- Speaker #0
Bienvenue dans Rendez-vous avec Diana, le podcast où on parle fertilité et santé des femmes. Si vous veniez d'arrêter la pilule, que vous soyez en ECBB ou engagé dans un parcours PMA, si vous cherchez des clés pour prendre soin de votre fertilité et de votre santé, vous êtes au bon endroit. Je suis Diana. Après 15 ans en tant que sage-femme, c'est mon propre parcours d'infertilité qui m'a menée à changer de vous. Aujourd'hui, j'accompagne les femmes en désir de grossesse à redevenir actrices de leur propre vie. parcours vers la maternité. Dans ce podcast, nous parlerons de fertilité, d'hormones, de cycles, de santé et de bien-être.
- Speaker #1
Alors installez-vous confortablement et c'est parti pour le rendez-vous du jour.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Vous êtes nombreuses à venir échanger avec moi sur Insta et à me demander, Diana je suis en parcours PMA, comment on fait pour tenir, c'est si long cette attente et la vraie question en réalité c'est Est-ce qu'on a vraiment le choix ? On n'a pas d'autre alternative que de tenir et que de faire avec. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Marisa pour répondre à cette question. Ce n'est pas une réponse toute faite, c'est sa réponse, sa vérité, le parcours qu'elle a traversé pour arriver à la maternité. Et spoiler, ce n'est pas juste penser positif et tout ira bien, comme on peut souvent l'entendre. Bonjour Marisa.
- Speaker #1
Bonjour Diana.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux commencer s'il te plaît par te présenter et nous dire un petit peu qui tu es ?
- Speaker #1
Oui, pour moi, c'est Marisa. J'ai 35 ans. Je suis d'origine portugaise. Je suis née et grandi là-bas, au Portugal. Je suis venue en France en 2014. Donc, j'habite ici depuis 2014.
- Speaker #0
D'accord. Et qu'est-ce que tu fais de beau dans la vie ?
- Speaker #1
Je suis ingénieure de recherche dans le domaine des énergies renouvelables.
- Speaker #0
D'accord. Du coup, j'imagine que tu es en couple actuellement et que tu as commencé à te poser des questions à propos de la maternité il y a quelques années. C'est bien ça ?
- Speaker #1
Oui, je suis actuellement en couple. Les questions par rapport à la maternité, elles sont venues un peu avant, quand j'étais célibataire. Pendant le confinement en 2020, le premier, parce que je me suis retrouvée, j'ai fait le confinement toute seule. J'habitais en colocation à l'époque, mais ma colocataire, elle est partie chez ses parents. Et du coup, je me suis sentie seule et j'ai développé une peur de finir mes journées toute seule. Et l'envie d'avoir un enfant est apparue à ce moment-là. Il y a eu des gens qui ont voulu avoir des animaux de compagnie. Moi, je voulais un enfant.
- Speaker #0
Ça a déclenché l'envie d'avoir un bébé, le confinement.
- Speaker #1
C'est ça. Le problème, c'est que j'étais célibataire. Donc, j'avais personne pour le faire.
- Speaker #0
Et quand est-ce que tu as rencontré ton conjoint, alors ?
- Speaker #1
Mon conjoint, je l'ai rencontré un an plus tard. Pire d'un an plus tard, en mars 2021.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, la vie se passe. Vous faites votre vie et cette envie... d'avoir un bébé, elle commence à se faire plus forte, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'était un peu compliqué parce que lui, il a déjà deux enfants. Il a vécu une séparation qui n'était pas évidente parce que la première année suite à sa séparation, les enfants sont allés habiter à 600 kilomètres chez lui. Donc, il ne voulait pas revivre la même chose. Donc, il n'était pas sûr de vouloir refaire un enfant. C'était une question que j'ai posée sur la table tout de suite parce que j'avais déjà 30 ans, donc je n'avais pas envie de m'engager. Dans une relation où la personne ne voulait pas être papa. Et du coup, c'est une question qui est vite venue sur la table. Et pendant deux ans, je n'ai pas eu forcément de réponse.
- Speaker #0
Une réponse claire à cette question ?
- Speaker #1
Non. Il avait très peur. De revivre la même chose.
- Speaker #0
Parce qu'il avait déjà deux enfants. Il avait peur de vivre de nouveau une séparation, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. L'idée d'être éloigné de ses enfants.
- Speaker #0
Et du coup, petit à petit, la vie se passe. Et finalement, est-ce qu'il... Il adhère à ce projet ? Qu'est-ce qui a motivé son choix ? Qu'est-ce qui l'a fait basculer pour se dire, vas-y, on lance les essais bébés ?
- Speaker #1
Il a fallu deux ans pour se rendre compte que j'étais venue pour rester. Du coup, au bout de deux ans, on a décidé que c'était le bon moment de commencer les essais.
- Speaker #0
D'accord. Et quand vous avez commencé les essais, qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Vous vous êtes dit, ça va prendre du temps ou on arrête que ça arrive ? Vous étiez un petit peu dans quel... Dans quel état d'esprit au début de ces essais ?
- Speaker #1
Donc, on avait un voyage prévu au Costa Rica en novembre 2023. Donc, on s'était dit que ce serait un peu bête de faire ce voyage avec un bébé dans le ventre parce qu'on ne sait pas, à chaque recette, c'est différent. Donc, on ne sait pas comment tu vas vivre la tienne. Donc, on va attendre ce voyage. Donc, on a décidé qu'on allait commencer pendant le voyage.
- Speaker #0
D'accord. Vous partez en voyage et vous lancez les essais bébés pendant le voyage en espérant revenir avec un petit bébé qui s'est accroché, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et du coup, la réalité, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ce n'est pas à ce moment-là, c'est même avant en fait. Je n'ai plus mes règles. En août 2023, je n'ai plus mes règles. Et pas parce que je suis enceinte, mais parce que j'ai un syndrome S.O.P.K. Et j'ai des épisodes dans ma vie adulte où je n'ai pas eu des règles, des épisodes d'améliorés, 2-3. Et donc là, c'est un nouveau épisode qui commence au moment où j'ai décidé d'être maman, qui n'est pas évident parce que du coup, sans règles, on ne sait pas où on est dans notre cycle.
- Speaker #0
Oui, c'est difficile de se positionner, de savoir à quel moment du cycle on est, avec des cycles qui sont... Soit super long, soit plus de règles du tout en fait.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et du coup, tes règles, est-ce qu'elles sont finies par revenir naturellement ?
- Speaker #1
Non, j'ai dû attendre quand même 6-7 mois. Et elles sont revenues avec des médicaments, des traitements clomides. J'ai fait trois cycles avec clomides et elles sont revenues à ce moment-là, pas de façon naturelle.
- Speaker #0
D'accord, mais quand même, tu avais réussi à retrouver des menstruations avec le clomide.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comment tu t'es sentie dans cette perspective où tu te disais, ben mince, on voulait faire un bébé et puis on commence à prendre le chemin de la médicalisation. Comment tu as vécu ça, toi et ton conjoint aussi peut-être ?
- Speaker #1
Moi, j'étais hyper contente en fait. Je croyais que ça allait marcher. Je me suis dit, ah bien, du coup, j'ai quelque chose qui va m'aider finalement. Au moins, j'ai mes règles. C'était déjà ça.
- Speaker #0
Je vais avoir un coup de pouce, je vais avoir mes règles. Du coup, ça va marcher.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai mes règles, ça va marcher. Maintenant, ça va marcher. Sauf que ça n'a pas marché. On a fait quand même trois cycles. Et après, c'était la PMA. Je suis vite partie en PMA.
- Speaker #0
D'accord. Dans ton couple, comment ça se passait à ce moment-là ? Ton conjoint, comment lui, il voyait les choses ?
- Speaker #1
On était assez positifs, en fait. Parce qu'on croyait que la médecine allait nous aider.
- Speaker #0
D'accord. Vous vous êtes dit, allez, hop, on se lance en PMA, nouveau projet. C'est sûr, ça va fonctionner. On a les médecins qui sont là, qui vont nous aider à concrétiser notre projet. Vous étiez dans cette dynamique-là, c'est bien ça ?
- Speaker #1
On était très optimistes. Moi, je croyais presque que ça allait marcher du premier coup. C'était très naïf de ma part parce que j'ai pris une bonne claque.
- Speaker #0
T'es confrontée à l'univers de l'APMA et ça a été un peu la désillusion, c'est ça ?
- Speaker #1
Complètement. J'ai pensé que ça allait marcher du premier coup parce que du coup, j'ai mes règles, j'ai ça qui va m'aider. J'ai 34 ans, je ne suis pas… Je ne suis pas jeune jeune, mais je suis encore dans la fourchette d'âge où on dit que ça peut se faire. Pour moi, mon problème, c'était l'absence de règles. Une fois que j'ai retrouvé mes règles, il n'avait pas de raison.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça s'est passé ce premier cycle en PMA ?
- Speaker #1
Ce premier cycle en PMA, on a fait une stimulation ovarienne, juste la stimulation. Donc, il n'a pas eu de ponction ni rien. Mais il n'a rien eu. Je n'ai pas eu mes règles, contrairement au cycle que j'avais fait auparavant avec l'omide. Et je n'étais pas non plus enceinte. Donc ça, c'était la première claque.
- Speaker #0
Ah ça, j'imagine que ça a été particulièrement difficile, se dire bon ben voilà, on se lance dans ce parcours, c'est sûr ça va nous aider, et là, pas de règles et pas de bébé dans le ventre.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Comment tu t'es sentie à ce moment-là ?
- Speaker #1
Là, j'ai commencé vraiment à croire qu'il avait un problème avec moi.
- Speaker #0
Quel genre de problème ?
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Il y a eu des moments où tu as douté de ta capacité à pouvoir être maman un jour ?
- Speaker #1
Oui, ça c'était le premier moment. J'ai douté que ça allait être possible. Et le deuxième, c'était qu'on donnait passer en FIV. Et là, lors de la première ponction, j'ai vu des femmes défiler. Le médecin biologiste appelait toutes les femmes après la ponction. Et moi, j'étais la dernière à être appelée. Et en fait, le biologiste vient me voir et me dit, le docteur, le professeur veut vous voir. Autant que toutes les autres femmes, ils avaient vu des biologistes. Donc, c'était déjà pas bon. Et après, quand on rentre dans son bureau, le bureau professeur, il nous dit « Madame, qu'est-ce que vous avez fait ? Parce que vous n'avez pas d'ovocytes. On n'a pas pu prélever d'ovocytes. »
- Speaker #0
Là, j'imagine que c'est un peu la douche froide quand tu entends ça.
- Speaker #1
Oui, et surtout qu'il ne savait pas expliquer. Il m'a demandé « Est-ce que vous avez oublié des injections ? Il a oublié des ratés dans les traitements ? » Parce que sinon, je ne comprends pas ce qui s'est passé. Et du coup, quand un médecin te dit qu'il ne comprend pas ce qui s'est passé, Ça fait peur.
- Speaker #0
Oui, c'est déstabilisant comme situation.
- Speaker #1
Oui, ça fait.
- Speaker #0
Et du coup, ça, c'était à l'issue de ton premier cycle, c'est ça ?
- Speaker #1
Ma première fibre, oui.
- Speaker #0
Oui, ta première fibre. Après cette première fibre, qu'est-ce que tu te dis ? Vous avez enchaîné tout de suite sur une deuxième ? Vous avez fait une pause ? Comment ça s'est goupillé, la suite ?
- Speaker #1
Moi, pour moi, je voulais tout enchaîner. Donc, on a enchaîné direct. Donc, cette première fonction, elle a eu lieu en décembre. 2024 et en janvier 2025 j'étais à nouveau au bloc pour une nouvelle fonction donc pour moi j'avais pas le temps à perdre parce que du coup Comme ça ne se passait pas comme j'attendais, ou pas si vite comme j'attendais, je me suis dit, je n'ai pas de temps à perdre, il faut qu'on se lance tout de suite.
- Speaker #0
Ok, et cette deuxième ponction, comment ça se passe en janvier 2025 ?
- Speaker #1
Elle se passe hyper bien, on a huit ovocytes.
- Speaker #0
Super !
- Speaker #1
Et deux embryons.
- Speaker #0
Génial !
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et là, vous enchaînez sur un transfert frais ?
- Speaker #1
On fait tout de suite un transfert frais, oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a donné ce résultat ?
- Speaker #1
Négatif.
- Speaker #0
Donc ça, j'imagine que c'est difficile. Après la ponction blanche, la ponction, on a huit ovo-ocytes, on se dit super, on a deux embryons. Et là, c'est un peu la désillusion quand tu reviens avec le test négatif.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Mais on avait un sur l'étagère, donc on s'était dit, bon, les médecins nous avaient dit qu'on avait 50% d'hypothèse que ça marche. Donc on est resté dans les premières 50%. Ça va marcher la prochaine fois. Et on avait un sur les deux aires. Donc, on a réussi quand même à garder l'espoir.
- Speaker #0
D'accord. Et après cette deuxième tentative qui n'a pas été fructueuse, qu'est-ce que tu fais là ? Tu te dis, bon, ben voilà, on a encore un embryon, on enchaîne, on continue à enchaîner ? Ou est-ce que cette fois-ci, on fait une pause ?
- Speaker #1
Non, non, on enchaîne. Moi, je…
- Speaker #0
On enchaîne, on continue.
- Speaker #1
Oui, on continue. Donc, on fait un deuxième transfert, cette fois-ci, un embryon congelé, en mars. Et dans la foulée, on décide… partir en Italie. Une semaine toutes les deux pour penser à d'autres choses parce qu'on s'était dit que le mental pourrait aussi jouer. Donc on fait une semaine en amour en Italie. On est partis à trois. Mais malheureusement on est rentrés à deux.
- Speaker #0
Comment tu as vécu cette période ?
- Speaker #1
Là je l'ai mal vécu.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu te dis à ce moment-là ?
- Speaker #1
Là j'ai des moments de colère, de tristesse, de culpabilité. Je me suis dit que c'était peut-être le fait Merci. de partir en voyage, de faire beaucoup de voitures. Ça n'avait pas aidé, que j'avais trop marché. Je fumais à l'époque, donc je me suis dit que ça n'aidait pas non plus. Donc j'avais énormément de culpabilité et de colère.
- Speaker #0
Oui, l'émotion qui revenait, c'était la colère. Et à ce moment-là, est-ce qu'à un moment dans ton parcours, tu t'es dit, je vais chercher de l'aide ailleurs que dans la médecine ? Est-ce que je vais envisager ? D'autres options ? Est-ce que je vais aller explorer d'autres choses pour m'aider dans ce parcours vers la maternité ?
- Speaker #1
Oui, depuis le début, j'ai toujours cherché de l'aide en dehors de la médecine. J'ai commencé par être suivie par un nutritionniste, mais ça c'était au tout début de mon parcours, nutritionniste spécialiste en fertilité. Donc ça, j'ai mis en place dès le début. Et après, il y a d'autres choses que j'ai mises en place au fur et à mesure. D'abord, la compétition. Plus tard, les drainages lymphatiques et des massages pour le bien-être. Et après, j'ai ajouté de l'ostéopathie. Donc, c'est des choses que j'ai commencé à ajouter au fur et à mesure. J'avais des échecs.
- Speaker #0
Tu as mis une petite brique après l'autre, C'est bien ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait ça.
- Speaker #0
Et est-ce que ça t'a fait du bien ? Est-ce que ça t'a apporté des choses positives au long de ton parcours d'avoir mis toutes ces choses en place autour de toi, d'avoir cette équipe de thérapeutes en quelque sorte autour de toi pendant ce parcours ? Est-ce que toi ça t'a permis de ressentir un bénéfice ?
- Speaker #1
Oui, l'alimentation c'est sûr, mais ça je l'ai fait depuis le début et je crois énormément, d'ailleurs c'est quelque chose auquel je me suis toujours intéressée. Mais je savais que ce n'est pas mon métier, je n'ai pas fait des études là-dessus, donc j'avais besoin de quelqu'un à aller là-dessus.
- Speaker #0
Un œil externe pour voir si ce que tu faisais, c'était adéquat pour soutenir la fertilité.
- Speaker #1
Pour ça et aussi au niveau de la supplémentation, de la complémentation.
- Speaker #0
Oui, parce que ça ne s'improvise pas une supplémentation en vue de la fertilité.
- Speaker #1
Voilà, donc j'avais besoin de quelqu'un avec un regard critique sur mes analyses de sang, parce que moi... Alors naïvement, je pensais que si j'étais dans les intervalles qui apparaissent dans les résultats des analyses, c'était beau. Sauf que je viens à découvrir qu'en fait, c'est une moyenne des mesures faites dans ces labos et que c'est des valeurs qui varient de labo à labo. Et finalement, il se trouve que non. Le fait de se trouver dans la fourchette des valeurs qui apparaissent devant ton résultat d'analyse, ça ne veut pas dire que tu es optimum en fait.
- Speaker #0
C'est une chose que d'être dans la fourchette labo et c'en est une autre que d'être dans l'optimal pour la fertilité.
- Speaker #1
Et pour ça, j'avais besoin d'aide aussi pour me complémenter comme il faut.
- Speaker #0
À quel moment ça s'est concrétisé ce projet et tu as appris que tu étais enceinte ? Comment ça s'est passé ? Parce que je rappelle que tu es actuellement presque en fin de grossesse.
- Speaker #1
Donc c'était lors de notre dernière tentative. Donc, mon mari m'a presque forcée à faire une pause parce qu'on s'est mariés en mai. Et moi, je me suis dit, on enchaîne. Et donc, il m'a dit, Marisa, on va se marier en mai. J'ai un peu peur que tes souvenirs du mariage…
- Speaker #0
Les hormones plus le mariage, c'est un peu compliqué à gérer peut-être.
- Speaker #1
Oui, surtout qu'en fait, d'avoir un mauvais souvenir du mariage parce que j'étais en plein traitement, avec la tête dedans et avec les symptômes du traitement. Donc il m'a convaincu heureusement à faire une pause. Donc on a fait une pause pour se marier. D'ailleurs on a décidé de se marier le jour de la ponction blanche pour avoir un projet positif en parallèle. Donc en décembre on a décidé de se marier pour mai. Donc on a fait une pause en mai pour le mariage et début juin on rattaque du coup les traitements pour la dernière fibre qui a marché. Et qui a donné origine au petit bout de chou qui est dans mon ventre. actuellement.
- Speaker #0
Ça a été quoi ta première pensée quand tu as vu ce test positif ?
- Speaker #1
Je savais déjà que j'étais enceinte avant. Parce qu'il y avait des choses que j'ai ressenties que je n'avais pas ressenties les autres fois. Mais j'avais peur de croire.
- Speaker #0
Comme quoi, par exemple ?
- Speaker #1
J'avais des tiraillements en bas du ventre. C'était surtout ça. Ça me tirait énormément en bas du ventre. Et je n'avais pas ressenti ça les autres fois. Je savais, mais j'avais peur de croire parce que j'avais peur d'être Merci. déçue par les résultats. Et du coup, quand j'ai vu quand on a reçu des résultats, c'était une explosion d'émotion.
- Speaker #0
Ça a été aussi peut-être une manière de se protéger, de se dire j'essaye de pas trop m'investir émotionnellement. C'est souvent une manière de se protéger sur le plan émotionnel quand on a déjà connu des pertes ou des grossesses qui se sont arrêtées précocement. Est-ce que toi tu arrives, malgré ce parcours, à profiter de ta grossesse ?
- Speaker #1
C'était compliqué parce que c'était une grossesse pas évidente. J'ai eu pas mal de soucis. J'ai eu un décollement du sac gestationnel à six semaines d'aménorrhée. Le jour du mariage de mon frère, je me suis retrouvée aux urgences. Toute ma famille a su que j'étais enceinte. Six semaines. Quinze semaines d'aménorrhée, j'ai eu un décollement de la membrane. À 20 semaines d'aménorrhée, j'ai été hospitalisée à cause d'une micro-fissure de la poche des oeufs. Et donc, les premiers mois de la grossesse, c'était un peu compliqué de se projeter. Mais dès qu'on est passé les 24 semaines d'aménorrhée, je me suis permis de croire plus à cette grossesse.
- Speaker #0
Tu as eu le sentiment que la grossesse, elle prenait un tournant à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, c'était l'étape à franchir. pour moi, parce que le bébé avant, il n'était pas viable.
- Speaker #0
Si tu faisais un petit peu une rétrospective sur tout ce parcours, qu'est-ce qui a changé entre la toi d'il y a quelques années qui se lance dans les essais bébés et la toi de maintenant qui est au fait de tout ce parcours, de comment ça se passe ? Est-ce que ça a changé ta vision de la maternité ? Est-ce que ça a changé ta vision des choses ?
- Speaker #1
D'abord, j'ai compris qu'en fait, je ne peux pas tout maîtriser.
- Speaker #0
Ça, c'est quelque chose qui revient souvent, effectivement, quand on est dans ce genre de parcours.
- Speaker #1
J'ai dû apprendre à lâcher prise. Et j'ai, en fait, j'ai mis toute ma vie en stand-by. J'ai arrêté de voyager. J'ai tout mis en stand-by pour qu'en fait, mes voyages ou mes déplacements ne tombent pas au moment de mes traitements ou des interventions PMA. Et donc, oui, j'ai appris à lâcher prise, en fait. On ne peut pas tout maîtriser.
- Speaker #0
Tu avais quelque chose ? à dire aux femmes qui traversent des difficultés similaires en ce moment, qui sont dans ce parcours, dans cette attente encore d'avoir un bébé, qui se sentent seules peut-être, quel message est-ce que tu aurais envie de leur transmettre ?
- Speaker #1
Déjà qu'elles ne sont pas toutes seules, qu'il faut parler, se faire accompagner, partager avec son partenaire, des proches, d'autres femmes qui vivent la même chose. Moi j'ai eu du mal, j'étais... Très, très bien entourée par ma famille, par mon conjoint, par des collègues au bureau. Mais je ne connaissais personne qui avait eu ce parcours. Et j'avais besoin d'échanger avec des gens qui avaient passé par là. Donc, je me suis mise à écouter beaucoup de podcasts. Et j'ai créé aussi un compte Instagram pour partager mon parcours. Et c'est où j'ai rencontré beaucoup de femmes qui avaient vécu le même parcours que moi. Donc, la première chose, c'est de parler.
- Speaker #0
Oui, je mettrai ton compte Instagram dans les ressources de l'épisode s'il y a des jeunes femmes qui veulent éventuellement aller échanger avec toi sur cette thématique-là pour qu'elles puissent te retrouver. Oui, donc tu disais qu'une chose importante, c'est parler, partager ses ressentis, partager ses expériences. Ça, c'est quelque chose qui est important selon toi ?
- Speaker #1
Oui, et aussi de croire en fait. Et qu'on est plus fort que c'est qu'on croit. On a une capacité énorme d'encaisser.
- Speaker #0
Oui, on devient fort par la force des choses en quelque sorte.
- Speaker #1
Je pense qu'on l'est déjà, sauf qu'on ne croit pas.
- Speaker #0
C'est juste que ce parcours vient révéler cette force qu'on ne se sait pas avoir. C'est ça. Je suis assez d'accord avec toi. C'est quelque chose qui résonne pas mal avec ce que j'ai traversé aussi. Et si tu pouvais revenir en arrière, te parler à la toi du début du parcours, qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ? La toi qui ne sait pas encore toutes ces étapes et ces embûches. ces difficultés qu'elle va traverser, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #1
Je lui aurais dit de voyager.
- Speaker #0
De ne pas mettre les voyages en pause.
- Speaker #1
Je lui aurais dit, il ne faut pas arrêter de vivre en fait. Ça va finir par arriver.
- Speaker #0
C'est super important ce que tu viens de partager. C'est vraiment quelque chose d'hyper important que je partage aussi avec mes clientes. C'est qu'il ne faut pas s'arrêter de vivre. C'est hyper important, je suis tout à fait d'accord avec toi pour ce point. Et avant qu'on se quitte, est-ce qu'il y a une ressource, est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais partager avec les femmes qui sont actuellement dans cette attente ? Et en gros, pour faire simple, qu'est-ce que c'est ton meilleur conseil, au-delà de ce qu'on a déjà partagé, pour les femmes qui sont actuellement dans cette phase d'attente ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est de prendre un peu en main le parcours en cherchant un ordre de la médecine. En fait, ce que j'ai fait, ça a marché pour moi. L'acupulture finalement ça n'a pas marché donc j'ai changé, j'ai remplacé par l'ostéopathie et par les drainages lymphatiques. Il faut tester, il faut oser, il faut chercher de l'aide ailleurs que la médecine et trouver en fait ce qui marche pour chacune. Pour moi c'était la nutrition, les drainages lymphatiques et l'ostéopathie surtout. J'ai essayé aussi des psychologues mais j'ai essayé deux psychologues différentes et je n'ai pas accroché avec donc j'ai laissé aussi tomber. Donc, il faut vraiment chercher et garder ce qui marche pour nous.
- Speaker #0
De t'orienter vers le praticien qui te correspond, en fait, en quelque sorte.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Voilà, super. C'est le mot de la fin, Marisa ?
- Speaker #1
Je voulais te remercier de m'avoir invitée, de m'avoir écoutée. Et je voudrais aussi… Je souhaite que le témoignage pourra aider d'autres femmes qui traversent un parcours difficile vers le chemin de la maternité.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment… vraiment ça l'objectif de cet épisode. Merci beaucoup à toi Marisa d'avoir partagé tout ça avec nous. Vraiment, je suis sûre que cet épisode va être une ressource hyper précieuse pour les femmes qui sont dans cette phase d'attente. Je suis certaine que ça va en aider plus d'une. Alors maintenant, avant de se quitter, j'ai besoin de toi. Si cet épisode t'a touché, t'a aidé, t'a fait du bien, je t'invite à faire trois petites choses. Premièrement, tu peux venir me laisser un commentaire sur Instagram, sur mon compte. Dis-moi si cet épisode t'a fait du bien, ce que tu en retiens. Ça me fait toujours hyper plaisir de vous lire et vraiment, je suis toujours hyper heureuse de pouvoir partager avec vous. Deuxième petite chose, si tu peux me laisser une note sur ta plateforme d'écoute favorite, ça prend littéralement 10 secondes et ça aide vraiment le podcast à être découvert par des femmes qui en ont besoin. Dernière chose, n'hésite pas à partager cet épisode à une copine, une sœur, une collègue, une amie, à qui tu veux. une femme qui traverse un parcours similaire à celui-ci parce que je suis sûre que cet épisode sera extrêmement bénéfique pour elle parce que des épisodes comme ça c'est fait pour circuler et c'est fait pour être partagé merci infiniment à toi de m'avoir écouté jusqu'au bout et d'avoir écouté le témoignage de Marisa, on se retrouve la semaine prochaine pour un prochain rendez-vous Diti là, prends bien soin de toi et à très vite