisait un journal des événements stressants ou moins stressants de la journée pour voir. Et c'est vrai qu'il y avait un énorme lien entre ce qu'elle consommait, oui, au niveau alimentation, mais de ce qu'elle traversait. Et du coup, ça implique aussi de connaître mieux ses limites. Et ce qui nous fait du mal ou pas, c'est un sacré chemin aussi de faire ça. Parce qu'en général, on consomme les choses et on fait des choses sans se préoccuper de l'impact que ça va avoir sur nous, je pense, jusqu'à un certain âge. Et si le corps ne peut pas nous parler, on est obligé de considérer notre environnement et ce qu'on consomme. Mais ce n'est pas toujours facile, en plus, de faire le tri. Et dans l'alimentation et dans les personnes, je pense. C'est pas...
- Speaker #1
Oui, oui, oui, totalement. Et puis après, c'est parce qu'en plus, le problème, c'est que des fois, tu ne tombes pas forcément sur les bons spécialistes et ça peut mettre du temps. Tu vois, même que ce soit sur les troubles ou sur la santé. Moi, j'ai mis plus d'un an, un an et demi en Australie à trouver les bons spécialistes qui comprenaient, qui me convenaient, qui m'orientaient sur les bonnes pistes. Parce qu'avant, je tombais sur des personnes qui me donnaient de la codée pour la douleur. qui me disaient de m'étirer encore et encore alors que je suis hyper lax et que ça aggravait encore plus le truc.
- Speaker #0
Donc en fait, c'est ça, c'est aussi trouver les bonnes personnes qui vous permettront de valider des choses et de mieux se connaître. Parce que je pense que, vu qu'on parle en plus, tu vois, de rapport à soi aussi aujourd'hui et de rapport à sa propre image et à sa visibilité,
- Speaker #1
ça passe par une meilleure connaissance de soi. Si on ne se connaît pas assez, si on ne connaît pas assez ses limites, c'est compliqué de vouloir être visible finalement.
- Speaker #0
Mais tout à fait, justement, c'est ça. C'est le fait de faire des pauses aussi. Ce que tu mentionnais tout à l'heure, je me disais, quand tu traverses des trucs durs, je vois des choses dures ou des choses qui deviennent prioritaires sur la gestion des réseaux parce qu'en fait, c'est quand même un deuxième boulot, voire un troisième pour certaines d'entre nous. Voilà, Marie et ses mille vies. Et je ne suis pas la seule en plus. J'en connais plein qui sont comme ça. Mais c'est vrai que oui, ça demande de la concentration, du travail. Quand on veut faire bien les choses, moi, je ne confie pas tout à Tchadjepeté. Je tiens à écrire mes postes moi-même. Mais c'est vrai que ça demande de l'énergie. Et donc, toi, tu as pris une pause à un moment donné. Tu t'es éloignée des réseaux justement pour pouvoir gérer ce qui t'arrivait. Comment tu t'es sentie à ce moment-là et à ton retour ? Qu'est-ce que ça t'a fait ? Est-ce que ça a eu un effet ou finalement, c'était juste vraiment annexe ? Puis tu coupes et tu reviens. C'est quoi ton rapport à cette pause-là ? Comment tu t'es sentie ? Je me demandais.
- Speaker #1
Je dirais qu'en plus, j'ai fait deux pauses. J'en ai fait une en septembre. Je suis partie en vacances et j'ai décidé de déconnecter complètement. Et ça, c'était en plein avec cette fameuse cliente, en fait, qui me provoquait tellement d'anxiété que je me suis dit, je ne veux plus. Là, j'avais fait un burn-out des réseaux sociaux et d'elle. Donc, j'ai tout déconnecté pendant... deux semaines. Et du coup, à mon retour, ça en est suivi, la rupture, etc. Et j'avais juste pas l'énergie, en fait. Et je me suis dit, je peux pas... En plus, je tentais, des fois, j'ai fait des petites stories, des trucs comme ça. Et après, je me suis dit, mais en fait, bah non, je suis pas là. Et vraiment, ce truc de me dire je suis entrepreneuse, mais je suis pas salariée chez Instagram. Je suis pas là pour travailler pour son algorithme de crottes, là. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va plutôt... remettre les points sur les i et faire que cet outil, rappelons-le, c'est un outil, soit à mon service et pas le contraire. Et du coup, oui, effectivement, j'ai eu besoin de déconnecter. Alors après, je n'ai pas déconnecté complètement, j'étais juste moins présente et je me montrais moins parce que aussi, quand on ne se sent pas, je veux dire, surtout, je pense en tant que femme, on a des oscillations aussi sur comment on se perçoit. comme on se sent avec soi-même, et c'est totalement OK. Voilà, je pense que c'est important que je le dise aussi, parce que même moi, qui a beaucoup de confiance en moi, qui me montre beaucoup sur les réseaux, ben oui, des fois, j'aime pas mon image, ou des fois, effectivement, j'ai besoin de faire des pauses avec ça, parce que c'est trop. Et là, effectivement, fin d'année, c'était beaucoup trop, et je me sentais tellement désalignée avec plein de choses aussi. Avec ma communication, ça me faisait plus vibrer. Pareil, mon podcast, je continuais de le faire parce qu'il fallait que je le fasse. Et j'ai fait une pause aussi de fin d'année parce que justement, c'était trop et je ne me voyais pas parler dans mon podcast avec tout ce qui m'arrivait. Et justement, cette pause, ça m'a permis de prendre le temps de process, de reprendre confiance en moi, en mes capacités et surtout de m'aligner avec ce que je voulais. Même carrément avoir de nouvelles choses, des nouvelles envies pour la suite. Et ça m'a fait trop du bien.
- Speaker #0
Et voilà, cet épisode en compagnie de Manon est terminé. Pour des raisons indépendantes de notre volonté, l'interview a été tronquée. Nous avons dû réenregistrer la suite que je diffuserai tout bientôt. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode et à très vite pour la suite.