Speaker #0Bienvenue chez Reset Your Mind, vous écoutez le 92e épisode. Et si nous arrêtions d'en faire trop ? Je sais, c'est une entrematière un peu brutale cette semaine. Elle fait écho à l'un de mes derniers posts LinkedIn où vous avez beaucoup réagi et où vous m'avez envoyé beaucoup de messages privés. Je disais ceci dans le post, et si on arrêtait d'en faire trop ? Trop de femmes brillantes font trop. Trop de stratégie, trop d'opérationnel. Trop de responsabilité visible et invisible. Au travail, à la maison, dans la tête. Ce trop que l'on a produit au début, puis qui épuise, qui brouille la clarté et qui finit par nuire à la carrière autant qu'à la santé. On confond encore trop souvent ambition et dispersion. Alors que la vraie ambition, aujourd'hui encore plus que jamais, c'est autre chose. Être ambitieuse, c'est savoir aussi faire monde. moins, mais plus intensément, moins, mais avec discernement, moins, en choisissant ses batailles au lieu de toutes les mener et de ne jamais, jamais à rien lâcher. Faire moins pour continuer de respirer, faire moins pour penser juste, faire moins pour durer. La performance ne se joue pas dans l'accumulation, en tout cas elle ne se joue plus dans l'accumulation. Elle se joue dans la clarté, et la clarté, la lucidité demande du courage, demande d'être... investi, d'être protégé, d'être nourri. Entre autres, à travers celui de dire non, bien plus souvent que oui. Alors cette semaine, j'ai décidé de revenir sur ce post, sur vos messages, vos questions et vos réflexions aussi, en session de coaching. À toi qui écoute cet épisode, je le répète souvent, Reset Your Mind n'est pas un espace pour performer plus coûte que coûte. C'est un espace pour déprogrammer ce qui a tenu trop longtemps. sous l'eau. Les fausses obligations, les exigences qui ne sont pas les tiennes. Les rôles que tu as endossés pour être à la hauteur. Ici, nous ne cherchons pas à améliorer pour améliorer, nous invitons à refaire surface, à libérer de l'espace dans la tête, à relâcher la pression inutile et tout ce qui fait que l'on t'a fait croire que tu devais serrer les dents pour avancer, pour avoir de la valeur, pour mériter ta place. Reset your mind, c'est un lieu où on remet du fun, de la légèreté, du vrai. Et surtout, tu redécouvres cette évidence simple. Oublié, dans Fondatrice, tu es assez. Déjà assez pour créer une vie personnelle et professionnelle qui te ressemble vraiment. Alors bienvenue, allons secouer un peu ces lignes. Et si l'on arrêtait d'en faire trop ? Toujours plus, toujours dire oui. alors qu'au fond c'est un nom qui hurle à l'intérieur de nous. Je suis certaine que tu vois exactement ce dont je parle, ce moment très précis où l'on te propose ce dossier de plus, ce scope de plus, ce client de plus. Je sais, j'en parle très souvent dans ces sessions de coaching ou sur ce podcast, mais vraiment, je suis certaine que tu vois à quel moment ça résonne en toi. Tu sais déjà que ton agenda déborde, tu sais déjà que tu es fatigué, tu sais déjà que cela va te coûter et plutôt cher, et pourtant Tu dis oui. Est-ce vraiment par choix à ton avis ? Pas certain. Est-ce par réflexe ? Pas certain non. T'es-tu d'ailleurs déjà demandé pourquoi toujours en faire plus ? Pourquoi toujours en faire trop et accepter d'en faire trop ? Pour prouver que tu mérites ta place ? Que tu es au moins aussi méritant ou méritante que ton collègue ? Pour prouver peut-être que tu mérites d'être rémunéré à salaire équivalent ? Ou peut-être pour éviter de trop réfléchir aussi ? Au moins, lorsque l'on est dans le doux, dans le faire, je produis. Donc, j'assure ma place dans cette entreprise, dans cette société plus largement. Récemment, j'ai d'ailleurs eu cette conversation en session de coaching avec une cadre dirigeante que j'accompagne. Fine, smart, engagée, solide, ultra, si on utilise encore un mot, un anglicisme, ultra sharp. Mais aussi un peu épuisée, doublée d'insomnie chronique. Le genre de personne que l'on adore quand même avoir dans ses équipes, car elle gère, elle assure, sur qui beaucoup reposent et souvent sans bruit, mais aussi un peu épuisée, doublée d'un semi-chronique. Cela fait plusieurs mois que son entreprise est en pleine phase de réorganisation, des postes disparaissent, de nouvelles organisations fleurissent régulièrement. Une tension pas nommée, invisible, mais très palpable au quotidien. Et quasiment à tous les niveaux. Même si elle essaye effectivement de protéger au maximum ses équipes. Elle essaye de les protéger, elle absorbe, elle tient. Et elle prend aussi... plus que sa part, parce que comme ça elle a l'impression, elle aussi, de encore plus les protéger. Et je me souviens encore de son sourire, malgré les cernes, que tu connais peut-être. Un soir en session où elle me disait justement, au moins, tu sais Stéphanie, si j'en fais toujours plus que les autres, on aura du mal à me remplacer. Sur le moment, c'est vrai que cela peut sembler logique, presque rassurant. Mais cette phrase est une stratégie de survie. Parce que lorsque l'incertitude augmente, le cerveau devient ne devient pas plus lucide, il devient plus archaïque. Donc pour lui, prendre sa place dans le groupe, c'est tout sauf abstrait. C'est une menace physique. Et les neurosciences le montrent. L'exclusion active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique. Donc le rejet n'est pas juste dans la tête, le rejet n'est pas symbolique, il est vraiment mais physiologique. Alors, qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ? Le système de stress s'active. Amygdales en alerte, cortisol, hypervigilance. Sur-analyse perpétuelle de son environnement, des propos, des non-dignes, des comportements, des réunions où nous ne sommes plus conviés. Pourquoi ? Ces informations descendantes sur votre domaine. Pourquoi ? Ces décisions sur votre scope, sans forcément d'informations préalables en amont. Pourquoi ? Et dans cet état, il y a deux réactions qui vont dominer. Un, se retirer, s'effacer, rentrer dans sa coquille pour se protéger et potentiellement ruminer un peu et même beaucoup. Ou sur-fonctionner. se surinvestir. Et beaucoup de personnes performantes choisissent inconsciemment cette deuxième option de surfonctionner. Héritage scolaire, héritage familial, de cet entraînement en fait à toujours être loyal, solide, etc. Travailler plus, contrôler plus, anticiper plus et donner plus. Parce que l'action calme, rassure. Certes, temporairement, mais l'incertitude est moins pesante dans ces cas-là. Et des moments d'incertitude, c'est entre deux, où vous n'êtes pas sûr, où il faut gérer une fin, une transition. Regardez rien que vous, les transitions de vos vies, de vos vies professionnelles, ou même tout simplement les transitions de saison, à quel point c'est désagréable. Parfois, partir en vacances, ça vous demande un temps d'adaptation. De la même manière que lorsque vous rentrez de vacances, c'est un peu dur de se remettre dans le main. Les moments de transition sont toujours délicats à gérer. Donc quand c'est une transition qui dure plusieurs semaines, plusieurs mois avec cet enjeu autour de votre rôle professionnel, de tout ce qui vient s'agréger autour de ce rôle professionnel, le salaire, l'équilibre financier, toutes ces choses-là, forcément, c'est tout sauf à nos doigts. Alors, c'est vrai que l'action calme, rassure, certes temporairement, mais la certitude est moins pesante. Produire donne l'impression de maîtriser. Et être utile, Ça devient une manière de se sécuriser en fait. Si je produis, je suis utile. Si je suis utile, je suis nécessaire. Et si je suis nécessaire, je reste. On pourrait décliner avec plein de synonymes, mais je pense que tu vois un petit peu le chemin. Et le cerveau adore cette équation. Même si elle ne protège pas grand-chose, et surtout à long terme, elle devient improductive, pour ne pas dire toxique, car dans ce cycle infernal, qu'est-ce qu'il se passe ? On s'épuise, surtout. À en perdre. Toute utilité, toute anticipation, toute visibilité. Mais revenons à ma coachée, que j'adore et que j'admire profondément. Je ne sais pas si en écoutant cet épisode, elle se reconnaîtra. Mais bon, trois mois plus tard, nouvelle session. Son poste a disparu. Je me souviens encore du silence. Un silence dense, lourd. Et puis très vite quand même, cette phrase, après tout ce que j'ai donné, après tout ce que j'ai... sacrifié. Ce moment est toujours violent. Double peine, double choc. L'épuisement a toujours en faire plus et en faire trop, qui draine toute ton énergie, y compris lucidité et prise de recul aussi dans ces moments-là. Et puis, cette annonce, mine de rien, elle a un relan de trahison. Ils auraient dû, ça aurait été la moindre des choses. Non, non, rien n'est dû. je pense que c'est important de se le remémorer si cela t'arrive ou que tu es dans ce type d'environnement en ce moment, que tu traverses ce genre de phase crois-moi, en plus en ce moment il n'y a plus d'une entreprise dans ce cas de figure donc oui, malgré des années de ponts et noyaux au service certaines entreprises peuvent se voir transformées du jour au lendemain par un nouveau dirigeant un nouveau comité de direction de nouveaux actionnaires ça arrive, et non rien n'est dû c'est un contrat entre deux parties et tant que l'ensemble est équilibrée et que tout le monde est gagnant-gagnant, que chacun tire profit dans le sens vraiment bénéfice commun de ce contrat, alors la collaboration peut persévérer. Ici, en l'occurrence, ce n'était pas le cas. Emma Cochet n'a en aucun cas démérité. Si cela avait été une autre personne, plus ou moins ceci, ou plus ou moins cela, plus expérimentée, moins expérimentée, le résultat aurait été exactement le même. Pourquoi ? Parce que ce n'était pas elle qui était visée, mais uniquement le rôle qu'elle incarnait. Alors si tu traverses, réécoute ce petit passage s'il le faut, et autant de fois qu'il le faut, en aucun cas. tu as démérité. Ce n'est pas toi, l'être humain, qui est visé, mais le rôle que tu incarnes. Ça va me faire la transition sur la suite de cet épisode, parce que malheureusement, pour elle comme plein d'autres, cette frontière n'est pas si claire. Ce n'était pas uniquement professionnel pour elle. C'était aussi identitaire. Parce que son rôle, son titre, son job, fait partie, faisait partie de qui elle était. Car oui, souvent, sans s'en rendre compte, il y a une fusion qui se crée pour nous. Je performe. J'ai de la valeur, je suis utile, j'ai ma place. Je suis ce rôle, ce titre, alors je suis quelqu'un. Or, lorsque le rôle disparaît, quelque chose se réorganise profondément à l'intérieur de nous, et pas seulement dans la vie extérieure. L'image que tu avais de toi-même, l'appréciation de qui tu étais au sein de ton entreprise, de tes cercles amicaux, familiaux, de toi et de toi-même, le matin, dans ton miroir, le cerveau perd ses repères. Et là, On pourrait rentrer dans le détail, mais ce qui se passe alors, c'est que le cortex préfrontal, celui qui permet de se projeter, de réfléchir, de structurer, est affaibli par des mois, parfois des années de tensions continues et de fatigue. Donc pour lui, c'est encore plus difficile de se projeter, de se dire que ça fait X années qu'il fonctionne comme ça, avec tels horaires, avec tel rythme, avec tel collègue, dans tel environnement. Et là, tout s'arrête. Donc oui, lui aussi perd ses repères. Et puis quasiment systématiquement ce qui se passe alors c'est que le système limbique prend le dessus. Rumination, le fait de tourner en boucle toujours et encore sur les mêmes sujets, de raconter aux autres, de se raconter. Et on vient entretenir toute cette histoire que l'on se raconte sur la situation. Insomnie, danser en boucle, je suis ceci, je suis pas assez cela, j'aurais dû, j'ai pas fait, etc. Et puis le contre-coup corporel, physique, l'épuisement qui tombe d'un coup. Et là c'est souvent puissance mine. Ce qu'on a tenu, on a tenu sous la pression, on a tenu sous la tension, mais pendant ce temps, le corps, entre le mental et le corps, le physique, et bien là, justement, si on a tenu au mental, au bout d'un moment, le corps dit « Ok, mais maintenant, moi, j'ai besoin de récupérer. » Et puis surtout, il y a cette sensation que beaucoup décrivent avec un changement lexical qui tourne quand même beaucoup autour de ces mots, le vide. Comme si une partie de soi s'était éteinte. Comme si on avait éteint un interrupteur d'un coup d'un seul. Comme si l'on ne savait plus très bien... Qui l'on est non plus sans ce rôle. Parce que l'identité professionnelle avait pris beaucoup, beaucoup de place. Le rythme, le statut, la reconnaissance, les connaissances, les personnes avec qui vous passiez le plus de temps, la structure de vie, le regard des autres aussi. Quand je parle de la structure de vie, c'est toute votre organisation quotidienne, logistique, vestimentaire, alimentaire, enfin tout. Structure de vie, partir en vacances pendant certaines périodes. Ou c'est pas le rush, mais pas d'autres, ce genre de choses. Et tout cela formait une cohérence, avait un sens pour toi. Et lorsque cela disparaît brutalement, eh bien le cerveau vit une perte de structure interne. Donc oui, il faut un peu de temps d'adaptation. Oui, parce qu'on perd pas seulement un poste, on perd pas seulement un titre ou un salaire, on perd un point d'ancrage identitaire. Et cela, c'est extrêmement déstabilisant. C'est pour ça que j'ai toujours une très très grande admiration pour ces personnes qui... partent travailler dans d'autres pays, pas forcément en plus avec leur société de départ. C'est un changement qu'il ne faut pas sous-estimer. C'est vraiment un changement extrêmement déstabilisant. D'ailleurs, c'est aussi souvent à ce moment-là qu'une autre réalité apparaît. En faire trop avait aussi une autre fonction. Ne pas se poser certaines questions. Ne pas poser ces questions désagréables. Ne pas les regarder en face et ne pas S'autoriser à les explorer. Trop inconfortable. Alors que s'arrêter, justement, avoir du temps, pour une fois, expose. Expose aux doutes, à l'inconfort, à la vérité. À la vérité nue, je dirais, de qui on est sans cette carapace d'identité professionnelle. Alors j'ai envie de te poser ces questions, comme je le ferais peut-être en session de coaching ou si j'étais en face de toi. Si ton rôle disparaissait demain, Que resterait-il si ton rôle disparaissait demain ? Que resterait-il ? Qui es-tu lorsque tu ne produis plus ? Qu'est-ce qui en toi ne dépend d'aucune fonction ? Ta richesse, ta valeur personnelle ? Et puis la petite dernière, parce que ça c'est le si. J'aimerais que tu te la poses aussi régulièrement que tu m'écoutes au moins. Qu'essaies-tu encore de prouver ? Et à qui ? En prenant trop, toujours. en disant oui par défaut ? Qu'est-ce que tu essayes de prouver et surtout à qui ? Après tout, si tu n'avais plus rien à prouver, qu'est-ce que cela changerait ? Prends un instant, vraiment prends un instant, réfléchis-y et partage-moi tes impressions, soit en commentaire, sur la plateforme où tu écoutes cet épisode, soit sur Insta, soit directement par mail, n'hésite pas. Alors oui, et si on arrêtait d'en faire trop ? Car contrairement à ce que l'on pense, plus on en fait et moins on se remplit, moins on s'enrichit. Au contraire. Plus on en fait et plus on se vide de notre essence même. J'enregistre l'épisode, ça me fait penser à une citation de Thomas d'Asembourg qui me revient là. Et à peu de choses près, elle dit quelque chose comme « Plus on a de choses à faire dans sa vie, et moins on a de vie dans les choses à faire. » Parce qu'arrêter d'en faire trop ne veut pas dire en faire moins. Ça c'est quelque chose que j'aimerais vraiment que tu enlèves de ton esprit. Arrêter d'en faire trop, ne pas être à 300%, ne veut pas dire que tu seras à 20% demain. Cela veut dire sortir d'un pilotage par la peur, de décisions dictées par le manque, la peur de manquer, et cette phrase si pernicieuse de « je ne suis pas assez » , « je ne suis pas assez » , « je ne suis pas capable » , « je ne sais pas » . Et si arrêter d'en faire trop, toujours, c'était aussi sortir d'une logique de survie, en fait, silencieuse, pour retrouver du discernement, redevenir épice ou acteur. parce qu'en faire trop ça n'a jamais garanti la sécurité sinon ça se saurait et faire moins mais mieux faire moins mais plus intelligemment n'a jamais diminué la valeur, ta valeur en revanche construire toute son identité pleine et entière uniquement sur son rôle et Dieu sait que c'est un piège qui est attrayant, séduisant vu le temps qu'on y passe, vu tous ces événements connexes, after work séminaires qui sont mis en place dans beaucoup d'entreprises mais construire toute son identité pleine et entière sur son rôle et son rôle. Expose à une chute brutale. Et même si ça se passe bien dans ton entreprise, expose un jour à se dire « ok, et moi ? » dans tout ça. Parce que le vrai danger n'est pas de perdre son poste, après tout, un job, ça se retrouve, et on le voit bien, il y a plusieurs vies dans une vie. Le vrai danger est de se perdre soi, ne plus savoir qui l'on est, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous attire. lorsque le rôle s'arrête encore plus brutalement, ces questions-là deviennent vraiment vertigineuses, pour ne pas dire effrayantes. Et puis après tout, peut-être que la vraie question n'est pas comment en faire plus, toujours. Mais peut-être, qui serais-je si je n'avais plus rien à prouver, justement ? Et que ferais-je si je partais du principe que je n'avais plus rien à prouver ? Je serais curieuse d'avoir tes retours. Et si cet épisode t'a parlé, partage-le à quelqu'un qui en a besoin. parce que c'est en mettant ces sujets sur la table que l'on fait bouger les choses. Je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode avec un parcours de femmes inspirantes. La semaine prochaine, j'inaugure le mois de mars et toute une série d'interviews de femmes plus inspirantes les unes que les autres à travers leur parcours d'entrepreneur, à travers leur parcours personnel, à travers leur dynamisme et leur philosophie de vie. À très vite et si tu veux me contacter, tu peux me joindre à contact. arrobase resetyourmind.fr sur LinkedIn ou sur Instagram à bye-reset-yourmind A très vite.