- Speaker #0
Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui dépasse largement le sport, mais qui commence souvent sur un terrain. Mon invitée a grandi avec des rêves, mais aussi avec des barrières. Des barrières sociales, familiales et parfois même invisibles. Elle a failli arrêter le sport très tôt, pas par manque de talent, mais parce qu'on lui a fait comprendre qu'elle n'était pas forcément à sa place. Pourtant, elle est revenue plus forte, bien sûr, jusqu'à devenir joueuse de haut niveau, mais surtout porteuse d'un message fort. Aujourd'hui, elle ne joue plus handball, mais elle a agi pour toutes celles qui n'osent pas encore. Bienvenue dans cet épisode, Amina. Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Merci beaucoup déjà pour cette magnifique introduction. Et moi, je vais bien. Je vais bien. La vie continue. La vie sans handball, enfin, sans handball, entre guillemets, continue. Et puis, voilà.
- Speaker #0
Oui, je suis contente. Enfin, on a pu réussir à trouver un moment pour discuter après tant d'années.
- Speaker #1
C'est vrai que ce n'était pas facile, mais on va dire que c'est quelque chose d'important pour moi aussi, de répondre à ce genre d'invitation. Je ne suis pas quelqu'un qui aime parler de moi, je ne suis pas quelqu'un qui aime parler de moi devant une caméra, mais il y a des messages qui sont importants à faire passer et aujourd'hui, je suis prête à le faire et c'est aussi parce que c'est toi et du coup, ça me paraît plus amical et plus simple à le faire aussi. Oui,
- Speaker #0
je suis contente, ça m'a très bien se passer. Fais comme si il n'y avait pas de caméra.
- Speaker #1
Je respire.
- Speaker #0
C'est une autre discussion qu'on avait après les entraînements. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Je pense que le feeling, ça va rouler.
- Speaker #0
Ça va bien se passer.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Du coup, on va commencer par toi, te présenter sur ton parcours en balistique et scolaire. Si tu peux nous en dire un peu plus, cette partie-là de ta vie, le début.
- Speaker #1
Je m'appelle Amina Tounkara, déjà. J'ai 27 ans et j'ai été handballeuse à niveau professionnel jusqu'à mes 25 ans. J'ai arrêté, j'étais au club de Noisy-le-Grand. Et je n'ai pas eu une carrière toute simple, on va dire. Je n'ai pas eu une carrière avec une ligne droite. C'était semé d'embûches pour le coup. Et je n'ai jamais voulu être handballeuse professionnelle. Par contre, j'ai toujours aimé le sport. J'ai toujours été quelqu'un, dès que petite, j'ai toujours voulu jouer. Je jouais beaucoup au foot avec les garçons. Et d'ailleurs c'est ce qui m'a menée dans les buts je pense parce que quand j'étais petite, jouer avec les garçons au foot, ils me mettaient toujours dans les cages parce que pour eux, une fille, elle ne jouait pas au foot et si elle jouait au foot, elle allait là où personne voulait aller. Donc en fait ils m'ont mis dans les buts.
- Speaker #0
Mais tu étais quand même la plus importante.
- Speaker #1
Finalement ! Pas à leurs yeux mais finalement. Mais du coup finalement, il n'y a rien sans rien aussi parce que quand j'ai commencé le hand, j'étais quelqu'un de très timide. J'ai toujours été très timide avec le temps beaucoup moins. C'est vrai que quand je dis aux gens aujourd'hui que je suis timide, de base ils me disent quelle timidité. Mais de base je suis quelqu'un de nature très timide. Et du coup quand il a fallu faire mon premier match de hand, j'étais en moins de 14-2 à l'époque à Aulnay-sous-Bois. Les filles de moins de 14-1 n'avaient pas de joueuses parce qu'elles n'avaient pas fait leur licence, elles n'étaient pas qualifiées. Et moi j'avais déjà fait ma licence, donc la coach nous avait convoquées. J'étais très timide et très impressionnée d'aller jouer avec l'équipe 1. Du coup, j'ai été dans les cages parce que c'est quelque chose qui était familier pour moi. C'est comme ça qu'a commencé mon histoire dans le handball et mon histoire dans les buts. Tout de suite, ce jour-là, il y avait des sélectionnaires du comité qui étaient là. dès le premier match j'ai été repéré au comité mais je ne savais pas ce que c'était donc je ne voulais pas y aller parce que moi de base je voulais jouer au hand avec mes copines j'avais pas d'autres raisons et j'aimais le sport c'est tout donc quand on m'a dit qu'il fallait aller au comité j'ai pas été en plus c'était avec la génération 97 donc la génération d'au-dessus donc j'ai pas été la première année ensuite la deuxième année j'ai été rappelée là c'était ma génération là j'ai décidé d'y aller bon on m'a un peu tiré la main Oh, merde. J'ai fini par y aller quand même et en fait de fil en aiguille j'ai ensuite été appelée aux interleagues et ensuite les sélections du pôle etc.
- Speaker #0
Et tu es rentrée au pôle ?
- Speaker #1
Je ne suis pas rentrée au pôle du coup, je pense que c'est un peu le basculement de ma carrière aussi, c'est quand il y a cette question de sport-études. Moi, quand il faut faire les tests d'entrée en sport-études, je ne vais pas les faire parce que je connais mon père. Je me suis dit, je n'irai jamais en sport-études. Je ne ferai même pas les tests. Et j'ai dit à mes coachs que je ne vais pas faire les tests, je ne dirai pas. Donc, je ne voulais pas les faire. Finalement, mes coachs m'ont convaincue. Ils m'ont dit, fais les tests. Une fois que tu as fait les tests, on verra.
- Speaker #0
Ils étaient sûrs peut-être qu'ils allaient convaincre.
- Speaker #1
Je pense qu'ils pensaient convaincre mon père, mais ils ne connaissaient pas mon père. Moi, je connaissais mon père pour le coup. Donc, je dis, OK, je fais les tests. Tout se passe bien dans ma tête, malheureusement. Heureusement pour tout le monde. Je pense que tout le monde aurait dû, heureusement, à ce moment-là. Mais moi, ça se passe bien. Je n'attends même pas les réponses. Je n'attends rien du tout. Et je me souviens à l'époque, je me souviens encore, j'étais dans les tribunes et c'est Camille Mandret avec qui jouer qui me dit, Eric, il a bien apprécié la gardienne que tu étais et tout. Et du coup... Oui, te veux au pôle. Moi, pour moi, là, c'est super. Oui,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Je sais. En fait, je ne veux même pas en parler parce que je sais que c'est le début de la fin, entre guillemets. Parce que du coup, il va s'en suivre des discussions avec mon père. Ma prof, elle essaie de lui parler. Eric, lui-même, essaie d'aller voir mon père. Mon coach essaie de lui parler, mais mon père ne veut rien entendre. Moi, je savais, je connaissais mon père.
- Speaker #0
C'était ça, en fait, les limites familiales que je disais dans l'introduction. Il y a une suite qui peut être superbe, mais en fait, non. Comment tu le vis, en fait ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est quelque chose de... Je pense que c'est quelque chose... En fait, ce qui m'a fait du mal, je pense, dans cette histoire, c'est qu'on m'a mis l'espoir de quelque chose. C'est qu'à force qu'on m'ait dit, on verra avec ton père après, fais les tests, et après que je fasse les tests et que ça fonctionne bien pour moi, j'ai quand même eu un élan d'espoir. Je me suis dit, peut-être que, en fait... Si il parle à mon père, si quelque chose se passe, peut-être qu'en vrai, mon père va finir par céder. Mais pas du tout. Et en fait, je pense que c'est ça qui m'a fait le mal. C'est qu'on m'a mis l'espoir de quelque chose. Et je me suis toujours dit, si je n'avais pas fait les tests d'entrer au pôle, je n'aurais pas eu autant mal que ce que j'ai pu ressentir finalement. Parce que c'est un sentiment d'injustice. Surtout que je suis jeune à l'époque. Je suis très jeune. Et tu ne comprends pas quand tu es jeune. C'est qu'en vrai, j'ai été incomprise d'un côté par les personnes qui ont voulu. que je fasse ces tests, parce qu'au moment où ça n'a pas fonctionné, ils ne pouvaient plus rien faire pour moi. Ça veut dire que moi, j'étais dans ma solitude, j'étais dans mon mal-être, entre guillemets, et personne ne le voyait.
- Speaker #0
Tu ne montres pas grand-chose aussi. Moi qui te connais...
- Speaker #1
Déjà que je suis quelqu'un qui ne montre rien, c'est encore plus difficile. Eux, ils n'auraient pas pu se rendre compte de la manière dont moi, j'ai vécu la chose. Mais en fait, pour moi, c'était une violence quand même, parce qu'à cet âge-là, c'est difficile de se retrouver du jour au lendemain, de voir... rentrer déjà dans ce genre de conversation avec son père parce que tu essaies de le convaincre mais aujourd'hui avec le recul je le comprends en vrai je comprends sa décision c'est que en vrai lui au delà du sport de se dire que je vais envoyer ma fille dans un internet avec des gens que je connais pas et je connais pas le sport et je connais pas le hand je comprends qu'ils ne veuillent pas. Moi, aujourd'hui, même en connaissant le système, je ne suis pas sûre que j'enverrai mes enfants en sport-études pour d'autres raisons, c'est sûr. Mais il y a quand même ces questions aujourd'hui. Il y a beaucoup de questions de confiance, etc., d'être dans un bon cadre. Et en fait, de se dire qu'à 13-14 ans, tu laisses ta fille partir en sport-études, ou ton garçon aussi, ça peut être quelque chose qu'un parent peut se poser finalement. Donc, mon père avait ses raisons, qui étaient peut-être autres. Mais je peux comprendre en vrai finalement avec le recul aujourd'hui, 10 ans, 15 ans après, que finalement il n'est pas accepté.
- Speaker #0
Ok, c'est fort un peu ce que tu dis, parce qu'il y a d'un côté la grosse déception de « Ok, je vais rentrer en sport-études, ça va être trop bien, une nouvelle aventure. » Et d'un autre côté où maintenant avec de la maturité, tu te dis « C'était peut-être une bonne décision, c'était pas une si mauvaise décision mais personnellement je trouve que c'est Trop dommage parce que c'est des choses, même si on est jeune, on apprend toujours et on grandit beaucoup plus vite. Mais ça ne t'a pas empêché de faire du haut niveau.
- Speaker #1
Finalement, oui, ce n'était pas simple. Mais la chose qui a toujours été difficile pour moi dans le sport, c'est que ça n'a jamais été mon choix. J'ai l'impression d'avoir jamais eu ma carrière entre les mains. C'est-à-dire qu'il y a eu mon père à un moment, ensuite il y a eu la commotion cérébrale à un autre moment. Donc en vrai, j'ai l'impression que... J'ai jamais, moi, décidé d'arrêter le handball. Et ça, c'est quelque chose, en vrai, quand j'ai eu ma commotion, ça m'a beaucoup ramenée finalement à mon parcours d'enfance et cette question de sport-études. Quand on est trop mince. Exactement, en vrai, je pense que j'ai beaucoup repensé à ça. Et au-delà du sport-études, il y avait aussi les stages nationals à l'époque, pour les entrées en équipe de France, etc. Et ça, je me souviens, la Ligue, je n'avais pas été sélectionnée en stage national parce qu'ils avaient préféré une gardienne qui était plus grande.
- Speaker #0
C'est toujours un peu des crises physiques à ce moment-là. Et moi,
- Speaker #1
j'étais contente. ça m'a soulagée, vraiment ça m'avait soulagée je me suis dit au moins c'est un combat en moins pour moi et finalement dans la foulée je reçois une lettre de convocation au stage national et en fait j'étais dégoûtée de recevoir ce courrier parce que pas que je voulais pas y aller au contraire mais encore une fois ça vient de te ramener à ce que tu peux pas avoir finalement et ça pareil c'était difficile et j'ai jamais répondu à ce courrier d'ailleurs Je m'en rappelle, il m'appelait et je ne répondais pas. Mais parce qu'en fait, pas que je ne voulais pas répondre ou pas que je voulais manquer de respect aux institutions. C'est juste qu'en fait, j'avais 15 ans, que je n'étais pas majeure et que je ne peux pas prendre des décisions pour moi. Donc ça, c'était quelque chose de difficile. Je m'en rappelle, j'en rêvais la nuit. Je rêvais la nuit qu'à un moment donné, mon père disait oui et que j'arrivais en stage national et qu'en vrai, j'étais trop contente. Et je me réveillais et le réveil, il était brutal. Donc c'était plein de petits trucs comme ça, en vrai, qui était difficile à vivre, mais qui, avec le temps... passe finalement.
- Speaker #0
Oui, oui, de toute façon maintenant tu n'es plus là dedans, mais il y a toujours des traces en fait à un moment donné, tu parlais tout à l'heure de ta commotion, moi j'étais là quand tu en avais eu une. jouer ensemble, etc. C'est des petites choses où... Ok, maintenant tu prends du recul, t'as ta vie, t'as ton après-carrière et tout, mais tu te dis peut-être à un moment t'aurais aimé que ça se passe autrement, t'aurais aimé être un peu maîtresse de ta carrière et de tes choix en fait, au final.
- Speaker #1
Ouais, c'est exactement ça. Après, tu vois, le choix de... Je pense que la commotion elle est encore plus sévère. que le choix de mon père de me dire, tu ne joueras pas en sport-études, en tout cas, ce n'est pas tu joueras pas en handball, mais tu ne joueras pas en sport-études. Parce que là, je suis plus âgée, en vrai, j'ai quand même passé beaucoup d'étapes. Ça veut dire que déjà, j'avais arrêté le handball entre-temps, j'avais pris les études.
- Speaker #0
Tu as arrêté pendant 4 ans ?
- Speaker #1
J'ai arrêté le handball pendant 4 ans, je crois que c'était ça. J'avais arrêté en plein de saisons. En plein de saisons, j'étais à Olney, j'étais en National 1, j'avais 16 ans. Et en fait, c'était un bon niveau, mais à l'époque, je ne me rendais pas compte. Je pense que j'aurais aimé à un moment donné qu'à cette époque-là, on me dise que ce n'est pas fini. Que ce n'est pas parce que tu n'es pas en sport-études, que tu n'as pas été en équipe de France, que le chemin s'arrête là. Je pense que c'est le message que j'aurais aimé qu'on me dise. Et je pense que ma carrière aurait pu être différente. Parce que finalement, j'arrête le hand en plein de saisons, à 16 ans en National 1, parce que j'en ai marre. En fait, j'arrive à un moment de ma vie où je me bats pour aller au hand. parce qu'après c'est toute une question de honte, c'est même plus le sport étude mais je me bats pour aller le honte parce que ça prend beaucoup de temps, ça veut dire que c'est tous les week-ends c'est tous les semaines, enfin tous les week-ends t'as match, tous les soirs t'as entraînement et en fait, exactement donc en fait je me dis, je me bats pour un truc où je prends plus de plaisir, ça veut dire que quand j'arrivais à l'entraînement, je me disais mais pourquoi tu t'infliges ça pour arriver à l'entraînement et d'être...
- Speaker #0
Il n'y avait rien, il n'y avait pas de passion C'est ça,
- Speaker #1
et à un moment donné je me suis dit mais si c'est ça de va... ça ne va pas, arrête tu vois. Et en plus dans la même année, j'ai ma meilleure amie qui perd sa mère et tout, et pour moi pareil, c'est tout ça qui vient et qui me dit, mais en vrai le hand c'est pas important tu vois, il y a des choses bien plus importantes dans la vie. Et je pense à ce moment-là, en plus je fais des choix, mon père il sait même pas que je fais du hand. Ça veut dire que je fais du hand un peu en cachette.
- Speaker #0
En cachette, tous les jours, et tous les week-ends.
- Speaker #1
Donc tu vois c'est quand même un combat.
- Speaker #0
Ah oui ça pèse quand même. Exactement,
- Speaker #1
donc je pense qu'il y a eu cette pression mentale et un moment psychologique qui me font dire qu'il faut que t'arrêtes. et mon père va choper à un moment il va choper et à ce moment là, il me dit pas d'arrêter il me dit finis la saison
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est moi, je dis j'arrête. Je dis j'arrête. Parce qu'en fait, il y avait trop de choses. Comme je t'ai dit, je ne prenais plus de plaisir. Ça, je l'ai dit à personne. Ça veut dire que tout le monde pense que c'est mon père qui m'a fait arrêter à 16 ans. Mais c'est moi, à un moment donné. Après, dans ce contexte-là, je pense que tout le monde le fait. Mais voyant ma meilleure pote qui, finalement, vit un drame et une tragédie, je me dis, toi, d'arrêter le hand, ça ne va pas te tuer. Oui, ça va. Je me dis, il y a vraiment pire dans la vie. Donc, j'ai arrêté tout ce temps. Et j'ai repris quelques années après parce que mes copines n'avaient pas de gardienne. Je crois que la gardienne dans leur équipe, elle était tombée enceinte et elles me disent reprends, Et à ce moment-là, je suis majeure. Donc déjà, je suis un peu plus libre dans ma vie. On n'est jamais réellement libre, surtout quand on vit chez ses parents. Mais maintenant, j'ai une voiture. Tu peux te déplacer. Exactement, je suis un peu plus indépendante. Donc, entre guillemets, mon père m'empiète beaucoup moins sur ma vie aussi. Donc, je dis OK, je reprends. Par contre, j'ai mes études à côté. Le hand, ce ne sera plus une priorité pour moi.
- Speaker #0
Je faisais quoi comme études ?
- Speaker #1
J'ai fait une école de commerce. J'ai fait une école de commerce. On m'a d'abord dirigée vers un BTS AM ou un truc comme ça. Et je ne voulais vraiment pas faire ça. Parce qu'en vrai, je me suis dit, l'école classique comme ça, ça ne me va pas. Ça ne me correspond plus. Je n'aime plus ça. Donc, à un moment donné, je découvre les écoles de commerce en faisant des recherches sur Internet. Vraiment. Ok. Toute seule.
- Speaker #0
tu n'es pas du tout aidée ni orientée ? Pas du tout.
- Speaker #1
Au lycée, nous, on nous dirigeait vers les BTS AM ou SAM ou des trucs comme ça. Et c'était des trucs classiques.
- Speaker #0
Pour rester dans un cadre un peu...
- Speaker #1
C'est encore au lycée. C'est encore au lycée. Donc, deux ans au lycée, moi, je me dis, je ne peux plus. Je ne pouvais plus des 8-17 et tout. Je ne prenais aucun plaisir. Et même les matières, elles ne me correspondaient plus tant que ça. Et du coup, je fais mes recherches. J'aime le sport.
- Speaker #0
Du coup,
- Speaker #1
je fais mes recherches d'études de sport. Et staps ! C'est pas ce que j'aime, parce que c'est pas la même chose. Moi j'aime le management du sport. Et en Stabs, avant d'arriver au management du sport, il y a deux années, tu vois. Et t'as dix heures de sport par semaine, t'as natation et tout. Moi c'est pas du tout pour moi,
- Speaker #0
vraiment, j'aime pas la natation. C'était pareil pour moi, quand j'ai quitté le sport études, donc orientation, qu'est-ce que tu fais après le lycée ? Et en fait, ouais, j'aime le sport, etc. Mais directement, on te dirige vers Staps. Mais en soi, je trouve que c'est trop... C'est enfermé dans une case, en fait. T'aimes le sport, tu vas faire du sport. Non, il y a plein d'autres métiers autour du sport. Il y a plein d'autres choses qui, même au début, ne sont pas liées au sport, comme du marketing, du commerce, etc. Mais qu'au final, tu peux te retrouver à vendre des panneaux publicitaires pour des matchs, des choses comme ça. t'as pas besoin de faire stop
- Speaker #1
pour ça. Même pas que tu fasses STAPS. Ça, c'est des choses que tu ne sais pas, finalement, quand tu es truqué. Moi, quand je découvre le sport business, je me dis, c'est une révélation. Je me dis, c'est ça que je veux faire, je sais que c'est ça que je veux faire. Sauf que, du coup, STAPS, j'ai un bulletin qui n'était pas très... Au lycée, je n'étais pas une bonne élève. C'est vrai ? C'est quoi ta moyenne, un peu ? Je ne sais pas, mais je n'ai jamais été plus loin de 13 de moyenne, je crois, de ma vie. De toute ma vie, je n'ai jamais été au-delà de 13 de moyenne. Après,
- Speaker #0
si tu es à 12, ça va, tu es une élève moyenne.
- Speaker #1
J'étais moyenne. mais pas parce que j'étais nulle à l'école, je pense que parce que j'ai jamais pris l'importance des études. Ça veut dire que moi, encore une fois, je suis des parents qui sont issus d'immigration, fallait aller à l'école, mais c'était tout. Ça veut dire, il faut que t'ailles à l'école. Mais personne ne t'explique derrière. Quelle est l'importance de l'école ? On dit tu dois aller à l'école, tu auras un bon métier. Mais finalement ça ne veut rien dire, dans la tête d'un enfant surtout. Donc en vrai, moi c'est vrai que j'ai toujours fait l'école parce qu'il fallait aller à l'école. J'ai toujours été moyenne, je n'ai jamais réellement travaillé chez moi et tout. Parce que pour moi, il fallait juste être à l'école. C'était une obligation, c'était une case qu'il fallait remplir, exactement. Et ça je trouve que c'est dommage, pareil. Je pense qu'à un moment donné, si on m'avait expliqué pourquoi il fallait aller à l'école, quelle est l'importance de l'école, qu'est-ce que ça peut t'apporter ? Je n'aurais pas été la même élève, tu vois. Mais ça, j'ai pris conscience au fur et à mesure du temps et dans mes études supérieures. Donc finalement, je ne fais pas de STAPS parce que déjà, ils ne veulent pas de moi. Ils ne m'ont pas accepté. Est-ce que tu as fait les tests ?
- Speaker #0
Parce que du coup, je pense qu'il y a... Je n'ai rien fait du tout.
- Speaker #1
Ils m'ont vocal de parcours sub de tous les trucs. J'étais en attente sur 6 STAPS et j'étais vocal de tous les STAPS. Donc mon seul vœu qui est accepté, c'est la fac de droit. Sauf que moi, le droit...
- Speaker #0
C'est un autre niveau.
- Speaker #1
J'ai vraiment mis sur mes voeux parce qu'il fallait mettre un truc. Et on m'a dit en droit, ils acceptent tout le monde. Et réellement, ils m'ont accepté en droit.
- Speaker #0
C'est une fac en plus.
- Speaker #1
J'ai été une après-midi à la fac, je ne suis plus jamais retournée.
- Speaker #0
Trop mal.
- Speaker #1
pas pour moi je regardais les gens comme ça je me suis dit mais qu'est-ce que tu fous là du coup je ne suis plus jamais retournée à la fac et là je me dis il faut que tu travailles, il faut que tu fasses un truc et tout et qu'est-ce que tu vas faire et je me rappelle je fais une formation Burger King je finis la mission locale, tous les plans galères et tout je fais une formation Burger King, je fais 5 semaines de formation finalement je tiens 2 semaines à Burger King et abandon de poste c'était quel type de formation ? en fait à l'époque c'était à l'ouverture des Burger King en France à l'arrivée de Burger King en France du coup il y avait plein de Burger King qui ouvraient Du coup, il nous faisait cinq semaines de formation. On faisait hygiène, sécurité. On faisait aussi sur le Burger King, la marque, etc.
- Speaker #0
Ça n'avait rien à voir avec la partie commerciale ou en train de faire vraiment le terrain. Non, non, non.
- Speaker #1
J'allais être... Comment on appelle ça ? Je ne sais pas comment on appelle ça. Employé polyvalent. C'est ça, ça s'appelle comme ça. C'est le terme. Envoyée polyvalente chez Burger King. Donc je fais les cinq semaines de formation. En plus, ils projettent des rêves sur moi, parce que du coup, dans la théorie, je suis bonne. Forcément, je sors de l'école. Je n'étais pas complètement bête. Donc en vrai, ils se disent, ah, c'est bien et tout. Elle va être votre future directrice et tout. Donc je vais deux semaines à Burger King. Je me rends compte que ce n'est pas pour moi.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas pour toi.
- Speaker #1
Donc, je fais abandon de poste. Je ne retourne plus du jour au lendemain. Je ne retourne plus. Donc, j'arrête comme ça. Et en fait, là, je me dis...
- Speaker #0
Et ça, c'était à quel moment de tes études ?
- Speaker #1
C'était avant que je fasse des études. Ah, donc c'était après le lycée. Une année où je ne fais rien. Une année sympathique pour le coup.
- Speaker #0
Plutôt que ça m'a dit...
- Speaker #1
Pas choisi réellement. Mais en fait, je préfère rien faire que faire un truc que je n'aime pas. Oui, bien sûr. Moi, j'étouffe. Et en fait, même au lycée, je sais que quand il y a des matières que je n'aimais pas, je ne faisais pas. En fait, je partais du principe, tu n'aimes pas, tu ne sais pas, logique en vrai. Mais j'étais comme ça. Et du coup, moi, je ne voulais pas me forcer à faire un truc que je ne voulais pas. Donc, j'arrête une année. Et après Burger King, je me dis, c'est là où je me cherche. Et je finis par travailler dans une association de quartier en bas de chez moi. Et là, je gagne un SMIC à mon âge. C'est très bien parce que j'ai quoi, 18 ans. Je gagne un SMIC, je vis chez mes parents. Pour moi, j'étais là.
- Speaker #0
Ça va. Pas de dépenses
- Speaker #1
Sauf que vraiment je garde en ligne de mire Mon école de commerce Tu veux quand même continuer les études Je veux faire une école de commerce Sauf que les écoles de commerce ça coûte 8000 euros l'année C'est cher Mes parents ne peuvent pas me payer une école à 8000 euros l'année Donc je me dis je vais travailler Et mon argent je vais le mettre sur le côté Et je vais me payer cette école Tu ne pouvais pas faire en alternance ? Non pas en première année, ça va partir de la troisième année Aujourd'hui il existe des systèmes Où tu peux faire la première année en alternance Mais à l'époque, impossible. C'était quand moi, j'ai regardé toutes les écoles de commerce.
- Speaker #0
Donc, tu es bachelor, pas du tout en avance ? Bachelor,
- Speaker #1
pas en première année. Peut-être maintenant, il y a eu des avancées, certainement. Mais à l'époque, bachelor, les deux premières années, c'était en initial. Donc, 8 000 euros plus 8 000 euros, c'était 16 000 euros. C'était quand même, oui. 16 000 euros. Mais... Par courage ou par je ne sais quoi, par quelle raison, je finis par y aller. J'ai dit, je vais faire cette école. Et en fait, mon argent, je ne l'ai pas complètement gardé. Je l'ai plus claqué que gardé. Mais ma mère va m'aider à payer. C'est ça. Oui, j'ai gardé quand même. J'ai gardé, mais ma mère va m'aider à payer mon école. Et ça, en vrai, sans elle, je n'aurais jamais pu payer cette école. C'est impossible. Et j'étais boursière aussi. Ça veut dire que j'ai... Je choisis exprès une école de commerce où je pouvais avoir la bourse parce que du coup j'étais bien boursière et du coup ça me paye ça me permettait de payer quand même la moitié de mon école tu vois.
- Speaker #0
Ah oui quand même.
- Speaker #1
Donc en vrai c'était pas négligeable c'est ça sauf que je vais pas tout de suite dans le sport je dis vu que tu fais une école de commerce quand même ça coûte de l'argent assure toi fais une école de commerce classique comme ça au moins si tu veux pas faire de sport au moins t'es assuré d'avoir un diplôme qui peut entrer dans toutes les cases tu vois. Donc les deux premières années je fais ça je fais une école de commerce classique.
- Speaker #0
Ok mais du coup T'as pas peur d'avoir des matières que tu veux pas faire ou juste tu dis vu que tu veux faire une école de commerce tu vas te donner à fond etc puisque tu nous as dit que voilà quand t'aimes pas tu fais pas et une école de commerce c'est très général entre guillemets.
- Speaker #1
Tu découvres tout et en fait pour moi encore une fois c'est une révélation je kiffe ma vie genre vraiment je découvre plein de matières et tout mais c'est pas comme... les matières de l'école. C'est pas du français, de l'histoire des maths, de la géographie où c'est un peu plus général. Là tu apprends, tu es sur du professionnel, c'est à dire que tu découvres le marketing, l'économie, le droit, la comptabilité. Moi je trouve ça incroyable et je kiffe le travail. le fait de tout apprendre. Pour moi, ça, c'est vraiment... Je deviens une élève vraiment différente, où je suis assidue, mais pas parce que je paye l'école, mais parce que j'aime ça. Je suis content d'être là, je suis content d'arriver chaque jour et d'apprendre des choses. Et là, je ne suis plus dans mon petit quartier à Aulnay-sous-Bois. Je pense qu'il y a aussi un déclic qui se fait dans ma tête. Pour moi, on n'apprend pas de la même façon dans le 9e à Paris que dans un lycée à Aulnay-sous-Bois. Même le discours des profs, il est différent. tu as des discours qui vont te pousser. On va te dire que vous êtes les futurs cadres de ceci, vous êtes les futurs chefs d'entreprise. Moi, je n'avais jamais entendu ça de ma vie avant. C'est-à-dire que moi, j'ai fait un BTS. Je m'en rappelle en terminale ou en première, je ne sais plus, quand je dis à ma prof principale que je vais travailler dans le management du sport, elle me dit, je ne te vois pas dans ça, je te vois plutôt prof de sport. Et moi ça c'est des trucs... En fait ça te vexe ! Déjà moi dans ma tête je me suis dit mais qu'est-ce qu'elle raconte, elle me connait même pas. Déjà pour commencer c'est vrai c'est que ma prof on se voit 7h dans la semaine peut-être mais en vrai comment elle peut me dire que... Elle me voit prof de sport parce que j'aime le sport. Comment elle peut avoir un avis aussi tranché sur moi, tu vois ? Et je m'en rappelle, pareil, au collège, quand je suis sortie de mon premier rendez-vous avec le conseiller d'orientation, j'étais désemparée. Je ne sais plus ce qu'il m'a dit aujourd'hui, mais je sais qu'en fait, le rendez-vous, il m'avait tuée. Parce qu'en fait, tu leur dis, je veux faire ça, et ils viennent te couper ton rêve, tu vois ? Et à l'époque, tes parents, tes profs... c'est des adultes, ça veut dire que ce qu'ils disent pour toi c'est vrai,
- Speaker #0
tout ce qu'ils disent c'est vrai tu t'écoutes et tu le prends en considération tu le prends au premier degré,
- Speaker #1
exactement et donc en vrai c'est tout ça qui font qu'à un moment donné tu te dis j'ai perdu le fil de la discussion oui oui oui mais ça fait qu'à un moment donné
- Speaker #0
Toi, tu te retrouvais bien, en fait, dans l'école de commerce. Tu disais que les discours n'étaient pas les mêmes, etc. Et que tu découvres un monde qui te plaît, en fait, où tu te sens... Qui est différent.
- Speaker #1
Je t'ai dit, on te dit, toi, tu serais les futurs cas de telle boîte. Et on croit en toi, en fait. Exactement. Pas directement, mais en fait, en parlant de groupe. Bien sûr. Et en fait, tu entends des noms d'entreprises que tu n'as jamais entendues de ta vie. en fait vraiment pour moi c'est je me mets à rêver à nouveau d'un truc en vrai où j'aurais Je n'aurais pas pensé rêver de ces métiers-là quand j'étais petite. Le seul métier que je voulais faire, c'était cuisinière. maîtresse mais parce que c'était les seuls métiers que je voyais dans ma vie et là en fait on parlait d'autres choses et moi ça me plaisait ça me plaisait de ouf d'entendre tout ça et j'adhérais de fou au discours des profs finalement et moi c'est pour ça que je suis contente d'avoir fait une école de commerce je sais qu'on entend beaucoup de mal sur les écoles de commerce mais pour moi ça a été une révélation parce que je me suis dit en fait tu pourras faire ça ça ça dans ta vie t'aimes l'économie le droit t'aimes tout Et en fait, c'est là où moi, je me retrouve bloquée. Parce que quand j'arrive en troisième année et qu'il faut choisir une section, je ne sais plus quoi faire. Parce qu'en fait, j'ai kiffé le fait de tout faire. Et je me rappelle, j'en discute avec certains profs. Ils me disent, ouais, mais il faut que tu choisisses. Et j'hésitais entre les ressources humaines et le sport. Ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
Après, tu peux faire des... des ressources humaines dans le sport c'est ça,
- Speaker #1
c'est ce que je me suis dit déjà il y a une prof un jour qui nous a dit et je te jure que pour moi, c'est un peu violent encore une fois, mais moi ça m'a fait le fil dans la tête et en fait je suis contente qu'elle m'ait dit ça, elle a dit je comprends pas comment des jeunes filles et des jeunes garçons comme vous, vous voulez travailler dans les ressources humaines alors que dans les ressources humaines, croyez-moi, il y a plus de ressources que d'humains parce que c'est vrai que moi j'avais la, je sais pas, j'avais une vision des ressources humaines très sociale, humain donc en fait tantôt, il m'a dit ça va être bien tu vois Moi j'ai un peu ce côté humain, social, tout ça, et quand elle a dit ça, ça a été un déclic pour moi, mais je me suis dit, moi je ne vais pas travailler dans ça.
- Speaker #0
Il y a des gens comme ça dans la vie qui arrivent, je trouve que ça peut être des éléments déclencheurs d'un choix qui te guide, etc. Personnellement, j'ai eu une prof comme ça. Pareil, qui au lycée m'a dit, je vais faire un BTS, parce que tu entends BTS, tu n'entends pas beaucoup de choses. En fait,
- Speaker #1
tu fais ce que tu entends.
- Speaker #0
Voilà, et elle m'a parlé d'un DUT, elle m'a dit non, toi, il faut que tu ailles en DUT, c'est beaucoup mieux, etc. Enfin, un BTS, ce n'est pas fait pour toi, vise un peu mieux, tu vois. Et je l'ai écouté et je suis partie de là-bas, mais sans elle.
- Speaker #1
Mais sauf que si tu n'as pas cette prof qui vient te raconter ça, en fait, tu ne peux même pas savoir que ça existe. Donc, il y a plein de choses comme ça. C'est comme moi, quand j'arrive en école de commerce. Pour moi, on était tous en école de commerce, on était tous au même niveau. Et après, j'ai appris qu'il y avait HEC, qu'il y avait l'ESSEC, qu'il y avait Sciences Po. Mais moi, j'avais jamais entendu parler de ces écoles avant. Et en fait, je me suis dit, vraiment, je n'aurais pas été la même lycéenne si je savais derrière que derrière, tu pouvais avoir des grandes écoles ou tu pouvais prétendre à des meilleures choses, tu vois. Et je trouve que c'est dommage qu'on ne soit pas renseignés sur tout ça et que nous, on a quand même un plafond de verre où derrière, on va diriger vers des petites filières. Entre guillemets, je ne dis pas qu'il ne faut pas les faire, mais je dis qu'on pourrait nous vendre des choses plus grandes aussi, parce qu'on a les capacités aussi d'aller chercher des choses plus grandes.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais du coup, là, on va venir à la partie où, je ne vais pas dire que tu peux être engagée, etc., mais est-ce que le fait d'avoir vécu cette expérience sociale, du coup, dans ton choix scolaire ou d'orientation, est-ce que, je ne vais pas dire que ça t'a révoltée, mais est-ce que ça a déclenché un truc en toi de dire sur... C'est pas normal.
- Speaker #1
Tout de suite, en vrai. Déjà, j'ai toujours été quelqu'un de très... J'ai toujours eu un avis, je pense, indirectement. Je ne savais pas ce qu'était la politique, mais je pense que j'ai toujours été quelqu'un qui avait un avis politique, qui avait des avis un peu sur tout, mais je ne le partageais pas. Je le gardais beaucoup, beaucoup pour moi. Je sais que même en cours, des fois, j'avais des avis, je voulais dire des trucs, mais je n'osais pas le dire, tu vois. Mais oui, pour moi, ça sonne comme une révolte parce que je me dis, mais pourquoi, en vrai, ici, on travaille comme ça et nous, on n'a jamais travaillé comme ça ? Je vois, je parle d'un truc. C'est tout bête, mais je me rappelle de ma première prise de parole orale. Parce que du coup, en école de commerce, on fait beaucoup de projets. On a des oraux. J'étais tétanisée. Je n'ai pas dormi de la nuit, vraiment. C'est vrai. Parce que pour moi, je n'avais jamais fait ça. Ça veut dire qu'on l'a fait vite fait parce qu'on a un oral de stage ou un truc comme ça en 3M. Et vite fait parce qu'au lycée aussi, on a un oral, mais on est face au prof. Oui, c'est ça. Mais de passer à l'oral devant toute la classe, debout, je n'avais jamais fait ça de ma vie. Et moi, pour de vrai, j'étais tétanisée de ça. Et ça, ça a été une violence pour moi. De devoir vaincre ça, parce que je t'ai dit, j'étais très timide. Pour moi, de devoir être comme ça, j'avais la voix tremblante et tout, et vraiment, j'étais pas bien. Mais en fait, c'est des choses où vraiment je me suis fait violence, et je me fais violence aujourd'hui sur les prises de parole, parce qu'aujourd'hui, ça fait partie de mon métier aussi. Regarde,
- Speaker #0
t'es là, on discute !
- Speaker #1
Ça veut dire que je dois prendre beaucoup la parole en public, et c'est toujours un exercice qui n'est pas simple. mais en tout cas que je vois de plus en plus simple et que je prends de plus en plus de plaisir à le faire aussi contrairement à avant en école de commerce ça a été une vraie torture pour moi de faire des prises de parole tu vois en vrai c'est pas simple parce que moi j'ai pas été en école de commerce mais j'ai fait un DUT c'est
- Speaker #0
que des projets tout évalué bon ok sur un contrôle continu mais vraiment ce qui va te faire progresser et ce que je trouve fait la différence à un moment donné c'est que t'arrives à Tu présentes un projet, tu en parles, tu maîtrises ton sujet, tu arrives à faire adhérer les gens sur ce que tu dis. C'est un gros travail, franchement, l'éloquence, la manière d'expliquer un sujet qui peut parfois être complexe. C'est pas évident.
- Speaker #1
Il faut avoir les bons mots. Et c'est pour ça qu'après, tu dis, je comprends pourquoi il faut lire. Parce que plus tu lis, plus tu as des mots, plus tu as du vocabulaire. Et plus, en fait, c'est simple. Donc en vrai, il n'y a rien qui est fait par hasard. Juste, il faut savoir pourquoi tu le fais. Et ouais, c'est compliqué. Mais je m'en rappelle aussi, tu vois, par exemple, j'avais une amie, pareil, qui n'avait pas fait de grandes études avant et qui avait fait, je crois qu'elle avait fait un bac pro, elle. On a fini en école de commerce dans la même classe. Et tu vois, quand les profs évoquaient certaines choses culturelles, on n'avait jamais la référence. pour le coup. Quand c'était pour avoir les rêves d'imbéciles, les téléréalités, de tout ça, on était les premières. Mais par contre, dès que le prof faisait un rappel historique, un truc comme ça, on se regardait, on se disait, tu connais ? Et là, on rigolait, tu vois. On était confortés dans le fait de pas savoir à deux. Mais tu vois, j'avais le réflexe, par contre, de rentrer et d'aller faire des recherches. Parce qu'en fait, je voulais pas paraître code, entre guillemets, mais j'ai pris le réflexe de quand il y a un truc que je connaissais pas. Je ne disais pas peut-être, monsieur, ça veut dire quoi ça ? Mais j'allais sur Internet et je regardais ce que c'était. Et en fait, je me suis formée un peu exactement. J'avais beaucoup, beaucoup de retard à rattraper finalement. Et c'est comme ça que je me suis intéressée un peu finalement à tout. Quand les profs, ils disaient des trucs, ils disaient lisez ce livre et tout. Je le faisais vraiment. Alors que contrairement à avant, quand on disait de lire un livre qui était obligatoire, j'allais regarder un résumé sur Internet avant le petit contrôle.
- Speaker #0
Il n'y avait pas encore de chatte. Et j'avais deux.
- Speaker #1
Je n'avais jamais été jamais forte. J'étais tellement nulle en compréhension.
- Speaker #0
Oui, non mais je...
- Speaker #1
C'était pas pour moi.
- Speaker #0
Oui, c'était pas pour toi. T'as impliqué plus que ça, alors que là t'avais vraiment... Ouais, tu voulais te nourrir en fait. Je voulais apprendre,
- Speaker #1
j'avais une soif d'apprendre de fou. Et après pareil, ils nous disaient qu'il faut que vous regardez les actualités, parce que j'avais une prof qui nous faisait des contrôles d'actualités tous les lundis. Ça veut dire qu'en fait, t'arrivais, elle allait t'interroger sur l'actualité... Tu ne savais pas sur quoi tu allais tomber.
- Speaker #0
Je ne pouvais pas inventer.
- Speaker #1
Exactement. Et ce n'est pas que de l'actualité télévisée. Ça veut dire des journaux et tout. Parce qu'on avait accès à des journaux aussi. Du Parisien, de plein de journaux finalement. Et du coup, ils nous les laissaient dans le hall de l'école. Et du coup, on les prenait. Elles pouvaient prendre une question du Parisien, comme de la télé. Après, il y a des choses qui sont un peu dans tous les médias. Mais on avait ce petit truc-là. Et je pense que c'est ce qui m'a fait intéressée. À la société finalement et à ce qui se passait autour de nous. S'ouvrir un peu plus aux autres. Exactement, ça veut dire que je regardais toujours l'actualité. Je regardais toujours à la télé, je regardais... Et même quand je regarde aujourd'hui, dans mes réseaux sociaux, il y a toujours des trucs d'actualité. Même sur mon Twitter, je suis des personnalités d'extrême droite, mais pas parce que j'adhère à leur projet, mais parce que j'ai besoin d'être au courant de ce qu'ils racontent aussi. Je suis quelqu'un qui aime bien comprendre ce qui se passe, ce que les gens disent, et pas me faire un avis que ce que sur les gens racontent. Les opinions des autres. Exactement. Donc des fois, c'est vrai que si on passe sur mon Twitter, je suis Marine Le Pen, mais c'est parce que je m'intéresse à ces projets, mais c'est parce que je ne veux pas qu'avoir un avis sur les on-dit, mais de savoir vraiment ce qu'elle dit, ce qu'elle raconte. Et en fait, pareil, c'est d'une violence quand tu te rends compte aussi de tout ça. Et des fois, je me dis, en vrai, j'aurais aimé ne rien savoir de tout ça, parce que quand tu es au courant... Quand tu vois ce qui se passe dans notre société et comment le monde fonctionne, je trouve une responsabilité et tu dors plus pareil. Je sais que pendant un moment c'était dur et je me suis dit qu'il fallait arrêter de prendre les choses autant à cœur parce que c'est de ce que tu parles quand tu me dis si ça a été une révélation. est-ce que ça a été une fracture pour moi ? Moi, là, j'ai vu la fracture sociale. J'ai vu qu'en vrai, on était dans un monde injuste, avec plein d'injustices sociales. Et je pense que c'est dès là que vient mon âme engageante et que vient tout ce qui s'ensuit, tu vois.
- Speaker #0
Bah oui. Du coup, on va aller là-dessus. C'est la transition. Oui. En quelque sorte. On va venir un peu plus après. Donc tu fais l'école de commerce. Et après l'école de commerce, est-ce que tu lances ton assaut ?
- Speaker #1
Je fais l'école de commerce, je suis en troisième année. Du coup là, je me spécialise en sport business. J'ai choisi le sport business. Mon prof, il m'avait dit, je m'en rappelle, si tu veux faire ressources humaines ou sport, mais demain, si tu veux un entretien, si tu veux un poste dans les ressources humaines, entre celui qui a fait ressources humaines et sport, ils vont choisir celui qui a fait ressources humaines. J'ai été dans le sport, en vrai ce qu'il me disait c'était réel, mais j'avais une vocation je pense, et j'ai préféré écouter ma vocation et ce qui m'animait. Je suis bien de ce milieu là,
- Speaker #0
donc tu as peut-être plus à apporter dans le sport que dans les ressources humaines.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une question de vocation, de ce qui t'anime, et il faut s'écouter parce que tout le monde me disait le sport c'est bouché, le sport c'est bouché, le sport c'est bouché, et moi je me suis dit je m'en fous. En vrai c'est ce que j'aime et en vrai aujourd'hui je regrette, je regrette vraiment pas du tout. Et s'il y a un message que je devrais passer là pour le coup, c'est que je dirais faites ce que vous aimez. Parce que quand tu fais ce que t'aimes, c'est pas pareil, tu travailles différemment. En vrai le travail c'est plus une charge, c'est un plaisir. Et du coup tu mets pas la même conviction, tu mets pas la même âme et tu mets... Mais là, c'est différent pour moi. Aujourd'hui, mon travail... Exactement, tu vas toujours trouver des solutions. Ce ne sont pas les mêmes efforts. Donc pour moi, d'avoir quelque chose que j'aime aujourd'hui, c'est inestimable, vraiment. Donc pour revenir à... à Enjoy. On est en troisième année en école de commerce et on doit faire un projet pour une cause. C'est un prof qui nous... C'est un de nos projets scolaires. On doit faire un projet pour une cause. Donc un événement sportif pour une cause. Et là, moi, j'arrive à convaincre mon groupe en leur disant on peut faire un événement de handball, un match de gala pour les enfants malades. Je ne sais pas pourquoi les enfants malades. Parce qu'à l'époque, je crois que je suivais beaucoup l'association d'Omar Sy, c'est que du bonheur. Donc la cause des enfants malades, Jeudi. en vrai ça peut être sympa et tout donc on commence ce projet là et en plus j'arrive à avoir un contact avec l'association d'Omar Sy et en vrai les choses se passent bien, je me souviens à l'époque il y a même monsieur Tambola qui doit intervenir à notre événement il doit venir parce que du coup ils nous ont mis en contact avec et du coup il venait à l'événement Je sais que la seule galère, c'était de faire venir les enfants malades parce que ce n'est pas des personnes. Donc ça, c'était un truc. Mais je me souviens, c'était Sonia à l'époque qui gérait ça. Et elle, elle s'occupait de toute cette partie-là des enfants. Et nous, derrière, on devait organiser un match de gala. On devait organiser un tournoi la journée, etc. de handball avec les clubs d'Ile-de-France. Et le Covid arrive.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
le fameux Covid arrive.
- Speaker #0
Et vous n'avez pas pu faire le projet.
- Speaker #1
Donc le Covid arrive et en fait, on ne peut pas faire le projet. Le projet s'arrête en pleine année et moi, j'étais animée par ce projet-là. Je me suis dit, c'est un truc de ouf et tout, on va faire ça.
- Speaker #0
Surtout que l'assaut, vous a répondu généralement. Exactement. à ce genre de choses, aux étudiants en général. Exactement,
- Speaker #1
ça partait très bien. Moi, j'y croyais à ce projet-là. Je me rappelle, on voulait faire venir 200 personnes. Mon prof me dit, vous croyez vraiment que vous allez faire venir 200 personnes ? Moi, je suis tellement folle dans ma tête, je me dis, je vais vraiment faire venir 200 personnes. J'avais une pression en plus. Le Covid m'a finalement enlevé la pression. Mais le Covid arrive et tout s'arrête. Tu te sens comment ? À l'époque, j'étais à Saint-Bord. J'étais à Saint-Bord. Du coup j'ai J'avais repris le Hant, tout s'était bien passé. J'ai été retournée à Olday. En fait, Samor m'appelle pour un projet N2D2. Et j'étais à Samor, du coup, sur un projet où j'étais un peu avec la N2 et un peu avec la D2. Donc le Hant s'arrête aussi. Et l'école s'arrête aussi. Et en fait, à ce moment-là, tu te poses la question, on va faire quoi ?
- Speaker #0
C'est quoi la vie maintenant ?
- Speaker #1
Oui, maintenant, on fait quoi ?
- Speaker #0
Oui. Surtout que c'était très étrange, le Covid.
- Speaker #1
C'était particulier.
- Speaker #0
C'était hyper particulier. On ne sait pas ce qui se passe. Quand est-ce que ça va s'arrêter ? du bon bassin. Demain, c'est fini. Maintenant, on t'annonce qu'on vient de mort.
- Speaker #1
Il y avait une part d'excitation, pas du drame qui se passait en termes de santé, mais du fait que ta vie allait arrêter. Et en fait, t'as plus rien à faire de la vie. Tu n'as plus à te lever à l'hiver. T'as plus à prendre des transports. On est quand même dans quelque chose d'inédit. Je pense que tout le monde est un peu excité de tout ce qui se passe. On suit un peu l'actualité. T'as les rumeurs qui s'ajoutent. En plus, à l'époque, t'as les réseaux sociaux qui s'enflamment. Il y a plein de challenges. Au début, t'es très excité. C'est drôle. Cet effet Covid, tu vois. Sauf qu'avec le temps, tu commences à tourner en rond. Et tu te dis, c'est super, on fait quoi ? Là, tu n'as plus de han, tu n'as plus d'école. En vrai, tu n'as plus de vie sociale, clairement. Donc, c'est là où, en fait, de bas chambre, je commence à reprendre ce projet. Et je commence à écrire dans mon ordi. Je me dis, en vrai, cet événement-là, là j'aimerais quand même bien le faire même si c'est pas avec l'école finalement dans tous les cas je quittais l'école parce que je finissais ma licence cette année là donc en vrai c'était fini c'était un projet qui était qui avait abouti même s'il n'avait pas vu le jour le jour mais oui
- Speaker #0
il y avait un début les choses, les circonstances de la vie ont fait que...
- Speaker #1
donc j'écris chez moi et je me dis en vrai j'aimerais bien faire un truc et là je sais même pas comment j'arrive à l'association, au début c'est juste des écritures,
- Speaker #0
des projets mais plus par rapport à toujours les enfants malades non,
- Speaker #1
je me dis qu'est-ce qui tient le plus à coeur en vrai dans la vie et je me dis en fait moi mes choses aujourd'hui qui m'ont construite et qui ont été des freins aussi dans ma carrière c'est le fait que j'étais une fille et le fait que je vienne des quartiers populaires donc je me dis à partir de ça qu'est-ce que tu peux faire et je ne sais même pas comment ça arrive à force d'écrire, à force de réfléchir et en fait la réflexion a grandi et pendant longtemps, je garde ça très secret et après exactement, j'écris juste mais vraiment au début ça peut parler de soirée débat et ensuite ça parle d'interview, de tournage c'est parti dans tous les sens vraiment Après, vraiment, c'était... C'est un brainstorming. Exactement. Et à un moment donné, vient Enjoy. Et Enjoy, c'est même pas moi qui le trouve. C'était mon camarade de classe. Quand on l'avait dit, il a dit, Enjoy, c'est bien et tout. Et moi, j'avais kiffé le prénom. Et du coup, il était logique que je le garde pour l'association. Et du coup, c'est comme ça que naît Enjoy, finalement. C'est sous le Covid. Et du coup, à force de réfléchir, je l'ouvre quelques temps après. Je crois que je l'ouvre un an après, quand même, l'association.
- Speaker #0
Est-ce que tu reprends tes études quand le Covid se termine ?
- Speaker #1
Merci. Pause encore. Pause dans les études. Parce que j'arrive à un moment où j'ai fait trois ans d'études et je me dis, c'est bien, mais j'ai aucune expérience professionnelle. Parce que du coup, j'ai fait trois ans en initial. J'aurais pu faire la troisième année en apprentissage, mais je n'avais pas trouvé d'alternance.
- Speaker #0
Il n'y avait pas de stage non plus obligatoire ?
- Speaker #1
Est-ce qu'on avait un stage ? Non, je crois qu'on n'avait pas de stage obligatoire avant. Non, vraiment pas. Donc, je n'avais aucune expérience pro. Et je me suis dit, c'est bien, tu as fait trois ans d'études. Maintenant, il faut que tu ailles voir sur le marché concrètement ce que ça donne. Parce que peut-être que tu es en train de faire un truc et que t'aimes pas du tout tu vois donc c'est à ce moment là que je fais un service civique avec le club de balastella sa mort aussi je fais un service civique de huit mois et du coup je vais travailler un peu dans la com dans la com sportive, je vais gérer les réseaux sociaux de la Stella Saint-Mort, et je me rends compte que je n'aime pas du tout la communication sportive. Donc en fait, ça me fait une élimination. Je me dis, super, tu sais que tu n'aimes pas la com, donc ce ne sera pas la com. Au moins, tu as très bien fait de faire ces services civiques, parce que c'était le but de ces services civiques, c'était de savoir ce que tu aimes. Mais j'écoutais beaucoup ce qui se passait au bureau, je travaillais avec Noura à l'époque. qui n'était pas encore maladie en général, mais qui s'est installée tout doucement. Je voyais ce qu'elle faisait et moi, je m'inspirais, j'écoutais un peu tout, j'essayais de retourner pour savoir ce qui me plaisait le plus. Je ne savais pas encore ce qui me plaisait le plus, mais je découvrais petit à petit des choses. Et je reprends les études un an après. Je reprends un an après, je change d'école, je vais à la Défense et je refais un master en management international du sport. Et là, je vais faire deux ans de master dans une école. C'est difficile.
- Speaker #0
T'as un alternance non plus ?
- Speaker #1
On a alternance cette fois. Là je fais l'alternance, j'ai plus d'argent. J'ai surtout vidé le compte bancaire de ma mère.
- Speaker #0
Il faut rembourser la maman.
- Speaker #1
Il faut la rembourser, j'ai toujours pas remboursé.
- Speaker #0
Ça va arriver.
- Speaker #1
Je lui ai dit un jour je réussirai, je te jure que ce sera différent. Oui du coup je fais deux ans en alternance cette fois. Et là je rentre dans un club à l'étoile Bobigny. C'est un club de foot, un petit club Bobigny. Je fais deux ans de master là-bas. et en fait je vais avoir... avoir ma commotion la même année. Ça veut dire que c'est une année d'alternance sans trop d'alternance. J'ai eu ma commotion au mois de septembre.
- Speaker #0
Commotion cérébrale en septembre ?
- Speaker #1
C'était septembre 2022. Mais je crois que j'avais déjà fait un an de... Non, j'avais déjà travaillé un an. J'ai eu ma commotion l'année d'après. Oui, donc la dernière année. Exactement. Je crois que c'est ça. C'est un truc comme ça. Du coup, je fais ma première année et là, je découvre plein de choses. C'est différent. On est dans un petit club sportif. Ça veut dire qu'on ne confie pas. plein de missions. Et là, tu vois, exactement, du coup, là, j'ai un peu plus la main sur ce que j'aime, ce que j'aime pas. J'apprécie pas forcément l'alternance. C'est que je m'ennuie, en vrai, de vrai, je m'ennuie. Et en fait, moi, j'ai besoin d'aimer quelque chose pour le faire. Et moi, je pense que je serai jamais un bon salarié pour ça, à moins que je trouve une boîte vraiment qui me plaît et où je serai dans mon idéal. Mais sinon, j'ai du mal à faire un truc où je ressens pas le projet, entre guillemets. Donc, je le fais quand même parce que c'est mon alternance. Il faut valider le masque. Et franchement, entre ça et payer encore une fois 8 000 euros, je préfère faire ce sacrifice-là. Donc je fais ces deux ans à l'Etoile Bobilly. La deuxième année, je ne la fais pas vraiment parce que du coup, j'ai ma commotion en septembre 2022.
- Speaker #0
Tu fais une commotion pendant un match ou en entraînement ?
- Speaker #1
Un match. On est le 17 septembre 2022. C'est le début de saison en plus. Dans les alentours de 21h30, je m'en souviens, comme si c'était hier. C'était le début de saison. En fait, c'est particulier en plus parce que j'arrive en fin d'études. Donc c'est ma dernière question. dernière année de master. Et je me dis, c'est vraiment l'année où, handballistiquement, il faut que... En gros, je sais que je finis mes études en fin d'année. Je me dis, l'année prochaine, je ne fais que du handball. Je me consacre handball. Et le club me propose un contrat 1 plus 1. Ça veut dire que j'ai ma dernière année semi-pro. Et l'année d'après, je passe pro. Potentiellement. Exactement, potentiellement, s'il n'y a pas de changement de côté. Donc, je me dis...
- Speaker #0
Et tu joues à la Stella à ce moment-là ?
- Speaker #1
Non, là, je suis à Noisy. La commotion.
- Speaker #0
Ah mais oui, mais tu étais là avant que j'arrive.
- Speaker #1
Là je suis anoisie. Du coup, ouais. Mais t'étais là la commotion ou non ?
- Speaker #0
Je sais pas.
- Speaker #1
En fait ma commotion a duré deux ans. Je crois que t'es arrivée l'année d'après.
- Speaker #0
Oui, je suis arrivée en 2013. L'année où je me suis pris le ballon. Je suis arrivée en 2023.
- Speaker #1
C'est ça, c'est exactement ça. Donc ouais, c'est le début de saison. Et moi, j'arrive plein d'ambition cette saison-là, vraiment. Parce que j'avais eu plein de blessures avant. Moi, je me blessais tout le temps. Mais je pense que du fait que je n'ai jamais fait de muscu, je n'ai jamais été en centre de formation. j'ai jamais été encadrée, j'ai jamais eu de coordination et quand j'arrive à Saint-Maur et à Noisy, ça se poursuit aussi on m'apprend tout en fait finalement j'avais jamais fait de musculation de ma vie donc j'ai enchaîné les blessures je me suis tout fait, vraiment déchirure au mollet, déchirure à la cuisse entorse du genou, tout et à un moment j'en ai marre parce qu'en plus je performe pas bah oui,
- Speaker #0
quand tu te blesses autant faut revenir en fait, t'es toujours en train de courir après la blessure c'est ça,
- Speaker #1
et moi à l'époque le kiné pareil, pour moi le kiné tu vas te faire masser tu reviens La première fois que j'ai fait une séance de kiné, j'étais choquée. C'est ça le kiné, c'est une troisième séance de soin. Pas que des massages. J'apprends tout. Et je pense que le temps que ton corps intègre ça et que toi tu t'assimiles tout ça, ça prend du temps. Donc j'arrive, je me rappelle, avant la préparation estivale, je vais chez le kiné, mais tout le mois. Avec Maëlle, je m'en rappelle. Et je me dis, là vraiment, je veux rentrer dans une nouvelle dimension. Je me prends... soin de mon corps, je ne vais pas me blesser cette saison parce que je veux faire... Tu veux performer. Exactement, je veux performer, je veux prendre le hand vraiment au sérieux parce que l'année d'après, potentiellement, je peux avoir un contrat pro et l'année d'après, je n'ai plus d'études, ça veut dire que je peux me consacrer pleinement au handball, tu vois, pour une fois. Alors qu'en vrai, j'ai envie de te dire que j'ai tellement galéré pour aller chercher ça parce que je faisais Samor-Holnay quand même. Je faisais Holnay-Samor, donc je mettais 1h05, 1h15, entre 1h05 et 1h15, le lundi, mardi, mercredi et vendredi pour la rentrée. d'entraînement et le week-end pour aller en match. Donc en vrai, ça a été des sacrifices de fou. À l'époque, je ne gagnais pas énormément d'argent. Surtout, il fallait payer l'essence, ça coûtait cher. Et la fatigue aussi,
- Speaker #0
parce qu'en soi, tu as aussi les études. Il faut travailler à la maison. Il y a des choses à faire.
- Speaker #1
Pour récupérer même. Quand j'étais à Saint-Mort, je faisais Olney-Paris, Paris-Saint-Mort, Saint-Mort-Olney. Pour sortir des cours, je n'avais pas le temps de rentrer à Olney. Donc c'était toutes ces années de sacrifice C'est là où je me suis... je me suis dit, ça y est, c'est fini. Genre, en vrai, là, t'es à ça d'être... d'atteindre ton objectif, il faut y aller à fond. Donc je fais la préparation à fond pendant l'été, même je me prive de vacances. Je me dis tes vacances tu les décales avant, au mois de juillet, début juillet, t'es au one ball et tu vas faire ta préparation. Et c'est ce que je fais et ça se passe très bien pour moi. Normalement dans mon corps je me sens très très bien, j'ai jamais été aussi musclée de ma vie je pense. Et je me sens bien, même athlétiquement, même physiquement sur le handball, mais rien à voir, genre j'arrive à la prépa. Pour moi je suis une nouvelle gardienne et ça se voit dans mes performances à la prépa. déjà je... Je performe. Et le premier match, au début, je ne fais pas un bon début match. Et après, ça va. Et le deuxième match de la saison, c'est à Noisy-le-Grand, au Clos de l'Arche. Et là, pareil, je me sens bien encore une fois. Le match, il commence. Je rentre à la deuxième mi-temps. Et 2 minutes 30 de jeu et c'est fini.
- Speaker #0
C'est horrible.
- Speaker #1
Et la joueuse, elle arrive. Elle arrive dans la tête. Exactement. Et moi, j'arrive vers elle aussi. Oui,
- Speaker #0
oui, oui.
- Speaker #1
Et du coup, bam, elle met un ballon dans la tête. Et là, c'est fini, en vrai. Et moi, au début, je réalisais... Enfin, j'ai mis du temps à réaliser quand même.
- Speaker #0
Et comment tu... Qu'est-ce qui se passe dans ton corps ? Tu tombes dans les pommes ? Tu sais pas où t'es ? En fait,
- Speaker #1
moi, à chaque fois que je prenais un ballon dans la tête, j'avais le réflexe de faire semblant de tomber. Donc là, pour de vrai, je le savais pas.
- Speaker #0
Déjà, de toute façon, en vrai, il faut toujours un petit peu le faire. Oui, on fait toujours... Voilà, on essaie de gratter. Pour que l'arbitre fonctionne. Parce que c'est pas normal.
- Speaker #1
Exactement. Donc j'en faisais toujours un peu trop. Même à l'entraînement, quand on me mettait un ballon dans la tête, j'allais toujours faire des trucs de ouf. Et ça me faisait rire, tu vois. Sauf que là, je n'arrivais pas à dissocier si je faisais exprès ou si c'était réel. Je te jure. Au début, je me suis dit arrête de faire exprès. Déjà, je perds connaissance au début. Je pense que c'est le médecin en venant. Je ne sais pas ce qu'il me fait et il me réveille. À ce moment-là, je me dis arrête de faire semblant. Mais tu vois, je crois que tout le monde s'affole un peu. Non, au début, je ne réalise pas. Je me dis arrête de faire semblant. C'est bon, tu as fait ton cinéma, tout le monde a vu. Lève-toi. Tu ne peux pas me lever. Impossible. Je ne peux même pas ouvrir les yeux. Merci. Je ne peux même pas ouvrir les yeux.
- Speaker #0
Tu ne sens pas ton corps ?
- Speaker #1
Je sens que je suis là. En fait, je sais que mon esprit est là, mais mon corps... Je ne sais pas ce qui se passe en vrai, clairement. Et en fait, je commence à réaliser avec le temps, parce que c'était très long. J'ai dû rester au moins 30 minutes allongée au sol, si ce n'est plus, avant que les pompiers arrivent et avant que je sois prise en charge. Donc, c'était long. Et en fait, plus le temps est long, et plus je commence à réaliser ce qui se passe. Et en fait, je me dis... Et je commençais bien mon match. En plus, je me rappelle, je me dis, putain, tu ne vas plus rentrer, c'est fini. Ton match, il est fini. Et après, je me dis, mais non. Et je pense au derby contre Sabor. Tu m'en as pas tête, elle.
- Speaker #0
Au lieu d'être là, tu te projettes, oui.
- Speaker #1
Parce que t'as des challenges comme ça, surtout quand t'as quitté un club et tout, t'as toujours envie de gagner. Moi, je pensais dès le début de saison, je crois que ça remorçait le quatrième match de la saison.
- Speaker #0
C'est peut-être ça qui t'a fait vraiment faire une prépa de fou. T'avais un objectif.
- Speaker #1
Ça remorçait le quatrième match de la saison.
- Speaker #0
Et je me suis dit,
- Speaker #1
putain, tu vas pas jouer le derby. Et après, je me suis dit, mais c'est pas que le derby que tu vas pas jouer. Tu vas peut-être plus jouer de la saison, tu vois. Et après, je me suis dit, tu vas peut-être plus jouer du tout. En fait, plus le temps y passait, plus je voyais que je ne me réveillais pas et plus je chantais. Je sentais les gens s'affoler autour de moi. Je ne voyais pas ce qui se passait parce que j'avais les yeux fermés. Mais par contre, j'entendais tout. Des fois, j'arrivais à ouvrir les yeux un peu donc je voyais des pieds courir un peu, tout le monde s'affoler. J'entendais quand ils parlaient avec les pompiers. Donc j'entends tout, mais je ne peux rien faire.
- Speaker #0
C'est très inquiétant.
- Speaker #1
C'est terrible. En fait, je n'ai même pas ressenti le choc du ballon dans la tête. tellement rêve. je pense que j'ai perdu connaissance d'elle sur le coup j'ai même pas le souvenir que le ballon il était fort alors que je pense qu'il devait être bien violent et du coup je suis allongée sur le sol et là je vois que les gens ils s'inquiètent et à un moment donné je commence à avoir peur là c'est même plus une question de honte je me dis mais peut-être que tu vas plus te réveiller du tout mais vraiment là je commence à me dire soit tu vas t'en sortir avec un handicap soit tu vas plus te réveiller du tout et je sens la peur autour de moi et ça me rassure pas parce que même si des gens ils le voient pas moi j'entends tout j'ai senti je me rappelle je vois Nadia qui me prend la main et qui pleure et moi à ce moment là j'essaye de pleurer mais il n'y a rien qui se passe dans mon corps vraiment je ne peux pas pleurer tu ne gères plus ton corps et en fait les pompiers vont venir me chercher et en fait il n'y a que vraiment 2h après le choc que je vais vraiment me réveiller à l'hôpital et je vais passer la nuit à l'hôpital et il va suivre des examens et en fait si je n'aurais rien cérébralement il n'y a rien qui s'est passé mais en fait la commotion cérébrale ça ne se voit pas au scanner ça veut dire que le choc il est là Mais en gros, j'ai aucune hémorragie, j'ai rien qui est en place. Il a bougé.
- Speaker #0
C'est des conséquences par contre après les séquelles.
- Speaker #1
Exactement, sauf que c'est dur à évaluer une commotion cérébrale finalement. Donc je vais être suivie par le médecin du club, etc. Donc je vais faire tous les examens et en fait je ne vais pas me sentir bien, surtout pendant 15 jours. Pendant 15 jours, je suis allongée chez moi dans le noir. Et en fait, je ne supporte pas le bruit, je ne supporte pas la lumière, j'ai des nausées. J'ai perdu deux morceaux de dents. Comme ça, je pense que c'est suite au choc. Après, on m'a dit, un jour, je mange des pâtes et je vois un morceau de m'ador. Un jour, je vais dans le miroir et je fais ça et il y a une dent à moi qui tombe. Et en fait, je me dis, ça, je pense que c'est le choc psychologique qui m'a fait tout ça. Et puis voilà, pendant 15 jours, je suis allongée dans le loir. Et en fait, là, vraiment, t'as des trucs de ouf, t'as des convulsions et tout. Et tu te dis... Et puis,
- Speaker #0
il faut te surveiller tout le temps. Oui, mes potes me surveillent.
- Speaker #1
Elles font des rondes. C'est exactement comme tu. donc il y en a une qui est là l'après-midi l'autre qui s'en va, il y a toujours quelqu'un qui dorme avec moi et ça pendant 15 jours, mes potes je les remercie parce que vraiment elles étaient trop mignonnes, elles me faisaient à manger elles m'ont pris de toute façon tu n'étais pas capable moi sinon j'allais me laisser mourir dans mon lit j'étais incapable de faire quoi que ce soit à l'époque j'étais vraiment fatiguée après avec le temps la fatigue a diminué mais tu sens que ton corps n'est plus comme avant j'étais fatiguée pour un rien ça veut dire que les journées, tout est difficile vraiment tout est difficile C'est long. c'est long, déjà j'ai repris deux mois après je crois je crois que je reprends deux mois après parce que ça va mieux ou parce que tu te dis faut y aller ? je sais que ça va pas mieux mais le médecin me dit c'est psychologique ça c'est un problème le médecin me dit ça c'est un problème je sais qu'il y a un truc qui va pas parce que tu le sens c'est ton corps, c'est toi même exactement et que tout le monde peut te raconter personne d'autre saura si toi tu sais que ça va pas c'est que ça va pas donc à un moment donné moi je sais que ça va pas mais on me dit c'est psychologique, j'ai eu un neurochirurgien qui m'a dit que c'était psychologique et du coup je finis par y aller moi à un moment donné je me dis peut-être qu'il a raison exactement parce que c'est la première fois donc je retourne sur le terrain je rejoue mon premier match je crois c'était aux alentours du 26 novembre à Rennes et à la fin du match je fais un malaise Mais je sentais la lumière, le bruit, en fait, toute la scène, j'ai l'impression que tout ce que j'avais vécu le jour du choc, j'ai l'impression d'avoir revécu tout ça. Peut-être que c'était psychologique, le fait que je refasse un malaise de ce jour-là. Je prends aucun ballon dans la tête, mais juste je suis fatiguée. Il y a aussi les vibrations,
- Speaker #0
peut-être la pression. La pression,
- Speaker #1
la lumière, le bruit, vraiment tout. Et à la fin du match, je me retiens. J'essaie de me dire tiens-toi, tiens-toi. Et à la fin, mes coachs voient que ça ne va pas. Donc, ils me sortent. Et dès qu'ils me sortent, ça y est, là, je me laisse aller. Et je m'écroule au sol. Les pompiers, encore une fois, on arrête. Donc, je revois les médecins et tout. Là, je suis arrêtée jusqu'au mois de mars. Et pareil, je finis par reprendre. Je sais qu'encore une fois, il y a un truc qui ne va pas. Mais là, il y a l'excitation. J'en ai marre de ne plus jouer. Donc, je reviens. Je suis super excitée de jouer. Et du coup, je reviens moi-même. Je sens qu'il ne faut pas que j'en fasse trop, par contre. Parce que j'ai appris par rapport au premier choc aussi. Et je sens qu'il faut que je me contrôle un peu plus. j'organise toutes mes journées aussi par rapport au rand. Je me dis si ce soir tu as entraînement, ne sors pas aujourd'hui, fais ceci, fais cela, reste tranquille et tout. Et en fait c'est ça pendant deux ans, c'est ça. Je me dis il faut que tu organises tout autour du rand parce que sinon en fait à l'entraînement tu ne vas pas tenir ou en match tu ne vas pas tenir. Donc ça, ça me permet d'aller mieux et du coup je poursuis comme ça. Je vais jusqu'à la fin de saison et à la fin de saison je me rappelle, on joue contre Saint-Maur.
- Speaker #0
Ça y est, pas ton match.
- Speaker #1
J'ai pu prendre ma revanche. On a gagné ce jour-là. Je me rappelle de cette victoire. Ma revanche contre Samor, c'est un derby. C'était mon ancien club. Pour moi, il y a toujours une revanche à prendre. Tu as toujours à cœur de bien faire. C'était la quatrième fois qu'on jouait contre Samor. Les trois fois d'avant, on avait perdu. À un moment donné, j'en avais marre. J'ai été jouer sans aucune pression. Je me suis dit qu'on allait jouer. On verra ce qui se passera. Elle, ce jour-là, a fait leur titre de championne de France. Et moi, je fais le match de ma vie. ce jour-là, je suis la plus heureuse du monde parce qu'en fait j'ai enfin pu prendre ma revanche et je me dis en plus l'histoire elle est belle parce qu'en fait ce jour-là le gymnase est rempli parce qu'elle a fait leur titre c'est le dernier match de la saison t'as les caméras de je sais plus qui qui sont là sport en France c'était ça t'as les caméras de sport en France qui sont là t'as tous mes potes qui sont là même les petites que je coachais un peu à Allnet tout le monde était là ce jour-là et moi je fais un match excellent et en fait je suis très contente et je me dis Oui. j'ai perdu trois fois, mais ça valait le coup de perdre trois fois pour la victoire d'aujourd'hui pour moi c'était le sport exactement, c'est ça le sport tu vas perdre, tu vas perdre mais je n'aurais pas imaginé que quand j'aurais gagné ça aurait été si beau, en tout cas significatif pour moi, je ne parle pas en termes collectifs mais pour moi individuellement c'était une victoire ton passif,
- Speaker #0
ton histoire et le parcours surtout des mois d'avant c'est ça,
- Speaker #1
et ce jour-là par contre je vais avoir un petit ballon dans la tête Un tout petit ballon dans la tête vraiment très léger et j'ai une instabilité de ouf et un moment je sens que je me rééquilibre et là par contre juste après je vais avoir des trucs bizarres des pertes de mémoire, mais genre vraiment j'avais beaucoup de confusion de pertes de mémoire et une fois en rentrant chez moi je vois que je vais à mon ancienne adresse alors ça faisait dix ans que j'habitais plus là-bas je vais à mon ancienne adresse au lieu d'aller chez moi, chez ma mère plutôt tu vois et là je me dis c'est bizarre et tout, faut vraiment que t'ailles consulter et c'est là où en vrai Béa, la vice-présidente de la fédération française elle me met en relation avec Cléopâtre Darleu parce qu'elle s'était fait une commotion la même saison du coup Cléopâtre va me mettre en relation avec le neurologue. C'est comme ça qu'ils m'ont détecté qu'en vrai, je suis toujours commotionnée, qu'en fait, j'aurais jamais dû reprendre, que j'aurais pris dans des très mauvaises conditions et que ça aurait pu être très dangereux pour moi. Et j'apprends ça au mois de juin, en fin de saison. C'était la fin de saison, c'était les vacances.
- Speaker #0
Je remercie que ça s'est bien passé les mois d'avant. Oui,
- Speaker #1
mais pour moi, encore une fois, je me dis que c'est de la folie. Parce que moi, j'ai signé mon contrat pour l'année d'après. Du coup, je ne signe pas pro tout de suite parce que j'ai été blessée la moitié de la saison. Mais encore une fois, repousse le introu. plus un. Donc, je suis encore une fois un an semi-pro. Et après, je signe pro. Et quand l'été, il me dit, le chirurgien, le neurologue, il me dit, il va falloir que tu songes à une fin de carrière. Et moi, je me suis dit, ça en fout lui. Vraiment.
- Speaker #0
C'est ça, mais de la vie, oui.
- Speaker #1
Je ne le prenais même pas au sérieux. Je rigolais limite au nez, tu vois. Et à un moment donné, je pense, pour me faire un déclic, parce qu'il ne comprend pas, il comprend que je ne saisis pas, entre guillemets, la gravité du problème. Oui. t'as un cerveau, parce que du coup, tu fais plein de tests. Tu fais plein de tests avec des ballons, etc. C'est des trucs un peu particuliers. Mais tu fais plein de tests et il me dit, t'as un cerveau équivalent à trisomique. Et moi, quand il me dit ça, je rigole, mais là, je rigole de nerfs. Je pense qu'il n'a pas dit ça pour me blesser. Il m'a dit ça pour que je prenne conscience de la gravité du truc. Il m'a dit, t'es tellement ralenti dans tes trucs et tout, qu'en vrai, tu peux faire du hand aujourd'hui, c'est de la folie. Il m'a dit, surtout en division 2 ou en vrai, c'est pas comme si et... Tu ne prépares pas les Jeux Olympiques. Il m'a dit... Oui,
- Speaker #0
après, ça reste quand même du haut niveau. Il y a plein de sacrifices. Parce que lui,
- Speaker #1
il ne connaît pas le bagage derrière. Il ne connaît pas tous les sacrifices qu'il y a derrière. Moi, je me dis ça. Quand il me dit ça, je prends vraiment conscience. Là, je vais être suivie par des spécialistes à Lyon. Là, je vais faire des tests plus approfondis. Il va me dire que tu as un ralentissement du cerveau. Tu as perdu ta mémoire à court terme. Donc, en vrai, plein de trucs de fou. Et qui font qu'en vrai, en septembre, je ne peux plus jouer. vraiment et je sais pas si je vais pouvoir rejouer un jour tu vois donc là je vais être dans une rééducation je t'ai dit je vais à une semaine à Lyon pour voir l'orthoptiste je vais voir le médecin du sport à Lyon aussi donc pendant une semaine pareil à tes frais tu dois aller tu dois t'héberger,
- Speaker #0
tu dois exactement te soigner et ça a des coûts c'était 2000 euros la rééducation de la semaine c'est un peu des spécialistes dans un domaine très rare ça coûte cher ça coûte très cher donc je fais tout ça,
- Speaker #1
je suis la rééducation Merci. et en fait le processus et tous les jours je suis chez le kiné tous les jours je suis chez le kiné à Noisy-le-Grand et en fait à un moment donné j'en ai marre ça veut dire que quand je reviens sur le terrain j'ai plus aucun plaisir de jouer sur la deuxième année je reprends le mois de mars quand même ça veut dire quand j'ai vu le neurologue en juin le mois de mars j'ai pas joué j'étais chez le kiné tous les jours et en fait ça m'a dégoûté c'est que quand je suis revenue sur le terrain j'ai pas eu le plaisir que je pensais avoir c'est quoi la peur ?
- Speaker #0
et de l'appréhension.
- Speaker #1
la fatigue je pense ça m'a épuisé la rééducation c'était épuisant les médecins tout le temps de la fatigue, beaucoup de fatigue beaucoup de sacrifice parce que comme je t'ai dit t'organises tout par rapport au hand c'est ce que je me dis à un moment donné, t'as fait des études t'as fait des choses dans ta vie, je peux pas faire tout par rapport au hand, déjà ça me permet pas de gagner assez d'argent et en gros je peux pas dire aujourd'hui je sacrifie tout ce que j'ai fait pour du handball c'est comme ça que vient la réflexion d'arrêter le hand aussi je me dis en vrai aujourd'hui c'est beaucoup trop de sacrifices pour si peu finalement je me suis dit c'est de la folie quand même de se dire que tu vas continuer à jouer alors que déjà t'es même pas certaine de pouvoir rejouer bah oui et puis en vrai tu mets ta santé en danger c'est le plus gros truc en fait exactement même le club je l'ai trouvé fou de vouloir me prolonger ça veut dire que ça faisait deux ans que je jouais pas mais je pense que après j'appréciais beaucoup j'avais des très bonnes relations avec mon staff etc donc en vrai des fois ils se rendent pas compte en fait juste...
- Speaker #0
je sais, c'est jamais évident, je vais pas cracher sur les clubs, etc. Mais t'as souvent cette mentalité de, nous, on a besoin de toi. Et puis, ils ne savent pas comment tu vis les choses, ils ne comprennent peut-être pas ou ils ne sont pas toi en fait. Ils ne sauront pas la douleur, l'impact et tout ce que ça engendre derrière. Ils voient juste leur intérêt à eux, en fait, de se dire, ok, nous, on a besoin d'une gardienne. Ok, apparemment, tu es prête. Voilà, vas-y, tu vois.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais là, tu vois, je pense que c'était plutôt de la bienveillance. Je pense qu'ils ont été très, très, très bienveillants. vers moi et c'est même pas qu'ils avaient besoin de moi parce qu'en vrai à ce moment là eux ils n'ont pas réellement besoin de moi, je ne suis pas apte et en vrai c'est un risque pour eux de me prendre parce qu'ils peuvent me prendre et me re-signer encore une fois et que je ne sois pas disponible, c'est-à-dire qu'ils se retrouvent avec une gardienne tu vois. Donc en vrai je pense que c'était beaucoup de bienveillance et parce qu'ils croyaient en moi et parce que comme je t'ai dit j'avais des bonnes relations avec eux donc je pense que c'était beaucoup de bienveillance et de la protection tu vois du fait qu'ils ne voulaient pas se dire on ne va pas la garder parce qu'en vrai elle s'est fait une commotion. Donc je pense que c'était beaucoup de bienveillance. Moi, je trouvais que c'était de la folie. Je ne pensais pas qu'ils voudraient me replonger, me prolonger, pardon, parce que je me suis dit, je suis trop instable aujourd'hui, ma situation est trop instable. Mais du coup, je fais le choix toute seule d'arrêter. Je me dis, en vrai, ça ne m'anime plus autant. Donc je préfère arrêter. Je n'ai pas envie d'arriver à un dégoût du handball comme j'avais fait dans mon passé, où j'avais vraiment attendu d'être à bout, pour tout arrêter. Et ensuite, je suis partie de 4 ans. Je me suis dit, prends soin de ta santé, arrête et... Et en fait, si tu dois revenir à un moment, tu reviendras. Je me suis dit, ça y est, tu l'as fait une fois. Je ne dis pas que je le ferai une deuxième fois. Mais je me dis, tu as plein de choses à vivre. À l'époque aussi, il y a Enjoy qui fonctionne bien.
- Speaker #0
Oui, on va venir là-dessus. Comment tu crées Enjoy ? À quel moment ça arrive, en fait ?
- Speaker #1
Enjoy, ça s'est créé, comme je t'ai dit, dans mon année... Du coup, en plein Covid. En plein Covid, je vais déposer les statuts de l'association. Je me rappelle, j'en parlais toujours.
- Speaker #0
Tu connais tout le process de création d'une association ? Pas du tout. Ok, c'est ça que...
- Speaker #1
process pour le coup je m'enfin je m'informe sur internet et je sais qu'il faut créer des statuts et déposer des statuts sauf que moi je connais pas les impis je connais pas la préfecture je connais rien du tout je trouve une plateforme sur internet qui peuvent le faire pour 400 balles ou 200 balles je me dis je vais passer par la plateforme mais j'ai pas d'argent problème pas d'argent résoudre le problème de l'argent donc je me dis je me dis comment je vais faire et tout et et ils attendent à voir. avoir ma paie du mois et je sacrifie. À l'époque, c'était beaucoup, 200 balles. Je n'avais pas d'argent, je n'avais pas de salaire fixe. En plus, je sortais du Covid, je n'avais vraiment pas de salaire fixe. Ma situation était un peu bancale. Donc, je me dis, ce n'est pas grave, je vais investir ces 200 000 euros. Ces 200 000, ah ouais.
- Speaker #0
Je ne sais pas, peut-être que tu les avais déjà, tu ne nous as pas dit.
- Speaker #1
Non, je ne serais pas là si j'avais commencé avec 200 000. C'est 200 euros dans Joy. Et en fait, du coup, j'ouvre l'association. Et avant de l'ouvrir, par contre, j'en parle à trois. amis à moi j'en parle à ma meilleure amie qui est pas resté longtemps dans le projet parce que finalement les témoins enfin les témoins étaient pas en balleuse du coup ça lui parlait moins mais j'ai deux autres amis garance et léna qui sont en balleuse et qui sont des amis d'enfance et qui j'ai besoin de créer un bureau donc je leur dis j'ai besoin que vous me suivez dans ce projet et par amitié elles le font elles ne savent même pas où elles vont je leur envoie un message que tout le fait je leur dis j'ouvre une association et j'aimerais bien que tu sois la trésorière de l'association donc elles décident de venir avec moi et ensuite il y a Kinsia qui va rejoindre la banque Kinsia longtemps après indirectement elle a toujours été là Même avant l'ouverture de l'association, je pense que c'est une des...
- Speaker #0
Tu en as parlé, vous en avez discuté.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on faisait le chemin pour aller à Saint-Maurin-en-Saint. On est dans la voiture, une heure de route, aller, une heure de route, retour. Il y a de quoi parler. En fait, je lui parlais de mes idées et tout. Et en fait, elle m'a un peu aidée à structurer tout ça, finalement, malgré elle. Et j'ouvre l'association. Du coup, on est quatre. quatre membres du bureau, on ouvre l'association, je paye les 200 euros, ce qui facilite l'ouverture de l'association, parce que du coup, je n'ai pas à gérer les démarches de l'INPI, de la préfecture, parce que c'est la structure qui le fait pour nous. Donc on va avoir des statuts, on va avoir un numéro, ce n'est pas un cabis, mais je ne sais plus comment ça s'appelle, mais un numéro d'association que toutes les associations ont, et c'est comme ça que l'association va ouvrir. voir le jour, en vrai guillemets. Sauf que c'est bien, t'as une association, mais j'ai pas d'argent. Et en vrai, tu peux vouloir faire tout le bien et le bonheur du monde, y'a rien sans argent.
- Speaker #0
Il faut que ça tourne, il faut quand même... Et c'est là où...
- Speaker #1
Tu te rends compte que la première action qu'on a faite, je me souviens, je fais un appel à projet sur Internet pour 1 000 euros. Et en fait, c'est un concours. Ça veut dire que celui qui a le plus de signatures, il remporte les 1 000 euros.
- Speaker #0
Il fallait en parler autour de toi.
- Speaker #1
Du coup, on en parle à notre entourage. Mais tellement je suis à fond dans l'idée, je dis à mes potes, venez, on va à Châtelet. On est allé à Châtelet, on disait aux gens vous pouvez signer et tout pour nous, vous pouvez signer et tout, et les gens ils signaient et tout, en fait en plus, et les gens ils signaient et tout, et du coup on arrive deuxième.
- Speaker #0
Alors les gens comme ça, moi je ne signe jamais, personnellement, mais bon après. Qu'est-ce qu'elles veulent,
- Speaker #1
vraiment, qu'est-ce qu'elles veulent, je me suis dit, et du coup les gens ils signent, et on arrive à arriver deuxième du concours, du coup on a la mi-euro tu vois, et c'est la première subvention de l'association. Et cette subvention-là, moi, j'ai toujours travaillé dans une association à l'époque. C'est-à-dire que je vendais des crêpes, des barbes à papa et tout.
- Speaker #0
Tu connais le milieu associatif. Exact.
- Speaker #1
Pas comme je le connais aujourd'hui et pas de la même position, mais je sais un peu ce qui se fait et ce qui peut te rapporter de l'argent. Donc je leur dis, aucun rapport. Je dis, les gars, on va acheter une machine à crêpes, on va vendre des crêpes. Pour faire des sous. Exactement. Et en fait, on achète une machine à crêpes. Et je demande à Olney, le club du coup de mon enfance, je dis, est-ce qu'on peut vendre des crêpes à la buvette et tout, pour l'association et tout ? Et c'est un peu notre première sortie officielle. Et on vend des crêpes. Et vous parlez pas que... pas que vous le faites pour une association si on dit qu'on a créé fin mais aux gens qui achètent des crêpes ils savent pas que non ils sont même pas encore entendu parler d'un jeu je crois qu'on avait on est créé la page instagram c'était très discret au début c'est resté très discret pendant très longtemps parce qu'on n'osait pas moi je sais pas et les oser encore moins tu vas
- Speaker #0
dire on ne savait même pas dire c'est quoi tu portes pas le message derrière c'est quoi joyeux fait
- Speaker #1
Une fois, tu as dit Amina, c'est quoi déjà ?
- Speaker #0
Dégayement.
- Speaker #1
Et moi, je disais c'est une association d'inclusion sociale par rapport. Mais tu voyais que ce n'était pas naturel et que c'était le message que j'avais appris entre guillemets. Je ne faisais même pas la différence entre inclusion et insertion à l'époque. Donc, on vend les crêpes. Et en fait, en vendant les crêpes juste cet après-midi-là, on arrive à rembourser la vache et la crêpe. C'est fou. Et en fait, moi, je me dis c'est comme ça que je veux faire. C'est qu'à chaque fois que j'ai une entrée d'argent dans l'association, il faut que je la fasse fructifier. Et il faut que j'arrive à en gagner plus avec. Et c'est comme ça qu'en vrai, on arrive à faire nos premiers sous. Après, on fait des appels à projets. Ça veut dire que... Et ça, je l'ai appris à l'école. Il y a plein de gens qui ne connaissent pas. Mais moi, j'ai appris à l'école que, en fait, quand tu es une association, il y a des appels à projets qui peuvent venir des politiques publiques ou qui peuvent venir des entreprises parce qu'elles ont un côté RSE et que, derrière, ça permet d'avoir une défiscalisation. Donc, je réponds à ces appels à projets. J'en fais un à Olney où on arrive à avoir la première entrée d'argent de l'association. On a 6 000 euros. Mais en fait, pour moi, c'est tellement précieux que les 6 000 euros, limite, on a réussi. En fait, on a fait les activités qu'on a dit qu'on allait faire avec. On a fait le plus d'économies possible. réalité. On a essayé d'avoir plein de choses gratos, etc. Et en fait, on a fait quand même nos activités. Et en fait, l'idée, c'était... J'avais tellement peur que les 6 000 euros, ils finissent. Je te jure, c'était... Pour moi, il fallait qu'on les garde, il fallait qu'on les garde. Sauf qu'en vrai, c'est pas...
- Speaker #0
Ils vont forcément les utiliser à un moment donné. Exactement. Ils sont censés servir à quelque chose.
- Speaker #1
Quand c'est les premiers...
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Déjà,
- Speaker #1
j'avais jamais vu 6 000 euros sur un compte bancaire. Tous les jours, je crois, j'allais regarder l'appli de l'association. Je voyais que c'était 6 000 euros et ils étaient encore là.
- Speaker #0
On ne sait jamais.
- Speaker #1
Exactement. Moi, je n'avais jamais vu plus de 2 000 euros dans ta compte, je pense, à l'époque. Donc, il y a ces 6 000 euros qui sont là. Et en fait, à un moment donné, moi, tout de suite, je n'ai pas peur d'investir et je me dis, on va prendre un apprenti.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Sauf que je suis folle parce qu'en vrai, avec 6 000 euros, un apprenti qui va nous aider à faire les projets de l'association. Parce qu'à l'époque, du coup, on avait plein de projets. Il n'y avait pas trop de cohérence quand je y repense. Mais on avait des projets. Et je me rappelle, le premier, c'était sans fille pour 2024. Et l'idée, c'était d'accompagner 100 filles. à travers le sport, mais de leur faire aussi découvrir la culture. Un peu ce qu'on fait aujourd'hui, jusqu'à aujourd'hui c'est plus structuré.
- Speaker #0
Parle-nous de ce que c'est qu'Enjoy en fait, parce que depuis tout à l'heure tu nous dis oui j'ai créé des trucs, c'est quoi Enjoy ? Dis-nous.
- Speaker #1
Théoriquement et politiquement, Enjoy c'est une association d'inclusion, et aujourd'hui même d'insertion socio-professionnelle par le sport, mais d'un langage plus clair, Enjoy c'est une association qui crée des programmes éducatifs, sportifs. Avec deux notions très fortes, l'inclusion le premier, donc on a un programme qui s'appelle le Campus Enjoy maintenant, anciennement championne et à l'époque on n'accompagnait que des filles. On avait 14 jeunes filles ici de la Seine-Saint-Denis et le but était de les accompagner dans leur parcours social, éducatif, sportif etc. Donc le sport c'est vraiment un outil pour le coup chez Enjoy. On n'est pas un club sportif, il y a des gens des fois qui nous écrivent et qui pensent qu'on est un club sportif. Non on n'est pas un club de sport, nous on utilise le sport. pour accompagner. Parce que moi, je me suis rendue compte à travers mon parcours, à travers mon histoire, que le sport, c'est un très très bon moyen pour véhiculer des messages, pour raconter des histoires. Parce qu'à travers le sport, si tu parles de politique, les jeunes, ils vont t'écouter. Si tu parles de tous les sujets, j'ai l'impression que c'est plus universel à travers le sport. Alors que si tu parles de politique directement à un jeune, il va jamais t'écouter et il va même pas comprendre. Le but, c'est ça. On s'est dit qu'on a le sport, c'est notre outil. Le sport, c'est universel, ça parle à tout le monde, ça rassemble tout le monde. On utilise cet outil pour faire découvrir aux jeunes, qui sont ici des quartiers populaires aujourd'hui. Je reviens sur le fait que j'ai dit que c'était que pour les filles. Je pense que pendant longtemps, et au début, quand j'ai ouvert l'association... Je pensais que la grosse problématique c'était le fait qu'on soit des filles, tu vois. Mais avec le temps, je me suis rendue compte que la vraie problématique, c'est la fracture sociale et c'est le fait qu'on vienne de quartier populaire. Et que ça, en vrai, aujourd'hui, une fille qui vient du 16ème et un garçon qui vient du... du 93, le plus avantageux finalement c'est la fille qui vient du 16ème elle aura plus de chances de réussite alors qu'elle est une fille, donc je me suis dit finalement on va plus s'occuper des quartiers populaires dans l'ensemble parce qu'en fait je pense que les garçons finalement, les problématiques qu'elles ont les filles en général qui relèvent la confiance sans soin, etc. les garçons aussi ils l'ont,
- Speaker #0
sauf qu'ils vont pas le dire voilà et ça se voit peut-être moins ils vont pas le dire,
- Speaker #1
ils vont faire les messieurs je sais tout parce qu'aujourd'hui je le vois beaucoup dans les programmes on voit vraiment ce qui est dans la société dans le programme je le vois quand il n'y avait que des filles c'était beaucoup plus simple pour elles de s'exprimer de prendre la parole, de se raconter aujourd'hui maintenant qu'il y a des filles et des garçons dans le programme, je vois que les filles elles sont plus en retrait, elles parlent moins quand il y a les garçons, les garçons ils prennent la place ils sont deux des fois dans la salle ils prennent la place c'est eux qui sont sont au centre, par exemple à la pause déjeuner, il y a le terrain, les filles elles montent sur les côtés en train de faire le TikTok, les garçons ils vont prendre tout l'espace sur le terrain. Donc ça c'est des faits réels que les garçons automatiquement et naturellement ils prennent la place. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'égo chez le mec qui fait que en vrai quand il va manquer de confiance en soi ou quand il aura une épreuve difficile dans sa vie, il va pas l'exprimer. Mais voilà, donc la problématique est la même et ça c'est vraiment le programme d'inclusion. Donc aujourd'hui on accompagne des jeunes Ici de la Seine-Saint-Denis encore, mais ça va s'ouvrir un peu plus largement, de 11 à 17 ans. Et le but c'est vraiment pendant les vacances scolaires, des mercredis ou des samedis dans l'année. On essaie de se voir, on fait des ateliers, on fait de la confiance en soi, du développement personnel. Là, récemment, on a été chez Adidas, où ils ont rencontré 10 personnes chez Adidas qui venaient d'univers différents, qui faisaient des métiers différents. Et en fait, je pense que ça, c'est...
- Speaker #0
C'est un partenaire, Adidas.
- Speaker #1
Adidas est partenaire de l'association. Depuis le début, j'étais passée par un ami du Paris Basket, du coup, qui travaillait avec Adidas. Et je lui ai dit, moi, j'aimerais bien travailler avec Adidas et tout. De toute façon, j'avais des rêves avant d'ouvrir l'association. Je voulais travailler avec Paris 2024, avec Adidas, avec la Fédération française de handball.
- Speaker #0
Finalement.
- Speaker #1
Je travaillais avec les trois. Voilà, bravo madame. Pas aussi facilement que ce que j'ai pensé. Au début, je me suis dit que ça allait être...
- Speaker #0
Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as visé ?
- Speaker #1
Vraiment. Je pense que ça m'a aidée d'avoir ces grandes ambitions dès le début. Parce que je pense que c'est comme ça que j'ai fini par atteindre mes objectifs. C'est pas arrivé aussi facilement que j'ai. espérer que j'ai cru entre guillemets mais ça a fini par arriver et Adidas en vrai du coup cet ami du Paris Basket il parle de mon projet à Brianna qui travaille chez Adidas et du coup il me dit moi j'ai fait mon taf maintenant il m'envoie ses coordonnées et il me dit à toi de jouer et du coup je lui envoie un message et pendant une semaine j'ai pas de réponse j'avais oublié carrément je me suis dit et en fait elle finit par me répondre j'envoie mon projet et elle me pose même pas des questions sur mon projet elle me dit t'as besoin de quoi
- Speaker #0
Est-ce que tu savais déjà ce que tu avais besoin ? Non, pas du tout !
- Speaker #1
Bon, moi je mets juste le cadillac, genre vraiment. Et du coup j'ai eu 100 t-shirts. Et en fait, elle fait livrer les 100 t-shirts, comme ça. Vraiment, vraiment. la foulée, en fait, Grasse Adidas va devenir la marraine de l'association. Et en fait, les choses, après, vont se faire naturellement. Grasse est une équipe de France. Grasse est sponsorisée par Adidas. Donc, en vrai, franchement, les choses, elles vont se faire naturellement. Et jusqu'aujourd'hui, Adidas est un partenaire de l'association. Aujourd'hui, ils équipent tous les jeunes de l'association. Donc, ils ont une dotation entièrement fournie par Adidas. Pareil, tu vois, quand on a des actions, quand on va au Paris Basket. C'est eux qui nous invitent directement. Ça veut dire que l'association ne paye pas les places. Ils nous invitent dans leurs locaux, pareil, pour faire des visites de locaux, pour parler de leur métier. Et en fait, les jeunes, ce n'est pas que le fait d'être chez Adidas. C'est déjà, je les emmène dans des côtés de Paris qu'ils ne connaissent certainement pas. Il y en a qui n'ont jamais été jusque-là sur Paris. Ils rencontrent des gens et ils rencontrent des métiers qu'ils ne connaissent pas. Ça revient à mon historique. Pendant très longtemps, il y a des métiers que je ne connaissais pas. à part être maîtresse ou cuisinière, je ne voulais rien parce que c'est tout ce que j'avais vu. Et nous, le but, c'est ça, c'est d'ouvrir le champ des possibles pour qu'ils se disent, il y a ça, ça, ça, ça, ça, maintenant, qu'est-ce que moi, j'aimerais faire ? Et de briser les plafonds de verre et se dire, en fait, dans les quartiers populaires, on n'est pas condamné à être chauffeur Uber, animateur ou surveillant sans aucun dénigrement pour ces métiers-là. Mais c'est vraiment de se dire que, en fait, pourquoi non, on se contenterait des petits métiers et les gens pourraient prendre la place sur les grands métiers, entre guillemets.
- Speaker #0
Bravo déjà Je te l'ai déjà dit Mais franchement félicitations Parce que ça fait sens avec ton parcours Oui tout a un sens
- Speaker #1
Je vais parler du deuxième programme De l'association Là il y a un programme d'insertion socio-professionnelle Par le sport Et en fait quand je suis arrivée en école de sport Je me suis dit Pourquoi nous on n'a pas ces filières là Moi le sport je sais Je connais mes frères, ils parlent de sport toute la journée. Et en fait, ils sont là à commenter les matchs. Ils regardent le match. Ils regardent l'avant-match, ils regardent l'après-match et après, ils s'appellent et ils parlent du match. Mais ça, c'est un métier. Il y a des gens qui sont payés pour faire des trucs comme ça. Et je me dis, en vrai, si le sport était plus ancré dans les quartiers, parce qu'il n'y a pas que le fait que d'être footballeur, tout le monde veut être. Ils veulent tous être footballeur pro, ou basketeur pro, rugby-bat pro. Mais en fait, il y a plein d'univers. autour du sport et ces univers-là, moi, quand je regarde la télé, je ne les vois pas, les gens des quartiers populaires, dans ces métiers-là. Il y en a, il y en a aujourd'hui, de plus en plus,
- Speaker #0
c'est tant mieux.
- Speaker #1
On ne les voit pas, ça veut dire dans les journalistes. Aujourd'hui, il y en a, encore une fois, mais à l'époque, ce n'était pas forcément évité, il n'y avait pas autant de journalistes qui venaient des quartiers populaires. Et encore aujourd'hui, même quand il y a des journalistes qui sont issus de la diversité, généralement, ils ont été sportifs pros. Mais tu as quelques exceptions qui arrivent à être là, et je me dis, autour du sport, les agents de joueurs, ils ne sont pas forcément des quartiers. tous dans tous les métiers, tous les univers, ceux qui travaillent dans le marketing, dans la com, ils ne sont pas forcément des quartiers. Pourquoi, en fait, que nous, on ne pourrait pas s'imprégner de ces métiers-là et les faire vivre parce qu'on aime tellement le sport ? Donc, j'ai ouvert une forme d'assaut de management de structures sportives en partenariat avec l'île d'école au début. Et en fait, aujourd'hui, cette forme d'assaut a grandi parce que là, on ouvre une école de l'impact du sport. Dans l'association, on a une nouvelle marque. on ouvre l'école de la PAC du sport et le but c'est que dans cette école, l'année prochaine on va proposer 5 formations du métier du sport donc il y a 3 BPJ BPJ ça pourrait être animateur sportif ou éducateur sportif soit de la forme, soit multi-activité pour tous et à côté de ça on a le responsable de petites et moyennes structures sportives et chargé de développement de structures sportives et donc on ouvre ces 5 formations-là à la rentrée on a essayé de cibler des problématiques, tu vois par exemple pour la responsable de petites et moyennes structures sportives maintenant elle va être destinée aux filles Merci. Parce qu'il y a une problématique de société qui fait que les filles, elles ne prennent pas de poste à responsabilité dans le sport, donc on va faire une formation qui est destinée pour les filles. Et la chargée de développement, on l'ouvre à tout le monde, parce que dans les clubs abatteurs, finalement, ils ont besoin de personnes pour développer les clubs. Il y a une grosse problématique, c'est que les clubs, ils ne trouvent pas de modèle économique, il n'y a pas de ressources humaines compétentes aussi, les bénévoles, c'est très bien ce qu'ils font, mais en fait, ce n'est pas leur métier.
- Speaker #0
Oui, des fois, tu as des gens qui se retrouvent à des postes un peu à responsabilité et qui ont... pas l'expérience, c'est pas leur truc en fait.
- Speaker #1
Moi je pense que c'est une grande problématique du sport féminin c'est qu'à un moment donné il y a trop de dirigeants qui ont vu de la lumière dans des clubs et qui sont venus ici sans compétence, sans réseau et qui font qu'aujourd'hui, je dis pas que je jette la pierre sur personne attention, mais je dis que ça fait partie de la problématique t'as des hommes généralement qui viennent remplis d'égo et qui viennent dans le sport féminin pas pour les bonnes raisons, et qui font qu'aujourd'hui, on vend des projets et des projets à des joueuses. Et finalement, en fait, celle qui empathise de tout ça, c'est les filles. La seule répercussion, elle va sur les filles. Parce que le dirigeant, quand son club, il va tomber en N1 alors qu'il est en D1, c'est bien de lui, sa vie, elle continue. Sa rentrée d'argent, elle continue. Mais les filles, j'imagine, moi, je trouve ça d'une violence quand tu vois tous ces clubs tomber de jour en jour. Je me dis, mais...
- Speaker #0
Chaque saison, il y a toujours... Chaque saison,
- Speaker #1
il y a des clubs qui coulent. Merci. Des fois, ça peut arriver, c'est des choses qui arrivent. Je comprends, il y a les effets du Covid, il y a des effets de tout ça, mais à un moment donné, je pense qu'il y a une responsabilité personnelle et il faut l'apprendre. Et c'est pour ça que moi, je pense que c'est important aussi qu'il y a plus de femmes qui s'engagent aussi dans le sport féminin, parce qu'à un moment donné, il va falloir des femmes pour faire grandir le sport féminin. Donc voilà un peu l'école de l'impact du sport qui va ouvrir ses portes l'année prochaine. On a déjà commencé les formations, on a fait deux années d'essais, où il y a déjà 22 jeunes quand même qui ont intégré les formations. Donc c'est le deuxième programme d'association et c'est là pour le coup de l'insertion socio-professionnelle.
- Speaker #0
Ok, bravo, j'étais pas au courant. Félicitations. Non mais du coup, ma question suivante, ça a vraiment grandi en fait Enjoy, ça a combien d'années maintenant ? 6 ans ?
- Speaker #1
On est sur la 6ème année, ça veut dire que le 16 novembre. prochain, on célébrera les six ans de l'association.
- Speaker #0
Avec l'ouverture de la formation.
- Speaker #1
Avec l'ouverture de la formation. Entre-temps, il y a eu les BD. C'est vrai que l'association, elle a bien grandi. Moi, j'ai beaucoup de mal à m'en rendre compte. Je suis toujours dans l'actif. En fait, l'ambition de départ est... tellement grande. C'est-à-dire que moi, j'ai des rêves pour Hot Jokes. Je raconte aux gens, ils vont me dire que t'es complètement folle.
- Speaker #0
T'as pas besoin de raconter, on s'en fout.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, moi, vu que je sais où je vais arriver, je sais que c'est encore tellement loin. En fait, j'ai du mal à me satisfaire de ce qu'il fait. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, l'association, elle a bien grandi. Et elle a grandi aussi parce qu'il y a Nino qui est arrivé, qui un jour nous a envoyé un DM sur Instagram. Il était passionné de handball. Et en fait, il nous a dit je suis passionné de handball, je sais plus ce qu'il m'a raconté. J'ai fait Sciences Po. Et j'aimerais bien donner un coup de main à votre association bénévolement. Moi, j'ai entendu Handball et Sciences Po.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai dit oui. Oui. Parce qu'en vrai, pour moi, c'est inestimable que quelqu'un qui a fait Sciences Po s'intéresse à l'association et veuille aider. Et moi, maintenant, je sais ce que c'est Sciences Po. oui oui bien sûr c'est ça c'est pas juste un terme on sait ce qu'il y a derrière donc je me dis ce gars là il doit forcément être compétent même si ça se peut je pense pas que tous les gens qui viennent de Sciences Po sont compétents parce que sinon ils sont peut-être compétents dans un domaine précis et peut-être pas celui qui est adapté oui après Ils ont aussi, certains, plus de facilité d'accès à ces écoles-là. Donc, s'ils étaient tous compétents, ça serait, je pense, aussi une politique qui verrait mieux, je pense.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Mais, en tout cas, je me dis, il fait la démarche de venir vers nous. Moi, je me dis, c'est lui, quoi qu'il arrive, tu vois. Donc, j'échange avec Nino au téléphone, premièrement. Et, en fait, j'ai ces deux projets-là, du campus aujourd'hui et de l'école de l'impact du sport. Et je me dis, moi, je vais travailler le campus et toi, je te confie la mission. de travailler sur ce projet de l'école d'impact du sport. À l'époque, ça ne s'appelle pas du tout comme ça, ça n'a pas vraiment de nom. Et Nino, il rejoint l'association en tant que bénévole. Il finit par faire un service civique parce que lui, il organise les Jeux d'Inter-Sciences Po l'année d'après. Donc il me dit, moi, je ne suis pas là, je suis à Aix. Mais à mi-temps, je veux bien travailler pour l'association. Il est en service civique. Ensuite, on va le prendre en alternance dans l'association. Aujourd'hui, c'est lui qui développe toute la partie administrative, tout le développement de l'école. C'est Nino. En vrai, sans Nino, jamais il n'y a cette école qui existe. Même sans Nino, aujourd'hui, l'association n'est pas là parce qu'il fait beaucoup plus que ce qu'il devrait faire. Il n'est pas payé des masses. parce que pour l'instant c'est pas possible mais ce mec là il pourrait faire le choix d'aller prendre 3000 balles dans une boîte partout où il veut il a des compétences, il est incroyable et il fait le choix d'avancer avec nous dans cette association et ça pour moi c'est inestimable parce que vraiment sans lui, jamais aujourd'hui l'association elle est ce qu'elle est et en fait aujourd'hui c'est vrai que je ne suis plus toute seule il y a aussi plein d'humains dans l'association il y a mon bureau qui est toujours là et qui est fidèle depuis le début ce que je veux dire,
- Speaker #0
et puis en fait est passé directement Directrice d'association plus présidente. Les termes aussi sont importants.
- Speaker #1
C'est important parce qu'en tant que présidente, je suis bénévole de l'association. En passant de directrice générale de l'association, je deviens la salariée de l'association. Ça veut dire que... Ces six ans, j'ai réussi à me créer un poste dans l'association. Donc beaucoup d'années de sacrifice où en vrai j'ai donné beaucoup de mon temps, beaucoup de mon énergie pour pas grand chose. Aujourd'hui c'est quand même quelque chose qui... Ça paye un petit peu. Exactement, parce que j'arrive à me salarier, ça veut dire que je vis complètement de l'association aujourd'hui. Je vis de mon métier et d'un métier que j'ai créé moi-même. Et en fait, là où je suis encore plus fière, c'est que je t'ai dit quand je suis arrivée en école de commerce. J'aimais tout faire. Et en fait, aujourd'hui, je sais pourquoi j'ai cette âme de dirigeante aussi. Parce que quand tu es dirigeante, tu touches à tout. Ça veut dire que les finances, tu touches un peu. La gestion de projet, tu es un peu dedans. Tu supervises un peu tout. Tu n'es pas appliqué complètement.
- Speaker #0
Oui, mais tu sais ce qui se passe et tu as un peu la maîtrise. Exactement. Et du coup,
- Speaker #1
je me retrouve un peu dans mes années d'école de commerce où je faisais un peu tout. Et du coup, je suis super contente. Et ça me donne une réponse à ce prof qui me dit à un moment donné, il faut choisir. Et je pense qu'à un moment donné, il faut surtout se choisir et s'écouter. Et puis... faire ce que tu as envie de faire et ce que tu aimes faire. Wow,
- Speaker #0
quel message ! Non, oui, c'est totalement vrai. En fait, dans mon expérience personnelle, et je pense que ça doit être la même chose pour toi, c'est qu'il y a des moments où il y avait des doutes, mais on se rend compte que c'est ça la vie. Tu te retrouves dans quelque chose qui s'est dessiné, mais par rapport à ce que tu as vécu avant.
- Speaker #1
Exactement, et les échecs, ça fait partie du parcours, finalement. Ça aussi, en vrai, le sport, Ce que j'ai appris dans le sport, c'est à tomber. Et du coup, ce qui me fait prendre énormément de recul aujourd'hui dans ma fonction de dirigeante de l'association, c'est que quand il y a un échec ou quand il y a un truc qui se passe mal, ça ne me fait pas peur. Je me dis que c'est une phase et c'est comme ça. Et à un moment donné, tu as des grandes ambitions. Tout ne peut pas se passer comme ça. Ça, je l'ai appris dans mon parcours. Dans mon parcours, il n'y a rien qui a été facile. Il n'y a rien qui m'a été donné. C'était plutôt difficile. Ça a surtout été difficile. Mais j'ai fini par arriver quelque part. Peut-être pas là où je voulais dès le départ. Mais avec tout ce que... que j'ai vécu, c'était impossible que j'arrive déjà là où je suis arrivée. Et avec l'association, c'est pareil. Dès que je tombe, enfin, dès qu'il y a un truc qui se passe mal ou un truc qui est pas comme on le souhaiterait, ben en fait, pour moi, c'est pas une fin en soi. Et c'est ce qu'on apprend aussi aux jeunes, surtout dans l'association, tu vois. C'est que, OK, vous avez des rêves, vous avez peut-être des idées toutes faites, ça va pas se passer comme vous le voulez. Mais c'est pas pour autant que c'est une finalité. Comme je t'ai dit, le message que j'aurais aimé qu'on me dise quand j'étais jeune et que j'avais 16 ans et que j'étais quand même en nationale 1, finalement... au même niveau que toutes les filles qui étaient en centre de formation. J'aurais aimé qu'à ce moment-là, quelqu'un me tende la main et me dise, c'est pas fini. dans Enjoy il y a aussi tendre la main et nous le but c'est d'aller aussi vers toutes ces personnes qui n'ont pas la chance de rencontrer quelqu'un dans leur parcours et de leur dire ok tu vis ça aujourd'hui mais la souffrance n'est pas éternelle à un moment donné tout va se remettre dans l'ordre et si tu as des rêves en fait on ne va pas dire quand on veut on peut parce que c'est trop une phrase qui est trop facile, trop d'entendu et en fait ça ne veut rien dire d'un autre côté mais vraiment travaille continuer à croire en tes rêves, ça va être dur, mais tu vas y arriver. C'est pas impossible. Il n'y a rien d'impossible dans la vie, finalement.
- Speaker #0
Il n'y a rien d'impossible. Et puis, même pour revenir à ce que tu disais, de te réémerguer quelqu'un, en soi, le message que tu portes, l'association, ce que tu fais, et là, aujourd'hui, le podcast qu'on est en train d'enregistrer, c'est fait pour ça. C'est fait pour montrer qu'il n'y a pas de parcours parfait, déjà, de 1, qu'en fait, même si tu as eu des difficultés, etc., ça ne veut pas dire que tu ne vas pas arriver là où tu souhaites arriver. Mais dès que tu as une conviction, que tu as tes projets profonds, donne-toi les moyens, et après... Ça se passe, ça se passe, ça se passe pas, c'est qu'il y a autre chose en fait derrière. Et des fois meilleure,
- Speaker #1
et des fois beaucoup, enfin des fois bien meilleure. Je me rappelle d'une subvention de la ville, enfin la ville ne nous a jamais réellement soutenu et je me dis ça va être difficile parce qu'en vrai la ville ne nous soutient pas. on n'arrive pas à avancer. Et en fait, à ce moment-là, je fais un appel à projet à l'échelle du département. Et en fait, c'est un pack 2024. C'était la subvention de Paris 2024 et du département. Et en fait, si je n'avais pas eu cet échec de la ville, je ne me serais jamais projetée à l'hôtel du département. Et en fait, il y avait beaucoup plus qui m'attendait à l'échelle du département. Ça veut dire qu'ils m'ont filé une subvention de 19 000 €. la première année d'un pack 2024. Et ça, c'était inestimable aussi. À l'époque de l'association, on fait un pack 2024, on fait le projet trois semaines avant. On se dit, mais ils ne vont jamais nous sélectionner. Et en fait, un jour, je regarde mes spams. Un peu dans les spams. Vraiment, j'attendais même plus de réponses. Pourquoi les choses importantes, des fois, arrivent dans les spams ? Je ne sais pas. Et je dis, bonjour, on a bien réussi. Votre candidature. Et moi, au début, je lis le message, je me dis bonjour. C'est le message classique, malgré votre projet. Voilà,
- Speaker #0
merci pour votre engagement.
- Speaker #1
Et en fait, quand je dis, il n'y a pas écrit ça. Il a écrit, nous avons retenu Patrick et tout, et moi, je commence à avoir le cœur qui bat. Et je n'y crois pas, vraiment, je n'y crois pas. Ce n'est pas une blague. Et en fait, un jour, quand j'arrive à... Parce que je n'y crois pas, parce qu'en fait, j'ai un mail dans mes spams, je n'ai aucune nouvelle, aucun son, aucune image de cette subvention, tu vois. Et un jour, j'arrive en match, du coup, à Noisy-le-Grand, et en fait, il y a la... Il y a la conseillère départementale au sport qui arrive. Vous avez là-bas Saïda Zoum, d'ailleurs, qui nous a quittés en octobre dernier et qui a beaucoup soutenu l'association et qui a été une supporterie. C'est une vraie fervente d'Enjoy. Je pense vraiment qu'elle n'y est pas pour rien dans l'évolution d'Enjoy parce que je l'ai rencontrée plusieurs fois. J'ai parlé plusieurs fois de mes projets. En fait, elle nous a toujours, toujours soutenus. Et je suis sûre qu'en interne, c'est elle qui poussait mes candidatures. Et du coup, elle vient ce jour-là. jour-là et elle me dit, on vous soutient auteur de 19 000 euros, Joy et tout dans l'association. Moi, à l'époque, c'est la première fois que je la vois.
- Speaker #0
C'est-à-dire,
- Speaker #1
je me dis, c'est qui cette dame ? Donc,
- Speaker #0
elle te connaît ? Moi, je ne comprends pas qu'elle me connaisse déjà.
- Speaker #1
Parce que, ok, on est en balèze, bon, Joanoisie Le Grand, tranquille, tu vois.
- Speaker #0
Mais à l'échelle départementale, c'est quand même... Exactement, sauf que moi,
- Speaker #1
tu vois, à l'époque, j'ai beaucoup moins le côté politique, je ne comprends pas trop. Tu vois, donc elle me dit, nous, on te connaît et tout, on te soutient, on te joye et tout. C'est pas formidable ce que vous faites à l'époque, on n'avait pas encore fait grand-chose. Et du coup, ça, c'est l'accélérateur. accélérateurs de l'association où j'estime que ça et Adidas, l'arrivée d'Adidas, c'est deux accélérateurs qui vont venir crédibiliser une association qui est née depuis deux ans, qui n'a pas fait grand-chose parce qu'il y avait le Covid. Et en fait, d'être associée indirectement à Paris 2024 au département de la Saint-Saint-Denis, à Adidas, ça a mis la marque dans une crédibilité que je n'aurais pas pu espérer. Ça veut dire que même si financièrement, on n'avait pas des milliers de décembre, parce que les gens, ils pensaient une fois qu'il y avait Adidas, qu'on était rincés. On n'avait pas des milliers de décembre, mais ça nous permettait de faire beaucoup de choses. Et après, les partenaires sont arrivés petit à petit comme ça, parce qu'en vrai, les grands partenaires attirent les autres grands partenaires, c'est une réalité, c'est un cercle vertueux pour le coup, et en fait, ça c'était inestimable pour nous, donc en vrai, c'est vraiment cette notion de quand t'as une porte qui se ferme, derrière t'as une autre fenêtre qui s'ouvre, et en fait, il suffit d'aller aussi ouvrir cette fenêtre-là, tu vois, et pas de se dire la porte elle est fermée, donc je reste derrière et c'est fini, tu vois, parce que du coup, je pense qu'on se met trop de plafond de verre, et en fait, dans la vie de tous les jours, on devrait s'appliquer cette... cette démarche-là, parce qu'en fait, c'est comme ça, la vie, elle est remplie d'échecs, ça peut pas être toujours beau, ça peut pas être toujours rose, mais faut persévérer, faut forcer.
- Speaker #0
Et puis, faut apprendre aussi de ses erreurs, faut s'apprendre, apprendre à se connaître.
- Speaker #1
ça fait grandir apprendre à se connaître ça a été une démarche aussi pour moi ça a été quelque chose de nouveau je ne parle pas de moi je ne parle pas de ce qui me touche rien du tout je peux sortir de chez moi en pleurs j'arrive au gymnase je m'en rappelle à l'époque où j'étais au lake ça n'allait vraiment plus et je ne prenais plus de plaisir je suis sortie de chez moi en pleurs je suis arrivée au gymnase en souriant je ne pleure pas devant des gens même devant mes propres parents Pas d'émotion. Un peu moins maintenant. Mais du coup, j'ai appris. Mais ma carrière m'a poussée à ça, la commotion, tous ces trucs-là. Et c'est pour ça que je pense que, aussi, dans la vie, il n'y a rien qui arrive par hasard. Et en fait, me développer personnellement, c'était aussi très important pour le développement de l'association. Je me suis dit, à un moment donné, si tu veux faire grandir ce projet... Il va falloir d'abord que tu t'occupes de toi, tu ne peux pas enfuir tous tes sentiments. J'ai commencé à me raconter, j'ai commencé à me raconter. Tu es obligé de donner un morceau de toi aussi si tu veux que les gens t'écoutent, si tu veux que ton message... Tu t'adhères aussi. Exactement, tu es obligé. Donc aujourd'hui, si je suis là, c'est aussi pour ça. C'est parce que je pense qu'il y a eu une grande évolution. J'aurais été incapable de faire ça il y a cinq ans au début de l'association, de parler de moi, de raconter mon histoire. Et j'ai grandi aussi humainement, j'ai grandi personnellement. et c'est des choses qui sont très très importantes aussi. quand tu as des grands projets, quand tu as des rêves et quand tu veux faire de belles choses.
- Speaker #0
C'était beau.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'était beau. Non,
- Speaker #0
mais c'est ultra touchant. Déjà, je suis honorée de pouvoir avoir accès à cette partie de ta vie.
- Speaker #1
En exclusivité.
- Speaker #0
Je suis contente que tu arrives facilement à exprimer ces différentes périodes de ta vie et tout le process d'enjoy parce que moi, j'étais ma reine d'une des filles. Donc déjà, c'était une marque de confiance. Et puis depuis, je te soutiens parce qu'on a joué ensemble. Tu m'as parlé de ça et je trouve ça ultra, ultra fort et ultra pertinent aussi. Et surtout, en fait, tu portes bien ce message-là. Et j'ai vu que ça a aidé des filles. On voit leur évolution. Tu te dis, c'est vraiment un truc bien, c'est un truc beau. Et cette action sociale, OK, ça en vaut la peine. bref je suis tout ça et moi ça m'a ça me fait plaisir que tu viennes et que tu parles de ça, que tu parles de ton parcours et tout. Comme je l'ai dit, ce podcast, il est vraiment fait pour ça, pour se dire, il n'y a rien de figé. Toi, ça a été de cette manière que tu as réussi à créer ton association. Maintenant, j'espère que ça va aider des gens à créer des associations, des entreprises, etc. Ou même des jeunes, vraiment, à juste s'ouvrir aux autres, partager de connaissances et tout. Donc, oui, moi, je suis contente.
- Speaker #1
Et aussi, il n'y a pas de parcours exemplaire. ça veut dire que moi mon parcours c'est unique, ça m'appartient j'ai vécu des choses dans la vie qui ont fait qu'à un moment donné je me suis construite comme ça et que j'ai une manière de penser comme ça et en fait moi j'écoute beaucoup de podcasts, je lis des livres sur des grands entrepreneurs qui ont réussi etc mais ça reste de l'inspiration ça veut dire que je prends pas tout ce qu'ils disent pour une réalité je prends ce qu'ils disent parce qu'ils ont un parcours très intéressant et en fait ils me font gagner du temps sur plein de choses ça veut dire que là où eux ils se sont dit moi je me suis cassé la gueule parce que j'avais pas ça, ça c'est ce que je suis en train de raconter aujourd'hui c'est pour ça que je me raconte, c'est pour des personnes qui voudraient se lancer et qui par exemple se diraient j'aimerais faire ça comme ça comme ça, en vrai j'espère qu'ils vont trouver aussi des petites astuces à travers ce podcast et se construire mais c'est pas une vérité absolue, ça veut dire que moi ça s'est passé comme ça mais vous avec vos histoires personnelles avec aussi toutes les embûches que vous allez rencontrer dans votre chemin il va falloir que vous arrivez à vous construire personnellement aussi que vous apprenez des choses. des autres que vous écoutez, mais écouter, je pense, c'est la clé de tout. Il faut écouter ce qui se passe, il faut regarder, il faut être curieux sur tout ce qui se passe, il faut s'intéresser. Et en fait, c'est comme ça que tu te construis aussi. Il n'y a pas de vérité absolue, il n'y a pas de chemin parfait, unique, mais ça reste de l'inspiration pour grandir et je pense que c'est très, très, très, très important. Et moi, je me construis un peu comme ça.
- Speaker #0
Tous les jours encore ?
- Speaker #1
Tous les jours, je lis, je regarde Kelly Masson, je regarde beaucoup, j'ai lu sa biographie. Elle est ultra inspirante. elle a une histoire particulière et très difficile aussi et tu vois j'ai pas la même histoire mais j'arrive à calquer des morceaux de ma vie sur une histoire personnelle en fait me dire moi j'y réagis comme ça et en fait cette femme aujourd'hui elle a fait quelque chose qui est énorme et en fait pareil elle a pas eu les conditions pour en arriver là et aujourd'hui elle en est là et elle le doit à elle même après je pense que dans la vie des fois on rencontre les bonnes personnes on a un facteur chance aussi il y a plein de choses mais Euh... son succès à elle toute seule et c'est incroyable ce qu'elle a fait parce qu'une femme noire pour moi c'est une inspiration encore une fois des modèles d'inspiration que je n'avais pas quand j'étais petite aujourd'hui de la regarder, moi je suis trop contente et tu te dis, moi aussi en tant que femme noire ça veut dire que je peux réussir aujourd'hui je l'ai compris, je l'ai intégré mais je pense à toutes les petites qui pourraient tomber sur cette femme là et qui pourraient se dire si elle, elle le fait, ça veut dire que moi aussi je peux le faire et le modèle d'identification il est important et c'est pour ça qu'on met des marais reine dans l'association. Avec le temps, ça s'est un peu estompé, mais on aimerait bien le remettre à jour. C'est pour que les filles puissent avoir des exemples et des modèles d'identification. Et pas forcément par la couleur de peau, pas forcément par le truc. Par le parcours,
- Speaker #0
l'histoire.
- Speaker #1
Exactement, de quelqu'un qui est adulte, qui n'est ni ton prof, ni tes parents et qui peuvent te raconter aussi comment ça se passe la vie. Qui peuvent t'aider sur n'importe quoi, les études, sur ta partie sportive, etc. Et ça, je trouve que c'est... C'est important à un moment donné de mettre des personnes dans la vie des gens pour aussi... qui puisse avoir la chance d'avoir, moi je l'estime, avoir rencontré des gens aussi dans ma vie qui m'ont construit. C'est la vérité, j'ai fait des rencontres, c'est toutes des femmes pour le coup. C'est toutes des femmes, je ne sais pas si c'est un hasard, mais ça a été ma prof de sport au collège, Madame Bouches, Jélifère Bouches, qui m'a transmis sa passion du hand. Ensuite, j'ai rencontré Mesuela Servier au hand, qui m'a beaucoup accompagnée dans cet esprit de développement personnel, où la première fois que je suis rentrée dans le bureau avec elle, Je suis restée comme ça, je ne disais rien. Et en fait, petit à petit, j'ai réussi à parler de moi. Ça a été tout un chemin. Et en fait, aujourd'hui, si j'arrive à m'exprimer, je lui dois un peu aussi de ça. J'ai rencontré Séverine, une grande femme qui a été sportive et qui est entrepreneur aujourd'hui et qui aide des femmes sportives ou ex-sportives de haut niveau à se lancer dans le business. Donc, tu vois, il y a plein de femmes aujourd'hui, moi, qui m'ont aidée à me construire. Donc, j'essaie de mettre ça aussi. dans mon programme pour les jeunes.
- Speaker #0
Écoute, c'est sur ces mots qu'on va se quitter Amina.
- Speaker #1
C'était cool finalement.
- Speaker #0
Mais oui, franchement, j'ai trop aimé ce moment. Oui, c'était sympa. Franchement,
- Speaker #1
bel exercice. C'était une première pour moi, le podcast, filmé en plus. podcast tout ça, ça me fait pas peur podcast qui me veut au début j'ai même pas hésité quand tu m'as demandé encore heureux ?
- Speaker #0
j'ai pas hésité aujourd'hui je me sens prête à faire ces exercices t'as vachement progressé là-dessus j'ai appris j'ai appris à donner de moi il faut vendre la joy il faut promouvoir tu sais que tout ce que je fais par contre je le fais pour enjoy je me dis toujours c'est pour
- Speaker #1
enjoy ça me motive à le faire Merci. Je me dis que c'est des petits challenges, mais c'est bien. C'était très sympa. En tout cas, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi. À très vite.
- Speaker #1
À très vite pour la diffusion de ce magnifique podcast. J'ai un mot de la fin.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
J'ai un mot de la fin. J'ai oublié de remercier quelqu'un aussi. J'ai dit que j'ai rencontré plein de femmes. J'ai rencontré Béatrice Barbus aussi, qui est la vice-présidente de la Fédé de Hande et qui m'a ouvert plein de petites portes et qui a poussé mes projets à droite, à gauche. Zeynaba Zeynabaz, que j'ai déjà citée dans le podcast. et c'est toutes ces femmes qui m'ont aidé à me construire et je leur dois quand même un grand remerciement je peux pas citer tout le monde mais j'ai cité en tout cas ces
- Speaker #0
4-5 femmes là je pense qu'ils m'ont construite avec elles bah merci mesdames merci mesdames et merci pour ce moment d'échange merci à toi Estelle et puis si vous avez aimé le podcast n'hésitez pas à vous abonner, à commenter à liker bien sûr le classique et on se retrouve très vite bye