Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Reset Your Mind. Ici, nous parlons ambition, leadership et comment piloter sa carrière comme un business profitable sans y laisser sa peau. Je suis Stéphanie Martin, je suis fondatrice de Reset Your Mind, qui est mon activité de coaching, et votre hôtesse sur ce podcast depuis bientôt plus de deux ans. Et c'est une grande fierté pour moi d'être dans vos oreilles chaque semaine, chaque jeudi. de voir aussi que ces épisodes vous font réagir et surtout agir autrement. Alors continuez, continuez à oser, continuez à tester et continuez à m'envoyer le résultat de ces essais. Cette semaine, j'ai envie de vous parler des attentes tacites que nous avons vis-à-vis de nos entreprises. Parce qu'il y a une phrase que j'entends régulièrement et je dirais même de plus en plus fréquemment, surtout lorsque je... J'interviens dans des masterclass ou des entreprises. Des phrases du type, j'ai tout donné à cette entreprise. Et aujourd'hui, c'est comme ça qu'elle me remercie. Ou encore, cette promotion, elle est à moi. Ça fait 12 ans que je me donne à fond pour cette boîte. C'était une évidence. Et je comprends, vraiment. Je comprends complètement. Parce que derrière ces phrases, il y a souvent beaucoup de choses aussi qui ne sont pas dites. Des soirées, des nuits qu'on y a laissées, des week-ends aussi, parfois. Des vacances interrompues. Des projets récupérés en urgence, des réorgues traversées qui ont laissé des traces. Des équipes portées à bout de bras alors que soi-même on commençait à vaciller. Des chefs ou des boss que l'on a vu passer et qui ont même changé tous les six mois dans certains cas. Des stratégies aussi auxquelles on a cru que l'on a porté. Et peut-être d'autres auxquelles on a moins cru mais que l'on a défendu quand même. En un mot, des sacrifices. Des décisions que nous pouvons parfois regretter avec le temps. Alors oui. Lorsque la promotion ne vient pas, lorsque le poste disparaît, lorsque quelqu'un d'autre est nommé, lorsque l'entreprise décide soudainement de changer de stratégie, ça fait mal. Soyons honnêtes, et c'est humain, ça fait mal. Ça fait mal dans sa chair, ça fait mal dans son cœur, dans son corps et dans sa tête. Et puis aussi un petit peu à son égo. Et souvent la première pensée est « après tout ce que j'ai donné ? » Et là la déception s'invite à la table. Peut-être même la frustration ou la colère dans certains cas. Un sentiment d'injustice et de spoliation. Alors aujourd'hui j'ai une question un peu désagréable à te poser, à vous poser. Qu'est-ce que tu pensais exactement que l'entreprise te devait en retour ? De ce temps, de cet investissement, de cette sueur. Qu'est-ce que tu pensais exactement que l'entreprise te devait en retour ? Cette époque où l'entreprise était tout, où tout tournait autour de l'entreprise, est révolue. et si on prend quelques pas de recul le concept a été créé de toute pièce avec la révolution industrielle il n'y a pas si longtemps que ça et puis si on prend encore un pas de recul supplémentaire pouvons-nous tous évoluer et devenir chef ou directeur ou directrice ou VP est-ce vraiment la finalité qui nous fait lever le matin au-delà de l'absurdité organisationnelle que cela pourrait engendrer au quotidien ? Alors je crois que nous signons parfois avec nos entreprises des contrats absolument extraordinaire, des contrats très détaillés, mais que l'entreprise n'a jamais signé. Si, si, avec des clauses, des engagements, des contraintes, des contreparties, une notion de fidélité, une garantie de reconnaissance, et une espèce de programme de récompense, un programme de fidélité. Sauf qu'il y a un tout petit problème. L'entreprise ne les a jamais signés. C'est ce que j'appelle le contrat invisible. Il ressemble souvent à... Si je donne beaucoup, on le verra. Si je suis disponible, on s'en souviendra. Si je prends les sujets difficiles, je deviendrai indispensable. Si je ne fais pas de vagues, ma loyauté sera récompensée. Si je travaille plus que les autres, ma promotion finira par devenir inévidente. Si je sauve le projet cette fois-ci, quelqu'un s'en souviendra au bon moment. Si je reste alors que ça va mal, l'entreprise sera là pour moi lorsque j'en aurai besoin. Alors soyons très clairs, parfois c'est exactement ce qui se passe. C'est vrai, il existe des entreprises qui reconnaissent... énormément l'engagement. Des managers qui se battent pour leurs équipes, des organisations qui accompagnent les personnes dans le moment difficile personnel, des histoires professionnelles magnifiques. J'en ai vécu, j'en ai vu et j'espère y avoir contribué à plus d'une. Et heureusement, le problème n'est pas de croire à la loyauté. Le problème, c'est plutôt de transformer cette loyauté, cet investissement en créance. Parce qu'à aucun moment, notre investissement passé ne définit une décision future. Je sais. c'est dur à entendre. A aucun moment, ton investissement passé ne définit, ne garantit une décision future. La loyauté et l'investissement ne sont pas une créance. Je vais dire quelque chose d'un peu provocateur. Ton entreprise ne t'aime pas. Et ce n'est pas grave. Elle n'est pas là pour ça. Ce n'est pas ici que tu recevras l'amour dont tu as besoin. Les gens avec qui tu travailles peuvent t'aimer ou tout au moins te rapprécier. Ton manager peut avoir énormément d'affection et de respect pour toi. Tu peux avoir créé des relations extraordinaires avec ton équipe, des amitiés professionnelles dingues. Certaines personnes rencontrées au travail resteront peut-être dans ta vie pendant 10, 15, 20 ans. Mais une entreprise n'est pas une personne. Elle a des intérêts, des contraintes. des objectifs, des actionnaires, parfois des clients, une stratégie, un environnement économique et tout cela change perpétuellement, constamment, régulièrement et totalement indépendamment de toi, de tes aspirations ou de tes réalisations. J'ai passé suffisamment de temps dans des entreprises pour voir des acquisitions, des réorganisations, des changements de bord, de dirigeants, de stratégies qui se contredisaient malheureusement. Quelque chose qui était absolument stratégique le lundi peut devenir beaucoup moins stratégique six mois plus tard, et parfois même six semaines, ou même six jours. Et ton poste peut bouger avec. Pas parce que tu es devenu moins bon ou moins bonne, pas parce que les dix dernières années ne comptent plus ou ont disparu. Non, à aucun cas tu n'as démérité. Mais simplement parce que le contexte a changé, indépendamment de toi. La stratégie de l'entreprise, les orientations des actionnaires ou leurs attentes, Et c'est souvent là, je trouve, que nous faisons une erreur. Lorsque nous interprétons une décision organisationnelle, stratégique, business, comme la réponse à notre engagement personnel. Oh ! C'est comme ça qu'ils me remercient ! Alors que parfois, ils ne sont même plus en train de répondre à cette question. Maintenant, j'ai envie de retourner le miroir. Parce que je n'ai aucune envie de faire un épisode sur les entreprises sont méchantes, protégez-vous. Ce serait beaucoup trop simple. Et ce n'est clairement pas ma vision des choses. Si tu m'écoutes depuis quelques temps, tu le sais maintenant. Mais retourner le miroir, surtout parce que l'inverse est vrai aussi. Laisse-moi t'expliquer. Tu ne dois pas ta vie à ton entreprise. Non, non. Même si elle t'a donné ta chance, même si ton manager s'est battu pour ta promotion, même si il ou elle t'a formé, même si il ou elle t'a accompagné pendant des années, pendant une période compliquée personnelle, même si elle t'a permis de faire des choses extraordinaires, tu as travaillé, tu as produit, tu as créé de la valeur. Elle t'a rémunéré en contrepartie. Elle t'a peut-être offert des opportunités, c'est vrai. Et vous avez construit quelque chose ensemble, c'est formidable, génial. mais tu n'as pas contracté une dette. J'entends parfois en session, je ne peux pas partir maintenant. Oui, et pourquoi ? Mais parce qu'ils comptent sur moi. Oui, certainement, probablement. Et c'est aussi pour ça qu'ils te payent. Et là, je veux être très claire. Tu peux décider de rester six mois de plus pour ton équipe. Tu peux choisir de terminer un projet. Tu peux décider que partir maintenant ne correspond pas à tes valeurs. Très bien, tu as le droit de faire ces choix-là. Mais écoute la différence entre je choisis de rester et Je leur dois de rester. Je choisis de rester pour correspondre à mes valeurs, parce que j'ai envie de soutenir mon équipe pour les six prochains mois. Et je leur dois. Il faut que je reste. Ce n'est pas du tout la même posture. Dans un cas, tu dessines, et dans l'autre, tu subis. Enfin, dans l'autre, tu rembourses une dette, surtout. Pour moi, la bonne relation avec l'entreprise n'est pas celle-là, n'est plus celle-là, peut-être. Mais en tout cas, pour moi, c'est plutôt un partenariat. Je te dis cela aujourd'hui avec vraiment beaucoup d'aisance, mais crois-moi, il m'a fallu des années avant de vraiment le conceptualiser et surtout l'intégrer. Je trouve d'ailleurs presque dommage que ce mot soit devenu celui corporate et uniquement utilisé dans le monde professionnel, parce que je trouve qu'il est très juste aussi dans cette relation. 1. Partenariat. Tant que nous nous apportons mutuellement quelque chose, construisons. Et pas à moitié, je suis profondément ambitieuse, donc construisons vraiment à fond. Je crois à l'engagement, je crois au travail, je crois à l'effort, je crois que certaines aventures professionnelles méritent que l'on donne énormément. Je ne suis absolument pas en train de te dire, fais tes heures, ferme ton ordinateur et surtout ne donne jamais rien de plus. Ça ce n'est pas moi, navré, mais donne parce que tu choisis de donner, parce que le projet t'intéresse, parce que tu apprends, parce que tu grandis, parce que tu es bien payé. Parce que tu veux cette expérience, parce que tu adores ton équipe, parce que cela servira ensuite ta carrière, parce que tu prends ton pied à relever ce défi, ce challenge. Peu importe, mais sache pourquoi tu donnes. Et tant que le partenariat fonctionne pour les deux, go, tant mieux. Mais lorsqu'il ne fonctionne plus, soyons honnêtes avec nous-mêmes et avec l'entreprise. Il faut pouvoir regarder le contrat. et parfois le renégocier. Parce que sinon, il se passe quelque chose que je vois trop souvent, le ressentiment qui s'installe, la frustration. Tu connais peut-être ces phrases, tu les as peut-être déjà pensées ou même dites. De toute façon, on ne m'écoute jamais. J'ai beau le dire, on a déjà essayé 20 fois, ça va encore tomber à l'eau. Ou la réunion où quelqu'un arrive avec une nouvelle idée et avant même qu'il ait terminé sa deuxième slide, oui, enfin ça, on l'avait déjà testé en 2018. Voilà, le game est plié. plus personne n'a envie de se lancer, ni même d'y réfléchir. Alors bienvenue dans l'entreprise où chaque nouvelle idée est devenue un grain de sable supplémentaire. C'est ça que l'on crée dans ce genre de situation. Et attention, parfois ces personnes ont raison. Elles ont réellement alerté. Elles ont réellement proposé. Elles ont réellement vu cinq transformations échouer. Le problème n'est pas leur diagnostic. Le problème, c'est ce qui s'est installé derrière, petit à petit. J'ai donné, j'ai attendu. Je n'ai pas reçu ce que j'espérais. Et j'ai été déçue. Puis... encore déçue, et encore. Et au bout d'un moment, je n'attends même plus. Je sais déjà que ça ne marchera pas. Je sais déjà que personne ne m'écoutera de toute façon. Je sais déjà que le projet sera abandonné. Ça ne sert à rien. Je sais déjà que le nouveau directeur fera exactement comme l'ancien. Et ça, ça finit par coûter extrêmement cher. À toi, à la personne, ça t'use, ça aspire ton énergie et ton potentiel, et ça coûte aussi extrêmement cher à l'entreprise. Et là, désolé, mais le partenariat, il n'a plus rien de gagnant-gagnant. Pourquoi est-ce qu'on fonctionne comme ça ? Parce que notre cerveau apprend aussi de ses propres expériences et c'est là que le neuro-fitness revient. Décidément, ce mois-ci je vous en aurais beaucoup parlé, mais pour moi le coaching s'apparente de plus en plus à cela. De l'entraînement neuronal, de comment faire du tri, comment redonner de l'espace, comment redonner vie, force et énergie à votre mindset, à votre cerveau. Revenons à notre sujet. Lorsque nous vivons plusieurs fois une situation et que nous en tirons la même conclusion, notre cerveau devient super efficace pour anticiper cette conclusion. C'est une fonction utile. Notre cerveau est constamment en train d'utiliser ce qu'il connaît, déjà pour anticiper ce qui va se passer et adapter notre comportement. C'est ce qui s'appelle aussi de l'anticipation, de l'expérience tout simplement. Le problème apparaît lorsque l'anticipation devient tellement forte que nous ne regardons presque plus la situation présente. On ne m'écoute jamais. Jamais ? Vraiment ? Ou tu n'as pas été écouté cinq fois et du coup ton cerveau arrive désormais à la sixième réunion avec le scénario déjà écrit. Parce qu'à partir de là, ton comportement change. Tu proposes moins, tu argumentes moins, tu entres dans la réunion, déjà sur la défensive, et ton cerveau cherche déjà tous les obstacles avant même d'entrevoir les opportunités. Et tu entends plus vite ce qui confirme ton scénario. Tu prends moins de risques. Et éventuellement, tu finis par provoquer exactement ce que tu redoutais. Tu n'es effectivement plus beaucoup entendu. Pas parce que tout est dans ta tête. Je déteste cette idée. La situation de départ peut être parfaitement réelle, mais ce que ton cerveau apprend à en faire devient ensuite ton sujet à toi. Ta responsabilité à toi-même, je dirais. Et c'est là que tu peux reprendre la main. Parce que le ressentiment, c'est une drôle de monnaie. On continue à donner. Mais en contre, encore une réunion, c'est encore sur moi que ça tombe. Encore un projet, encore un soir passé à bosser, encore un effort de ma part. Et quelque part dans ta tête, tu tiens la comptabilité. Débit, 48 soirées. Crédit, promotion, bon, ça c'est ok, check. Débit, 3 transfos. Crédit, reconnaissance, ok, check, ça c'est bon. Débit, 12 ans de loyauté. Crédit, ce poste est forcément pour moi, check. Et un matin, l'entreprise annonce « Finalement, nous avons décidé de recruter quelqu'un à l'extérieur. » Ah, pas de chèque. Au contraire. Là, bim, un payé qui t'explose violemment au visage. Sauf qu'encore une fois, l'entreprise ne savait même pas que tu lui avais envoyé un contrat, que tu avais ces attentes-là. Et donc encore moins qu'il y avait une facture à payer. Et c'est là que j'ai vraiment envie de revenir sur ce mot « sacrifice » que j'ai énoncé un petit peu plus haut. Parce que je crois que nous confondons deux choses, engagement et sacrifice. Être engagé, c'est donner de l'énergie à quelque chose que nous avons choisi. Être engagé, c'est y croire, c'est y aller et contribuer à quelque chose de plus grand que soi. Se sacrifier, c'est donner progressivement quelque chose que nous ne voulons plus donner. Être forcé de donner. Et on se sacrifie en attendant une contrepartie future. Bon allez, si je travaille bien à l'école, je réussirai à avoir mon diplôme. qui me permettra de pratiquer, j'en sais rien, la médecine. C'est là pour moi que le système commence à devenir mauvais pour tout le monde. Quand on est dans le sacrificiel. Parce qu'une personne épuisée, frustrée, qui pense ne jamais être reconnue, qui ne croit plus au projet qu'on lui présente, ce n'est pas un collaborateur ou une collaboratrice engagée. C'est souvent quelqu'un qui commence à se désengager, tout en restant physiquement présent. Et pour l'entreprise non plus, ce n'est pas une bonne affaire. Tu peux avoir les meilleurs process, le plus beau powerpoint, une nouvelle raison d'être, des valeurs ou mantras d'entreprise absolument géniaux, un séminaire avec 187 post-it. Si une partie de l'organisation pense, de toute façon, il ne nous écoute jamais, tu as un problème. Et ce problème, il ne se règle pas avec un baby-foot. Alors qu'est-ce que nous faisons avec tout ça ? C'est bien beau Stéphanie, mais ok. Que faisons-nous ? Je reviens au neurofitness. Je te propose de commencer non pas par tout changer immédiatement, c'est souvent bien ancré et inconscient, donc la première étape c'est de commencer par observer. À chaque fois que tu t'observes dans ce genre de situation, pose-toi une première question. Qu'est-ce que je donne aujourd'hui en espérant secrètement qu'on me le rende demain ? Oui, oui. Qu'est-ce que je donne aujourd'hui en espérant qu'on me le rende demain ? Que ce soit une monnaie d'échange. Du temps. de la dispo, de la loyauté, du silence, des soirées, des concessions. Ok, une fois que ça s'est posé, après tout c'est un contrat. Tu es là pour créer de la valeur, pour apporter des choses. Mais la question qui vient juste après c'est qu'est-ce que toi tu attends en retour ? Une promo ? Une augmentation ? De la reconnaissance ? De la sécurité ? Que l'on te protège lors de la prochaine réorg ? Ou que l'on comprenne tout seul que tu es prêt ou prête pour la suite ? Sois honnête avec toi là. Pas avec ton entreprise, mais dans tes réponses, sois honnête, vraiment. La deuxième question après cette première observation, c'est quels contrats invisibles ai-je signé toute seule ou tout seul ? Celle-là, je l'adore parce que nous en avons presque tous. Si je travaille bien, je serai reconnue. Si je ne me plains jamais, alors on me considérera comme solide. Si je suis toujours disponible, alors on me donnera davantage de responsabilités. Et si je reste loyale, l'entreprise serait loyale avec moi. Peut-être, mais peut-être pas. Alors, quel contrat invisible ai-je signé et qu'est-ce que j'attends ? Et demande-toi, vraiment, dans cette deuxième partie-là, si je savais avec certitude que personne ne me récompenserait davantage pour ce sacrifice, est-ce que je le ferais quand même ? Et observe ta réponse, sans jugement, observe, avec neutralité, sans ce filtre de « ça ne se fait pas » , « ce n'est pas correct » . ou autre chose. Parce que parfois, c'est aussi assez inconfortable quant à l'image qu'on a envie d'avoir de nous-mêmes. Et pour finir, ma dernière question, qu'est-ce qui doit sortir du contrat invisible pour entrer dans une vraie conversation ? Qu'est-ce qui doit sortir de ce contrat invisible pour entrer dans une vraie conversation ? Tu veux une promotion ? Ok, parle-en. Tu veux davantage de responsabilités ? Ok. Demande ce qu'il faut démontrer pour les obtenir. Tu veux une augmentation ? Vas-y, fonce. Ouvre la discussion. Tu considères que ta charge n'est plus tenable ? Vas-y, fonce, dis-le. Tu ne crois plus au projet ? Pose les faits, pose factuellement. Tu veux partir ? Vas-y, fonce, regarde tes options et mets-toi en action. Parce que déposer silencieusement des pièces dans une machine pendant 12 ans, en espérant qu'un jour elles sortent exactement la récompense que tu avais imaginée, c'est pas franchement être au manette de ta vie ni un plan de carrière. Et peut-être surtout... qu'après cette conversation, tu découvriras que ton entreprise et toi avez peut-être encore énormément de choses à construire ensemble. Super. Construisez-les. Change de voie. Adapte-toi. Profites-en. Et ça sera peut-être même encore pendant dix ans. Mais tu ne peux pas lui tenir rigueur ou attendre qu'elle te donne quelque chose que tu n'as même pas encore osé formuler toi, ou osé reconnaître en toi. Et puis peut-être aussi que tu découvriras que le partenariat ne fonctionne plus. Ça ne veut pas dire forcément Que l'entreprise est mauvaise, ça ne veut pas dire non plus que tu es ingrat ou que tu as démérité. Non, ça veut simplement dire que vos intérêts, vos besoins, vos chemins ne sont peut-être plus alignés. Tout simplement. Et ça arrive. Je crois profondément en l'engagement professionnel. Mais je crois encore plus à l'engagement choisi. Celui qui ne demande pas à l'entreprise de deviner ce que tu attends et celui qui ne transforme pas chaque effort en dette. Celui qui ne te fait pas attendre 15 ans, une reconnaissance que tu n'as jamais osé demander. Alors oui, l'entreprise ne te rendra pas nécessairement ce que tu lui donnes. L'entreprise n'est pas là pour te rendre heureux ou heureuse. Ce n'est pas son job. Ça, c'est le tien. Et tu sais quoi ? Ce n'est peut-être pas le problème. Le problème commence lorsque tu donnes quelque chose que tu ne veux plus donner, en attendant qu'un jour quelqu'un te rembourse le prix. Alors, vraiment, engage-toi, donne, construis, sois ambitieuse, sois ambitieux, prends des risques. Fais des choses extraordinaires avec les gens avec qui tu te trouves. du travail, mais fais-le consciemment. Et de temps en temps, pose-toi cette question, est-ce que je choisis encore ce partenariat ? Parce que la loyauté n'est pas le sacrifice. Et partir n'est pas forcément trahir. Rester n'est pas forcément être loyal non plus. Ce qui compte, c'est de savoir pourquoi tu es encore là et surtout de continuer à choisir. Alors à très vite. J'ai hâte de lire vos retours et vos réponses. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser largement autour de vous. Parfois, c'est juste ce dont nous avons besoin pour sortir de notre cercle vicieux. Vous pouvez aussi laisser un commentaire ou m'envoyer un message, je prends le temps de tous les lire et d'y répondre. A très vite !