Speaker #0Bienvenue dans ce 90e épisode BIF de Reset Your Mind. Cet épisode est une suite de l'épisode précédent dédié au mythe de la normalité de Gabor Maté. Pourquoi deux épisodes ? Si tu as écouté le précédent, tu sais à quel point c'était déjà assez dense. Si tu as lu le livre de Gabor Maté, tu sais que je n'ai fait qu'effleurer la surface, qu'effleurer le contenu et qu'il y aurait aussi encore beaucoup, beaucoup de choses. Toutefois, si dans l'épisode précédent, je t'ai parlé de ce que nous appelons « normal » et des conséquences que cette normalité a sur notre corps, notre santé et notre biopsychosociologie, oui, ça n'est pas hyper facile à dire, ou encore si je t'ai parlé d'épigénétique, nous avons aussi parlé forcément de cette idée un peu vertigineuse de « le normal n'est pas forcément sain » . Ce que nous considérons comme normalité dépend aussi énormément de notre société, de notre entourage socio-économique, du lieu où on est né, de notre habitation, de nos études. Et que cette normalité déjà varie énormément d'une personne à une autre, mais que cette normalité n'est pas forcément saine. Nous avons parlé aussi des traumas avec un grand T et surtout des traumas avec un petit T. Ceux de la répétition, de la suradaptation constante. de l'hypervigilance qui en découle, ou encore de la négation de nous-mêmes et de nos besoins vitaux. Dans cette idée que le social devient biologique et que le corps n'oublie rien, que la sécurité n'est pas un concept de bien-être, mais bien une condition biologique. Alors aujourd'hui, j'aimerais dans cette deuxième partie, que l'on regarde ce que cette normalité fait à nos identités. Parce que Gabor Maté est très clair. On ne vit pas seulement dans une société malade, On devient des personnes adaptées à une société malade. Et pour devenir ces personnes adaptées, ça nous demande des efforts. Et pour tenir cette adaptation, ça nous demande aussi des efforts. Et ces adaptations, nous leur donnons souvent des noms très valorisés. Ambition, exigence, professionnalisme, loyauté, leadership, force de caractère. Alors que, très souvent, elles sont des stratégies de survie. Pour cette deuxième partie, installe-toi, cet épisode va encore bousculer, en encore un peu et surtout t'encourager à te mettre en action, car oui, si le premier pas est la compréhension, toujours, le deuxième pas fondamental est la mise en mouvement du corps, justement, de l'énergie en nous qui circule. À toi qui écoute cet épisode, je le répète souvent, Reset Your Mind n'est pas un espace pour performer plus coûte que coûte, c'est au contraire. En tout cas, je l'espère, un espace pour déprogrammer ce qui t'a tenu trop longtemps sous le lot. Les fausses obligations, les exigences qui ne sont pas les tiennes, les rôles que tu as endossés pour être à la hauteur, pour être adoubé, pour être accepté par l'autre ou les autres avec un grand A. Ici, nous ne cherchons pas à améliorer pour améliorer, nous invitons à refaire surface, à libérer de l'espace dans la tête, à relâcher la pression inutile, à exploser ces contraintes que l'on s'impose et qui t'ont fait croire Que tu devais serrer les dents coûte que coûte pour avancer, pour avoir de la valeur, pour mériter. Reset Your Mind, c'est un lieu où l'on met du fun, de la légèreté, du vrai. Et surtout, tu redécouvres cette évidence simple, oubliée pour ton fondatrice. Tu es assez. Tu es déjà assez. Pour créer une vie professionnelle et personnelle qui te ressemble vraiment. Alors bienvenue. Un des grands déplacements que m'a fait... traversé, m'a fait faire ce livre, c'est celui-ci. La performance n'est pas toujours un choix conscient. Très souvent, c'est une réponse biologique et émotionnelle. Un instant pour réfléchir. La performance, ce besoin de performance, cette envie d'aller performer, d'avoir une grande carrière, une belle carrière, n'est pas toujours un choix conscient. Et très souvent, contrairement à ce qu'on peut imaginer ou ce qu'on peut penser, ce n'est pas qu'une réponse nationale, mais bien biologique et émotionnelle. effectivement, beaucoup de dirigeants, de managers d'entrepreneurs que j'ai pu côtoyer ou accompagner, ne sont pas forcément extraordinairement forts, extraordinairement intelligents ou autres ils sont, elles sont, pour la plupart très adaptés, adaptés à tenir adaptés à encaisser à produire, à rester clair sous pression, ne pas faillir à ne pas montrer, ils ou elles sont accros à toutes ces émotions, toutes ces sensations qui gravitent autour de ces moments. Et comment on devient accro au stress alors que l'on sait que c'est mauvais pour nous ? Comment est-ce qu'on devient accro au challenge, aux situations de crise et aux projets toujours plus fous, plus grands et plus risqués ? Et crois-moi, j'en connais un rayon. Nous évoluons. depuis toujours, dès l'école, dès notre petite enfance, dès notre noyau familial, puis dans le monde professionnel, dans un monde où ces adaptations, ces surcompensations sont récompensées. Donc, vous avez un entraînement de warrior. Alors, ces récompenses, elles viennent d'abord par des diplômes, puis par des postes. Je pourrais même commencer par des bonnes notes, au départ. Puis des diplômes, puis des postes, et parfois des promotions, des titres. des responsabilités, de la reconnaissance. Et donc, j'existe. Jusque là, je pense que tu vois plutôt de quoi je parle. Et certainement que toi aussi, cela t'a permis d'avoir la belle carrière que tu as aujourd'hui. Et puis un jour, le corps commence à envoyer d'autres messages, de plein de manières différentes. Fatigue qui ne pèse plus, irritabilité, perte d'élan, de motivation ou de sens. Alors que tu adorais ton job, ou que tu adores toujours d'ailleurs ton job. Trouble du sommeil. Un petit coucou au passage aux insomnies. Difficulté à se concentrer, à rester focus. Besoin de faire toujours plein de choses en même temps. Là, c'est un petit coucou au passage au multitasking, qui est une fausse bonne idée. Besoin de contrôler toujours plus, organiser, structurer, anticiper, au cas où. Tu sais, ce moment où il y a un truc imprévu qui vient se glisser dans ton plan impeccablement planifié. Un collaborateur malade, un métro qui met une heure de plus à arriver à destination, un bouchon sur la route. un changement de dernière minute sur l'appel d'offres sur lequel tu travaillais depuis des semaines pour ne pas dire des mois. Gamor Maté écrit que beaucoup de ce que nous appelons personnalité est en réalité une stratégie d'adaptation. Autrement dit, ce que tu crois être toi et donc tout ce qu'on vient d'évoquer, c'est ce que tu crois te définir, que tu es une personne sur qui on peut compter, réactive, qui s'adapte toujours, qui encaisse la pression et que tu défends peut-être même au effort. Pour Gabor Maté, c'est parfois ce que ton système nerveux construit pour survivre, autrement dit, pour te protéger. Et dans Blackfoot, parcours de leader, la performance devient un outil de régulation, justement, émotionnelle. Quand je produis, je me calme. Quand je réussis, je me rassure. Quand je suis utile, j'existe. Je suis reconnue. Quand je ralentis, là, quelque chose monte. Et c'est clairement pas confortable. Est-ce que ça te parle ? À quand remonte la dernière fois où tu t'es autorisé 20 minutes de rien ? Et vraiment de rien. Pas d'écran, pas de musique, pas à faire du sport, même doux, en même temps. Rien. Pourquoi ? Parce que pour la plupart d'entre nous, ralentir, et plus spécifiquement ne rien faire, est terriblement, terriblement, terriblement inconfortable. Désagréable. C'est pour ça que tourne personne... brillantes paniquent au moment de s'arrêter. Pas parce qu'elles aiment trop leur job, ce que le faire est devenu un anesthésiant dont elles ne savent plus forcément se passer. Pour comprendre ça, Maté ramène toujours au même endroit l'attachement. C'est assez drôle ce mécanisme qu'il a de retour au centre et donc de retour à cet attachement. Pour lui, il nous rappelle, gentiment et très justement, que nous sommes des mammifères. Or, pour un mammifère, perdre le lien, c'est perdre la survie. et perdre la vie. Alors très tôt, nous apprenons ce qui maintient le lien. Tout bébé, nourrisson, sans savoir parler, sans savoir forcément trop bouger ni s'exprimer, nous apprenons à maintenir le lien. Nous devenons sages, forts, brillants, discrets, performantes, responsables, indépendantes, autonomes. Pas parce que c'est notre essence, mais parce que c'est ce qui a permis de rester aimé, de rester accepté, et donc Merci. en sécurité avec un autre être humain qui prenait soin de nous. Pour lui, nous sacrifions souvent l'authenticité, c'est-à-dire qui nous sommes et ce qui émane de nous, pour préserver cet attachement, quitte à le nier, quitte à le renier. Et un jour, ces identités que nous construisons pour ne pas décevoir nos parents, pour être acceptés dans un groupe amical ou professionnel, deviennent ensuite nos armures. On ne sait plus vraiment qui nous sommes, d'ailleurs, sans elles. Et le jour où on perd un poste, un titre ou un job, pour beaucoup, quand on ne voit pas venir et qu'on n'anticipe pas ou qu'on n'a pas déjà fait un certain travail ou qu'on ne prend pas cette décision-là, c'est sacrément compliqué. On perd une partie de nous. Lorsqu'on ne sait plus non plus poser de limites sans se justifier pour que l'autre, encore une fois avec un grand A en face de nous, ne nous rejette pas complètement. Lorsqu'on ne sait plus dire non sans se sentir coupable. Lorsqu'on ne sait plus être fatigué sans se dévaloriser et culpabiliser. et je le vois à travers tous mes coachés la plupart ont construit des vies extrêmement solides ce sont des warriors des machines des personnes qui avancent qui font bouger les choses mais Intérieurement, comme plein d'autres personnes que j'ai pu côtoyer ou que je côtoie dans le monde professionnel sans les coacher, très peu de sécurité intérieure. Ce qui se passe alors, lorsque l'on observe de plus près, et je t'invite aussi à regarder à l'intérieur de toi, ce qui se passe alors, c'est que l'on tient des rôles. On porte des responsabilités. Parfois on inspire, c'est vrai. Mais est-ce qu'on habite vraiment qui nous sommes et ce que nous vivons ? Je serais curieuse d'avoir ton avis sur ce point. Envoie-moi un petit message à l'écoute de cet épisode. Vraiment, ça m'intéresserait. Enfin, troisième point, cher à mon cœur et très présent justement dans mes coachings et mes accompagnements, tu vas deviner le stress. C'est un point absolument central chez Gabor Maté. Pour lui, le stress n'est pas un problème d'organisation. Et ça, je suis assez d'accord avec lui. Ce n'est pas non plus un problème d'agenda. Et ce n'est pas non plus un problème de charge mentale. C'est un problème de sécurité. Pour lui, le corps ne stresse pas à cause du nombre de mails, il stresse à cause de ce qu'il perçoit. que chacun de ces mails en attente non lus est potentiellement une menace. Est-ce que je peux faiblir ici ? Est-ce que je peux décevoir sans perdre ma place, mon job ? Est-ce que je peux dire non sans être rejeté ? Est-ce que je peux ralentir sans perdre ma valeur ? Quand ces réponses sont non, le système nerveux passe en vigilance. Encore une fois, en hyper-vigilance même et en suradaptation. Adrénaline, cortisone, hyper-contrôle, anticipation permanente et épuisante. Pour Mathé, le stress n'est pas ce qui nous arrive, c'est ce qui se passe en nous lorsque nous percevons une menace. Je suis assez d'accord avec ça, puisque tu le sais, j'ai été formée par Beau Castillo, qui a vraiment ce modèle ancré où nos pensées, ce qu'on pense d'une situation lambda, génère nos émotions. Et de ces émotions, ces émotions sont le carburant de nos actions. Et ce sont les actions, quelles qu'elles soient, faites ou non faites même d'ailleurs, qui génère les résultats. Et effectivement, une situation alpha te fera tout à stresser, mais pas forcément ton voisin, ni ta voisine, ni ta boss, ni ton collègue. Je raccroche assez avec ce concept-là, où ce n'est pas forcément ce qui nous arrive qui nous stresse, mais ce qui se passe en nous lorsque nous sommes exposés à cette situation de stress. C'est ce qui se passe en nous lorsque nous percevons la menace. Alors je reste sur l'exemple des mails. Si à partir de 50 mails en retard, tu commences à stresser, ça peut être compliqué. Il y a des personnes qui commencent à stresser à 10, 50, 100, 2000, ça dépend. Pourquoi je parle en cet exemple-là ? Parce qu'aujourd'hui, les menaces sont rarement finies. Elles sont beaucoup plus relationnelles, identitaires, sociales, virtuelles même, je dirais, voire digitales. Des news toujours plus attristantes à l'autre bout du monde ou plus près de chez nous. et là ces menaces génère la peur de décevoir, la peur d'être jugée, de perdre sa crédibilité, de ne pas être assez et de ne pas tenir, ou ne pas mériter. Alors contrairement à ce que la plupart d'entre nous pensons, à ce que la plupart d'entre nous intellectualisons, on ne gère plus du temps dans cette situation-là. Et actuellement, regarde ton quotidien à toi, est-ce que vraiment tu gères ton temps ? J'ai plutôt l'impression que nous gérons un danger permanent, des menaces permanentes. Et tant que le système nerveux ne se sent pas en sécurité, Aucune méthode de productivité ne règle le problème, quel que soit l'outil, quelle que soit la méthode. Pour celles et ceux qui ont suivi mes bootcamps, vous le savez, je vous propose plein d'outils, toujours des trucs, des astuces, des concepts. Mais je vous le dis aussi tout aussi souvent, l'outil ne fait pas tout. Et c'est pour ça que beaucoup disent ou regardent autour de soi ce que les autres peuvent dire, mais ces petites phrases de « je pars en vacances mais je ne récupère pas » , j'ai moins de réunions, mais je suis toujours super tendue quand même, j'arrive pas à redescendre. Je médite, je fais du yoga, je fais du sport, mais je suis toujours à cran, c'est bizarre. Parce que ce n'est pas l'agenda qui est en cause, mais c'est bien l'état antérieur. Et un système nerveux qui ne se sent pas en sécurité transforme la moindre contrainte, la moindre décision à prendre, la moindre question imprévue, à nicroche, peu importe, en menace. Qui nous entraîne vers la surcompensation, sur anticipation. pensant faussement justement se donner cette sécurité-là. Et on finit par vivre dans un monde où même le repos devient stressant. C'est culpabilisant. Le quatrième point que j'ai voulu mettre aussi en lumière dans cette deuxième partie, et c'est là que pour moi le livre devient presque intime, Gabor Maté parle de ce qu'il appelle l'auto-abandon. Ce moment souvent invisible où pour rester adapté, accepté par les autres, on commence à se quitter, on commence à se renier, à ne plus écouter ses signaux faibles, à minimiser, à rationaliser, à soulever les dents. Ce n'est pas si grave. après tout. J'ai l'habitude. Je gère, c'est juste une période chargée, ça va passer, ça ira. Pour Maté, il écrit que lorsque nous nous coupons de nos émotions, nous ne devenons pas plus forts, nous devenons moins entiers. Alors là, je vais faire une petite pause et je vais penser à toutes ces personnes qui culpabilisent de rougir, qui culpabilisent d'avoir les moins-mois, tous les mains qui tremblent lorsqu'elles sont en situation justement de stress. à éventuellement ces personnes qui se disent « je suis trop émotive pour prendre ce poste parce que j'ai la larme à l'œil facile, etc. » Nous ne devenons pas plus forts lorsque nous nous coupons de nos émotions. Nous devenons moins entiers. Je vous laisse là-dessus. L'auto-abandon, dans l'absolu, il est tout ce spectaculaire. Attention, ce n'est pas du jour au lendemain on décide de s'auto-abandonner. Non, non, c'est progressif. C'est rester dans un job qui vous éteint. C'est dire oui alors que tout en toi dit non. hurle le même mot. C'est être malade et continu. Tu comprends, mais arrêtez moi jamais. C'est être épuisé et sans vouloir être fatigué. C'est être moins innovante, moins créative, forcément, parce que l'on est fatigué avec zéro espace de rien, de réflexion, de rêvasserie. Pas facile de faire germer les nouvelles idées. Et comme on ne se sent plus, on ne sait plus dire si on commence à fatiguer, si un voyant vert, orange ou rouge qui s'allument. Mais forcément, vu qu'on ne les voit pas venir, on ne se régule plus. On ne sait plus s'apporter ce dont on a besoin. On essaye de contrôler, ça oui. On contrôle son agenda, ses équipes, son image, son corps, ses émotions, surtout tenir. Et le contrôle, ça devient un substitut de sécurité. Cool, mais la régulation, c'est totalement l'inverse. Réguler, c'est pouvoir sentir. Et traverser. Parce que oui, c'est pas toujours confortable. Mais réguler, c'est ça. C'est pouvoir sentir. et s'autoriser à s'apporter ce dont on a besoin à cet instant-là. Réguler, c'est pouvoir se relâcher aussi. C'est pouvoir être en lien avec d'autres, sans se contracter par la peur du rejet ou la peur de ne pas être adoubé. Un système nerveux qui n'a pas appris la sécurité, justement, il ne cherche pas la régulation, il est incapable de déceler les signaux faibles. Un système nerveux qui n'a pas appris la sécurité cherche à tenir. Je te partage une citation encore du livre de Maté. nous confondons souvent contrôle et force. Si je contrôle, alors je suis fort. Alors que le contrôle est très souvent le signe d'une insécurité profonde. La prochaine fois que tu bascules dans la version Controlled Freak, pose-toi la question de ce qui se passe là vraiment en toi. Et puis, beaucoup d'effondrements, de maladies, de crises, de phases, de situations de crises durant ta vie, ne sont pas des accidents. Quand on part de ce postulat-là et que Merci. ce mode de fonctionnement et celui qui est poussé, reconnu comme étant le bon mode de fonctionnement, c'est étonnant. Ces effondrements, si je puis dire, ou ces maladies, parce que parfois le corps en fait, il en a marre de ne pas être entendu et il te rattrape, ce sont des tentatives de réintégration. Gabor Maté le dit comme ça et je trouve ça assez intéressant, cette notion de réintégration. Ce sont des moments pour lui où le corps dit « je ne peux plus continuer à ignorer » . être ignorée et à être absente de ta vie. Je ne peux plus continuer à être ignorée. Et parfois, on a tellement tiré sur la corde pendant des années d'ailleurs, parce que c'est progressif, que les batteries sont clairement négatives. Et qu'avant de sortir la tête de l'eau, ou plutôt de sentir à nouveau notre corps et ce qui se passe en lui, et être capable de dire « Ah tiens, là, j'ai besoin de me coucher plus tôt, j'en sais rien. » Ou « Tiens, là, j'ai besoin d'aller prendre l'air. » Il peut s'écouler un long moment fort désagréable où on se sent très... très clairement perdu. Avant de conclure, forcément, j'avais envie de te partager des actions, des micro-déplacements. Parce que si cet épisode résonne, ne cherche pas à tout changer d'un coup, ça ne marchera pas. Au contraire, tu vas rajouter du stress et ton corps ne va pas comprendre ce qui se passe, il va être perdu. J'ai plutôt envie de t'inviter à commencer petit, très petit. Donc cette semaine, peut-être, commence par observer, remarquer simplement. Ou est-ce que je me contracte ? Est-ce qu'il y a un moment dans la journée, avec certaines personnes, dans certaines situations, où mon corps se crise ? Ou alors, est-ce que je dis oui ? alors que c'est un immense non à l'intérieur de moi ? Où est-ce que je tiens pour tenir alors que je suis déjà fatiguée, déjà au bout du scotch ? Pas pour changer, mais juste déjà, pour noter, pour voir, et pour voir à quelle fréquence ça se passe et dans quelle situation. Deux, que je peux te proposer comme petit challenge, comme test, c'est d'autoriser chaque jour un espace de sécurité, on peut appeler ça comme ça, cinq, dix minutes sans rien. Pas de téléphone, pas d'écran, pas d'optimisation, juste toi et toi. Pour que ton système nerveux se régule. Il ne se régule pas dans l'effort et dans le toujours plus, mais dans l'absence de menaces. Et ça c'est important. Une dernière possibilité, une troisième option, une question un peu différente. Pas comment tenir, mais qu'est-ce qui me mettrait un peu plus en sécurité dans cette situation ? À quoi est-ce qu'il faut que je me raccroche ? La transformation, elle commence rarement par une grande décision. Elle commence par un déplacement. de perception. En conclusion, pour clôturer cet épisode, plus j'ai avancé dans la lecture de Gabor Maté, plus je réalise que ce que j'accompagne en coaching, ce n'est vraiment pas aller mieux. C'est des apprendre à survivre, en fait. Y compris dans le monde professionnel, y compris dans la prise de décision. Ce sont des managers, des leaders, des entrepreneurs engagés qui ne viennent pas parce qu'ils ne savent pas ou plus quoi faire. Mais coachés viennent Ce qu'ils savent faire ne leur permet plus de se sentir vivant. Elles viennent fatiguées de se contenir, ou elles viennent fatiguées de se contracter, fatiguées de devoir être solides en permanence. Elles viennent parce qu'il y a un écart de plus en plus douloureux, de plus en plus profond entre l'image portée et ce que leur corps, leurs émotions, leur énergie racontent. Et ce que je vois semaine après semaine, c'est que le vrai travail n'est pas de rajouter des outils, non, mais bien de restaurer cette sécurité intérieure d'abord. sécurité pour ressentir, pour s'effondrer, sécurité pour dire non sans se perdre, sécurité pour ralentir sans se dévaloriser, et sécurité pour ne plus s'abandonner soi-même. J'aime cette idée que nous sommes déjà parfaitement parfaits, que nous n'avons pas besoin de devenir des humains optimisés, mais permettent plutôt à des systèmes nerveux surentraînés de redescendre, de se réorganiser, de se réhabiter. Et peut-être que l'optimisation viendrait de là plutôt. En tout cas pour moi. La question ne me semble pas être comment on continue à tenir dans ce monde, mais qu'est-ce que ce monde fabrique en nous, et qu'est-ce que nous choisissons consciemment de ne plus lui laisser fabriquer. Si cet épisode t'a remis interrogé ou ouvert, si tu sens que certaines choses ont mis des mots sur des ressentis un petit peu flous, alors ne laisse pas ça au niveau de l'intellect. Partage-moi tes retours et partage cet épisode autour de toi. Je lis tous vos messages et tous vos commentaires. Ces sujets ne sont pas seulement faits pour être compris intellectuellement, mais aussi pour être traversés, pour être accompagnés, pour être incarnés. Donc qu'est-ce que le monde a fabriqué en moi et qu'est-ce que je choisis maintenant de me réapproprier ? Je te dis à la semaine prochaine pour une interview avec une entrepreneur que j'ai trouvée passionnante. Mais je te dis à jeudi prochain. N'oublie pas de noter cet épisode sur ta plateforme préférée ou t'abonner pour ne rien rater.