- Speaker #0
On ne peut pas accueillir tous les enfants en crèche municipale, ça se saurait. Ce n'était pas juste pour les crèches privées.
- Speaker #1
Une place d'accueil, ça va coûter aux alentours de 2000 euros par mois. C'est le financement qui est différent dans un mode d'accueil par rapport à un autre mode d'accueil.
- Speaker #0
Si je dois revaloriser mes professionnels de la petite enfance à hauteur de 150 euros par mois et par professionnel, ça veut dire qu'il faut que je trouve par an 126 000 euros. La question de l'accompagnement à la parentalité, c'est la question du souhait de société qu'on veut pour demain. 60% des séparations arrivent après l'arrivée d'un enfant. Devenir parent, ce n'est pas inné du jour au lendemain, ça se construit. Et je me suis dit, moi ce que j'ai vécu, plus jamais, aucune femme et aucun couple ne doit le vivre. Pour les familles, aujourd'hui, il y a vachement d'injonctions, c'est hyper angoissant. Elles ont le sentiment de ne pas avoir le choix. Moi, c'est ce que j'entends. On ne parle pas, justement, en couple, de, au fait, quelle éducation tu as reçue, toi ? Qu'est-ce que tu as envie de transmettre ? Quel est ton rapport à l'argent ?
- Speaker #1
Tu as dû lire le rapport d'information qui a été publié en juin 2025. Ce rapport, il a un peu défrayé la chronique parce qu'il pointe du doigt les inégalités hommes-femmes persistantes. Et je crois qu'il parle notamment de la pénalité que vivent les femmes dans le fait d'être maman.
- Speaker #0
Moi, j'avoue que je suis toujours très mal à l'aise sur ces sujets d'égalité hommes-femmes. La question pour moi de l'égalité hommes-femmes... Ce n'est pas le sujet. Si on met de côté toutes les questions de salaire et financière, qui sont quand même, je pense, une origine à toutes ces questions-là, mais pas que. Moi, ce que j'entends quand je revois des couples aujourd'hui qui me disent « Honnêtement, l'arrivée de notre enfant, ça a été un tsunami » , terme que tu as employé tout à l'heure, et en fait, je l'entends beaucoup. Et moi, je questionne pourquoi ça a été un tsunami. Parce qu'en fait, on se rend compte... qu'on n'a pas la même façon de gérer notre quotidien avec un enfant. Et pourquoi on n'a pas la même façon de gérer le quotidien avec un enfant ? Parce qu'en fait, le père, la plupart du temps, a été complètement mis de côté pendant la grossesse. Donc ça, il y a un vrai travail à faire sur inclure le père dans la préparation à l'arrivée de l'enfant. Ça, c'est un vrai sujet. Parce que, en fait... On ne parle pas justement en couple de, au fait, quelle éducation tu as reçue, toi ? Et qu'est-ce que tu as envie de transmettre ? Quel est ton rapport à l'argent, en fait ? Parce que là, on va avoir un petit être à gérer. Mais comment on va dépenser notre argent ? On prend les couches de marque ou on prend les couches MDD ? On prend quel type de lait ? Allaitement ou pas allaitement ? Quelle est mon image de l'allaitement ? Est-ce que mon conjoint, il a une image de l'allaitement ? En fait, tu vois, la place de la vie professionnelle et de la vie familiale. Moi, j'entends que, effectivement, c'est la femme qui va s'arrêter de travailler s'il n'y a pas de mode d'accueil. Oui, pourquoi ? Parce qu'en général, le salaire est moins élevé. Voilà, donc ça, on rejoint la question du salaire. Mais il y a aussi, et moi, je l'entends, des femmes qui me disent, mais moi, je l'ai porté pendant neuf mois, mon enfant. Je n'ai aucune envie, là, tout de suite, de repartir à 100 %. La proposition de reprendre un congé, de repartir au boulot, justement en ayant un mi-temps, un 80, etc., de reprendre, ça je la trouve hyper intéressante.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais en fait, moi ce que je réalise, c'est qu'aujourd'hui, on parle des parents, mais sans parler du couple qui est à l'origine du devenir parent. En fait, ça vient tellement questionner notre propre rapport à l'enfance qu'on a reçue, au modèle que nos parents ou notre mère ou notre père nous a inculqué, et la même chose chez le conjoint, tu vois, pour moi, il faut même aller encore plus en amont, c'est en fait travailler sur le couple et la connaissance qu'a le couple de comment est-ce que moi j'envisage ma parentalité, ma maternité, comment toi tu envisages ta paternité, et en fait, qu'est-ce qu'on va mettre tous les deux dans ce qu'on a envie de donner à l'enfant. Et pourquoi je parle de ça ? C'est parce que dans la répartition des tâches ménagères, en fait, pour moi, c'est le même sujet. Est-ce que les couples ont décidé qui faisait quoi ?
- Speaker #1
Non, je crois que la plupart du temps, c'est un peu trop tard quand on se pose la question.
- Speaker #0
Eh ben oui ! Ben tu vois pourquoi ? Moi, je vais te dire, mon mari, il fait vachement mieux le repassage que moi. Mais c'est du coup même pas un sujet, tu vois ? Et il le fait. Et nous, on a discuté de cette répartition-là. Mais en fait, je pense qu'il y a aussi un sujet, c'est pour ça que l'égalité homme-femme, j'entends qu'il y a un travail d'éducation, et on rejoint encore à ce que je disais depuis le début, d'éducation et de pédagogie, à donner des outils. aux futurs parents et aux nouveaux parents en disant attention parce que vous pouvez tomber dans ces écueils-là si vous n'abordez pas certains sujets de votre vie de tous les jours.
- Speaker #1
C'est intéressant. En fait, ce serait une sorte de discussion qu'on aurait au préalable. Mais bon, c'est vrai qu'il faut déjà connaître les sujets pour avoir cette discussion. Donc, c'est un peu là qu'intervient le sujet de l'accompagnement. Ce serait de savoir qu'il va y avoir ces sujets-là et de pouvoir dire on se pose et puis on... On discute de comment va se répartir les tâches, que ce soit les tâches d'organisation à la maison, de déposer l'enfant à la crèche, de faire le repas, de se lever la nuit, est-ce que moi j'ai envie d'allaiter ? Toutes ces questions-là, il faudrait se les poser et les anticiper. Quand je t'écoute, j'ai l'impression que j'étais vraiment le stéréotype. Moi, je suis tombée dans tout le cliché.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis tombée dedans. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je ne réfléchis pas en homme-femme. Moi, je réfléchis en histoire personnelle et ce n'est pas en niant complètement une réalité. Il y a bien évidemment des inégalités, mais je pense surtout qu'il y a un manque d'éducation et d'évoquer les sujets.
- Speaker #1
Oui, alors il y a quand même une question que je vais te poser puisqu'en plus tu accompagnes des entreprises. Moi, j'ai eu mon premier bébé en 2007. Moi, comme je te dis, j'étais dans tous les clichés, donc j'ai été aussi très pénalisée. C'est ce qu'on lit dans le rapport, les pénalités sur la carrière, sur la vie sociale. Moi, je suis tombée en plein dedans. C'est-à-dire que pendant que j'étais enceinte, je m'en suis pris plein la figure. Des remarques à tous les coins de couloir dans l'entreprise. C'est une épidémie, encore une femme enceinte. On m'a dit que je n'aurais pas d'augmentation pour l'année 2006, alors que je suis partie en congé maternité le 15 décembre. En 2006, je me suis fait juger de façon négative. J'ai eu tous les clichés. Quand je suis rentrée de congé maternité, j'ai été reçue par la RH qui m'a dit que je devrais déjà être bien contente qu'on me reprenne après un congé maternité. J'ai eu droit vraiment à tout. On m'a mutée aussi dans un service parce qu'on m'avait pris ma place entre guillemets pendant les trois mois où je n'étais pas là. C'était vraiment la douche froide. Est-ce que toi, comme tu travailles pour des entreprises aujourd'hui, tu as l'impression que... que cette pénalité elle a quand même diminué ou bien c'est encore pareil c'est juste que moi j'étais dans un grand groupe industriel français est-ce que c'est toujours comme ça dans ce type de grand groupe ou est-ce qu'il y a vraiment quand même, moi je pensais que c'était différent quand même j'avais l'impression que les jeunes femmes aujourd'hui elles vivaient plus ça c'est très disparate
- Speaker #0
Honnêtement, il n'y a pas une réponse parce que c'est très disparate et c'est encore un peu comme les communes. C'est encore un peu en fonction de la politique interne de l'entreprise. Moi, je sens quand même qu'au niveau des services RH, il y a aujourd'hui une vraie volonté de mieux communiquer sur les dispositifs pour les salariés. Légaux, j'entends. Après, il y a des informations qui existent. Et ça, je pense qu'aujourd'hui, l'information, elle est... un peu plus clair, mais après sur justement ce qui peut être mis en place comme vrai accompagnement à la parentalité dans les entreprises, c'est très très lié quand même à la politique interne. Il y a certains groupes qui sont très avancés sur ces questions-là et qui disent, en fait nous on a des salariés parents, on a des salariés non-parents, on a des salariés aidants, on a des salariés célibataires, on a tout type de salariés, parce qu'une entreprise c'est quand même une micro-société. Donc, on va mettre en place des ateliers, conférences, moments de convivialité, etc. pour essayer de faire plaisir au plus grand nombre. Il y a des entreprises qui disent, en fait, clairement, aujourd'hui, ce n'est pas un sujet. Parce qu'en fait, on est dans le domaine du privé et que ça ne nous concerne pas. En fait, on est vraiment sur, je trouve, c'est très disparate d'une structure à une autre. Mais un peu comme les politiques familiales, ce sont des sujets dans les politiques. publics qui sont encore peu abordés. En tout cas, on en entend beaucoup parler, mais dans les faits, c'est très disparate sur le territoire français.
- Speaker #1
Mais est-ce que pour autant, tu penses que c'est un levier vraiment important ? Est-ce qu'il y a des conséquences, un impact important ? Est-ce que ça vaut le coup d'investir là-dessus ? Ou bien est-ce que c'est un peu du luxe ? Voilà, chacun se débrouille. On est autonome, on est des citoyens et on n'a pas forcément besoin... De ce service en plus,
- Speaker #0
moi je suis pour la... prévention et pour donner des outils et des informations, faire de l'éducation et de la pédagogie. Pour les familles, aujourd'hui, il y a vachement d'injonctions, c'est hyper angoissant. Elles ont le sentiment de ne pas avoir le choix. Moi, c'est ce que j'entends. Là encore, avant qu'on enregistre, j'ai reçu un papa, et il me disait « mais attendez, nous on a deux enfants, mais on n'a pas le choix aujourd'hui, on n'a pas le choix. On veut des enfants, on les a voulus nos deux enfants. » Mais en fait, ça nous demande une telle énergie et on reçoit tellement de choses de part et d'autre qui nous mettent des bâtons dans les roues de notre parentalité, qu'on en arrive à être dégoûté d'être parent alors qu'on les a voulus et que ce sont deux merveilles. Et ça, pour moi, c'est un discours qui n'est malheureusement pas unique, déjà, et d'une, et de deux, que je trouve assez effrayant, parce que pour moi, une société qui n'a pas d'enfant, c'est une société qui se meurt, quoi.
- Speaker #1
Oui, on sait qu'il y a une baisse de la natalité. Est-ce qu'il y a un côté, c'était mieux avant ? Est-ce que tu penses qu'on se posait moins de questions et que c'était plus facile d'être parent il y a 50, 100 ans ? Ou est-ce que c'est encore un leurre ?
- Speaker #0
La chance que j'ai dans mon secteur, je m'occupe aussi des retraités. Et donc, je leur ai posé la question. Je dis, qu'est-ce que vous pensez aujourd'hui des parents ? Comment vous vous étiez quand vous étiez plus jeune, quand vous étiez jeune parent, etc. Et ils me disent que, clairement, Ils ont le sentiment quand même d'avoir vécu, alors c'est génération après-guerre, donc ils ont vécu quand même un petit peu dans l'angoisse du lendemain, mais surtout qu'ils avaient une forme d'insouciance à être parents. Et vous savez, mais nous, on bossait tout autant, les femmes, on bossait tout autant, mais c'est vrai que comme on vivait en famille, dans des cellules familiales qui étaient plus proches les uns des autres, c'était la cousine, la tante, la sœur, etc., qui s'occupaient de nos enfants pendant que nous, on allait au champ. à l'hôpital ou autre. Donc on avait une solidarité autour de la famille qui n'existe plus aujourd'hui.
- Speaker #1
On revient sur cette notion d'isolement. C'est que notre société est plus individualiste et qu'il y a eu des migrations aussi territoriales. Donc on est beaucoup plus isolé que dans le temps où on pouvait bénéficier de l'aide de sa grand-mère, de sa tante, de sa cousine, etc.
- Speaker #0
Et que, tu vois, dans certains territoires, moi, pour des raisons personnelles, je passe beaucoup de temps, notamment au Saône-et-Loire et dans la Loire, dans des coins qui sont assez reculés. Et je discute beaucoup avec les voisins et les familles qui vivent là-bas. Et eux n'ont pas du tout ces mêmes problématiques-là. C'est qu'effectivement, ils vivent encore en peu de temps. Oui, dans une certaine ruralité. Oui, et il y a encore cette solidarité de « Attends, toi, tu vas bosser, je te garde ta fille, machin » . On n'est pas sur les mêmes sujets, mais on est sur une société qui est quand même très différente aujourd'hui. Et on ne peut pas se comparer à ce qu'ont connu nos parents ou nos grands-parents. Ça, c'est sûr. Et les générations qui arrivent aujourd'hui, c'est encore une génération de parents qui n'ont pas les mêmes attentes et les mêmes besoins que même nous, qui, a priori, sommes à peu près de la même génération. On voit bien que c'est d'autres attentes et d'autres besoins.
- Speaker #1
Ouais, effectivement. Bon, en tout cas, ce que j'entends, c'est que tu as quand même mis en place énormément de choses. Il y a pas mal d'astuces que tu pratiques sur ton territoire. Donc, par exemple, le fait de réunir toutes les crèches et les modes d'accueil, que ce soit individuels, collectifs, privés, publics, etc. Créer cette cohésion, les échanges de bonnes pratiques. Tu fais aussi cette formation pour tes professionnels avec une formation à l'accompagnement à la parentalité où on parle beaucoup de l'écoute des familles. Tu as cité beaucoup de choses que tu fais. Est-ce qu'aujourd'hui, tu as une sorte d'idéal, quelque chose que tu pourrais souhaiter pour la petite enfance ? Est-ce que tu t'imagines qu'il y a une solution, entre guillemets, un rêve pour la petite enfance ?
- Speaker #0
Moi, si j'avais un rêve pour la petite enfance, tu vas me dire, je vais être un peu bornée sur ce sujet-là, mais c'est vraiment qu'on inclut le père. Et la question de la parentalité, en fait, dès effectivement le désir d'enfant. Mais c'est surtout qu'on questionne les futurs parents sur leur propre histoire. À partir du moment où tu es au clair avec ce que tu as reçu et que tu peux en parler avec ton conjoint, pour moi, tu démines. un certain nombre de sujets, tu crées ta propre histoire en fait, avant d'en arriver à des clashs qui peuvent du coup amener à des séparations. Et moi le sujet de l'accompagnement à la parentalité c'est vraiment vraiment d'amener les parents à réfléchir sur qui ils sont, ce qu'ils veulent et surtout qu'il se fasse confiance une fois que tu sais ce que d'où tu viens Et ce que tu as envie de transmettre.
- Speaker #1
Entre ce que tu as subi, ce que tu as apprécié, ce qui t'a aidé, ce qui ne t'a pas aidé, etc.
- Speaker #0
Et ça, c'est une des propositions qu'elles font dans le rapport, qui est un vrai accompagnement des futurs parents avec des étapes clés comme ça. Moi, je suis pour qu'on débloque des budgets pour la prévention.
- Speaker #1
Ok, est-ce que tu penses comme moi que la crèche, je te l'ai dit en introduction, ça peut être une vraie aide à la parentalité ? Parce qu'on me dit aussi, on entend souvent dire qu'il faudrait plutôt un congé plus long, que les mamans restent avec leurs enfants plus longtemps, voir les papas. Mais tout le monde n'a pas forcément envie de rester à la maison avec son enfant pendant 12 mois ou même 6 mois. T'en penses quoi ? Est-ce que la crèche ou les modes d'accueil, ce sont des soutiens à la parentalité ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est évident. Pour moi, tous les professionnels de la petite enfance, aujourd'hui, dans leur formation, devraient avoir des modules d'accompagnement à la parentalité. Maintenant, moi, je suis aussi pour qu'on laisse le choix aux familles. Et laisser le choix aux familles, c'est arrêter avec ce congé parental ridicule de 450 et des brouettes euros par mois. Une place en crèche, tu le disais, c'est 2000 euros. Donc, moi, j'entends que des familles auraient envie d'avoir le choix. Et pour moi, le choix, c'est que si j'ai envie de rester à la maison avec mon enfant, j'aimerais pouvoir le faire. Si j'ai envie de mettre mon enfant à la crèche, j'aimerais pouvoir le faire. Si j'ai envie que mon enfant soit accueilli par un professionnel de l'accueil individuel, j'aimerais pouvoir le faire. Et j'aimerais qu'à un moment ou à un autre, ce ne soit pas un coup exorbitant par-ci, un coup qui dépend de mes ressources par-là, un coup qui est ridicule dans un autre cas. Et en fait, clairement, on laisse le choix.
- Speaker #1
Alors Laure, tu as beaucoup parlé là des parents qui ont besoin d'être accompagnés, etc. Mais il y a des moments où on pourrait presque croire que c'est un petit peu superflu, un luxe, un truc en plus. Voilà, on a une époque moderne, tout le monde a accès à l'eau chaude, l'eau courante, etc. On est dans le confort. Mais je pense que c'est important aussi de rappeler que quand on accompagne les parents, dans leur nouveau rôle de parent, justement, ça a un impact social qui est important. Et probablement qu'au niveau national, quand on étudie, quand on fait des rapports, quand on étudie les prochaines possibilités de réforme, on évalue le gain potentiel, même financier, que peut avoir une réforme. Donc, par exemple, si on accompagne mieux les parents, il y aura peut-être moins de violence sur les enfants. Il y aura peut-être des personnes qui vont grandir avec... plus d'assurance, qui vont être plus performants dans leur travail, peut-être moins anxieux, moins malades.
- Speaker #0
Si on doit parler de chiffres, toutes ces données-là sont difficilement quantifiables. Quand tu parles d'humains, c'est difficile de quantifier à long terme. Tout ce que tu peux mettre en place aujourd'hui comme dispositif et comme action de prévention demanderait d'être accompagné et analysé sur un temps long pour avoir des vraies... calcul et conséquences et un vrai accompagnement, un vrai impact d'ici 20-30 ans sur une génération complète.
- Speaker #1
Mais est-ce que nos politiques sont prêts à faire le pari de se dire, si on investit sur la parentalité, il va y avoir des conséquences vertueuses, des économies potentielles, de la santé, de la performance au travail ? Est-ce que c'est quelque chose qui est envisagé ?
- Speaker #0
Alors, sur toutes les questions liées à la... Petite enfance en tant que telle, là, le comité de filière fait un travail remarquable depuis plusieurs années pour pouvoir envisager la petite enfance de demain. Donc oui, bien évidemment qu'avec le décret sur l'ouverture des relais petite enfance dans les communes de plus de 3 500 habitants, ça, ça en fait partie. L'accompagnement à la parentalité, ça s'accompagne aussi par la formation des professionnels de la petite enfance et qui sont au contact des familles. Le rapport qui est établi là propose des dispositifs pour aller encore plus loin et des réflexions pour aller encore plus loin. Maintenant, très sincèrement aujourd'hui, je trouve que c'est un peu fébrile. Je trouve que c'est un peu fébrile. Non, mais c'est vrai parce que ça demande un temps long et qu'aujourd'hui, les politiques ne sont pas forcément tous présents sur un temps long. Et du coup... Il y a du turnover comme dans les crèches. Oui, je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle, mais les mandats, les mandats présidentiels, les mandats électoraux, quels qu'ils soient, de députation ou autre, sont des mandats qui sont sur des temps plus courts. Et donc d'envisager la société de demain, ça demande de s'inscrire dans une lignée, et ça rejoint ce que je disais tout à l'heure, que ces questions de politique familiale sont quand même très liées à des courants un peu idéologiques, qui parfois sont décorrélés du terrain.
- Speaker #1
Et puis ça peut être trop vite en fait, on n'a pas le temps de voir les conséquences de nos décisions. Ça c'est assez triste. Pour autant, le rapport dont tu parles, le rapport de juin 2025, Donne des recommandations. Alors nous, on parle beaucoup de modes d'accueil. Concernant les modes d'accueil, il y a trois recommandations. Si ma mémoire est bonne, il y a la demande que le système d'accueil soit plus lisible, qu'il y ait plus d'offres, une extension de l'offre, plus de places, et aussi une revalorisation des métiers de la petite enfance. Alors, on a un peu de mal à faire le lien direct comme ça, mais l'idée c'est que s'il y a plus de professionnels, il y aura plus de places. C'est ça le thème.
- Speaker #0
Oui, alors s'il y a plus de professionnels, il y aura plus de place. Moi, je vais sortir un tout petit peu du cadre, mais je me suis pas mal questionnée ces derniers temps sur les métiers de l'humain. Parce que ce dont on parle dans la petite enfance, moi je le vois dans les EHPAD, puisque je m'en occupe aussi sur la commune, je le vois dans le service de soins infirmiers à domicile, je le vois dans tous ceux qui font de l'accompagnement humain. Dernièrement, j'ai lu un livre qui est absolument merveilleux d'une personne qui s'appelle Christian Junot, qui est un spécialiste de la relation à l'argent.
- Speaker #1
Je viens d'interviewer dans le podcast. As-tu l'interviewé ? Oui. Ah bah, excellent. Justement, je lui demandais, c'est quoi la valeur du travail dans la petite enfance ? Donc, écoute l'épisode. Je mettrai le lien dans les lettres de l'épisode. Mais vas-y, continue.
- Speaker #0
Parce que dans son livre, en fait, il explique, et ça a été un vrai choc pour moi, que les métiers qui touchent à l'humain, sont les métiers les moins valorisés financièrement dans notre société. Et en fait, quand tu réfléchis, c'est vrai. C'est vrai. Moi, aujourd'hui, on va être très clair, je l'ai fait le calcul. Si je dois revaloriser mes professionnels de la petite enfance à hauteur de 150 euros par mois et par professionnel, donc je disais, j'en ai 70, ça veut dire qu'il faut que je trouve par an 126 000 euros net, sans te parler des charges. 126 000 euros, effectivement, la CNAF a proposé de nous accompagner à hauteur de 66%. Mais pendant combien de temps, ça, je ne le sais pas. Ça n'empêche qu'il me reste toujours 33% à trouver, c'est-à-dire 43 000 euros net par an.
- Speaker #1
Sans les charges.
- Speaker #0
Sans les charges. Mais moi, aujourd'hui, je ne peux pas, sur mon budget RH petite enfance, qui est déjà l'un des plus gros budgets de la commune, je ne peux pas rajouter cette ligne budgétaire. Et j'aimerais le faire, mais concrètement... Mon budget de collectivité locale se réduit comme peau de chagrin. Et je ne peux pas.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis. Je rebondis parce qu'en fait, tu es gestionnaire de crèche. Et moi, je m'adresse à des gestionnaires aussi privés, pas que des publics. Et parfois, on me malpague sur les réseaux sociaux. On m'interpelle en me disant, oui, ce n'est pas juste, le privé, etc. Donc, je... Je trouve intéressant ce que tu dis. On est des gestionnaires de crèche, que ce soit privé ou public. C'est le même bateau. Pour payer les gens, il faut avoir de l'argent. Et ce n'est pas parce qu'on est privé qu'on a une baguette magique, un arbre à billets qui nous donne plus de financement. En fait, l'accueil, c'est financé, c'est tout. Ce n'est pas productif, on ne vend pas des hamburgers. Donc l'accueil, il est financé par des fonds publics. Il y a une partie qui est payée par les parents, mais elle est assez faible. Et le reste vient... des subventions ou des participations. Alors quand c'est l'entreprise qui paye, en fait c'est financé en partie par l'État, en grande partie. Donc finalement, c'est des fonds publics. Et là, tu es en train de dire ce que disent beaucoup de gestionnaires privés. On voudrait bien payer les gens plus cher, mais on n'a pas les moyens. Je trouve ça intéressant, j'en profite quand même pour rebondir parce que je trouve toujours assez injuste quand sur les réseaux sociaux... On me dit, oui, vous êtes des vendus, les privés, etc. Oui, j'ai eu des crèches privées. Mes crèches privées, elles fonctionnaient comme ta crèche publique. C'est la même chose, on a un budget. On essaye de le répartir au mieux. Et comme toi, moi, j'aimerais que les pros soient mieux payés. Mais comment on fait ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #0
Comment on va faire ? Ça rejoint l'idéal dont tu parlais tout à l'heure. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on questionne sur la société qu'on veut demain, à partir du moment où on questionne sur connaître-toi-toi-même en vue de la relation à l'autre, et de ce qu'on va construire ensemble, je pense qu'on peut désamorcer certains sujets qui n'auront pas certaines répercussions financières. quid de la santé, quid de la santé mentale, quid de la dépression postpartum, quid du burn-out parental, etc. En fait, c'est une chaîne de petites choses qui, sur le long terme, et je réinsiste du coup sur cette notion de long terme, quand on parle d'humain, on parle de temps long, sur lequel on ne peut pas faire du pansement. Il y a des décisions à prendre à coup. parce qu'on a des familles qui évoluent à court terme et qu'il y a des choses qu'on peut mettre en place tout de suite. Mais si on veut faire, entre guillemets, une société où les gens se connaissent mieux, se parlent entre eux et sont un peu plus respectueux, tolérants les uns vis-à-vis des autres, parce qu'ils se connaissent mieux, ils connaissent mieux les personnes avec lesquelles ils vivent, ils parlent les uns avec les autres, parce qu'on a créé des lieux dans lesquels ils peuvent parler, parce que... On leur donne accès à des ressources parce qu'on les met en lien les uns avec les autres physiquement. Ne serait-ce que dans ton village, dans ta ville, dans ton entreprise. Et bien en fait, petit à petit, ça va avoir des répercussions. Parce qu'on aura moins d'isolement, parce qu'on aura moins de violence.
- Speaker #1
Toi, en tant qu'élu, est-ce qu'on te remonte les violences ? Est-ce que tu sais s'il y a des violences plus, moins, pareil qu'ailleurs ? Tu disais que c'était plutôt une ville aisée, que c'était plutôt une population relativement privilégiée.
- Speaker #0
Ça ne veut rien dire.
- Speaker #1
Voilà, ma question c'est, est-ce qu'il y a une photo qui est prise de le niveau de violence que vous pouvez rencontrer, que les familles rencontrent ? Est-ce qu'elles t'en parlent de ces violences ? Est-ce que tu es confrontée aux violences qui sont subies dans le cadre familial par les enfants notamment ?
- Speaker #0
Alors nous on est confrontés. Alors moi j'ai été confrontée, c'est notamment pour ça que j'ai voulu qu'on en parle à des violences conjugales. et qui avait différentes formes. J'étais moi-même surprise, violence administrative, une jeune femme, 27 ans, cadre supérieur, qui s'est rendue compte pendant notre échange que depuis qu'elle était avec son conjoint, elle n'avait plus aucun papier. Voilà, son conjoint avait séquestré tous ses papiers d'identité et sa carte bleue. Voilà, violence administrative et financière. Elle en a pris conscience pendant le... Pendant l'échange. C'est l'un des entretiens, je pense, qui m'a marqué le plus. Des violences conjugales, oui. Violences sexuelles, oui. Viroflay n'est pas épargné. Les violences touchent tous les milieux, toutes les catégories socio-professionnelles, tout type de famille. Moi-même, quand je suis devenue maman, je suis arrivée à Viroflay et j'ai accouché deux semaines après de mon aîné.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je suis arrivée dans une ville où je ne connaissais personne. J'étais nouvellement maman. J'allais changer de boulot, puisque j'avais trouvé que c'était une bonne idée de démissionner enceinte et de trouver un nouveau boulot pour commencer après mon congé maternité. Et en fait, là, pétage de plomb. Pétage de plomb, pourquoi ? Parce que, en fait, devenir maman, bien évidemment que c'était un enfant désiré, et que j'ai eu cette chance de pouvoir avoir cet enfant rapidement avec mon conjoint, mais ça n'empêche que, du jour au lendemain, me retrouver avec un tout petit être, Je n'ai pas trouvé ça si évident que ça, surtout que j'avais un allaitement qui ne fonctionnait pas du tout. Avec mon conjoint qui avait été présent pendant les moments liés à tout ce qui touche au médical, mais c'est vrai qu'au final, assez en retrait par rapport à ce futur rôle de père. Donc, pour nous, ça n'a pas été évident au niveau du couple. Dans une ville où je ne connaissais personne, et puis je venais de démissionner, et j'allais attaquer un nouveau job après mon congé mat. Et en fait, ça a été extrêmement dur. Et ce qui m'a permis, moi, de tenir, ça a été d'aller à la protection maternelle et infantile, de rencontrer d'autres mamans qui étaient dans le même cas que moi, de discuter avec des professionnels. Et je me suis dit, moi, ce que j'ai vécu, Mais plus jamais, aucune femme et aucun couple ne doit le vivre. Et donc, il faut…
- Speaker #1
C'est devenu ta mission.
- Speaker #0
En fait, oui. Parce que moi, j'estime que j'ai eu de la chance d'avoir un lieu ressource et d'avoir des professionnels qui m'ont aidé à mettre des mots sur le fait que ce que je vivais était en fait normal. Et de rencontrer d'autres parents qui vivaient la même chose…
- Speaker #1
Ça m'a permis d'être en sortir.
- Speaker #0
Eh bien, oui. Le côté père aidant, c'est le côté on partage les expériences. Et en fait, ce n'est pas grave. C'est OK. Et tu n'es pas une mauvaise mère si en fait, devenir mère n'est pas si évident que ça. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. C'est un peu ce que j'ai vécu aussi. Donc, tu t'es reconvertie. Tu ne travaillais pas dans la petite enfance.
- Speaker #0
Pas du tout. Moi, j'étais chasseuse de tête.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Oui, à ce moment-là, j'étais chasseuse de tête. Je travaillais en cabinet de recrutement. Et ce n'était pas du tout la voie. Enfin, je n'avais pas prévu de devenir élue municipale un jour.
- Speaker #1
Tu le tentes en accompagnement.
- Speaker #0
Pas du tout, non. Ça date de quand alors ta reconversion ?
- Speaker #1
En fait, j'ai pour mon deuxième vécu un petit peu la même chose que toi, savoir que j'ai été mise au placard pendant la grossesse, etc. Enfin bref, ça a été assez mythique. Et à ce moment-là, on rentrait dans la campagne municipale et le maire est venu me demander si je voulais intégrer, j'avais 30 ans à l'époque, si je voulais intégrer en tant que jeune maman. C'était intéressant pour lui auprès des familles d'avoir une jeune maman, donc j'étais enceinte de mon deuxième. Et donc j'ai intégré l'équipe municipale, un peu sans savoir ce que j'allais y trouver. Et en fait, c'est une richesse humaine énorme. Moi, je suis dans le contexte des problématiques du quotidien. Et d'arriver à mon niveau, à 17 000 habitants, à proposer des services qui soient adaptés. Merci. dont tu vois le jour, c'est assez gratifiant.
- Speaker #0
Alors, c'est gratifiant, mais c'est un peu du bénévolat. Donc, tout le monde n'est pas... Ah bah, complètement. Voilà. Ce que je voulais dire, c'est que tout le monde n'est pas prêt à s'investir comme ça pour la communauté. C'est du boulot, quand même. En tout cas, ça me rappelle ma propre reconversion puisque moi, j'étais bénévole d'une association de crèche et je suis devenue gestionnaire de crèche par la suite. Toi, t'es devenue élue à la petite enfance et puis, finalement, t'es devenue... Consultante dans le privé en accompagnement des parents. Donc c'est une histoire qui fait du sens. En tout cas, tu as réussi ta transition vers ton nouveau métier.
- Speaker #1
Complètement. Et tu as raison. De consultante, c'est ce qui permet aujourd'hui de mêler l'utile à l'agréable et de mettre quand même du beurre dans les épinards. Parce que oui, en tant qu'élu, on touche une indemnité. Alors les conseillers municipaux, moi je ne touchais rien du tout. C'était du bénévolat à 100%. Et en tant que mère adjointe, je touche une indemnité qui doit être de 940 euros par mois, quelque chose comme ça. Donc, ce n'est pas un salaire.
- Speaker #0
Non, c'est quand même une contribution à ton salaire, on va dire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça fait partie d'un élément qui peut te permettre de boucler tes fins de mois, mais ce n'est pas ce qui fait vivre.
- Speaker #1
Voilà, il faut être très clair.
- Speaker #0
Ce n'est pas ce qui fait vivre ta famille. Merci pour ce petit retour sur ton parcours. Donc aujourd'hui, tu mets en place pas mal, on va y venir enfin, pas mal de dispositifs. Tu disais, il faut informer les familles sur les dispositifs. Donc c'est quoi les dispositifs dont les familles peuvent bénéficier ? Et disons, quand on va avoir un bébé, sur quoi on peut se reposer en France ? Est-ce qu'il y a des choses qui sont nationales, qui sont disponibles pour tout le monde ? Ou est-ce que c'est à l'échelon local que toi, tu as décidé de mettre des choses en place et du coup, c'est disponible qu'à Viroflay ?
- Speaker #1
Alors à l'échelon national, tous les dispositifs d'accompagnement des familles reposent sur les protections maternelles et infantiles, qui font quand même un travail formidable pour accueillir toutes les familles qui poussent leurs portes. Il y a bien évidemment les relais petite enfance dans les communes qui les ont mis en place, tous les lieux d'accueil, et puis des espaces ressources. Il y a des espaces comme les espaces ressources parents-enfants qui ne sont pas forcément des lieux d'accueil. Nous, on est fortement aidé par la CAF. La CAF a tout un dispositif d'accompagnement aux familles aussi proposé. Ce qui manque aujourd'hui, c'est une cartographie des dispositifs existants. Si quelqu'un écoute au niveau du ministère des Solidarités, ça pourrait être intéressant de créer une carte sur laquelle je me géolocalise et qu'est-ce qui existe autour de moi, public, privé, associatif, peu importe, mais qui me permette de sortir de l'isolement et de la solitude et d'aller trouver, de pousser la porte d'un lieu qui me permette de me ressourcer. Ça, c'est un vrai appel parce que je pense que ça pourrait être intéressant pour les familles. Il y a des dispositifs nationaux. mais qui sont quand même peu développées. Ça dépend quand même beaucoup de volonté politique locale. Il y a bien évidemment les schémas directeurs des services aux familles qui sont dans les différents départements, qui sont aujourd'hui, qui permettent de définir des politiques un peu de territoire, etc. Nous, c'est sûr que ce qu'on a mis en place à Viroflay, on l'a mis en place parce que les remontées du terrain, parce que des attentes des familles et parce qu'un choix politique municipal d'accorder une priorité aux familles.
- Speaker #0
Alors ça consiste en quoi ? C'est des ateliers ? C'est quoi ? C'est de l'information ?
- Speaker #1
On a aujourd'hui deux professionnels à disposition des familles. On a une psychologue et une conseillère conjugale et familiale. que les familles viroflésiennes peuvent consulter de façon non payante. Je dis volontairement par le terme gratuit, parce que ça a un coût pour la collectivité, mais c'est totalement non payant pour les personnes. Non,
- Speaker #0
c'est comme les fraîches, c'est pas gratuit, c'est financé.
- Speaker #1
Exactement, non mais c'est important, toujours dans la pédagogie, de dire que ce sont des services qui sont non payants, mais pas gratuits.
- Speaker #0
Est-ce qu'elles sont sursollicitées, ou est-ce que les parents ne se rendent même pas compte qu'ils ont accès à ça ?
- Speaker #1
On communique beaucoup, beaucoup, non, elles sont sollicitées, elles ne sont pas sursollicitées. La psychologue, il y a quand même une petite différence, c'est que la psychologue, elle va désamorcer des situations d'urgence. Elle ne va pas rentrer dans un travail thérapeutique sur le long terme. Donc, on est vraiment sur du désamorçage. La conseillère conjugale et familiale, elle, elle a accompagné des situations sur une ou deux séances. L'accompagnement le plus long qu'elle ait fait a duré 18 mois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, on est vraiment sur deux types d'approches différentes et qui sont complémentaires. Donc, elles ne sont pas sur-sollicitées, elles sont sollicitées et on fait régulièrement de la communication parce que c'est comme pour tout, certaines familles ne savent pas que ces dispositifs existent et que ces personnes peuvent être à disposition. Donc, déjà,
- Speaker #0
premier point, tu as ces deux professionnels qui sont financés par la ville pour répondre aux familles.
- Speaker #1
Oui. Deuxième point, on a donc le cocon des familles. qui est à la fois notre lieu d'accueil enfants parents, donc le mercredi et le vendredi matin, les familles peuvent venir avec leur enfant, se poser, voilà, espace de pause, de rencontre, il y a des accueillants qui sont là, et surtout d'aller rencontrer d'autres familles. C'est aussi notre relais petite enfance, avec trois matinées ouvertes aux professionnels de l'accueil individuel, que ce soit les assistantes maternelles ou les auxiliaires parentales. Voilà, on ne fait pas de distinction entre les deux. avec tout un tas d'ateliers, de professionnalisation, etc. Et ça, pour nous, c'est aussi de l'accompagnement à la parentalité. D'avoir des pros qui sortent de la maison, qui vont rencontrer d'autres pros, qui vont se professionnaliser, se former, c'est aussi accompagner les familles. Quasiment tous les après-midi, on peut avoir soit de l'accueil sur des familles, sur les informations sur les modes d'accueil, justement, soit des ateliers. que ce soit des ateliers de yoga, des ateliers créatifs, des ateliers chant, des ateliers de lecture, etc. à destination des familles.
- Speaker #0
D'accord, avec les enfants ?
- Speaker #1
Avec les enfants, effectivement. Super ! On ouvre le mercredi après-midi, c'est sûr que lundi, mardi, jeudi et vendredi, c'est quand même plutôt pour les 0-3 ans. Et le mercredi, en fait, on alterne avec des enfants d'âge plutôt primaire. primaire ou maternelle et la petite enfance pour essayer de toucher le plus grand nombre de familles.
- Speaker #0
Pour toi c'est quoi l'objectif des ateliers ? C'est de créer des conditions pour que les parents arrivent à passer un temps de qualité avec leur enfant, renouer un lien peut-être qui n'est pas forcément évident pour tout le monde ?
- Speaker #1
Ou bien c'est un loyer ? Il y a du plaisir, on va pas se mentir, c'est déjà prendre du plaisir, passer du temps avec son enfant, sortir de l'isolement ou de la solitude. C'est-à-dire que forcer à sortir de chez soi, passer un moment en relation avec son enfant et du coup se rendre compte qu'on peut être en relation avec son enfant de plusieurs façons. Voilà, via la lecture, le chant, la danse, l'art.
- Speaker #0
Autre chose que te débrosser les dents, te ramèter la table, arranger ta chambre, j'en ai marre.
- Speaker #1
Un moment très sympa de la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Voilà. On a un moment ou un autre connu.
- Speaker #1
Ça, c'est l'incompressible.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais du coup, être vraiment dans de la relation de plaisir avec son enfant. Et puis, je le redis, créer de la convivialité aussi entre familles. Nous, on se rend compte que les familles, en fait, elles se créent des petits groupes après, WhatsApp, Signal, etc. pour pouvoir se retrouver après dans les jardins publics, dans la forêt.
- Speaker #0
C'est un vrai outil, le lien social, en fait, sur sa commune. Ça peut vraiment faire la différence.
- Speaker #1
Oui, ça c'est vraiment de créer des petits réseaux et des petites communautés de parents viroflésiens. Donc ça c'est vraiment les objectifs. Et puis derrière, on a aussi une convention avec une association qui s'appelle le Réseau des parents, qui propose des ateliers et des conférences à destination des parents d'enfants de 0 à 18 ans. Donc ça c'est en fonction de notre programmation, on va définir les thèmes avec eux pour qu'ils puissent être complémentaires. avec tout ce qui existe sur la commune via les associations de parents d'élèves, via les écoles, via le cocon des familles, etc. Et qui propose aussi des moments de convivialité, comme l'apéro des mamans, l'apéro des papas, les goûters par-ci, les piqueniques par-là, pour créer des réseaux de parents locaux, toujours les mêmes objectifs, paire et danse, partage d'expériences, etc. On propose de la préparation au mariage civil. Et dans cette préparation au mariage civil, donc ça c'est des réunions qui ont lieu trois fois par an, en fait on donne des trucs et astuces pour que les couples parlent justement de ce qu'on disait tout à l'heure, de la sexualité, le rapport au corps, le rapport à la vie pro. Le rapport au loisir, la fidélité, l'éducation, l'argent, etc.
- Speaker #0
C'est le projet de vie de couple. Il y a le projet d'accueil dans les crèches et là, c'est le projet de la vie de couple. Qu'est-ce qui va se passer une fois qu'on sera mariés ? Qui va passer le balai ? Qui va faire la vaisselle ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. La répartition des tâches, qui va gérer l'administratif ? Est-ce qu'on a un compte joint ? Est-ce qu'on a des comptes séparés ? Comment on va gérer l'argent au quotidien ? Qui paie quoi ?
- Speaker #0
Plutôt que subir.
- Speaker #1
Exactement, et encore s'informer, c'est de la pédagogie Ça c'est ouvert à des couples qui ont le projet de se marier Mais c'est aussi ouvert à des couples qui s'interrogent sur la différence entre l'union libre, le paxe et le mariage civil Qu'est-ce qui va faire que je vais choisir tel ou tel contrat plutôt qu'un autre en fonction de ma situation
- Speaker #0
Je me pose justement toutes ces questions, donc je vais déménager Eh bien viens, viens, viens,
- Speaker #1
on fait Non, mais cela dit, ça, tu peux le retrouver en ligne aussi. C'est l'association Cap Mariage qui propose ces réunions d'information. Donc nous, c'est en présentiel sur Viroflay, mais ils ont aussi des sessions en ligne. C'est génial. Donc, Cap Mariage, on a une convention avec eux. Mais comme tous les couples ne se marient pas et chacun est bien libre de faire ce qu'il le souhaite, on a aussi créé des conférences et des ateliers pour tous les couples. qui veulent venir en fait et d'une passer du temps à deux parce qu'on le sait que dans la vie pro la vie de famille c'est pas toujours facile de se trouver du temps pour en fait travailler sa relation et la faire vivre donc qui veulent passer du temps à deux et puis qui veulent aussi s'outiller sur toutes les questions du quotidien du couple comme on le disait tout à l'heure à nouveau la communication comment Quels sont des petits trucs et astuces du quotidien pour désamorcer des situations où on sent que la moutarde commence à monter ? En fait, pourquoi est-ce que moi je réagis comme ça quand toi tu me dis ça ? Pourquoi est-ce que toi tu réagis comme ça quand moi je te dis ça ? Comment est-ce qu'on envisage nos projets ? Est-ce qu'on en a ? Est-ce qu'on est OK sur notre quotidien ? Est-ce qu'on est OK sur l'éducation des enfants, etc. ? Et en général,
- Speaker #0
tu as du succès. Il y a beaucoup de parents qui viennent à ces conférences.
- Speaker #1
Carrément. Les conférences, on a mis en place ces dispositifs depuis 2017 et les premières conférences et ateliers en 2018. Les conférences, on a entre 60 et 212 personnes qui viennent. C'est vachement bien. Et les ateliers, ça va de 25 à 50 couples. Ce ne sont pas toujours les mêmes et je peux te dire qu'on vient de partout. participer à nos ateliers viroflésiens. Et c'est vrai que surtout, il y en a qui viennent de Versailles. J'ai découvert qu'il y a un couple qui venait du Val d'Oise l'année dernière.
- Speaker #0
C'est pareil aux habitants de Viroflé.
- Speaker #1
Non, c'est sûr qu'on a la majorité de Viroflésiens. C'est quand même pratique d'avoir ça à côté de chez soi. Mais on a plusieurs administrés de communes voisines qui viennent très régulièrement. à nos sessions et je te dis même du 95 j'ai découvert, on n'est quand même pas tout à côté des parisiens qui viennent régulièrement t'as encore d'autres dispositifs ou t'as fait le tour là ? et ben les couples, les familles des projets peut-être en fait non après ce qu'on travaille c'est beaucoup ce que je te dis pour les parents, moi je travaille avec l'adjointe à la jeunesse pour que ça résonne Tu vois, si on parle cyberharcèlement aux parents, nous, on va parler cyberharcèlement aux jeunes. Si on parle sexualité aux parents, on va aller parler sexualité aux jeunes. Si on parle de numérique, de réseau social, si on parle orientation scolaire, etc. Tout ce qu'on met en place, en fait, au niveau... parentalité et accompagnement des familles trouvent résonance au niveau de nos jeunes et de nos étudiants. Voilà, on travaille la programmation ensemble.
- Speaker #0
Bah écoute, on a fait je pense un gros épisode sur ces questions d'accompagnement à la parentalité donc je crois qu'il est temps que je te libère. Je te remercie beaucoup du temps que tu nous as consacré. Ça m'intéresse beaucoup puisque je suis passée par là de toute façon donc non seulement en tant que gestionnaire de crèche mais aussi comme je te disais en tant que Donc, parents, aujourd'hui, j'ai envie de remercier les professionnels qui m'ont accueilli quand j'étais une jeune maman, que je ne connaissais rien à tout ça et que j'étais en détresse et qui m'ont vraiment aidée à devenir maman. Sans forcément me donner de conseils, j'insiste aussi là-dessus, mais juste en m'accueillant et en prenant soin de ma fille d'une façon qui était tellement positive. Ma fille était ravie d'aller à la crèche et quand je partais travailler ou autre chose, j'étais toujours le cœur léger. Parce que ça se passait bien dans cette crèche. Je pense que c'est peut-être pour moi le plus beau cadeau qu'on peut faire à un parent. C'est vraiment prendre soin de son enfant d'une façon qui fait que quand il part de la crèche, quand il se rend à son travail, ou même s'il ne travaille pas ce jour-là et qu'il a des choses à faire, autre chose que travailler, ce n'est pas une injonction que je fais de dire qu'il faut absolument travailler quand on laisse son enfant à la crèche. Mais en tout cas, je pense que c'est un très beau cadeau qu'on peut faire à un parent. qui puissent te dire, mon enfant va passer une bonne journée pendant que je ne suis pas là.
- Speaker #1
Je remercie les professionnels de Viroflay, tout accueil confondu, qui font un travail formidable auprès des enfants et des familles. J'ai une vraie reconnaissance pour tout ce qu'elles font au quotidien.
- Speaker #0
Ce sera le mot de la fin. J'espère que tu vas trouver les, je ne sais plus combien, 126 000 euros pour les augmenter. Bonne recherche ! Tu me diras quand tu auras trouvé la mine d'or. Et écoute, en tout cas, je le souhaite vraiment pour ces professionnels. Donc, je te dis à très bientôt, Laure. Ravi de t'avoir interviewée. À bientôt.
- Speaker #1
Merci, Amal. À bientôt.
- Speaker #0
Bravo, tu as écouté jusqu'au bout. C'est que la gestion de crèche, ça t'intéresse. Tu as envie de monter ta crèche, mais tu ne sais pas par où commencer. Ou tu as déjà tes crèches, mais tu te sens seule. Tu as peur des projets de réforme. Tu sens que les inscriptions ne sont plus aussi automatiques. Mais tu n'es pas seule. Aurélie et moi, on a vu beaucoup de gestionnaires qui traversent les mêmes doutes que toi C'est pour ça qu'on a créé Références Petite Enfance Ce n'est pas qu'un podcast, c'est aussi une agence de conseil On te partage nos 17 années d'expertise nos techniques de travail et on t'aide à apprendre de la hauteur pour faire décoller tes crèches On est là pour en parler avec toi Alors prends rendez-vous, le lien est en description de l'épisode A bientôt