- Speaker #0
Le Learning Show, ce sont deux journées au cours desquelles il faut faire preuve d'endurance. Visiteurs, partenaires, animateurs d'ateliers et bénévoles s'élancent pour un marathon qui les voit se croiser, se soutenir, se ravitailler, s'orienter, se relayer, faire corps dans l'effort. Sébastien Meunier et Nicolas Lausancic sont les Talk Trotters. Le temps d'une pause, ils accueillent tous les acteurs du Learning Show pour recueillir leurs témoignages, leurs impressions.
- Speaker #1
Toujours en direct du côté du Learning Show au couvent des Jacobins à Rennes, on accueille nos nouvelles invitées que Nicolas va nous présenter. Et puis voilà, on va faire nos petits réglages de caméra en même temps et puis tout va bien.
- Speaker #2
Je te laisse effectivement finir le réglage des caméras. On le refait systématiquement en fonction du nombre de personnes. Il y a quelqu'un qui a éternué à côté. Ah bon, on est en direct. C'était généreux. Et j'ai le plaisir alors de recevoir, et s'il vous plaît, corrigez-moi si je fais une erreur, si je me trompe. Nous avons
- Speaker #3
Khadi. Khadi.
- Speaker #2
Khadi.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Que je le prononce bien, donc corrigez-moi. Avec plaisir, bienvenue, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Et Yadier. Non. Génial, merci. Je ne me suis pas trompé pour le prénom ?
- Speaker #4
Non.
- Speaker #2
Vous m'autorisez à vous appeler par votre prénom ?
- Speaker #4
Bien sûr.
- Speaker #2
Donc bienvenue, bienvenue évidemment au couvent des Jacobins, bienvenue à Rennes, bienvenue au Learning Show. On est ravi de vous accueillir et évidemment vous êtes au courant de la même manière que toutes celles et ceux qui ont pu vous précéder les années précédentes ou qui vous accompagnent cette année. C'est un événement et j'imagine que votre contact a vraisemblablement été Yannick Graffnel à un moment donné, mais le Learning Show tient à ce que, on va dire... D'une façon générale, la francophonie soit représentée. Et cette année, on a le plaisir de recevoir des... Oupa, je tape dans mon micro. De recevoir des personnes qui nous sont venues du Canada. Et vous, vous représentez...
- Speaker #4
Sénégal.
- Speaker #2
Le beau Sénégal. Il faut dire le beau Sénégal. Génial. Et vous êtes ici, alors évidemment pour profiter de l'événement, mais aussi et surtout pour animer un atelier. Et c'est de cela dont on va évidemment parler, parce que ce sont ces échanges, ce sont ces comparaisons, ces confrontations, mais confrontations amicales, pas hostiles, de pratiques, de perceptions des pratiques qui font la richesse de l'événement et puis qui font la richesse des rencontres. Donc là, c'en est une pour quelques minutes entre nous. Et je suis extrêmement curieux parce que derrière le faux animateur que je suis, Vous avez face à vous un formateur. Je suis comme toutes les personnes que vous rencontrez, donc comme vous, je présume. Et est-ce qu'on peut juste faire un tout petit peu plus connaissance pour que les personnes qui nous écoutent en sachent un peu plus à votre sujet ? Laquelle de vous veut commencer, s'il vous plaît ? Qui êtes-vous ? Donc on sait que vous venez du Sénégal, mais est-ce que vous représentez une école, une université, une entreprise ? Voilà, je me tais, je vous laisse la parole.
- Speaker #4
Voilà, bonjour tout le monde. Moi, je m'appelle Yaya Jeyendong, je viens du Sénégal. Je suis enseignante de collège, je suis professeure de mathématiques et sciences physiques. Donc, notre participation au Learning Show, on représente notre association qui s'appelle SINEM, Synergie pour l'éducation au numérique et aux médias. C'est une association à but non lucratif formée d'enseignants qui... œuvrent pour la contribution de l'intégration du numérique dans les enseignements apprentissages. Donc au-delà du numérique, nous voulons aussi former les élèves pour qu'au sorti de leur cursus scolaire, pour qu'ils puissent savoir ce qu'ils veulent faire dans la vie professionnelle future. Donc c'est pour cela que nous sommes là pour participer à ce learning show.
- Speaker #2
Et donc, nous partager justement votre expérience et vos pratiques. Est-ce que, juste un peu par anticipation, on a évoqué un public constitué d'élèves, de collégiens ? Je ne dis pas de bêtises, j'ai bien tendu l'oreille. C'est un public, ce sont des collégiens collégiens ou des collégiens que, comme on peut peut-être un peu avoir tendance à le faire en France, on peut catégoriser parce que ça peut être des personnes qui ont des difficultés à accéder à l'enseignement. qui sont peut-être éloignées aussi du numérique ou est-ce que c'est vraiment tout collégien ?
- Speaker #4
Par exemple, moi je suis professeure de collège, elle va se présenter, donc la cible elle est différente. Donc de mon expérience... Je suis dans une école qui n'a pas d'électricité et que je veux que le numérique soit intégré. Et si on dit absence d'électricité, on ne peut pas avoir d'outils numériques. Donc par alternative, on a utilisé l'art pour dessiner des tableaux où il y a des ordinateurs, des outils numériques. On l'a appelé un coin numérique. posé au niveau de la cour, de l'école, pour que si les élèves viennent là-bas, puissent regarder, même s'ils ne le voient pas de manière réelle, pour savoir si un ordinateur est composé de tel. Et c'est comme ça que ça se compose,
- Speaker #3
pour qu'au moins ils puissent découvrir l'outil qu'on n'a pas.
- Speaker #2
Très bien. On y reviendra parce qu'on a évoqué le fait qu'il puisse s'agir d'établissements qui pourraient... ne pas accéder à des alimentations électriques. On y reviendra, je vais garder ça dans un coin de l'esprit. Khadi, s'il vous plaît.
- Speaker #3
Oui, bonjour à tout le monde. Bonjour à ceux qui nous ont permis d'être là, ceux qui ont facilité aussi la collaboration. Nous remercions aussi l'association Sénon, Synergie pour l'éducation au numérique et aux médias. Je m'appelle Khadi Fay, je suis enseignante dans une école élémentaire. de la banlieue dakaroise, un milieu défavorisé, mais aussi on est animé par une même passion, c'est-à-dire l'intégration du numérique dans l'enseignement-apprentissage, mais dès le bas âge, à partir de l'élémentaire. Notre cible, c'est une cible très variée. Nous travaillons avec les enfants de l'élémentaire, ceux du moyen secondaire, de la formation professionnelle, des chefs d'établissement aussi, les enfants aussi en situation de décrochage scolaire. les parents d'élèves. Donc, nous travaillons avec toutes les cibles de la communauté. Donc, c'est ça que je voulais apporter comme apport d'informations par rapport à la question que vous aviez posée tout à l'heure à Yadji. Donc, nous sommes là aujourd'hui pour partager nos expériences et échanger et au retour, vraiment avoir quelque chose de plus solide en laissant aussi quelque chose, comme le disait si bien notre président, l'enracinement et aussi l'ouverture. Parce qu'à travers nos expériences, nous partageons aussi nos cultures, nous partageons aussi nos manières de faire, tout en voulant aussi voir ce qu'on peut faire et essayer de trouver aussi des collaborations et des partenariats qui peuvent vraiment faire en sorte que nos travaux soient donc beaucoup plus accessibles et beaucoup plus compris par les autres. Donc voilà d'une manière brève. de présentation.
- Speaker #2
Merci. Merci à vous. Merci à vous pour ces présentations qui nous permettent de comprendre, évidemment, là où vous œuvrez, enfin, ce que vous faites, déjà. Vous êtes enseignante, les publics que vous recevez, et forcément, toutes les deux avaient évoqué l'accès au numérique. Quels sont les enjeux qui se cachent derrière l'accès au numérique ? Qu'est-ce que l'on confie comme mission, pour ainsi dire, à l'accès au numérique ? Pour les populations que vous avez évoquées, c'est un vecteur de développement forcément, ou d'accès à l'éducation. Si je fais les questions et que je commence à faire les réponses, ça ne va pas être terrible.
- Speaker #3
Non, on a compris. C'est venu à son heure, cet accès au numérique, dans la mesure où actuellement, au niveau du ministère de l'Éducation du Sénégal, en la... tellement compris que dans le New Deal Technology, c'est devenu une priorité de l'État. Mais cette priorité nous met à l'aise dans la mesure où, avant que cette priorité ne soit sur la table, nous, à Sénome, on l'avait déjà compris, parce que cette association est née depuis 2017. Et depuis 2017, on est sur le terrain. On est en train de travailler pour que ceux qui ont la connexion, ceux qui ont l'Internet, puissent l'utiliser. à partir de leur salle informatique, à partir de leur téléphone, et que ceux qui ne l'ont pas puissent faire comme Yadier, comme l'exemple de Kafem. Raison pour laquelle on s'est dit que ce n'est pas la quantité ni le nombre de matériaux qui fera le résultat dont on a besoin. On a juste besoin d'une volonté, on a juste besoin d'y croire pour y arriver. Parce que, raison pour laquelle on a intitulé notre atelier avec moins d'outils, On parvient à faire beaucoup de choses. Donc c'est une pédagogie sobre qui sera axée sur le learning by doing, à partir donc de peu de moyens. parviennent à faire en sorte de réduire la fracture numérique. Donc c'est ça qu'on a voulu partager hier et aujourd'hui avec les participants.
- Speaker #2
Vous avez animé déjà hier ?
- Speaker #3
Oui, on a animé hier.
- Speaker #2
Et vous allez donc animer à nouveau aujourd'hui ?
- Speaker #3
Aujourd'hui, oui.
- Speaker #2
On va évoquer évidemment le contenu de votre atelier dont on vient d'entendre l'intitulé. Pardon pour la question que je me pose, puis je la pose peut-être au nom aussi des personnes qui nous écoutent. Quel est justement au Sénégal le degré d'accès à Internet ? Parce que c'est ce dont vous avez parlé il y a un instant, Khadi. Est-ce que, j'imagine que si on habite dans les grandes villes, c'est peut-être évidemment plus répandu et que dès qu'on s'en éloigne, ça l'est nettement moins. Il y a le degré, pas d'équipement ou d'installation, mais de comment est répandu le réseau dans le pays ?
- Speaker #3
Le réseau, c'est instable parce que quand on est dans les grandes villes, on a accès, même on peut être dans les grandes villes et être dans des zones qui ne sont pas couvertes. Raison pour laquelle nous, on ne veut pas que cette fracture numérique soit un handicap pour nous. Nous avons donc essayé de trouver ces palliatifs. Mais elle n'est pas du tout... Donc il y a la fracture numérique qui est là, qui est une réalité. mais nous voulons faire en sorte de trouver des contournements pour donc essayer que tout le monde puisse avoir accès à ce numérique-là. Même s'il y a des politiques qui sont là qui sont en train d'être mises en place pour éradiquer, ce n'est pas encore une réalité. Donc, toutes les zones ne sont pas ouvertes. On peut même être dans une grande ville et avoir des problèmes pour avoir accès à des salles informatiques. Donc, raison pour laquelle nous, nous l'avions compris depuis tant. Et nous voulons que tous les enfants aient accès à l'Internet, que toute la population puisse être informée en temps réel sur tout ce qui se passe. Donc, raison pour laquelle on se base sur nos expériences personnelles. Parce que nous, nous sommes issus des villages. La majeure partie d'entre nous, nous n'avions pas eu cette chance. Mais nous voulons que nos soeurs, nos frères qui sont dans ces zones-là puissent avoir la même chance que ceux qui sont dans les zones.
- Speaker #2
Donc il s'agit d'avoir connaissance. de ces dispositifs, de ces technologies, de se faire une représentation de ce que cela permet en tant qu'outil, ne serait-ce qu'à proprement parler, mais de ce que cela peut apporter dans le développement d'une carrière, même si on est encore un jeune enfant, mais si on se projette comme ça dans le développement d'un enfant qui deviendra un adolescent, un jeune adulte, c'est évidemment un outil incontournable. C'est ça la mission. donc aussi bien soutenu par les autorités politiquement, et évidemment votre mission, comme vous le décrivez.
- Speaker #4
Voilà, donc il y a cette fracture numérique. Maintenant, comme elle l'a dit, on est à l'ère du numérique et on ne veut pas que nos élèves, nos enfants, puissent être derrière cette avancée. Même si on n'a pas exactement l'outil, on puisse les sensibiliser sur ça pour que peut-être dans la future, ils pourront en connaître et pouvoir faire quelque chose.
- Speaker #2
Ne pas partir de zéro, mais c'est déjà d'avoir une représentation.
- Speaker #4
Une représentation de ce numérique-là.
- Speaker #2
On l'a dit, Khadi, vous avez mentionné l'intitulé de l'atelier, impact et sobriété, moins d'outils, moins de ressources, mais toujours plus de pertinence. Et s'y former autrement, c'était éveiller aux enfants par l'action, malgré la précarité, malgré les conditions qu'on a pu décrire. C'est-à-dire qu'évidemment, maintenant, il y a une volonté politique, et puis sûrement depuis plusieurs années, de faire en sorte que l'accès au numérique se répande à l'ensemble de la population, et puis ça ne se fait pas en un jour. On connaît en Europe, en France, on connaît encore ce que l'on appelle des zones blanches, en fait, où il n'y a rien, parce que les opérateurs n'y trouvent pas leur compte, alors ils décident de ne pas y aller. Ça se passe comme ça ici, on doit retrouver des comportements absolument identiques un peu partout dans le monde. Et bien concrètement, alors ça se passe comment ? Justement, on a commencé à y aller, on en parlait un tout petit peu tout à l'heure. Est-ce qu'on peut décrire ça ? et puis faire le lien en même temps avec ce que vous allez proposer, ce que vous avez proposé dans votre atelier.
- Speaker #4
Donc, notre atelier, comme on l'a dit, nous sommes venus pour faire un partage d'expérience de ce qu'on a vécu dans nos écoles respectives. Je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis dans un collège où il n'y a pas d'électricité. Les élèves qui viennent de ce collège ne viennent dans les villages. Ce sont des élèves où les parents, la majeure partie, ne sont même pas allés à l'école. Donc l'école n'a pas d'électricité. Et on voulait au moins les mettre dans le bain de ce qui se passe actuellement à l'ère du 21e siècle. C'est pour cela qu'on a trouvé cette alternative. On ne peut pas avoir une salle informatique, être là-bas, les montrer, les ordinateurs, les manipuler. Donc on a pris l'alternative de prendre des planches de bois où on a fait peindre des ordinateurs, des outils, des textes pour expliquer c'est quoi l'Internet, et ainsi de suite. Donc, au moins pour que si les élèves... passe sur ça, ils pourront savoir si c'est un ordinateur, il est composé de ça et ça.
- Speaker #2
C'est ça, c'est ce que je commençais à m'imaginer. C'est-à-dire qu'en fait, vous avez peint, donc sur des supports, un écran, un clavier, la tour ou la base qui contient un certain nombre de composants électroniques pour que ce soit déjà identifié et qu'en espérant que l'accès aux dispositifs, aux matériels, se fasse aussi vite que possible. le temps d'appropriation soit le plus court possible.
- Speaker #4
Oui, parce qu'avec les outils, des fois un élève peut venir, il voit, on a dessiné par exemple, je prends un exemple, on met Google Keep, qu'on a dessiné le logo, il vient te demander, qu'est-ce que ça veut dire ? Ce n'est pas tout le monde qui a des téléphones, mais il y a ceux qui ont un peu de téléphone, ils pourront te demander, tu les expliques, qu'ils peuvent utiliser ça à partir de leur smartphone.
- Speaker #2
Est-ce que le smartphone donne un accès à Internet plus important que des dispositifs qui nécessiteraient de se connecter de manière filaire ?
- Speaker #4
Le téléphone est beaucoup plus accessible.
- Speaker #2
Oui, parce que si je pose la question, c'est parce qu'on entend souvent, ici par exemple en France, que l'accès à Internet dans un certain nombre de pays en Afrique est plus répandu. Par l'intermédiaire du smartphone. Est-ce que c'est vrai ou est-ce qu'on invente et on dit n'importe quoi ?
- Speaker #4
Bien sûr, c'est vrai. Oui.
- Speaker #2
Non, parce qu'on est bon pour dire n'importe quoi aussi. On sait faire. Non,
- Speaker #4
c'est vrai. L'accès avec le smartphone est beaucoup plus répandu.
- Speaker #2
C'est plus répandu. Donc, c'est quand même possible, y compris dans les campagnes, d'avoir un petit peu de réseau sur un téléphone.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #2
Donc, en fait, de pouvoir avoir un peu accès à du numérique, même si c'est un accès restreint. est limité au smartphone. Vous évoquiez, Yadier, le contexte du collège et donc d'enfants, peut-être, pardon, est-ce que je dis une bêtise quand je dis d'enfants de campagne ?
- Speaker #4
Oui, c'est d'enfants de campagne.
- Speaker #2
C'est un collège de combien d'élèves ?
- Speaker #4
C'est plus de 500. Ah oui,
- Speaker #2
donc c'est un bon collège. Oui,
- Speaker #4
plus de 500 élèves.
- Speaker #2
Et ça fait combien d'années que vous portez cette initiative dont on parle ?
- Speaker #4
Je l'ai porté depuis 2021.
- Speaker #2
Ok, donc ça va faire...
- Speaker #4
C'était ma première année. Donc quand je suis venue, j'ai trouvé le principal qui œuvrait pour ça, le numérique. Mais on était bloqué par l'accès aux outils. Mais il œuvrait avec le numérique. Donc on essaie d'utiliser, comme vous l'avez si bien dit tout à l'heure, de pouvoir... accéder à ça en utilisant nos smartphones.
- Speaker #2
Donc, depuis 4 ans, vous travaillez à ce que l'on évoque. Je ne vais pas dire quel résultat, mais est-ce que vous avez des indicateurs sur l'impact que ça peut avoir auprès de ces tout jeunes gens ?
- Speaker #4
Oui, parce que, par exemple, le fait qu'on oeuvre sur le smartphone, comme ils croyaient que le smartphone c'est juste pour apporter appeler ou bien aller sur les réseaux sociaux, etc. Donc, on essaie de les sensibiliser pour qu'ils puissent savoir que le smartphone n'est pas seulement destiné à utiliser les réseaux sociaux. Donc, c'est notre objectif.
- Speaker #2
Que c'est un outil de travail. Ce que vous décrivez, c'est les mêmes enfants que ce qu'on a ici. C'est-à-dire que le smartphone, c'est pour jouer, c'est pour regarder des vidéos et aller sur les réseaux.
- Speaker #4
Oui. Notre mission première, c'est pour qu'ils puissent savoir que le smartphone peut être... pédagogique. Ça peut être ludique, ludique pédagogique, mais eux, ils le font juste pour le ludique. Le ludique qui t'enseigne. Rien du tout, par rapport à leur étude. Donc, on veut les esquiver pour qu'ils puissent savoir que le smartphone, c'est un outil très puissant. Tu peux jouer, il peut aussi t'aider à s'améliorer sur beaucoup de choses.
- Speaker #2
Et donc, ça fait à peu près quatre ans, voire quatre ans révolus que vous avez déjà lancé l'initiative. Parmi les collégiens qui ne sont plus dans le collège, vous avez encore des... contact ou vous avez pu suivre quelques anciens collégiens et savoir si justement le travail que vous avez effectué leur a été bénéfique. Il a été bénéfique dans tous les cas, oui, mais simplement savoir comment cela a évolué avec le temps.
- Speaker #4
Voilà, on a des retours, ça a été bénéfique pour eux. Par exemple, une fois que le collège est terminé, ils vont aller au lycée. Après le lycée, pour s'inscrire par exemple à l'université ou bien faire des concours, ils ont besoin d'utiliser le numérique pour qu'ils puissent postuler et ainsi de suite. Le fait qu'il était en contact avec ces choses-là que vous les expliquez, ils pourront s'en sortir et ne pas appeler quelqu'un de l'aide pour qu'ils puissent faire le boulot. Ils pourront s'en sortir et faire les démarches nécessaires. pour arriver à valider l'inscription qu'il doit faire.
- Speaker #2
Oui, donc ça se passe déjà à ce niveau-là, c'est-à-dire ne serait-ce que pouvoir s'inscrire à une prolongation d'études, que ce soit l'accès au lycée ou à des études supérieures ensuite.
- Speaker #4
Oui, et aussi l'objectif final, c'est pour qu'il puisse avoir le goût et s'éveiller, et savoir que c'est des métiers d'avenir, pour qu'on ait quelqu'un. avoir le goût et faire pourquoi pas des études en rapport avec le numérique et pouvoir changer ce qu'ils ont vécu.
- Speaker #2
Absolument, ce sont des métiers porteurs. L'intelligence artificielle évidemment ne s'arrête à aucune frontière. Donc on est tous concernés. Et dans votre atelier, alors comment ça s'est passé ?
- Speaker #4
L'atelier s'est bien passé parce que je pense que On peut se dire que c'est bien passé.
- Speaker #2
Vous sauriez que ça s'est bien passé.
- Speaker #4
On a eu des retours positifs. Donc, on peut se dire que c'est bien passé par rapport à ce qu'on leur a montré sur le partage d'expérience qu'on les a donné.
- Speaker #2
J'aime bien la façon dont on en parle, parce que si vous voulez, vous représentez le Sénégal. Moi, je vis en France et mes enfants sont nés ici. Et par exemple, ne serait-ce que l'instrument dont on parle tout à l'heure, le smartphone, nous, on peut avoir... Vous savez, on dit en France qu'on a des digital natives, etc.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas vrai.
- Speaker #2
Ce n'est pas vrai. Alors oui, ils sont nés avec à la maison le matériel, il y a tout, mais ils ne savent pas plus s'en servir. Parce qu'il faut une éducation à ces dispositifs. Donc, je ne veux pas dire qu'évidemment, on est sur un pied d'égalité entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. Mais il y a une éducation, évidemment, à faire à ces dispositifs pour les utiliser à bon escient, pour les utiliser convenablement et évidemment, dans le cadre du développement de tout ce qu'ils sont amenés à devenir. C'était bien dit ou pas, ça, Khadi ? J'ai fait une belle phrase ou non ?
- Speaker #3
Vous avez fait une excellente base. Parce que nous, comme on dit, comme nous le pensons, nous disons que l'avènement du numérique, c'est devenu incontournable. Et pour nous, c'est comme le couteau à double tranchant. On l'a dans nos cuisines. On sait que c'est dangereux, mais on ne peut pas s'en passer. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Essayons de faire comme on avait fait avec la COVID, c'est-à-dire essayer de vivre avec. Raison pour laquelle il faut que nous apprenions à nos enfants à comprendre, à maîtriser cet étude. Bien sûr qu'on sait que ce n'est pas du tout facile, mais l'éducation au numérique devient une urgence. Raison pour laquelle nous l'utilisons, nous l'intégrons dans nos enseignements d'apprentissage.
- Speaker #2
Vous êtes toutes les deux enseignantes et vous nous avez décrit pendant quelques minutes votre action. Qui d'autre fait le travail que vous faites ?
- Speaker #3
Il y a beaucoup d'associations, des assos qui sont dans ce domaine. Il y a aussi d'autres branches du ministère de l'éducation qui oeuvrent dans ça. Elle, elle est dans un collège, contrairement à moi qui suis dans une école élémentaire, juste pour montrer que la transition entre l'élémentaire, le moyen secondaire et l'université est une réalité. Maintenant, les enfants... Quand nous nous recevons à l'élémentaire, nous les initions aux outils collaboratifs, comme elle l'a si bien dit. On est tout le temps dans les formations dans les régions. Par exemple, moi, l'année dernière, je tenais une classe de CM2. J'ai initié à mes élèves à utiliser Google Classroom. Finalement, en même temps, je suis dans les séminaires, je travaille à distance avec mes élèves, sans pour autant avoir accès à une salle informatique. Donc, avec les smartphones de leurs parents, raison pour laquelle j'ai dit tantôt qu'on travaille avec les parents, dès le début de l'année, on initie les parents, on leur explique comment utiliser Google Classroom, comment rendre un devoir, comment restituer, comment corriger un devoir. Maintenant, on leur fournit des exercices. Maintenant, ils le font en mode offline et après, si on a le temps, on fait une visio avec les élèves, en même temps qu'avec les parents. Ça nous permet aussi de prendre en charge les enfants en décrochage. Donc, c'est un pas. si ces enfants, dès le bas âge, dès l'élémentaire, s'ils parviennent à faire cela et qu'on parvient à leur proposer des essais virtuels. On dit que c'est une idée folle, on y croit, on y est, mais on l'a testé l'année dernière, on a eu des résultats. Donc dans chaque académie, on a pris des élèves, on a fait des essais virtuels avec eux, des élèves qui n'ont pas de machine, on a juste utilisé. Les smartphones, c'est juste pour renforcer l'idée que Yadji a donnée tout à l'heure. Donc, c'est aussi pour faire le link entre ce que nous faisons et la thématique qu'on a choisie pour se leuner. Maintenant, au-delà de cette éducation au numérique, nous savons aussi que pour développer notre continent, on a besoin de ressources humaines. Raison pour laquelle aussi, nous, à Jahai, on a pris l'exemple de ces enfants. on leur inculque le leadership enfantin à travers des activités. Donc, à travers des activités comme l'autosuffisance alimentaire, nous, notre projet, c'est du jardin à la table. Nous apprenons aux enfants à cultiver la terre et à partir des produits qu'ils vont cultiver, on va alimenter la cantine scolaire. Et à partir de cette cantine scolaire, les parents d'élèves vont venir les mardis et les jeudis pour préparer pour les enfants. On a aussi des femmes des associations qui nous aident à transformer ces produits en bio pour que ça puisse être utilisé par la communauté et par les enfants. Donc vous voyez, c'est cette expérience qu'on a eu à partager. Pour le recyclage aussi, on a eu à fabriquer des écobriques. Mais le prétexte qu'on a trouvé, c'est que notre zone, c'est une zone qui a été une zone de recasement. C'est une population qui a été délogée suite aux inondations. Maintenant, pour prendre notre revanche sur ça, on apprend aux enfants comment devenir des écolos, comment créer des quartiers verts. Donc c'est un idéal, on y tend, on y croit et la population nous aide. Donc c'est ces activités-là et ces activités que nous déroulons, nous les avons donc fait en format vidéo avec des images explicatives. C'est ça qu'on a présenté d'abord comme amorce aux activités d'hier. Et à partir de cela, on a fait des tableaux récapitulatifs. On a demandé maintenant aux participants de choisir une activité dans leur pays respectif en rapport avec la triade économie, environnement, écologie. Quel que soit le problème qu'ils vont trouver, on va essayer de faire un transfert de compétences pour trouver d'abord le problème qu'ils veulent débattre, ensuite les défis à relever et proposer des solutions. Donc voilà d'une manière. ramasser notre expérience qu'on est venu partager et avec le transfert on a senti que tout le monde s'est senti à l'aise dans cette problématique là on n'a pas voulu venir faire un débat on est parti d'une expérience qui est personnelle et qu'on sait que c'est une expérience qui est transversale, parce que dans chaque pays il y a un problème au moins parmi les problèmes de la triade et en phase aussi avec les ODD toutes ces expériences-là, nous vivons ça chez nous. Donc notre vie, nous la donnons à l'école, on n'a même pas de temps libre pour nous. Moi, je suis dans l'association depuis 2017, elle nous a rejoints en 2021. Donc les enfants, ils ne lisent plus, on a trouvé donc le soin de leur donner des œuvres. Maintenant, après la lecture, ils représentent les œuvres en format tableau. Juste pour dire qu'avec les enfants, on a de la matière. Et c'est avec cette matière-là, avec tout ce que les autres jettent, avec ce que nous comptons faire pour développer notre pays. Faire en sorte aussi que ces enfants, un peu plus dans le long terme, qu'ils n'aient plus besoin de quitter leur pays, qu'ils sachent qu'ils peuvent compter sur eux-mêmes.
- Speaker #2
C'est un concentré absolument extraordinaire. Évidemment, de tous les enjeux qui peuvent toucher un pays que vous connaissez, que je ne connais pas. On suit l'actualité, mais on n'est jamais à l'abri de mal comprendre les choses ou de les interpréter. En plus, on peut avoir comme ça un peu des clichés en tête. Vous nous avez expliqué ça d'une manière qui est absolument remarquable. Vous avez les remerciements dans le chat parce qu'on est sur YouTube en live. des remerciements de la part des personnes qui nous regardent et nous écoutent pour votre témoignage et moi je ne m'imagine pas l'énergie qu'il faut déployer et la foi qu'il faut avoir dans ce projet qui est un projet de société tout bonnement c'est bien le learning show ? après je ne vous embête plus ça vous plaît depuis hier ? c'est extraordinaire c'est vrai vous avez pu assister à des ateliers ?
- Speaker #4
Non, on n'a pas. Parce qu'on est venus tardivement. Et aussi, on a fait un long voyage qui était très difficile.
- Speaker #3
Vous avez eu un problème à l'aéroport, non ?
- Speaker #4
Oui, on avait un problème. Évidemment,
- Speaker #3
il fallait que tu arrives. On savait qu'on allait y arriver. On y est arrivés, on y croyait. On est là.
- Speaker #2
Vous êtes là.
- Speaker #3
On est des femmes de défi. L'essentiel, c'est d'être là et on aime être là. et on en a appris aussi.
- Speaker #2
Ça s'entend dans votre témoignage, ne vous lâchez pas. Continuez de rien lâcher. Un grand merci. Merci infiniment d'être venu, d'avoir accepté de venir témoigner. C'était extrêmement intéressant. Je vous souhaite une bonne continuation et un bon retour quand vous rentrerez. En espérant, sait-on jamais, qu'un jour nos chemins se croisent à nouveau.
- Speaker #3
Merci beaucoup, c'est nous qui vous remercions. Merci.