- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Psycho Pop. C'est le deuxième épisode avec Johanna et nous allons l'écouter, nous parler de la suite de son parcours qui reste, comme je vous l'avais dit, à l'épisode précédent, très puissant et je la remercie encore pour ses confidences et cet échange. C'est parti ! Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, deux fois par mois, on plonge ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débunker des grands mythes de la psycho et répondre à des questions bizarres, tu verras. Une fois tous les trois épisodes, il y aura aussi une surprise pop. Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connaît, mais qui n'existe pas vraiment. Intéressé ? Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Et on parlait d'adoption tout à l'heure. Ça m'a fait sourire parce que c'est aussi un sujet un peu voisin. On le met un peu dans le panier de la PMA aussi. Comme si c'était une solution. Je vois où tu veux aller. Moi, je l'ai entendu, ça. Au pire, tu adoptes. Alors, j'adore le « au pire » déjà. Oh ouais. Super. Parce que non, ce n'est pas le pire. Moi, j'y pense depuis que j'ai 10 ou 12 ans. Parce que comme toi, je pensais que j'étais infertile. Va savoir pourquoi. Je me suis dit que je serais manquante à ce niveau-là. J'en étais sûre. Mais je voulais adopter parce que j'avais un livre sur l'adoption, qui avait une amie de ma mère qui avait adopté deux enfants, une autre un enfant. Et ça me parlait profondément à plein de niveaux. Et après, je me suis documentée et je me suis dit d'accord, on adopte par conviction, on adopte pour donner une famille à un enfant qui n'en a pas, qui n'en a plus. On n'adopte pas parce qu'on est infertile pour se réparer. C'était difficile, je ne peux pas juger, c'est probable que j'aurais emprunté. Peut-être emprunter ce chemin si je n'avais pas réussi à l'entraîner enceinte. Donc, je ne juge pas ça. Mais c'est vrai que c'est bien de faire le chemin vers l'idée que cet enfant a déjà des parents, qu'ils ont été défaillants ou qu'ils ont disparu, et qu'on va être là pour venir lui apporter une nouvelle famille. Mais il a déjà une histoire. Il a été in utero par ailleurs. Et c'est une vraie démarche qui doit être vraiment prise dans son intégralité. Mais c'est vrai que ça m'a aussi beaucoup parlé et je pense que c'est bien de l'évoquer aussi. Moi, je ne peux pas en parler parce que je n'ai pas été adoptée, mais c'est vrai que c'est un sujet à part entière.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Je ne suis pas bien placée pour en parler, même si comme toi, j'ai eu des élégités jeunes aussi. Moi, ce qui m'avait frappée, c'est un documentaire sur les orphelinats en Asie. Vraiment, et très jeune. Et après, j'avais cette envie d'adopter. Et pareil, j'ai aussi reçu cette superbe. phrase, écoute, t'adopteras, etc. Et je leur dis, de toute façon, oui, j'adopterai quoi qu'il arrive. J'étais persuadée que j'adopterais, sauf que c'est un projet qu'on fait à deux. Et puis, on ne se répare pas non plus comme tu disais, avec un enfant. Et en plus, c'est un autre parcours totalement différent. Et j'ai cru aussi entendre, lire en tout cas, des personnes qui empruntaient ce chemin en étant infertiles. Et la route était quand même d'autant plus barrée à partir du moment où tu venais de la PMA pour aller vers l'adoption.
- Speaker #0
C'est la double peine quand même, mais ça peut se comprendre dans la mesure où c'est vrai que c'est important de ne pas adopter comme solution de repli. Il y a des mécanismes qui vont être à l'œuvre aussi. C'est vraiment un équilibre délicat à trouver, je me dis. C'est une sacrée question et moi, mes questionnements demeurent à l'encontre de ça. J'ai suivi une personne qui en parle assez bien, qui est américaine, qui a grandi dans une famille de mormons. Elle a une histoire très spécifique et elle la raconte en bande dessinée. Et c'est par elle que j'ai d'autant plus saisi l'importance de voir l'adoption comme un geste de donner une nouvelle famille à un enfant qui en avait déjà une, même si elle était défaillante ou inexistante. C'est une autre démarche, mais c'est vrai que c'est bien de se renseigner à fond avant d'y aller. Et c'est vrai qu'en France, apparemment, c'est le parcours du combattant en plus.
- Speaker #1
Oui, c'est un autre parcours du combattant. Effectivement,
- Speaker #0
il y a un côté comme ça.
- Speaker #1
Ah, j'ai oublié deux, j'en reviens juste à bord des vies de fées. Et ma traitance médicale. Ouais, on n'a pas été gâtés au début de notre parcours. Avec notamment une médecin qui était froide, qui était hyper distante et qui m'a fait répéter quatre fois la première fois qu'on l'a vue. Mais c'est sûr, vous n'êtes jamais tombée enceinte ? Eh ben non, madame, je n'ai jamais tombé enceinte naturellement. À un moment donné, elle ne me pose pas dix fois la question. La dernière fois que je l'ai vue, elle me dit, bon, j'essaye ça et puis après, moi, je ne peux plus rien faire pour vous. Vous êtes un cas désespéré quand même. Voilà, enfin, tu vois, c'est ce petit genre de choses comme ça qui vient vraiment te poignarder là, dans tes entrailles, alors que tu as déjà la plaie bien ouverte. Enfin bref, voilà.
- Speaker #0
Il y a quand même quelque chose que je n'arrive pas à saisir là-dedans. Que ce soit un peu, tu sais, une usine, la PMA, les FIV, l'infertilité, tout ça, il y a de plus en plus de personnes à qui ça arrive. Qu'on n'ait pas le temps pour les embrassades, les mots de soutien puissants, ce n'est pas leur boulot. Mais par contre. Vous êtes sûr que vous n'êtes jamais tombé enceinte ? C'est juste horrible.
- Speaker #1
Vraiment,
- Speaker #0
on ne dit pas ça à quelqu'un. C'est quand même quelque chose qu'on sait. Je veux dire qu'on sait, qu'on veut. Et je ne peux plus rien faire pour vous. On ne peut pas ironiser là-dessus. Peut-être qu'elle se protège en faisant ça, mais on est responsable quand même un minimum du ressenti des personnes en face. J'avoue que je ne saisis pas. J'ai rencontré des médecins comme ça aussi, une en particulier, et je ne comprends pas. Désolée pour ce que tu as vécu. Vraiment, c'est...
- Speaker #1
Ils ne sont pas tous comme ça.
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
C'est encore pire aussi. Après, on se blinde et on avance parce qu'on n'a pas le choix. Et ça, heureusement, c'était au début. Je n'ose pas imaginer non plus quand on est à X échecs. Écoutez, tu as affaire à un médecin en qui tu ne peux pas avoir confiance, qui a zéro empathie, zéro humanité. Tu n'as plus envie d'y croire. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Non, mais tout à fait d'accord. Je pense que tout l'environnement joue énormément. sur notre confiance en nous, l'image qu'on a de nous-mêmes. La détente relative à laquelle on devrait s'attendre dans ces parcours-là. Moi, je trouve que les séances de psy ou d'accomplissement devraient être remboursées, ou de tarot, si c'est ce qui nous fait du bien, je veux dire. Mais il faudrait avoir quelque chose qui nous mette dans le cocon, où on peut déposer, et en fait, moi je trouve que ça devrait être systématique, d'avoir notre rendez-vous, protocoles, prochaines étapes. co-injection, tout ce que tu veux. Et ça devrait être obligatoire d'avoir une demi-heure de psy derrière, une heure d'échange informel sur tout ce que tu veux, tout ce que tu veux. Dire que tu n'arrives pas à en parler en famille, c'est bientôt Noël, ça va être la misère. Dire que tu manges n'importe quoi, que tu as peur que ça influence ta fertilité, tout, tout, tout. Mais parce que les médecins, ils n'ont pas le temps, je suis d'accord, ils ne sont pas obligés d'être désagréables non plus. C'est vraiment... Et donc, je trouve que ça devrait être obligatoire. Ça devrait être inclus. Ça joue tellement dans la façon dont on vit les protocoles. C'est aussi pour ça que moi, ça part de quelque chose d'un peu égoïste aussi. Moi, c'est pour ça que j'ai envie d'accompagner les personnes en PMA aussi. C'est pour donner ce que moi, je ne me suis pas autorisée à avoir pendant ma PMA où j'ai foncé. Pourtant, j'étais suivie en psy, mais je n'en parlais pas tant que ça parce qu'en fait, on se sent tellement écrasée par l'impuissance. Je trouve que c'est comme... Parler de sa dépression quand on la traverse, j'en rigole parce qu'en fait, on est tellement impuissant et les autres vont être impuissants que moi, je ne savais pas trop si ça allait m'aider d'en parler plus que ça. Et avec le recul, heureusement que nous deux, on a parlé. C'est un peu comme les participants à des téléréalités qui disent qu'il n'y a que nous qui pouvons comprendre. Alors, oui et non, parce que le soutien de gens bienveillants, c'est toujours bon à prendre. Mais quelqu'un qui traverse vraiment la même chose que nous, c'est vachement précieux aussi. Qui l'a traversé, qui comprend les enjeux. C'est vachement important de se faire accompagner. Mais comme je disais, que ce soit pour faire des teintures en macramé sur la matrescence ou sur notre future grossesse ou avec un psychanalyste ou un psy, pour moi, c'est égal du moment qu'on sublime le truc et qu'on se sent soutenu et qu'on arrive à garder pied. C'est vraiment important. Et vraiment, les maltraitances... Coeur sur toi, parce que moi aussi, j'avais une médecin très froide et on n'est pas les seuls. Moi, quand j'ai su que je ne pouvais pas changer, je crois au deuxième ou troisième protocole, j'ai essayé de changer. On m'a dit non, j'ai pleuré en sortant. Première fois que je pleurais de toutes mes inséminations, FIV et tout ça. Quand on m'a dit, vous ne pouvez pas changer de médecin parce qu'elle est rattachée à l'hôpital et ce serait trop compliqué de faire circuler le dossier, il y a trop d'intervenants. J'ai fait, au secours !
- Speaker #1
Là, tu t'es effondrée, tu t'imaginais en fait continuer comme ça. Ça a dû être horrible, ce moment-là.
- Speaker #0
C'était horrible parce que je sortais de voir sa remplaçante qui avait été adorable, qui avait été rigolote. Enfin bon, elle avait des bons skills sociaux, je ne peux pas te dire. Mais ça, ce n'est vraiment pas normal dans ces parcours. Et je ne parle même pas des personnes qui vont faire des parcours PMA et FIV. dans des cliniques privées hyper chères parce qu'en France, au bout d'un moment, on est limité dans l'âge, dans le nombre de filles, etc. Et qui sont encore plus des numéros. Et en plus, on échange dans des langues, on échange en anglais. J'ai des copines qui ont vécu des trucs déments. Et c'est notre corps qui est au centre de tout quand même. C'est vraiment... Moi, ça me choque vraiment.
- Speaker #1
Oui, puis en plus de ça... à l'étranger, c'est un business. Ça devient aussi un business. Là, tu vois, je te rejoins sur l'accompagnement qui est primordial, en fait, de ces femmes. Et à la fois, en parallèle, tu as tout ce business qui est en train de se monter aussi. Après, il faut savoir démêler le vrai du faux parce qu'il y a des choses très bien. Moi, je me suis servie dedans. Ça m'a été utile. Et franchement, j'encourage tout le monde à aller regarder si ça peut faire du bien ou pas. Ça appartient à chacun. Mais oui, pour rebondir vraiment sur ça, c'est essentiel. Il faut accompagner tous les femmes. Alors, en plus, le jargon, on ne comprend rien, on ne t'explique rien. Sur sort, tu es vidée parce que tu es tétanisée. Il y a eu des mots qui ont été prononcés qui t'ont explosé à la figure. Et puis après, en plus de ça, tu es là avec ton compagnon. Tu meubles. Moi, je sais que j'avais une diarrhée verbale en sortant. Vraiment. J'en ai besoin de parler, parler, parler de tout, de rien, etc. Je lui inondais, en fait. J'avais tellement peur, en fait, qu'on aborde certains trucs ou qu'il me dise, ben non, en fait, je ne me sens plus. Enfin, tu vois, j'avais vraiment peur. Parce que des fois, c'était lunaire quand même quand on y allait. C'était assez lunaire. Tu vois, j'avais peur. Enfin, je me sentais... tellement petit, tellement pas considéré aussi. J'avais fait un post là-dessus. Honnêtement, tu vois, on a beau des fois ne pas comprendre ce que vit l'autre, peu importe dans tous les domaines, à partir du moment où t'es là, t'es à côté, t'écoutes, considère la personne, et bien avoir un peu de reconnaissance, ça fait du bien en fait. Et juste une présence et de la reconnaissance des fois, ça suffit.
- Speaker #0
Oui, c'est très ingrat ces parcours et on a vraiment besoin à des moments de se sentir de nouveau humaine. Il y a un truc qui a trait à l'humanité, je trouve, là-dedans. De se sentir visible,
- Speaker #1
en fait. De se sentir vivant. Parce qu'on se meurt un peu à l'intérieur de ne pas réussir à donner la vie, de ne pas être comme tout le monde, de ne pas correspondre aux normes de la société. On se pose plein de questions de ce qui se passe en nous et de pourquoi c'est cassé, pourquoi ça ne marche pas. Et oui, c'est ça. On a besoin de ça, en fait. On a besoin de se réparer pendant ce parcours. Et dans le regard des autres aussi, ça fait du bien.
- Speaker #0
Oui, et ça peut passer par tellement de choses. Tu parlais de ton parcours, de ta formation en santé féminine, tu me disais, et c'est de la naturopathie aussi ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est de la naturopathie féminine, tout ce qui a trait au cycle féminin, au bien-être féminin.
- Speaker #0
Et ça, justement, je trouve que ça fait partie des essentiels dans le sens où, je ne dis pas que c'est lié, mais c'est J'ai commencé une cure, j'ai vu une minaturo qui m'a fait une prescription, des compléments alimentaires, mais aussi du pollen. C'était trop bon en plus le pollen. Mais j'ai fait ça deux semaines, je suis tombée enceinte après, mais honnêtement je pense qu'une conjonction de facteurs, et ça on n'a pas pu l'expliquer, c'est juste que ça m'a aussi reboostée physiquement. c'est à dire que En me nourrissant de choses qui me faisaient du bien, je me suis sentie regonflée à bloc mentalement. Je me suis sentie aussi plus puissante. J'ai aussi... Je vais me faire mordre, mais moi, je suis tombée enceinte au moment où j'ai pris une pause. Alors, ce n'est pas un conseil que je donne. Je ne le donne jamais. Parce qu'en fait, il y a tellement de facteurs. Je ne peux pas... Je ne sais pas pourquoi je suis tombée enceinte. Franchement, je ne sais pas. Il y avait une infertilité inexpliquée depuis le début des tests. une légère endométriose, mais il n'y avait rien de fifou en fait. Mais j'ai aussi fait une fausse couche au départ de mon parcours, donc mon envie d'être mère a été vraiment, a décollé, a explosé quand j'ai perdu cette petite ébauche de bébé, ce petit ange là, qui m'a déposé un message en me disant « si, si, tu peux le faire, tu peux le faire » . Et donc là, je me suis dit « ok, je peux grâce à cette petite… » Petit âme qui est passée, j'ai su que je pouvais. Mais ça a pu jouer aussi. Le pollen, vraiment, en plus, ça m'a donné une sensation de puissance. Je me sentais mieux, plus d'énergie. Je pense que la nature aussi, tout ce qui peut nous soutenir là-dedans, c'est hyper important. On n'est pas obligé de mettre des sommes folles dedans. Il y a des décoctions qui ne coûtent pas cher du tout. Il y a des plantes qui aident et on n'est pas obligé de lâcher 400 euros à Naturalia. pour soutenir sa santé aussi. L'alimentation, toute simple, ça peut vraiment faire beaucoup de bien aussi. C'est un truc à prendre en compte si ça nous parle aussi, je trouve.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Même l'alimentation. J'imagine que, en plus, ça faisait partie de ta formation.
- Speaker #1
Oui. En fait, c'est vraiment un axe majeur, l'alimentation. J'ai beaucoup accès là-dessus. Moi, il y a plein de choses. J'ai été une sorcière avec mon chéri sur les commentaires. L'alimentation, parce qu'on partait loin aussi. On partait loin chez lui, c'était de la maldouce, manger, grignotage, etc. Et avoir déjà des bassaines, ça aide aussi et ça aide à se sentir bien. À partir du moment où tu te sens un peu bien, forcément ça favorise. Et je suis comme toi, je fais aussi un peu partie de celles qui ont réussi à avoir un bébé dans ces moments-là. Moi, c'est vrai, c'était en vacances. Je ne pense pas que ce soit lié qu'à ça. Il y a plein de choses aussi qu'on ne pourra jamais expliquer. Mais voilà, ça s'est fait pendant les vacances et j'étais moins concentrée sur la PMA aussi. Je m'étais lâchée en disant « ça marche, ça marche, ça marche pas, ça marche pas » . Parce que j'en avais marre de stresser. Moi, je suis une grande stressée et j'ai beaucoup moins stressé. C'est vrai, on ne peut pas contrôler le stress. Mais j'ai vu aussi dans mes études de naturo qu'on a un taux de cortisol élevé, donc beaucoup de stress. ça va impacter aussi ta santé orale, ça va impacter ton bien-être, ça va impacter comment tu dors, ça va impacter la concentration, même au boulot, pour plein de choses, le cortisol. Et donc, c'est aussi quelque chose qui va forcément peut-être aussi un peu jouer sur ton état, sur comment tu es, et entre autres, parce que ce n'est pas tout ça. Mais oui, je vais me faire un peu lâcher, mais il y a de ça aussi. En tout cas, pour moi, ça a été un contexte. Peut-être favoris. Voilà. Et comme tu dis, c'est la loterie, on ne peut pas l'expliquer.
- Speaker #0
Je sais que moi, je me sentais plus détendue et plus puissante d'avoir décidé de faire une pause et de me dire « Ok, là, je vis pour moi » . C'était en une semaine. J'ai dit « On prend trois jours, on n'est même pas partis, c'est juste détendu. » On a arrêté d'être en mode robot, on a mangé ce qu'on voulait. C'était vraiment une sorte de détente de « Fuck it » . Moi, je pensais vraiment à une construction de facteurs et J'ai posé la question à Madame Crac Crac, comme je l'appelais sur mon ancien compte.
- Speaker #1
C'est mignon.
- Speaker #0
Au lieu de me féliciter, elle m'a dit « Ah, un beau bébé dame nature » . Et moi, je me suis dit que c'était possible. Elle, le soir, elle se prend pour Dieu. Elle se dit « Je craignais des bébés dames nature » . Un bébé ? Déjà, pourquoi faire des différences ? Ah, ça m'a… Franchement, bref. En tout cas, voilà, c'est clairement... Je me dis, elle n'a pas su l'expliquer parce que la nature est quand même assez fascinante dans un sens ou dans l'autre. C'est quelque chose qui m'a beaucoup frustrée et beaucoup rassurée dans ce parcours à la fois. Je ne sais pas comment dire. Quand j'ai eu des ponctions sous anesthésie générale et qu'il n'y avait aucun petit... aucun embryon, par exemple, fécondé qui survivait dans le froid après trois jours, qu'on pouvait faire juste un transfert de frais, c'était frustrant. Et en même temps, je me disais, bah ok Qu'est-ce que je veux faire contre la nature à des moments ? Ça, je n'y peux rien. Et il y avait une partie de moi qui me disait que ce n'est pas possible, en fait. Laissez-moi quelque chose. Et il y avait une partie qui me disait bon, ben ouais, d'accord. Avec nos pipettes, on peut faire vachement de choses, mais il y a des limites. Et je m'en remettais un peu à ça pour mieux vivre le truc, quoi. Et de temps en temps, je sentais que la nature était plus forte que moi, surtout pour cette histoire de congélation. Moi, je n'ai jamais eu de pingouin au frigo. mes pingouins, ils voulaient rester chez moi. Voilà, mais franchement, la nature, c'est une fascination. Moi, je ne saurais jamais pourquoi ça a marché, vraiment.
- Speaker #1
Et en même temps, comme tu dis, on n'a peut-être pas besoin de tout savoir. Et ça fait partie de la vie. Ça fait partie de la vie, des choses qui nous échappent. Et en même temps, quelque part, heureusement que la PMA est là. Mais c'est vrai que ça ne garantit pas un débit à chaque fois. Et c'est déroutant et c'est beau à la fois parce que Pareil, tu peux avoir des diagnostics qui vont être déjoués, des statistiques qui vont être déjouées. Et des fois aussi, tu te raccroches à l'espoir, alors que c'est terrible aussi l'espoir. C'est toute l'ambivalence de la PMA.
- Speaker #0
Et de la maternité d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, ça se poursuit aussi. Là, la peur, l'ambivalence et la fatigue. Je crois qu'en fait, entre la PMA et la maternité, cette continuité, au moins, n'est pas dépaysée dessus. Non, non.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, il y a une sorte de préparation. On dirait une préparation.
- Speaker #1
On est légitime.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en être passée par là, c'est comme une sorte de pré-test de survie. Mais justement, je me disais comment tu as appris que tu étais enceinte ? Est-ce que c'était un joli moment ? Est-ce que vu qu'on fait des prises de soins tout le temps, est-ce que ça a enlevé le mystère ? Est-ce que c'est racontable déjà ? Merci beaucoup.
- Speaker #1
J'ai vraiment pas beaucoup de tablages. J'ai beau être une personne timide, j'ai très peu de tabous surtout sur ça. Je vais raconter. Tout a été calculé. Il n'y a jamais eu aucune surprise dans notre parcours dès la fin. Tout a été planifié jusqu'à la naissance de mon fils qui a été néchant césarienne. Mais voilà, ça fait partie du parcours. Non, on l'a appris. J'avais fait ma prise de sens. J'avais fait ma prise de sens. Sauf qu'on partait et je n'avais pas forcément envie de regarder les résultats. Je les avais. sur la route du départ. Pour notre week-end, je n'ai pas voulu les regarder. Je me suis dit, on verra bien. De toute façon, le labo doit nous appeler, enfin, la chambre doit nous appeler, etc. Et puis, on fait l'atelier des lumières sur Bordeaux. Un moment féerique, magique, magnifique. Ça me permet de m'évader. C'est waouh ! À ce moment-là, je me dis, je suis peut-être enceinte, je suis peut-être enceinte. Mais je n'y pense pas trop, tu vois. Ça reste dans un coin de ma tête, mais j'arrive à m'évader. Et puis, on est... On est en fait sur les bords de la Gironde. On est sur les bords de la Gironde. C'est ça, c'est la Gironde.
- Speaker #0
Il y a la Garonne et il y a...
- Speaker #1
C'est n'importe quoi,
- Speaker #0
je te dis. Non mais t'inquiète. Tu sais quoi ? C'est un miracle que je le sache. C'est parce que j'ai été à Bordeaux quand j'étais enfant. Donc t'inquiète.
- Speaker #1
Non mais je connais en plus. Attends,
- Speaker #0
c'est dans ton souvenir. Franchement, le nom du fleuve.
- Speaker #1
On s'en fout. On s'en fout. Bref, accessoire. On a l'appel de la sage-femme. Sauf qu'on rate l'appel de la sage-femme. j'essaie de rappeler, et je me suis dit bon, est-ce que c'est bon signe ou pas ? Sauf qu'en fait, ils t'appellent que ce soit négatif ou positif. Donc gros, gros stress. On retourne dans le camion et là, je me dis allez, on regarde les résultats. Et là, on regarde les résultats. Et là, j'étais à... Je ne sais plus quel était le chiffre, mais le chiffre, on payait les scores. Voilà. Et là, on me dit mais tu n'y crois pas toi non plus. Et après, la sage-femme nous recontacte et là, c'est... C'est la danse de la joie. On se fait un resto, on est les plus heureux du monde. On redescend au bout d'une heure, on va se calmer. Mais les taux ne sont quand même pas trop mal. Et puis voilà, après là, ça enchaîne les mois, chaque étape. Alors, c'est un peu son souffle. Et en même temps, c'est comme un peu un PMA. Chaque étape, c'est une petite victoire. Tu savoures en attendant la prochaine. Parce que tu apprends à savourer et pour ne pas être en apnée non plus tout le temps. Et parce que c'est que du stress. Et je crois que je me suis relâchée au bout de six mois. Non, à partir du moment que je savais qu'il serait viable, vraiment, si j'accouchais aussi. Parce que moi, j'ai vécu, je ne sais pas toi, moi, j'ai vécu une grossesse. Tout le monde me disait, mais arrête de stresser ! Arrête de stresser ! Bref.
- Speaker #0
Non, mais franchement, ça se... Enfin, je ne sais pas ce qui te stressait, toi. Mais...
- Speaker #1
Tout. La peur d'une fausse couche, même tardive, qui soit décédée littéraire, de ne plus le sentir. J'avais des contractions et j'avais tout le temps besoin d'aide. Je crois que je suis partie à l'hôpital énormément de fois pour vérifier. Mais ce n'est pas grave,
- Speaker #0
j'en fis l'aide. Oui, on ne le dira jamais assez. Quand on est à bout, on va aux urgences.
- Speaker #1
Ma sage-femme, elle était heureusement très présente, elle était chouette. Elle savait que j'étais stressée. J'avais eu beaucoup de contractions, un peu de stress aussi, de la fatigue. Je n'ai pas eu une grossesse difficile en soi, mais j'ai eu beaucoup de stress.
- Speaker #0
Mais c'est bien que tu aies que tu n'aies pas eu de difficultés physiques directement liées à la grossesse. Qu'il n'y ait eu qu'en gros le stress à gérer. C'est déjà beaucoup quand on sort d'un parcours comme le nôtre, comme le tien, tu vois. Heureusement, c'est déjà ça.
- Speaker #1
Après, voilà, j'ai été essoufflée. Il fallait que je reste des fois allongée longtemps parce que j'avais vraiment des douleurs, mais c'était des douleurs ligamentaires. Et même ça, si tu veux, ça me faisait très, très peur. Donc, je préférais rester allongée. Alors, ma sache-femme me rassurait, mais bon. Comme tu dis, voilà, c'était heureusement que c'était qu'à ce stade-là. Je n'ose même pas imaginer si ça avait été autrement. Et je pense que beaucoup de femmes qui sont issues d'un parcours qui sont enceintes vivent encore plus consciemment les risques que d'autres mamans qui ne sont pas passées par là.
- Speaker #0
En fait, le truc des parcours médicalisés avant la grossesse, ça fait qu'on est encore plus consciente de tout ce qui peut se passer. Je pense que ça renforce l'anxiété. ça renforce l'idée que s'il faut... s'y remettre. Ça implique carrément autre chose que de faire un bébé couette, j'aime pas ce terme parce que ça fait des différences, mais c'est très difficile de faire une fausse couche, quelle que soit la façon dont le bébé a été conçu. Mais c'est vrai que quand ça s'arrête et qu'on sort d'un parcours PMA, il y a toute cette histoire d'il va falloir recommencer, et c'est une montagne de papiers, de rendez-vous, d'examens invasifs. Enfin voilà. C'est vrai qu'on n'est pas sûr du résultat. Donc, c'est vrai qu'il y a ça en plus et ça renforce l'inquiétude. C'est sûr parce qu'à la fois, c'est très médicalisé. Donc, il y a une illusion de contrôle. Quand on est passé par là, on sait bien qu'en fait, c'est une illusion. Parce que moi, ça a raté tellement de fois. Et puis, la fois où ça a fonctionné au départ, ensuite, je l'ai perdu. Ça fait qu'on n'a pas le même rapport, effectivement, de tomber enceinte. J'en avais parlé avec une amie qui a trois enfants. Ça fait partie de mes modèles de mère. C'est une mère solo, d'ailleurs. C'est elle, entre autres, qui m'a donné envie de devenir maman. Elle, elle m'a dit, je n'ai jamais ressenti autant la peur. peur de les perdre, que moi, je rêve, c'est en train de s'atténuer. J'ai rêvé pendant très longtemps que mon fils disparaissait, mais tu sais, c'était pas... C'était une disparition poétique, mais enfin, quand même ! C'est évaporé ! C'est joli, dans le rêve, tu te réveilles, t'es là... Bon, je pense que c'est dû à ce que j'ai vécu la grossesse précédente, et c'est dû aussi à cette... à cette sensation que dans un monde pas si loin, dans une autre réalité mais qui est très ténue, je ne suis pas mère. Je le sens, ça me fait des frissons à chaque fois que je le dis, je sais qu'il y a une Marie vraiment pas loin de cette réalité-là qui n'a pas pu être mère. Parce que je ne suis pas assez loin quand même. Donc ça, ça reste philosophiquement dans ma chair. Je ne sais pas si ça te parle.
- Speaker #1
Je crois comprendre un petit peu. Tu vas me dire si ça fait pareil. Enfin, ça fait pas mal, si c'est un petit peu ton propos. Pendant quelques temps, au tout début, après la naissance de Charlie, et pendant quelques mois, je me réveillais en panique à l'idée que, je ne sais pas, de quelque chose qui était dramatique, une peur panique. Il y a eu des fois où j'avais peur aussi d'avoir complètement zappé de prendre des médicaments. Pendant longtemps, ça m'a fait ça, parce qu'à force d'en prendre, etc. ou ne pas lui avoir donné aussi de destin. Pendant très longtemps, en plus, on a fait du cododo avec Charlie, mais je me suis levée un an incalculable deux fois pour aller surveiller qu'il respirait bien, etc. Je n'ai pas eu cette sensation d'évaporation comme toi, mais je pense avoir un petit peu différemment ce que tu as pu ressentir sur la peur de le perdre. Et je ne peux que compatir aussi avec ton petit bébé, de ta petite étoile, parce que je suis passée par là aussi.
- Speaker #0
C'est quelque chose dont on ne parle que quand on nous en parle.
- Speaker #1
Oui, oui. Tu vois, il y a du mal à en parler encore. C'est compliqué.
- Speaker #0
Je te comprends.
- Speaker #1
Bon, allez, on va rebondir après ça.
- Speaker #0
C'est vraiment important que les personnes qui traversent ça sachent qu'elles ne sont vraiment pas seules. On est tellement. Et les expériences qui suivent sont d'autant plus belles, en plus. Et donc, c'est sursurveiller la respiration. de nos enfants. Ça m'arrive encore, tu sais. Quand il est malade, je me dis, il est un petit peu beaucoup trop calme. Genre, quand il dort, je vais le voir et je vais très près pour voir s'il respire. C'est un truc... C'est commun à beaucoup de mamans, mais le fait de se réveiller en panique, je me demande si ce n'est pas un mélange avec l'hypervigilance qui est propre aux parents. En tout cas, je suis mère, donc je ne peux parler que de mon pendu. Mais moi, je ressens une telle implication. Tu t'es dit que quand même, la survie d'un autre être que moi, pour la première fois de ma vie, dépend de moi. On ne se rend pas compte qu'on est dans les soroises. C'est quand même une succession de choses à faire, la vie avec un enfant. Qu'on l'ait à la maison ou qu'on le dépose pour faire d'autres choses, quand même, de toute façon, c'est plein d'étapes. Et donc, on coche des cases. Mais c'est vrai que quand on s'endort ou... « Mon Dieu, je me suis relâchée ! » J'ai oublié un truc méga important, parce que ça repose sur moi. Et c'est nouveau, je pense, quand même, ça. Cette responsabilité énorme. Pour le cerveau, je pense que c'est quelque chose d'assez violent, de s'habituer à ça.
- Speaker #1
Ouais, tu réalises quand même, ça fait un petit bouton, mais des fois, c'est vrai que tu dis « Moi, quand même, je prends mes responsabilités pour m'occuper d'un autre petit truc. » d'être que moi et qui compte sur moi dont je suis le centre de l'univers. Et c'est énorme et c'est une création des fois de dents qu'on peut se mettre là-dessus.
- Speaker #0
C'est ça. Je trouve que c'est vraiment un doux mélange. Je ne sais pas si toi, le fait d'être mère, ça a réparé des choses chez toi ou pas. Perso, ça a à la fois été extrêmement réparateur. sur ma sensation d'être aimable, d'être importante. Et à un moment, ça ouvre des brèches, bien sûr, puisqu'on est obligé aussi d'être très dévoué et très présente, même à des moments où on n'existe même plus à l'intérieur tellement on est crevé. Donc, c'est très impliquant. Mais c'est vrai que moi, j'ai eu cette sensation de réparation. Je ne sais pas si ça te l'a fait aussi.
- Speaker #1
Réparation, peut-être. Oui, je ne sais pas s'il n'y a que ce mot-là. En partie, peut-être. Il est venu, en fait, je crois, c'est très bateau ce que je vais dire, mais il m'a fait évoluer, il m'a fait grandir, il m'a fait un peu renaître. Il m'a... Ouais, il m'a ouverte aussi. Je crois qu'en fait, il y avait une partie de moi qui était enfouie et il est venu un peu la libérer aussi. Je pense, voilà. Mais ouais, il me paraît quand même aussi un peu, ouais, je pense.
- Speaker #0
Non, c'est mon terme. Je me sentais vraiment assez abîmée pour tout un tas de raisons. Je sais que le fait de devenir mère, je me suis dit que je peux apprécier quelqu'un. J'avais une sensation de quelque chose de magique. Évidemment, c'est la toute petite enfance. C'est facile, cette sensation, puisqu'en fait, tu les berces. Il y a un truc... J'ai eu cette chance de... de pouvoir le bercer à sa naissance, qu'il s'apaise. Et je me suis dit, d'accord, je suis utile, je sers à quelque chose. Je n'avais jamais eu l'impression d'avoir été aussi utile de toute ma vie, alors que je pense avoir des amitiés assez solides et des liens avec ma famille qui prouvent que je peux aider les autres. Mais là, c'est comme tu dis, le centre du monde. Pour moi, c'était réparateur. Mais franchement, quand tu dis renaître, je suis assez d'accord. C'est que le bébé, il naît, mais nous, on naît en tant que mère. C'est une renaissance, c'est sûr. Je trouve.
- Speaker #1
Oui. Et ce n'est pas forcément à l'accouchement, parce que je suis très ambivalente sur mon accouchement. J'ai ressenti des choses, mais je ne saurais pas te dire. C'est très bizarre. Je m'attends à quelque chose de plus… Enfin, je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais je pense que ça s'est fait, ça s'est construit en fait, au fur et à mesure. Voilà, ça a assemblé des pièces du puzzle, tu vois. Ça a été un peu ça.
- Speaker #0
C'est logique, comme tu parlais d'une césarienne programmée aussi. C'est une expérience encore différente où on est quand même aussi dépossédé de notre sensation d'action sur l'accouchement. Et heureusement que c'est pratiqué, que ça existe, parce que ça sauve des vies, ça permet de lisser des parcours qui peuvent être compliqués surtout. Ça sauve des vies à plein de niveaux et c'est fondamental. Mais c'est normal que dans ce type d'accouchement, parfois, Le lien mère-enfant se fasse avec plus de temps. Et d'ailleurs, même pour des accouchements en voie basse, en fait, le lien peut mettre du temps à se faire. Ça dépend de plein de choses aussi, de notre histoire, de notre grossesse, de notre parcours pour tomber enceinte, de notre lien avec nos parents, notre mère. Ça dépend de tellement de choses. On a vraiment cette image de « je vais tomber amoureuse, je vais le voir » , comme dans les contes de fées. Mais en fait, c'est une rencontre.
- Speaker #1
complètement comme une autre en fait moi ça m'a quand même les boussolés je t'avoue que c'était vraiment je pense que j'étais bouleversée j'étais je pense que j'avais du mal à réaliser en ce qui concerne la césarienne par contre je l'ai très bien vécu que ce soit programmé j'étais même contente et je me suis dit de toute façon c'est cohérent avec tout le reste voilà tout avait toujours été programmé j'ai jamais eu une surprise et en même temps je ne suis pas très fan des surprises j'apprends à me connaître aussi j'aime bien anticiper un petit peu notre rendez-vous d'aujourd'hui Merci. Voilà, c'était quand il m'a dit « on fait ça demain » . Si tu me disais ça en plus de temps, tu m'aurais dit « on fait ça dans une heure » . Mais voilà, non, je le dis quand les choses sont… Je peux prendre un peu la main dessus, le peu qu'on peut prendre la main dans ses parcours, mais de savoir à l'avance, en fait, de pouvoir se préparer. Après, on n'est pas préparé à la maternité, ça on le redit, on le rabâche, c'est la réalité. Et en même temps, quelque part, tu disais tout à l'heure J'en veux un peu à l'ancienne génération de ne pas nous avoir dit les choses. Et en même temps, si vraiment elle nous disait tout ce... Après, on doit passer. Est-ce que vraiment tu t'engouffrerais dans ce putain parcours pour ensuite avoir ça sans savoir exactement tout le bonheur parce que tant que tu ne l'as pas vécu, c'est indescriptible. Et pareil, en fait, que ce soit pour les inconvénients, tant que tu ne l'as pas vécu, c'est difficile à imaginer. Moi, on m'a prévenue un peu à aller à demi-voix. Si on voulait me préserver, j'étais en deuxième main et que je n'avais pas envie d'entendre ça. Maintenant, avec le recul, je me dis « ouais, effectivement, on a essayé un peu de me dire « hé, hé, fais gaffe, fais gaffe » . »
- Speaker #0
Non, mais tu as raison. Tant qu'on n'est pas les deux pieds dedans, on ne peut pas imaginer. C'est clairement quelque chose sur lequel, en plus, on a beaucoup de représentations et de clichés. Je dis « j'en veux » , mais je ne m'en veux pas vraiment, parce que c'est vrai que si on nous faisait la liste, on ne le ferait pas. Moi, je sais, pour ma part, que je serais passée à côté de quelque chose. Des fois, je dialogue avec la partie en moi dont j'imagine qu'elle n'a pas eu d'enfant. Et je me dis, voilà, ce serait une autre personne complètement. Je ne suis plus la même personne. Oui et non, quoi. Donc, c'est vrai que c'est toujours pareil. C'est complexe parce qu'une fois qu'on le vit, les gens nous disent, ah, mais carrément, mais moi aussi. Ma mère qui avait soutenu pendant longtemps que... Enfin, mes parents. Mes deux parents avaient soutenu que c'était génial les vacances avec les enfants, que même quand on a des enfants, on peut encore voyager, on peut faire plein de trucs. Et puis, ma mère qui m'a dit il n'y a pas longtemps, c'est vrai que c'était super, mais ce n'était pas des vacances. C'était des vacances avec nos enfants. Et ça, c'est quelque chose, moi, je n'avais pas idée. quand je voyais des vidéos circuler sur Instagram de parents qui disaient c'est les vacances. Genre j'étais là attends, pourquoi tu as fait des... pourquoi tu as fait des enfants. Mais en fait, et oui, c'est des vacances avec tes enfants. Donc oui, ce n'est pas le même quotidien. Il y a plus de glace, il y a plus de, je ne sais pas, de montagnes, de mers, de toboggans dans l'eau, mais ce n'est pas des vacances pour les parents. C'est des vacances en famille. Donc c'est vrai que c'est difficile de se représenter les choses quand on n'y est pas encore.
- Speaker #1
Oui. Et qu'est-ce qu'on peut être jugeant malgré tout ? Moi, j'avais l'impression de ne pas être jugeante et d'être la plus ouverte parce que PMA, parce que… souffrance, machin, etc. Non, j'étais aussi jugeante envers ses mamans. Et on l'est forcément un peu tous. Mais oui, je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
C'est bien d'imaginer ses biais et de se dire que chacun fait comme il peut, y compris nous. Après ce tour d'horizon, je me dis qu'on peut juste faire un espèce de mot de la fin, même si on en a fait plein. Est-ce que tu aurais une anecdote, l'anecdote la plus représentative pour toi, le souvenir qui te revient quand tu penses à tout ton parcours ? le premier qui te vient, si ça vient.
- Speaker #1
J'ai juste envie de dire « trouble » avec la même. On était trois, on n'était pas deux, en fait. Sous la couette, que ce soit partout, tu as toujours cette ombre-là.
- Speaker #0
Et justement, un conseil, je pense qu'en partie, tu l'as déjà dit tout à l'heure, un de ceux que je préfère moi donner, c'est ça, enfin donner. Ce que je me dis à rétrospectivement, c'est de ne pas s'oublier et de continuer à faire ce qui nous tient à cœur, puisque ça soutient à tous les niveaux. et ça aide à traverser les choses. Mais est-ce que tu as... Voilà, est-ce que... Autre chose, quelque chose te vient en tête pour des personnes qui sont en parcours, qui vont peut-être l'être ? Voilà.
- Speaker #1
Je crois que je l'ai dit tout à l'heure, vraiment, parce que ça m'appartient et on l'a évoqué. Bon, ça rejoint un peu ce que tu dis, on s'oublie. Donc, il ne faut pas attendre, en fait, de voir, on va dire, ce qu'on veut de maternité, se réaliser, pour se réaliser aussi soi. Vraiment ne pas s'oublier, ne pas rester seule, parler aussi, communiquer. On ne l'a pas beaucoup dit, mais c'est vrai que souvent les couples aussi peuvent imploser. On a eu cette chance toutes les deux. On a, je pense, aussi des compagnons extraordinaires. À l'Europe, on va les flatter un peu. On a bien choisi aussi. Oui, c'est ça. Mais ce n'est pas évident. Il y a beaucoup de couples qui en viennent à se séparer, qui sont du mal, etc. Donc ça aussi, remettre du dialogue aussi, c'est important. Et même si on peut être à trois dans la PMA, il ne faut pas hésiter à être à quatre, cinq avec d'autres soutenants, d'autres soutiens, pardon.
- Speaker #0
Oui, des marraines. Ça se trouve, il y a des parrains aussi en PMA du côté homme. Enfin bon, en tout cas, c'est bien de ne pas rester seul. Et ça valable pour toute l'aventure de la parentalité, je crois.
- Speaker #1
Oui, aussi. Que ce soit des amis, que ce soit des gens avec qui finalement Au début, on n'était pas forcément proches, mais on le devient. Vraiment, tout lien peut être utile, peut se créer, peut changer. Ça aussi, des fois, les liens peuvent changer aussi en PMA, pendant le parcours, et aussi même en maternité. Mais c'est comme ça, ça fait partie de la vie.
- Speaker #0
Ça, c'est très organique. Ça peut bouger vachement. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci beaucoup, beaucoup. Ça m'a fait vraiment plaisir de papouetter avec toi. On aurait pu... Ouais, on s'est pris un café. On s'est pris trois cafés, là.
- Speaker #0
Et on a pris trois cafés. On a quelques épisodes. Merci beaucoup. J'espère que ça sera utile à toutes les personnes qui vont l'écouter. Merci, ma reine, d'avoir été là.
- Speaker #1
Merci, Michelle. Ça me fait drôle. Je t'avais le but comme ça. C'est vrai que t'as été magnifique. Mais t'es avant tout une super nana. Et merci. Merci de me soutenir, toi aussi, en quotidien.
- Speaker #0
Bye.