#Enora Teyssendier formatrice en sexothérapie en ligneHey ! Bonjour et bienvenue sur Psycho-Sexo sur sur sur le centième épisode de Psycho-Sexo et du coup vu que c'est le centième épisode j'avais envie de faire quelque chose d'un peu différent donc moi c'est ENora Tessandier, je suis l'hôte de ce podcast et je suis aussi la fondatrice de Lepso et Lepso c'est une école... qui donne surtout une formation en psychosexologie et psychotrauma de 3 ans. Et voilà, aujourd'hui, pour ce centième épisode, j'avais envie de faire quelque chose qui change. Et en même temps, je me suis dit, faire l'évolution du podcast. Je ne sais pas, trop à tôt ou je ne sais pas. Mais du coup, l'idée, ça a été de faire, de regarder plutôt l'évolution, mon évolution professionnelle. Donc, on verra avant d'être thérapeute, depuis que je suis thérapeute et depuis que je suis formatrice. Et vous allez avoir des petites infos croustillantes, vous allez avoir des peurs que je pouvais avoir au début, vous allez avoir... des choses à l'inverse qui m'ont beaucoup plu, des anecdotes où je me suis pas sentie confortable, voilà. Donc restez sur cet épisode, vous aurez différentes petites anecdotes. Je l'ai créé, je le confesse, avec Lya qui m'a posé des questions en fait. Et donc voilà, j'ai décidé de vous dire et la question et la réponse du coup. Donc, avant... d'être thérapeute, d'où je viens. Je vais essayer aussi d'être rapide quand même parce que et pas être trop trop trop longue. D'où je viens ? Mon parcours après le bac, eh bien je voulais travailler pour ensuite passer le concours d'éducatrice spécialisée. Bon, des profs m'ont dit mais non, faut pas quitter les cursus scolaires, tu reprendras jamais. J'ai quand même travaillé. J'étais animatrice, j'ai même été directrice adjointe en tant qu'animatrice. Mais très vite, il me manquait le côté savoir mieux accompagner, le côté psychologique. Et donc, je suis devenue vite animatrice après le bac. Non, je veux dire, j'ai vite passé le concours et je suis vite rentrée en école d'éduc-spé après le bac. Après combien de temps ? Deux ans. Deux ans après, voilà, une fois que j'ai été éduquepé, j'ai pas mal alterné entre des remplacements et le voyage. Et en fait, très vite, je me suis dit, mais je ne peux pas rester éduque. Le contexte institutionnel ne me convient absolument pas. C'est-à-dire qu'il y a de la violence institutionnelle, en fin de compte, quand tu dois passer plus de temps à rédiger des... Un projet de pourquoi tu emmènerais les enfants à la piscine ? Non, plutôt que de passer du temps avec ces enfants justement, non, ça, ça ne me convient tellement pas. Donc, j'ai recherché une formation et je me suis tournée vers la sexo, mais on en parlera après. Donc, quelques petites questions, expériences professionnelles qui m'ont construite. À ce moment-là, en tant qu'éduque, ça a été de travailler avec des personnes à la rue. Et ça m'a vraiment permis de comprendre que ça ne sert à rien de faire à la place des personnes. Et au-delà aussi de l'image qu'on peut avoir de la personne à la rue, c'est ça aussi que j'ai plus envie de vous partager, vous. Parce que je pense que moi, j'avais déjà cette image, mais... mais j'ai envie de vous le partager. Voilà, on voit la personne à la rue. La personne au sol, souvent, qui est par terre. Et là, dans cette structure d'accueil où j'étais, il y a de l'hébergement d'urgence. Et du coup, il y a un accueil de jour. Et voilà, dans ces moments-là, j'ai vraiment rencontré des chouettes personnes qui, oui, étaient incapables de se poser dans un endroit, en fin de compte. Il y a quelqu'un, une des personnes qui à un moment a dit j'en peux plus, aidez-moi pour que j'arrive à me stabiliser, mais en fait... Le parcours, enfin, c'est un parcours d'être à la rue et il faut un certain nombre d'années pour en sortir. Bon, cette personne, à chaque fois que ça se rapprochait du fait qu'elle pouvait se réinstaller quelque part, elle disparaissait et elle finissait par revenir, du moins en général. Et en tout cas, cette personne était super forte en... Mince, à la belote. J'ai beaucoup joué à la belote quand j'étais dans cette structure. Et il y en avait plusieurs qui étaient fortes à la belote. C'était compliqué de jouer contre eux. Mais du coup, voilà, c'est le côté, vraiment, il y a un humain derrière et des chottes rencontrent. Voilà, dans cette période, du coup, quand j'ai été éduque, là, en vrai, j'étais en stage. Mais les stages d'éduc, c'est des stages très longs. Je ne sais plus combien de mois j'y suis passée. Je suis 6, 6, 7, 8, quelque chose comme ça. Et après, quand j'ai vraiment eu le diplôme, j'ai fait des remplacements du coup dans plein de domaines. Entre les stages et les remplacements, j'étais en psychiatrie, j'étais dans la protection de l'enfance, dans le handicap. En fait, j'ai été un peu dans tous les domaines durant mes stages et où... boulot. Et alors pourquoi je me suis dirigée vers l'accompagnement thérapeutique ? Notamment parce que je savais qu'on pouvait traiter les traumas et en tant qu'éduc, c'était pas ma place de le faire, même si j'avais fait une formation et même si j'en avais fait une, enfin j'en avais pas fait mais même si j'en faisais une, ça n'aurait pas été ma place et donc Pour moi, c'était très compliqué de savoir qu'on pouvait traiter les traumas, qu'il y avait des outils très efficaces, mais que pour autant, moi, je ne pouvais pas le faire. Et on ne pouvait pas orienter les personnes qu'on accompagnait vers quelqu'un pour traiter les traumas. Et voilà, ça m'était très difficile à être dans cette impuissance-là. Pourquoi je me suis orientée vers la sexualité ? la réponse est longue, je pense que j'en ai parlé dans un autre épisode, en vrai j'en suis pas sûre mais du coup pour faire très simple en gros, j'aime accompagner tout ce qui est tabou et j'aime accompagner aussi les personnes qui sont moins accompagnées, on va dire, les minorités donc j'ai ce côté où j'aime rappeler que Par exemple, dans la violence conjugale, ça peut aussi être un homme qui est victime. La sexualité, bon bah, il y a plein de professions où on ne veut pas accompagner à ce niveau-là. Voilà, du coup, moi ça me plaît. Il y avait ça, bien évidemment, il y a plein d'autres choses. Mais pour la faire courte, je vais dire ça. Ce que j'imaginais du métier à cette époque, et bien du coup... En fait, je voulais être indépendante. Indépendante dans le sens de travailler à mon compte et pas pour quelqu'un. Et ce que j'imaginais, c'était de pouvoir, à un moment donné, travailler en ligne et voyager. Et j'ai réussi à le faire, en fin de compte. Oui, je l'ai fait. Question suivante, ce que je n'imaginais absolument pas. Ben, que oui, je l'ai fait, de travailler en ligne tout en voyageant, mais que ça marche pas si facilement que ça. Et que, très clairement, j'ai eu très très très peu de consultes pendant ces années où j'ai été à l'étranger, soit voyagée, soit au final pas voyagée, mais vécue à l'étranger, puisqu'il fallait que je travaille énormément pour me faire connaître. Et puis ensuite j'ai rencontré quelqu'un, certes, mais... Mais j'ai bien vu qu'il fallait que je travaille beaucoup plus et que ça ne marchait pas si bien. Donc voilà ce que je n'ai pas imaginé à ce moment-là. C'est que ce ne serait pas si évident que ça. Ensuite, la thérapeute que j'étais au début. On va commencer par ce que je pensais qu'un bon thérapeute devait être. Alors, ce que je pensais devoir apporter aux personnes. Toutes les réponses et tous les outils au premier rendez-vous. Pensez qu'il fallait vraiment donner plein plein de choses au premier rendez-vous, parce que bon, la personne elle en a pour son argent, donc il faut qu'elle soit au courant de tout, il faut que je transmette Mon rapport aux outils, bah pareil, il fallait que je les donne tout de suite, au plus vite en tout cas, dans les premiers rendez-vous. Mon rapport au fait de, entre guillemets, faire avancer une personne, eh bien je me sentais responsable sur son avancement ou pas. Voilà. Si ça avançait pas vite, je me disais que c'était... Il fallait que je trouve une solution, parce que c'est que je faisais pas correctement mon travail. Et puis, je pensais vraiment qu'il fallait aller jusqu'au bout de l'accompagnement. Elle vient pour une raison, donc il faut aller jusqu'au bout. Sauf que bon nombre de personnes arrêtaient avant. Mais je crois qu'on va en reparler après. Et puis, l'autre chose, c'est mon rapport à l'argent. Je me disais, quand je voyais le métier de la personne, qu'elle n'avait pas l'argent pour payer les consultes. Et donc, tout de suite, je leur disais, mais si l'argent, c'est un problème, eh bien, on peut faire moins cher. Jusqu'au jour où je me suis rendue compte que tout le monde payait moins cher et que moi, je ne me payais pas. Voilà. Bravo, Edouard. Jusqu'au jour où je me suis rendu compte qu'il y a une personne qui en fait n'avait pas un métier si mal payé en plus Qui s'est acheté une banane Lacoste Je sais plus quoi Lacoste, je sais plus quoi d'autre Lacoste et là je me suis dit oui elle a le budget pour acheter Lacoste mais toi elle te paye pas ? Pas beaucoup ? Et là j'ai dit non stop, c'est plus possible Ensuite, mes peurs et insécurités. La peur de ne pas savoir quoi dire, ça c'est la question de Léa. Eh bien, oui, au tout début il y avait ça. Mais vraiment ça n'a pas duré longtemps, vraiment pas longtemps. Mais en fait au téléphone la personne pouvait me dire la problématique, du coup j'allais un peu préparer les questions que je devais lui poser, etc. Voilà et puis après le premier rendez-vous, pour le deuxième rendez-vous, j'allais préparer des choses qu'il faudrait que je demande pour la fois suivante. Mais j'ai très vite arrêté. Je me suis très vite rendu compte qu'en fait, c'est pas parce que la personne au téléphone a dit qu'elle vient pour telle problématique qu'il va falloir poser telle et telle question. Peut-être qu'en fin de compte, il y a cette problématique-là, oui, mais il y en a plein d'autres derrière et que c'est peut-être pas ça le sujet sur lequel on va se concentrer pendant... Ce rendez-vous. Je vous saute les questions de l'IA qui ne me semblent pas intéressantes. Le sentiment d'illégitimité, oui je l'avais au début. Mais pas avec les patients. Pas avec les personnes que j'accompagnais avec eux. Je me sentais vraiment à ma place. J'avais confiance. Mais c'est par rapport aux autres professionnels que j'avais ce sentiment-là. Situation. qui me mettaient particulièrement en difficulté si on me parlait de mon âge. J'ai commencé les consultes à 28 ans. Je crois que je les ai même commencées à 27. Et je signais, par exemple, pour les messages, je signais Madame Tessandier pour faire plus vieille, on va dire, plus pro, je ne sais pas, trop. Bien évidemment, mes lunettes, je les avais toujours. Ça n'a pas encore le cas aujourd'hui puisque ça me vieillit un petit peu quand même. Et j'ai toujours, j'ai une tête, on m'a toujours dit, je suis plus jeune et moi c'est une insulte quand on me dit ça. J'aime vraiment pas ça. Je sais que pour certains c'est un compliment mais pas pour moi. Voilà, bref. Ensuite, les choses que je faisais différemment. Eh bien ma manière de questionner. J'ai petit à petit appris à questionner d'une autre manière. à reprendre plus souvent la dernière phrase, les derniers mots de la dernière phrase de la personne, pour repartir sur une question. Vraiment, je ne vais pas forcément questionner de la même manière, c'est assez difficile à expliquer comme ça. A priori, ça vient de la thérapie narrative, mais moi je l'ai appris dans la thérapie du lien et des mondes relationnels. Et voilà, ça nécessitera un épisode complet là-dessus, je pense. Mais tout de suite, sans personne en face de moi, c'est assez difficile de donner des exemples en plus. Ma manière d'utiliser les outils, j'y vais plus tranquillement aussi, je ne cherche plus à transmettre tout tout tout dès le départ. La place du silence, au début ça me mettait mal à l'aise, maintenant beaucoup moins. Le rapport aux objectifs et aux symptômes du coup. Au début, j'avais vraiment tendance à vouloir revenir sur les objectifs, sur le symptôme. Je reprenais régulièrement les premières notes du premier jour. Et je me disais, ah oui, elle voulait travailler sur ça, Alors qu'aujourd'hui, je vais demander à la personne, le jour même, c'est quoi son objectif pour la séance ? Et peu importe, si elle s'éloigne de l'objectif de base, c'est pas moi qui suis responsable. Si elle s'éloigne de l'objectif de base, c'est son choix à elle. Et donc si c'est son choix, c'est ça qu'il y a de mieux. Voilà. Mais en tout cas, je n'ai pas à tout prix vouloir y revenir si elle, elle veut aller sur autre chose aujourd'hui. Quelques souvenirs. Une situation où je voulais trop aider. Là, il y en a plusieurs qui me sont venues. Ce sont des jeunes au CASPA. Donc c'est... En gros, c'est un CMPA, Centre Médico-Psychologique pour les Ados. Et c'était des jeunes avec du trauma complexe, voire qui vivaient avec leur hauteur de violence. Il n'y avait plus de violence aujourd'hui, mais il n'y en a eu pas le passé. Donc en gros, ça a réactivé en permanence les traumas. Donc là, j'aurais voulu pouvoir aider bien plus et qu'elles aillent mieux. Mais voilà, il y a eu deux situations où ça n'a pas été le cas. Et ce qui est fou, c'est qu'en vrai, j'en ai accompagné des dizaines. Je ne sais pas trop si on peut dire des dizaines, des centaines, je pense. Et moi, je reste bloquée sur les situations où je n'ai pas pu accompagner à ce moment-là. Enfin, si, je les ai accompagnées, mais je n'ai pas senti qu'elles allaient mieux. Ensuite, une situation où j'ai compris après coup que j'étais passée à côté de quelque chose. Et dans ma note, je viens de capter que c'est une note justement de boulot d'éduc et pas de thérapeute. Tant pis, je vais la raconter quand même. Et il y a un petit lien. Et je me demande si je ne l'ai pas déjà raconté aussi sur ce podcast. C'est un jeune que j'ai accompagné dans une structure où j'ai fait un remplacement de trois semaines. Peut-être même moins, peut-être deux semaines, je ne sais plus. Bref, c'était... C'était vraiment très compliqué le remplacement dans cette structure. Et parce que notamment, on était seul au coucher alors qu'on avait le groupe le plus compliqué. Et il y avait un enfant, je ne sais plus quel âge il avait, 8 ans. Il foutait un dawa au moment où on allait se coucher. Et c'était compliqué parce qu'en fait, du coup, comme il foutait le bordel, en gros, tous les jeunes ne voulaient plus aller se coucher en fait. Il excitait tout le monde et tout. Et ce jeune, je l'ai eu quand j'étais... Alors j'étais éducatrice au centre médico-psychologique pour ados, mais je faisais un travail de thérapeute en fin de compte. Je l'ai eu. Et il m'a dit qu'en fait, il avait vécu des viols pendant X années, quand il était placé. Et là, j'ai fait... Et je lui ai demandé si c'était... Je sais plus s'il se rappelait lui de quand j'étais passée. Je suis pas sûre parce que ça a dû défiler sur cette structure. Mais je lui ai demandé si c'était pour ça que foutait la merde. Il disait bah oui. Il avait trop peur d'aller me coucher. Parce que quand j'allais me coucher après, il y a eu un jeune qui allait la toucher. Voilà. Et ça, ça m'a vraiment... Enfin, c'est pour ça que je fais ce boulot aujourd'hui. Putain, mais on devrait tous être au courant de... des réactions que peuvent avoir des jeunes, enfin, quand il y a un trauma, enfin, si j'avais su, si j'avais compris le fonctionnement des psychotrauma, pour ça, je vous invite à écouter l'épisode sur ce sujet, que je mettrai dans la description, et bien, je pense que j'aurais capté, ça m'aurait fait tilt plus tôt, quoi. Il aurait peut-être pu être protégé, ce jeune, cet enfant. Bref. Voilà. Ensuite, on passe à autre chose. J'allais dire un peu plus de gaieté, mais non même pas. Une consultation qui m'a beaucoup fait réfléchir. Eh ben c'est une ronde. Un rendez-vous, j'ai pleuré. Un rendez-vous. Et je vous parle pas des petites larmes parce que ce que dit la personne me touche, non. Pareil, j'ai dû le raconter, je sais plus où. Un jeune que j'accompagnais depuis quelques temps, que j'avais d'ailleurs aussi eu en foyer. Ça, ça, ça, ça, ça a été un des trucs aussi compliqués. C'est de me rendre compte que tous les gamins que j'ai vus passer au foyer ou à la pouponnière, je les revoyais là. Et si ce n'est pas moi qui les accompagnais, c'était mes collègues. Je dis tous, pas tous, mais du coup beaucoup. Bref, un des jeunes que j'ai reçus au foyer de l'enfance... Quand il a été placé pour la première fois, sa situation m'avait marqué d'ailleurs. Bref, c'est pas le sujet, c'est pas le sujet ! Donc, le jeudi précédent, notre rendez-vous. Un ami, un gars que j'ai fréquenté, donc un peu plus qu'Amy, a un accident de voiture. Le week-end, je vais le voir en réa. Le lundi, il décède. Le mercredi ou jeudi suivant, ce jeune me dit... Oui, de toute façon, c'est comme les accidents de voiture. C'est pas possible de décéder d'un accident de voiture. Oups, là j'étais là... Qu'est-ce qu'il me raconte là ? Et puis j'ai pas réussi à... J'ai pas contrôlé mes larmes. C'est sorti tout seul. Je lui ai dit, je suis désolée, là je peux pas te laisser dire ça. Parce que j'ai moi-même perdu un ami d'un accident de voiture lundi. Et là j'étais là. putain je suis vraiment une merde je suis en... j'ai pleuré devant lui quoi je me dis quelle merde et là ce jeune c'est trop drôle je vous raconte un peu plus il me dit il a repris quelque chose que j'utilisais beaucoup enfin sur le coup il a fait ah merde la tristesse là elle est à combien entre 0 et 10 le premier chiffre qui vient et j'ai joué le jeu j'ai répondu Et ensuite, vu qu'il a dû sentir que je devais être un peu agacée, qu'il me ressorte une connerie dans le champ, et la colère, elle a combien entre 0 et 10, le premier chiffre qui vient ? Et je lui ai répondu, et là, elle a fait, ah merde, ah oui, quand même, là, il y a beaucoup d'émotions. Voilà, je pense que cette fois-ci, on a été sur la fin du rendez-vous assez rapidement. j'ai été voir ma collègue ah oui mais c'était un mercredi du coup parce que cette collègue elle était là que les mercredis j'ai été voir ma collègue et puis je lui ai raconté tout je me sentais tellement nulle tellement nulle tellement nulle et voilà et en vrai en vrai que ce soit elle ou que ce soit ma psy m'ont dit la même chose qu'à l'inverse ça pouvait que aider dans la relation parce que ce jeune ou dans leur relation ou pour ce jeune parce que ce jeune il ne s'accordait pas d'avoir des émotions ou les laisser s'exprimer en tout cas donc ça a montré que même la thérapeute elle peut avoir des émotions et au final ça a vraiment rien dans notre accompagnement je pense pas que ça m'ait discrédité ou quoi que ce soit il a continué à venir etc On en a reparlé forcément le rendez-vous suivant. Bref, voilà. Ensuite, une personne qui a bouleversé ma manière de comprendre l'accompagnement. Eh bien justement, ma psy. Et c'était dû suite à cette situation quand j'ai pleuré. Qui m'ont permis de voir, ben non en fait, on est des humains. Et des fois, ben oui, il peut se passer qu'on ait des émotions. Et on a le droit d'avoir des émotions. Tout comme quand quelqu'un qui me raconte une histoire peut avoir, ça peut me mettre la larme à l'œil, eh bien, je peux le poser. Et voilà, je reste humaine. Et eux aussi, ils sont humains. Et ça rend aussi ce qu'ils ont vécu d'humain. Parce que des fois, ce qu'ils ont vécu, c'est déshumanisant. Je ne sais pas si ça se dit comme ça. Mais au moins, ils voient que, en fait, si ils ont... C'est injuste ce qu'ils ont vécu, ou ils n'avaient pas à vivre ça. Et que oui, on peut aussi être touché par moment. Tant que, bien évidemment, ça ne reste pas la norme. Ce que je vous raconte avec ce jeune, ça m'est arrivé une fois en huit ans. Voilà, il y a heureusement que ça se passe... Enfin, voilà, il ne faut pas que ça se passe plus, même s'il ne faut pas non plus auto-flageller si ça se passe une fois. Et d'ailleurs, dans cette même période, on essayait avec la secrétaire que je n'accompagne pas de jeunes si c'était pour un deuil. Et ça arrivait qu'une jeune que j'accompagne, pour un autre sujet à un moment donné, me parle pendant tout le rendez-vous du décès de son grand-père et du coup du deuil qu'elle était en train de faire. Et là, ce rendez-vous, je n'ai pas bronché. J'ai cherché à ne pas montrer mes émotions. J'ai cherché à rester concentrée tout le rendez-vous. Mais par contre, ben voilà, ça c'est pour montrer que non, cette fois-ci, je n'ai pas pleuré en fait. Mais par contre, pour moi, ça a été... épuisant puisque j'ai vraiment cherché à être présente pour la jeune, j'ai vraiment cherché à être focus sur ce qu'elle disait mais à la fin du rendez-vous j'étais épuisée, j'étais lessivée et je crois que j'ai été lessivée pour la journée et je me demande si je crois que j'avais pas trop de consultes après et je me demande si j'ai pas pris des heures, je sais plus mais en tout cas j'étais HS pour le reste de la journée quoi, ça je me rappelle aussi très bien ensuite ce sont aussi les personnes que j'ai accompagnées qui m'ont formée ce que les patients m'ont appris qu'aucun cours pouvait totalement m'apprendre l'adaptation dans les cours on apprend de la théorie mais ce que je vous disais tout à l'heure quand je préparais les notes ou pas en fait, ah non en fait ça sert à rien de préparer des notes des fois un petit peu mais pas tout le temps Parce que ça se joue tellement dans le rendez-vous. Et des fois, ils viennent pour un sujet, mais en fin de compte, ils ont une colère. Finalement, c'est comme l'exemple... C'était un peu du théâtre, on va dire, vu que c'était pendant la formation. C'était de l'improvisation. Et quand elle disait qu'elle venait... Ça peut tellement exister, sauf que c'est ça que j'ai comme exemple dans la tête. Elle disait qu'elle venait pour un problème de désir et qu'en fait... Elle finit par s'énerver contre son mari et son mari qui passe son temps à tondre le gazon et ça l'insupporte. Elle trouve ça tellement débile de faire ça. Bon bah en fait peut-être que là tu vas pas chercher à tout prix à revenir sur le sujet du désir mais écoutez la colère qu'elle a vis-à-vis de son mari quoi. Ensuite les personnes qui ne réagissent pas comme entre guillemets prévues. et bien Là, c'est pour les personnes qui ont plus de lenteur pour répondre. Et moi, pendant très longtemps, j'avais l'impression qu'elles perdaient du temps sur l'accompagnement. Et du coup, qu'elles perdaient de l'argent, en fait. Et du coup, ça ne me... Enfin, j'avais envie que ça aille plus vite. puisque sinon elle perdait son argent. Voilà, bon. J'ai appris à accepter qu'il y a certaines personnes, elles ont besoin de plus de temps pour répondre, qu'elles vont être plus lentes, qu'elles vont réfléchir plus longtemps avant de me répondre. Et en fait, il n'y a pas à vouloir aller vite pour qu'elle en ait pour son argent. Ce que plusieurs années de consultation changent dans le regard. Je sais pas si c'est dans le regard, mais dans mon adaptation. En fait, à un moment donné, je me suis rendue compte que je ne savais plus m'adapter. Je m'explique, j'ai eu un rendez-vous avec quelqu'un pour une phobie. Et moi, les phobies, bon, un quelque rendez-vous, c'est résolu, quoi. Pour certaines personnes, un rendez-vous, c'est résolu. Pour d'autres, quelques-uns. Avec les outils que j'ai. Et là, le gars, il me dit, non, non, mais moi, je veux que la thérapie par la parole. Ce serait trop facile, sinon... Et moi, à ce moment-là, j'ai dit non mais en fait je vais pas pouvoir vous accompagner parce que j'aurais eu l'impression d'être une charlatan, mais n'importe quoi meuf ! C'est quoi ce truc de ne pas pouvoir m'adapter alors qu'en vrai, peut-être que j'aurais pu l'écouter. Et peut-être qu'au bout de quelques rendez-vous, les choses auraient bougé et on aurait pu faire un accompagnement différent. Non, sur le coup, je lui ai dit que je n'allais pas être la bonne personne. Qu'en gros, presque tous les psys sont mieux adaptés que moi quand c'est pour des outils, quand c'est pour juste thérapie par la parole pour une phobie. tu peux le résoudre en quelques séances avec tes outils thérapeutiques. Et voilà, là j'ai vu cette période-là, que moi-même, je n'étais plus en capacité de m'adapter, et là ça m'a fait tilt, et j'ai revu à nouveau ma position. Et c'est pour ça que je pense que c'est très important, ce travail qu'on fait sur nous, de pouvoir échanger avec d'autres professionnels, de faire de la supervision, pour prendre du recul. pour à nouveau remettre de la souplesse. La souplesse que j'avais au départ, que j'ai perdue avec le temps, et de la remettre à nouveau. Ensuite, les formations qui m'ont fait évoluer. Alors, dans les grandes étapes de mon propre parcours de formation, bien évidemment que la formation sexo m'a appris des choses. J'ai évolué plutôt sur un plan intellectuel. Dans celle-là, il y a eu... Enfin, j'ai pris une option. J'ai fait deux jours d'hypnose. Et là, j'ai halluciné avec ces deux jours d'hypnose de voir comme il y a des trucs qui pouvaient bouger. Et c'était en se faisant confiance aussi, en utilisant la métaphore, en se faisant confiance. Bref. Ensuite, là... Mais pour mon propre parcours de formation, vraiment... sur le coup la première à laquelle j'ai pensé tout de suite à la TLMR thérapie du lien et des mondes relationnels que je parle régulièrement sur ce podcast et une autre en fait dans le sud la première à laquelle j'ai pensé vraiment c'est celle que j'ai faite dans le sud j'ai pas de nom à lui donner parce que en vrai c'était une formation où on était les pionniers Au final, ils n'ont jamais été au bout vraiment. Ils n'ont jamais donné de certification. Bref, assez bizarre. Et voilà, on n'a plus une nouvelle. Mais ça n'empêche que dans cette formation, il y avait vraiment toute une partie où on met en place les choses pour soi. Et ça a été très très très intéressant. Ça m'a beaucoup aidée. Donc ce qui m'a beaucoup aidée, c'est surtout la partie hypnose, on va dire. Des exercices qui ressemblent à de l'hypnose et qui m'ont pas mal transformé, que j'utilise régulièrement avec les personnes que j'accompagne. Et du coup, c'est des types d'hypnose qui peuvent être dans la formation ou similaires. Pas exactement les mêmes, mais similaires. Et autre outil, approche importante dans mon évolution. Alors, j'ai fait, à un moment donné, je me suis formée... en tant que doula mais la formation qui a été la plus intéressante à ce niveau là c'était l'hypnonescence et du coup il y avait toute une partie hypnose aussi il y a aussi des choses très intéressantes dans cette formation j'ai l'impression de répéter choses tout le temps et en plus ça y est dans la prochaine question. Certaines choses apprises puis abandonnées, nuancées avec l'expérience Ah oui, j'avais pas pris cette note-là, mais nuancée avec l'expérience. Apprise puis abandonnée, l'EFT. L'EFT était top, vraiment ça m'a permis d'accompagner beaucoup de traumas. Vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de traumas. Donc moi j'irai jamais cracher sur l'EFT, en tout cas quand on est formé pour traiter les traumas. Mais le jour où je me suis formée à la TLMR, j'ai abandonné l'EFT. Et j'avais même pas pensé que j'abandonnerais l'EFT, mais finalement... La TLMR est tellement plus puissante que je l'ai abandonnée. Mais c'est pas une histoire de l'avoir nuancée ou je sais pas quoi, voilà. C'est que finalement la TLMR est plus intéressante, plus rapide. Et le FT n'est pas approprié pour les traumas complexes. Ensuite, des choses apprises puis abandonnées. Bah en fait, par contre, tout ce qui est autour de la grossesse, je l'ai un peu, vraiment, beaucoup mis de côté. J'accompagne des amis, des proches, mais... Mais je l'ai vachement mis de côté. Parce que ça, quand je vois ce qui se passe dans les matières, c'est compliqué pour moi émotionnellement. Donc voilà, je l'ai mis de côté. La question suivante, c'était si la thérapeute que j'étais il y a 10 ans m'entendait aujourd'hui, sur quoi serait-elle surprise de m'entendre ? Je n'ai pas réellement trouvé, enfin, hormis l'EFT justement, ce changement que je n'utilise plus. Mais je n'ai pas trop trouvé plus. Et maintenant, la thérapeute que je suis devenue... Non mais j'en suis qu'à la thérapeute. Ah si, il reste thérapeute et formatrice, c'est bon, on est bientôt à la fin. Donc, ce que j'essaie moins, ce que je cherche moins à obtenir, eh bien qu'on avance coûte que coûte sur l'objectif formulé au premier rendez-vous, chose que j'ai déjà dit tout à l'heure. Mon rapport au silence est plus facile. Mon rapport au fait de ne pas savoir. Alors pour moi ça n'a jamais été un souci. Vraiment quand il y a quelque chose que je ne sais pas, je n'ai pas de soucis de dire je ne sais pas, je vais me renseigner ou pour ça il faut peut-être mieux voir avec mon médecin ou je ne sais quoi. Vraiment je n'ai jamais eu de soucis avec ça. Mon rapport au temps, eh bien oui ça a beaucoup évolué parce que je culpabilise moins si j'ai l'impression, enfin le côté ils en ont pour leur argent ou ils perdent leur argent. J'ai plus ce souci là. Ma capacité à pas forcément chercher une solution immédiate. Ça c'est sûr, ça a bien évolué. Ce que l'expérience m'a permis de lâcher. Ah oui, sujet fort important. Il y a plein de personnes qui partent avant d'avoir résolu le problème pour lequel ils venaient. Ou totalement résolu. Et au début c'était très difficile. Et en plus, il y en a plein, ils ne disent pas au revoir, il n'y a pas de rendez-vous de revoir, c'est juste je reprendrai rendez-vous, ils ne reprennent pas rendez-vous. Ah, je ne peux pas. Alors là, à Noël, vous n'imaginez même pas la quantité de personnes qui disent, ah, plus le budget, je reprendrai rendez-vous en janvier et je ne les revois jamais. C'est un truc de fou. Et en même temps, aujourd'hui, je n'ose pas leur dire, bon ben, je vous dis au revoir, bonne continuation. Ou on peut, enfin, je ne vais pas leur dire, on peut considérer ce rendez-vous comme le dernier. Puisqu'eux, ils me disent à janvier. Mais à janvier, ils ne reviennent jamais. Je vous jure, il faudrait que je fasse les stats de combien sont partis à ce moment-là et qui ne sont jamais revenus. C'est beaucoup. Et au début, c'était assez difficile pour moi. Et maintenant, bon, ben voilà, c'est comme ça. Ce qui continue encore de me questionner, la thérapie de couple. La thérapie de couple, je l'ai mise de côté. En fait, je trouvais ça passionnant quand je me suis formée. J'ai vu que ça me prenait beaucoup d'énergie, que du coup, je n'étais pas la plus compétente. Et là, aujourd'hui, comme je prépare les cours pour les élèves sur différents sujets autour de ça, même si vu que je ne me trouve pas des plus compétentes, je peux intervenir d'autres personnes pour ce sujet, mais je travaille quand même, je lis et tout, je me forme à ce niveau-là pour aussi pouvoir transmettre, et bien ça me redonne envie, en fait, c'est fou, je suis passionnée, j'ai trop envie de refaire de la thérapie de couple. Donc voilà. A voir ce qui va se passer. Et puis avec les interventions justement des autres professionnels dans la formation, ça me redonne envie. A voir, à voir. Et puis donc, je suis devenue formatrice justement, ce que j'abordais là. Passage de thérapeute à formatrice, j'en avais envie depuis vraiment longtemps. Donc j'ai créé la formation en sexo. Au niveau de ma place... J'ai peur d'offusquer les personnes si je reprends quelque chose qui n'est pas juste. Quand on fait des exercices par exemple, j'ai peur qu'elles le prennent mal. Je dois apprendre à ajuster ma place vis-à-vis des élèves. Je ressens la responsabilité de transmettre maintenant ce métier. Je me sens responsable des futurs professionnels. Quand quelqu'un a des attitudes qui vont être néfastes pour l'accompagnement ou elle veut se positionner en sauveur par exemple, et bien c'est pas évident pour moi de pouvoir lui permettre de se rendre compte de ça et j'ai toujours peur qu'elle le prenne mal en tout cas. Ce que mes élèves m'apprennent à mon tour, et bien je dirais poser plus de cadres. En vrai c'est pas tous, vraiment pas tous, clairement pas. Mais voilà. Et après, des fois, il y a des questions qui posent auxquelles je n'avais pas pensé que ça pourrait être vu dans la formation. Quand on a fait le présentiel en hypnose, plusieurs fois je me disais, il faut que je rajoute dans le cours, il faut que je rajoute dans le cours. Au final, en plus, je ne l'ai pas noté, du coup, je ne sais plus ce qu'il faut que je rajoute dans le cours ou pas. Mais bon, au pire, tout est dit dans le présentiel, avec les questions et tout, avec la pratique. En tout cas, je me suis vraiment sentie à ma place quand j'ai fait le présentiel. J'adore, j'aime trop. Quand on fait les lives aussi, ça me redonne une énergie de fou. Je l'ai fait le soir et par rapport à ceux qui bossent en journée, ça me donne de l'énergie. Après, je n'arrive plus à aller me coucher. Mais voilà, pour cet épisode du jour. Juste avant de se quitter, je vais vous rappeler, enfin vous donner l'information, qu'il va y avoir une dernière supervision sexuelle avant la rentrée de notre formation. Pas la rentrée qui a eu lieu la semaine dernière pour les élèves. En tout cas, le 22 septembre, de 19h à 21h, il y a de la superviance exo. Cette fois-ci, c'est 2h. C'est gratuit. Donc, c'est pour les professionnels qui sont déjà formés à l'accompagnement. Donc, psychologues, psychopraticiens, thérapeutes, éducateurs, professionnels de santé, sages-femmes, infirmiers, professionnels du médico-social, bref. Les personnes qui rencontrent des questions liées à la sexualité dans... dans leurs accompagnements et qui souhaitent enrichir aussi leurs réflexions. Et c'est aussi pour les personnes qui envisagent une reconversion vers la psychosexologie et qui souhaitent découvrir concrètement ce métier, la manière dont les situations peuvent être travaillées, en tout cas avec moi, comment j'interagis quand il y a des interactions avec d'autres, des personnes que je « forme » . Voilà. Donc l'idée, c'est que vous amenez des situations concrètes, et on réfléchit, il y a une réflexion autour de ces situations, de comment accompagner, de la posture, etc. Et vous pouvez participer ou vous pouvez juste écouter aussi. Du coup, il n'y a pas de replay, il y a un mail après récapitulatif, et la dernière demi-heure sera consacrée à la présentation de la formation de l'EPSO. Voilà, donc ce sera un temps pour découvrir plus concrètement la formation, et puis pour poser. des questions. Voilà. Et pour s'inscrire, c'est avec le lien qui est dans la description de l'épisode. Voilà. Et je vous dis à tout bientôt pour un prochain épisode de podcast. On se retrouve d'ailleurs la semaine prochaine avec Sabrina qui est psychologue et sexologue et on va parler sur la théorie de l'attachement. Voilà. Et Sabrina, elle intervient aussi dans... la formation. C'est Sabrina Leroy, pardon, je n'ai donné que son prénom. Voilà, Sabrina Leroy qui va venir dans le prochain épisode. Allez, je vous dis à tout bientôt. Bonne fin de journée, bonne soirée ou bonne nuit.