Speaker #0Bonjour, c'est Amale Cosma. Vous voulez booster la qualité d'accueil dans votre micro-crèche en donnant des super pouvoirs à votre équipe ? Vous êtes au bon endroit. On va parler de la petite enfance comme vous n'en entendez jamais parler. La semaine dernière, j'ai commencé à vous parler des réunions à la crèche. Aujourd'hui, je détaille les réunions d'équipe. On me pose souvent la question des réunions d'équipe en micro-crèche. Comment on fait ? On n'est que 4, on est auprès des enfants, on ne peut pas se détacher. Je vais commencer par vous raconter une histoire que j'ai vécue. Je me souviens de Stéphanie, une jeune référente technique, très motivée et pleine de bonnes intentions. L'équipe l'a adoptée assez vite, ça a plutôt bien commencé. Mais quelques mois après, la tension dans son équipe est devenue palpable. Des clans se sont formés, des messes basses, des regards de travers. Quand la colère a fini par exploser, Stéphanie était désemparée. Elle a eu envie de tout abandonner. Elle m'a appelée et elle me l'a dit. Je suis venue tout de suite, bien sûr, et on a travaillé la situation. Ça nous a pris quelques semaines et on a résolu tout ça ensemble. Qu'est-ce qui s'était passé ? Je vous la fais courte, Stéphanie abordait tous les sujets divers et variés avec les collègues dans le dortoir, pendant la surveillance de sieste, voire en section. Elle trouvait ça plus simple et plus convivial que de se voir dans le bureau. Ce qu'on a mis en place, pas mal de choses, mais surtout les réunions d'équipe. Pourquoi ? Parce que c'est un temps de parole nécessaire sur lequel on peut compter. Le pro doit savoir qu'il va être entendu à un moment prévu et qu'on va traiter le sujet qu'il aborde. L'idée c'est quoi ? En microcrèche on est dans un flux continu, ça ne s'arrête pas. Les enfants ont besoin de nous à toute heure, il se passe tout le temps plein de choses, et on ne doit pas en discuter sur le coup, à chaud, devant les enfants, ça on le sait, on nous le répète sans arrêt. On doit rester concentrés sur notre travail d'accueil auprès d'eux. Et ça pour moi c'est primordial. Pourtant, j'ai besoin de parler du petit Paul qui mord les autres sans arrêt depuis deux semaines, je ne sais plus quoi faire. De la maman de Lily qui n'arrête pas de me demander « mais pourquoi vous n'avez pas fait de sortie aujourd'hui ? » et de sous-entendre qu'on travaille mal. Du linge qui est mal lavé, qui ressort sale tous les jours, ça m'exaspère et ça m'en colère contre ma collègue qui est en charge du linge. Ou encore du voisin qui joue au ballon en cognant sur la vitre et qui m'a insulté quand je suis allée lui demander d'arrêter. Alors, pour le moment, je vous propose d'oublier les réunions plénières dans la salle de vie alors de la sieste. Ça c'est impossible, les enfants ne dorment pas tous en même temps en micro-crèche. Les réunions ou discussions informelles pendant la surveillance de sieste ou pendant l'accompagnement au repas. Ce sont des temps informels de discussion alors qu'on est sur un temps d'accompagnement des enfants. On se doit de rester disponible pour eux. On n'est pas là pour discuter entre nous. Les réunions le soir après la fermeture, elles doivent rester exceptionnelles. Ça implique beaucoup de trajets pour les pros du matin notamment et des journées à rallonge. Et enfin, les réunions longues d'une heure ou plus. On n'a pas le temps, il faut être réaliste. Moi ce que je propose, c'est des réunions hebdomadaires, courtes, de 15 minutes, par deux. La responsable de la crèche est un professionnel. avec l'objectif de permettre un temps de parole à chacun pour que le professionnel soit entendu, à une date fixe que je respecte de coûte que coûte, pour une raison de fiabilité, par exemple, tous les jeudis, je verrai la responsable des bébés 15 minutes à 13h30. Et je choisis l'horaire en fonction de mon organisation de travail. Les trois rendez-vous peuvent avoir lieu sur des jours différents. Dans mon organisation de travail, si vous avez écouté les épisodes 3 à 7 du podcast, vous savez que chacun a un rôle bien défini. Parmi mes trois accueillantes, il y a deux référentes d'enfants et un relais de référence responsable des tâches techniques. J'ai donc une réunion bébé, une réunion moyen-grand et une réunion qui peut concerner les deux groupes d'enfants et des tâches techniques. Illustration d'une réunion, la réunion avec la professionnelle bébé le jeudi à 13h30 juste après sa pause. Son objectif, c'est un temps de parole disponible pour elle pour faire le point sur son groupe ou pour aborder toute autre situation de travail dont elle a besoin de parler. Elle aborde une situation avec un bébé de 9 mois qui pleure beaucoup en ce moment. Elle n'arrive pas à avancer avec ce bébé, elle est à bout, elle se sent nulle et elle se demande si elle est faite pour ce métier. Les actions que nous allons mettre en œuvre, 1. Faire un relevé dans un petit tableau simple, dans un petit cahier. Noter chaque jour cette semaine à quel moment précis le bébé pleure. Exemple, Paul, 9h30, sur le tapis bébé, quand je me lève pour faire le change de Léo. 2. Donner une phrase type à la professionnelle qu'elle va dire à Paul à chaque fois qu'elle se lève. Paul, je vais me lever pour changer Léo maintenant, je reviens te voir juste après. 3. S'assurer que les mouvements de la pro bébé sont rationalisés dans mon organisation de travail. J'évite de rajouter des mouvements si possible. 4. Je m'assure que Paul a bien son doudou et sa tétine à sa disposition à chaque moment pour se sécuriser. Et 5. Je contacte la psychologue de l'équipe pour avancer son passage à la crèche ou pour la consulter par téléphone sur la situation de l'enfant. Après cette réunion, j'assure le suivi. Le jeudi suivant, J'analyse le petit relevé qu'a fait la professionnelle avec elle et les actions mises en place. Y a-t-il eu des améliorations ? Et je fixe un nouveau dispositif si besoin. En conclusion de cet épisode, je dirais que les échanges informels traduisent un manque de considération pour votre travail et pour votre équipe. C'est très fréquent en micro-crèche. Dans le dortoir, entre deux portes, des discussions non prévues sur des sujets importants. Le risque, c'est des échanges qui vont tous azimuts. Des invectives, des conflits, de la tension ou dans le meilleur des cas de la distraction qui se répercutent sur les enfants. Moi ce que je préconise, c'est de permettre un temps de parole à chacun. sur lequel le professionnel peut compter. Il sait que chaque semaine, il aura ce temps pour dire ce qu'il a à dire. Ainsi, j'évite les invectives entre pros sur le terrain. Ce n'est pas à elle de régler leur conflit entre elles et les soucis d'organisation. Je leur montre que je suis là pour ça. Je m'engage à respecter ce rendez-vous. Et en s'adressant à moi, elle me confie une problématique à travailler. C'est à moi de trouver les ressources pour y répondre. C'est une question de fiabilité. Elles savent que je vais leur faire un retour la semaine prochaine. au plus tard à la prochaine réunion. Alors croyez aux réunions, croyez au formalisme et vous allez voir, les résultats vont vous épater. J'espère que cet épisode vous a aidé et vous a donné des clés pour organiser vos réunions d'équipe à partir de la semaine prochaine. Si vous voulez avoir tous les détails par écrit, abonnez-vous à ma newsletter, le lien est dans les ressources de l'épisode. Et aidez-moi à donner un maximum d'infos à un maximum de professionnels de la petite enfance en notant le podcast sur la plateforme d'écoute. À la semaine prochaine !