- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconnect, le podcast des femmes épuisées. Je suis Séverine Lapp, coach et naturopathe. Je crois au pouvoir des femmes qui se reconnectent à leur essence, qui se révèlent et qui osent suivre leurs rêves pour réinventer leur vie. J'accompagne les femmes qui traversent l'effondrement du burnout pour qu'elles renouent avec leur force intérieure, s'affirment sans compromis et prennent pleinement leur place dans un monde qu'elles contribuent à transformer. Bonne écoute ! Bonjour, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir Anne-Catherine. Anne-Catherine, je l'ai rencontrée il y a quelques années, elle est venue me consulter quand j'exerçais encore principalement en tant que naturopathe. Et si aujourd'hui, je l'accueille, c'est pour qu'on parle d'un sujet qui me tient à cœur, le burn-out. Anne-Catherine, je vais te laisser te présenter.
- Speaker #1
Avec plaisir. Bonjour Séverine, bonjour tout le monde. Merci d'abord pour cette invitation et de m'offrir cette chance de participer à ton podcast parce que c'est vrai que j'avais le souhait d'en faire un depuis quelques temps. Et voilà, c'est aujourd'hui que tu m'offres cette chance, donc merci beaucoup à toi. En ce qui me concerne, je m'appelle Anne-Catherine, je vais avoir 35 ans. Et aujourd'hui, je suis responsable commerciale, donc j'ai un poste à responsabilité quand même, un poste de terrain avec beaucoup de déplacements. Et je vais vous raconter mon témoignage avec qui s'est passé il y a à peu près 10 ans. Donc j'avais 24 ans, même pas 24 ans. Donc c'est assez jeune. Est-ce que tu as des questions ?
- Speaker #0
Non, tu peux effectivement commencer à raconter. À partager mon parcours. Oui, partage ton parcours et si j'ai envie d'aller... En savoir un petit peu plus ou creuser, je n'hésiterai pas à t'interrompre si ça te va.
- Speaker #1
Alors oui, ça me va très bien. Donc c'est vrai qu'il y a dix ans, j'ai été complètement dans le déni. Moi, je n'ai jamais mis le mot burn out parce que j'ai toujours été entourée de personnes qui étaient très solaires ou dans des cultures différentes où c'est un terme qui n'existe pas. Et j'ai été en fait, ça a commencé progressivement. Donc, il faut savoir que j'étais... dans un contexte assez familial compliqué à ce moment-là. J'ai eu d'abord le décès de ma grand-mère, donc on est en 2016. J'ai le décès de la mère de mon papa. Quelques mois après, on apprend que ma sœur a été victime d'une agression. Donc ça a été un choc assez brutal pour moi en tant que femme. Et puis aussi pour le soutien de ma sœur et de ma maman. Ça a été aussi difficile pour elle. À cette période-là, je travaille dans une TPE, on est trois salariés, je suis super épanouie dans ce que je fais, j'adore, je suis super motivée, très investie, très impliquée, je me donne à fond. Peut-être un peu trop, mais j'aime ce que je fais, donc ça se passe plutôt très bien. Le seul souci, c'est qu'à cette période-là, je suis aussi en master droit et co-gestion, donc ça veut dire que c'est l'année du diplôme. À cette période-là, la société, ça se passe bien, mais la société elle-même ne va pas bien. Donc, elle est en redressement judiciaire, ça sent un petit peu la faim. Donc, moi, je me retrouve l'année de ma scolarité, de mon diplôme, avec une entreprise qui va fermer. Pardon, une entreprise qui va fermer. Et puis, moi, je dois valider mes examens. Donc, tu as le stress des examens, etc. On arrive quelques mois après, on apprend que mon petit frère a eu un souci de santé. Il est hospitalisé en psychiatrie. Donc ça, ça a été un choc aussi très brutal pour nous, avec ce sentiment d'impuissance de ne pas pouvoir l'aider parce qu'il était à distance. Donc on n'a pas pu le voir ni lui parler pendant plusieurs mois. il a en fait... perdu le sens de la réalité et il se nourrissait plus, il mangeait plus, il buvait plus. Donc il a eu un switch à ce moment-là et il a été entouré. Donc il y a des amis à lui qui l'ont déposé en urgence psychiatrique et de là, on a réussi pendant plusieurs mois à tout faire en sorte pour qu'il puisse basculer sur notre hôpital de Brumatte, donc pas très loin de chez nous. Donc à cette période-là, on arrive au mois de juin, je passe mes examens. tant que bien, bien que mal. Et forcément, je vais à l'hôpital le voir, on va le voir tous les jours, et puis en même temps, je dois soutenir mon oral. Donc l'écrit, je me souviens que j'ai eu toutes mes épreuves haut la main. Il y a juste le mémoire, forcément, la fin je l'ai bâclé parce que j'étais carrément pas dedans. J'étais carrément pas dedans. Et après, je l'ai eu au rattrapage, l'oral. Donc, j'ai peaufiné tout l'été un petit peu mon dossier. Finalement, je l'ai eu. Je l'ai eu avec une bien meilleure note. Donc, j'étais ravie de ça. Donc, tous ces facteurs-là, ils m'ont déjà bien épuisée, bien fragilisée parce que ça faisait beaucoup trop de choses en même temps. Et ça s'est accumulé. Je me souviens qu'à cette période-là, par exemple, les symptômes que j'avais eus, c'était des sinusites chroniques. Ça, c'était un des premiers facteurs, c'était la sinusite chronique. Il y avait ça et puis un peu de stress, forcément. Mais bon, ce n'était pas moi qui étais impactée. J'avais ce sentiment d'impuissance. Je suis très empathique, donc forcément, je suis très sensible et je ressens ce que ressentent les gens. Donc, c'est comme si moi, je l'avais un peu vécu. J'avais du mal à sortir de cette casquette un peu à m'ampoule alors que ce n'est pas mon rôle. J'ai été très fragilisée par ça, je pense. Ensuite, cette société dans laquelle je travaillais a fermé. Elle a été reprise par une nouvelle personne. Et cette nouvelle personne, j'ai eu un souci avec ce monsieur. Ça s'est traduit par un harcèlement moral, avec des violences verbales et des violences sexuelles. Non, parce qu'il n'y a pas eu d'acte physique, hormis une main sur l'épaule ou il m'a touché le visage. Mais par contre, des violences sexuelles, verbales, très impactantes, et qui m'ont beaucoup... Ça m'a choquée, en fait. Je me suis demandé pourquoi ça m'arrivait à moi. Et je pense clairement qu'il a senti cette vulnérabilité, cette fragilité à ce moment-là, parce que je reste quelqu'un de forte. J'ai cette image, pourtant, de personne qui est assez froide au premier abord et qui est difficile à aborder, surtout avec les hommes. Donc, je ne montre pas, en fait. Même quand il y a quelqu'un qui me plaît dans la vie, je ne montre pas forcément. Je suis assez quelqu'un de pudique et de réservé. Et donc, je n'ai pas compris pourquoi ça m'était arrivé à moi. Et je me suis beaucoup remise en question aussi. Et en fait…
- Speaker #0
Tu as été accompagnée, tu en as parlé autour de toi de ce qui se passait sur ton lieu de travail.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. Justement, ça s'est passé en fin de journée. Il m'a suivie jusqu'à chez moi. Il m'a fait des menaces en me disant « tu peux faire ce que tu veux, je saurai toujours où tu es » . Il m'a donné des ordres comme si j'étais une petite fille sans ressources. Donc vraiment, il a... trouvé cette sensibilité et cette vulnérabilité. Il s'en est vraiment servi parce que pourquoi ça n'était pas arrivé avant ? En fait, il avait vu cette faille-là. À un moment donné où j'ai fait une erreur, j'avais envoyé une mauvaise facture à un mauvais client. Et là, j'avais pleuré dans le bureau parce que j'ai craqué. J'ai dit « je suis désolée, j'ai fait une bêtise » . En fait, j'ai craqué parce que j'avais été à bout. Et effectivement, quand je suis rentrée chez moi, j'étais complètement choquée. Il m'avait suivie jusqu'à chez moi. Excuse-moi.
- Speaker #0
Pas de souci.
- Speaker #1
Il cherchait un peu d'eau. Et il m'a suivie jusqu'à chez moi et j'ai essayé de dormir cette nuit-là. Et en fait, toutes ces violences, je les ai revues dans ma tête. C'est comme s'il avait été avec moi dans mon lit et qu'on avait... On était passés à l'acte.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc le lendemain, j'ai cru que j'allais moi aussi devenir folle et qu'on allait devoir me mettre dans un asile psychiatrique.
- Speaker #0
Oui, mais il y a eu un trauma.
- Speaker #1
Il y a eu un gros trauma, un choc émotionnel. Deux secondes, je reviens. un petit peu d'eau ça me touche beaucoup je pense donc effectivement le lendemain matin je me suis dit je vais devenir folle il faut absolument que j'en parle si je garde ça pour moi ça va être encore une chose à garder à l'intérieur de moi après tout ce qui s'est passé. Je n'allais pas le supporter. Donc, je suis retournée au travail parce qu'il fallait que je parle à mon collègue. J'en ai parlé avec lui. Je lui ai tout raconté. Il m'a dit que c'était très grave. Et quand j'étais au bureau à ce moment-là... Le patron, il n'arrêtait pas d'appeler. Donc, je me suis dit, il ne va jamais s'arrêter. À ce moment-là, je ne savais pas trop quoi faire. Donc, je suis allée voir mon docteur et il m'a mis en arrêt pour syndrome anxio. Parce que j'étais vraiment très, très anxieuse. J'étais vraiment en état de choc. J'en ai parlé à ma famille, à ma mère notamment. Et ça, ça a été difficile aussi parce que ma sœur a aussi... étaient victimes de malveillance d'un monsieur en particulier aussi. Donc, ça a été difficile de leur dire. Et j'en ai parlé à ma meilleure amie. Et en fait, parler, ça libère. Donc, ça libère et ça apporte beaucoup de soutien. À l'issue de ça, j'étais en arrêt maladie pendant plusieurs mois. J'ai demandé une rupture conventionnelle. Ils m'ont donné des papiers qui n'étaient pas bien faits. J'ai pris une avocate. Une avocate qui était une de mes profs en master. Je suis allée la consulter. Donc, j'ai 23 ans et je consulte une avocate parce que j'ai su bien réellement répéter de la part de mon employeur. J'étais totalement dans le déni, mais les symptômes que j'ai eus... Alors déjà, j'ai perdu beaucoup de cheveux. J'ai eu des cheveux blancs qui sont sortis très très vite et qui ne sont plus jamais redevenus colorés. Et je me souviens très bien que j'ai... J'ai été comme complètement dissociée de mon corps. J'étais une personne extérieure et je voyais la scène. Et j'étais complètement distraite de tout ce que je faisais. J'étais incapable de dire si j'avais bien fait ça, bien éteint le robinet, bien éteint la lumière. Incapable de dire ce que j'ai fait cinq minutes avant. J'étais complètement à l'ouest.
- Speaker #0
Ce que tu décris, effectivement, c'est un symptôme dissociatif. C'est quand l'émotion est tellement intense qu'on se met à distance. En fait, c'est un mécanisme de protection. Le bon réflexe que tu as eu aussi, c'est de faire appel à une avocate. Parce que c'est cette personne-là qui va être en charge du dossier. Ça permet de mettre de la distance aussi avec... avec le contact avec la personne qui t'a fait du mal. Pour toutes les personnes qui nous écoutent, si vous vivez des situations difficiles au travail, prenez une avocate ou un avocat. Protégez-vous au maximum, vous avez des droits. L'entreprise, son rôle, c'est de protéger votre bien-être physique et mental. La personne avec laquelle tu travaillais a largement dépassé. les limites. Oui,
- Speaker #1
clairement. Je me souviens aussi que je me regardais dans le miroir et je ne me reconnaissais pas du tout. Je ne savais plus qui j'étais, comme si j'avais perdu ma propre identité. J'ai eu des symptômes aussi des désordres, des troubles digestifs. forcément je n'arrivais pas à dormir la nuit. Et effectivement, je me suis entourée par sécurité, donc d'une avocate mais aussi d'un psychiatre à ce moment-là. J'ai pris un psychiatre pour verbaliser ce qui s'est passé. Ça m'a aidée, mais pas tant que ça, en fait. C'était peut-être parce que c'était un homme, ou peut-être parce que c'était un psychiatre et pas un psychologue. Chacun a son affinité ou sa façon de s'exprimer. Moi, le besoin que j'avais, c'était plus d'être rassurée, je pense. Après, ça m'a fait du bien quand même. Ça m'a aidée, mais c'était aussi pour formaliser les choses.
- Speaker #0
J'allais dire dans la prise en charge, effectivement. Il y a le médecin traitant, il y a le psychiatre. Ce sont des étapes nécessaires sur une prise en charge, en tout cas de l'ordre du trauma, du harcèlement moral ou sexuel sur le lieu de travail. Mais après, il y a toutes les autres approches qui peuvent être intéressantes, justement pour sortir de cet état dissociatif, pour venir à nouveau habiter son corps.
- Speaker #1
Ça a été très long pour réhabiter son corps, effectivement. Parce que je me souviens que j'avais absolument l'envie d'être la plus laide possible, d'être la plus discrète possible. Et c'est vrai que j'ai beaucoup changé dans mon apparence après ça. Je me suis beaucoup renfermée sur moi. J'étais vraiment plus éteinte, en fait. Mais même encore pendant des années après, ça m'a... Ça m'a suivie dans mes relations amoureuses, forcément. Et j'ai eu du mal d'ailleurs à être avec quelqu'un parce que j'ai eu beaucoup de colère envers les hommes de manière générale, même s'ils ne sont pas tous pareils. Mais il y a une première phase où pendant un mois, j'étais complètement dans le déni. Je ne voulais absolument rien savoir. Tout ce que je voulais, c'était m'en sortir, sortir de cette situation, avoir une rupture conventionnelle parce que j'estimais que ce n'était de toute façon pas un mode. d'être démissionnée. Et ça aussi, c'est une fierté que j'ai eue parce que j'ai l'impression d'être sortie un petit peu plus la tête haute que si je n'avais pas fait les choses comme ça. Donc, je suis assez contente de la manière dont j'ai fait les choses. Après, j'ai été convoquée par la sécurité sociale aussi parce que forcément, arrêt sur arrêt... Ils se sont posé des questions. Donc, je suis allée à la Sécurité sociale et je leur ai dit ce qui se passait. Je leur ai dit quels étaient les troubles, etc., liés à ce harcèlement. J'aurais pu porter plainte, j'aurais pu peut-être faire d'autres choses. Mais à cette période-là, j'avais cru comprendre que quand on est victime, il faut prouver qu'on est victime. J'avais certaines preuves, des appels, des SMS, des mails. Ça passait par tous les canaux. Mais après, les violences verbales, elles restaient verbales. Donc, c'était compliqué de prouver les violences verbales sans enregistrement. En tout cas, c'était un peu le coup de grâce, on va dire, sur toute cette période. Et ça s'est passé en très peu de temps. En moins d'un an, tout ça s'est passé. D'ailleurs, c'était à cette période exactement, à quelques jours près. C'était fin avril.
- Speaker #0
D'accord. Voilà.
- Speaker #1
Donc, j'ai essayé de mettre en place... Donc, le premier mois, j'étais complètement tendée, je ne voulais rien savoir. Et le mois d'après, j'ai voulu comprendre. J'ai regardé des reportages sur les harcèlements, sur... Et là, j'ai compris le mot pervers narcissique. de voir que je n'étais pas la seule. C'est triste à dire, mais ça m'a réconfortée. Ça m'a attristée aussi parce que je me dis que ça arrive à trop de gens. Malheureusement, ça arrive à trop de gens. Et en fait, même si on est fort, on a beau être fort, forte, c'est de la manipulation.
- Speaker #0
Ce que tu décris, c'est la rencontre entre deux personnalités. Quand je parle du burnout, je parle de la rencontre entre la personnalité et une organisation d'entreprise. Là, dans le cas d'un harcèlement, on va beaucoup plus loin. C'est une forme d'emprise que la personne avec une autorité hiérarchique va avoir sur toi. dans quelque chose de complètement disproportionné sur le lieu de travail, en fait. Et quand tu parlais des démarches, oui, on peut aller beaucoup plus loin, ça peut aller jusqu'au pénal, c'est grave, en fait. Je pense que c'est important de le souligner, que pour des personnes qui peuvent être confrontées à ce type de situation, c'est important d'être bien entourée. Comme tu le disais, il faut apporter la preuve, ce n'est pas toujours simple. Aujourd'hui, les enregistrements peuvent servir de preuve. Pour les personnes qui sont dans un contexte professionnel difficile actuellement, conserver le maximum de documents. imprimez-les, parce que le jour où on vous retire votre ordinateur ou votre téléphone pro, vous n'avez plus rien sous la main. L'idée, c'est vraiment de constituer un dossier déjà avant que ça aille trop loin, en fait.
- Speaker #1
Oui, effectivement.
- Speaker #0
Et comment tu t'es reconstruite par la suite ? Donc là, tu as eu ta rupture conventionnelle, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu ma rupture conventionnelle, donc c'était assez long. et puis... J'ai eu beaucoup de soutien de la part de mon collègue aussi. Et puis, j'avais un professeur aussi qui mettait en stage des stagiaires chaque année. Et donc, là, je l'avais appelé. Je lui ai dit, il ne faut surtout pas mettre de stagiaire là-bas. C'est vraiment dangereux. Et c'était quelqu'un de très colérique aussi, qui pouvait passer d'une émotion à une autre en très peu de temps. Il s'est servi aussi de... Comme je disais le nom, nom, nom, c'était... Il disait que je l'humiliais, par exemple. Donc, comment je m'en suis sortie ? Le fait de chercher à comprendre et d'avoir d'autres témoignages, ça, ça m'a aidée. Après, je me souviens qu'à cette période, j'ai commencé à énormément marcher. J'ai marché, marché tous les jours, j'ai marché. Et ça, ça a été une vraie, vraie thérapie de marcher. Et depuis, donc là, ça fait dix ans, je marche encore quasiment tous les jours. Et si je ne le fais pas, c'est vital, en fait. C'est devenu vital. Donc maintenant, je randonne presque tous les week-ends, deux, trois heures. Marcher, en fait, c'est le mouvement du corps naturel. Il y a toutes mes pensées négatives qui s'en vont quand je suis en mouvement. La marche.
- Speaker #0
Le corps, il est fait pour être mis en mouvement. Exactement.
- Speaker #1
Pas courir, pas de vélo, mais vraiment la marche. Le plus simple, c'est la base.
- Speaker #0
Le mouvement naturel, effectivement.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. C'est comme si j'avais réappris à marcher, en fait. Et après, la musique, ça m'a beaucoup aidée aussi. La musique, c'est toujours une thérapie. Écouter de la musique, danser. Encore une fois, mettre le corps en mouvement, c'est quelque chose qui libère, qui est très libérateur, qui sort des énergies. Et puis, on ne peut pas mal réfléchir après une petite danse. laquelle qu'elle soit. Juste pour se défouler, franchement, ça fait du bien.
- Speaker #0
Oui, pour évacuer toutes les tensions, en fait. Exactement. Parce que sinon, on reste crispé, contracté.
- Speaker #1
Oui. Je me souviens qu'à cette période-là, j'ai pris aussi un chaton.
- Speaker #0
C'est le chat qu'on a vu passer là ?
- Speaker #1
Non, ce n'est pas lui.
- Speaker #0
Ce n'est pas lui.
- Speaker #1
Non, c'était en 2000... Du coup, en 2017, quand j'ai pris le chaton. Et je crois que depuis ce jour-là, je me suis occupée de lui en fait. Et ça a tout changé. Ça a tout changé. Après, j'ai voyagé.
- Speaker #0
La ronron-thérapie. Voilà, exactement. C'est une super thérapie.
- Speaker #1
Les câlins, c'est trop mignon, un petit chat qui se met en boule pour dormir. Moi, je suis gaga des Ausha, donc c'est complètement mon truc. Et la ronronthérapie, oui, ça marche bien. Et après, j'ai été suivie par des psys. Je suis allée voir de moi-même des psys quand j'étais en couple avec une personne. Quelques années après, je trouvais que ça me bloquait un peu dans notre relation intime, par exemple. J'avais du mal à être approchée. Et on a écrit ensemble, enfin, j'ai écrit une lettre. Elle m'a demandé d'écrire une lettre à son attention et de lui dire tout ce que je pensais. Et je l'ai fait. Et ça a été... Je crois que depuis ce jour-là, tout est parti. Donc, l'écriture, ça... Oui, l'écriture, ça... Pareil, ça libère. Donc, j'ai fait plein de petites choses comme ça. J'ai fait un voyage aussi avec ma meilleure amie pour prendre du recul physiquement. Voilà un petit peu tout ce que j'ai fait là sur le moment où ça s'était passé. Et puis, des années après, un an plus tard, j'ai signé un nouveau CDI parce qu'entre-temps, j'étais incapable de retravailler dans un bureau. C'était impossible pour moi. J'ai fait de la préparation de commandes, j'ai fait un poste inférieur à ce que mes études me permettaient, mais j'avais vraiment besoin de ça. Et après, j'ai repris un poste où j'étais face à une quinzaine, une vingtaine de bonhommes devant moi. Donc, comme on dit, on tombe à cheval, on remonte dessus. Et c'est là que j'ai... compris que finalement, c'est pas parce qu'il s'est passé cette complication avec cette personne en particulier que tout le monde est pareil. Donc, ça m'a aussi aidée, finalement. Et j'ai changé encore une fois de société. Et puis maintenant, ça fait sept ans que je suis là où je suis. Et j'ai pris un poste à responsabilité, responsable commercial. J'ai plusieurs départements en charge. Je suis en contact avec des acheteurs, des personnes à des postes quand même assez importants. Et je suis très, très fière du parcours que j'ai pu me permettre. Et je me suis quand même donné les moyens aussi. Donc, ça, c'est… Ouais.
- Speaker #0
Je trouve qu'en tant que femme, on s'honore pas suffisamment.
- Speaker #1
C'est vrai, j'ai toujours eu du mal à m'accorder cette reconnaissance et cette fierté, mais j'ai appris à le faire et c'est pour ça que maintenant j'arrive à le dire. Mais c'est vrai que ce n'est pas toujours facile.
- Speaker #0
Ça s'apprend en fait, se reconstruire après un traumatisme, ça prend du temps.
- Speaker #1
Ça prend beaucoup de temps. Même encore aujourd'hui, comme je disais... Quelques années plus tard, ça m'a posé souci dans mes relations. Là, j'ai encore, comme dit, j'ai eu du mal à parler parce que ça m'a beaucoup touchée. Je ne m'y attendais pas forcément. Ça laisse des séquelles, c'est sûr. Dans le corps, ça laisse des séquelles. Dans le parcours, dans ton expérience, ça laisse des séquelles. Mais il y a un avant et puis il y a un après. J'ai aussi été transformée, j'ai aussi appris à être plus forte.
- Speaker #0
ça m'a donné en partie...
- Speaker #1
À t'affirmer ? Oui, exactement. À t'affirmer davantage ? Oui,
- Speaker #0
complètement, oui. C'est exactement ça. Le avant-après, c'est ce que je dis aussi beaucoup sur des burn-out, hors harcèlement. Il y a une vie après. On ne peut pas oublier, en fait, ce qui s'est passé. On peut mettre en place des thérapies, d'autres techniques, effectivement, pour libérer toute la charge émotionnelle. on va minimiser la souffrance de l'événement mais on ne peut pas oublier quelque part ce qui s'est passé ça fait partie du parcours de vie qu'est-ce que t'aimerais dire à quelqu'un qui traverserait une situation comme celle que tu as connue de harcèlement sur le lieu de travail ah c'est Merci.
- Speaker #1
C'est une bonne question. Particulièrement sur le lieu de travail.
- Speaker #0
Ça peut être de manière générale.
- Speaker #1
Mais dans ce cas-là, il faut fuir. Dès que possible, il faut fuir. Il ne faut surtout pas rester dans un environnement toxique. Ou même de manière générale, il ne faut pas rester avec des personnes toxiques. On est quelqu'un, on est la fille de nos parents. Une personne à part entière, on a des valeurs, on a des envies, des projets. Une personne ne peut nous anéantir ou nous briser juste notre quotidien comme ça. Ce n'est pas humain. Donc, il faut penser à soi. Il faut penser à soi d'abord, se protéger et s'entourer des bonnes personnes. Pour celles à qui ça arrive...
- Speaker #0
Il faut trouver, oui, sa bouée de sauvetage, à quoi s'accrocher, et plus largement, parce que je sais que moi, j'ai encore des phases aujourd'hui où je peux être facilement fatiguée, mais ça, c'est par un autre sujet, parce que j'ai beaucoup de migraines, donc ça m'épuise beaucoup. pareil, je mets en place des choses pour prévenir, on va dire ça, pour prévenir l'épuisement. Donc, ça peut être un soutien alimentaire avec de la naturopathie, comme je l'ai pu faire avec toi. Moi, je fais de la danse-thérapie aussi. Donc, c'est aussi quelque chose qui est très libérateur et l'appui des psychologues, enfin, vraiment bien s'entourer. Il faut beaucoup s'écouter aussi, beaucoup écouter son ressenti, son corps. Moi, j'ai traversé plein de phases différentes et à chaque fois, dans la première phase, j'étais dans le déni, donc je n'ai pas eu besoin de la même chose que les phases d'après. Donc ça prend du temps, il faut s'écouter à son rythme et le respecter aussi. Il faut accepter que ça ne se guérit pas du jour au lendemain, mais il y a un après. Et il sera toujours meilleur que celui d'avant.
- Speaker #1
Oui, parce que malgré tout, on apprend en fait des traumatismes. On apprend justement à mieux s'écouter. Je ne dis pas que c'est facile, évidemment. Je ne souhaite à personne de traverser des événements de vie difficiles. Mais je pense qu'on a cette capacité. Tu parlais de force, moi j'aime beaucoup parler de résilience. On a une capacité à se relever et à être... à se réaligner en fait, avec nous, avec nos besoins. C'est là où c'est intéressant d'être à l'écoute de ces ressentis, de remettre du mouvement, comme tu disais, dans le corps.
- Speaker #0
Et d'apprendre à se connaître aussi.
- Speaker #1
Aussi, ouais.
- Speaker #0
Pour aller, comme tu dis, plus vers un alignement. C'est exactement ça. Et j'y travaille encore aujourd'hui, c'est un travail quotidien.
- Speaker #1
C'est le chemin de toute notre vie. pour aller vers quelque chose qui est plus juste en fait je tiens aussi à dire sur ce qui t'est arrivé ou ce qui peut arriver à d'autres femmes qui nous écoutent ce n'est pas toi qui es responsable de ce qui s'est passé toi tu es la victime parce que souvent on a tendance à culpabiliser on peut se poser des questions qu'est-ce que j'ai fait qui a entraîné ce comportement alors qu'en fait ben non Merci. On est victime de ce type de personnes.
- Speaker #0
Et ça, ça répare aussi, tu vois. Ces mots, ça fait vraiment du bien de les entendre. Ça répare. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi Anne-Catherine pour ton témoignage. Est-ce que tu souhaitais ajouter quelque chose ?
- Speaker #0
Rien de particulier. comme je disais, vraiment il faut s'écouter faire à son rythme en tout cas,
- Speaker #1
prends bien soin de toi pour toutes celles qui nous écoutent prenez bien soin de vous, entourez-vous il y aura toujours des personnes qui auront une écoute bienveillante pour vous soutenir dans toute cette période qui peut être aujourd'hui difficile merci Anne-Catherine merci