- Julien
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reconversion Podcast, premier épisode de la saison 2. premier épisode également avec la réelle application du jeu du jeu donc comme on l'avait évoqué dans le dernier épisode de la saison 2 vous pourrez retrouver le lien de découverte de ce jeu qui a été créé par Suguna directement dans la description je vous laisse donc avec cet épisode Maxime qui va nous parler de son parcours de ses expériences de ce qui l'y a mené aujourd'hui à créer son entreprise pour partager ses connaissances à tout de suite bienvenue Maxime
- Maxime
Merci de me recevoir Julien.
- Julien
On a eu l'occasion plusieurs fois de discuter. c'est vrai je me suis dit que ça pouvait être un super épisode merci merci pour l'invitation donc aujourd'hui tu as ton cabinet c'est ça de consulting en management oui tout à fait rh rh
- Maxime
oui c'est ma spécialité le management à la base et donc forcément le management ça touche un peu aux ressources humaines ça marche ça fait combien de temps là ce fait quelques mois si j'ai Ça fait 7 mois que l'activité est lancée.
- Julien
7 mois, aujourd'hui on est en avril. septembre dernier c'est ça ?
- Maxime
c'est tout récent ok,
- Julien
A près en même temps que moi oui c'est ça,
- Maxime
on s'est très vite rencontré aujourd'hui tu as donc cette activité, quelles ont été tes études ?
- Julien
qu'est-ce qui t'a amené à la vie professionnelle dans un premier temps ? quel est le parcours que tu as eu ?
- Maxime
alors c'est une saga je dirais que c'est une très très longue histoire en fait qui remonte à, on part sur le Seigneur des Anneaux, on pourrait je pense mais ça serait peut-être pas aussi... bien écrit que J.R. Tolkien.
- Julien
Tant que tu rencontres des Hobbits et des nains, moi ça me va.
- Maxime
Ça commence au Mordor. Ça commence il y a une vingtaine d'années en fait. Je suis un jeune étudiant avec un parcours, je dirais pas chaotique. mais on pourrait dire un parcours mal défini donc j'ai fait un bac L dans une institution et puis à la sortie de ce bac je suis comme beaucoup de jeunes de mon âge qui n'a pas tracé d'avenir je suis un peu paumé donc j'entreprends une première année de droit sur Valenciennes, année de droit que je termine mais ça me plaît pas je dirais même ça me gava un petit peu donc je me dis allez je vais faire autre chose, je vais faire psychologie donc là je débarque à lille 3 je suis une première année de p... psychos et clairement j'adhère pas non plus forcément à la matière ni forcément à la vie étudiante. Et là se pose la question de qu'est ce que je fais maintenant ? Il se trouve qu'il y a une vingtaine d'années on n'était pas aussi bien renseigné sur les possibilités de travailler au delà du fait de faire des études donc l'alternance n'était pas aussi développée que maintenant, il y avait beaucoup moins d'organismes d'accompagnement et là... grosse inquiétude pour ma mère.
- Julien
Dans le parcours scolaire, moi je l'ai vécu comme ça, j'en parle régulièrement, dans le parcours scolaire, j'ai fait un stage en première, de jour, donc un stage où t'es pistonné, et c'est la seule expérience pro que j'avais au moment où j'ai dû remplir l'admission post-bac et choisir mes études supérieures. Oui, je comprends. Donc un peu dans le même principe, moi j'ai pris ce qui me semblait la suite logique, j'avais fait un bac S, je me suis dit, bon, l'école d'ingénieur derrière, je peux rentrer dedans, pourquoi pas. Et à la première année, je me suis dit, mais non, en fait, c'est pas moi.
- Maxime
On se fixe toujours de très grandes ambitions. En général, on est jeune, on n'est pas conscient, on va dire, du travail, de l'investissement que ça va nécessiter.
- Julien
Moi, j'avais l'impression en sortant, enfin, aujourd'hui, avec mon regard d'adulte, quand je regarde le Julien étudiant, je me dis qu'à ce moment-là, je devais être conscient de 4% des métiers qui existent en réalité.
- Maxime
Exactement, exactement. Le conseiller d'orientation, vous voyez, en général, une fois en troisième, il était très peu disponible et puis lui-même n'était pas forcément quelqu'un qui est... à l'origine très bien orienté donc est-ce qu'il était le plus à même ?
- Julien
Est-ce qu'il connaît lui-même les différents métiers ?
- Maxime
Exactement.
- Julien
On est à peu près de la même génération. On a aussi été dans un moment où on a démarré nos carrières, où il y avait plein de métiers émergents, encore aujourd'hui, mais il y a eu plein de nouveaux métiers aussi qui se sont créés et sur lesquels du coup on n'était pas renseigné, qui n'étaient même pas forcément pris au sérieux au début.
- Maxime
Tout à fait.
- Julien
Et bon, je t'ai interrompu.
- Maxime
Très très bien, tu as bien fait parce que... Justement, c'est intéressant de voir que malgré la différence d'âge, ce type de problématique a encore lieu aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, parmi ce parcours un peu chaotique, j'ai une mère qui m'a dit, écoute, fils, tu ne veux pas faire d'études, c'est simple, il va falloir que tu bosses maintenant. Alors, qu'est-ce que tu fais quand tu habites Valenciennes ? Tu n'as pas le permis, tu n'as pas de niveau d'études, parce que le bac aujourd'hui, comme m'a dit un ami, c'est une clé. Mais ça n'est pas un diplôme. Plum qui te permet de faire grand chose, c'est le minimum aujourd'hui, il y a un requis. Donc qu'est-ce que tu fais ? Il y a deux solutions.
- Julien
Tu m'as spoilé un peu tout à l'heure je pense.
- Maxime
Il y a deux solutions. Tu vas travailler sur une plateforme de phoning, donc B2S qui était l'un des plus gros pourvoyeurs d'emploi du Valenciano à l'époque. Puis le deuxième, il y a McDo. McDo, il te prend comme tu es. Ce n'était pas le slogan de l'époque, mais clairement, il te prenait à l'époque comme tu étais. Et donc je me retrouve chez McDo. Je fais mon premier véritable entretien d'embauche chez eux. et puis je commence comme équipier polyvalent. Exactement. McDonald's de Denain, puisqu'à l'époque je vivais dans le secteur Denain, c'était le plus proche. Et je me retrouve au poste à frites un mercredi après-midi.
- Julien
C'était Quick, mais à l'erse. J'étais de la métropole illoise, mais Quick à l'erse en stoppant mon école d'ingé. Donc pour l'instant, on suit.
- Maxime
Donc McDo, comme je dis toujours, une magnifique expérience. Beaucoup de gens décrivent le concept même de l'entreprise. libre à eux de le faire, en tout cas même si je ne suis plus forcément consommateur de leurs produits aujourd'hui, j'en garde du point de vue professionnel d'incroyables souvenirs, je dirais, puisque c'est eux qui m'ont permis vraiment de connaître ce qu'était le management. Par cette organisation très, je ne dirais pas militaire, parce qu'il y avait quand même une grosse ouverture justement par rapport à des jeunes avec mon profil, des jeunes qui ne font pas ou peu d'études. Voilà, ils ont besoin de bosser pour vivre.
- Julien
Et leur imposer une rigueur des obligations, des process, de l'alimentaire.
- Maxime
C'est tout à fait ça.
- Julien
Le McDo est beaucoup plus contrôlé que d'autres restaurants, donc ils sont d'autant plus stricts.
- Maxime
Il y a une rigueur en termes d'hygiène et de respect des normes agroalimentaires que peu de restaurants traditionnels égalent encore aujourd'hui. C'est une réalité. Ils sont de toute façon, dès qu'il y a une problématique chez eux... Tout de suite ils ont une cible sur le dos comme on pourrait dire donc en fait ils rigolent pas du tout avec ce genre de choses À part le volume qu'ils brassent je pense,
- Julien
ça doit être un des critères mais ils brassent beaucoup plus de volume qu'un restaurant traditionnel Donc s'il y a un problème quelque part c'est 5 fois plus de monde qui peut être impacté
- Maxime
Alors je veux pas leur faire de la pub, je veux pas que tu croies que je suis venu ici pour faire de la pub à McDo France Moi j'ai vécu la même chose,
- Julien
je sais que c'était hyper strict sur toutes ces...
- Maxime
Ces 2 millions de repas servis tous les jours En France ? C'est énorme, on est en McDo France et le...
- Julien
Une personne sur 25-30 quoi, quasi.
- Maxime
Qui consomme un McDo quasi quotidiennement, c'est énorme. Donc effectivement, si derrière, dans un restaurant, on ne respecte pas les normes d'hygiène, ça peut avoir des conséquences dramatiques pour le consommateur. Et la presse aujourd'hui ne fait pas de procès d'intention à cette franchise, donc c'est que ça se passe plutôt bien en interne dans l'ensemble.
- Julien
Ça marche. Voilà. Combien de temps ? Chez McDo, combien de temps en tant qu'équipier ? Est-ce qu'il y a eu une progression à un moment ?
- Maxime
Oui, tout à fait. Je te parlais du Mordor tout à l'heure, c'est une expérience qui m'est arrivée. J'ai commencé une de mes conférences une fois comme cela, en expliquant comment j'avais mis le pied à l'étrier du management. Je me retrouve un samedi soir, là j'avais été muté au McDo du Valenciennes-Gaumont, à côté du cinéma. Je m'étais rapproché de Valenciennes. Plus de gros volumes,
- Julien
plus de passages.
- Maxime
Exactement. J'avais une petite année. de boulot en équipier et puis bien sûr je faisais des heures en plus donc j'arrivais à vivre de ça, j'y vivais encore chez maman et un soir en fait je découvre sur le plan ce qu'on appelle le football field chez McDo c'est tout à fait ça je découvre que je suis au poste charnière le bin ? exactement donc je suis au bin le bin c'est la personne qui met les burgers dans les boîtes
- Julien
qui les met en place et qui dit aux équipiers derrière vous m'envoyez des Big Mac, vous m'envoyez des Cook & Toast.
- Maxime
Et pour l'anecdote, on est samedi soir, on est au McDo du Gaumont.
- Julien
C'est le rush, c'est le gros rush de la semaine.
- Maxime
Le troisième volet des aventures du petit sorcier anglais viennent de sortir le mercredi même.
- Julien
Donc il y a du monde qui va au cinéma. Il y a la queue.
- Maxime
Le mort d'or, il n'y a pas d'autre terme. L'enfer, vois-le comme tu veux. Mais quand je vois mon nom inscrit sur le football field à ce poste de charnière, j'ai vu tous mes ancêtres. Tu ne peux pas me planter. J'ai vu tous mes ancêtres et je me suis dit, sur le coup, j'ai eu une vraie peur professionnelle, un pic de stress, je dirais. Et là, je me suis dit, qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je vais voir le manager ? Est-ce qu'il y a une erreur ? Est-ce que je lui dis que ce n'est pas possible ? Donc, je vais voir le manager, je lui dis, tu es sûr que je mets là ? Je n'ai jamais fait ces samedis soirs, c'est le plus gros chiffre d'affaires de la semaine. Il dit ouais c'est bon, de toute façon le chef d'équipe il est pas là, il dit j'ai confiance en toi, tu vas y arriver.
- Julien
C'est ça ce que galvanise ?
- Maxime
Ça m'a aidé à prendre sur moi, je suis allé donc derrière mon bin et là il y avait trois gars en uniforme qui m'attendaient. J'exagère, on n'était pas à Verdun non plus, mais quand tu vois la tête de tes clients en face de l'autre côté du bin, c'est comme si tu avais les Allemands dans la...
- Julien
Les queues qui s'allongent.
- Maxime
C'est ça, exactement.
- Julien
Parce qu'il n'y avait pas de machine de réservation à l'époque. Du tout, du tout. Les gens faisaient la queue derrière...
- Maxime
Les cuisines étaient à l'ancienne, et en fait, c'est vraiment le chef d'équipe au bin qui imprimait la cadence. C'est lui qui disait ce qu'il fallait envoyer et quand il fallait le faire. Donc si ça ne marche pas, c'est toi le responsable. La soirée se passe et la soirée s'est plutôt très très bien passée et ça nous a valu des anecdotes mémorables avec le manager en question. Et ça, ça a été ma première véritable expérience de manager.
- Julien
Ok, à ce moment-là, quand tu sors de cette soirée-là, est-ce que tu te dis, c'était vachement bien, j'ai bien aimé ce que je faisais, d'avoir un peu ce côté de bouger les équipes, de motivation, de stimulation des autres, de surveiller ces... Alors c'est pas des KPI mais du coup c'est des quantités de burgers en attente.
- Maxime
C'est des KPI.
- Julien
Tes tableaux à toi c'était des Big Mac les uns derrière les autres.
- Maxime
Exactement, il y a ça, il y a le fait que tu dois contrôler aussi la qualité du produit puisqu'au bout d'un certain temps ton produit n'est plus consommable. Aujourd'hui ils fabriquent tout à la commande, à l'époque c'était pas le cas.
- Julien
C'était 10 minutes le burger sortait.
- Maxime
C'était moins que ça. Moins que ça. Moins que ça, donc au bout d'un moment tes responsables dépertent. t'es responsable du mécontentement des clients, si en face, tes collègues peuvent pas servir dans les temps. Et donc, la sortie de cette soirée, euphorique. Euphorique, sur un petit nuage. Parce qu'à l'époque, le soir, on faisait le nettoyage du resto. On démontait tout, on nettoyait, on allait en plonge, etc. On remontait pour que le lendemain, ils puissent commencer à exploiter le plus tôt possible. Et là, une super soirée. Mes collègues qui me félicitent parce que ça s'est bien passé. Ils ont passé une bonne soirée grâce aux instructions que j'ai toutes. donné le manager qui pareil a pu faire un très bon chiffre d'affaires on a été félicité d'ailleurs par le franchisé le dimanche même parce qu'on avait vraiment fait de bons chiffres donc c'était vraiment c'était vraiment top pour en tout cas un garçon sans niveau d'études avec très peu d'expérience c'était une bonne première et
- Julien
est ce que suite à ça au bout de quelques temps le le statut de management s'est concrétisé alors oui tout à fait parce que le chef d'équipe qui était absent
- Maxime
Ce jour-là, décidé de faire autre chose, à un moment donné, un chef d'équipe, c'est le premier statut chez McDonald's, où tu as un vrai poste rémunérateur, tu as l'équivalent d'un SMIC, en fait, parce que tu as un temps plein quand tu es chef d'équipe. Et là, on me le propose. C'est la directrice du restaurant qui me le propose.
- Julien
C'était une épreuve du feu, tu penses, où on t'a dit, on va voir comment il fait ses armes, le petit Maxime, on va voir s'il vaut le coup ?
- Maxime
Alors, clairement, comme dans toute... pyramide hiérarchique ou comme dans toute entreprise chez mcdo tu as aussi des gens qui ont des volontés de vouloir évoluer c'est le nerf de la guerre plus tu fais d'heures plus tu gagnes d'argent et effectivement c'est la directrice du resto qui s'est dit ben il est plutôt bien câblé ça se passe bien devant ce que j'étais équipier polyvalent donc j'allais aussi bien devant que derrière ça se passe bien devant avec les clients il s'est gardé son sang froid quand il ya des montées de stress etc j'ai des bons résultats au service et en plus derrière il connaît le fonctionnement global de toutes les machines. Donc on va le tester, on va voir ce qu'il a dans le ventre. Je l'ai compris bien plus tard.
- Julien
Ok, ça marche. Combien de temps tu fais du coup chez McDo ?
- Maxime
Chez McDo, j'y reste un peu moins de 5 ans. Et quand je quitte le McDo, je suis manager confirmé, je suis passé par les postes de responsable des stocks. Donc c'est moi qui effectuait toutes les commandes du restaurant.
- Julien
C'est ta faute s'il n'y a pas assez de frites ?
- Maxime
C'est un peu l'idée, voilà, frites, salades, les steaks congelés, les pains, voilà. Donc responsable des réceptions, des livraisons. Et responsable planification également, qui sont deux postes en fait similaires, ce sont des missions connexes au métier de manager chez McDonald's.
- Julien
Ok, très bien. Donc là t'as 25 ans, quelque chose comme ça ?
- Maxime
Moi, j'ai 25 ans.
- Julien
À ce moment-là ?
- Maxime
À peu près, oui.
- Julien
Aujourd'hui, 27.
- Maxime
Oui, il y a peu de choses près. Tu en rajoutes un peu plus de 15, peut-être.
- Julien
Qu'est-ce qui se passe après McDo ?
- Maxime
Qu'est-ce qui se passe après McDo ? Je vivote, je vais travailler pour un petit journal local. Un petit journal local qui s'est créé, et qui a des ambitions, qui traite de RSE, de développement durable, et qui était un peu en avance sur son temps. et qui malheureusement n'a pas dépassé sa première année. C'était un journal 100% indépendant, financé avec des fonds privés.
- Julien
C'est le bac L qui remonte ?
- Maxime
C'est un petit peu ça l'idée. Je connaissais la personne qui lançait le projet. On a été mis en contact, le feeling était bien passé. Et ça a été une expérience, on va dire, mon premier pas dans l'entrepreneuriat, sauf que j'étais salarié.
- Julien
Premier poste à responsabilité, ce n'est pas le bon terme, parce que je suis mal que d'autant en avait. Et le premier poste avec plus d'autonomie ?
- Maxime
C'est ça. C'est ça, puisque j'avais effectivement des tâches planifiées. J'étais responsable de la distribution des magazines, je faisais de la prospection, j'alimentais également le site internet. Les sites web aujourd'hui, ce n'était pas aussi développé que maintenant. Il n'y avait pas autant de super fournisseurs pour t'accompagner. Donc ça me prenait énormément de temps.
- Julien
Ok, ça marche. Donc un an à peu près de la durée de vie de ce journal.
- Maxime
C'est ça. Je reviens un peu dans un métier qu'on pourrait dire aussi en tension, un peu par le fruit du hasard, parce que mes choix professionnels, c'est beaucoup le fruit du hasard, mais il paraît qu'il n'y a pas de hasard.
- Julien
Oui, t'étais au bon endroit au bon moment ?
- Maxime
C'est ça. Je suis licencié éco du fameux journal, donc je suis dans un dispositif qui me permet grosso modo de redéfinir un projet entrepreneurial, mais je veux bosser, je veux pas être au chômage. Donc au bout de 3-4 semaines, j'entends parler qu'il y a un poste de réceptionniste.
- Julien
au grand hôtel de valenciennes ok je dit allons y, 30 écarts encore une fois avec la l'onu il ya un petit peu de contact client un petit peu comme chez mcdo mais c'est pas la même clientèle on reste dans le service et alors là deux salles deux ambiances je passe d'une
- Maxime
marque américaine franc français enfin française à une maison traditionnelle d'hôtellerie et je découvre un tout autre milieu professionnel ok
- Julien
La rigueur différemment ?
- Maxime
Fonctionnement très à l'ancienne, management très directif, une façon de faire qui n'a pas beaucoup évolué depuis les années 50-60, mais à côté de ça, avec énormément de choses bénéfiques. Une rigueur plus militaire que ce que j'ai connu chez McDo, un côté où on essayait toujours de travailler sur la satisfaction du client, quelle que soit la demande du client. Donc, ça m'a permis d'acquérir une véritable rigueur.
- Julien
Donc, on s'éloigne du rendement pour aller plutôt vers une qualité de service. Tout à fait.
- Maxime
OK. Exactement.
- Julien
Quand tu es à ce moment-là, donc tu as 26, 27 ans, quelque chose comme ça, tu as déjà cet esprit critique sur le management en te disant, tiens, quand j'étais là-bas, je me rends compte que c'était plutôt ça qu'on attendait de moi ou qu'on me demandait de reproduire avec les équipes. Dans mon deuxième métier, c'était ça. Aujourd'hui, c'est ça. ... Est-ce que tu commences déjà à te faire un peu ton plan dans ta tête du management optimal ?
- Maxime
Exactement. C'est une réflexion extrêmement pertinente que tu as, puisque en passant justement d'une société où tout est extrêmement bien calibré, avec un centre de formation en région parisienne, où tu as un classeur avec tes modules d'apprentissage, où vraiment tu es pris en main de A à Z pour devenir un manager efficace et serein, je dirais, le plus possible. Là, je me retrouve dans une maison où le management, c'est un peu au coup de pied aux fesses, à l'ancienne. Et donc, tu apprends...
- Julien
C'est la méritocratie.
- Maxime
Au-delà de ça, tu apprends surtout par l'échec.
- Julien
Ok.
- Maxime
Donc, ce qui a été le plus compliqué pour moi, c'est vraiment d'accepter cette façon de fonctionner. Ouais. À côté de ça, j'ai pu y côtoyer une diversité de clientèles extrêmement intéressantes. J'ai fréquenté des personnalités de la politique, de tous bords confondus. Avec les obligations protocolaires que ça induit derrière, j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de célébrités, que ce soit du cinéma, de la télé ou même de festivals de musique, puisqu'on hébergait... les guests du festival de cinéma.
- Julien
Oui c'est un peu le point de chute des personnes VIP sur Valenciennes. Au final cet hôtel là pour les gens qui sont pas forcément d'ici.
- Maxime
A l'époque ça l'était oui exactement c'était ce qu'on pourrait appeler avant qu'il y ait la concurrence qui arrive mais plus ou moins l'hôtel le plus luxueux du Valenciennois. Ça m'a permis énormément de retravailler mon anglais qui s'était rouillé depuis l'école donc à l'époque j'étais parfaitement bilingue puisqu'on recevait une clientèle internationale. Donc il y avait quand même des choses qui étaient extrêmement stimulantes. Organiser quand un cardallement arrive, à qui on va attribuer telle ou telle chambre, en fonction des susceptibilités. Donc moi qui suis parfois un peu monomaniaque sur la résolution de certains problèmes, ça m'a aidé à travailler ce côté-là.
- Julien
Tu es venu titiller ton petit côté, je vais pouvoir me casser la tête pour trouver la bonne solution. Ok, tu y fais combien de temps ?
- Maxime
Je fais ça deux ans et demi. Deux ans et demi et sans hasard, je présume. Là, je me fais débaucher.
- Julien
Ok. Voilà,
- Maxime
je pars dans un domaine complètement différent, nettoyage industriel.
- Julien
Et qu'est-ce qui a fait qu'ils sont venus te chercher là-bas ? C'est un contact de contact de contact ?
- Maxime
C'est un peu ça l'idée, exactement.
- Julien
Parce qu'à priori, ils ne vont pas chercher les personnes à la réception des hôtels.
- Maxime
Non, non. Et cette personne, en fait, a créé une société de nettoyage industriel dans le Valencien Noir. Ça fait un an que la société existe. Elle s'est bien implantée, mais ça reste une petite boîte. Voilà, ils sont implantés sur Bruet. Et il vient me chercher parce qu'il a besoin d'un manager, un manager terrain. Donc c'est une véritable fonction dans le nettoyage industriel pour faire le suivi des chantiers, pour aller rencontrer les clients, pour faire du contrôle qualité, pour faire les remplacements, pour recruter.
- Julien
Tu gères les équipes qui vont faire le nettoyage auprès d'autres structures, c'est ça ?
- Maxime
C'est ça.
- Julien
Donc si tu as un des équipiers qui te contacte le matin et qui te dit « je suis malade, j'ai une grippe, je ne peux pas venir » , C'est à toi que repose la responsabilité de il faut que je trouve une autre personne qui va aller à celui-là, qui va assurer la prestat parce que sinon le client soit va être déçu, soit peut-être avoir des impacts dans son activité parce qu'il y a des obligations de stérilité ou je ne sais quoi, soit peut-être l'entreprise peut perdre le client et là ça peut avoir des grosses conséquences.
- Maxime
Tu as parfaitement résumé la fiche de poste que j'avais à l'époque.
- Julien
Grosse responsabilité.
- Maxime
C'est ça, exactement. Donc là j'apprends vraiment ce que c'est que... travailler sur des horaires où ça peut commencer très tôt et finir très très tard également. Devoir être considéré comme 100% responsable de ce qui va et de ce qui ne va pas sur tout un secteur d'activité, puisqu'à l'époque, en tant que seul manager, j'avais des chantiers sur la région lilloise, le Douaisy, j'en avais dans le Maubeujois, sur le Valenciennois, et j'en avais même sur Saint-Quentin.
- Julien
C'était la plus grosse équipe aussi, j'imagine, que tu as eu à gérer à ce moment-là ?
- Maxime
Non.
- Julien
Ok. Non,
- Maxime
non. C'est venu bien plus tard.
- Julien
Oui, oui, jusque-là. Oui, oui, oui. C'était la plus grosse équipe que tu as eu à gérer.
- Maxime
Sur le boulot, chez McDo, en tant que manager, tu peux être amené à gérer 20-30 personnes, mais tu es sur une unité concentrée, mono-chantier comme on dirait dans la propreté. Là, tu gères 80-90 personnes sur des chantiers éclatés sur tout un territoire. Donc tu démultiplies les problématiques potentielles. Et c'est d'ailleurs pour ça que la profession prend très au sérieux. le rôle de manager en fait toutes les entreprises de propreté ont des managers en interne parce que c'est une c'est un poste charnière quasiment voilà qu'est ce qui se passe ensuite je fais ça pendant plusieurs années ok et quand je dis plusieurs années c'est plus d'une décennie donc plus grosse expérience aussi professionnel tout à fait continue exactement dans deux entreprises différentes ça marche voilà dans la première où j'ai commencé je suis d'abord ce qu'on appelle manager manager de secteur J'ai tout un territoire. Puis j'évolue au poste de directeur d'exploitation. Je deviens manager de manager. L'entreprise s'est développée, elle a grossi, elle a embauché d'autres managers. Et il se trouve que par l'ancienneté, l'expérience et la capabilité, si tu me permets, je suis celui qu'on choisit pour prendre ce poste-là. Donc moi, je suis en charge de superviser toute l'activité de nos agents d'entretien via l'activité des managers.
- Julien
T'as un esprit critique sur le management, à ce moment-là tu continues à étoffer, à mettre des petites billes de côté tiens ça j'ai vu que ça avait bien marché, ça j'ai vu que ça avait bien marché, tu construis ton expérience comme ça ?
- Maxime
C'est ça, parce que initialement parlant, les managers qu'on a intégrés, j'ai contribué à les former donc je les ai un peu formés à mon image, c'est-à-dire avec une certaine exigence, le goût du travail bien fait l'investissement personnel et puis savoir déconner de temps en temps pour lâcher la pression pour justement pas exploser en plein vol, ce qui est un mal du métier En devenant directeur d'exploitation, on me demande de prendre un petit peu de hauteur supplémentaire. Puisque je ne vais plus seulement collaborer avec les personnes qui sont autour de moi, je vais aussi être responsable de leurs propres résultats. Donc je prends une nouvelle responsabilité. On parle de chiffre, de rentabilité, de perte de profit, et puis de gestion de l'humain, puisque le manager est un humain comme un autre, et il a aussi ses hauts et ses bas.
- Julien
Ça marche. Donc ça, première expérience, enfin première entreprise. deuxième entreprise on se fait rentrer au même poste ?
- Maxime
On me fait rentrer au même poste, exactement. Je quitte l'entreprise, la première, d'un commun accord avec mon ancien employeur. On pourrait parler de valeurs communes qui n'étaient plus forcément alignées, c'est un sujet qui revient souvent dans mes accompagnements, mais c'était le cas pour moi, donc on décide de se séparer en serrant la main. Et puis deux mois après, je suis contacté, encore une fois, il n'y a pas de hasard, par une autre entreprise de nettoyage industriel, toujours dans le secteur du Grand Valenciennois, et qui me contacte parce qu'il recherche justement un directeur d'exploitation sur donc un poste similaire à celui que j'occupais précédemment.
- Julien
Ça marche. Donc l'ensemble de ces missions, tu disais, ça fait une grosse dizaine d'années. Oui. Si mes calculs sont bons, on n'est pas loin. de ta reconversion, ta dernière reconversion.
- Maxime
Exactement.
- Julien
Et qu'est-ce qui t'amène à créer ce cabinet double M ? Ou MM ? MM,
- Maxime
Maxime Malacarne.
- Julien
Qu'est-ce qui t'amène à créer le cabinet MM ?
- Maxime
Une prise de conscience, comme on dit en coaching, en fait. Je me retrouvais dans un secteur d'activité dans lequel, professionnellement parlant, j'avais fait mon trou. Donc finalement, j'étais dans un job qui était bien calibré. Je ne dirais pas plan plan parce que...
- Julien
T'as... Si j'interprète bien, tu me dis. T'es arrivé, t'as remodelé à ta façon, t'as réussi à mettre en place une mécanique qui roule, et là t'en arrives plus qu'à avoir un boulot de contrôle sur ce que t'as mis en place, mais... Est-ce que t'as un manque de stimulation de te dire j'ai plus quelque chose à retravailler pour refaire fonctionner ce petit rouage qui avait peut-être une poussière dedans quand je suis arrivé ?
- Maxime
Alors... Quand tu arrives à des postes de gestion comme j'étais, tu perds le contact avec le terrain. Ce qui était l'une des choses qui était fondamentale pour moi, en tout cas dans mon épanouissement professionnel.
- Julien
C'est lié avec tes premières expériences.
- Maxime
Tout à fait. J'aimais accompagner mes managers régulièrement sur le terrain, mais je n'avais plus moi de légitimité réelle aux yeux des clients ou même de mon entreprise pour y aller. C'était plus...
- Julien
T'es arrivé, t'étais en figure de contrôle.
- Maxime
Exactement. Et cette position ne me plaisait pas. Mon but, c'était pas de faire du micro-management. Mon but, c'était vraiment amener mes équipes à se passer de moi. Et quand est arrivé le moment où je me suis rendu compte que mes équipes pouvaient réellement se passer de moi, je suis allé voir mon patron. Je lui ai expliqué ma situation, ce que j'aimerais faire. Et ça m'a été accordé.
- Julien
Super. Donc là, aujourd'hui, ton boulot, c'est d'accompagner des entreprises où justement, il y a une thématique de management à revoir, à retravailler, de faire avec un diagnostic. un bilan sur quelle est la situation aujourd'hui. Toi, avec ton expertise, ton expérience d'identifier les points de blocage qu'il peut y avoir. Exactement. Et de leur amener une ligne de conduite pour sortir de cette situation, sortir de ce blocage et faire rouler le management dans ces structures, c'est ça ?
- Maxime
Alors, on n'est pas loin de la vérité. Tu as assez bien résumé ce que je fais aujourd'hui au sein du cabinet MM. J'ai une triple casquette.
- Julien
Ok.
- Maxime
Donc effectivement, ce que tu viens de décrire, c'est plus mon rôle de consultant indépendant. Où effectivement, quand une problématique avérée est présente dans une entreprise, je suis amené à pouvoir y aller, faire un audit, faire des préconisations, dans le respect des individus et surtout du fonctionnement de l'entreprise, pour lui permettre justement de trouver les solutions, de mettre en place les solutions qui lui permettra de réatteindre ses niveaux de performance attendus. Ensuite, j'ai la casquette de formateur. puisque la formation aujourd'hui est un indispensable de mon métier donc j'ai créé des programmes de formation et des modules qui peuvent s'assembler les uns les autres en fonction des besoins réels de mes clients toujours sur cette thématique du management le but de ces formations c'est de mettre tout le monde sur un même pied des états de manager
- Julien
pour les calibrer sur ce nouveau plan c'est ça qui est abordé et ça peut aller ça peut aller très très loin ça peut être
- Maxime
Comment mieux communiquer avec l'ensemble de mes équipes ? Comment adapter mon style, ma posture managériale ? Comment gagner en légitimité ? Parce qu'aujourd'hui, beaucoup de managers sont nommés à des postes de management sous la forme d'une promotion, en fait. Parce qu'ils sont bons, et donc, on va dire, tu vas gérer l'équipe maintenant.
- Julien
Il sait bien faire son job. Du coup, on va le mettre à un poste où il va devoir apprendre aux autres à faire comme lui.
- Maxime
Exactement.
- Julien
Mais il n'a peut-être pas ses capacités de transmission de base. Il faut peut-être lui apprendre comment transmettre.
- Maxime
Tout à fait. J'ai eu cette chance. professionnellement, qu'on m'apprenne à un moment donné comment le faire. Et c'est donc cet objectif que je vise en tant que professionnel à ce niveau-là.
- Julien
Et la troisième casquette ?
- Maxime
Celle de coach professionnel, puisque je ne me suis pas endormi sur mes lauriers, mais depuis que j'ai quitté ma dernière entreprise, j'ai entrepris une formation professionnelle RNCP pour devenir coach pro auprès d'une école de coaching reconnue. Et cette formation m'a appris déjà ce qu'était le métier de coach, sur lequel j'avais beaucoup de... d'idées préconstruites, voilà, et que j'ai déconstruites en faisant justement cette formation. Et ça me permet d'apporter à l'ensemble de mes clients un autre point de vue sur leur situation.
- Julien
Donc une ouverture d'esprit. C'est ça. Une ouverture d'esprit.
- Maxime
On va favoriser la prise de conscience par le coaching. Mon but en tant que coach, quand j'ai cette posture, ça n'est pas de dire à mon client comment il doit faire, mais c'est de l'aider à trouver les ressources en lui pour savoir comment il doit faire.
- Julien
Pourquoi aujourd'hui il ne le fait pas ? Ok.
- Maxime
C'est subtil. Mais il y a une nette différence entre le coaching et la formation, en fonction des problématiques.
- Julien
L'adaptabilité peut-être aussi en partie.
- Maxime
C'est ça, tout à fait.
- Julien
Petite nouveauté de cette deuxième saison, je vais te demander de tirer une carte d'un jeu qui m'a été confié par Suguna, qui a créé un jeu avec des cartes, avec dessus des phrases, des mantras qui l'ont accompagné dans sa transition professionnelle. Et je vais te demander du coup de lire cette carte. et de me dire si ça fait écho à quelque chose au cours de ton parcours professionnel.
- Maxime
Je ferme les yeux ?
- Julien
Je te fais confiance.
- Maxime
Tu les as marqués ?
- Julien
Absolument. Parfait. Non, pas celle-là.
- Maxime
Mince !
- Julien
Chère culpabilité, c'est fini. Notre histoire s'arrête là.
- Maxime
Ça te parle ?
- Julien
Ça me parle tout à fait, oui.
- Maxime
C'est qui ? Alors c'est quel Maxime qui a vécu ça ?
- Julien
C'est le Maxime, directeur d'exploitation. Voilà, dernière expérience professionnelle. C'est-à-dire qu'à un moment donné, dans mon parcours pro en tant que salarié, il m'est arrivé de culpabiliser de ne pas trouver quoi faire de mes journées.
- Maxime
Ok. Tu disais, je suis payé, mais en fait j'ai l'impression de rien faire.
- Julien
C'est un peu l'idée.
- Maxime
Et c'est ce qui a amené cette transition ? Oui,
- Julien
exactement. Cette prise de conscience, on va dire, assez aiguë, qui s'est faite certaines journées un peu dans la douleur, parce que je suis quelqu'un qui se remet beaucoup en question par rapport à ces idées reçues. Et effectivement, la culpabilité, c'était tout à fait le mot approprié pour décrire cette sensation qui m'arrivait de ressentir le matin au boulot, quand mes équipes étaient parties, quand les problèmes étaient gérés, etc. De me dire, finalement, je suis... je suis cher payé pour ce que je produis. C'était l'impression que j'avais.
- Maxime
Et tu ne prenais plus en considération tout ce que tu avais abattu avant ?
- Julien
Oui, parce que comme on dit, un morceau avalé n'a plus de goût. Donc les choses bien, on vous dit rarement quand elles sont bien, on vous dira quand ça va mal. J'étais là dans une espèce de position un peu d'équilibriste, où c'était ni bien ni mal, et cette neutralité ne convenait plus du tout.
- Maxime
Super, merci. Je vais te demander une dernière petite chose, t'avais demandé de me ramener une carte, j'ai vu que tu l'avais préparé ici. Je vais te remettre la carte de Lyly. qui est la dernière personne qu'on a reçue dans la saison 1 je vais prendre la tienne que je confierai à la prochaine personne qu'on reçoit merci merci beaucoup de t'être prêté au jeu pour ce podcast c'était un super épisode hyper intéressant très beau parcours c'était hyper intéressant je suis sûr que ça fera un super épisode merci à toutes celles et ceux qui nous auront suivi n'hésitez pas à partager à mettre des commentaires, faire vivre le podcast et on se revoit j'espère très bientôt avec grand plaisir,
- Julien
merci beaucoup