- #Thierry Bonjour
Vos questions sont du savoir. Thierry Bonjour. QualiExcellence 360. Bienvenue dans ce nouveau podcast QualiExcellence 360, podcast qui explore comment piloter efficacement une organisation dans un monde complexe. Jehan Laliberté, expert en intelligence artificielle, fondateur de Systemz. avec un Z à la fin, et spécialiste de l'intégration concrète de l'intelligence artificielle dans les organisations. Est-ce que j'ai oublié quelque chose, Jehan ?
- #Jehan Laliberté
C'est tout bon.
- #Thierry Bonjour
Bienvenue dans ce podcast. Aujourd'hui, on ne va pas parler d'intelligence artificielle futuriste, on va parler d'intelligence artificielle utile. Et ma première question, c'est, au fond, si l'intelligence artificielle devait remplacer une seule de tes tâches quotidiennes, laquelle tu lui abandonnes sans hésiter ?
- #Jehan Laliberté
Alors, c'est une très bonne question, mais elle est assez simple à y répondre. C'est ma liste de courses que je fais un petit peu chaque semaine. Et c'est vrai que ça me prend passablement de temps. Alors, peut-être que c'est que mon problème et que ce n'est pas les problèmes des autres. Mais c'est vrai que chaque semaine, c'est quelque chose qui me prend tellement de temps et une charge cognitive invraisemblable que je la déléguerai sans problème.
- #Thierry Bonjour
Elle ne le fait pas encore.
- #Jehan Laliberté
Elle le fait déjà.
- #Thierry Bonjour
Donc, tu l'as déjà remplacé. Tu es diplômé d'un programme basé sur l'apprentissage par l'action. En quoi cette approche a façonné ta manière d'aborder l'intelligence artificielle aujourd'hui ?
- #Jehan Laliberté
Alors, cette formation qui m'a permis aujourd'hui de créer mon propre job. Mais avant d'en arriver là, je pense que c'est important de décrire aussi qu'est-ce que c'est cette formation pour les personnes qui ne connaîtraient pas encore ce programme qui s'appelle la Business Team Academy. C'est un programme qui vient tout droit de la Finlande. On connaît les pays nordiques pour leur avancée au niveau des modèles éducatifs. Ça fait bientôt dix ans que ça existe. J'ai fait partie de la deuxième volée et en gros c'est un programme qui s'inscrit dans le bachelor économie d'entreprise à la HES-SO à Sierre. Sauf qu'au lieu de faire trois ans d'études classiques, c'est-à-dire on a des profs, on a des cours, là il n'y a plus de cours, il n'y a plus de profs, il n'y a plus d'examens, il n'y a plus de notes. Donc sur le papier, ça donne envie. Je pense que tout le monde rêverait d'avoir ce type de formation, mais en fait le principe même c'est vraiment l'apprentissage par l'action comme tu l'as dit donc le premier jour on nous dit vous débrouillez on est en équipe de 15 jusqu'à 20 personnes et on doit travailler en équipe donc on doit créer des vrais projets, on doit du coup créer une vraie entreprise et donc de toute façon passer à l'action et puis développer des compétences donc on est vraiment basé là-dessus. Et puis j'ai fait ça trois ans, et toutes ces compétences que j'ai pu acquérir, ce qui est incroyable, c'est qu'elles font vraiment sens aujourd'hui dans mon travail. Et puis aujourd'hui, je travaille vraiment dans la technologie, mais c'est surtout les compétences interpersonnelles que j'ai pu aujourd'hui retenir et qui me sont très importantes dans mes accompagnements en entreprise. Donc on apprend par exemple des compétences comme la créativité, l'innovation. Apprendre à apprendre. Et aujourd'hui, encore plus dans l'intelligence artificielle, je pense que c'est des compétences hyper importantes à avoir. Et c'est justement grâce à cette formation aujourd'hui que j'ai pu, de fil en aiguille, me créer mon propre job, qui est celui d'accompagner les organisations dans l'intelligence artificielle.
- #Thierry Bonjour
Et puis un jour, tu as dit, l'intelligence artificielle, au fond, le mieux, c'est d'apprendre par soi-même.
- #Jehan Laliberté
Exact. En fait, ce qui est intéressant avec cette technologie qui, pendant longtemps, était vraiment une technologie destinée aux scientifiques, parce que moi-même, je ne viens pas de ce monde académique, c'est-à-dire que je n'ai pas un doctorat en intelligence artificielle, même si aujourd'hui, on me met plein d'étiquettes comme expert IA. Aujourd'hui, cette technologie est tellement accessible qu'on peut aujourd'hui facilement apprendre à l'utiliser. Alors pas forcément apprendre à la concevoir techniquement aujourd'hui, elle est devenue tellement accessible que c'est très facile de commencer à faire ses premiers pas, et je pense que c'est vraiment le réflexe aujourd'hui pour tout le monde, de commencer un peu à mettre les mains dans le combouis, de commencer à jouer avec, parce que c'est tellement facile d'avoir déjà une opinion arrêtée sur le sujet, parce qu'il y a tellement de choses qui se disent tant en bien qu'en mal, que c'est facile justement d'avoir un jugement sur cette technologie. Et je pense que c'est important d'apprendre par soi-même pour comprendre les limites, les opportunités, les menaces aussi de cette technologie.
- #Thierry Bonjour
Y a-t-il une barrière générationnelle ? Parce que... À t'entendre, donc il faut vraiment avoir le courage, le culot et l'ambition d'apprendre par soi-même. Puis quelque part, certaines générations, on nous a appris à répéter ce que disait le prof. Et puis quelque part, on n'a pas toujours le courage d'essayer quelque chose, de se tromper. Est-ce que toi, tu rencontres ça aussi dans tes contacts, dans tes liens avec les entreprises ? C'est à priori.
- #Jehan Laliberté
Oui, c'est effectivement une bonne observation que je vois beaucoup dans les organisations, mais de manière plus large, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, cette intégration de l'IA, pour moi, elle est réussie du moment où on fait des expérimentations. Et justement, c'est l'attente aujourd'hui des organisations. Alors c'est tout à fait légitime d'intégrer l'IA pour que ça soit parfait du premier coup. Mais je pense que c'est une fausse promesse à donner aux organisations. Pour moi, c'est en itérant, en expérimentant et aussi en laissant le droit à l'erreur. Parce qu'aujourd'hui, on n'a pas toutes les clés, disons, pour une intégration parfaite de l'IA. Alors oui, il y a des méthodologies, il y a des choses à faire, à quoi il faut faire attention. Mais je pense qu'il faut avoir cette culture aussi d'entreprise. une culture de l'organisation pour cette intégration qui ne sera pas tout beau, tout rose. Et ça, c'est clair que nos études ne nous ont pas forcément appris à cette culture-là de l'innovation, de cette créativité et cette itération.
- #Thierry Bonjour
Accompagné par le droit à l'erreur et effectivement l'expérimentation.
- #Jehan Laliberté
C'est ça, exactement.
- #Thierry Bonjour
À quel moment tu as compris que l'intelligence artificielle n'était pas... pas qu'un sujet technologique, mais un sujet stratégique pour les organisations. Quel était le déclic ?
- #Jehan Laliberté
Alors, c'est du moment où, pour moi, une technologie en fait change dans notre façon de penser, dans notre façon de travailler, d'interagir, où là, je me dis qu'il se passe quelque chose. Et j'irais même encore plus loin, on parle beaucoup effectivement d'enjeux stratégiques, je parlerais aussi d'enjeux anthropologiques, justement. Alors on ne va pas faire un cours d'anthropologie là en ce moment, on est d'accord. Je pense que c'est ce que je disais en fait, l'intelligence artificielle c'est plus qu'une histoire de technologie, c'est une histoire d'humain. Si on écoute un petit peu les débats autour de nous, on met en question pas mal de choses. C'est des questions fondamentales en fait qu'on a peut-être peur d'y répondre, mais je pense qu'en tant que société... On doit y répondre parce qu'une technologie vient changer tellement de choses, surtout l'intelligence artificielle, déjà notre façon de penser, notre façon de travailler. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle, en fait, elle change la manière de voir le travail, le travail qu'on a beaucoup valorisé par l'exécution, par exemple. J'aime bien donner cet exemple-là parce qu'on voit que l'IA est capable, dans différentes tâches, de produire des résultats quasi indiscernables de ceux créés par les humains. Donc qu'est-ce que ça provoque en fait chez nous, où on a longtemps justement été valorisé pour cette exécution ? Aujourd'hui l'IA, elle va potentiellement générer en fait cette tâche, ou la produire en une fraction de seconde. Donc si on était valorisé pour notre exécution, et puis l'exécution dure que deux secondes, on sera valorisé pour quoi ? On sera valorisé peut-être pour... L'idée créative pour toute la réflexion en amont, et ça, ça change complètement notre façon de penser et notre façon de voir le travail. Et un autre point par rapport à ça, c'est que cette technologie-là, elle devient stratégique encore plus parce que la technologie, elle ne vient pas par le haut. Dans les organisations, elle vient par les individus. Et c'est pour moi une des premières technologies où tout le monde a accès. En fait, que l'entreprise ou pas... Le veuille qu'elles mettent des garde-fous, qu'elles mettent des interdictions, les gens, ils ont aujourd'hui tous des téléphones. Donc si on veut accéder à l'IA, tout le monde peut y avoir accès. C'est pour ça que j'aime bien dire que l'IA, elle vient par les individus. Donc c'est un enjeu stratégique pour les organisations de bien piloter tout ça.
- #Thierry Bonjour
On peut comprendre aussi la peur des gens qui exécutent ou des travailleurs qui exécutent. Parce qu'effectivement, si on n'a plus que la conception, ça veut dire que... Ça va donner une modification sociale totale.
- #Jehan Laliberté
Effectivement, mais ça va toujours en prenant en compte le contexte actuel de notre système. Un système qui se veut très aussi capitaliste dans la productivité. Donc forcément, si on inscrit cette logique dans ce système-là, ces jobs sont effectivement à risque. Mais si on réfléchit à peut-être d'autres systèmes... Là, on est sur d'autres réflexions aussi. Là, je parle vraiment du contexte actuel.
- #Thierry Bonjour
Oui, donc ça veut dire qu'il y a une approche sociétale à avoir.
- #Jehan Laliberté
Exact, c'est ça.
- #Thierry Bonjour
Quand tu interviens en entreprise, tous les jours, quelle est la confusion ou l'erreur la plus fréquente que tu rencontres concernant l'intelligence artificielle ?
- #Jehan Laliberté
Alors, bon, moi, ça ne me gêne pas parce que ça me fait du travail, tu vas me dire. Mais pour moi, une des erreurs fréquentes, c'est qu'on veut mettre de l'IA, parce qu'aujourd'hui, c'est effectivement le mot tendance. Mais quand je pose la question pourquoi vous voulez mettre de l'IA, on n'arrive pas à répondre. Et donc pour moi, c'est une grosse erreur, parce qu'on ne sait pas pourquoi on veut mettre et intégrer de l'intelligence artificielle.
- #Thierry Bonjour
Il n'existe pas d'objectif ?
- #Jehan Laliberté
Il n'y a pas d'objectif, en fait. Il n'y a pas d'objectif, c'est juste parce que tout le monde en parle. Donc il y a un effet... où je n'ai pas envie de rater le wagon, ce qui est tout à fait légitime, c'est un réflexe un peu inné. Mais si on n'est pas capable d'expliquer concrètement c'est quoi l'objectif, et donc d'expliquer aussi c'est quoi l'objectif auprès des collaborateurs et des collaboratrices, en fait l'adoption va mal se passer. Donc on part déjà d'un mauvais pied, disons. Et puis... surtout, c'est qu'on veut intégrer une technologie qu'on ne comprend pas. Donc tout le monde en parle, c'est la une de tous les journaux, mais quand on demande ou on pose une simple question, est-ce que tu arrives à expliquer en une seule phrase ce que veut dire le mot intelligence artificielle, en fait, même si tout le monde connaît ce mot, personne ne sait comment décrire ce mot. Donc c'est quand même paradoxal, c'est pour ça que j'aime bien parler du mot. Du paradoxe du mot IA, c'est que tout le monde le connaît, mais très peu de personnes savent le décrire. Donc on part encore une fois d'un mauvais pied quand on ne sait pas décrire une technologie qu'on souhaite intégrer.
- #Thierry Bonjour
C'est une de tes grandes forces, je me souviens quand tu l'avais une fois expliqué, il y a maintenant déjà 2-3 ans, et que tu avais expliqué très simplement ce que c'était. Avec un certain nombre de personnes, c'était très agréable parce que justement, on avait l'impression de comprendre enfin ce qu'était l'intelligence artificielle et surtout à quoi ça pouvait nous servir. Quand tu penses à l'objectif, je reviens sur le principe de l'objectif, Guillaume Roulet, que tu connais, directeur de la Paix du Soir, ne faisait pas un jour de dire mais au fond, nous, on va utiliser l'intelligence artificielle parce qu'on veut réduire certaines tâches si c'est possible. qui sont contraignantes ou qui sont quotidiennes, récurrentes. Et on pourra prendre ce temps pour s'occuper mieux des résidents, pour avoir un contact différent avec les résidents. C'est ça véritablement ce que tu attends de tes clients, de tes entreprises ? C'est qu'ils aillent vraiment une idée derrière ?
- #Jehan Laliberté
Oui, c'est ça. C'est qu'aujourd'hui, on n'est aussi pas capable d'expliquer, pour moi, tout part du processus. Donc si on n'est pas capable d'expliquer un processus à son collègue, c'est compliqué d'expliquer ce processus à une intelligence artificielle. Donc c'est pour ça que quand on veut intégrer l'IA, on part toujours du processus. Donc est-ce que tu arrives à simplement, comme si j'étais un enfant, explique-moi en fait ce que tu fais quotidiennement. Alors tout le monde aujourd'hui est capable de me dire qu'on est chargé, qu'on n'en peut plus à la fin de la journée. Mais quand on pose la question, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? On n'est pas capable, en fait, de numéroter point par point qu'est-ce qu'on a fait. Je trouve quand même assez curieux. Et pour moi, c'est qu'on n'a pas cette conscience du temps et de ce qu'on fait, en fait, au quotidien. Donc, pour moi, c'est vraiment le point de départ. C'est de voir qu'est-ce qui nous prend le plus de temps, les tâches répétitives, ça on connaît les tâches chronophages. Et à partir de là, de commencer une démarche réflexive sur qu'est-ce qu'on peut déléguer à l'IA, qu'est-ce qu'on ne peut pas déléguer à l'IA. Mais ça, ça part du principe qu'on a été formé justement sur l'intelligence artificielle, sur les avantages, les désavantages, pardon, et qu'on comprenne les opportunités derrière.
- #Thierry Bonjour
Donc ça veut dire que si l'entreprise, l'organisme, un système qualité par exemple, a une approche processus documentée, ton intervention, elle permet justement de faire le lien avec où est-ce que l'intelligence artificielle peut apporter une valeur au processus.
- #Jehan Laliberté
Exactement, et ça c'est encore mieux. Et je pense que pour toutes les organisations aujourd'hui qui nous écoutent et qui souhaitent intégrer l'IA, il y a cette démarche à faire en amont. parce que J'aime bien dire que l'IA, pour moi, c'est un amplificateur. Donc, si vous voulez mettre de l'IA par-dessus un processus qui est mal optimisé, en fait, vous allez juste avoir un processus encore plus bidon et puis complètement mal optimisé parce que l'IA va amplifier tout ça. Donc, pour moi, c'est hyper important, justement, d'avoir un process qui est bien pensé. Et des fois, ce que je... Je remarque aussi, ça c'est intéressant, c'est que quand on veut intégrer l'IA, on va remettre en question aussi des processus existants. C'est-à-dire que l'IA, c'est pour moi un peu un révélateur. Donc elle va juste révéler des process qui sont mal optimisés aujourd'hui dans les organisations. Ça fait dix ans qu'on a fait ça, comme ça, mais alors qu'on aurait pu juste changer certaines étapes du processus, pas mettre d'IA du tout. Et puis c'est très bien comme ça aussi. Donc juste mettre de l'IA, parce qu'il faut mettre de l'IA aujourd'hui, ce n'est pas la bonne stratégie pour moi.
- #Thierry Bonjour
Tu as un exemple concret d'un processus, sans bien sure cité l'organisme, d'un processus où au moyen de l'IA, l'entreprise a obtenu des indicateurs de performance avec des résultats différents. Tu as un exemple ?
- #Jehan Laliberté
Alors, il y en a effectivement beaucoup d'exemples, mais peut-être l'exemple assez parlant parce que c'est un cas d'usage disons qui est... connue de toutes les organisations, c'est qu'on fait beaucoup de séances. On fait trop de séances. Et aujourd'hui, forcément, quelqu'un, tout de suite, si on pose la question, où est-ce qu'on pourrait mettre de l'IA, c'est dans ces séances-là, c'est-à-dire dans la retranscription, dans la synthèse de séances. Et là, ce qui était intéressant dans la démarche, c'est qu'au lieu de tout de suite intégrer un outil, parce qu'aujourd'hui, la technologie est assez mature pour... techniquement faire les synthèses aujourd'hui. Donc effectivement, comme cas d'usage, c'est un, comme j'appelle ça, un quick win. Sauf que le problème avec ce mode de pensée, de pensée plutôt solution et pas problématique, c'est qu'on va intégrer cette solution. Donc les collaborateurs et les collaboratrices seront effectivement contents parce qu'ils n'auront plus besoin de se taper toute la retranscription. Sauf qu'est-ce qu'ils vont faire de ce temps gagné ? Ils vont faire plus de séances. Parce qu'en fait, ils ont plus de temps. Alors qu'on aurait dû peut-être en amont réfléchir à c'est quoi une séance en fait ? Et c'est quoi l'utilité de la séance pour l'organisation ? Parce que le mot séance, tout le monde connaît. Mais une séance pour cette entreprise et une séance pour cette administration, c'est deux mêmes mots, mais c'est en fait un process qui est complètement différent. Et donc c'est pour ça, je ne fais que de parler de process, mais pour moi c'est hyper important, c'est de comprendre déjà cette séance-là, combien de temps... Le temps, elle nous prend, la semaine, le mois, pour tous les collaborateurs, tous les collaboratrices. La plupart du temps, on va vous répondre, je ne sais pas, c'est un problème en fait, de ne pas savoir combien de temps vous passez aujourd'hui sur les séances ou dans les séances. Donc ça, c'est vraiment un travail qu'on a pu faire avec une organisation et en amont.
- #Thierry Bonjour
En amont aussi de savoir quelle est l'utilité de la séance.
- #Jehan Laliberté
Exactement. Aujourd'hui, on fait des séances pour tout et n'importe quoi. Donc, rajouter encore une fois une IA par-dessus, ça ne va pas résoudre le problème. Donc, essayez juste de comprendre pourquoi on fait cette séance déjà. Est-ce qu'elle est utile ? Est-ce qu'elle n'est pas utile ? Et à ce moment-là, on va mettre de l'IA, quand tout le monde saura ce que veut dire le mot séance dans l'organisation.
- #Thierry Bonjour
Ça me rappelle une phrase qu'utilisaient à un moment donné les informaticiens, il y a de nombreuses années, avant d'informatiser, organisez-vous. C'est exactement le même principe, regarde ton processus, et puis est-ce qu'on peut déjà l'optimiser comme ça, puis ensuite, ajoutons une technologie qu'actuellement on ne maîtrise pas, ou qu'en tant que profane on ne maîtrise pas, mais c'est là que les spécialistes peuvent dire, c'est cet outil-là qu'il vous faut dans ce point précis du processus. Dans une petite et moyenne entreprise qui, au fond, a des ressources qui ne sont pas illimitées. C'est quoi le vrai défi quand elle veut intégrer l'intelligence artificielle ?
- #Jehan Laliberté
Le vrai défi aujourd'hui, ce n'est pas tant un problème technologique, c'est plus un changement de comportement qu'il faut avoir. Dans le sens où le vrai travail de ces PME-là, c'est justement d'identifier des cas d'usage concrets avec un vrai ROI. Un vrai retour sur investissement qui est visible, de former les bonnes personnes et d'assurer aussi que quelqu'un suit l'adoption dans la durée. Parce qu'ils n'ont peut-être pas forcément un responsable IT, même si c'est souvent au responsable IT qu'on va déléguer cette tâche. Je ne suis pas sûr que ce soit forcément la bonne personne ou le bon département tout le temps. Souvent on va associer IT à l'intelligence artificielle. Mais disons, aujourd'hui, ces PME-là... elles auront accès, elles ont déjà accès à des outils qui sont là et peu chers. Et c'est bien la première fois qu'aujourd'hui, ces PME-là ont accès à littéralement 20 francs par mois, et même c'est gratuit aujourd'hui pour la plupart de ces outils, à une technologie de pointe. Mais comme c'est accessible, souvent on ne sait pas ce qu'on peut faire avec. Et c'est là où il faut, comme je l'ai dit, former à l'utilisation. Même si généralement les PME ne veulent plus avoir un retour sur investissement et que ce n'est pas dans la formation qu'on va voir tout de suite ce retour sur investissement, c'est plutôt dans les solutions qu'on va mettre en place, dans ces solutions qui vont rapporter du ROI. Mais encore une fois, si elles ne sont pas capables de comprendre ce qu'elles font, le ROI, c'est quelque chose d'utopique, disons, pour... pour ces entreprises.
- #Thierry Bonjour
Tu as dit que l'intelligence artificielle, aujourd'hui, c'était plus une affaire où, en tout cas, les entreprises la considéraient plus comme une affaire informatique. Mais comme tu en parles, j'ai plus l'impression que c'est une affaire du responsable de processus lui-même, coordonné éventuellement par un responsable qualité, un référent qualité ou la direction. Mais c'est vraiment chez la responsable de processus que ça se passe ?
- #Jehan Laliberté
Absolument, parce que cette personne-là connaît absolument tout sur l'organisation.
- #Thierry Bonjour
Et puis, il n'y a pas d'IT dans l'intelligence artificielle.
- #Jehan Laliberté
Non c'est ça. Avant de mettre de l'IT, c'est comme tu l'as dit, il faut clarifier tout ça. Et donc, les personnes qui sont plus à même d'avoir cette compréhension très fine de l'organisation, ces rôles là ou le directeur, s'il n'y a pas de responsable dans ce sens. Mais il faut avoir une compréhension très fine de son organisation pour être capable d'intégrer l'IA là où... elle a du sens, en fait.
- #Thierry Bonjour
Pour venir juste sur le domaine de la gestion de projet, concrètement, quand on veut intégrer l'intelligence artificielle dans une gestion de projet, on commence par quoi ?
- #Jehan Laliberté
De nouveau, je vais peut-être être répétitif, on commence par cartographier, disons, dans ce rôle de gestion de projet, où est-ce que l'IA peut faire du sens ? Peut-être qu'elle ne fait pas du sens partout, et ça dépend... Des gestionnaires de projet, certaines personnes utilisent l'IA pour un peu dupliquer leur cerveau, dans le sens où l'IA a cette capacité de contexte, donc on peut lui fournir énormément d'informations, et le gestionnaire de projet, ou le PMO pour reprendre les termes techniques, peut se décharger de tout ce contexte qu'un projet pourrait avoir. Ça peut être des process, ça peut être une fiche projet, ça peut être plein d'autres choses. Et on délègue cette connaissance à l'IA et on peut facilement utiliser l'IA pour avoir certaines informations, etc. Donc ça, c'est une façon de voir la gestion de projet, mais ça ne va pas convenir à tout le monde. C'est pour ça qu'il faut, pour intégrer l'IA dans la gestion de projet, faire une... Une introspection, en fait, disons, de comment déjà je vois la gestion de projet, là où je passe énormément de temps, donc de nouveau des tâches répétitives, des tâches chronophages, et identifier après le bon outil. Parce qu'aujourd'hui, le problème, c'est qu'il y a des outils pour tout et n'importe quoi. Donc on va penser qu'il faut avoir 10 000 outils et connaître 10 000 outils, mais rien qu'avec ces principaux outils tels qu'on connaît, qu'on appelle des LLM, donc des Large Language Model. plus connus sous des noms d'applications comme ChatGPT, comme Claude, comme Microsoft Copilot, ces outils-là font largement l'affaire pour la gestion de projet.
- #Thierry Bonjour
Peux-tu donner aussi un exemple simple d'usage de l'intelligence artificielle qui crée immédiatement de la valeur ?
- #Jehan Laliberté
Alors souvent, et j'aime bien aussi donner d'autres exemples que des exemples de productivité, parce que c'est un petit peu la promesse de l'IA, on va souvent partager des démos de comment on peut être beaucoup plus productif. Moi j'expérimente de plus en plus parce que l'enjeu aujourd'hui avec l'IA, c'est pas de déléguer notre réflexion. Parce que c'est clairement ça, c'est que l'IA aujourd'hui peut techniquement réfléchir à notre place. Aujourd'hui, je veux garder ça, c'est un choix effectivement personnel de garder cette réflexion. Donc comment je peux utiliser l'IA comme un vrai partenaire de réflexion pour qu'elle m'aide à réfléchir autrement. L'exemple que je veux te donner pour une tâche qui a tout de suite un impact pour moi, c'est qu'aujourd'hui... pour n'importe quelle situation où je me questionne, je vais utiliser l'IA vraiment comme un vrai sparring partner pour peut-être réfléchir autrement. Donc si je reprends l'exemple de la gestion de projet, ce que j'aime bien faire, c'est d'associer, là je vous donne une petite technique de prompt, donc c'est vraiment l'art de savoir dialoguer avec l'IA, c'est de connecter justement ChatGPT, Claude, n'importe quel... outils que vous utilisez, à des concepts profonds. Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est que souvent, la plupart des demandes qu'on va faire à l'IA, si je reprends l'exemple de la gestion de projet, c'est de lui demander comment on peut améliorer notre approche d'amélioration continue. Ça, c'est la demande de 99% des gens parce que c'est la question qu'on poserait. Mais si on veut éviter... d'avoir une réponse généraliste, parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que ces modèles-là, c'est juste des machines à probabilité. Forcément, quand vous posez ce type de questions, vous allez avoir un résultat généraliste. Donc vous allez vous dire...
- #Thierry Bonjour
Très large.
- #Jehan Laliberté
Très très large. Et là, vous allez dire, en fait, chatGPT, c'est nul. En fait, c'est la question qui est peut-être mal posée. Donc c'est pour ça que j'aime bien connecter l'IA à des concepts profonds, donc des modèles mentaux. Parce que cette question-là, elle a certainement été répondue dans plein d'autres ouvrages. On y a déjà réfléchi à cette question-là. Donc, je vais peut-être utiliser des auteurs ou des modèles mentaux, par exemple, pour le cas d'usage que j'ai partagé, c'est peut-être de dire comment Deming, qui est une figure importante, analyserait cette question. Ou encore, comment Toyota challengerait ce processus-là. Et puis, en faisant ça... L'IA va mettre ce qu'on appelle un degré d'attention sur le mot Toyota ou le mot Deming. Et en fait, ça va simplement hériter de toute la philosophie derrière ces concepts profonds. Et donc, vous allez voir, si vous faites le test, la réponse sera nettement plus approfondie que celle toute simple. Comment améliorer notre approche d'amélioration continue qui sera très, très plate.
- #Thierry Bonjour
Si je t'écoute, tu n'as pas même besoin de lui donner les ouvrages de Deming à lire. En fait, il va les chercher parce que tu lui as dit selon Deming.
- #Jehan Laliberté
Exactement. Et comme l'IA a été entraîné sur tellement de connaissances, je n'ai pas forcément besoin, et c'est ça qui est fou avec l'IA, c'est que je n'ai pas besoin d'être expert dans cette thématique-là parce que je peux aujourd'hui apprendre avec l'IA. Donc je pourrais tout d'un coup lui dire, si je veux être dans cette approche où je veux... apprendre, parce que pour moi, aujourd'hui, l'IA, elle sert aussi à ça, c'est d'apprendre beaucoup plus vite. Donc si on apprend plus vite, on passe plus facilement à l'action, on itère beaucoup plus vite, on expérimente aussi. Ce que j'aime bien faire, c'est, OK, j'ai une situation, j'ai un questionnement, on reprend ce processus-là d'amélioration continue, je pourrais tout simplement lui dire, OK, j'ai cette question-là, je me pose ces questions, est-ce que tu arrives à me proposer une liste d'auteurs pour répondre à cette question-là ? Donc l'IA va nous partager une liste d'auteurs.
- #Thierry Bonjour
Qui ont déjà traité la question.
- #Jehan Laliberté
Qui ont déjà traité la question.
- #Thierry Bonjour
Et faire une synthèse par auteur.
- #Jehan Laliberté
Exactement. Là, ce que je peux faire, c'est soit j'ai un concept qui me plaît bien, Deming par exemple, ou autre chose. Je peux faire des combinaisons entre deux concepts. Et c'est ça qui est hyper intéressant, c'est que l'IA, aujourd'hui, m'a permis d'être beaucoup plus créatif. C'est que je peux faire des concepts, des combinaisons de concepts que je n'aurais peut-être pas fait sans l'IA. Donc je pourrais dire, combine l'approche de Deming. avec Toyota, qu'est-ce que ça donnerait par rapport à cette situation donnée ? Et si je ne comprends pas ce concept-là, je pourrais lui dire, explique-moi ce concept comme un comme un profane éduqué, quelqu'un qui n'est pas expert du sujet, mais qui a quand même une certaine culture générale.
- #Thierry Bonjour
Et bien sûr, avec un gain de temps phénoménal, parce que si tu avais fait le travail de comparaison dans une bibliothèque, tu y aurais mis un peu plus de temps.
- #Jehan Laliberté
Exactement. Donc, on revient à cette même question, on apprend beaucoup plus vite et on passe plus vite à l'action.
- #Thierry Bonjour
Éviter l'effet outil gadget et faire en sorte que l'intelligence artificielle reste proportionnée et utile, tu donnes quoi comme conseil aux organismes qui font appel à toi ?
- #Jehan Laliberté
Pour éviter cet...
- #Thierry Bonjour
L'aspect gadgetique ou l'aspect gadget de l'outil.
- #Jehan Laliberté
Alors, encore une fois, ce qui est intéressant avec l'IA, c'est qu'on va vite comprendre que c'est un outil gadget. Parce que l'outil gadget, alors la définition pour moi, c'est un outil qui va... qui ne sert à rien, qui est un nice to have. C'est juste joli sur le papier. Et c'est d'ailleurs toutes les démos qu'on propose aujourd'hui dans le monde de l'intelligence artificielle, c'est que des démos gadget pour moi. Parce qu'on ne va pas vraiment résoudre un vrai problème. Donc on est vraiment sur ce mode, on recherche plutôt des solutions et non des problèmes. Donc c'est un peu la... Je ne sais plus exactement ce que c'est la métaphore ou l'expression du marteau et du... Et du clou, c'est qu'en fait, on va rechercher tous les clous. Il faut taper sur... Parce qu'on a un marteau. Voilà, exactement. Merci. Je ne me souvenais plus de cette expression. Et aujourd'hui, c'est ça qu'on voit le plus. C'est qu'on a plein de démos où on nous promet que l'IA va résoudre plein de choses, qu'elle va avoir le contrôle de toute ta boîte mail et que tu n'auras plus besoin d'écrire un mail, mais techniquement, qui a déjà intégré ça ? Aujourd'hui, personne ne voudrait avoir une IA qui répond à nos mails en continuant notre supervision humaine. Pour moi, ça c'est gadget parce que ça ne va pas résoudre un vrai problème.
- #Thierry Bonjour
Qui est le trop plein d'emails.
- #Jehan Laliberté
Qui est le trop plein d'emails. Pourquoi aujourd'hui il y a trop d'emails ? Pourquoi vous avez trop d'emails dans l'organisation ? C'est peut-être un autre problème aujourd'hui.
- #Thierry Bonjour
Qui n'a rien à voir avec l'intelligence artificielle.
- #Jehan Laliberté
C'est ça.
- #Thierry Bonjour
Dans cinq ans, selon toi, quelle sera la différence entre les organismes ? Qu'auront intégré l'IA de manière pertinente, comme tu l'as expliqué, et puis celles qui ne l'auront pas fait ?
- #Jehan Laliberté
Pour moi, les organisations qui auront intégré intelligemment, c'est les organisations qui, grâce à l'IA, prendront des décisions plus vite. Pour moi, c'est ça vraiment l'indicateur.
- #Thierry Bonjour
C'est la rapidité de la décision.
- #Jehan Laliberté
La rapidité aujourd'hui.
- #Thierry Bonjour
Pas la qualité de la décision, mais la rapidité.
- #Jehan Laliberté
Les deux. Les deux. C'est-à-dire que dans cinq ans, certaines organisations peut-être prendront en une journée des décisions, ou même feront en une journée des actions et des décisions qui peut-être prendront une semaine à d'autres organisations, et pour moi tout le reste découle. Après c'est vraiment la rapidité, aussi la qualité, on voit qu'aujourd'hui de plus en plus l'IA est capable de produire des résultats souvent indiscernables, et c'est ça qui vient challenger pas mal de choses. Si aujourd'hui l'IA est capable de créer ça alors que ça me prenait une semaine de le faire, ça va remettre en question... Beaucoup, beaucoup de choses. Donc aujourd'hui, les organisations qui auront fait ce pas d'expérimenter, parce que l'idée, ce n'est pas de dire, il faut absolument aller dehors. Le discours, le message, il n'est pas là. Le message, il est expérimenter pour justement comprendre là où l'IA fait sens et là où elle ne fait pas sens. Et donc ces organisations auront, en fait, pour moi, disons... les organisations qui auront fait ce pas seront clairement avantagées.
- #Thierry Bonjour
En fait, ce seront les rapides qui vont manger les langues.
- #Jehan Laliberté
Alors si dans cinq ans, le système reste inchangé, donc un système quand même technoproductif, si on est toujours dans ce type de système, ce que je pense, je ne pense pas que le système va changer dans cinq ans. Clairement, aujourd'hui, les organisations qui sauront itérer plus rapidement, qui sauront expérimenter, forcément, auront plus de données. Et grâce à ces données-là, seront bifurquées, pivotées, et améliorer leurs services, améliorer leurs produits.
- #Thierry Bonjour
Et être plus flexibles aussi.
- #Jehan Laliberté
Aussi, exactement.
- #Thierry Bonjour
C'est ce qu'on leur demande. On te retrouve beaucoup sur les réseaux sociaux où tu présentes des outils régulièrement, où tu en expliques l'utilité, où tu donnes des conseils, sur LinkedIn notamment. Au fond, si tu devais adresser un message aux dirigeants, aux directeurs, aux membres de conseils d'administration qui hésitent encore à franchir le pas, ce serait quoi ton conseil ?
- #Jehan Laliberté
Je pense qu'il faut commencer petit, alors c'est peut-être un conseil un peu bateau, mais un cas d'usage, une équipe, un mois. Juste ça. Juste ça. Essayez de prendre un cas d'usage, dans une équipe en particulier, et essayez de voir si l'IA, elle fait sens, elle peut vous être utile ou pas. L'idée, ce n'est pas de tout comprendre pour tout commencer, c'est surtout de commencer, en fait, pour comprendre. Donc de vraiment commencer petit, étape par étape, je pense que c'est la bonne approche aujourd'hui. Et surtout de former pour comprendre ce que l'IA peut faire. Parce que oui, on a le temps de parler beaucoup d'IA, mais concrètement, je ne sais même pas à quoi elle peut nous aider.
- #Thierry Bonjour
Donc c'est une équipe sur un bout de processus pour en faire un pilote pendant une durée déterminée. C'est possible, bien sûr, avec des gens qui ont été formés sur cet outil, sur l'outil à ce moment-là.
- #Jehan Laliberté
Voilà, exactement. de vraiment commencer étape par étape et ensuite, vous allez aussi gagner en maturité et surtout en confiance parce que le risque qu'on souhaite éviter, c'est que le premier... Enfin, comment dire ? Ce qu'il faut aussi avoir en tête, c'est que de toute façon, toutes les initiatives, les premières initiatives d'IA, elles vont échouer en fait. Et il faut déjà avoir cet état d'esprit et accepter que ce qu'on va mettre en place, les premières initiatives, ça sera un échec. Donc c'est comment vous allez aussi gérer cet échec-là et comment vous allez la communiquer aussi au sein de vos équipes qui ont aussi une attente envers la direction de comment en fait ils vont piloter l'IA. Donc l'idée c'est aussi d'embarquer le plus de gens. Et là de nouveau, on ne parle pas de technologie, c'est la gestion du changement, c'est toutes ces choses-là. Parce que ce qu'on veut éviter c'est pas avoir le soutien de ces équipes dans cette intégration de l'IA. Donc de vraiment communiquer qu'on est en phase exploratoire, on doit expérimenter, donc c'est OK de faire vos tests de votre côté, de voir que l'IA, là, pour le coup, c'est qu'un gadget, là, ça fait sens, et de partager aussi cette connaissance au sein de l'entreprise. Parce qu'aujourd'hui, comme j'ai dit, l'IA, elle vient des collaborateurs. Donc tout le monde peut faire ses expérimentations. Est-ce que vous avez instauré dans l'entreprise cette culture du partage ? De nouveau, on revient à cette culture-là. Si le département fait leurs tests dans leur coin et qu'ils partagent aucune réussite et aucun échec, de nouveau, c'est un autre problème.
- #Thierry Bonjour
On est d'accord avec cette conclusion. L'intelligence artificielle ne remplace pas l'intelligence humaine, simplement elle la décuple, elle l'amplifie.
- #Jehan Laliberté
Elle l'amplifie pour autant que... On sache quoi en faire finalement, parce que si on...
- #Thierry Bonjour
Qu'on ait un objectif.
- #Jehan Laliberté
Qu'on ait un objectif et si on applique juste de l'IA de nouveau sur quelque chose qui est mal optimisé ou qui est mal pensé, là vous amplifiez cette non-intelligence, donc c'est aussi ce qu'on veut éviter.
- #Thierry Bonjour
Tu fais partie intégrante de la communauté QualiExcellence360 en ayant participé, en ayant... en ayant intervenu dans un atelier également. Quel message tu aimerais faire passer à cette communauté aujourd'hui ?
- #Jehan Laliberté
C'est une communauté qui déjà, de par les valeurs qu'elle partage et surtout de ce que vous faites actuellement, c'est une communauté qui est déjà curieuse à vouloir un peu repenser. Justement, peut-être l'organisation, repenser nos pratiques de travail. Donc là, c'est pour moi, en fait, utiliser vraiment cet espace-là pour échanger, pour partager vos pratiques et surtout pour grandir avec toutes les organisations qui aujourd'hui sont dans cette communauté-là, parce que vous avez cet objectif de repenser les choses. Donc vous avez déjà... tout ce qu'il faut, entre guillemets, pour réussir n'importe quelle révolution technologique. Peut-être que dans cinq ans, on ne va plus parler d'intelligence artificielle et qu'on va parler d'autre chose. Mais pour moi, déjà, d'avoir cet état d'esprit, vous avez tout gagné.
- #Thierry Bonjour
Merci Jehan Laliberté pour cette intervention. Et à tout bientôt pour un nouveau Vos questions sont du savoir. QualiExcellence360.