Speaker #0Bienvenue sur Psycho-Sexo, le podcast de l'EPSO. Je suis Enora Tessandier, psychopraticienne spécialisée en sexologie et psychotrauma et fondatrice de l'EPSO, l'école internationale de psychosexologie holistique. Dans ce podcast, je vous partage des ressources, des témoignages et des approches concrètes en psychosexologie pour approfondir vos compétences et enrichir votre pratique. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui on va parler des personnes trans mais surtout du vocabulaire dans ce domaine. En fait je vous explique dans les trois prochains épisodes de podcast on va parler deux fois de ce sujet et j'avais donc à coeur de consacrer un petit épisode pour parler du vocabulaire parce que oui parce que oui en fait il est bien facile de s'embrouiller quand on ne connaît pas bien ce domaine. Pourtant, je sais que bon nombre d'entre vous sont bienveillants et ouverts, mais on sait pas toujours en fait quels mots utiliser. Et d'ailleurs, c'est un sujet qu'on a abordé avec Denis Trochesec dans l'épisode 9, accompagner les personnes LGBTQIA+, comprendre les injonctions et stéréotypes. Et moi-même, je ne sais pas toujours quels mots utiliser alors que je me considère dans la bienveillance. Donc je tiens à préciser aussi que je ne suis pas concernée par la transidentité et je me fais juste le porte-parole avec ce que j'en sais aujourd'hui en 2025 et peut-être que dans quelques mois le vocabulaire aura changé. Donc on va y aller point par point. Déjà le terme transidentité, le terme transidentité est utilisé pour mettre l'accent sur l'identité sociale et la diversité des parcours. Et il est préférable d'utiliser ce terme d'ailleurs au pluriel parce que ça souligne la diversité, la variété des vécus trans. Et on parlera donc de personnes trans plutôt que de personnes transsexuelles, transgenres ou transidentitaires, ben afin de respecter qu'en fait chaque personne choisit comment elle, elle a envie de vivre, comment elle a envie de dire. en fonction de comment elle vit les choses. Une personne trans, c'est une personne qui vit ou qui souhaite vivre dans un genre différent que celui qui lui a été assigné à la naissance. Et ça inclut donc ceux et celles qui souhaitent transitionner et ceux que la personne fasse ou non un traitement médicamenteux ou chirurgical. Donc ce terme, il englobe aussi bien les personnes qui choisissent de faire des démarches médicales que des personnes qui ne le font pas. Et du coup, ça englobe les personnes qu'elles... Peu importe quelles démarches médicales font ces personnes, en fait, ça les regarde en fait. Et du coup... le terme personne trans sera plus adapté. Pour redonner un peu de contexte, ces derniers temps on en parle un petit peu plus notamment je sais sur les réseaux sociaux, une personne cis c'est en fait le préfixe cis désigne une personne dont le genre correspond à l'assignation pardon à la naissance et une personne cis est donc une personne qui n'est pas trans. et qui vit dans le genre qui lui a été assigné dès la naissance. C'est mon cas par exemple. Un homme trans ou garçon trans ou personne transmasculine. Donc une personne transmasculine est une personne qui a été assignée femme à la naissance mais qui transitionne vers un genre masculin ou fluide. Avant Enfin, en tout cas, c'est un terme que j'ai déjà utilisé, l'utilisation de FTM, qui veut dire, excusez mon anglais qui est très mauvais, ce terme est déconseillé parce qu'en fait il met l'accent sur l'assignation de naissance. Moi je le trouvais pratique parce que dans ma tête de novice... ou pour expliquer à d'autres personnes qui ne connaissent pas trop ce domaine. Eh bien, c'était plus facile d'imaginer et de capter. De qui on parle En fait en vrai moi j'utilise toujours le terme homme trans par exemple et aujourd'hui c'est très clair dans ma tête mais dans mes débuts d'accompagnement des personnes trans et bien ça l'était moi. Et de toute façon... Ce qui me semble important, c'est d'utiliser le vocabulaire que la personne qu'on accompagne utilise. Donc par exemple, dans l'épisode de podcast qui sort dans trois semaines, qui s'appelle Strangeland, expression artistique et soutien communautaire LGBTQIA+. qui est un interview réalisé dans le cadre du podcaston, Nico qui est une personne trans utilise le terme FTM. Donc ce qui est important vraiment c'est de ben de voir en fonction de chaque personne comment elle... quel vocabulaire elle utilise. Mais en tout cas moi et Nora en tant que thérapeute, en tant qu'accompagnante ou en tant que camille parce que j'ai aussi des amis trans ce n'est pas à moi de décider Quel terme utiliser en fait Donc après on a le terme femme trans ou fille trans, personne transféminine. Une femme trans c'est une personne qui est assignée homme à la naissance et qui transitionne vers un genre féminin ou fluide. Comme pour les hommes trans le terme MTF, mâle tout femelle. encore désolé pour mon anglais, ce terme n'est pas forcément à privilégier vu que encore une fois il focalise sur l'assignation de naissance. Maintenant on va voir du vocabulaire qui est à ne pas confondre. Déjà travesti, une personne travestie en fait C'est pour diverses raisons, notamment artistiques ou personnelles, mais cela ne fait pas partie des transidentités. Donc se travestir c'est s'habiller avec des habits du sexe qui n'a pas été assigné à la naissance, mais en fait la personne elle ne se sent pas. Donc par exemple un homme qui se travestit, bah il se sent pas femme pour autant en fait. Et c'est ça la grande différence. Drag, drag queen, drag king, drag queer. Ce terme désigne des personnes qui vont se travestir pour des performances artistiques. Donc pareil, à pas confondre. Le genre. C'est une question de société et ce n'est pas une question de biologie. En fait, le genre est construit socialement, c'est une identité sociale bien distincte du sexe biologique. Donc en fait, le genre peut aussi être fluide. Et une personne trans n'a pas nécessairement une transition corporelle complète. Le terme L'assignation à la naissance désigne vraiment la décision faite à la naissance pour attribuer un sexe à un enfant. Mais il est important de se rappeler qu'en fait cette assignation n'est pas nécessairement en adéquation avec le ressenti du genre de la personne plus tard dans sa vie. Donc maintenant on va voir l'identité de genre et l'expression de genre. L'identité de genre c'est le ressenti. interne du genre de l'individu, tandis que l'expression de genre fait référence aux traits extérieurs Et ils peuvent amener à catégoriser quelqu'un comme homme ou femme. Mais l'expression ne définit pas toujours l'identité. Je sais pas si c'est clair. Ensuite on a la transition. La transition en fait c'est donc la démarche... La transition, elle peut englober des aspects sociaux, administratifs et ou médicaux. Donc quand je dis sociaux par exemple, j'accompagnais un jeune adolescent, un jeune trans et donc ça faisait deux ans que au lycée tout le monde l'appeler par son prénom qu'il avait choisi, un prénom donc catégorisé masculin, alors qu'à la naissance il avait été assigné fille. Et donc au niveau social, au lycée, que ce soit les profs, directions et élèves, tout le monde l'appelait par son prénom qu'il avait choisi. Et tout le monde le genrait au masculin. Et donc ça, c'est une transition. Et elle est sociale. Et à ce moment-là, il n'avait fait aucune autre démarche. Dans la transition, il peut y avoir les démarches administratives. Donc là, c'est pour vraiment que sur la carte d'identité et tous les papiers d'identité, il y ait le prénom qui a été choisi. Le genre aussi. Au niveau administratif, je ne sais plus s'il y a d'autres choses. Et puis après, il y a aussi la transition au niveau médical. Donc vous verrez, on en parle beaucoup plus dans l'épisode avec Aline Alzetataton, qui intervient dans l'épisode de mercredi prochain sur l'accompagnement des personnes trans. Donc voilà, ça peut inclure les traitements hormonaux, chirurgicaux, mais en fait, rien n'est une obligation. Donc certaines personnes vont faire qu'un traitement hormonal et pas de chirurgie, enfin ça dépend vraiment de chaque personne. Donc voilà, c'est chaque personne trans qui va choisir d'y recourir ou non. Maintenant, on va avoir trois termes à éviter. Parce que en fait ces termes, ces expressions sont finalement problématiques ou patho... ou patholo... patho... pathologisantes. Donc déjà une personne transsexuelle, un transsexuel, en fait ce terme il met une hiérarchie au sein des personnes trans en imposant l'idée que en fait juste seules les personnes ayant subi des chirurgies... serait entre guillemets complète quoi. Et ce qui me gêne personnellement c'est que du coup on va vraiment se... on va... on va se focaliser sur le sexe alors que le sexe n'a rien à voir finalement avec être trans quoi. Ce qu'il a dans son caleçon, qu'est ce que ça peut me foutre en fait j'ai envie de dire. Dans son calçon, dans son string, ce qu'ils veulent. Ça les regarde. Et donc pourquoi parler du sexe Du sexe, ça pourrait aussi faire penser à la sexualité. Et bah pareil en fait, sa sexualité, elle ne me regarde pas. Voilà. Pour le terme transsexuel. Des fois j'ai un petit problème de perfectionnisme. Et donc je rajoute une petite note à ce que je viens de dire, c'est-à-dire que le fait que l'être transsexuel représente les personnes qui ont fait une opération, qui ont été entre guillemets jusqu'au bout de la transition, eh bien n'est pas réel, c'est pas ce que veut dire le terme transsexuel, mais c'est l'image. que cela peut transmettre. Et comme je le dis à d'autres moments, en fait il y a certaines personnes qui vont dire qu'elles sont transsexuelles, et en fait c'est ok, on n'a pas à remettre en question leur vocabulaire. Comme je l'ai déjà dit, vraiment ce qui est important c'est leur manière de parler et pas la nôtre. Et c'est pour ça que ce terme transsexuel va être à éviter de premier abord si on ne connaît pas la personne. Parce que... Ben il peut être parce qu'on ne sait pas comment la personne voit ce terme, comment elle l'utilise et si ce terme lui convient ou pas et donc on va préférer d'autres termes comme trans qui du coup ne n'insinue rien à comment la personne peut utiliser le vocabulaire elle-même. J'espère que cette petite note amènera un petit peu plus de clarté. Maintenant... le terme dysphorie de genre en fait dysphorie ça veut dire mal-être et très fort et donc il s'agit d'un terme médical et en fait ce qui est gênant avec ça c'est que toutes les personnes trans ne en fait finalement ne souffrent pas forcément de dysphorie et à mon sens ça doit pas être un critère pour reconnaître les personnes pardon pour reconnaître l'identité de genre en fait Bon, par contre, pour entamer un processus dans la transition, pardon, la personne sera obligée d'aller voir un psychiatre. En tout cas, pour avoir des aides pour que ce soit financièrement pris en charge. La personne en tout cas en France devra aller voir un psychiatre qui devra dire qu'elle souffre de dysphorie de genre. C'est une attestation faite par le psychiatre. Malheureusement on est obligé de passer par là. Et puis un autre thème qui est à éviter, c'est naître dans le mauvais corps. Parce qu'en fait cette phrase elle simplifie vraiment la réalité vécue par les personnes trans. Et elle peut être vécue comme stigmatisante. La réalité c'est que l'identité de genre, c'est souvent une expérience vécue qui dépasse vraiment le rapport au corps. Et comme on en parlait avec Aline Alzétataton dans l'épisode qui sort mercredi prochain, tout de même, je souhaite préciser... En fait je sais plus, je crois qu'on en parle pas dans l'épisode, je crois qu'on en parlait en dehors de l'épisode. Mais elle qui est d'autant plus spécialisée dans l'accompagnement des personnes trans, ça me faisait plaisir de voir qu'elle voyait les choses comme moi. C'est que je lui disais en fait, il m'arrive d'utiliser ce terme. Je vais pas l'utiliser avec une personne trans en fait. Mais toutes les personnes qui n'ont pas encore bien compris ce que c'est qu'une personne trans, et des personnes qui sont pas forcément transphobes ou quoi que ce soit, c'est juste qu'elles n'ont pas compris tout le cheminement. Eh bien oui, je vais utiliser le terme, par exemple, c'est un homme qui est né dans un corps de femme. Et en fait, c'est plus facile pour la personne de comprendre. Parce que beaucoup de personnes, si je leur dis un homme trans, elles vont pas comprendre. Et donc du coup, ce sera plus facile. Oui, c'est un homme, mais il est né dans un corps de femme. Parce que des fois, les personnes vont dire, bon mais attends, un homme trans, donc du coup, il a un pénis ou un vagin, en fait, pour comprendre un peu les choses. Et c'est pas forcément méchant de sa part, ni quoi que ce soit. Et ces conversations, je préfère les avoir avec ces personnes-là en dehors d'un contexte où il y a des personnes trans, parce que du coup, elles peuvent s'exprimer comme ça leur vient, avec des mots. pas adapté vis-à-vis d'une personne trans. Et moi aussi, je peux faire des raccourcis, même si j'essaye vraiment de transmettre le vocabulaire qui sera le plus adapté. Et donc voilà, ça m'avait rassurée de voir qu'en fait, Aline était d'accord avec moi, qu'en fait, ben oui, pour expliquer, des fois, on vulgarise les choses. Et même si c'est pas des termes qu'on va utiliser avec des personnes trans, en fait. Voilà un petit peu mon petit détour. Et le dernier point, c'est le terme cisnormativité et transphobie. Bon, cisnormativité, en fait, ça désigne vraiment la tendance à considérer que l'état cisgenre est la norme et du coup, elle marginalise toutes les autres identités de genre. Et la transphobie, bon, je crois que c'est bon, je n'ai pas besoin d'expliquer. C'est la discrimination envers les personnes trans. Et qu'elle soit ouverte ou non à propos de leur identité. Pour conclure... Je tiens à rappeler que le plus important est d'utiliser le vocabulaire de la personne qu'on accompagne. Vous verrez dans l'épisode Strangeland, l'épisode s'appelle Strangeland, expression artistique et soutien communautaire LGBTQIA+, qui est un interview réalisé dans le cadre du podcast. Vous verrez que Nico, qui est une personne trans, comme je l'ai dit tout à l'heure, utilise le terme FTM, alors que certains... alors qu'il est recommandé de ne pas l'utiliser. Bon ben voilà, en fait, c'est... On utilise le vocabulaire que la personne utilise. C'est quand j'arrive à la fin de l'épisode que les chiennes commencent à aboyer. Je disais donc que vous verrez dans l'échange de mercredi prochain avec Aline Alzétataton que... Voilà, elle dit la même chose. L'important, c'est de respecter les mots utilisés par la personne. Sur ce, j'espère que vous aurez appris quelques petites choses, quelques petits vocabulaires ou manières de s'exprimer avec des personnes trans. Et donc, je vous dis à mercredi prochain avec Aline. À bientôt Et voilà, c'est la fin de cet épisode. Si vous êtes encore là, c'est que vous l'avez écouté jusqu'au bout et ça me touche profondément. Ce podcast est dans ses débuts. C'est un projet qui me tient à cœur mais aussi qui prend du temps. Alors si ce contenu vous plaît et vous aide, il y a quelques petites choses que vous pouvez faire pour me soutenir. Et ça vous prendra seulement quelques minutes. C'est gratuit et ça fait toute la différence. Partagez l'épisode autour de vous en me taguant si vous le souhaitez, si c'est sur les réseaux sociaux. laissez une note 5 étoiles et un commentaire sympa et vraiment c'est grâce à vous et à votre soutien que ce podcast pourra grandir et être dans les oreilles de plus de personnes et puis bah sinon abonnez-vous pour ne rien manquer des prochains épisodes et aussi si vous avez des suggestions, des idées de sujets ou si vous voulez simplement échanger n'hésitez pas à me le dire en commentaire ou sur les réseaux sociaux, je serai ravie de vous lire en attendant le prochain épisode, prenez soin de vous et à très bientôt