Speaker #0Bonjour, c'est Amale Cosma. Vous voulez booster la qualité d'accueil dans votre micro-crèche en donnant des super pouvoirs à votre équipe ? Vous êtes au bon endroit. On va parler de la petite enfance comme vous n'en entendez jamais parler. Salut à toi, cher auditeur. C'est le dernier épisode de la saison 2 du podcast. Aujourd'hui, je clôture avec la QVCT, mais je ne vais pas te faire un cours théorique. C'est plutôt un retour d'expérience de ce qui pour moi constitue les... piliers de la qualité de vie et au travail en micro-crèche. Si tu veux te lancer dans l'amélioration de la QVT de ton équipe, cet épisode est fait pour toi. En fait, le résumé des deux premières saisons du podcast, je le fais ici avec la QVCT. La QVCT, c'est un ensemble de choses, une structure dans l'entreprise, une démarche globale. Et j'ai voulu te donner, avec mes deux premières saisons, une architecture de travail qui permet le travail dans de bonnes conditions. La QVCT, c'est la qualité de vie et des conditions travail. C'est des actions qui permettent d'améliorer à la fois les conditions de travail pour les salariés et la performance globale des entreprises. Donc c'est gagnant-gagnant. L'idée c'est de se sentir bien au travail grâce à plein de facteurs. L'ambiance, la culture de l'entreprise, l'intérêt du travail, l'égalité, le droit à l'erreur. Mais le souci c'est qu'aujourd'hui, dans un monde du travail pénurique, on a tendance à utiliser la QVCT pour séduire le salarié. Parfois j'ai l'impression que les employeurs sont prêts à tout. et à n'importe quoi pour capter les salariés. Mais avec trop de compromis, on perd les gens. Tous les compromis ne sont pas valables. Par exemple, dans les crèches, ça se traduit beaucoup dans le planning. Moi, je tiens beaucoup à la continuité de soins auprès du public accueilli. Pour moi, c'est une condition de base et c'est valable pour tous les publics, encore plus les tout petits enfants qui sont en pleine construction identitaire. Dans le cas du planning, la flexibilité est incompatible avec la continuité des soins. Si on a un planning flexible, On compromet tous les repères qu'on veut donner aux enfants. Si je travaille dans une crèche, normalement, j'ai à cœur ce principe. J'ai envie de bien accueillir l'enfant, de lui donner des repères, le sécuriser. Donc si mon employeur est flexible sur le planning, il ne respecte pas les valeurs qui m'animent dans mon métier. En gros, si je fais ça en tant qu'employeur, je déshabille Paul pour habiller Jacques. Et c'est là que je perds mes salariés. C'est là la base de la QVCT. Pour moi, le socle de base de la qualité de vie au travail, c'est de respecter le travail, la base du travail. Donc dans ce socle, je mets le sens au travail, avoir des missions précises, éviter la polyvalence floue. Ça veut dire qu'on ne fait pas tous un peu tout à la micro-crèche. Par exemple, pour le gros ménage, je fais venir un agent d'entretien une heure par jour dans chaque micro-crèche. Dans le même sens, je définis les tâches et missions très précisément dans chaque fiche de poste. Un autre point, je privilégie toujours les temps pleins et je n'utilise pas la masse salariale comme une variable d'ajustement. Je rends le planning le plus clair et le plus prévisible possible. Je paye les heures sup, majorées. Je mets en place un dispositif de travail avec des temps de réunion. J'ai du matériel en bon état et en nombre suffisant et j'interviens dès qu'il y a un problème matériel. Bien sûr, j'ai une salle de pause confortable qui permet de se reposer. J'ai des projets. Je peux aller acheter le pain avec les enfants, faire des sorties, aller au théâtre ou à la médiathèque de la ville. J'ai des responsabilités, je suis associée aux décisions dont je vais assumer les conséquences et j'ai des perspectives d'évolution, notamment avec les évaluations et les formations. Je prends le temps ici de faire un petit focus sur cette notion d'évolution. C'est un point qui peut faire la différence. C'est très important de laisser le temps aux professionnels d'évoluer sur le terrain. Dans nos métiers de terrain, pour qu'un pro puisse devenir manager, n'oublions pas que c'est un métier très opérationnel. D'où l'importance de connaître. le métier, de s'ancrer sur le terrain. Aujourd'hui, on a trop tendance à donner tout de suite la certitude aux diplômés qui vont devenir managers dans très peu de temps. Il n'y a plus cette obligation de passer du temps sur le terrain. Et les jeunes professionnels, parfois, perdent ce sens du terrain. Et ça, c'est vraiment un effet pervers de la pénurie de pro qu'on connaît actuellement. Tu sors de l'école et très vite, tu diriges une équipe. Alors que tu connais pas le métier, tu connais pas le terrain. Mon retour d'expérience, C'est qu'il faut avoir fait un cycle complet de 3 ans pour avoir suivi des bébés de leur arrivée à la crèche à la fin de leur vie en crèche. Connaître les différentes phases de sa vie à la crèche, de son développement avec nous et de tous les challenges que ça implique pour l'équipe. Toutes ces conditions de base du travail, c'est ça qui fait la qualité de vie au travail. Une fois qu'on a mis en place ce socle, on peut rajouter des éléments supplémentaires de qualité de vie au travail. Ça peut être des avantages financiers. des primes, des possibilités d'augmentation, de l'intéressement et de la participation. Ça peut être des financements qu'on apporte, par exemple un financement supérieur pour la mutuelle, un financement des repas ou des transports. Ça peut être des éléments de convivialité, comme des repas d'équipe ou des soirées festives. Ça peut être une journée offerte sur un pont ou des cadeaux. Un cadeau de Noël, des chèques vacances en été, des chocolats à Pâques, etc. Mais souvent, attention, on prend ça à l'envers. Ça ne sert à rien de mettre en place de la convivialité des cadeaux ou des primes si on n'a pas défini le socle de base de la qualité de vie au travail. Si on ne respecte pas le travail, si on ne définit pas l'organisation du travail, si on ne reconnaît pas l'importance et la technicité du travail. Concrètement, qu'est-ce que j'ai mis en place dans mes micro-crèches avec mon équipe ? D'abord, pour commencer, je leur ai donné une vision très claire et transparente. Notre parti pris, c'est l'enfant, toujours l'enfant avant tout. Et comment ça se traduit sur le terrain ? Dans chacune de nos décisions, dans chaque process, à commencer par l'application du principe de référence, et par la recherche de continuité de soins. Deuxièmement, un bel espace de repos. Je mets un petit canapé ou un fauteuil, un joli tableau, un miroir. Et si tu remarques que tes pros aiment bien venir prendre leur petit déjeuner avant le service, c'est bon signe. Elles avaient aussi toujours un casier qui ferme à clé. C'est important de pouvoir sécuriser ses affaires. Troisièmement, des réunions hebdomadaires. Tout le monde a son temps de parole, c'est indispensable et on a au moins 15 minutes. Des horaires prévisibles, puisque les horaires de crèche ne sont pas flexibles, je les rends prévisibles. et chacun peut mieux gérer son temps et son énergie. Des possibilités d'évolution aussi grâce au feedback, aux entretiens individuels et aux plans de formation. Je sais que je peux évoluer dans mes compétences, et dans mes responsabilités, et dans mon poste. Une rémunération juste, sachant que le niveau global de la rémunération ne dépend pas que de la qualité du travail, ni que de la bonne volonté du patron. Il ne faut pas oublier que c'est en fonction du marché du travail et de la réalité économique du secteur. Mais on a une marge de manœuvre quand même, certes limitée, mais pas nulle. Donc on peut mettre en place des primes et des évolutions de salaire selon les compétences de chacun. Et j'ajoute aussi des petits bonus. J'aime bien les chèques vacances pour les vacances d'été, les chèques cadeaux pour Noël, un panier de fruits dans la salle de pause, tous les petits plus qui font toujours plaisir. Pour conclure, je sais qu'en ce moment, on cherche tous à améliorer la QVCT dans les micro-crèches pour faire baisser le turnover et l'absentéisme et pour améliorer la qualité d'accueil. Pour ça, je te le répète, Inutile de perdre trop de temps à mettre en place des avantages accessoires. Un billard, un canapé ou un chèque vacances, ce n'est pas la priorité. Commence par donner du sens au travail et de la technique de travail à tes salariés. Il n'y a rien de pire quand on arrive dans une entreprise que de ne pas avoir de vision, que de ne pas partager les valeurs de l'entreprise. Et quand on commence par là, tu verras, ça se déroule naturellement vers toutes les conditions de la... la QVCT. Pour réunir les conditions de la meilleure QVCT dans ta microcrèche, commence par un bon plan d'action, point par point. Retrouve tous les détails dans la newsletter de cette semaine sur la QVCT. On va faire la to-do list ensemble pour bâtir notre plan d'action. Tu trouveras le lien dans les notes de l'épisode. Voilà, c'est fini pour aujourd'hui et c'est fini pour cette saison 2 RH et Management en microcrèche. Je te prépare une nouvelle saison du podcast. toute neuve avec des interviews des pros de la petite enfance. J'ai hâte de partager ça avec toi. Tu seras informé à la fois sur LinkedIn, sur ta plateforme d'écoute et aussi par la newsletter. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il t'a plu et que tu en ressors inspiré. Si c'est le cas, abonne-toi pour ne rater aucun épisode. Parles-en autour de toi et surtout laisse-moi une note 5 étoiles et un avis sur Apple Podcasts ou Spotify. À la semaine prochaine !