- Julien
bienvenue pour ce nouvel épisode de reconversion aujourd'hui on accueille david qui a lui-même suivi une reconversion et qui est là pour nous en parler bonjour david bonjour ça va ouai super et toi savoir bienvenue merci dans cet épisode Est-ce que tu peux te présenter ?
- David
Moi, c'est David Léveque. J'ai 53 ans et j'habite Valenciennes.
- Julien
D'accord. Et du coup, tu as créé ton entreprise ?
- David
C'est une franchise qui s'appelle Ti mic mac. C'est une franchise d'origine bretonne. On est le premier sur le Nord et c'est une franchise de vide de grenier permanent.
- Julien
D'accord. Est-ce que ça, c'était un parcours auquel tu t'étais destiné initialement ou alors pas du tout ?
- David
Non, non, à la base, ce n'était pas mon cœur de métier, puisque auparavant, j'étais dans l'industrie. D'accord. Donc, j'étais gestionnaire de centre de profit pour une société internationale qui travaillait avec les principaux groupes, Alstom, Airbus, Stellantis et autres, dans le domaine de la qualité industrielle et du projet.
- Julien
Rien à voir du coup ?
- David
Pas grand-chose, non.
- Julien
Et tu y as passé combien de temps ?
- David
J'ai fait 23 ans dans cette société. Donc, j'ai démarré comme chef d'équipe et puis j'ai fini comme... gestionnaire de centre de profit pour l'ensemble du Nord. Mon secteur partait d'en dessous de Lyon jusqu'au Luxembourg.
- Julien
Et du coup, gros rythme de travail ?
- David
Oui, les semaines étaient à 70 heures, on va dire.
- Julien
Ça marche. Encore aujourd'hui, mais c'est différent.
- David
Je suis presque en vacances aujourd'hui, puisque je ne fais plus que 57 heures, je crois. C'est plutôt cool.
- Julien
On aura l'occasion d'y revenir après. Du coup, dans cette première expérience carrière, Grosse expérience de 23 ans dans le domaine plutôt de l'industrie pour le coup et du contrôle qualité. Qu'est-ce qui t'a donné envie de changer ?
- David
Un gros burn-out en fait. Marre, la surdose de travail, 70 heures ça se fait une fois de temps en temps. On fait ça pendant des années et des années. La gestion du personnel, la gestion des conflits avec les clients, le commerce. L'industrie qui devient de plus en plus difficile, de plus en plus exigeante, à un moment donné...
- Julien
La pression, le besoin de...
- David
On arrive au bout, tout le monde a son seuil de tolérance et j'étais arrivé au bout, j'ai mis 23 ans, c'est quand même pas mal, une belle résistance. Mais voilà, donc j'ai décidé de changer de cap et de faire autre chose. Et puis le domaine de la brocante, le grenier permanent, c'est quelque chose que... Je faisais un peu de temps en temps, quand j'avais un peu le temps entre les journées de travail.
- Julien
C'est ça,
- David
oui. Et du coup, arrivé cette rupture. On a fait une rupture conventionnelle avec mon entreprise. Je me suis demandé ce que j'allais faire. Donc, j'ai mis mon profil en ligne sur LinkedIn, le fameux réseau. Et effectivement, les chasseurs de tête étaient nombreux. Mais je me suis posé la question, est-ce que je voulais encore faire ça ?
- Julien
Est-ce que tu as envie de rester dans le secteur ?
- David
Est-ce que j'ai envie de... D'être dans ce secteur, alors effectivement, je gagnais très bien ma vie, mais globalement, je n'avais pas le temps de dépenser l'argent. Et puis, j'étais trop fatigué et beaucoup de problèmes, on coupait les jours, les nuits. Et je me suis inscrit à Pôle emploi, comme tout à chacun. Je n'avais jamais mis les pieds chez France Travail maintenant. Et je suis tombé sur une annonce, sur une annonce de cette franchise qui cherchait des porteurs de projets.
- Julien
Et du coup, c'était l'occasion d'allier ce centre d'intérêt slash passion. que tu avais à titre perso et que tu n'avais pas trop le temps de pratiquer et d'en faire peut-être une activité, cette fois-ci professionnelle, moins exigeante que la vie que tu avais précédemment, c'est ça ?
- David
Alors, quand j'ai vu ce projet, effectivement, je m'y suis intéressé. De par mon parcours professionnel précédent, j'étais habitué à dresser des business plans et faire des études de marché. Donc, ça a été très rapide pour moi de voir la fiabilité et la viabilité du projet. Et puis, avec ma compagne qui était elle aussi... un petit peu entre deux travails, on s'est dit, on va se lancer ensemble et on va essayer de créer quelque chose qui nous correspond, qui a un sens pour moi, parce que mon précédent travail n'avait plus de sens pour moi. Et donc, je voulais faire quelque chose qui m'apporte, mais qui apporte aussi à la communauté. Et la seconde main, on est en plein.
- Julien
On peut parler avec des valeurs au final. C'est ça,
- David
des valeurs plus humaines, avoir plus le temps de parler aux gens. Donc, effectivement, je fais encore. un bon nombre d'heures entre 50 et 60 heures par semaine, mais ce ne sont plus les mêmes heures. Ce sont des heures où je vais prendre du temps. pour parler aux gens, pour apprendre à les connaître, là où dans mon précédent métier, je n'avais plus le temps de faire ça.
- Julien
Ok, ça marche. Tu as mis du temps à te rendre compte de ce burn-out ? Ou alors est-ce que assez rapidement, tu t'es dit, bon là c'est bon, j'en peux plus, j'atteins ma limite ? Parce que c'est plus ou moins long, je pense, la phase d'acceptation un petit peu de cette situation. Moi je sais que j'ai mis un peu de temps, moi je suis passé par là aussi, j'ai mis un petit peu de temps à m'en rendre compte. Léo nous disait la dernière fois aussi que lui, pareil, Il a mis un certain temps avant de s'en rendre compte, avant de prendre des mesures. Est-ce que pour toi, ça a été assez rapide ou pareil, pendant un certain temps, tu as vécu avec ce mal-être ?
- David
Alors, moi, j'ai commencé avec cette société qui était une société de moins de 100 personnes quand j'ai débarqué, qui est devenue une société internationale. Donc, c'était ma famille. Il faut comprendre l'attachement que j'avais à ma précédente société. Et j'ai fait trois burn-out avant de sortir les voiles. En fait, j'en ai fait un petit, puis un moyen et puis un très gros.
- Julien
Tu t'es dit je ne vais pas tenter le très gros.
- David
C'était le très gros en fait le dernier. J'étais quand même dans les cordes et j'étais hospitalisé d'urgence.
- Julien
D'accord, oui, ok. Il y avait une notion médicale. Ce n'était pas juste un mal-être. Il y avait aussi une dimension médicale qui fait qu'il fallait t'arrêter dans tous les cas.
- David
Il y avait une dimension de survie presque.
- Julien
Ok. Et qu'est-ce qui t'a, dans ces moments-là, qu'est-ce qui t'a donné cet élan ? Parce que quand on est dans ces situations-là, souvent on a... Moi, je sais que je l'ai vécu comme ça. J'avais plus le goût de faire quoi que ce soit. Et cette prise de risque et se dire, je vais encore me lancer dans quelque chose. Est-ce que c'est le soutien aussi peut-être de ton entourage ? Tu nous disais ta femme qui t'accompagne aujourd'hui dans ce projet-là. Est-ce que...
- David
Globalement, moi, je suis un combattant. Donc, j'ai commencé mon parcours professionnel en étant militaire. Donc, j'ai eu un parcours assez chaotique au niveau de ma carrière militaire puisque j'ai participé à un conflit. Et puis, après, j'ai fait photographe. Donc, complètement différent. Donc, reformation, repartir sur des projets. Donc, je suis un aventurier. Et une fois qu'on se repose après un burn-out et qu'on prend conscience et j'ai cette faculté à pouvoir analyser les choses et se dire, on ne va pas rester sans rien faire. Ce n'est pas mon tempérament. Être un suiveur, ce n'est pas non plus mon tempérament, donc j'ai besoin de mener un projet. Je suis quelqu'un qui s'ennuit facilement, donc j'ai besoin de porter des projets, j'ai besoin d'être actif. Et puis ça s'est fait naturellement finalement, puisque tout mon parcours professionnel, aussi bien la partie militaire photographe que la partie gestionnaire de ce centre de profit, finalement m'ont formé à faire cette dernière aventure qui, je l'espère, sera ma dernière aventure professionnelle.
- Julien
Ok. Alors si on devait donner une note, parce que du coup ça fait écho un peu. ton état d'esprit de santé avant d'entamer cette transition. Alors j'imagine que la note est très basse de ce que tu m'expliquais.
- David
Mais on est en dessous de zéro.
- Julien
On est en dessous de zéro, dans le négatif.
- David
Donc on est...
- Julien
On ne peut pas aller faire quelque chose absolument...
- David
black out. Donc c'est plus de son, plus de lumière.
- Julien
Ça marche.
- David
Et puis aujourd'hui, c'est totalement inverse. Donc on est à 9,5 sur 10. C'est ça. C'est-à-dire que là où je me suis vu arriver sur le parking d'une entreprise partenaire où je ne pouvais plus descendre de la voiture. Ma tête disait qu'il fallait aller au travail, mais mon corps ne voulait plus descendre de la voiture. Aujourd'hui, j'ai un magasin qui ouvre à 10h et à 7h30 ou 8h, je suis au magasin, je suis en train de ranger dans les allées, je passe le balai, je passe un coup d'aspirateur, je prends la perceuse, je suis toujours actif et je suis enchanté de voir les clients passer la porte du magasin.
- Julien
Ça marche. Il y a une forme de reconnaissance aujourd'hui. dans ton métier qui permet de gérer la pression différemment, tu penses ?
- David
En fait, tout le parcours auparavant m'a amené à gérer de la pression. Et ce n'est plus la même pression. Et c'est là que les gens ne doivent pas avoir peur de la reconversion. Parce que c'est vrai qu'on est dans un confort. Même si on est dans le mal-être, il y a un salaire qui tombe. Il y a la peur de l'inconnu. Et là, on se lance complètement dans l'inconnu. Mais globalement, en fait, c'est que du positif. La pression, elle n'existe pas aujourd'hui. Même avec... On connaît tous la clientèle. Quelquefois, on peut avoir des gens qui sont compliqués, on va dire. Mais ce n'est plus de la pression. C'est presque un amusement. De gérer des problèmes, aujourd'hui, ça devient un amusement. Ou, il y a encore un an et demi, c'était une montagne que j'avais devant moi. Aujourd'hui, c'est une souris.
- Julien
OK. Donc la pression se gère différemment parce que là tu gères quelque chose qui te ressemble, que tu as formé à ta façon et surtout quelque chose dans lequel tu t'épanouis, là où dans ton précédent métier, alors au début il y avait peut-être cette forme de découverte, d'épanouissement, mais que tu avais un peu perdu avec le temps au final. Oui,
- David
je dirais même plus de pression en fait, c'est même plus de la pression en fait, c'est la vie quotidienne dans un environnement où on se sent serein. Donc même quand les problèmes arrivent, en fait, ce n'est plus des problèmes. C'est de la gestion journalière dans un environnement qui te permet de le faire en toute quiétude.
- Julien
Et cette construction de projet que tu as eu, du coup, aujourd'hui, la société, tu l'as avec ton épouse, vous l'avez ensemble, c'est ça ?
- David
Non, en fait, c'est moi le porteur de projet. Mon épouse est un peu moins aventurière, donc elle m'a dit OK, vas-y. Elle est salariée, ça lui va bien. Elle aime moins la pression que moi, elle est beaucoup moins aventurière, et du coup, elle suit, et puis, j'ai eu l'idée quand même, puisque dans mon précédent poste, j'avais quand même très porté sur le développement, c'est d'en ouvrir plusieurs, donc de donner les rênes du magasin lancé à ma conjointe ou à une personne de confiance, aller en ouvrir un autre, et puis...
- Julien
C'est une période de formation camouflée, en fait.
- David
Oui, tout à fait.
- Julien
Est-ce que dans le parcours de construction que vous avez eu, indirectement ta femme, mais toi aussi, est-ce qu'il y a des moments où tu as rencontré des situations que tu n'envisageais pas, qui t'ont donné envie de faire demi-tour ? Ou est-ce qu'au final, de par ton expérience, tu avais vraiment une vision assez précise de ce qu'allait être la création d'entreprise et tout s'est déroulé comme tu l'imaginais ?
- David
Non, la création d'entreprise, c'est montagne russe. En fait, globalement... Si j'avais été dans l'état d'esprit de mon emploi précédent, je renchaînerais à deuxième burn out. Enfin quatrième du coup puisque j'en étais déjà au troisième. C'est montagne russe, c'est des problèmes de normes, c'est des problèmes avec les artisans, c'est des problèmes... Mais en fait encore une fois c'est l'état d'esprit qui fait que le problème ou la pression n'en est plus une. On s'en amusait presque alors qu'un an et demi avant... J'aurais été au fond du trou et là, on s'amusait presque des problèmes et on les réglait les uns après les autres, aussi grâce à l'expérience accumulée. Aujourd'hui, lancer une entreprise en France, c'est compliqué.
- Julien
Oui, tu disais tout à l'heure le fait d'avoir réalisé plein d'études de marché dans ton précédent métier, etc. Ça t'a donné, j'imagine, une clairvoyance au niveau du marché qui existe, mais surtout de la méthodologie. Parce que quelqu'un qui veut créer son entreprise, ce qu'il n'a jamais fait avant, on lui dit de faire une étude de marché. quoi j'en sais rien je connais pas toi tu avais quand même quelques freins qui était levé là dessus mais malgré ça on rencontre quand même un moment on travaille avec d'autres personnes qui sont peut-être moins active moins penchée sur le projet c'est le nôtre on a envie donc nous on est à fond dedans et d'autres personnes vont peut-être gérer 20 30 autres 40 40 autres porteurs de projets et du coup pas forcément moi je les ai vécu comme ça parfois c'est frustrant parce qu'on donne notre dossier entre les mains de quelqu'un d'autre puis on se rend compte que ça traîne aussi oui donnez le moi moi je le faire vite ce sera vite fait et ouais
- David
Alors, en fait, j'ai un tempérament vraiment de fonceur. Donc du coup, moi, je n'ai pas rencontré énormément de problèmes. Par exemple, avec la franchise, au niveau des banques, ils me disaient c'est difficile d'avoir des crédits. J'ai sollicité deux banques, les deux étaient partantes. Parce que déjà, j'ai pris un fil conducteur pour construire ce nouveau projet. J'ai commencé à me former. Je suis allé voir les organismes. Et pour ça, la France est bien faite. Autant c'est difficile de lancer un projet. Autant c'est quand même facile d'être accompagné.
- Julien
Par qui tu as été suivi ?
- David
J'ai été suivi par la chambre de commerce qui m'a fait une formation sur six semaines qualifiante sur créateur d'entreprise. Du coup, ça a peaufiné parce que j'avais quand même un gros bagage, mais ça a peaufiné pas mal de points d'interrogation que j'avais. J'ai été suivi aussi par Valinitiative sur le prêt d'honneur et puis par Nordactif. pour le cautionnement du prêt pour lancer. Donc, j'ai passé finalement quatre certifications avant de lancer mon projet. Ce qui était peut-être difficile pour d'autres, mais moi, ça m'a rassuré sur les tenants et les aboutissants et les chiffres que j'avançais. Ça m'a permis de peaufiner le projet pour arriver à quelque chose d'abouti une fois que je me suis vraiment lancé.
- Julien
La création d'entreprise, moi, je la vois comme une prise de risque, mais qui doit être mesurée et prise en conscience. Et au final, je pense que se faire accompagner, justement, ça permet d'avoir des avis d'autres personnes, peut-être de mettre en avant des points que nous, tout seuls, on n'aurait pas vus. Mais d'avoir des avis et des conseils de personnes qui ont accompagné X autres structures, moi, je trouve que c'est hyper enrichissant parce qu'au final, je me dis « Ouais, attention, là, ça, j'ai déjà quelqu'un qui a rencontré cette difficulté-là » . Et ça permet de désamorcer, en fait, des pièges, parfois, plutôt que de tomber dedans et de perdre. Alors, les impacts peuvent être plus ou moins grands. Parfois, on va peut-être perdre quelques dizaines d'euros à l'échelle d'une entreprise. C'est pas... mettre en danger l'entreprise normalement mais parfois il y a des problèmes qui peuvent être plus importants et le fait de pouvoir en discuter avec d'autres personnes je trouve que c'est hyper enrichissant et pareil pour mon entreprise je suis passé avec différents organismes le fait de rencontrer ces personnes là qui viennent aussi parfois apporter une validation sur projet dire je pense que votre idée est bonne et je pense que vous faites bon chemin ça permet justement sur les montagnes russes dont tu parlais tout à l'heure dans les moments où justement on est en bas va nous remonter et de réussir à atteindre cette espèce de moyenne que moi je vois comme étant la bonne prise de risque par rapport aux enjeux qu'il y aura derrière. Oui,
- David
c'est ça. En fait, il y a tout un accompagnement, tout plein de structures en France qu'il faut solliciter d'ailleurs. Souvent, on essaye de faire ça un peu dans son coin. Non, il faut travailler en équipe et il faut prendre tous ces organismes et tous ces conseils, tous ces avis positifs ou négatifs comme une équipe. Donc moi, j'ai construit avec eux une relation. par exemple avec mon comptable qui était tellement emballé par le projet à un moment donné quand je cherchais local il y en avait un qui était à vendre c'était plusieurs centaines de milliers d'euros quand même parce que ton local est assez grand moi j'ai eu l'occasion de le voir t'as combien d'espace à peu près de vente ? là on a 800 mètres carrés alors c'était pas ce local là c'était un autre puisqu'il y a eu des hauts et des bas le premier local que j'avais trouvé il y avait un avis d'expropriation dessus dont on n'était pas au courant et donc... J'en ai parlé à mon expert comptable, ça remettait un peu en cause tout le projet. Et puis j'en avais trouvé un autre, mais finalement qui était à vendre. Et lui, on s'était vu deux fois quand même. Et il me dit, c'est pas grave, on va créer une SCI ensemble. Et puis mon beau-frère, il est lui dans le BTP. On va faire une SCI finalement à trois. Toi, t'apportes les compétences terrain. Moi, j'apporte un peu de financement. Et puis mon beau-frère, il va faire le BTP. J'hallucinais un petit peu. Mais globalement, en fait, quand on se rend compte, Quand on dégage quelque chose de positif, on emmène les gens avec nous. Ce que j'avais plus il y a un an et demi. En fait, globalement, je n'arrivais plus à tirer toute mon équipe derrière moi. Parce que globalement,
- Julien
tu étais plus dedans.
- David
Je faisais encore beaucoup d'heures, mais en fait, ce n'était plus des heures très, très productives. Alors que là, j'étais dans le bon move, j'étais positif, plein d'allants, plein d'idées. Et les gens, ils se laissent emmener.
- Julien
Les portes qui se sont ouvertes.
- David
Ils ne demandent que ça. En fait, les organismes, les gens qui nous accompagnent, qu'on cotoie au jour le jour, ne demandent que ça, m'accompagnent la première. Là où j'étais un peu aigri, forcément, je rentrais...
- Julien
Il y a des répercussions sur la vie perso, quand on est dans des états extrêmes comme ça.
- David
Les personnes les plus proches, c'est celles qui prennent le plus, généralement, parce que c'est celles qui sont les plus compréhensives. Là, elles, pareil, elles se laissent emmener par le projet, et puis finalement, on en est là aujourd'hui, c'est super.
- Julien
Aujourd'hui, TI-MIC MAC, c'est lancé depuis combien de temps ? Enfin, du moins, ta franchise de T-MIC MAC est lancée depuis ?
- David
Donc, on est lancé depuis trois mois et c'est déjà un succès, on va dire, puisque le magasin est plein. On a déjà eu plus de 5000 objets qui ont changé de main. Ça, c'est quand même top sur l'économie circulaire, la surconsommation. On va avoir un vrai impact. On a d'ailleurs eu une lettre du sénateur du Nord, on n'était même pas encore en lancés, on était encore dans les travaux, qui nous remerciait d'avoir ouvert ce commerce parce que ça allait aider le bassin valenciennois. Ça permet aux gens de créer de la valeur ajoutée sur des choses qu'ils auraient pratiquement jeté ou donné. Et aux autres d'acheter à très peu compte.
- Julien
Ça crée du pouvoir d'achat. Et ça limite les investissements d'une autre personne. Donc au final, chacun se retrouve avec un petit peu plus d'argent que ce qu'il y avait au démarrage.
- David
C'est complètement ça. Et donc, les gens adorent. Et en plus, il y avait eu des reportages à la télé, notamment sur M6, il y a un an, un an et demi, je crois, sur ce concept-là. Et plein de gens nous disaient, quand on a ouvert, on attendait ça à Valenciennes. Parce qu'il y en avait ailleurs, dans des villes d'ailleurs de moindre importance. Mais nous, on n'avait pas ça sur Valenciennes.
- Julien
Donc le concept, au final... pour pouvoir l'expliquer, c'est que tu as des étagères un peu partout. Et moi, je vais venir et je vais te louer entre guillemets un mètre ou deux mètres d'étagère pour pouvoir y déposer mes objets. Tu les vends pour moi et moi, je viens récupérer l'argent une fois que c'est vendu. Ou je récupère le matériel si ce n'est pas vendu.
- David
Tu as tout dit. En fait, globalement, c'est sous forme de box qui font à peu près 1,50 m sur 1,60 m de haut, ce qui permet de déposer entre 50 et 100 articles. Les gens peuvent réachalander au fur et à mesure que ça se vend. Et puis nous on les vend pour eux, donc ils ont des petites étiquettes avec le petit code barre, ça implémente leur cagnotte. Et à la fin, ils récupèrent leurs objets ou ils les donnent à une association, on a fait trois box associations dans le magasin, ce qui permet vraiment de rien jeter. On est sur un magasin qui se veut pour zéro déchet. Ils peuvent donner ces objets-là ou les reprendre. Et puis, on leur fait un chèque du montant de leur cagnotte. Donc, c'est plus ou moins aléatoire, suivant notamment les prix que les gens mettent. Parce que c'est eux qui choisissent de mettre la valeur de leurs objets.
- Julien
C'est eux qui estiment le prix que vaut leur vêtement ou leur bibelot de décoration.
- David
Tout à fait. Le gain moyen, par exemple, sur quatre semaines, puisque c'est généralement le... Le temps que les gens prennent un box, il est de 150 euros tout frais déduit. Aujourd'hui, faire 150 euros avec des objets qui traînaient, soit dans le garage, dans le grenier ou dans les placards, qu'on aurait pratiquement jetés.
- Julien
Surtout si on a un petit accumulateur. Moi, je sais que j'ai tendance à avoir du mal à jeter parfois certaines choses. Et au final, j'ai des choses qui sont chez moi et que je n'utiliserai jamais. Je sais, au fond de moi, que je ne les utiliserai jamais. Mais je les garde, peut-être qu'un jour.
- David
Mais aussi, bah... les décès, les parents proches ou moins proches qui viennent à partir. Et on se retrouve avec un tas d'objets qu'on n'a pas envie de jeter, qu'on n'a pas envie de donner, on ne sait pas trop quoi faire avec. Là, on a plein de gens qui nous louent des box et qui se disent « je fais une bonne action, je vais récupérer un petit peu d'argent qui souvent sert à entretenir la mémoire de la personne qui est partie. » ou aux enfants ou aux petits-enfants, en disant, ben voilà, c'est la cagnotte de mamie, on a vendu ces objets, mais c'est la cagnotte de mamie ou de papy.
- Julien
C'est aussi les démarches, je pense, parce qu'il y a beaucoup de démarches administratives en cas de décès, on n'a pas envie aussi de multiplier les annonces sur Leboncoin, Vinted, etc. Là, au final, je centralise tout un endroit et je me débrouille.
- David
Et les déménagements aussi. Quand on déménage, on jette beaucoup de choses, parce qu'on est pris par le temps. Là, les gens nous déposent, ils se disent, bon, ben voilà, tout ça, c'est ce que je devais jeter ou donner. Et moi, je vais aller le... posr à cet endroit là je vais passer une fois par semaine pour aller ranger un petit peu mon stand et remettre des articles et puis à la fin des quatre semaines ou huit semaines si les gens reconduisent j'aurais écoulé 60 ou 70 % des choses que qui que j'ai donné le reste je donne une association je repars avec mon chèque et on a des chèques qui sont très très conséquents on a des gens sur quatre semaines qui arrive à faire six ou sept cents euros c'est carrément bien à bas c'est beaucoup c'est un super projet
- Julien
C'est vachement bien. Je suis content que je puisse t'épanouir dedans aujourd'hui avec ton épouse. Comme je l'ai fait pour les numéros précédents, je prendrai ta carte et je vais te remettre la carte de la personne qui est passée avant toi. Ouais, d'accord. Comme ça, il y a aussi notre économie circulaire à nous. Eh ben,
- David
On la mettra dans le petit présentoir du magasin.
- Julien
Super. Merci beaucoup, en tout cas, d'avoir accepté de témoigner, de partager ton expérience. Merci à vous de nous avoir suivis. N'hésitez pas à mettre un j'aime, un commentaire, à suivre la chaîne, à vous abonner. C'est ce qui va permettre aussi à Reconversion de perdurer et de vivre sur le temps. Encore merci pour ce témoignage et à bientôt.
- David
Moi je vais faire le salut de Ti mic mac qui sont tous habitués au magasin, comme la reine d'Angleterre.
- Julien
Allez, on est parti.