- Speaker #0
Entendis à une femme en projet bébé, arrête d'y penser, t'y penses trop, ça va finir par arriver. C'est sûrement la phrase la plus inutile qu'on puisse dire. Là tout de suite, si je vous dis de ne pas penser à un éléphant rose, qu'est-ce qui va se passer ? Bah évidemment vous allez penser à un éléphant rose. Donc je vous laisse imaginer le genre de dégâts que ça peut faire ce genre de phrase avec un désir si fort que le désir d'enfant. Aujourd'hui avec mon invité Kelly, On va parler de ce que ça veut vraiment dire de vivre dans l'attente et surtout comment on fait pour pas se perdre ni s'oublier dans cette phase d'attente quand on est en projet bébé. Place au rendez-vous du jour. Bienvenue dans Rendez-vous avec Diana, le podcast où on parle fertilité et santé des femmes. Que vous veniez d'arrêter la pilule, que vous soyez en essai bébé ou engagé dans un parcours PMA, si vous cherchez des clés pour prendre soin de votre fertilité et de votre santé, Vous êtes au bon endroit. Je suis Diana. Après 15 ans en tant que sage-femme, c'est mon propre parcours d'infertilité qui m'a menée à changer de vous. Aujourd'hui, j'accompagne les femmes en désir de grossesse à redevenir actrices de leur parcours vers la maternité. Dans ce podcast, nous parlerons de fertilité, d'hormones, de cycles, de santé et de bien-être. Alors, installez-vous confortablement et c'est parti pour le rendez-vous du jour. Bonjour et bienvenue dans le rendez-vous du jour. Alors, pour le sujet d'aujourd'hui, c'est vraiment l'un des épisodes que vous m'avez le plus demandé quand je vous avais demandé quel sujet vous aviez envie que je traite. Ce qui est revenu le plus souvent, c'est gérer la phase d'attente quand on est en essai bébé, en projet bébé. Et c'est vraiment ce qui est revenu le plus dans vos messages, ce que je retrouve le plus dans ma pratique, au quotidien, en consultation avec vous. C'est une thématique qui revient absolument tout le temps. Gérer l'attente, gérer la frustration de l'attente. Et pour aborder cette thématique, je ne serai pas seule. J'ai le plaisir d'accueillir Kelly du compte Insta et ses bébés positifs. Bonjour Kelly.
- Speaker #1
Bonjour Diana.
- Speaker #0
Est-ce que s'il te plaît, tu peux commencer par te présenter ? Dis-nous qui tu es Kelly.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors donc, premièrement, moi j'ai vécu un parcours PMA pour avoir mon poids. premier enfant et c'est comme ça aujourd'hui que maintenant j'accompagne les femmes en parcours de fertilité à réguler leur stress émotionnel et mental pour ne plus vivre l'attente comme une lutte permanente contre elle-même en fait, grâce à des approches psychocorporelles.
- Speaker #0
D'accord, ok. Donc tu viens comme un soutien émotionnel et psychologique au cours du parcours des femmes vers la maternité, c'est bien ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, tout à fait.
- Speaker #0
Super. Petite question que je pose avant de rentrer dans le vif du sujet à tous mes invités. Comment, toi, tu aides les femmes à soutenir leur fertilité et ou leur santé ?
- Speaker #1
Comme je te le disais, c'est vraiment... Moi, j'ai vraiment une approche orientée psychocorporelle. Donc, je vais, si tu veux, délivrer un programme d'outils à la fois orienté sur la partie psychologique et à la fois orienté sur la partie pour redescendre, en fait, au niveau du corps et du système nerveux.
- Speaker #0
D'accord, ça fait le lien en quelque sorte entre le mental, le psychisme et ce qui se passe dans le corps, c'est bien ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça.
- Speaker #0
Donc on va essayer de comprendre un petit peu pourquoi est-ce que l'attente d'une grossesse, quand on est dans un parcours d'essai bébé, ça peut générer une frustration qui soit si élevée, si importante, une attente qui est vraiment si difficile à vivre pour les femmes, les couples qui sont dans ce parcours vers la maternité. vers la parentalité ?
- Speaker #1
En fait, je dirais que, tu vois, c'est une attente vraiment très primaire, finalement, tu vois. Ça touche vraiment à quelque chose de très primaire. L'attente d'une grossesse, tu vois, c'est pas une attente comme les autres, en fait. C'est vraiment... C'est pas comme si on attendait un projet extérieur. C'est on attend avec son propre corps, tu vois. Et du coup, chaque mois, il y a de l'espoir, il y a du désespoir, des déceptions. Il y a aussi de l'investissement émotionnel. Il y a parfois aussi des sacrifices. Si par exemple, j'avais prévu tel ou tel voyage et je ne peux pas y aller. Ou des sacrifices d'un point de vue alimentaire. Parce que certaines personnes aussi, ce n'est pas forcément naturel chez elles de manger certains aliments par exemple. Ça peut être aussi des sacrifices émotionnels. Et surtout, c'est une projection très intime. L'attente d'un enfant, ça vient toucher quelque chose de très fort. Et surtout quand il y a des chutes aussi, malheureusement, quand il y a des échecs, il y a tout qui redescend. Et du coup, vraiment, je dirais que la frustration, elle vient du décalage entre tout ce qu'on donne intérieurement. et le fait que finalement le résultat il dépend pas de notre volonté en fait. Donc voilà, vraiment il y a tout cet aspect là, ça vient toucher aussi l'identité de la femme, la projection de soi, du sens de notre vie aussi. Moi c'est quelque chose tu vois, typiquement ça venait vraiment toucher le sens de ma vie, de me dire bon si je peux pas faire d'enfant, je vais faire quoi de ma vie en fait. Voilà donc je dirais que tu vois que l'attente... Ce n'est pas juste de la patience, c'est vraiment une vraie mise à l'épreuve émotionnelle et de manière répétée.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, à chaque cycle, les règles qui arrivent, c'est la déception d'avoir eu ces règles. Et puis voilà, nouveau cycle, nouvelle opportunité, nouvelle possibilité. Et puis c'est cette phase d'espoir. Puis on arrive à la période, pour celles qui sont en essai naturel, de la fenêtre de fertilité, en PMA, de la stimulation, du déclenchement de l'ovulation. Voilà, on est dans cette période d'espoir. Et puis après, on passe cette période de la fenêtre de fertilité, du déclenchement. Et on est dans ces deux semaines d'attente, de doute, de questionnement. Et puis, on a les symptômes du syndrome prémenstruel qui peuvent être très similaires à ceux du début de grossesse. Donc ça, ça vient rajouter une couche supplémentaire. par-dessus cette attente. C'est vraiment après, il y a les règles qui reviennent. Moi, dans ce que j'entends de ce que les femmes me disent, et de ce que j'ai vécu aussi dans mon parcours d'infertilité, c'est vraiment un vrai rollercoaster émotionnel qui revient tous les mois, tous les mois, tous les mois.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et c'est ça dans ce que j'entends de ce que les femmes me disent qui est difficile à gérer. Parce qu'il y a au-delà De l'attente, il y a aussi les fluctuations hormonales qui sont liées au cycle qui viennent rajouter encore une couche par-dessus cette attente. Et donc je pense que c'est pour ça aussi que c'est une attente qui est différente des autres attentes qu'on pourrait avoir dans la vie pour un projet externe par exemple.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Toi, qu'est-ce que tu observes chez les femmes que tu accompagnes le plus souvent pendant cette attente ?
- Speaker #1
Je dirais ce que j'observe le plus souvent, c'est vraiment l'épuisement émotionnel et mental, tu vois, plus que physique. Concrètement, je suis face à des femmes qui pensent en permanence à leur cycle ou à leur PMA, ce qui est normal, mais du coup ça va engendrer tout ce qui analyse de chaque sensation, tu vois, et on va avoir tendance à osciller entre peur et espoir, et désespoir. Et du coup, finalement, elles ne savent plus, tu vois, à un moment donné, ce qu'elles ressentent vraiment, tu vois. À ça, il y a beaucoup de culpabilité qui vient s'ajouter.
- Speaker #0
À quel niveau la culpabilité ?
- Speaker #1
Eh bien, en fait, c'est très variable en fonction des femmes. Certaines, ça va être l'âge, tu vois. Elles vont se dire, je culpabilise de ne pas avoir commencé avant, par exemple. Certaines, ça va être, je stresse trop, il faut que je sois plus positif, il y a pire que moi. Tu vois, ça va être vraiment très mélangé. Mais en tout cas, ce qui ressort beaucoup, c'est je suis épuisée émotionnellement. Et en plus de ça, je culpabilise. Et je dirais aussi qu'il y a beaucoup de tristesse. On ne s'autorise pas dans ce parcours.
- Speaker #0
Des émotions qu'on n'arrive pas à exprimer, qu'on n'arrive pas à libérer peut-être ?
- Speaker #1
Pour certaines, oui. Qu'elles n'arrivent pas effectivement à libérer. Je dirais que pour d'autres, simplement, elles ne s'autorisent pas. Il faut tenir coûte que coûte. Parce que si on flanche, comment on fait pour affronter la suite finalement ? Donc je pense qu'elle ne s'autorise pas à flancher en fait.
- Speaker #0
Et tu penses que dans le cadre de ce parcours, est-ce qu'on peut s'autoriser à flancher ?
- Speaker #1
Je pense que oui, on peut s'autoriser à flancher, clairement. Et je le conseille finalement même parce qu'en étant dans cette boucle permanente, on rentre dans une hyper-vigilance émotionnelle en fait. Comme si ce système nerveux était constamment en alerte. Alors que finalement, ce que j'enseigne en priorité, c'est que quand on a des échecs, il vaut mieux s'autoriser à flancher. et à accueillir vraiment ce qu'on ressent, au lieu de se dire, allez, c'est parti, on relance la machine direct derrière. Je pense que c'est vraiment important, avant tout, d'être dans une phase d'accueillir ce qui nous arrive, de se sentir légitime et de s'autoriser à être triste, parce que c'est pas rien ce qu'on vit quand on vit un échec, une fausse couche, grossesse extra-utérine, peu importe, ou un accouchement prématuré, tout ça, c'est pas rien. Ce sont des vrais micro-traumatismes et c'est vraiment une étape de transformation. Ça va nous changer intérieurement et émotionnellement dans notre futur chemin de maternité. Donc je pense que c'est vraiment très important de s'autoriser ça. Et ça n'empêche pas qu'après, on peut très bien, voire même mieux, relancer la machine derrière, une fois qu'on s'est autorisé à prendre ce moment.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses que, par exemple, l'arrivée des règles, ça peut aussi générer ce genre de traumatisme ? Tu l'as mentionné auparavant, quand on est dans un parcours des CBB ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, tout à fait. Effectivement, la réussite des règles, ça représente la chute de l'espoir. Donc oui, clairement.
- Speaker #0
Et donc, on pourrait peut-être, comme message à nos auditrices, leur transmettre l'importance de l'accueil des émotions à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Parce que finalement, quand les règles arrivent, c'est un deuil, c'est une remise en question. Parce que c'est une interaction à la fois hormonale, émotionnelle et cognitive aussi, je dirais. Clairement, s'autoriser ça à ce moment-là.
- Speaker #0
Moi, ce que je remarque aussi, quand j'entends les femmes, quand elles me parlent, c'est qu'il y a beaucoup d'injonctions qui leur sont faites dans ce parcours. Lâche prise, arrête d'y penser, tu y penses trop. Qu'est-ce que toi, tu penses du poids et de l'impact qu'ont ces injonctions sur le parcours des femmes ? Je pense que tu dois avoir fort à dire à ce sujet.
- Speaker #1
Déjà, à titre perso, clairement, je vais être sincèrement transparente. Même si ça part d'une bonne intention, c'est très, très violent quand on les reçoit. Je ne sais pas, peut-être si toi aussi, c'est quelque chose que tu as vécu, tu vois. Mais voilà, en tout cas, moi, comment je l'ai ressenti et comment je vois aussi que les femmes, elles le ressentent, ça donne vraiment l'impression, tu vois, que si ça ne fonctionne pas, c'est qu'on fait quelque chose de mal, qu'on est soit trop, qu'on est soit... pas assez. Et du coup, psychologiquement, en fait, ça crée de la honte. Moi, clairement, j'avais vraiment honte d'en parler autour de moi. Ça m'a créé de la culpabilité. Ça a créé de la lutte intérieure.
- Speaker #0
De la friction, en quelque sorte. Une sorte de friction interne.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, clairement. Et ce que j'aimerais aussi vraiment dire, c'est que on n'apprend pas à lâcher prise sur un désir aussi fort. C'est juste impossible et surtout pas sur une injonction pareille.
- Speaker #0
Donc le arrête d'y penser, le tu y penses trop, le lâche prise et puis ça finira bien par arriver. Enfin ça c'est des injonctions qu'on ne veut plus entendre et que les femmes ne devraient plus entendre aujourd'hui.
- Speaker #1
Non, non, non. Ça clairement c'est vraiment quelque chose qu'on devrait même sensibiliser. Je pense qu'aujourd'hui, clairement, quelqu'un qui est en face de nous et qui ne vit pas ce qu'on vit, je comprends que la personne ne puisse pas le comprendre. Donc le meilleur soutien qu'on pourrait avoir dans ces moments-là... c'est simplement une écoute attentive et bienveillante.
- Speaker #0
Quels conseils on pourrait donner aux femmes par exemple qui entendent ce genre d'injonctions, qui se veulent bienveillantes de la part de l'entourage ? Quels conseils on pourrait leur transmettre aux femmes pour mieux vivre, mieux gérer ces invonctions ? Qu'est-ce qu'on pourrait leur dire ?
- Speaker #1
Moi, deux choses. Ce qui m'a aidée, et ce que je transmets aussi, c'est que déjà, premièrement, on ne peut pas changer la réaction des gens. Le seul vrai travail sur lequel on a du pouvoir et sur lequel on peut changer, c'est nous comment on réagit face à cela. Donc ça c'est vraiment hyper important, c'est vraiment d'intégrer qu'on n'a pas de contrôle sur les autres. On ne peut pas s'épuiser à ça, je pense que dans un parcours des CBB on a déjà beaucoup d'énergie à donner, donc ne donnons pas plus d'énergie à ça. Concentre-nous sur nous, sur notre état intérieur et ce qu'on ressent et ce qu'on peut maîtriser. Donc ça c'est la première des choses, et la seconde aussi qui aide beaucoup. C'est de se préparer en amont avec une phrase bouclier, tu vois. Trouver une phrase qui résonne avec nous, tu vois, je sais qu'il y en a certaines, ce qui les aide c'est de répondre un peu sur le ton de l'humour, d'autres, voilà, de dire simplement, écoute, c'est un sujet sensible, j'ai pas envie de m'étaler sur le sujet, quand on a en retour une réponse, bah c'est parce que tu y penses trop. Donc voilà, je dirais vraiment de préparer cette phrase bouclier en fonction de sa personnalité, quelle image on aura envie de renvoyer dans cette réponse.
- Speaker #0
D'accord, donc de se préparer en amont, par exemple, on va à une réunion familiale, on va à un dîner avec des amis, on sait que peut-être potentiellement le projet bébé va être évoqué. Et de se préparer un petit peu mentalement aux commentaires qu'il pourrait y avoir autour de ce projet et de décider d'une phrase qui servirait de bouclier. C'est bien ça que tu conseilles ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça exactement.
- Speaker #0
Pourquoi cette attente dans le cadre des projets bébés, ça peut donner le sentiment de mettre sa vie en place ? parenthèse en quelque sorte ?
- Speaker #1
En fait, tout simplement parce que je dirais tout est calculé, tout devient conditionnel en fait. L'attente, ça crée vraiment un état intérieur spécifique en désir de conception et du coup, ça crée des phrases du type, bah non, ça je le ferai quand je serai enceinte ou je me sentirai bien quand je serai enceinte. C'est toujours conditionné au quand. Je ne me projette pas sur ça, on verra. Parce que peut-être ça va tomber au mauvais moment de mon cycle ou au mauvais moment de ma PMA. Au cas où, je ne vais pas planifier ce voyage. Je n'ai pas envie de me réjouir aussi parce que j'ai peur que j'ai quelque chose derrière qui arrive, qui me tombe dessus. Donc tu vois, petit à petit, finalement, on retarde les projets, on limite les plaisirs. Et du coup, ça crée un peu cette mise entre parenthèses en fait.
- Speaker #0
Donc on revient à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est d'être dans cette situation de contrôle permanent en quelque sorte, de contrôle de son corps, de contrôle de ses émotions, de contrôle des projets qu'on fait ou qu'on ne fait pas en fonction du cycle, en fonction de la PMA et en fonction de tout un tas de paramètres externes en quelque sorte. Et en quoi est-ce que ce contrôle permanent, ça peut devenir éreintant ? épuisant sur le plan émotionnel.
- Speaker #1
C'est épuisant parce que, en fait, finalement, le contrôle, c'est un travail à temps plein, tu vois, pour le cerveau, parce qu'il n'est jamais mis en pause, en fait. Et du coup, bon, on en revient à ce qu'on disait, mais c'est surveiller chaque signe du corps, symptômes, glaires, températures, tests. C'est aussi anticiper le pire dans son cerveau, simplement pour se protéger aussi. Chercher la bonne action, la bonne décision, la bonne solution, tu vois, constamment. Et en fait c'est ça constant, si tu veux, dans chaque action, quand on est en essai bébé, chaque action qu'on va faire est en vue de ce projet bébé. Ça donne en fait à son cerveau une illusion, je dirais, de sécurité, mais finalement il entretient l'idée que si je contrôle mieux, je souffrirai moins ou j'aurai plus de chance. Mais du coup ça met en fait, comme je le disais tout à l'heure, son système nerveux en état d'hypervigilance. le corps il est là mais il n'est jamais vraiment au repos finalement et c'est comme ça en fait qu'on obtient de la fatigue émotionnelle, de l'irritabilité, la sensation d'être à cran et aussi cette perte un peu de connexion au corps.
- Speaker #0
Oui, on peut complètement s'oublier en fait, s'abandonner presque j'ai envie de dire pendant cette période d'essai. Est-ce que tu penses que ce serait important de se redonner une place à soi et ce qui nous fait du bien pendant qu'on est dans cette phase d'attente, dans cette phase de transition, dans le parcours ? de fertilité.
- Speaker #1
C'est clairement très important de se redonner une place à soi. Finalement, tu vois, ce que je dis souvent, c'est que se redonner de la place, c'est pas oublier son désir d'enfant, tu vois, c'est vraiment arrêter de se réduire à ce désir, en fait. Et ça passe par se questionner au quotidien et se demander, bon, bah, aujourd'hui, qu'est-ce que j'ai besoin vraiment ? Tu vois, qu'est-ce qui me fait vraiment du bien à moi ? Pas parce que je dois le faire pour ma fertilité. Et comment je peux me soutenir là, maintenant ? Et pas quand je serai enceinte. C'est vraiment remettre du vivant là où tout est devenu tendu, en fait.
- Speaker #0
Donc c'est hyper important, je pense, de rappeler aux femmes d'avoir cette pensée au quotidien, de dire bon ben voilà, pour mon projet j'ai fait ça, ça et ça, et au final, qu'est-ce que j'ai fait pour moi aujourd'hui ? Qu'est-ce que j'ai fait pour me faire du bien à moi aujourd'hui ? Est-ce que je suis allée danser ? Est-ce que je suis allée me promener, faire une balade ? Est-ce que je suis allée faire un massage ? Est-ce que juste je suis allée voir mes copines pour... rigoler et me vider le cerveau. Qu'est-ce qu'on peut imaginer comme actions qui pourraient ressourcer, faire du bien, recharger les patries pendant qu'on est dans cette phase d'attente de la grossesse ?
- Speaker #1
C'est exactement ça, Diana. Tu l'as déjà très bien résumé pour moi. Après, c'est propre à chacun. Vraiment, c'est de remettre au centre tout ce qu'on aime et de s'autoriser, même si on ne s'autorise pas tout, mais en tout cas d'y aller progressivement. de s'autoriser des petites choses qu'on ne s'autorisait plus parce qu'on l'a mis entre parenthèses pour notre projet bébé. Et ça passe aussi même par des micro-actions au quotidien, mais même dans le couple, tu vois, si tu vas au resto avec ton conjoint, forcez-vous à ne pas parler de projet bébé, quoi. Parce que ça, finalement, typiquement, c'est quelque chose qui revient énormément où j'ai des couples qui me disent « Non, mais on communique bien, on arrive bien quand même malgré tout à s'organiser des moments rien que pour nous. » Ouais, mais quand je leur pose la question... finalement quand ils vont au resto, qu'est-ce qu'ils parlent ? Ils parlent de ça quoi. Donc vraiment tu vois, ça part vraiment par ces micro-actions du quotidien, ça peut être comme tu l'as dit, sortir juste pour un coup avec ses copines sans arrière-pensée, ça me fait kiffer, je le fais tout simplement.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais un outil, une pratique, des ressources à partager avec nos auditrices qui pourraient leur permettre de traverser cette attente avec davantage de douceur, davantage de confort, si je puis dire ?
- Speaker #1
Ouais, donc un outil que je transmets beaucoup sur mes contenus, enfin sur tous mes contenus gratuits d'ailleurs, c'est vraiment celui que je recommande, c'est la respiration en 4-8. Donc c'est vraiment d'inspirer par le nez pendant 4 secondes et d'expirer sur 8 secondes par la bouche. Et ça vraiment, c'est top de le faire plusieurs fois par jour et de le faire au minimum 3 à 5 minutes pour vraiment ressentir les effets. Et cet exercice il est top parce qu'il permet d'activer instantanément son système nerveux parasympathique. Donc non seulement ça apporte une diminution de l'hypervigilance mentale. parce que du coup le fait de compter aussi ça permet de focus son attention sur autre chose que sur des scénarios catastrophes et aussi c'est un super outil pour ralentir le rythme cardiaque tu vois ça ça peut être vraiment un outil moi que j'utilise beaucoup par exemple quand j'ai peur de l'avion parce que j'ai mon coeur qui palpite c'est vraiment le type d'outil que je vais utiliser dans des moments où tu vois t'as une montée intense d'émotions par exemple avant un rendez-vous PMA, juste avant de faire un test de grossesse Merci. Je ne sais pas si toi, ça t'est déjà arrivé, mais tu vois, tu as l'émotion un peu qui s'emballe.
- Speaker #0
Et on a le palpitant au plafond.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Donc, j'invite vraiment à tester cet outil. Il est top dans ces moments-là.
- Speaker #0
OK, merci pour ce partage, Kelly. Je pense que c'est vraiment hyper précieux de pouvoir mettre ce genre d'action en place dans le quotidien pour s'aider à traverser ce quotidien qui est fait d'attente avec plus de douceur et plus de bienveillance avec soi-même. Avant qu'on termine, si tu pouvais t'adresser directement à une femme qui nous écoute, et je sais qu'elles seront nombreuses, qui sont en pleine phase d'attente, qu'est-ce que tu aimerais pouvoir lui dire ? Quel message est-ce que tu aimerais pouvoir lui transmettre ?
- Speaker #1
Vraiment, le premier message que j'aime transmettre et qui est fondamental, c'est vraiment que ce que vous ressentez, c'est normal et légitime. Vraiment, ne culpabilisez pas pour toutes ces émotions que vous ressentez pour un désir qui est aussi fort. En fait, finalement, aussi fort, ce n'est même pas assez fort. C'est un désir viscéral. Donc vraiment, c'est normal, c'est légitime. Vous n'êtes pas faibles parce que c'est dur. Vous êtes simplement humaines. Et on peut désirer un enfant aussi sans s'oublier en chemin. Et surtout, vous n'êtes pas seul.
- Speaker #0
Merci Kelly. Vraiment, c'était... Hyper précieux que tu nous partages tous ces conseils concrets à pouvoir appliquer dans le quotidien. Donc si nos auditrices, elles ont envie de te retrouver, où est-ce qu'on peut te retrouver ? Qu'est-ce que tu as envie de leur partager ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, on peut me retrouver essentiellement sur mon compte Instagram, c'est le plus simple.
- Speaker #0
Ok, est-ce que tu peux donner juste le nom du compte et puis après moi je l'indiquerai dans les ressources de l'épisode.
- Speaker #1
Ouais, donc mon compte c'est Essai Bébé Positive.
- Speaker #0
Super. Et comment est-ce que tu accompagnes toi les femmes au quotidien ? Quels sont les outils que tu leur proposes, les différents accompagnements que tu proposes ?
- Speaker #1
Donc alors moi, essentiellement, j'ai un programme qui dure sur quatre semaines. L'objectif, c'est vraiment de les aider à faire un chemin émotionnel, à sortir de la peur et de l'épuisement mental, et à retrouver en fait... un sentiment de puissance et d'espoir sans s'effondrer dans l'attente et se retrouver dans son désir de maternité. J'ai deux formats d'accompagnement, un format en autonomie et vraiment après un format un peu plus cocooning où j'accompagne en one-to-one.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup Kelly. Et dernière question rituelle que je pose à tous mes invités experts, qu'est-ce que toi tu as mis en place récemment dans ton quotidien pour soutenir ... ou ta santé ou ta fertilité ?
- Speaker #1
Récemment, que j'ai mis en place et que j'essaie de m'appliquer et que c'est dur, j'essaye dans ma journée, en tout cas sur le travail, pas en globalité sur le travail et la vie perso, mais sur le travail, j'essaie de me mettre trois grosses tâches du jour et de ne pas en mettre plus que trois parce qu'après, ça génère du stress. Et donc là, j'essaie de me limiter, focus à trois tâches du jour. et au moins je sais que je les ai faites. Je suis satisfaite de ma journée parce que j'ai fait ma tout-dou.
- Speaker #0
Ouais, super de ne pas se mettre des tout-dou-lits à rallonge, c'est ça ? Ouais, c'est ça. Je pense que c'est hyper précieux comme conseil de ne pas avoir des tout-dou qui font trois pages de long.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
Un immense merci à Kelly pour cet échange qui était vraiment passionnant. Si en écoutant ça, vous vous êtes reconnus dans l'épuisement, dans les montagnes russes émotionnelles, Dans cette fatigue de devoir tenir, rappelez-vous que vous n'êtes pas seul. Moi aussi je suis passée par là et il y a bien d'autres femmes aussi qui passent par là. Et la chose la plus dure moi que j'avais trouvé dans cette attente, ce n'était pas les examens, les rendez-vous médicaux, l'incertitude, c'était de continuer à fonctionner normalement, alors qu'à l'intérieur c'était l'ébullition, ça craquait dans tous les sens. Donc ce que j'aimerais vous dire aujourd'hui, c'est que c'est ok de ne pas aller bien, c'est ok d'être épuisé. Ça veut... pas du tout dire que vous n'êtes pas assez forte ou je sais pas quoi, ça veut juste dire que vous traversez quelque chose qui est vraiment difficile, c'est tout si cet épisode vous a fait du bien vous a aidé à vous sentir moins seul n'hésitez pas à venir m'en parler sur Instagram, je suis toujours vraiment ravie de pouvoir échanger avec vous n'hésitez pas non plus à me laisser une note ou un avis sur votre plateforme d'écoute favorite c'est gratuit, ça prend 30 secondes Et ça m'aide vraiment à faire connaître le podcast à d'autres femmes qui en ont besoin. Si jamais vous pensez à une femme dans votre entourage qui traverse ça en ce moment, une amie, une sœur, une collègue, une cousine, vous pouvez lui envoyer cet épisode parce que parfois, juste savoir qu'on n'est pas seul, ça fait vraiment du bien. Et si ce n'est pas encore fait, abonnez-vous sur votre plateforme favorite pour ne manquer aucun rendez-vous. Je vous souhaite une très bonne journée, soirée, après-midi, peu importe en fonction du moment où vous écoutez cet épisode. Et je vous dis à la semaine prochaine pour le prochain rendez-vous. Et d'ici là, prenez soin de vous.