- Speaker #0
Chers étudiants, bonjour ! C'est parti pour un nouvel épisode de votre podcast Ready for Work. Projet pro, entretien, posture au travail, quel que soit votre besoin professionnel, ce podcast vous est proposé par votre talent center Excelia. Par des conseils, des anecdotes et des confidences, nous invitez ce livre et vous livrent leurs tips professionnels. Aujourd'hui, notre échange s'articule autour de l'engagement sociétal et la carrière, ou comment aligner les deux. Alors, pour répondre à cette problématique, j'ai le plaisir de recevoir Fabien Seychère, porte-parole de Jobs That Make Sense.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour Fabien, et bienvenue. Je commence chaque enregistrement par une anecdote personnelle de mes invités. Alors, quand et comment t'es venu l'envie de l'impact de Donner du Sens ?
- Speaker #1
Alors en fait, moi j'ai pas eu forcément de déclic à proprement parler. C'est plus un petit caillou dans la chaussure, une espèce de dissonance qui commençait à grandir en moi. Moi, j'étais engagé politiquement et je travaillais chez SFR. Et du coup, je voyais un petit peu la dissonance entre les deux. Et après, c'est plus des opportunités que j'ai saisies au fil de ma carrière. Et j'ai affiné mon projet professionnel au fur et à mesure. Et si on remonte un petit peu encore avant. Je m'aperçois aujourd'hui que tous les rêves de gosses que j'avais de métier étaient plus ou moins liés avec un impact, un intérêt général. Et d'ailleurs, si vous faites l'exercice, c'est souvent le cas. Moi, j'ai voulu être médecin, ophtalmo, chercheur. Il y avait toujours une quête d'intérêt général. Donc en fait, si je me reconnecte au moi tout petit, ça fait longtemps que je voulais bosser dans l'impact.
- Speaker #0
Super. Avant de continuer, je te propose de présenter ta structure. Alors, Make Sense et Jobs that Make Sense, en format pitch, ça donnerait quoi ?
- Speaker #1
Déjà, c'est un exercice de diction, Jobs that make sense, ce n'est pas évident. Donc, Jobs that make sense, c'est une émanation de l'entité, l'association Make Sense, qui œuvre pour accompagner, donner le pouvoir d'agir aux citoyens. Et en fait, il y a plein d'actions qu'on mène pour se faire chez Make Sense. On a de l'entrepreneuriat à impact, on accompagne les entrepreneurs à impact, on a des fonds d'investissement pour les entreprises qui se lancent. On a de l'accompagnement des étudiants aussi et des étudiantes via des programmes, souvent à la rentrée, autour de l'engagement citoyen. Et on a donc cette plateforme Jobs That Make Sense, qui est sur vraiment la question de l'emploi et de la formation. Et nous, notre mission chez Jobs That Make Sense, c'est d'accompagner un maximum de citoyennes et de citoyens pour faire de l'impact leur métier, en fait, et qu'ils trouvent un job à impact positif. Et pourquoi on fait ça ? parce qu'on croit que le travail, c'est un levier énorme pour réussir la transition écologique et solidaire, et qu'à échelle individuelle, c'est aussi le moyen d'action certainement le plus fort. Quand on regarde, on travaille 70 000 heures dans une vie. Donc si on met ça au service de l'impact, c'est là où on peut vraiment avoir un impact positif très fort.
- Speaker #0
Très clair, merci beaucoup. Nos étudiants sont sensibles à la RSE, au développement durable. C'est même plutôt naturel chez eux que pour nous à notre époque. mais Et de là à se projeter dans une carrière engagée, c'est autre chose. Concrètement, ça veut dire quoi ça, une carrière engagée ? Quelle forme ça peut prendre ?
- Speaker #1
Ça peut prendre plein de formes différentes en fait. Et souvent, ce problème de projection de la part des étudiants, nous on observe que c'est lié à plusieurs freins, des croyances limitantes qu'on peut avoir. La première, c'est sur le salaire. Souvent on se dit, ça ne va pas payer. Mais en fait, nous, on a regardé, il y a effectivement des écarts de salaire qui existent de l'ordre de 17%. On a fait un baromètre des salaires dans l'impact et l'économie sociale et solidaire. Mais en fait, quand on regarde les différences de salaire, ce n'est pas lié au fait que ce soit impact ou pas impact. C'est lié au fait que ce soit des plus petites structures ou des plus grosses structures, que ce soit des associations ou des entreprises. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a des métiers rémunérateurs dans l'impact comme n'importe où. Ça a déjà première croyance limitante levée. Ensuite, on a souvent l'impression que c'est des domaines d'expertise, que pour avoir de l'impact, pour avoir une carrière engagée, il faudrait exercer un métier qu'on appelle un métier vert. Par exemple, être ingénieur en énergie renouvelable, être responsable RSE ou CSRD quand on fait de la finance. Or, ce n'est pas le cas non plus. Tous les métiers peuvent avoir un impact positif. Moi, aujourd'hui, je fais du marketing, comme je faisais du marketing avant chez SFR. mais je le fais dans une structure engagée, donc j'ai un impact positif. Et enfin, on se dit aussi que ça va être des secteurs bouchés, qu'on renonce à sa carrière quand on va vers l'impact. Et là, si on prend un petit peu de recul, le secrétariat général de la planification écologique, donc ça ne vient pas de moi, nous dit qu'il y a 8 millions d'emplois aujourd'hui qui sont impactés par la transition écologique, et si on se projette encore un peu... on sait que la transition écologique, on n'y coupe pas. Qu'on le fasse de manière volontaire ou pas, on va y passer. Et du coup, c'est aussi une question d'employabilité de s'y mettre dès maintenant, d'aller bosser dans l'impact dès maintenant. On sait qu'on prend de l'avance sur l'avenir. Moi, je fais souvent le parallèle avec le digital. Moi, j'ai fait mes études de 2000 à 2005. J'ai fait le pari du digital, ce n'était pas encore gagné dans le marketing. Et aujourd'hui, je suis employable parce que j'ai une expertise digitale. Donc demain, ça va être la même chose sur l'environnement. vous vous formez dès maintenant et que vous commencez à exercer des métiers liés à la transition écologique dès maintenant, demain, vous serez plus employable que si vous ne l'avez pas fait.
- Speaker #0
Et oui, je comprends tout à fait. Donc, tu es d'accord avec moi, Fabien. Une des façons de s'engager au travers de sa carrière, c'est de choisir des entreprises ou des organisations dont la vocation est tournée vers le développement durable, l'impact et la solidarité. Ça, on est d'accord. Mais comment on fait pour les reconnaître ?
- Speaker #1
Ça, c'est toute la difficulté. C'est pour ça qu'on a lancé, donc, Jobs that make sense, cette plateforme. Je n'ai pas reprécisé tout à l'heure. Donc, nous, on est une plateforme d'emploi et de formation à impact. On a à peu près 10 000 structures engagées sur la plateforme, 300 offres de formation. C'est souvent des formations complémentaires aux formations initiales. Et également, on a plein de contenus, 300 contenus, des articles pour comprendre un petit peu. la transition et justement sur la question des 10 000 structures à impact, donc comment on fait pour les reconnaître ? Il y a plein de types de structures différentes. D'abord, il y a tout le champ de l'économie sociale et solidaire. Donc là, c'est des formes juridiques spécifiques, les associations, les fondations, les mutuelles, les coopératives et les entreprises ESUS, donc entreprises solidaires d'utilité sociale, ce qu'on est chez Jobs That Make Sense. Donc ça, c'est assez facile de les reconnaître. C'est la structure juridique. Vous allez sur des sites comme société.com, vous regardez, vous savez si c'est une association ou une entreprise. Ça, c'est le premier point. Il y a 2,5 millions d'emplois dans l'économie sociale et solidaire. On l'oublie souvent, c'est énorme. Deuxième type de structure, ce qui est l'emploi public, la fonction publique, pareil, un impact positif. On travaille pour l'intérêt général, 5 millions d'emplois. Donc là encore, c'est des énormes viviers d'emplois. Ensuite, il y a toutes les entreprises qu'on appelle éco-entreprises ou entreprises à impact positif. Donc là, c'est des entreprises dont la finalité, qui produisent des biens ou des services, qui œuvrent pour la transition écologique et solidaire. Par exemple, vous avez un tout-goût de Tougo, vous allez avoir Enercop, tout ce qui est autour des énergies renouvelables. Là, c'est un peu plus difficile de quantifier le nombre d'emplois, parce qu'il n'y a pas de base nationale des entreprises, des éco-entreprises, mais c'est assez massif et ça grossit. Ensuite, il y a, je vais jusqu'au plus difficile, ensuite, il y a ce qui est les partenaires de la transition. Donc, c'est des entreprises qui accompagnent les citoyens ou les entreprises pour avoir un impact positif. Ça va être les cabinets de conseil en RSE, par exemple. Ça va être une plateforme d'emploi impact positif, Job That Makes Sense, nous, on est là-dedans. On est un partenaire de la transition. Ça va être tout ce qui est formation aussi et sensibilisation, la fresque du climat, atelier d'automne, etc. se catégorisent là-dedans. Et enfin, et c'est la typologie la plus difficile à identifier, c'est les entreprises en transition. Toutes les entreprises ont des obligations légales ou font au-delà des obligations légales pour aller vers la transition écologique et solidaire. Et là, vous pouvez exercer des métiers qui œuvrent directement, qui concourent directement à cette transition écologique au sein des grandes entreprises.
- Speaker #0
Ok, merci. Et donc, si on va plus loin, pour synthétiser, parmi ces organisations, quelles sont celles qui recrutent le plus et qui offrent des perspectives de carrière un peu plus intéressantes, on va dire ?
- Speaker #1
Alors, sur les secteurs d'activité qu'on sait être clés dans la transition écologique et donc qui recrutent déjà ou qui vont recruter, il y a tout ce qui est la rénovation énergétique des bâtiments. Ça ne veut pas dire forcément être sur le chantier. Vous avez de la chefferie de projets autour de ça énormément et de l'accompagnement des citoyens. Il y a tout ce qui est énergie renouvelable, on en parlait tout à l'heure, donc vous pouvez bosser chez Enercop, chez d'autres acteurs des énergies renouvelables. Vous avez tout ce qui est transport décarboné, par exemple on parle beaucoup des batteries, comment on produit des batteries, comment on fait des mobilités partagées, comment on bosse sur le secteur du vélo également. et vous avez autre secteur d'activité, tout ce qui est autour de l'agriculture et l'alimentation. Je prends l'exemple de Tougou de Tougou, la lutte contre le gaspillage alimentaire, c'en est un exemple. Donc là, c'est vraiment les secteurs qui recrutent le plus aujourd'hui ou qui vont recruter le plus dans les années à venir. Et puis après, il y a tout ce qui est le secteur de transformation des entreprises. Comme je le disais tout à l'heure, toutes les entreprises vont devoir se transformer et au sein de ces entreprises, le gros changement qu'on voit là dans ces dernières années, Avant, c'était concentré sur des postes techniques type RSE, CSRD. Aujourd'hui, c'est tous les métiers qui se transforment. On voit vraiment cette évolution-là dans les entreprises. Aujourd'hui, quand vous faites du marketing dans une entreprise, vous allez intégrer une dimension écologique et solidaire. Si vous faites des achats, on va vous questionner sur comment vous faites des achats responsables. Faites attention à la chaîne de valeur, etc. C'est vraiment tous les métiers qui s'adaptent.
- Speaker #0
Ok, très clair. Donc, tu as déjà répondu en partie à ma question suivante, qui était savoir comment on s'adaptait pour les entreprises plus classiques, plus lentes au changement, en fait. Comment on pouvait avoir une posture engagée au sein de celle-ci ? Et si tu avais, par exemple, des cas concrets ou des métiers qui te venaient à l'esprit pour illustrer ce changement ?
- Speaker #1
C'est assez délicat parce que toutes les entreprises ne sont pas sur le même plan, en fait, sur leur volonté. de changement. Il y a une définition de qu'est-ce qu'est l'impact positif qui est de Thierry Sibiot que j'aime bien, qui dit c'est une volonté de transformation de la société. Et donc là, il y a l'aspect volontaire. Il y a des entreprises qui ont un impact, qui commencent à réduire leur impact négatif, mais qui le font parce qu'elles n'ont pas le choix, parce qu'elles ont des obligations légales. Ça, pour moi, c'est pas tellement de l'impact positif. Par contre, il y a plein de grandes entreprises qui jouent le jeu. Un exemple, le groupe Bell. qui produit Babybel, Lavashkiri, etc. On ne pense pas tout de suite à eux quand on pense à un pacte positif, mais ils ont vraiment des plans de transformation. Ils sont ultra transparents là-dessus. Donc, un bon moyen d'identifier une entreprise qui fait du greenwashing ou une entreprise qui vraiment joue le jeu, c'est de regarder leur transparence. Quelles sont leurs actions ? Est-ce que leurs actions portent bien sur le changement de leur business model ? C'est de ça dont on parle. Ce n'est pas d'adapter l'étouillette à la machine à café. C'est vraiment comment je transforme mon business model. Est-ce que les impacts sont vraiment là-dessus ? Est-ce qu'ils sont audités par l'extérieur ? Et aussi, est-ce que l'entreprise communique sur ce qu'elle n'arrive pas à faire encore ? Je reprends l'exemple du groupe Bell. Si vous regardez leur rapport d'impact, il y a marqué, là, on n'y est pas encore. Et voilà ce qu'on va faire pour atteindre cet objectif. Et ça, ce souhait de transparence-là, il démontre justement qu'il y a une vraie démarche. donc ça c'est pour moi des points fondamentaux pour voir quelle entreprise on peut rejoindre et il y a aussi par qui c'est porté est-ce que le PDG ou la PDG a des actions, parle d'impact positif ou est-ce que c'est porté par un directeur marketing qui fait aussi de temps en temps directeur RSE j'ai beau faire du marketing ça c'est un très mauvais signal parce que du coup ça veut dire que ça va être que de la com RSE Euh... On le voit dans certains groupes. Donc voilà, il y a tout un tas de faisceaux de preuves pour se dire est-ce que c'est une entreprise qui s'engage sincèrement ou est-ce qu'elle fait du greenwashing ? Et du coup, pour répondre, si l'entreprise fait du greenwashing, moi je dis plutôt, red flag, ne pas y aller parce que vous allez vous épuiser à essayer de la faire changer. S'il n'y a pas de volonté de changement, vous n'allez pas tout seul y arriver. Par contre, c'est une entreprise qui est sincère, même si elle est encore très loin d'atteindre ses objectifs. Là, allez-y à fond. Et puis, il y a des collectifs qui se créent d'employés engagés qui vont aider l'entreprise justement à se transformer.
- Speaker #0
Oui, super. Et si on revient aux étudiants, sans vouloir s'engager forcément, la plupart nous évoquent souvent leurs besoins de sens, d'alignement avec leurs valeurs. Et du coup, lors d'un entretien de recrutement, quelles questions ils pourraient poser pour mesurer tout ça ?
- Speaker #1
La question du sens, en fait, elle est assez individuelle. On met plein de choses. très différentes derrière la notion de sens. Il peut y avoir l'impact positif, donc quelles sont les causes que je veux défendre ? Avant de se dire quelles sont les questions que je vais poser en entretien, déjà se dire quelles sont les questions que je me pose à moi. C'est quoi les causes qui m'intéressent le plus, que je voudrais défendre dans mon entreprise ? Quand on parle de valeurs, mais quelles sont les valeurs qui sont réellement importantes pour moi ? Est-ce que c'est des valeurs sociétales ? Est-ce que c'est de l'ordre de l'égalité femmes-hommes ? Il y a plein de valeurs différentes qui peuvent être des impondérables pour vous, donc les lister. Ça va être pareil sur les causes, je le disais. Les missions aussi qu'on aime faire et qu'on n'aime pas faire au travail, parce que le sens, ça peut être aussi l'intérêt de mes missions ne me plaît pas. Du coup, je ne trouve pas d'intérêt. Du coup, je n'ai pas de sens. Donc, c'est de lister aussi les missions qui nous intéressent, celles qui nous intéressent moins. Et la question aussi de l'équilibre pro-perso. Quel est le bon équilibre pour moi, le bon rythme de travail pour moi ? J'ai une liste parce qu'on a six dimensions dans cette question de sens. Il y a aussi la question de la reconnaissance, donc le niveau de salaire, ou quelles sont les formes de reconnaissance qui sont importantes pour moi. Et enfin, l'environnement de travail, où est mon travail ? Si c'est très loin de mon domicile, peut-être que ça va poser problème. Et quelles sont les interactions sociales que je peux avoir au travail ? Donc une fois qu'on s'est fait cette liste-là pour soi, vraiment une espèce de grille où on se pose des questions, on se dit voilà ce qui est important pour moi, là vous allez pouvoir en miroir poser ces questions-là en entretien. Donc ça peut être, si c'est la cause de la biodiversité qui vous intéresse, vous demandez directement d'entretien comment vous vous engagez pour la biodiversité, est-ce que vous avez un plan d'action et concrètement qu'est-ce que vous faites. S'il y a une valeur qui est très importante pour vous, c'est l'égalité femmes-hommes, vous demandez directement qu'est-ce que vous faites, quel est votre index d'égalité femmes-hommes, ça c'est obligatoire, et du coup qu'est-ce que vous faites pour améliorer cet index. comment c'est incarné au quotidien par l'entreprise. Toutes les entreprises, elles ont aussi une liste de valeurs. Parfois, c'est du bullshit. Donc là, vous pouvez aussi, et ça montre votre intérêt, il ne faut pas être timide par rapport à ça et se dire que maintenant, ça va me griller de poser ces questions-là et la manière de les poser. Mais au contraire, ça montre votre intérêt pour la structure.
- Speaker #0
Ok, super. Et pour nos étudiants qui ont des rêves de carrière dans la finance, par exemple, quelles sont les opportunités engagées qui existent dans ces métiers ?
- Speaker #1
Il faut foncer chez Gringotts ou chez Elios ou chez Crédit Coopératif, qui sont des banques engagées. Ça, c'est déjà le premier sujet. Donc, il y a tout un champ de finances responsables qui existe. Il y a des acteurs. Donc là, j'en ai cité trois. Vous avez l'ITA aussi, par exemple, sur l'investissement responsable. Vous pouvez aussi vous spécialiser dans la finance responsable, donc vous dire comment je vais router les investissements. vers la transition écologique et solidaire et pas financer l'industrie pétrolière par exemple, pour ne citer qu'eux. Et vous pouvez aussi au sein des entreprises travailler sur la CSRD, la double matérialité, tous les enjeux de transformation du monde financier pour répondre aux enjeux de la transition écologique. Donc en fait, là on fait l'exercice sur la finance, mais vous pouvez me sortir tous vos masters. Je vous trouverai les pendants dans l'impact. Ça redit ce que je disais tout à l'heure, ce ne sont pas des métiers forcément de spécialistes. Tous les métiers ont leur part d'impact positif possible.
- Speaker #0
Super, merci Fabien. Pour finir, j'aimerais qu'on parle un peu plus cash, car nos étudiants sont très sensibles. Si tu devais donner des points positifs et des points d'attention à garder en tête lorsque l'on réfléchit à rejoindre des entreprises engagées, à quoi il faudrait faire attention ?
- Speaker #1
Je vais prendre mon exemple. Ce que ça m'a apporté de positif, c'est tout ce qui est l'alignement, se sentir aligné. On parlait de valeur tout à l'heure. Se sentir aligné avec ses valeurs, ça fait du bien. Ne pas se poser la question le lundi matin, mais qu'est-ce que je fous là ? C'est pas mal. La question d'employabilité aussi, j'en parlais tout à l'heure, c'est-à-dire que c'est quand même un point super positif de se dire je prends de l'avance sur l'avenir et je sais que là, si je m'oriente vers l'impact positif, demain je continuerai d'être employable. Une forme de fierté aussi, ça va avec l'alignement, mais être capable de dire à quoi je concours, à quoi ça sert ce que je fais, et se dire... Je me projette bien sur quelle est la vision de la société idéale qui est portée par mon entreprise. Ce n'est pas un truc de bisounours. Mais il y a des risques aussi. Le premier risque que je vois, c'est surtout sur de la reconversion, mais il y a des étudiants aussi qui sont dans le cas, c'est de vouloir tout balancer parce qu'on ne se sent pas bien dans son job actuel. On dit qu'il faut que je me reconvertisse ou qu'il faut que je bifurque totalement. Il y a une vague de discours sur la bifurcation. C'est un chemin possible, mais ce n'est pas le seul. Et on peut aussi se dire, j'aime bien mon métier, mais comment je l'exerce dans une structure différente ? Donc, faire attention à ne pas tout balancer, sous-estimer la question du salaire. Il y a aussi parfois des personnes qui disent, moi, je veux avoir un impact, et donc j'entends parfois, et ça me fait horreur, des personnes qui disent, oui, mais tu auras moins de salaire, mais tu auras plus d'impact, tu auras plus de sens, donc ça se compense. Non, ça ne se compense pas du tout. On travaille pour un salaire, donc il faut en avoir conscience. et du coup se poser la question de quel est mon salaire minimum que je vais avoir et là-dessus vous construisez votre plan de carrière, impact ou pas impact et enfin c'est surtout sur les associations on en parle beaucoup en ce moment le surinvestissement parfois parce qu'on a un impact positif, parce qu'on se sent super engagé, super aligné, parce qu'on croit aux valeurs de ce qu'on porte au travail et bien avoir tendance à se surinvestir, pas compter ses heures bosser le week-end, bosser le soir et ça vous êtes pas un super-héros ou une super-héroïne. Donc, vous risquez le burn-out. Donc, il faut faire gaffe avant que ça arrive.
- Speaker #0
Merci, c'est très clair. Merci beaucoup pour toutes ces informations qui vont être très utiles à nos étudiants. On leur souhaite de très belles carrières engagées. A bientôt, Fabien.