Episode 4 : Exploitées cover
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Episode 4 : Exploitées

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28min |14/04/2021
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Description

EPISODE 4 : EXPLOITEES 

Le 25 mars 2020, le New York Times titrait, à propos de la Grande-Bretagne, que le pays avait levé une « armée de bénévoles » pour combattre le coronavirus. Il faisait référence aux plus de 750 000 personnes qui s’étaient mobilisées suite à l’appel lancé par le gouvernement britannique pour soutenir le système de santé. 

En France, deux jours avant, le premier Ministre Édouard Philippe avait lui aussi appelé les Français.es à un « effort de solidarité nationale » et demandait la création d’une réserve civique qui comptait déjà 250 000 personnes quelques jours plus tard. 

A y voir de plus près, tous ces bénévoles ont été en grande majorité des femmes. On observe aussi que certains secteurs d’aide sont devenus de véritables industries de production, d’effort de guerre, de travail à la chaîne, sans justement… qu’il soit payé. 

C’est le cas notamment des couturières, qui ont confectionné des masques pendant des mois sans être rémunérées. Comme “une machine qui s’emballe”, elles qui voulaient aider ont fini par devoir équiper une population entière, et par remplacer pendant des mois un Etat incapable de produire des masques. 

Jackie Tadéoni, costumière, a dénoncé dès les premiers temps cette exploitation larvée à grande échelle des milliers de couturières qui se cachaient derrière les millions de masques. Elle a monté le collectif Bas les masques pour se battre contre l’invisibilité de leur travail et porter les revendications des couturières.

--> Retrouvez leur pétition ici

Derrière la grandiloquence de la parole politique, la crise a donc banalisé l’exploitation du travail gratuit de certaines femmes. Les couturières ne sont pas un cas isolé : elles forment en fait un exemple très éloquent de l’évolution du marché du travail aujourd’hui. Maud Simonet, sociologue du travail gratuit qui a suivi de près le combat des couturières, y voit justement le reflet de la guerre des valeurs qui se joue autour du travail, et qui s’installe, imperceptiblement.

--> Pour en savoir plus sur le travail de Maud Simonet

Retrouvez un article dans l'Humanité : « Le travail gratuit est souvent assigné aux femmes », explique Maud Simonet, directrice de recherches CNRS

Ou encore dans le magazine Axelle : Maud Simonet : “Les solutions qu’on nous propose aujourd’hui sont des formes de travail gratuit”

 

Crédits : 

Écrit et conçu par Mahaut Chaudouët Delmas

Interviews préparées et réalisées par Mahaut Chaudouët Delmas et Luna Gay-Padoan

Réalisation montage mixage musique par Thomas Loupias

Action financée par la Région Ile-de-France

Description

EPISODE 4 : EXPLOITEES 

Le 25 mars 2020, le New York Times titrait, à propos de la Grande-Bretagne, que le pays avait levé une « armée de bénévoles » pour combattre le coronavirus. Il faisait référence aux plus de 750 000 personnes qui s’étaient mobilisées suite à l’appel lancé par le gouvernement britannique pour soutenir le système de santé. 

En France, deux jours avant, le premier Ministre Édouard Philippe avait lui aussi appelé les Français.es à un « effort de solidarité nationale » et demandait la création d’une réserve civique qui comptait déjà 250 000 personnes quelques jours plus tard. 

A y voir de plus près, tous ces bénévoles ont été en grande majorité des femmes. On observe aussi que certains secteurs d’aide sont devenus de véritables industries de production, d’effort de guerre, de travail à la chaîne, sans justement… qu’il soit payé. 

C’est le cas notamment des couturières, qui ont confectionné des masques pendant des mois sans être rémunérées. Comme “une machine qui s’emballe”, elles qui voulaient aider ont fini par devoir équiper une population entière, et par remplacer pendant des mois un Etat incapable de produire des masques. 

Jackie Tadéoni, costumière, a dénoncé dès les premiers temps cette exploitation larvée à grande échelle des milliers de couturières qui se cachaient derrière les millions de masques. Elle a monté le collectif Bas les masques pour se battre contre l’invisibilité de leur travail et porter les revendications des couturières.

--> Retrouvez leur pétition ici

Derrière la grandiloquence de la parole politique, la crise a donc banalisé l’exploitation du travail gratuit de certaines femmes. Les couturières ne sont pas un cas isolé : elles forment en fait un exemple très éloquent de l’évolution du marché du travail aujourd’hui. Maud Simonet, sociologue du travail gratuit qui a suivi de près le combat des couturières, y voit justement le reflet de la guerre des valeurs qui se joue autour du travail, et qui s’installe, imperceptiblement.

--> Pour en savoir plus sur le travail de Maud Simonet

Retrouvez un article dans l'Humanité : « Le travail gratuit est souvent assigné aux femmes », explique Maud Simonet, directrice de recherches CNRS

Ou encore dans le magazine Axelle : Maud Simonet : “Les solutions qu’on nous propose aujourd’hui sont des formes de travail gratuit”

 

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Écrit et conçu par Mahaut Chaudouët Delmas

Interviews préparées et réalisées par Mahaut Chaudouët Delmas et Luna Gay-Padoan

Réalisation montage mixage musique par Thomas Loupias

Action financée par la Région Ile-de-France

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Le 25 mars 2020, le New York Times titrait, à propos de la Grande-Bretagne, que le pays avait levé une « armée de bénévoles » pour combattre le coronavirus. Il faisait référence aux plus de 750 000 personnes qui s’étaient mobilisées suite à l’appel lancé par le gouvernement britannique pour soutenir le système de santé. 

En France, deux jours avant, le premier Ministre Édouard Philippe avait lui aussi appelé les Français.es à un « effort de solidarité nationale » et demandait la création d’une réserve civique qui comptait déjà 250 000 personnes quelques jours plus tard. 

A y voir de plus près, tous ces bénévoles ont été en grande majorité des femmes. On observe aussi que certains secteurs d’aide sont devenus de véritables industries de production, d’effort de guerre, de travail à la chaîne, sans justement… qu’il soit payé. 

C’est le cas notamment des couturières, qui ont confectionné des masques pendant des mois sans être rémunérées. Comme “une machine qui s’emballe”, elles qui voulaient aider ont fini par devoir équiper une population entière, et par remplacer pendant des mois un Etat incapable de produire des masques. 

Jackie Tadéoni, costumière, a dénoncé dès les premiers temps cette exploitation larvée à grande échelle des milliers de couturières qui se cachaient derrière les millions de masques. Elle a monté le collectif Bas les masques pour se battre contre l’invisibilité de leur travail et porter les revendications des couturières.

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Derrière la grandiloquence de la parole politique, la crise a donc banalisé l’exploitation du travail gratuit de certaines femmes. Les couturières ne sont pas un cas isolé : elles forment en fait un exemple très éloquent de l’évolution du marché du travail aujourd’hui. Maud Simonet, sociologue du travail gratuit qui a suivi de près le combat des couturières, y voit justement le reflet de la guerre des valeurs qui se joue autour du travail, et qui s’installe, imperceptiblement.

--> Pour en savoir plus sur le travail de Maud Simonet

Retrouvez un article dans l'Humanité : « Le travail gratuit est souvent assigné aux femmes », explique Maud Simonet, directrice de recherches CNRS

Ou encore dans le magazine Axelle : Maud Simonet : “Les solutions qu’on nous propose aujourd’hui sont des formes de travail gratuit”

 

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Écrit et conçu par Mahaut Chaudouët Delmas

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Le 25 mars 2020, le New York Times titrait, à propos de la Grande-Bretagne, que le pays avait levé une « armée de bénévoles » pour combattre le coronavirus. Il faisait référence aux plus de 750 000 personnes qui s’étaient mobilisées suite à l’appel lancé par le gouvernement britannique pour soutenir le système de santé. 

En France, deux jours avant, le premier Ministre Édouard Philippe avait lui aussi appelé les Français.es à un « effort de solidarité nationale » et demandait la création d’une réserve civique qui comptait déjà 250 000 personnes quelques jours plus tard. 

A y voir de plus près, tous ces bénévoles ont été en grande majorité des femmes. On observe aussi que certains secteurs d’aide sont devenus de véritables industries de production, d’effort de guerre, de travail à la chaîne, sans justement… qu’il soit payé. 

C’est le cas notamment des couturières, qui ont confectionné des masques pendant des mois sans être rémunérées. Comme “une machine qui s’emballe”, elles qui voulaient aider ont fini par devoir équiper une population entière, et par remplacer pendant des mois un Etat incapable de produire des masques. 

Jackie Tadéoni, costumière, a dénoncé dès les premiers temps cette exploitation larvée à grande échelle des milliers de couturières qui se cachaient derrière les millions de masques. Elle a monté le collectif Bas les masques pour se battre contre l’invisibilité de leur travail et porter les revendications des couturières.

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Derrière la grandiloquence de la parole politique, la crise a donc banalisé l’exploitation du travail gratuit de certaines femmes. Les couturières ne sont pas un cas isolé : elles forment en fait un exemple très éloquent de l’évolution du marché du travail aujourd’hui. Maud Simonet, sociologue du travail gratuit qui a suivi de près le combat des couturières, y voit justement le reflet de la guerre des valeurs qui se joue autour du travail, et qui s’installe, imperceptiblement.

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Retrouvez un article dans l'Humanité : « Le travail gratuit est souvent assigné aux femmes », explique Maud Simonet, directrice de recherches CNRS

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