- Speaker #0
Quand tu observes une équipe sur le terrain, qu'est-ce qui te dit immédiatement si ça se passe bien ou pas ?
- Speaker #1
Il y a toute une grille de lecture qui se met en route automatiquement.
- Speaker #0
Il y a plusieurs niveaux d'implication du professionnel.
- Speaker #1
Sur ces six niveaux, on va en avoir deux qui sont problématiques et quatre sur lesquels on peut naviguer. Des professionnels présents physiquement, mais qui ne sont pas présents psychologiquement. Si elles traînaient sur leur téléphone, ça serait tout autant pareil. Tu as tout résumé au travers de l'enfant va pouvoir expérimenter. Et si à un moment donné, on est absent ou trop présent, ça va limiter les possibilités d'expérimenter pour les enfants.
- Speaker #0
C'est vraiment important pour le dirigeant de bien comprendre ça, pour qu'il puisse fidéliser ses équipes, les soutenir dans leur travail et apporter de la qualité d'accueil. Cette qualité d'accueil, est-ce que tu penses que le parent l'aperçoit ? Bonjour à tous et bienvenue sur Références Petite Enfance. Aujourd'hui, c'est un nouvel épisode avec notre psychologue Damien Gracia et on va parler de la posture des professionnels. Quand un parent visite sa micro-crèche, aujourd'hui en 2026, il regarde... pas les diplômes que tu auras mis sur le mur ou ton projet d'établissement. Il va observer la posture des adultes dans la pièce. Est-ce qu'ils sont vraiment là, disponibles pour ton enfant ? Ce que peu de gestionnaires réalisent, c'est que cette question, elle a un impact direct sur deux énormes problèmes qu'ils rencontrent. C'est le turnover des équipes et le turnover des parents. C'est un problème extrêmement coûteux. Bah oui, parce que les familles, elles vont partir si elles sentent qu'on n'est pas disponible pour leur enfant. Elles ne sont pas en confiance. Et les professionnels, c'est pareil, s'ils n'ont pas la bonne posture, ils s'épuisent et ils ne savent pas ce qu'on attend d'eux. Et puis en fait, ils partent. Et puis au milieu de tout ça, il y a l'enfant qui peut bien sûr subir les conséquences de tout ça. Parce qu'avoir la bonne posture, c'est avant tout pour l'enfant, offrir de la qualité d'accueil. Alors aujourd'hui, Damien Gracia est avec nous, psychologue spécialisé en petite enfance que vous connaissez peut-être déjà si vous écoutez notre podcast. Et on va parler de comment. En tant que gestionnaire, en tant qu'employeur, patron, manager, je vais pouvoir aider mes professionnels à avoir la bonne posture auprès des enfants dans le jeu pour réduire les deux torneurs en même temps, celui des pros et celui des familles. Bonjour Damien.
- Speaker #1
Bonjour Amale.
- Speaker #0
Alors est-ce que tu peux me dire, quand tu observes une équipe sur le terrain, qu'est-ce que tu vois en premier, qu'est-ce qu'ils te disent immédiatement, si ça se passe bien ou pas ? dans cette crèche ?
- Speaker #1
Alors, ce qui me dit immédiatement si ça se passe bien ou pas, ça va être déjà la réaction des enfants à ma présence. Si je vois que tous les enfants se jettent sur moi pour essayer de trouver quelque chose à faire, ce n'est pas bon signe du tout.
- Speaker #0
Ça sent le vécu.
- Speaker #1
Ça sent le vécu, oui, oui, vraiment. Moi, souvent, je fais rire les pros parce que je leur dis, j'ai l'impression d'être dans une scène de Walking Dead où je suis entouré de tous ces petits zombies qui viennent me chercher et qui essaient de manger un petit peu de mon attention. Ils étaient en errance, quoi.
- Speaker #0
Il n'y avait personne qui s'intéressait trop de la bonne façon.
- Speaker #1
C'est ça. C'est-à-dire que je vais avoir une posture des pros qui est dite, entre guillemets, de jeu libre, alors qu'on n'est pas du tout dans le jeu libre. On est dans l'essai à l'écomplet. Il y a une mauvaise interprétation de cette posture-là. Donc, je vais regarder ça. Je vais regarder aussi comment les pros vont interagir avec les enfants. Quel est le regard qu'elles vont porter sur le groupe, sur les enfants ? Comment c'est structuré ? Est-ce qu'il y a des activités de proposer ou non ? Dans quel lieu on se trouve ? Section extérieure. Il y a toute une grille de lecture qui se met en route automatiquement et on voit les coches qu'on case.
- Speaker #0
On voit ce qu'on fait bien, ce qu'on ne fait pas bien.
- Speaker #1
Les coches qu'on case, pardon.
- Speaker #0
Là, tu parlais d'une posture un peu attentiste. On se cache un peu derrière le jeu libre ou on a appelé ça aussi l'itinérance ludique. Ça peut parfois diverger, glisser. malencontreusement vers une sorte de passivité ?
- Speaker #1
Oui. En fait, on va distinguer plusieurs postures. Il y a celle qu'on ne veut absolument pas, c'est la posture désengagée. C'est-à-dire qu'on se retrouve avec des professionnels qui sont présents physiquement, mais qui ne sont pas présents psychologiquement. Donc, leur intervention va se résumer à séparer des enfants qui se disputent, faire une certaine forme d'autorité, à dire quand ça commence, quand c'est fini. Mais il n'y a pas vraiment d'intérêt pour ce que fait l'enfant, il n'y a pas d'observation. Si elle traînait sur leur téléphone, ça serait tout autant pareil. Donc cette posture de désengagement, elle peut être aussi quand des professionnels discutent entre elles de choses qui n'ont aucun rapport avec la crèche. Après, je comprends qu'il y ait des moments où on ait envie de se retrouver, mais quand on est avec les enfants, c'est absolument pas le bon moment.
- Speaker #0
Oui, je parle beaucoup de ça, je parle beaucoup de la... concentration parce que souvent les gestionnaires qui ne sont pas forcément du métier ne se rendent pas compte que si par exemple pendant le repas des enfants, j'ai les pros qui commencent à discuter de ce week-end j'ai fait ci ou ça ou je ne sais pas quoi ou même parfois ils discutent des enfants Sauf qu'ils ne sont pas en train de parler avec les enfants ou de les observer, ils sont en train de se parler entre eux au-dessus de la tête des enfants. Donc soit ils parlent complètement d'autre chose, soit parfois le prétexte c'est qu'on parle des enfants. Sauf que du coup on n'est plus en train d'interagir avec les enfants. Et parfois le gestionnaire n'est pas forcément au clair avec ça, ou même le directeur parfois. Donc moi je dis souvent qu'il faut être concentré en fait, on est là vraiment pour les enfants, on est là avec les enfants. Et donc, si on commence à discuter entre nous, il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #1
Bien sûr. Est-ce qu'on est vraiment épanoui dans ce qu'on est en train de faire ? Est-ce qu'on a bien compris les règles du jeu ? Et je vais te donner deux exemples qui sont vraiment opposés. On a la crèche dite en jeu libre ou itinérance ludique, où tu as les pros qui sont rassemblés entre elles, les enfants qui naviguent un petit peu, il y en a même qui sont hors de vue des professionnels, et une autre où tu as les professionnels qui sont séparés et placés à des endroits stratégiques, généralement les endroits de risque. J'ai vu ça il y a peu dans une nouvelle crèche où je travaille. Les enfants sont invités à aller à l'extérieur. On est sur une cour qui est faite en L, donc un côté avec du gazon, un côté avec un peu plus du goudron et des vélos. Il y a des prouts des deux côtés. Il y en a deux qui sont positionnés au niveau d'un mobile qui est assez haut, un toboggan, et une autre qui est de l'autre côté avec les enfants qui font du vélo. Et là, c'est parfait. Parce qu'en fait, les professionnels sont sur les points à risque. Elles sont beaucoup trop loin pour parler entre elles ou alors il va falloir crier et là on va les entendre. Et les enfants étaient vraiment bien. Ils sentaient qu'elles étaient là et c'était disponible pour eux.
- Speaker #0
Pour autant, on est quand même en jeu libre là d'après toi ?
- Speaker #1
Oui et non. Oui parce que les enfants n'ont pas d'activité structurée à faire. Mais après, c'est libre au plus loin parce qu'il y a quand même des pôles d'activité qui sont proposés, il y a des jouets qui sont à disposition. Et il y en a certains, ils inventaient leur propre jeu. Et ça, ça devient de plus en plus rare. On parle souvent des bénéfices de l'ennui ou de la journée sans jouer. Là, pour le coup, je l'ai vu.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En fait, ce que tu expliques souvent, c'est qu'il y a plusieurs niveaux d'implication du professionnel. Donc, on a, je crois, ces six niveaux qui ont été formalisés, c'est ça ? Tu peux m'en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Sur ces six niveaux, on va en avoir deux qui sont problématiques et quatre sur lesquels on peut naviguer. Après, les deux problématiques... naviguer du moins qu'on ne reste pas trop dessus. Par exemple, si on reprend le jeu libre, les professionnels, on souhaiterait qu'elles ne soient pas désengagées, mais qu'elles soient observatrices. C'est-à-dire qu'elles vont porter une attention particulière aux enfants, elles vont être là physiquement et psychologiquement. Ce qui veut dire que si l'enfant a besoin de nous, je suis là d'un seul regard, j'ai déjà anticipé qu'un enfant aurait besoin de moi, et je vais aller le chercher s'il a besoin d'une attention, s'il y a eu une chute, des pleurs ou autre chose.
- Speaker #0
Donc là, c'est le cas où elle est à côté du mobile dans le jardin et elle observe et elle verbalise, elle s'intéresse, mais elle ne mène pas le jeu.
- Speaker #1
Exactement. Là, on est dans ce qu'on appelle la posture d'observateur. Après, il peut y avoir une autre posture qui est la posture de metteur en scène. Metteur en scène, c'est quelque chose que j'aime bien parce que tu sais quand tu arrives le matin et que la crèche vient juste ouvrir et tu as une table avec des petits animaux organisés. avec une dinette déjà installée. Et je me souviendrai toujours d'une directrice qui me disait, tu sais Damien, moi quand je vois des objets qui sont entassés les uns sur les autres, j'ai qu'une envie, c'est de mettre un coup de pied dedans. Alors je comprends les enfants. Et c'est vrai que quand ils arrivent et que tout est organisé, on les voit qu'ils sont inspirés tout de suite. Il y a comme une envie de faire quelque chose d'autre que d'aller faire valser tout ce qui est sur la table.
- Speaker #0
C'est de la présentation, c'est assez Montessorien de présenter le matériel. Et donc là, on est sur le troisième niveau. Le premier niveau, celui qu'on ne veut pas, c'est le désengagé. Après, tu as dit, il y a l'observateur. Il s'engage un petit peu, mais il laisse quand même libre cours aux enfants. Là, on a le metteur en scène. Lui, il est très monté sur rien. Il présente le matériel. Il organise. Alors, on en a six en tout. Donc, le quatrième, qu'est-ce qu'il fait ?
- Speaker #1
Le quatrième, c'est le co-joueur. Ça, c'est un de mes préférés quand je suis sur le terrain. C'est en fait la personne qui, quand on va faire, par exemple, un atelier pâte à modeler, qui, au lieu de juste observer ou même juste avoir disposé la pâte à modeler, va jouer avec les enfants. Donc, va prendre sa petite boule de pâte à modeler, va commencer à faire quelque chose. Et là, on va voir les enfants qui vont commencer à observer l'adulte et regarder ce que l'adulte fait. Soit ils vont l'imiter, soit ils vont faire ce qu'ils veulent. Mais ça peut aider certains enfants qui sont en difficulté face à ce matériel pour certains qui ne connaissent pas la pâte à modeler. Ça peut arriver. Des fois, il y a des pros qui me disent « oui, mais est-ce qu'on n'est pas en train de casser la spontanéité de l'enfant ? » Je dis « vous en faites pas, la spontanéité, elle revient tout de suite. » Du moment qu'ils ont envie de faire quelque chose, ils le feront. On ne va pas conditionner un regard, du moment qu'on ne les force pas à faire quelque chose, mais nous, en tout cas, on va jouer avec eux.
- Speaker #0
On participe.
- Speaker #1
Voilà. Sur des jeux, comme par exemple faire une tour ou d'autres choses, en général, nous, le co-joueur, on va accepter que les enfants prennent nos jouets, cassent nos tours, des choses que les autres... pourraient ne pas accepter et sur lesquelles ça pourrait générer un conflit. Donc, il y a aussi ce côté-là où je vais pouvoir donner l'expérience à l'enfant d'aller au bout de son idée de casser quelque chose, si bien qu'au fur et à mesure, il s'en désintéresse et il va moins casser les tours des autres.
- Speaker #0
Ok, donc ça c'est le co-joueur. Il me reste deux niveaux ?
- Speaker #1
Oui. Ensuite, nous avons le leader de jeu. Le leader de jeu, moi j'adore l'observer en crèche. J'ai en tête une pro qui va d'un côté de l'autre de la crèche. C'est une grande cour qui doit bien faire 30 mètres de long. Et ce qu'elle fait, elle se met avec tous les enfants alignés à côté d'elle. Elle dit 3, 2, 1 et c'est parti. Et ils courent tous. Il y en a qui ont des motos. Ils ne jouent pas bien. Tu le vois ? Voilà. Là, on a le leader de jeu. Et le leader de jeu, ce qu'il va faire, c'est qu'il va lancer une activité et les enfants, c'est des super bons clients là-dessus, ils vont suivre directement. Et en général, ces personnes-là sont très enthousiastes, c'est des gens souriants, donc tu n'as qu'une envie, c'est de les suivre. Mais personne n'est obligé de le faire. Si tu ne veux pas le faire, tu ne le fais pas. Souvent, ce que je vais proposer comme jeu où je suis leader, moi, ce sont des jeux imaginatifs. C'est des jeux sur lesquels je vais tester les enfants, sur leur capacité à suivre, sur tout ce qui est neurones miroirs. sur la communication verbale. Donc en général, moi je prends des animaux fictifs auxquels je fais un petit cycle. Donc j'en donne à chacun en fais semblant de leur souffler dessus, de les faire dormir, de les mettre sur la tête, de les manger. Ou alors je leur donne une tasse de chocolat chaud fictif. Tu vois ce que je veux dire ? Donc là je suis leader de jeu et eux ils suivent. Et il y a un moment où la casquette de leader de jeu, elle peut passer aussi sur un enfant. C'est-à-dire que c'est un enfant qui dit mais moi j'aimerais bien le faire. Bah vas-y, il n'y a pas de problème. Et moi, je ne deviens qu'au joueur à ce moment-là.
- Speaker #0
D'accord. Ok, très bien. Donc lui, tu ne trouves pas qu'il est trop autoritaire. C'est bien, il s'engage, il est à fond.
- Speaker #1
Oui, mais la limite pour ne pas être trop autoritaire, c'est qu'on n'est obligé de rien. Et toute variation proposée par l'enfant, on est ouvert. C'est ça qui fait qu'on n'est pas dans le profil suivant.
- Speaker #0
Ah, le dernier profil, celui qu'il ne faut pas faire.
- Speaker #1
Alors, celui qu'il ne faut pas faire, mais qu'on fait très souvent en crèche. Et je vais te dire à quelle occasion. C'est le directeur de jeu. Donc les petites directrices de jeu, qu'est-ce qu'elles me font ? Elles me disent, oui, tu sais Damien, ce qu'on adore faire, ce sont des rendus pour les parents. Ils sont tellement contents de voir la petite main de leur enfant sur un papier. D'accord, il faut voir dans quelles conditions c'est fait des fois. C'est-à-dire que l'enfant arrive, on lui prend la main, on la met dans la peinture, sur la feuille et merci, au revoir. Voilà, bon là, c'est sûr que les parents seront contents, mais l'intérêt pour l'enfant, c'est zéro, vraiment. Et là, on a le directeur de jeu. c'est-à-dire qu'il va contraindre l'enfant à faire quelque chose d'une manière et pas d'une autre, c'est-à-dire que l'enfant, il arrive, il veut dessiner n'importe quoi, il n'aura pas l'occasion de le faire. Là, on est vraiment dans cet extrême-là, c'est-à-dire, je veux faire une activité comme je veux, et du moment que ça dépasse, tu sors de mon activité.
- Speaker #0
Alors, j'avais la psy de notre crèche, elle me donnait souvent l'exemple des gommettes, où elle disait, tu as le pro qui va décoller la gommette et le donner à l'enfant, et il ne va jamais donner la feuille de gommette à l'enfant. Et tu as le pro qui va montrer à l'enfant comment, en froissant le papier, il va réussir à décoller la gommette lui-même. Et donc là, l'enfant, du coup, il va pouvoir expérimenter, essayer de décrocher sa gommette, etc. Et ça va devenir beaucoup plus intéressant pour lui.
- Speaker #1
Exactement. Et tu as tout résumé au travers de l'enfant va pouvoir expérimenter. Parce que c'est ça qu'on veut, nous, c'est qu'il puisse expérimenter, découvrir par eux-mêmes. Et si, à un moment donné, on est absent ou trop présent, ça va limiter les possibilités d'expérimenter pour les enfants.
- Speaker #0
Oui. Alors là, si je prends tes six niveaux, est-ce que c'est vraiment une question de personnalité ? C'est-à-dire, est-ce que je vais être figé dans un des modèles ou est-ce que les pros naviguent souvent entre ces différents modèles ? Moi, malheureusement, j'ai quand même vu souvent des pros dans la section 1 ou dans la section 6, qui étaient soit très désengagés, soit très directifs, très autoritaires. Mais je n'ai pas vu que ça. Attention, j'ai vu de tout. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas croire non plus que ça n'arrive pas. En fait, il y en a quand même souvent. Comment je vais faire pour les aider ? Puisque le but du manager, c'est quand même, et du dirigeant, de se dire, on va emmener les gens vers le haut et il faut y aller. On peut sortir de l'ornière. Est-ce que spontanément, les pros naviguent entre ces différents profils ou est-ce que je vais devoir quand même trouver des solutions ?
- Speaker #1
Les deux. C'est-à-dire qu'il va y avoir une navigation avec une dominance. Très souvent, les professionnels vont aller un peu dans leur zone de confort. Il y en a, c'est le désengagement. Il y en a, c'est le leader de jeu. Tu vois ce que je veux dire ? Mais il va y avoir une espèce de... Enfin voilà, elles vont naviguer tout le long du temps d'activité ou même de la journée entre ces différentes postures. Et je pense qu'il va être important pour le manager, c'est de présenter ces différents profils aux pros pour qu'elles aient conscience de la posture dans laquelle elles se trouvent à un moment donné. Et en avoir conscience, ça va être le premier pas. Parce que des fois, tu n'as absolument pas conscience que tu es désengagé. Mais regardez, je suis là, je suis avec les enfants, je les surveille. Absolument pas, tu ne les surveilles pas. Regarde, tu parles à ta collègue. Il y en a un qui tombe, tu ne le vois absolument pas. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Ah oui, je vois très bien.
- Speaker #1
Donc, du moment qu'on a identifié ces catégories-là et que les professionnels vont être amenés à considérer leur posture tout au long de la journée et se dire, OK, là, je suis plus là-dedans, là, je suis plus là-dedans, on va pouvoir faire des réajustements. Donc, d'abord, une prise de conscience. Ça va être la première étape.
- Speaker #0
Tu sais, j'ai eu, moi, un accident assez grave dans une de mes crèches une fois. où j'avais deux pros qui étaient avec un petit groupe d'enfants assez réduits. Donc, il n'y avait aucun problème de taux d'encadrement, que du matériel spécialisé, des tapis sous les modules de motricité, que des modules bas et tout. Donc, vraiment, rien à reprocher. Et donc, c'était un temps de motricité pour des petits. Et en fait, les pros, il s'avère qu'elles étaient assises à un mètre de la structure et qu'elles observaient les enfants. Enfin, les regardaient. Je ne sais même pas si on peut dire observer. Et il y a un enfant qui est tombé, qui s'est cassé la jambe. Il se trouve qu'après ça, on a beaucoup travaillé là-dessus, évidemment, pour leur dire, en fait, quand l'enfant est en train de faire de la motricité, je m'engage, je reste avec lui, je suis à côté. Parce que si jamais il a besoin que je lui tende la main parce qu'il risque de tomber ou quoi que ce soit, je suis là, je le sécurise. Et donc là, typiquement, je pense qu'elles étaient désengagées. Pourtant, elles étaient deux. Elles étaient là, elles regardaient les enfants. mais probablement qu'elles étaient en train de discuter ou qu'elles avaient les idées ailleurs. Mais tu vois, c'est hyper difficile de savoir si la pro, elle est là, elle est engagée ou si elle est perdue dans ses pensées. Donc, je pense que tu vas me dire, il faut que le manager ou le gestionnaire se mettent en posture d'observation pour bien comprendre ces pros et essayer de savoir à quel profil ils ont, qu'est-ce qui est plus facile pour eux, c'est quoi leur zone de confort et sur quoi on va pouvoir les former.
- Speaker #1
Bien sûr, et les indices pour les gestionnaires ? sur le fait que les pros soient impliqués, engagés ou plutôt observatrices ou désengagés, ça va être déjà la proximité avec l'enfant, tu l'as dit, elle était à un mètre elle n'était pas à côté de l'enfant du moment que tu vois une pro qui est sur des activités motrices où on est en hauteur donc qui est déjà debout qui est seule et pas avec une autre collègue déjà ça va être un indice après tu vas regarder un petit peu des fois on les voit les gens quand ils décrochent ils ont le regard dans le vide ils regardent l'avion qui passe, tu vois ce que je veux dire ? Donc là, hé ho les filles, c'est bon, vous gérez, ok, on est bon. Et il y a aussi, dans le fond, vraiment une question de, est-ce que je m'épanouis dans ce métier-là ? Parce que quand on est tout le temps dans la catégorie désengagée, il y a un souci. Est-ce que je viens ici ?
- Speaker #0
Oui, on peut déjà l'aider peut-être dans un premier temps. Et si vraiment, ça ne l'intéresse pas, il y a peut-être effectivement un désalignement avec le métier. Et du coup, l'impact sur l'équipe, j'en parlais au début de l'épisode, soit effectivement le pro ça ne l'intéresse pas, soit il ne sait pas comment faire, il a besoin d'aide. Et ce que je crains de moi pour les équipes, c'est du stress, de l'épuisement et du turnover. Parce que si moi en tant que dirigeant, je n'aide pas mes équipes et que je les laisse un peu dépourvues, si elles n'ont pas les outils, si elles ne connaissent pas tout ça, vont juste se sentir nulles et s'épuiser. En l'occurrence, les deux personnes qui ont vécu cet accident, elles l'ont très mal vécu et ça a été un traumatisme. Je ne pense pas qu'on puisse dire que les gens s'en fichent.
- Speaker #1
Bien sûr que ça a un impact. Après, pour accompagner les pros, je trouve qu'il n'y a rien de mieux que le modelage. Le modelage, c'est, tu as besoin de savoir comment il faut faire, je vais te le montrer. Je vais te montrer directement, écoute, je quitte mon bureau une demi-journée et on va faire une activité ensemble et je vais te montrer ce que j'attends de toi. Je vais vous montrer à toutes ce que j'attends de vous. Comme ça, à la fois, je montre que c'est possible, parce que des fois, des pros vont dire non, mais c'est absolument impossible dans les conditions actuelles. Ça peut être possible et on va le montrer. Et aussi, je vais te donner le mode d'emploi explicite que d'autres fois, peut-être qu'il y a des pros qui n'ont pas vu ce genre de situation, pour qui ce n'est pas naturel. Et ça va peut-être se jouer au travers d'activités qui vont venir enthousiasmer les pros. Moi, j'avais une professionnelle, je la trouvais très en difficulté sur les temps moteurs, parce qu'elle est très stressée de base, mais vraiment. Et un jour, je l'ai entendu, elle jouait du ukulélé pour les enfants. Les enfants étaient captivés. Je disais, ben là, voilà, là, on a le leader de jeu qui est en train d'envoyer quelque chose aux enfants. Les enfants, ils s'en saisissaient comme ils voulaient. Il y en a qui dansaient, d'autres qui regardaient juste. Et c'était incroyable. Parce que là, on sentait l'aura de cette professionnelle qui rayonnait, qu'auparavant, on ne sentait que du stress.
- Speaker #0
Oui, tu sais, moi, j'ai travaillé très longtemps dans mes crèches, puisque j'ai commencé en 2007. Et donc, il y a eu un stade où vraiment, j'ai compris que j'avais un rôle à jouer en tant que modèle, même si je n'ai pas de diplôme dans la petite enfance. J'ai une vision. Si je fais ce métier, ce n'est pas pour rien. Et donc, de pouvoir aussi montrer à mes équipes et dire, regardez ce matériel-là, regardez ce qu'on peut faire avec. Je n'ai pas pris, moi, le taux d'encadrement. Je ne suis pas allée à leur place. Par contre, j'ai passé du temps avec elle à observer, à dire, tiens, regarde ce qu'on pourrait faire, etc. Et puis aussi à moi me questionner sur les personnalités de mes pros. Vraiment bien les connaître. Souvent, je remarque que dans les gestionnaires de crèche que j'accompagne, ils ne se posent pas toujours clairement la question. Parfois, quand je leur dis, tiens Martine, c'est quoi son point fort ? C'est quoi ses faiblesses ? sur quoi on va pouvoir la faire évoluer, est-ce qu'elle sera plus à l'aise avec les bébés, est-ce qu'elle sera plus à l'aise avec ci ou ça ? Je remarque qu'en fait, ce n'est pas quelque chose qui est vraiment travaillé. Parce que le problème, c'est cette culture qu'on a en ce moment de polyvalence, où on se dit qu'il faut que tout le monde fasse de tout. Donc, il faut que tout le monde soit à l'aise avec les bébés, les moyens, les grands, la motricité, la cuisine, le ménage, peu importe. Allez, vas-y, tu dois être bon en tout.
- Speaker #1
C'est tout suisse.
- Speaker #0
Voilà. Alors qu'en fait, si tu réfléchis à tes attentes, de quoi tu as besoin dans ta crèche et qui peut répondre à chaque poste, tu vas pouvoir effectivement te rendre compte des forces et des faiblesses de chaque pro. Et puis, si tu arrives à mieux organiser ton service, ce que tu disais tout à l'heure, en fait, les filles, elles ne savent même pas quand elles vont te dire non, mais on n'a pas le temps, en fait. Il n'y a pas le temps. Oui, parce que si tu n'organises pas le service, elles n'ont pas le temps. C'est vrai. C'est la foire d'empoigne. Alors que si toi, en tant que dirigeant, tu arrives à bien modeler ta journée pour dire le temps où vous allez pouvoir vraiment vous poser avec les enfants, ça va être à telle heure, etc. Ou alors de dire, il y aura une pro qui va faire ça pendant que toi, tu vas pouvoir te poser avec un petit groupe. En fait, on va leur ouvrir des fenêtres de tir où elles vont pouvoir vraiment travailler sur cette posture. Donc, c'est vraiment une responsabilité en tant que dirigeant. Il ne faut pas croire qu'il suffit de dire qu'il ne faut pas être autoritaire, qu'il ne faut pas être désengagé. Non, ça ne se décide pas comme ça, tu es d'accord ?
- Speaker #1
Bien sûr, ça se travaille.
- Speaker #0
Ça se travaille.
- Speaker #1
Il ne suffit pas juste... Parce qu'il faut comprendre aussi les freins qu'il peut y avoir derrière une posture. Ce n'est pas donné à tout le monde d'être co-joueur, d'être leader de jeu. Il y en a, co-joueur, ils s'ennuient. Si on lève avec la patte à modeler, on voit qu'ils commencent à regarder ailleurs. Mais par contre, si on les met plutôt en metteur en scène, ça devient des personnes qui se réalisent complètement. Et je te rejoins à 100% sur l'affinité des pros à certaines sections. Les bébés, ce n'est pas pareil que les grands.
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Ce n'est pas du tout la même ambiance, ce n'est pas les mêmes besoins. On ne va pas avoir besoin des mêmes compétences. Chez les bébés, il y a beaucoup de techniques. Tout ce qui est hygiène, biberonnerie, soins, beaucoup de soins. Un côté posé au sol, calme, le phare qui illumine un petit peu la section. Chez les grands, on commence à être dans le centre de loisir là presque.
- Speaker #0
C'est pas du tout les mêmes enjeux, la même dynamique, les mêmes contraintes. C'est vraiment important pour le dirigeant de bien comprendre ça, pour qu'il puisse fidéliser ses équipes, les soutenir dans leur travail et apporter de la qualité d'accueil. Justement, on parlait aussi des parents, cette qualité d'accueil. Est-ce que tu penses que le parent l'aperçoit ? Moi, j'ai déjà eu des retours de parents qui me disaient, par exemple, dans mon entourage, les gens me parlent souvent de leur crèche. Ça ne sait pas pourquoi.
- Speaker #1
C'est bizarre.
- Speaker #0
Mais tu vois, à la crèche, j'ai remarqué que Paulette, l'autre jour, j'avais l'impression qu'elle ne regardait pas les enfants, etc. Je pense qu'on ne mesure pas, je ne sais pas ce que tu en penses, mais peut-être l'impact sur les parents de la posture de nos pros.
- Speaker #1
Il est énorme, mais vraiment énorme, parce que c'est la vitrine de la crèche. C'est-à-dire que quand tu vois la crèche de l'extérieur et que tu vois ce que font les pros, Moi, la plupart du temps, il y a des gens qui me disent « je suis passé devant telle crèche, c'est tranquille comme métier, assis toute la journée, rien à faire » , alors que ce n'est pas ça. Des fois, il y a des parents, je les vois, souvent ils sont invités à venir dans la crèche, à rentrer dans les sections pour récupérer leurs enfants. Il y a certaines crèches où ils les récupèrent en passant par la section, en arrivant à l'extérieur. Et quand ils voient que les pros sont en train de s'amuser avec les enfants, qu'elles rigolent, qu'elles vont arriver aussi avec un discours au niveau des transmissions qui n'est pas focus, uniquement sur les besoins primaires, mais aussi sur les anecdotes qui ont été vécues. C'est ça, ils font la différence. Voilà.
- Speaker #0
Il ne faut pas croire que pour le parent, c'est un écran de fumée. Il voit très bien si je suis assise plantée là ou si je suis assise en train d'observer et de faire quelque chose, d'interagir. Il n'est pas dupe en fait le parent, c'est ça que tu dis.
- Speaker #1
Et même s'il ne va pas nous le dire directement, ils l'ont vu. Ils ont vu que ça n'allait pas. D'ailleurs, très souvent, tu vois des parents qui vont vouloir des transmissions que d'une pro.
- Speaker #0
Parce qu'il y a cette confiance qui s'est construite au travers de ces observations.
- Speaker #1
C'est très, très, très, très juste ce que tu dis. En tout cas, il nous donne des signaux. Et ce qu'on ne voit pas, c'est que parfois, il s'interroge en se disant « j'ai peut-être arrêté le contrat, peut-être qu'en septembre, je vais faire autre chose » . Donc attention, parce que comme je disais, en ce moment, c'est la crise. On a des crèches qui nous disent « mais j'ai du turnover de parents, etc. Je ne sais pas quoi faire, pourquoi ils ne sont pas contents et tout » . En fait, c'est simple. Si tu dis sur ta vitrine que tu es bienveillant, tu fais plein d'activités, t'aimes beaucoup la pédagogie Montessori, je ne sais quoi, et qu'en fait, quand on arrive, on voit une posture désengagée, ou même autoritaire, les parents ne sont pas dupes. On ne peut pas vendre quelque chose sur la vitrine et ensuite ne pas réussir à le traduire sur le terrain. Ça ne marche pas.
- Speaker #0
D'accord. Il faut aller au bout de ses promesses.
- Speaker #1
Il faut aller au bout.
- Speaker #0
Ça demande pas mal d'efforts et de travail. Je me dis que considérer déjà toutes ces postures-là, en avoir conscience et pouvoir travailler dessus sur les freins pour chaque posture, ça peut être déjà une première étape pour sortir un peu des difficultés qui peuvent être liées au positionnement des pros.
- Speaker #1
Une dernière question. Est-ce que tu as l'impression que les gestionnaires pour qui tu travailles sont conscients de ce problème-là ? Est-ce que c'est un sujet, et les équipes aussi, est-ce que c'est un des sujets qu'on te soumet ? Ou bien est-ce que c'est toi qui le vois, mais eux, en fait, ils ne voient pas ce problème de posture ?
- Speaker #0
Ça va dépendre. Si on a des gestionnaires qui sont peu présents sur les établissements, c'est plus moi qui vais le faire remonter. Si on a, par contre, des personnes qui sont sur le terrain et dont les parois du bureau sont plutôt fines, bien sûr qu'elles vont me le remonter tout de suite.
- Speaker #1
Ils peuvent se dire, le problème, c'est la posture.
- Speaker #0
Clairement, oui. Et c'est même un problème qui est très, très fréquent. Parce que justement... Dans la plupart des gestionnaires, on va retrouver des personnes qui ont fait une formation de JE. Et ces personnes-là ont une attente assez grande de la performance que peuvent donner les pros parce qu'elles ont été sur le terrain, donc elles savent. Tu as même des gestionnaires AP aussi. Donc, elles ont connu le terrain et elles savent ce qui est possible, ce qui n'est pas possible. Et quand elles entendent, ah oui, non, mais là, on a préféré la jouer cool parce que c'était trop compliqué. Elles savent que non, pas du tout. Donc oui, il y en a beaucoup qui se sont... Des fois, je vais même avoir des orientations d'APP en disant, allez Damien, il faut qu'on bosse sur la posture des pros au quotidien, parce que je les sens désengagés.
- Speaker #1
Oui, la posture dans le jeu, auprès des enfants, ils en ont conscience, ils t'en parlent, et ça se travaille.
- Speaker #0
Ça se travaille, oui. J'ai vu des équipes qui étaient vraiment dans une espèce d'apathie, qui n'arrivaient pas à sortir d'une espèce de cocon, tu sais. Et avec des gestionnaires ultra bienveillants et un peu dans le coaching, tu vois, on a réussi à faire sortir le papillon.
- Speaker #1
Oui, et d'ailleurs, tu disais les AP, les EGE, mais il y a plein de gestionnaires comme moi. Moi, je suis fiscaliste.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Même sans être AP ou EGE, on est sensible à ça. Bien sûr. Déjà, ne serait-ce qu'en tant que personne ou en tant que parent ou en tant que soi-même ayant été enfant. Et puis, en étant pro, parce qu'on devient un pro de la petite enfance quand on est dirigeant de crèche. Donc vraiment, il faut s'autoriser à observer, à s'interroger. Si on sent qu'il y a quelque chose, parfois on a une petite voix qui nous dit « c'est pas top » , il faut s'écouter aussi, faire appel à des professionnels comme toi. Et puis, on peut sortir son épingle du jeu. Fidéliser les familles et les équipes, ce n'est pas rien pour un dirigeant de crèche. Je peux te dire que c'est vraiment le nerf de la guerre en ce moment. C'est très difficile. Donc en fait, c'est des actions qui ont un... Un retour sur investissement, on dit le ROI, qui peut être énorme. Donc vraiment, il faut y aller parce que vos équipes, elles ont besoin d'être alimentées, de sortir de l'apathie, de trouver la bonne posture pour que leur travail soit intéressant. Les enfants, inutile de dire que c'est primordial pour eux. Et puis les parents, encore une fois, ils ne sont pas dupes. En tout cas, ce que je retiens de ce qu'on s'est dit, c'est qu'on n'avait pas besoin de tout révolutionner pour faire la différence. La posture, ça se travaille. Ça s'accompagne, ça s'observe. Donc, on peut vraiment commencer par des petites actions, mais il faut mettre le travail en route. Et pour les auditeurs, si vous voulez savoir si votre équipe fait fuir vos familles, je vais vous mettre le lien dans les notes de l'épisode d'un petit outil de scoring pour pouvoir vous faire une idée sur la posture de vos professionnels. Voilà, vous aurez en quelques minutes une réponse à vos questions pour savoir. comment agir et sur quoi centrer vos actions et votre énergie. Eh bien, écoute, Damien, je vais te dire à la prochaine fois. Et merci beaucoup d'être venu sur le podcast.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt. Bravo, tu as écouté jusqu'au bout, c'est que la gestion de crèche, ça t'intéresse. Tu as envie de monter ta crèche, mais tu ne sais pas par où commencer. Ou tu as déjà tes crèches, mais tu te sens seule, tu as peur des projets de réforme, tu sens que les inscriptions ne sont plus aussi automatiques, mais tu n'es pas seule. Aurélie et moi, on a vu beaucoup de gestionnaires qui traversent les mêmes doutes que toi. C'est pour ça qu'on a créé Références Petite Enfance. Ce n'est pas qu'un podcast, c'est aussi une agence de conseil. On te partage nos 17 années d'expertise. nos techniques de travail et on t'aide à apprendre de la hauteur pour faire décoller tes crèches. On est là pour en parler avec toi, alors prends rendez-vous, le lien est en description de l'épisode. A bientôt !