Aurélie RouxIl y a huit mois, j'ai eu l'idée d'un projet de podcast. Aujourd'hui, j'ai un podcast. Entre les deux, il n'y a pas grand chose d'autre qu'une série de premières fois qui m'ont toutes fait un peu peur. C'est de ça que je veux vous parler aujourd'hui. Pas du bilan chiffré, pas des statistiques d'écoute, de ce que ça fait vraiment de lancer un truc qu'on n'a jamais appris à faire toute seule. La toute première fois, c'était de le dire. Juste ça. Passer de "J'ai un projet de podcast" à "je fais un podcast". Vous n'imaginez pas le nombre de semaines que j'ai mis à changer ce verbe. Parce que dire « je fais un podcast » , ça veut dire que "je prétends avoir quelque chose à raconter au monde" et que "je prétends que ça peut intéresser". Et prétendre, ça fait prétentieuse. Il faudrait un nouveau substantif. Je dirais plutôt que prétendre, c'est être audacieuse. Et pourtant, j'ai déjà parlé dans un micro. J'ai déjà chanté. dans un micro. Le micro, c'était pas le problème. Le problème, c'est ce qu'il y avait à mettre dedans. La deuxième première fois, c'est le jour où j'ai posé mon micro devant Juliette. Je vais vous dire un truc. J'ai choisi Juliette pour ce premier enregistrement et je l'ai choisie exprès. Parce que je savais qu'elle avait tellement de choses à dire, qu'elle était tellement profonde dans sa façon de penser, que j'aurais pas trop à la guider et je pouvais me concentrer entièrement sur le reste. La technique, mon fil conducteur, comment j'écoute, comment je relance. Parce que tout ça, moi, je ne l'ai pas appris, je ne l'avais jamais fait. Donc, je fais au feeling, je fais comme je le sens, je fais comme à la maison. Et puis, il y a eu la première fois où j'ai mis un épisode en ligne, où je l'ai posté sur Instagram en disant « voilà, voilà ce que je propose » . Ce moment-là, il faut être honnête, c'est un moment où on croise les doigts. On croise les doigts pour que ça intéresse, on croise les doigts pour que ça réagisse. Et en même temps, il faut être prête à ce que ça n'intéresse personne. ou que ce soit mal fait ou mal reçu. Ce qui m'a rassurée très vite, ce n'est pas les retours de mon entourage. Mon entourage m'aime, mon entourage était enthousiaste, et ça, bien sûr, ça fait du bien, mais ça ne compte pas tout à fait pareil. Ce qui m'a rassurée, ce sont les retours de gens qui écoutent des podcasts tous les jours et qui m'ont parlé de ma technique, du montage, de la qualité d'écoute, du contenu intéressant. Et ça, pour moi, c'était énorme. Parce que je ne voulais pas d'un podcast en mode "On enregistre, on laisse tourner et on envoie tel quel". Le montage, par exemple, pour moi, c'était une étape à part entière. J'aurais pu me former à le faire. J'ai préféré confier ça à une professionnelle parce que je crois que ma valeur ajoutée n'est pas là. Et je suis très contente de cette décision. Dès le premier épisode, j'avais un objet propre. Maintenant, je voudrais vous raconter la plus grande joie de cette saison pour moi. Et je préviens, ça n'a rien à voir avec les chiffres. Au tout début, avant d'avoir enregistré quoi que ce soit, avant d'avoir écrit une ligne. J'étais en pleine documentation. Je me renseignais sur l'industrie, sur les modèles économiques. J'écoutais des podcasts sur les podcasts. Et il se trouve que depuis des mois, je suivais mesdames médias. Et un matin, ça m'a pris. Il fallait que je les contacte. Je ne savais pas pourquoi, mais il le fallait. Pas pour espionner quoi que ce soit, je n'ai jamais prétendu jouer dans la même catégorie qu'elles. Mais j'avais envie d'aller me frotter à elles. D'aller chercher un peu de leur énergie. ailleurs que derrière mon écran. Alors, je me suis payé le culot de leur écrire sur Instagram. En gros, Bonjour ! Est-ce que vous prendriez une vieille stagiaire de 47 ans et demi en observation quelques jours dans vos bureaux ? Et en échange, je vous fais des photos. Oui, parce que pour ceux qui ne connaissent pas, mesdames médias, c'est le média des femmes de plus de 45 ans. Déjà, écrire ce message. C'est bête, mais cette bouteille à la mer, elle voulait dire quelque chose d'immense. Elle voulait dire que j'avais osé écrire acté, verbalisé que j'étais créatrice de podcast auprès de gens dont c'est le métier. Et, aux surprises, Alexandra Crucq m'a répondu. « Bonjour Aurélie, j'ai une idée. Appelez-moi vite, voilà mon 06. » Alors bon, ce 06, il est partout sur Internet. Mais là, c'est elle qui me l'a donné. J'avais déjà mon billet en poche pour leur spectacle à Lyon en septembre. Et là, je vous parle du mois de mars. Et je me disais " Waouh, j'ai déjà connecté ! C'est incroyable ! J'irai les saluer le jour du spectacle". Sauf qu'elle ne m'a pas prise en stage. Elle m'a embarquée avec toute la bande de Mesdames sur leur première résidence d'écriture. Le tout premier moment où toutes ces femmes se rencontrent pour concevoir le spectacle et faire groupe. J'ai passé 36 heures avec elles et j'ai pris une leçon de management monumentale. J'ai vu un groupe se construire, se frotter, se souder, poser des bonnes bases. J'ai vu ces femmes, que j'idéalisais forcément à travers un écran, même si je savais très bien qu'elles étaient normales, mais les voir normales avec mes yeux à moi, c'était tout autre chose. Je suis arrivée sur ce reportage en me disant photographe et créatrice d'un podcast. J'en suis ressortie puissante, avec cette idée que je peux tout faire. Je les ai revues plusieurs fois depuis, j'ai fait des portraits, j'ai fait des photos de la promotion de la tournée. Je suis officiellement photographe de la tournée. Si on m'avait dit ça six mois avant, je n'y aurais jamais cru. Ramène ta joie m'a mise dans une posture d'ouverture aux opportunités. Depuis le début, je le dis, je fais ce podcast, je ne sais pas pour combien de temps. J'espère dix ans, peut-être un an. Peut-être qu'au huitième épisode, je rencontrerai quelqu'un qui m'embarquera sur un tout autre projet, j'en sais rien. Je fais tout pour que ça marche, mais je reste ouverte. Et cette posture-là, je m'en rends compte tous les jours, elle m'enrichit. Maintenant les doutes, parce qu'il y en a, je veux pas faire semblant. Mon plus gros chantier aujourd'hui, c'est l'audience. La faire grandir, trouver comment susciter plus d'engagement dans ma propre communauté aussi. Parce que derrière l'audience, il y a l'argent. Financer tout ça, c'est mon vrai défi. J'aimerais bien trouver une marque qu'une entreprise, quelqu'un qui aurait envie de s'associer à ce podcast. La vitrine est petite pour l'instant, je le sais, mais je suis certaine qu'elle va grandir. Et franchement, accompagner un projet joyeux, ça peut être sympa pour une entreprise, non ? Il y a quelques jours, on m'a raconté quelque chose. Quelqu'un a transmis l'épisode 1 à la fille de son collègue parce qu'elle était en plein questionnement sur un changement de vie professionnel. Et cette jeune femme va contacter mon invité pour en discuter directement. Ben voilà, moi c'est exactement pour ça que je veux que Ramène ta joie ! grandisse. Pas pour les chiffres, mais pour ces connexions-là. Alors, la saison 2. Il y aura toujours des invités "ordinaires". Je mets des gros guillemets parce que vous savez ce que je pense du mot ordinaire. Pour moi, ordinaire, c'est synonyme d'extraordinaire. Ça, ça ne bougera pas, c'est le cœur du projet. Et il y aura aussi des invités un peu plus connus, pour donner plus d'ampleur au podcast, parce que je crois qu'ils le méritent, et que les contenus que je produis sont bons. Je ne vous donne pas des noms tout de suite, mais vous le saurez vite. Je vais vous avouer que je stresse un peu. Pas parce que je donne à ces personnes plus d'importance qu'aux autres, non, mais parce que ce sont des gens qui sont habitués aux plateaux, aux enregistrements, et moi j'arrive avec mes petites questions. Je sais qu'ils sont bienveillants, je sais qu'ils vont jouer le jeu. Mon challenge, c'est d'essayer de ne pas leur faire raconter la même histoire que partout ailleurs. J'aimerais aller leur chercher deux ou trois trucs qu'ils n'ont pas encore dit, et qui résonneront vraiment avec vous. Il y aura aussi des épisodes solos, comme celui-ci, parce qu'il y a beaucoup de choses dans ma tête, et que je trouve dommage qu'elles y restent. Et puis ça me fait du bien de les sortir. Et puis apparemment, ma voix aide certains d'entre vous à s'endormir. Il y a aussi désormais la newsletter qui relèvera chaque épisode et qui sera aussi un endroit de coulisses. Mes questionnements, mes doutes et un endroit d'échange parce que je lis absolument tout ce que vous m'écrivez et que vos réponses me donnent des idées, des directions. Il y a le nouveau site ramantajoua.com que j'ai créé cet été, plus complet, avec chaque épisode, les transcriptions, les liens d'écoute. On y trouve le mur des mercis qui remercie tous les participants de la campagne Ulule de juin, celle qui finance une partie de cette saison 2. Et je suis en train d'y construire une petite boutique où il y aura les goodies de la campagne et les pépites. Les pépites, je vous en avais parlé au tout début, c'était une idée que j'avais dès le départ. L'idée que chaque épisode puisse donner naissance à un petit objet, une édition limitée, et qu'au bout d'un moment ça fasse un catalogue, une collection. J'y ai un peu réfléchi cet été, j'ai commencé à produire celle de la première saison. C'est anecdotique comme produit, c'est un peu plus que des goodies, c'est peut-être une façon de soutenir le podcast en gardant un morceau d'un épisode qui vous a marqué. Côté rythme, je passe à un épisode tous les 15 jours. L'hebdomadaire m'a apporté énormément de stress organisationnel au printemps. Et puis moi à côté j'ai une activité de photographe qui me nourrit, qui me prend du temps et que j'aime fort. Donc je m'allège un petit peu la pression. Tous les 15 jours je pense que je peux le tenir sans sourciller. Et puis, rien ne m'empêchera de glisser un solo entre deux si l'envie m'en prend. Maintenant, j'ai quelque chose à vous demander. Alors, ce n'est pas super naturel pour moi, donc je vais le faire simplement. Ce podcast coûte de l'argent. Le montage, l'hébergement, le matériel, mon temps. La campagne Ulule de juin en finance une partie. Et je remercie encore chacune des personnes qui y a participé. Vous êtes tous sur le mur des merci du site. Mais ça a financé une partie seulement. Le reste, il faut encore le trouver. Alors, il y a trois façons de m'aider. Elles ne demandent pas toutes de l'argent. La première, elle est gratuite et c'est la plus efficace. Parlez de Ramène ta joie. envoyez un épisode à quelqu'un. Ça marche, je vous ai raconté l'histoire de cette jeune femme qui va rencontrer mon invité. Abonnez-vous, laissez des étoiles. 5. Écrivez deux lignes en commentaire. C'est ce qui fait qu'un podcast est trouvé par des gens qui ne me connaissent pas. La deuxième, si vous voulez accompagner financièrement le développement du podcast, modestement, les pépites et la boutique du site. Chaque pépite est liée à un épisode, elle est en édition limitée, Et tout ce qu'elle rapporte va directement dans la production de la saison. Vous soutenez. Et vous repartez avec un morceau d'un épisode qui vous a marqué. La troisième, celle où j'ai vraiment besoin de vous. Je recherche une entreprise, une marque pour s'associer à cette saison. Si vous en dirigez une, ou si vous connaissez quelqu'un qui, etc. Écrivez-moi. On parle d'un média joyeux, soigné, qui met en lumière des gens vrais. Il y a pire comme endroit pour poser son nom. Mon adresse est sur le site et vous pouvez aussi me répondre directement à la newsletter, je lis tout. Voilà, c'était ma demande, je la fais une fois, franchement, et après on retourne aux histoires. Voilà où j'en suis. Une saison entière derrière moi, faite quasiment de première fois. Un syndrome de l'imposteur avec lequel j'ai appris à négocier. Et une conviction qui s'est installée sans que je m'en aperçoive. A chaque fois que j'ai osé, quelque chose s'est ouvert. Pas toujours ce que j'attendais, mais quelque chose. Alors je vous laisse avec la question qui va avec. Le truc que vous n'osez pas faire en ce moment, celui auquel vous pensez depuis des mois, qu'est-ce qui se passerait si vous le faisiez le premier pas ?