- Julien
bonjour et bienvenue pour ce nouvel épisode de reconversion podcast aujourd'hui on va discuter du parcours de lilly qui a créé son entreprise dans le même secteur d'activité que ce qu'elle exerçait avant en tant que salarié, mais qui va nous présenter un peu quels sont les choix, les volontés qui l'ont amené à découvrir ses nouvelles fonctions. N'hésitez pas à partager, aimer et commenter ce podcast. A tout de suite. Bonjour Lélie.
- Lily
Bonjour Julien.
- Julien
Bienvenue.
- Lily
Merci.
- Julien
Dans ce nouvel épisode, on va discuter de ton parcours professionnel, de tes différents métiers, tes différentes carrières jusqu'à aujourd'hui et dernière expérience qui date d'il y a une grosse année, quelque chose comme ça ? Ouais.
- Lily
Ouais, ouais, il y a eu quelques changements en plus dans la carrière, donc ouais.
- Julien
Super. Alors, qui tu es ? Qu'est-ce que tu... Quelles études tu as fait ? Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? Enfin, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? On va commencer par là. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
- Lily
Alors, déjà, merci pour l'invitation. Je suis vraiment contente d'être avec toi et Léo aussi pour faire vraiment le podcast. Donc ça, c'est chouette. Alors oui, donc moi, c'est Lily, 31 ans, et je suis vraiment, je dirais, une opticienne passionnée. depuis 12 ans maintenant.
- Julien
Une opticienne optimiste ?
- Lily
Oui, j'aime bien dire oui, c'est ça. Optimiste et passionnée, c'est ça.
- Julien
Ça marche. À quel âge tu t'es dit je veux proposer des lunettes aux gens ?
- Lily
En fait, moi, j'ai toujours voulu être opticienne.
- Julien
D'accord.
- Lily
Depuis vraiment le collège.
- Julien
Tu portais des lunettes jeunes ? Oui.
- Lily
Moi, j'ai même porté un cache étant jeune. Ok. J'ai été suivie, c'est vrai, très jeune.
- Julien
C'était un accessoire un peu de coquetterie et ça faisait partie du look...
- Lily
En tout petit, c'était plutôt un soin.
- Julien
D'accord. Petite,
- Lily
c'était un soin. Et après, au fil des années, collège, lycée, c'est devenu un accessoire de mode. OK. Et en fait, comme j'ai connu un opticien très jeune, j'ai vraiment découvert que c'était un métier polyvalent. Et donc, dès le collège, j'ai dit moi, je veux faire ça.
- Julien
Ça marche. Donc, toutes tes études se sont orientées autour du métier de l'optique.
- Lily
Oui. En fait, j'ai fait mon parcours pour le résumer. Ouais. J'ai fait un bac général, plutôt orienté scientifique. Et après, je suis allée m'orienter vers le BTS. Donc, c'est un brevet technique supérieur d'optique.
- Julien
D'optique, ok.
- Lily
Ça, c'est trois ans après le bac. Et après, j'ai continué à faire une licence d'optométrie contactologie. Pour plus, tu sais, cibler vers le côté paramédical.
- Julien
D'accord.
- Lily
Les examens de vue et les adaptations en lentilles.
- Julien
Ok, donc c'est quelque chose qui est obligatoire pour devenir opticien ou pas ?
- Lily
Alors même pas, il faut juste le BTS. Tu peux être opticien, mais après...
- Julien
Mais ça te permet d'avoir une palette plus large de services.
- Lily
D'être plus performant aussi, d'être plus précis et plus à l'aise dans ton travail.
- Julien
Tu as plus de connaissances et des choses que tu comprends. On dit avant, c'est comme ça. Et là, tu comprends pourquoi c'est comme ça.
- Lily
C'est ça. Et puis, tu es plus à l'aise aussi avec le client et le patient. Tu vois, tu te sens plus légitime.
- Julien
Ça marche. C'est des études que tu as faites en théorie pure ou alors c'était de l'alternance ? C'était des stages ? Comment ça se passe ?
- Lily
En fait, le BTS, on a le choix. On peut soit le faire en alternant, soit en initial. Moi, j'ai choisi de le faire en initial. Parce que je voulais me concentrer vraiment à fond dans les études. Et par contre, la licence, c'est en alternance obligatoire.
- Julien
Ça marche.
- Lily
Donc, j'ai fait un peu de magasin en même temps que la licence.
- Julien
Première expérience pro ? Ou tu avais fait avant des petits boulots, des choses comme ça ?
- Lily
Non, en fait, quand j'ai fait ma licence et que j'ai commencé à travailler en magasin, c'était ma première expérience.
- Julien
Ouais. Intimidant ?
- Lily
Ouais, quand même. Surtout le contact avec le client quoi.
- Julien
Et galvanisant de pouvoir enfin exercer. Ouais. Vous voulez faire depuis des années ?
- Lily
Bah c'est là où je me suis dit, punaise c'est vraiment un métier que j'aime, ça a confirmé vraiment ma passion. Par contre, c'est vrai que dans les études, ce qui est dommage, c'est qu'on ne te forme pas au rela... enfin, à la relation avec les clients.
- Julien
D'accord.
- Lily
Donc faut que tu l'aies un peu en toi. Oui.
- Julien
T'apprends le métier et à bien bien régler les lunettes. Grosso modo, je grossis le métier, je dégrossis énormément. On t'apprend à bien faire les réglages, on t'apprend vraiment la partie technique et scientifique. Oui. Mais on ne t'apprend pas la relation client qui représente 50% de ton métier ?
- Lily
Moi, je trouve qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'un magasin, si tu n'aimes pas le contact avec les gens, c'est difficile. Aujourd'hui, il faut que ça soit naturel et que tu aies de l'empathie et que tu aies envie de conseiller au mieux la personne.
- Julien
Mais pour autant, ça fait partie intégrante de ton métier. Alors, ou je me trompe, ou je n'arrive pas à l'imaginer, mais je ne conçois pas de métier avec cette formation-là, du moins où tu n'as pas de contact client Ou alors c'est vraiment technicien où tu fais que régler les verres et des choses comme ça en back office ?
- Lily
Alors ça dépend. C'est-à-dire que je pense qu'il y a toute une partie quand même atelier, manuel. Mais ce qui fait vivre aujourd'hui un magasin, c'est la relation client. Et nous, on a entre guillemets la chance, avec notre diplôme, en fait on peut faire plein d'autres choses au niveau du métier. C'est-à-dire qu'on peut partir dans l'enseignement.
- Julien
D'accord.
- Lily
Chose que j'ai fait en parallèle. Moi j'ai donné des cours aussi. à l'ISO de Lille, en tout ce qui est contactologie, en licence d'ailleurs. J'ai fait, en fait, j'ai alterné vraiment le magasin et l'enseignement pendant 2-3 ans.
- Julien
Ok. Juste en sortie d'études ou un peu plus tard ?
- Lily
Une fois que j'ai fait ma licence, j'avais 22 ans et j'ai pu faire les deux parce que je faisais de l'adaptation en magasin.
- Julien
D'accord.
- Lily
Du coup, j'ai pu donner des cours en même temps.
- Julien
Ça marche. Et donc, sortie d'études, tu intègres un magasin. Oui. En parallèle, tu proposes des cours. là où tu étais un an avant. C'est ça. C'est ça.
- Lily
Par exemple, j'étais une bonne élève.
- Julien
Super. Dans l'établissement où tu étais scolarisée ?
- Lily
Oui. Et donc, mes anciens professeurs, sont devenus mes collègues. C'est ça, franchement. Et j'ai vu, tu sais, derrière, la barrière du côté professeur.
- Julien
Quand ils se plaignent des étudiants.
- Lily
Oui. C'est pour ça que je ne suis pas restée longtemps. D'ailleurs, je ne perds pas ma philosophie.
- Julien
Ça marche. Ok. Donc, tu commences. à travailler. Dans quel type d'établissement ? Est-ce que c'est un petit magasin de ville ? Est-ce que c'est du centre commercial ? Comment c'est ? Chaîne ? Petite boutique ? Quel type d'enseigne ?
- Lily
Alors, moi, quand j'ai commencé à travailler, en fait, à la base, je suis de Lille.
- Julien
D'accord.
- Lily
Et j'ai trouvé, enfin, j'ai vu une annonce à Denain.
- Julien
OK.
- Lily
Et c'était en fait un magasin qui était sous enseigne. C'est le Lynx Optique à l'époque.
- Julien
OK.
- Lily
Et c'était un petit magasin dans un centre commercial quand même. qui a grandi en disant qu'il a doublé de volume. Et moi, j'ai commencé dans une enseigne et c'est ce que je voulais. Pour faire les armes, c'est mieux quand même.
- Julien
Parce que c'est mieux rodé, parce qu'ils ont un fonctionnement qui est très carré, parce que plus de choix peut-être aussi ? Qu'est-ce qui t'a tiré justement dans ce côté grande enseigne, ou du moins chaîne ?
- Lily
C'était le côté où il y avait beaucoup de passages.
- Julien
D'accord.
- Lily
Et donc, j'avais l'occasion...
- Julien
Faire de l'exercice.
- Lily
Ouais. Je me suis performée, j'ai vu tous les cas de vers différents. Et on ne voit pas les journées passer. Ça passe vite, on voit du monde. Et puis quand tu es jeune et que tu commences, tu as envie de ça.
- Julien
Oui.
- Lily
Tu as envie d'être dynamique.
- Julien
Que ce soit plan-plan et il faut que ça bouge. Oui. Tu es quelqu'un d'énergique aussi.
- Lily
Un petit peu, oui. Oui, j'aime bien que ça bouge quand même.
- Julien
Ça marche. À ce moment-là, qu'est-ce qui te plaisait le plus dans ton métier ? Est-ce que c'est la partie relation client ou c'est vraiment la partie technique ? Est-ce que quand tu as commencé à exercer, est-ce que c'était 100% fidèle à l'image que tu t'en faisais ? La petite Lily de 14 ans, est-ce que c'est exactement ce qu'elle imaginait ?
- Lily
Alors, oui quand même, parce que j'avais fait des stages. Ils m'avaient un peu plongée dans l'univers. Et franchement, je ne regrette pas. Et aujourd'hui, c'est pour ça que je n'ai pas changé de voie. C'est un métier en plus où on peut évoluer énormément. On peut choisir de soit rester dans le magasin. On peut aussi travailler en... en partenariat avec les ophtalmologistes.
- Julien
D'accord.
- Lily
On peut faire des examens de vue dans l'enseignement. On peut faire représentant, on peut faire du design, si on veut. On peut partir dans la voie de la création.
- Julien
Parce que tu connais les contraintes techniques des verres et des choses comme ça. Donc, tu peux réfléchir au plan par rapport aux contraintes qu'il va y avoir derrière pour y monter les verres, etc.
- Lily
Et surtout, c'est vraiment, entre guillemets, on ne se rend pas compte, mais c'est un métier où on a de l'atelier. Donc, pour ceux qui aiment le côté manuel, technique, parce que les verres, c'est...
- Julien
c'est vraiment tout c'est vraiment précis on a du relationnel on a du visagisme on a de la mode on a des examens à vue donc on a du paramédical du marketing ouais donc pour l'achalandage de ton magasin exactement la vitrine on fait de la communication la relation commerciale oui la négociation un petit peu oui la relation partenaire avec les mutuelles oui
- Lily
malheureusement parce que des fois c'est toujours un peu compliqué parce que les mutuelles elles ont un peu le plein pouvoir en ce moment mais Ça fait partie des services parce qu'on fait quand même du tiers payant, donc oui.
- Julien
Ok, ça marche. Ça a duré combien de temps cette expérience en centre commercial du coup ?
- Lily
Alors j'ai commencé en sortie, ça a duré dix ans.
- Julien
Ok.
- Lily
J'ai été assez fidèle parce que j'avais vraiment pour moi un mentor, c'est-à-dire mon gérant. Ouais. Qui est toujours gérant d'ailleurs, puisque le lynx optique s'est transformé en Chris.
- Julien
D'accord.
- Lily
Et ça a été vraiment mon mentor, c'est Mathieu Rogier pour ne pas le citer. Et en fait, t'as déjà croisé. Et c'est un acharné du travail, mais vraiment dans le bon sens du terme. Et ça m'a donné ces valeurs. Et c'est vrai que je suis restée du coup dix ans à ses côtés. Et au bout de dix ans, j'avais fait quand même le tour. Et il m'a dit, écoute, va t'installer. Ok. Vol de tes propres ailes, t'en es capable.
- Julien
Il en avait marre de toi.
- Lily
Oui, peut-être. Même moi, mais ça doit être mutuel. À un moment donné, on ne se supportait plus. Et du coup, c'est là où j'ai ouvert le collectif des lunetiers à Denain. Dans la même ville. Donc tu vois, je ne suis pas partie trop loin.
- Julien
quand même de lui. Donc là, c'est une création. Un nouveau magasin qui n'existait pas. Ce n'est pas une reprise. C'est ton entreprise en tant que franchisée ou comment ça se passe ?
- Lily
Le collectif des lunetiers, c'est l'indépendant du groupe Chris. Parce que le groupe Chris, il n'y a pas tant.
- Julien
Tu ne t'éloignes vraiment pas tant ? Non.
- Lily
Franchement, j'ai adoré. Pour moi, c'est un groupe qui est hyper humain. Donc j'y reste. mais J'avais envie quand même de pouvoir choisir mes propres produits au sein du magasin, d'avoir un concept plus comme à la maison, un concept de proximité. Donc, on est l'indépendant du groupe. Et si on a un souci informatique ou quoi que ce soit, on appelle le groupe et on n'est pas tout seul.
- Julien
D'accord. Donc, tu as un support en termes de gestion d'outils informatiques, de contacts, j'imagine peut-être avec les compagnies de mutuelles, etc. où vous bénéficiez de cet avantage de faire partie du groupe Chris. Oui. Mais à côté de ça, tu choisis les montures, tu peux choisir une part des fournisseurs avec qui tu travailles, etc. Et tu es libre aussi de la déco de ton magasin et de son aménagement.
- Lily
Exactement, c'est-à-dire que moi quand même, au bout de dix ans dans le magasin, en sort de co, le fait d'être un petit peu sans voir la lumière du jour, d'être un petit peu enfermé, d'avoir ce côté quand même à rythme effréné, il faut le dire, j'avais envie de retourner à... Un magasin plus coucouning. C'est pour ça, d'ailleurs, dans le magasin, tu l'as vu. Et il y a un salon, il y a un coin enfant, il y a un coin un peu cuisine. Et c'est ça qui me manquait. C'est les gens, ils viennent dans le magasin, c'est comme à la maison.
- Julien
Tu voulais vraiment créer une ambiance à l'opposé un petit peu de l'ambiance, je veux dire effrénée. On est à Denain, on n'est pas en plein centre de Paris. Le passage n'est pas du tout le même. Tu peux prendre le temps. ou plus facilement, j'imagine, avec les gens aujourd'hui que tu reçois. Et ça, c'est quelque chose qui te pesait dans le centre commercial, que tu recherchais au début dans le lancement, en disant, j'ai envie de taper dedans, j'ai envie de faire plein de clients, j'ai envie de faire plein de choses. Et au bout d'un moment, tu t'es dit, bon, maintenant, aujourd'hui, j'ai envie de me poser un peu plus et de passer un peu plus de temps avec les gens.
- Lily
C'est ça. Maintenant, j'ai 31 ans et j'avais envie de revenir à la source. Même du... On prend le temps, on fait essayer la correction, on vérifie. On discute suffisamment avec les gens pour comprendre ce qu'ils veulent comme style de lunettes, comment les accompagner, aussi bien eux et leur famille. Il y a des enfants aussi où ils ont besoin de calme. Donc, on peut les isoler. Est-ce que ce changement-là,
- Julien
tu l'as voulu uniquement pour toi ou est-ce que tu penses que les gens ont changé un peu aussi leur méthode de conso en disant, en sachant qu'il y a eu entre deux le Covid, la fin du monde, etc. Est-ce que tu penses qu'aujourd'hui... ça correspond aussi un peu plus aux gens, ce mode-ci que tu as plutôt que le centre commercial. Est-ce que tu as vu des changements dans le comportement des gens ?
- Lily
Oui, je pense. Alors déjà, nous, je pense déjà, en tant que travailleurs, on n'a plus trop envie d'être dans un rythme non plus comme ça. Et je pense qu'aujourd'hui, à Denain, il y a beaucoup d'opticiens aujourd'hui. Mais il y a surtout des grosses enseignes. Et je trouvais qu'à Denain, il manquait ce service-là. Cette proximité. Pour Denain et les alentours d'ailleurs.
- Julien
Ok,
- Lily
très bien. Je ne regrette pas parce que tu vois, je viens de Lille et au final, on m'a toujours dit mais qu'est-ce que tu fais à Denain ?
- Julien
Centre commercial Denain, ce n'est pas le centre commercial de Lille déjà.
- Lily
Non, c'est ça. Et on m'a dit mais qu'est-ce que tu fais ? Il n'y a pas de travail à Lille. Ben si, mais finalement, je suis restée parce que les gens sont authentiques.
- Julien
Ok.
- Lily
Je suis bien à Denain.
- Julien
Ça marche. Oui, tu es arrivée sur Denain en fait pour tes études ou alors avant ça, tu t'es installée par ici. ton alternance c'était pas chez eux ?
- Lily
non ok j'ai fait mon alternance à Lille d'accord j'habitais à Lille et j'ai fait la route Lille-Denain donc pendant
- Julien
5 ans ah oui quand même
- Lily
5 ans donc j'étais motivée et puis l'autoroute qui bouge et machin très fun c'était sympa et après je me suis dit je vais me rapprocher quand même et je suis restée fidèle finalement à la ville parce qu'ils me l'ont bien rendu ok super aujourd'hui au collectif des lunetiers
- Julien
Tu as une nouvelle casquette. Alors, je ne sais pas si tu l'avais avant, mais tu as une casquette aussi de manager. Oui. Et de RH, parce que tu as une salariée et une apprentie, c'est ça ?
- Lily
Oui, c'est ça. Il y a ma collègue Eva. qui est mon bras droit, clairement, et Cassandra qui passe son BTS cette année.
- Julien
Ça marche, très bien. Et cette nouvelle casquette, c'est quelque chose que tu as envie de tenter aussi ? Ou alors c'est plutôt une contrainte d'ouvrir un magasin où tu ne pouvais pas le faire seul ? Ou alors quand tu étais sur la fin de crise, tu te dis « ça me titille quand même d'avoir quelqu'un à qui donner des ordres, à engueuler » .
- Lily
Alors ça, c'est vraiment une bonne question parce que moi, je suis une très bonne technicienne et j'adore mon métier pour ça. Mais toute la partie management, ce n'était pas mon truc. Clairement. Moi, j'ai tendance à dire qui m'aime me suivent, mais pas à imposer des choses. Et ça, ça a été une casquette.
- Julien
C'est compliqué aussi. Oui. Tu vas avoir tendance à le faire toi et pas demander, pas le reprocher de ne pas l'avoir fait. Ce n'est pas ce que je veux dire. Non,
- Lily
c'est ça.
- Julien
Je vais le faire moi. Et si on vient te demander est-ce que ça te va si je le fais à ta place, le donner... Moi, c'est ça. C'est-à-dire que moi, aujourd'hui, on travaille, on est trois dans Bleu Poussin là où je suis. je sais qu'il y a beaucoup de choses que je fais moi, j'ai du mal à aller dire est-ce que tu peux faire ça pour moi ? Je vais faire les choses, par contre on va me dire est-ce que tu veux que je fasse ça à ta place ? Ça va me faire plaisir. Je vais dire oui, vas-y. C'est pas une difficulté à déléguer, c'est plutôt que je ne prends pas l'initiative de demander à quelqu'un d'autre de le faire. Du moins je me force à le faire aujourd'hui, mais je sais que c'est pas naturel pour moi.
- Lily
Je compatis parce que c'est exactement ça. Aujourd'hui, j'apprécie que les gens soient autonomes, enfin j'estime que les gens sont autonomes, c'est l'un qui a pleinement confiance aujourd'hui oui complètement mais c'est pas toujours le cas et c'est vrai que j'ai du prendre cette casquette là mais moi je veux être la la chef cool, la gérante dont j'aurais aimé avoir aussi parce que moi je viens quand même d'une autre génération, il y avait quand même une certaine hiérarchie,
- Julien
parce qu'elles sont toutes les deux plus jeunes que toi elles ont une début de vingtaine les deux une vingtaine et c'est vrai que
- Lily
Pour moi, ça vient naturellement. Si tu as plaisir à faire ton travail et à montrer que tu es avec elle dedans, que tu y vas, c'est pas juste que tu regardes ce qui se passe et que tu les amènes. C'est une équipe. Et moi, je suis plutôt comme ça. Je vais vraiment aller montrer l'exemple et aller, on y va.
- Julien
Tu n'es pas au-dessus de l'équipe, tu fais partie de l'équipe. Oui,
- Lily
complètement.
- Julien
Et ça te plaît ?
- Lily
Oui, franchement, je ne regrette rien du tout. J'ai eu du mal à me lancer parce que je me suis dit, oula ! Je suis quand même dans un moment de ma vie où j'ai aussi envie de faire ma vie personnelle. Oui,
- Julien
bien sûr.
- Lily
Et je me suis posé la question, même aussi en tant que femme, est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que ça ne va pas être trop ? Et au final, je travaille toujours autant, mais pour soi. Et pour une philosophie que tu as envie de donner au client.
- Julien
C'est fatigant. Moi, je sais que je récupère beaucoup plus facilement mon énergie maintenant que je travaille pour moi que quand tu travailles pour quelqu'un d'autre. parce que c'est motivant autrement en fait je voudrais revenir sur une petite nuance de ce que t'as dit, t'as dit en tant que femme c'était difficile, est-ce que tu penses que ça aurait été différent si tu étais un homme ?
- Lily
il y aurait moins la pression familiale quand même, aujourd'hui c'est plus ça, c'est-à-dire qu'aujourd'hui je n'ai pas d'enfant j'en projette d'en avoir et la question se posait tout arrive en même temps comment je vais faire pour gérer après j'ai dit bon allez on n'a qu'une vie, on n'a peut-être pas toujours des opportunités ... Allez, on y va, on fonce et puis on verra quoi.
- Julien
Et tu es contente de ton choix ? Oui. Tu t'éclates aujourd'hui dans ton magasin ?
- Lily
Ah oui, et puis les gens te le rendent. Et puis tu travailles dans ton état d'esprit. Oui. Les valeurs. Ah oui, les valeurs. Et aujourd'hui, ce qui était important pour moi, c'est aussi d'avoir ce service, d'avoir des examens de vue pour les clients. Parce qu'on ne va pas se mentir, l'accès aux soins est difficile. Oui. A Denain aussi, tout le monde ne peut pas se déplacer.
- Julien
Ça, c'est une spécificité de ton magasin, on n'en a pas parlé. Mais tu me l'as expliqué quand je suis venu pour moi. En fait, tu peux prendre rendez-vous à distance avec un ophtalmologiste. Ophtalmologue ? Ophtalmologiste ? Je ne sais jamais. On peut dire les deux. Ok, un ophtalmo.
- Lily
Un ophtalmo.
- Julien
Tu nous mets dans une petite salle sombre avec plein de machines. Et lui, il prend le contrôle de tes machines à distance. Il fait tous les tests, etc. Pas pour tout le monde, tu m'avais dit des personnes qui ont besoin de fond d'œil, etc. Là, par exemple, ce n'est pas possible parce que ce sont des actes médicaux à faire. C'est ça. Mais pour un suivi classique, il peut le faire. Il t'envoie l'ordonnance et toi, derrière, tu peux reprendre la main avec la personne et dans la foulée, lui permettre de choisir sa nouvelle monture et lui préparer ses verres pour qu'il puisse bien voir.
- Lily
C'est ça. Et en fait, alors ce qu'il faut bien... C'est cool.
- Julien
Parce qu'un rendez-vous ophtalmo... Ça peut être long. Six mois d'attente, c'est la moyenne basse, je pense.
- Lily
Oui, ça peut être. Même si là, ils font des efforts quand même avec Doctolib, tout ça. Mais ça reste long. Alors après, nous, ce qui est important de préciser... C'est que l'objectif, ce n'était pas de remplacer les ophtalmologistes, moins de là.
- Julien
Parce que tu travailles avec, au final.
- Lily
Oui, complètement. Mais en fait, aujourd'hui, ce qu'il faut savoir, c'est que l'opticien, il a un peu plus de pouvoir. C'est-à-dire que dans la limite de la date de validité de l'ordonnance, l'opticien, il peut faire un contrôle de la vue et renouveler l'ordonnance. Nous, on a dit, c'est super, comme ça, on a plus de responsabilités. Mais on voulait que ça soit quand même quelque chose d'assez sécurisé pour le patient. Et c'est pour ça qu'on a fait la téléconsultation.
- Julien
Un acte médical, ce n'est pas le terme exact, mais il y a une responsabilité sur la vue de la personne. Parce qu'un mauvais réglage, ça peut impacter, je pense à terme aussi, la vue peut-être plus des jeunes. Mais si les yeux doivent travailler plus, peut-être que ça va faire baisser d'autant plus leur vue, etc. Donc il y a une responsabilité quand même à avoir.
- Lily
Exactement. Surtout que nous, en tant qu'opticiens, ce qui est important, c'est qu'on fait des examens de vue, mais c'est non médical. on le précise toujours, alors que là ce service... de téléconsultation finalement, c'est rapide, on a même des rendez-vous le samedi. C'est surtout aussi, c'est professionnel. Vous voyez deux professionnels, vous avez un orthoptiste et un ophtalmologiste. Donc ça appuie quand même un service plus bon,
- Julien
je trouve. Ça marche. Si tu devais me donner un moment marquant de ta transition, de toute la partie, je deviens chef d'entreprise, je dois recruter, je dois faire passer des entretiens d'embauche. je dois aller chercher des financements pour mon magasin, je dois trouver mes fournisseurs, etc. Toutes ces casquettes-là que tu n'avais pas forcément avant, c'est quoi le ou deux ou trois éléments hyper marquants que tu as eu sur ta transformation ?
- Lily
Alors, en moins bien, parce qu'il y a bien et moins bien.
- Julien
Alors, un bon et un mauvais du coup. Voilà,
- Lily
un bon et un mauvais. Alors, comme je suis optimiste, je vais commencer par le bon. Je dirais toute la partie création. Ok. Donc avec les rendez-vous, avec justement les fournisseurs pour créer le côté cocooning du magasin et de voir l'évolution. Ça, j'ai trouvé ça...
- Julien
Galvanisant de voir ton projet prendre vie, se concrétiser, trouver des choses qui te plaisent et dire voilà, ça, ce sera mon identité. Oui,
- Lily
ça y est, ça devient, ça sort de terre, ça devient bon. Par contre, le côté un peu plus difficile, heureusement, on est accompagné d'ailleurs, c'est l'administratif.
- Julien
Ok.
- Lily
T'aimes pas les papiers ? Non. Non, c'est bon, vraiment, et heureusement on est aidé, mais waouh, c'est trop de choses, et puis c'est pas notre métier, quoi.
- Julien
Oui, complètement. Moi, je donne tout ce que je peux à mon comptable.
- Lily
C'est vraiment la même chose, et puis moi j'ai eu la chance d'être accompagnée par justement mon mentor Mathieu, qui m'a beaucoup accompagnée, beaucoup aidée, parce que franchement, toute seule, je pense pas que j'aurais pu le faire. Ok,
- Julien
mais c'est parce qu'il t'a montré pendant dix ans. comment lui faisait que tu t'es senti plus en confiance pour dire maintenant je pense que je suis prêt à le faire moi.
- Lily
Ouais c'est ça franchement et puis il était toujours présent et si j'avais si j'ai besoin d'aide même je peux parler au présent.
- Julien
Aujourd'hui tu contactes...
- Lily
Je sais qu'il n'est pas loin si j'ai besoin d'aide.
- Julien
C'est curieux d'avoir une personne à qui on peut dire j'ai rencontré ce problème là tu aurais fait quoi toi ?
- Lily
Oui et alors finalement ce qui est drôle c'est que ça reste quand même une roue de secours. Ouais. Mais pour l'instant je m'en sors.
- Julien
Je sais qu'elle est là. On voit les roulettes. Ouais. On sait qu'elles sont là. Et ça fait du bien. C'est vraiment ça. Ok, super. Je t'avais demandé de ramener ta carte de visite. Oui. Et moi, je vais te confier celle de Rémi. Rémi. Qui est venue la dernière fois. Super. Je sais que vous vous êtes déjà croisés aussi, donc on triche un peu. C'est rien. Mais je donnerai la tienne à la prochaine personne qui vient. Merci.
- Lily
C'est cool. Merci beaucoup.
- Julien
S'il te plaît. C'était un super échange. Je suis très content d'avoir pu partager ce moment avec toi. On s'est déjà croisés. Tu as fait mes lunettes. Oui. On s'est croisé aussi dans des clubs d'entrepreneurs organisés par Yoann. qui est passé il y a quelques épisodes dans le podcast. Mais je suis très content d'avoir pu faire cet échange. C'est hyper intéressant. Et puis d'avoir discuté d'un métier que je ne connais pas ou très peu.
- Lily
Malgré que tu portes des lunettes.
- Julien
Malgré que je porte des lunettes. Je ne me suis pas focalisé sur ce qui se passait avant. Merci beaucoup et merci de nous avoir suivis. N'hésitez pas à aimer, partager le podcast, le mettre en avant. C'est ce qui nous donne de la visibilité. Et puis, je te souhaite à très bientôt.
- Lily
Merci beaucoup et merci à Léo.