Speaker #0Bienvenue chez Reset Your Mind, vous écoutez le 90e épisode. Aujourd'hui j'avais très envie de te parler des dernières claques que j'ai prises à travers un livre. Et oui, je continue à lire beaucoup, à me former beaucoup, à investir en moi. Et c'est quelque chose qui est devenu vraiment capital sur les 4-5 dernières années, c'est de continuer à investir en moi à travers du temps pour lire. des choses qui m'intéressent et à travers bien évidemment des formations diverses et variées. Mais aujourd'hui, on va parler d'un livre, celui de Gabor Maté, le mythe de la normalité. Ce livre-là, c'est un vrai pavé, mais un pavé qui vaut le détour, vraiment. Tu l'as peut-être vu d'ailleurs passer sur Instagram, je viens de le terminer et je viens de le terminer après plusieurs mois. Parce que c'est un livre qui ne se lit pas forcément en ligne droite. En tout cas, moi je n'ai pas pu le lire en ligne droite. parfois J'étais passionnée, je dévorais les chapitres. Et parfois, j'avais besoin de m'arrêter, de digérer, de laisser enfuser. Parce que ce livre, il secoue. Il met des mots pas toujours confortables, soyons clairs, sur notre société, sur nos modes de vie, sur ce que nous appelons réussite, normalité, performance, et surtout, sur tout ce que l'on fait à nos corps. Tout ce que cela fait à notre corps, à notre système nerveux, à notre santé. Alors effectivement, ce livre, il fait plus de 600 pages. Toutefois, il est hyper accessible, très incarné, avec des exemples hyper concrets et très dérangeants la plupart du temps. Il y a clairement un avant et un après et c'est pas impossible que dans quelques années je le relise de nouveau. Tellement il est dense, tellement il est touffu, tellement il y a énormément de danse d'Agnan. Alors aujourd'hui dans cette première partie, j'ai envie de te faire gagner du temps. Pas pour remplacer le livre, franchement, vraiment, lis-le. Mais pour te... partager des points qui, moi, m'ont le plus secoué. Des claques supplémentaires, des pas de côté supplémentaires. Alors, t'es pas obligé de tout prendre pour argent comptant. Bien sûr que non. Garde ton libre arbitre. C'est pour ça que je t'invite à le lire aussi, vraiment. Mais installe-toi. Cet épisode va bousculer. À toi qui écoutes cet épisode. Je le répète souvent, Reset Your Mind n'est pas un espace pour performer plus. C'est un espace pour déprogrammer. Ce qui t'a tenu trop longtemps sous l'eau. Les fausses obligations, les exigences qui ne sont pas les tiennes, les rôles que tu as endossés pour être à la hauteur. Ici, nous ne cherchons pas à améliorer pour améliorer, nous invitons à refaire surface, à libérer de l'espace dans la tête, à relâcher la pression inutile, à exploser les contraintes que l'on s'impose, que l'on nous a imposées et qui nous font croire que l'on devrait serrer les dents pour avancer, pour avoir de la valeur, pour mériter sa place. Le set your mind, en tout cas ce que j'espère en faire, C'est un lieu où l'on remet du fun, de la légèreté, du vrai, et surtout où l'on redécouvre cette évidence simple, oubliée et pourtant fondatrice. Tu es assez. Tu es déjà assez. Pour créer une vie personnelle et professionnelle, une carrière qui te ressemble réellement. Alors bienvenue. Commençons par le commencement. Qui donc est Gabor Maté ? Gabor Maté est médecin, conférencier et auteur. Né en 1944 à Budapest, dans une famille juive, pendant la seconde guerre mondiale, il est séparé de sa mère nourrissant, pour être protégé. Cette expérience marquera profondément toute sa vie et tous ses travaux. Il est migré ensuite au Canada, où il exercera pendant des décennies, notamment auprès de personnes souffrant d'addictions, de troubles psychiques et de maladies chroniques. Son travail est aujourd'hui reconnu mondialement pour les liens qu'il établit entre trauma, stress, corps, psychique, maladie et société. Le livre de Gabor Maté démarre avec un postulat quand même assez, dès le titre, assez impactant. Le mythe de la normalité dans un environnement toxique. Parce que oui, et si ce que nous appelions normal ne l'était pas ? Et si ce que nous avons appris à supporter au quotidien nous abîmait, voire nous rendait malade ? Est-ce normal qu'une part énorme de la population prenne des somnifères, des anxiolytiques et des antidépresseurs ? Est-ce normal que l'hyperactivité... soit devenue la valeur sociale, au point de ne plus être capable de rester quelques minutes dans le silence, sans écran ou sans stimulation ? Est-ce normal que la scission entre le corps et le ressenti soit devenue synonyme de professionnalisme ? Tu sais, ne pas t'effondrer en réunion, ne pas t'énerver en réunion, garder la face, jouer du poker face. Je ne compte plus les fois où en session, je vous entends, je t'entends, je suis épuisée mais il faut que je tienne, ça va passer. Je suis malade, mais je ne peux pas m'arrêter. Je ne peux pas, ce n'est pas possible, mon équipe a besoin de moi. ou j'ai des examens médicaux. à faire, mais j'ai pas le temps. J'ai même eu récemment une session avec une femme très engagée, une grande professionnelle, qui culpabilisait à la veille d'une opération de devoir s'arrêter et de ne pas être joignable ou pleinement opérationnel pendant quelques jours. Honnêtement, quand on regarde la violence actuelle de notre société à tous les niveaux, est-ce que cette normalité est vraiment saine ? Est-ce que cette normalité... Mais je parle des plus petites choses, vraiment du quotidien, et vraiment... le meilleur contexte, les meilleures conditions pour avoir une santé correcte. Je ne parle même pas forcément d'une santé hors normes, ultra bonne, ultra positive, juste déjà correcte. Nous n'avons jamais à travers les siècles autant mangé à notre faim, jamais autant eu accès à des soins, en tout cas pour la plus grande proportion de la population, jamais autant éradiqué. des maladies extrêmement violentes, virulentes, je pense au typhus, je pense à la carlatine, enfin, ces maladies quand même, la rage, ce genre de choses, soit éradiquées, soit avoir les moyens de les soigner. Et pourtant, les chiffres de mal-être, de dépression, d'addiction, de troubles compulsifs, d'épuisement, explosent. Je ne vous les donnerai pas, les derniers m'ont fait peur. Et puis de toute façon, dans six mois, ils changeront encore, puisque ceux d'il n'y a même pas un an, non. Plus aucun lien, aucune corrélation avec les dernières études. Donc première claque du livre, la prévalence d'un état ne dit absolument rien de sa santé. La prévalence d'un état, d'une baseline, d'une normalité, ne présuppose pas d'une bonne santé ou non. On peut rentrer dans les codes, dans le moule, c'est bien, mais c'est pas forcément bon pour sa santé. Ce n'est pas parce que c'est commun que c'est sain. Ce n'est pas parce que c'est admis que c'est soutenable. La normalité, elle est souvent un indicateur d'adaptation collective. et pas d'un indicateur de santé. Et c'est là que notre cerveau devient un peu pervers, parce que le cerveau, il adore le groupe. Et donc il a besoin de se sentir dans cette normalité. Il a besoin de se sentir comme les autres. Parce que pour lui, historiquement, et je parle de la partie reptilienne de notre cerveau, la partie encodée depuis la Ninten, eh bien historiquement, le groupe, c'est la sécurité, c'est la survie. Sauf qu'ici, nous avons collectivement normalisé un état de vigilance, de survie. permanent. Dans mon top 10, et aujourd'hui on n'en verra donc que 5, dans mon top 10, le top 2, celui qui est en deuxième position, ça a été l'interrogation de Gabor Maté autour de la définition du trauma. Notre définition du trauma est beaucoup trop étroite. On imagine tout de suite quand je te dis trauma, si je te laisse deux secondes pour définir toi-même, lorsqu'on parle de trauma, On voit le trauma comme quelque chose d'exceptionnel, de gigantesque, de brutal. Une guerre, un accident grave, une catastrophe naturelle, la perte de proches brutale dans des conditions difficiles, un viol. Vraiment des traumas avec un grand T. Pour Gabor Balte, lui, parle aussi, et surtout, je dirais, des traumas avec un petit T. Ceux de la répétition, ceux de l'adaptation, de la contrainte, de la non-écoute. de la résignation, de la non-reconnaissance, du fait de devoir se couper de soi pour rester en lien avec l'autre, avec les autres. Il écrit cette phrase que je trouve assez intéressante. Le trauma n'est pas ce qui t'est arrivé, c'est ce qui s'est passé à l'intérieur de toi lorsque tu étais seule avec ce qui t'est arrivé. Et parfois, c'est un trauma est un instant T, mais ça, c'est répétitif, ce qui s'est passé à l'intérieur de toi. Le trauma ? Pour Gabor Maté, c'est aussi les traumas du quotidien. C'est ne pas avoir été vu, ne pas avoir été entendu, reconnu. C'est avoir appris très tôt aussi, parfois, à se taire, à s'adapter, se suradapter pour mériter sa place, à être sage pour avoir le droit d'être là, à être performant aussi, à être responsable pour être entendu, pour être écouté, à faire passer ses besoins, après ceux des autres, pour préserver le lien, pour être apprécié. Si je te parle de people pleasing, pour être aimé. D'hyper responsabilité pour être fiable, parce que c'est important pour toi. D'excellence à tout prix, sinon c'est que tu n'as pas de valeur. De contrôle ou de sur-contrôle, parce qu'avoir l'information, c'est pouvoir anticiper, être en avant, te mettre en avant. T'as difficulté à dire non, parce que si tu dis non, on ne t'aimera pas. C'est que tu n'es pas à la hauteur. Ou l'hyper-vigilance. aussi, qui t'épuise et te sape à petit feu. Ce ne sont pas des traits de caractère. Ce sont souvent des systèmes nerveux entraînés à s'adapter, entraînés à compenser, entraînés à s'adapter à cette normalité qui est loin d'être aussi saine qu'on voudrait bien le croire. Lorsque l'on dit à un enfant, ce n'est rien. Tu n'as pas mal. Oh, tu ne vas pas pleurer pour ça. Sois forte. On n'entraîne pas la solidité. On ne nourrit pas la confiance en soi. On entraîne la coupure entre ce que tu ressens à l'intérieur et la manière dont tu dois y réagir. L'ignorer, la refouler ou t'énerver. Et la négation répétée de ces ressentis est déjà un trauma en soi. Pas par sa gravité, certes, mais par sa répétition. Et parce qu'elle l'ampute de vous et qu'elle... coupe de vous, de votre spontanéité ou de votre légitimité à être 100% déjà parfaitement parfait. Par votre légitimité à être déjà 100% assez. La troisième claque que j'ai retenue, donc mon top 3, nous avons construit un monde qui fabrique des dérégulations. Puis, nous pathologisons les individus qui y réagissent. Alors, ce sont des bien grands mots, je m'explique. Dans ce livre, Gabor Maté nous explique à quel point nous avons créé tout un tas de codes, de règles, qui vont à l'encontre d'une certaine hygiène saine, en termes d'exposition à la lumière, en termes de rythme, en termes d'écoute, en termes d'empathie, en termes de besoins humains, animaux à respecter. Et dès que nous ne rentrons pas dans ce codex, eh bien, ces personnes qui ne sont pas alignées ou qui ne rentrent pas dedans et qui peuvent parfois manifester. ce qu'on pourrait appeler de ce point de vue-là des défaillances, des inadéquations, nous les pathologisons. C'est-à-dire qu'eux ne sont pas assez quelque chose. Alors que ce sont tout simplement des individus qui réagissent à quelque chose qui ne leur convient pas. Cette surexposition permanente aux informations anxiogènes, cette connexion constante, cette comparaison incessante que l'on voit sur les réseaux sociaux, ces rythmes biologiques complètement pulvérisés, vous le voyez bien en hiver, à quel moment vous vous êtes exposé à la lumière du jour. À quel moment vous avez des cycles de sommeil plus longs en hiver. Cette sédentarité qui est le nouveau mal, qui nous tue à petit feu. Cette pression aussi de la performance. Si ce n'est pas de la surperformance, alors ce n'est pas assez. Et puis cette absence perpétuelle, réelle de récupération, parce que tu comprends, il faut bien que je vive quand même à côté. Est-ce que passer sa nuit sur Netflix, c'est vivre ? Est-ce que passer sa nuit sur les réseaux sociaux, c'est vivre ? Est-ce que dormir trois heures par nuit, c'est vivre ? Je pose ça là. Il n'y a pas de jugement du tout dans tout ce que je dis. Je cherche juste à nous encourager à faire un pas de côté et à voir ça autrement. Et lorsque le corps parle, fatigue chronique, migraine, troubles digestifs, dérèglements hormonaux, maladies auto-immunes, douleurs inexpliquées, qu'est-ce que tu cherches à faire en premier ? Le premier réflexe, c'est « Oh, c'est rien, ça passera. » Nous cherchons à le faire taire. Et ça, Gabor Maté en parle très judicieusement. Il écrit « La maladie n'est pas une trahison du corps. » elle est souvent une tentative de survie. Et c'est assez intéressant parce que c'est ce que des grands malades vont venir dire a posteriori. Je pense à des malades du cancer ou ce genre de choses qui a posteriori ont une conception très inversée de la maladie. Comme quoi c'est pas une trahison du corps, mais vraiment un message du corps qu'on n'a pas évolué à écouter à plusieurs reprises et qui finit par nous mettre une grande claque, un de ces quatre. Parce que oui, le corps paye ce que nous normalisons. le corps paye ce que nous refusons de voir, ce que nous refusons d'écouter. Et beaucoup de ce que nous appelons troubles aujourd'hui sont tout simplement des réponses saines à un environnement qui ne l'est pas. Et c'est là, d'ailleurs, que le livre prend, à mon sens, une dimension encore plus vertigineuse. Lorsque Gabor Maté parle maintenant d'épigénétique, de sécurité et de modèle biopsychosocial. Promis, ça va être court et ça va être accessible. Parce que Gabor Maté, il ne parle pas seulement de psychologie ou de physiologie. Il parle d'une alchimie entre les deux. Il parle de biologie, de cellules, de tissus, de systèmes nerveux, certes, mais il s'appuie beaucoup sur ce qu'il appelle le modèle biopsychosocial. C'est une approche qui dit une chose qui semble simple et pourtant révolutionnaire. On ne peut pas comprendre la santé. Le corps n'est pas juste une machine, une mécanique. On ne peut pas comprendre la santé ou la maladie en regardant seulement le corps, sous cet angle machine, mécanique. La biologie, la psychologie et le social ne sont pas trois sujets différents. Ce sont trois dimensions d'un même système vivant. Autrement dit, ton corps, tes émotions, ton histoire, ton environnement, tes relations, ton rythme de vie, ta culture, tout cela agit en permanence ensemble. Le social devient biologique, le relationnel devient physiologique et l'émotionnel devient cellulaire. C'est pour ça que cette coupure entre l'émotion, la... tête, le sensé, le rationnel et le corps ne fait pas sens. Gabor Maté s'appuie aussi beaucoup sur les travaux en psychoneuro-immunologie et en épigénétique, qui montrent que nos gènes ne sont pas ou n'ont pas un destin figé, contrairement à ce que l'on pense et juste un héritage. Nos gènes s'activent ou se désactivent en fonction... de notre environnement. Il se déploie, se renforce ou non en fonction de notre environnement. Alors certes, ça a la marge, il ne va pas nous pousser des ailes du jour au lendemain, mais ça vient impacter tout notre organisme. Ce ne sont pas les gènes qui changent, c'est leur expression. Et ce qui influence le plus cette expression, ce sont les stress chroniques, la qualité du lien, le sentiment de sécurité ou d'insécurité, l'environnement émotionnel aussi, la pression. que l'on se met ou que l'on subit les contraintes, les rythmes. Autrement dit, ce que tu vis au quotidien entre, littéralement, dans ta biologie, dans ton héritage, justement, que tu transmettras. Gabor Maté le dit aussi très clairement, le corps n'est pas séparé de ton histoire. Il est l'endroit où ton histoire s'inscrit. Alors à tous ceux qui ont traversé des moments difficiles, oui, ça s'est inscrit dans votre corps. Et oui, ça explique une partie de certaines de vos réactions. En revanche, je vais juste faire un aparté ici. qui est « ça ne vous définit pas pour autant » . Je sais que certains ont traversé des moments extrêmement difficiles ou traversé des traumas. Oui, ils sont là. Mais ça ne définit pas qui vous allez être demain. Et ça ne définit pas ce que vous serez capable de réaliser demain. Ça fait partie de vous, certes, mais c'est passé. Je reviens à Gabor Maté. Quand on vit dans un environnement perçu comme insécure, pression permanente, peur de décevoir, conflit, suradaptation, absence de récupération, d'apaisement, le système nerveux reste activé en permanence. Je pars souvent au coaching d'hypervigilance, d'être toujours sur le kibio aussi. Vous savez cette sensation de toujours oublier quelque chose. Est-ce que mon portable est là ? Les enfants, le machin, le sac, on a pensé à telle chose, à tel truc. Adrénaline, cortisone, hypervigilance, ça fait un cocktail détonnant à l'intérieur de votre corps. Et ce système-là n'est pas fait pour être allumé toute la journée, H24, 365 jours par an et encore moins pendant des années. Quand c'est le cas, le corps au bout d'un moment il ne gère pas, il se reconfigure. Donc il essaye d'absorber tout ça. Et c'est pour ça qu'on voit autant d'un maladie auto-immune exploser ces dernières décennies. Pas parce qu'on les traque mieux, mais parce que le corps, il essaye de gérer. Alors, ça se traduit par de l'inflammation chronique, par des déclarations hormonaux, l'affaiblissement des systèmes inhumides et un trouble digestif. La fatigue profonde, aussi. Je pourrais vous parler, je sais pas, d'eczéma. Par exemple, ou d'asthme. Ce n'est pas un problème de volonté. Ce n'est pas un problème de mindset. c'est une adaptation biologique de votre corps qui essaye de s'adapter à ce contexte. Le corps, il ne répond pas à ce qu'on se raconte. Et c'est en ça où apprendre à gérer son stress, apprivoiser son stress ou ses émotions est devenu capital. Parce que le corps ne répond pas à ce que l'on se dit. Je vais bien, tout va bien, non mais il n'y a pas de problème, le stress est dans la tête. Non, le corps, il répond à ce qu'il perçoit à l'intérieur de lui. Et la sécurité n'est pas un concept de bien-être. C'est une condition biologique. un système nerveux qui se sent en danger. trop longtemps, perpétuellement, il ne fabrique pas de la santé, il fabrique de l'adaptation. Et l'adaptation, forcément, c'est au détriment d'autre chose. Et enfin, dans la dernière partie, enfin, la fin de mon top 5 d'aujourd'hui, j'aimerais vous parler de ce que nous confondons entre solidité et coupure. Là, on touche peut-être l'une des plus grandes confusions, je pense, de notre époque. Nous appelons solidité ce qui est parfois de la dissociation. Nous appelons force ce qui est parfois de l'anesthésie. Et nous appelons professionnalisme ce qui est parfois de la coupure. La vraie solidité, ce n'est pas de ne rien sentir. Ce n'est pas d'être imperturbable à longueur de temps. Ce n'est pas d'être insensible à tout ce qui se passe autour de nous. La vraie solidité, ou de ne pas réagir d'ailleurs, la vraie solidité, c'est sentir et ressentir. et autoriser tout ce qui remonte, tout ce qui se déclenche, mais sans se perdre pour autant. Or, notre société valorise surtout des individus fonctionnels, pas des individus reliés ou connectés. Et je le vois dans le monde de l'entreprise, c'est encore plus flagrant. Beaucoup de leaders, de managers, d'entrepreneurs que j'accompagne manquent pas de compétences. Très, très, très rare. Ils manquent de sécurité intérieure, de confiance en eux, de s'autoriser à. ne pas être dans cette réunion, de s'autoriser à dire non à ce scope de plus, parce que sinon, c'est qu'ils ne sont pas encore assez à la hauteur. Et ce n'est pas parce qu'ils sont fragiles, ou elles, mais parce que le monde dans lequel nous vivons, nous a appris à réussir à travers de ne jamais lâcher. On ne nous a jamais appris à se réguler, à écouter ce que le corps justement nous dit. On a appris à tenir, même à l'école. Dans les grandes écoles, les cursus ou autres, on nous apprend à tenir, à produire, à porter, à encaisser, mais pas à habiter notre corps. Si vous avez des ados qui sont à la fac ou en école de commerce ou en école d'ingé ou autre, vous savez que quand les partiels arrivent, vous ne les voyez plus pendant des mois. C'est limite de la maltraitance. On ne nous apprend pas. à habiter notre corps, à écouter les signaux, à reconnaître quand le système est en train de passer en mode survie. Or, un système nerveux en danger ne cherche pas l'épanouissement, ne cherche pas à s'écouter, il cherche à durer. Encore une fois, il est là pour vous préserver, assurer votre survie. Donc plus il y a eu de l'entraînement à ne pas s'écouter, plus il y a des autoroutes neuronales qui sont ancrées dans votre cerveau, qui sont encore mieux que des toboggans à Aqualand, et forcément, on préférera toujours passer par là. Sauf qu'à court terme, si ça sauve, à long terme ça coûte. À long terme ça sape. À long terme ça use le corps. Ça use la clarté. Ça use le lien, les interactions sociales aussi. La capacité à ressentir, à se connecter. Alors pour finir cette première partie, j'ai envie de te laisser avec quelques questions à emporter avec toi. Parce que pendant longtemps, la question qu'il y avait, que j'avais en session de coaching... Très fréquemment, dans les premières sessions, c'était « mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » Ou alors « j'ai ça qui ne va pas, c'est quoi la solution ? » « Quelle est la solution ? J'ai ce problème-là, il faut le résoudre, il faut me réparer. » Et si la vraie question n'était pas « qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » mais plutôt « qu'est-ce que ce monde m'a appris à normaliser ? » « Qu'est-ce que ce monde a fabriqué en moi, a laissé en moi comme trace ? » Et si... tu étais déjà assez. Mais que ce assez ne rentrait juste pas dans une normalité à interroger. Dans le prochain épisode, je te parlerai de ce que l'on peut faire de cette lucidité, comment on commence à ajuster, à réguler, à s'autoriser, à se reconnecter. J'ai encore pris plusieurs claques à travers ce livre, je te les partagerai avec une grande générosité. D'ici là, emporte avec toi, cette semaine, cette question, qu'est-ce que j'appelle normal ? Et qu'est-ce qui ne l'est peut-être Au revoir. pour mon corps. D'ici la semaine prochaine, moi, je vais me concentrer sur le nouveau groupe du Bootcamp qui a démarré. Je te tiendrai informé sur Insta et LinkedIn potentiellement. J'ai hâte de voir ce que ces trois mois vont me réserver. Si cet épisode t'a plu, alors n'hésite pas à le commenter ou le noter sur ta plateforme préférée ou tout simplement le faire suivre à une personne qui aurait besoin de longtemps. Parfois, il suffit d'un micro-pas pour changer fondamentalement de point de vue. Et puis, reset your mind commence à être connu. Alors j'ai très envie de voir jusqu'où nous pouvons aller ensemble. À la semaine prochaine !