Speaker #1Cette passion pour l'océan, elle est toujours là, depuis toujours en fait. Vous savez, c'est souvent le cas des passions, quelles qu'elles soient, parce que ça démarre très jeune, on va sur les rochers en Bretagne, et on découvre et on découvre, et puis on a envie d'en faire son métier parce que c'est trop passionnant, parce qu'il y a trop de choses à découvrir, trop de choses à dire, et c'est comme ça, tout simplement, en fait, que les choses se sont faites. Et cette passion, elle a... Elle a toujours perduré, orientée d'une façon ou d'une autre, elle a toujours perduré. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est vraiment la diffusion des connaissances qui m'intéresse vraiment, parce qu'il y a tellement de choses à expliquer à tout le monde sur cet océan qui est immense, qui couvre, on le dit souvent, 70% de la planète, avec une profondeur d'eau moyenne de presque 4000 mètres avec un fond à 11 km. Et dans cet énorme volume, il y a de la vie absolument partout. Et elle est très différente, qu'on soit en surface, évidemment, en pleine eau ou à 11 000 mètres. Et la recherche scientifique avance très, très vite dans le monde entier. Et ce qui me paraît vraiment important, c'est d'être un... autant que faire se peut, une courroie de transmission entre toute cette science nouvelle qui avance, surtout dans les grands fonds, qui avance très vite grâce à une technologie de pointe, et donc faire le lien entre toute cette science qui est décrite par les scientifiques et puis le grand public. Et voilà, ça c'est vraiment ma mission actuelle. Il y a quelques chapitres qui sont particulièrement saisissants. Vous verrez dans le livre, c'est la description des mini-larves de poissons qui ont des looks absolument incroyables, des grandes barbiches, des couleurs, des photophores. C'est grâce à la plongée scientifique, au progrès de cette plongée scientifique, qu'on en connaît plus. parce que tout ce qui est matériel photographique s'améliore beaucoup. Il y a des gens qui prennent des risques aussi à plonger de nuit en dérive pour faire des photos vraiment de minuscules. Et en collaboration avec les scientifiques, ça donne des photos magnifiques, des nouvelles connaissances. Et alors, ce qui est très curieux, c'est que quelquefois, on ne sait pas à quoi correspondent, quelle espèce correspond ces photos. toutes petites larves et on a quelquefois des surprises parce que la physionomie de la larve et de l'adulte est complètement différente. La bioluminescence qui est un phénomène incroyable, qui est très répandue dans l'océan, qui est très peu développée en matière terrestre, par le ver luisant et quelques autres. En mer, et surtout dans la profondeur d'eau entre 200 et 1000 mètres, la bioluminescence est très commune. C'est en fait une façon pour les animaux de communiquer ou de faire peur à un prédateur ou d'attirer une proie ou un partenaire. Là, vous avez un exemple de bioluminescence. La bioluminescence, c'est une réaction chimique, biochimique, qui a lieu à l'intérieur de l'organisme et qui permet d'émettre une lumière froide. Et la bioluminescence, elle est souvent de couleur bleu-vert. Et vous avez ici une méduse atolla à des grandes profondeurs. Quand elle est éclairée par les projecteurs d'un submersible, elle apparaît rougeâtre. Mais si elle commence à être inquiétée par un prédateur, elle va émettre de la bioluminescence bleue qui va tournoyer, à toute allure, tout autour de l'ombrelle, ce qui va évidemment effrayer un prédateur, voire même éclairer un prédateur qui va lui-même être éclairé et qui va apparaître visible à un plus gros. Voilà, poisson d'exception, on a le régalec, c'est le plus grand des poissons avec ses 10-11 mètres. Il était très peu connu jusqu'à présent, mais on a des robots qui ont pu le filmer. Il se tient à la verticale et il cherche les essaims de crines, ces toutes petites crevettes. Et là, quand il en trouve, il s'en gave. Ça, c'est les poissons ballons qu'on trouve dans les récifs coralliens. Le poisson est décrit dans Les rusés des récifs, paru chez Quae il y a 2-3 ans. Donc ce poisson, quand il n'est pas inquiété, vous voyez, il a une forme un peu particulière avec des épines, mais rien d'extraordinaire. Et s'il est inquiété, son estomac va se gonfler d'eau considérablement et il va prendre la forme d'une sphère hérissée. Alors ça, ça veut dire des adaptations incroyables parce que ça veut dire une peau qui est remplie de fibres de collagène qui est capable de... d'être élastique, c'est bien une colonne vertébrale qui est capable de se gonfler, enfin voilà, les choses qui sont... Les abysses, déjà, il n'y a pas de définition scientifique, vraiment, au terme abysses, c'est ce qui est profond, et le terme d'abysses a été, au fil du temps, enfin, on est descendu en profondeur pour déterminer le mot d'abysses, pour une fois qu'il n'y a pas de définition. mais tout ce qui est abyssal et noir par rapport à l'étymologie est noir, est inquiétant mais on arrive à y descendre maintenant, alors voyez la plus grande profondeur de l'océan c'est 11 km 11 km sur Terre c'est un coup de vélo, c'est vraiment pas grand chose mais pour s'y descendre à moins de 11 km au fond de l'océan c'est très dangereux quand c'est des humains c'est très cher et ça demande une technologie. de pointe, un petit peu semblable à tout ce qui est technologie spatiale. Et donc, maintenant, avec les robots, certains submersibles, on arrive à descendre. Par exemple, ces poissons incroyables, qu'on appelle des poissons pêcheurs, qui sont en fait de la famille de la lote, et qui ont, on va dire, des énormes gueules. Quand on descend en grande profondeur, on a des corps en muscles flasques, des corps comprimés, mais par contre, des gueules Merci. et des dents absolument incroyables qui encagent les proies. Et sur le dessus du museau, un leurre lumineux, rempli de bactéries luminescentes, et qui va attirer les proies. Et ce qui est incroyable chez ces poissons-là, c'est que ce grand poisson que vous voyez, c'est une femelle, 30 cm. C'est des petits monstres. Et le poisson que vous voyez en bas, c'est le mâle, qui est énorme. Il a qui fait 8-3 cm. Dans l'immensité des abysses noirs et glacés, c'est très difficile de trouver, j'imagine, un partenaire. Donc le petit mâle va être attiré par les phéromones de la femelle et la petite lumière sur le dessus de la tête. Et quand il la trouve, il s'y agrippe, il devient parasite. Et donc il y a une mise en circulation de la circulation sanguine et il va y avoir fécondation. et donc c'est... apparemment une adaptation à la reproduction dans les grands fonds, ce qui est absolument incroyable. Les sources hydrothermales, ça a été la grande révolution en biologie et en océanographie de la fin des années 70, quand on a découvert que, contrairement à ce que tous les livres de biologie disent, eh bien, il y a... pas de vie sans lumière. Or, on a découvert au fond de l'océan, par 2 000, 3 000, 4 000 mètres, des volcans et de la vie très intense, très particulière, très, très bizarre, qui vivait tout autour. Et on s'est aperçu que ces animaux ne vivent en rien, ne dépendent en rien de l'énergie solaire, mais dépendent des sulfures qui sont crachées, on va dire, par les cheminées hydrothermales et volcans. Donc ça a été la grande révolution quand on a trouvé ces riftias, ces grands vers, il faut se mettre bon, on n'a pas trouvé de bouche, pas de tube digestif, et on a trouvé que le ver contient à l'intérieur de son corps des bactéries symbiotiques par millions qui permettent de récupérer les sulfures et de nourrir le ver. Ça a été la grande révolution à la fin des années 70. C'est des poissons, en particulier des petits poissons, les Pagothénias, qui ont, on s'est aperçu qu'ils arrivaient à vivre parmi les cristaux de glace et même ils en ingèrent quelquefois avec leur nourriture. On s'est aperçu qu'en fait, le poisson produit des glycoprotéines, à savoir de l'antigèle, qui leur permet de ne pas associer les moindres cristaux de glace et de vivre à des températures où la glace se forme à moins 1,8 degrés.