- Speaker #0
Bon, bienvenue chez Reset Your Mind. Je continue mes portraits de parcours inspirants. Aujourd'hui, donc, je vous propose de rentrer dans cet univers des salles de marché. Moi qui évoque régulièrement la rapidité d'évolution de nos organisations, la quantité d'informations toujours plus grande à traiter, je crois qu'ici, nous sommes au bon endroit. Une salle de marché, c'est un environnement où l'information circule à une vitesse... folle, où des centaines de messages s'échangent chaque heure, chaque minute et parfois quelques secondes peuvent faire toute la différence entre une bonne décision et une décision qui peut coûter beaucoup. Mon invitée du jour connaît cet univers de l'intérieur. Pendant plus de 15 ans, elle a travaillé au cœur des logiciels financiers utilisés par les banques d'investissement, justement, au plus près des traders et des équipes de marché. Un monde particulier, exigeant, très technique et souvent invisible pour ceux qui n'y travaillent pas. Et puis, à force de collaborer avec des startups, à force d'innover, elle aussi a décidé de passer de l'autre côté. Ne plus seulement analyser les besoins des marchés, mais créer sa propre solution. C'est alors que Shirin Benzaïed Bourgerie confond tout OUAI, une filtech, qui développe une technologie capable de transformer le flux massif de messages des salles de marché en intelligence, exploitable, en temps réel et donc fiable. C'est une manière d'aider les traders à mieux voir les signaux importants dans le bruit, le brouhaha, permanent de ces conversations où beaucoup d'informations capitales transitent. Alors dans cet épisode, nous allons parler de finances de marché, bien évidemment, d'innovation, de décision, d'entreprenariat et de ce moment très particulier où l'on décide de se lancer. Je suis ravie de t'accueillir, Chérine Benzaïed. Bonjour, merci beaucoup de ton temps. Sois la bienvenue.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Stéphanie. Je suis ravie d'être là avec toi.
- Speaker #0
Avant de parler startup, qui est Chérine au-delà de ce que j'ai pu présenter un petit peu, dis-moi ?
- Speaker #1
Au-delà du boulot, il y a le personnel. Donc moi, je suis maman aussi de deux enfants. On en parlait tout à l'heure. Sinon, finalement, ce qui prend beaucoup de temps en ce moment, c'est quand même tout. Cette boîte, cette expérience entrepreneuriale.
- Speaker #0
C'est ton troisième bébé ?
- Speaker #1
Non, je ne dirais pas ça, mais ça prend beaucoup de temps.
- Speaker #0
Avant de parler startup, j'aimerais qu'on parle de ton univers, justement. Tu as passé plus de 15 ans dans les logiciels pour banques d'investissement. Pour ceux qui ne connaissent pas cet environnement, Qu'est-ce que c'est et en quoi ressemble le quotidien d'une salle de marché, justement, ou de ce travail dans les banques d'investissement ?
- Speaker #1
C'est assez marrant. Quand on pense salle de marché, on a des images qui peuvent venir de films. La réalité n'est pas forcément très éloignée de ça, en fait. On a des traders qui vont avoir beaucoup d'écrans devant eux. C'est des environnements qui peuvent être bruyants, qui le sont un peu moins aujourd'hui que ça l'était il y a quelques années. Après, ce qui reste, c'est que ce sont quand même des métiers qui sont très exigeants, qui sont assez difficiles, où il y a justement beaucoup, beaucoup d'informations et beaucoup de pression aussi.
- Speaker #0
Ce que tu expliques souvent, c'est que justement, dans ce milieu-là, puisque nous, on a eu des conversations où tu m'as initiée un petit peu, justement, à comment ça fonctionne, ce monde-là. Ce que tu expliques, c'est que le travail des traders reste incroyablement complexe. OK, il y a de la technologie, OK, il y a de l'informatique aujourd'hui, mais il y a beaucoup, beaucoup d'informations. chose que je ne savais pas, mais qui passe dans des Ausha propriétaires particuliers et très spécifiques. Pourquoi est-ce qu'autant d'informations passent par ces Ausha ? Pourquoi ces outils sont si centraux ? Et du coup, quel est le problème que ça pose aujourd'hui ?
- Speaker #1
Effectivement, quand on s'imagine les salles de marché, on voit bien les écrans, on s'imagine que les traders sont déjà bien équipés, que tout est essentiellement digitalisé, etc. Quand on s'assoit à côté d'un trader et qu'on regarde vraiment les écrans et comment est-ce qu'ils travaillent, on se rend rapidement compte que il y a beaucoup de logiciels qui sont un peu vieillissants, il y a beaucoup de choses qui restent manuelles, il y a beaucoup d'Excel aussi, il y a quand même beaucoup de choses qui restent manuelles. Dans la façon de fonctionner des marchés, ce qu'on voit aussi, en fait, on s'imagine que tout se fait de manière digitale, sur des bourses, etc. Mais peut-être pour te donner l'exemple du marché de change, on a commencé avec Toué sur les dérivés de change. C'est des marchés qui se font essentiellement de gré à gré. C'est des transactions qui se passent, par exemple, sur le marché interbancaire entre des traders de différentes banques, un trader à la BNP qui va faire des trades avec des traders qui sont chez Barclays, Goldman Sachs ou Natixis. Ces transactions se font suite à des échanges de tchats qui sont animés par des brokers, par des intermédiaires. Les traders ne se parlent pas entre eux, mais il y a ces brokers qui ont la mission justement de animer un petit peu le marché, donc de recueillir les besoins des différentes contreparties, de distribuer ces besoins là, de faire converger les prix aussi et de faciliter les transactions. Et ça, historiquement, ça se passait beaucoup à la voix. Ce qu'on voit, c'est que depuis Covid, essentiellement, ça a pas mal basculé sur le chat parce que les traders se sont retrouvés chez eux avec un setup un petit peu différent par rapport à ce qu'ils avaient en banque. Et donc, beaucoup de choses qui se faisaient directement au téléphone sont passées dans les Ausha, ce qui fait qu'il y a des volumes qui sont assez conséquents. En fait, on parle de centaines de messages de chat par heure et l'information qui transite dedans, c'est vraiment le volume est assez conséquent et l'information est critique parce que les prix qui sont échangés sont exécutables. Quand un broker partage un prix, le prix est généralement exécutable. Si le trader répond mine, le dit les faits c'est de l'information qui est vraiment critique qui est vraiment c'est le marché le tchat c'est le marché c'est devenu la nouvelle place des changes en fait Et ça, on le voit en banque d'investissement, mais on le voit aussi quand on regarde des asset managers, ce qu'on appelle le buy side. Donc, des équipes de trading vont, pareil, être en contact avec différentes banques qui leur proposent des choses. Et on est sur des volumes de chat qui sont énormes. Ça peut être 150, 200 fenêtres de chat ouvertes. Il faut imaginer ça un peu comme 150 conversations WhatsApp avec un flux de messages qui arrivent tout le temps. C'est juste inhumain. C'est très difficile de suivre un petit peu tout ça.
- Speaker #0
C'est de ce constat-là que tu as décidé de créer TwoWay, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'était un peu ça le problème de départ, qui est qu'il y a un volume conséquent de tchats et qu'il y avait peut-être quelque chose à faire avec la technologie. C'est ce qu'on fait avec TwoWay. On permet d'analyser tous les messages en temps réel, on transforme ça en données structurées et puis on intègre ça ensuite sur les workflows de pricing, de trading, pour permettre aux traders de traiter la totalité du volume, d'être un peu exhaustif par rapport à toute la donnée qu'ils reçoivent.
- Speaker #0
D'avoir la dernière information bien à jour, bien fiable, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement, oui.
- Speaker #0
Tu as une carrière... hyper solide dans cet environnement avant de se lancer et de créer Two Way, dans cet univers qui est quand même très structuré d'accompagnement des marchés financiers. C'est un constat, tu vois le pain point, tu vois qu'il y a quelque chose à faire, mais qu'est-ce qui te décide à basculer ?
- Speaker #1
Alors, c'est peut-être la séquence des événements, en fait, parce que moi, j'étais décidée à partir et lancer quelque chose. avant d'avoir trouvé l'idée. Donc en gros, sur mon parcours, j'ai fait une dizaine d'années sur de l'ingénierie financière, du product management, vraiment sur des sujets assez techniques, logiciels, marchés. Et ensuite, j'ai basculé un peu côté innovation. Donc j'ai passé six ans entre partenariat avec des startups et ensuite à la tête de l'innovation chez Finastra, qui est un grand éditeur de logiciels financiers. Et je me suis rendue compte qu'en fait, je vivais un peu l'entrepreneuriat par procuration. J'avais très envie de passer de l'autre côté, mais que je n'osais pas. Et puis à un moment, j'ai eu l'opportunité de partir. Et donc, je savais que je voulais le faire avant de savoir que ça allait être tout et l'analyse de mes sages, une solution pour les traders, etc.
- Speaker #0
Pour toi, la case entreprendre était une case obligatoire par laquelle passer, même si le contenu n'était pas hum... encore complètement définie.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Enfin, j'avais très envie de le faire, en fait. On en a un peu parlé. Enfin, moi, c'est un peu des raisons personnelles qui ont fait que j'ai perdu mon père à un moment, il y a quelques années. Et puis, j'ai beaucoup réfléchi à ce moment-là et je n'avais pas envie d'avoir de regrets. C'est un peu ça, le moteur qui a fait que j'avais sauté le pas parce que, justement, je ne voulais pas, sur mon lit de mort, avoir ce regret de ne pas avoir entrepris. Et donc... Ce n'était pas forcément une case absolument à cocher ou une expérience obligatoire. Cette envie de ne pas avoir ce regret-là et cette envie vraiment d'entreprendre. Je me suis dit, c'est le bon moment d'y aller. J'avais la possibilité de partir justement et donc de le faire. Et ensuite, il y a eu vraiment cet alignement de planètes où à la fois, il y a cette idée très spécifique. qui est venu de discussions avec un trader. Et il y a le fait que j'ai pu aussi avoir l'équipe qui partait au même temps de Finastra, donc de lancer tout ça ensemble. Donc à la fois l'idée, l'équipe, tout qui était prêt et voilà, c'était parti.
- Speaker #0
Donc ouais, en plus, t'avais les ressources et l'expertise avec toi au lancement pour t'aider à démarrer.
- Speaker #1
Oui, exactement, oui.
- Speaker #0
Vous étiez, tu m'as raconté, tu m'as expliqué, vous étiez quatre fondateurs au démarrage. Aujourd'hui, vous êtes trois. Ça, ça fait partie de la vie de lancement de startup, justement, surtout sur des solutions très spécifiques, très niches comme la tienne. Qu'est-ce que tu as appris justement sur les dynamines d'équipe en startup à travers ton expérience et puis à travers justement ce lancement, ce démarrage ?
- Speaker #1
Pour reprendre un petit peu l'histoire, nous, on était partis à quatre associés. Tous les quatre anciens finastras On s'était donné Trois ans trois ou quatre mois de test, un petit peu pour voir comment est-ce que ça fonctionnait entre nous et comment est-ce que la boîte allait avancer. Et je pense que c'était, a posteriori, c'était une très bonne idée d'avoir cette période de test. Ça a permis justement de voir, même si on se connaissait déjà d'avant, quand on avait travaillé ensemble, c'était intéressant de voir comment ça se passait dans un contexte startup très différent. Au bout de quatre mois, donc on est passé de quatre à deux personnes. Les deux autres sont partis pour des raisons différentes. C'est, en gros, il y a Raya, qui est incroyable, qui nous a accompagnés depuis le début sur tous les sujets design, design thinking, quelqu'un de vraiment brillant, et qui finalement, avec l'expérience, a décidé de passer plutôt sur, enfin revenir pas forcément en salariat, mais en freelance. Et ce qui est vachement important, on a tendance à sous-estimer, mais c'est le risque quand même qu'on prend quand on entreprend. Cette période de test a permis de tester ça et de... de faire son choix aussi. Puis il y avait Pierre aussi qui était avec nous au début, plus un profil technique. C'est quelqu'un de brillant par ailleurs. On avait travaillé ensemble avant. Mais donc, ce contexte-là, ça n'allait pas vraiment. On s'est arrêtés au bout de la période de test aussi. Ce qui fait qu'au bout de quatre mois, on s'est retrouvés à deux avec David. Du coup, mon CTO. Donc ça, c'était un peu les débuts, sachant qu'à un moment, on se cherche encore, on définit encore la boîte, on développe en même temps le MVP, on cherche ses premiers clients. Il y a beaucoup de choses qui se construisent en même temps. Aussi, l'identité de la boîte avec les associés, finalement, on n'est pas plus nombreux que ça. Et puis, un peu plus tard, il y a Guillaume qui nous a rejoints. Guillaume qui était aussi un ancien Finastra, donc on est tous passés par là. On se connaît bien. Guillaume qui apporte aussi 20 ans d'expérience dans le trading, qui a travaillé chez Bank of America, Rabobank, la Société Générale et d'autres, et qui nous a rejoints il y a plus de neuf mois en late co-founder. Donc aujourd'hui, on est trois associés. Le nombre d'associés a beaucoup fluctué, mais c'est ce qui fait aussi l'identité et puis la vie d'une startup.
- Speaker #0
Mais je trouve que tu le dis très justement et avec beaucoup de subtilité, c'est que même avec la meilleure volonté du monde, même avec la bonne expertise, c'est un changement fondamental que de lancer une société, que de s'associer, que de créer, que ce soit associer ou la lancer solo. C'est un changement d'identité personnelle au-delà de juste professionnelle. Il faut accepter d'être sur tous les fronts, surtout quand on lance from scratch. Tu l'as dit, chercher le client, les bons clients et les premiers clients, développer en même temps le MVP, trouver la bonne culture d'entreprise ou en tout cas le bon mode de fonctionnement, le bon positionnement aussi de l'entreprise. Tout ça, ce sont des choses à ne pas négliger quand on se lance et j'ai envie de dire que ça fait aussi partie du processus de création à proprement parler. Est-ce que ça match ? Est-ce que ça match pas ? Est-ce qu'on s'y voit ou est-ce qu'au contraire, les enjeux, la pression sont trop lourds à porter ? au quotidien. J'accompagne beaucoup, moi, d'entrepreneurs ou de personnes qui sont intrapreneurs et certains font le switch. Comme ça, justement, j'ai réussi à faire de l'intrapreneuriat, donc je me lance en entrepreneuriat et parfois ça ne marche pas parce qu'en fait, ils n'ont pas anticipé le tsunami que ça peut générer entre être salarié, avoir des gros postes, la responsabilité, puis tout à coup, ok, certes, être patron de la boîte ou patronne de la boîte, mais avec tout un tas d'autres choses, par les mêmes ressources, par les mêmes capacités et Merci. Tout à construire en même temps.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour ça aussi que c'est une expérience incroyable.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est le plus dur pour toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça dépend des jours, ça peut changer dans la journée aussi. J'ai l'impression qu'avec l'entreprenariat, on vit un petit peu tout en accéléré. Les difficultés vont être très différentes d'un jour à l'autre, les priorités changent rapidement. Ce que j'ai trouvé particulièrement difficile au début, c'est les montagnes russes de l'entreprenariat. vraiment les hauts très très hauts, les bas très très bas, et le fait que ça peut arriver deux fois dans la journée, et c'est quand même pas facile à gérer en fait. On met du temps à s'habituer à ça.
- Speaker #0
C'est pas parce que tout à coup il y a un bas très très bas qu'il faut tout jeter, tout arrêter, et c'est pas parce qu'il y a un super haut, un super milestone qui est atteint, que pour autant tout est gagné, il faut continuer à garder de l'énergie, et continuer à rester focus. Tu n'as jamais eu envie d'arrêter jusqu'à présent ?
- Speaker #1
Non, il n'y a pas de plan B. C'est la réponse courte.
- Speaker #0
C'est une philosophie. Non, il n'y a pas de plan B. Je reste focus. C'est une philosophie.
- Speaker #1
Il n'y a pas de scénario, ça ne marche pas. Il n'y a pas de plan B. Ça va fonctionner. Peut-être pas selon le plan initial, mais...
- Speaker #0
J'adore. Mais ça a le mérite d'être clair et puis très volontaire, en fait. Au contraire, qu'est-ce que tu préfères dans ton quotidien ? aujourd'hui par rapport à ce que tu pouvais avoir comme quotidien avant ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je ne répondrai pas tout à fait à la question d'une variante. Ce que je préfère vraiment, ce n'est pas quotidien parce qu'on ne va pas forcément voir les traders tous les jours. Ce qui me donne énormément d'énergie, c'est le fait de voir à chaque fois les retours de traders. Quand on arrive, depuis le début d'ailleurs, c'est quand on arrive avec un prototype qui fonctionne à peu près. Nous, on voit tout ce qui reste à faire, toutes les choses qui ne fonctionnent pas encore. Et qu'on commence à montrer ça et avoir des retours utilisateurs, qu'on voit des gens qui sont extrêmement enthousiastes parce qu'ils se projettent, parce qu'ils voient la façon dont ça va impacter leur quotidien, justement. C'est vraiment ça qui donne l'énergie de continuer, en fait, et qui donne envie de continuer à avancer, continuer à développer des choses. Le fait aussi qu'on soit sur, finalement, on est sur une niche, une industrie qui est très... très spécifique, qui n'est pas forcément très accessible. La barrière à l'entrée est un peu compliquée, mais ça fait aussi qu'il y a beaucoup de vieux logiciels qui existent depuis 20-30 ans, qui font beaucoup de choses. Et je ne dis pas non plus qu'on va les remplacer. Avec la technologie, il y a énormément de choses qu'on peut apporter. Plus on creuse, plus on se rend compte de tout ce qu'on pourrait faire, en plus de toutes les choses qu'on peut construire en plus. Et donc, c'est un peu à la fois le fait de voir l'impact et l'utilité de ce qu'on fait, et ensuite tout ce qu'on pourrait construire en plus autour de ça. Et donc, c'est un peu ça qui donne de l'énergie.
- Speaker #0
D'accord. Ce côté crée de la valeur assez rapidement, mais de rien grâce à cette expertise et grâce à cette connaissance terrain et cette connexion aux besoins utilisateurs, en fait. Cet impact.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Entreprendre, on le disait juste un peu avant, c'est quand même beaucoup d'incertitude. Qu'est-ce qui t'aide, toi, à... tenir dans la durée. Donc il y a cet impact et cette création de valeur que tu évoques. Mais qu'est-ce qui t'aide ? Est-ce que t'as un mantra ? Est-ce que t'as une habitude ? Un rituel ? Quelque chose ?
- Speaker #1
J'ai pas de rituel particulier en fait. Je pense un truc qui m'aide en fait un peu inconsciemment, c'est le fait de... Je me rends compte assez régulièrement de la chance que j'ai de faire ce que j'aime, d'avoir justement franchi le pas, être passée de l'autre côté comme tu disais. Après des années de envie, où justement je voulais y aller mais je ne l'avais pas fait. Et donc aujourd'hui, j'apprécie d'autant plus la chance que j'ai de pouvoir le faire. Et j'apprécie aussi particulièrement le fait de le faire avec l'équipe. Avec ta compagnie. Et la première personne avec qui on travaille. Donc c'est vraiment, je pense que c'est des moments de gratitude. Ça peut arriver à n'importe quel moment, mais juste un call d'équipe où je me dis à mes soutiens. C'est tellement bien quand même. C'est chouette. C'est le fait d'apprécier finalement aussi le quotidien, le fait de le faire, des petites choses. Je dirais que c'est principalement ça.
- Speaker #0
Cette gratitude d'avancer, de voir que ce que tu avais imaginé prend vie, prend forme avec les personnes autour de toi et qu'ensemble vous faites bouger les choses, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Le fait de travailler finalement avec une équipe qu'on apprécie, où on apprend tous les jours, on fait des choses intéressantes, on voit l'impact. Côté client aussi, tout ce qu'on pourrait construire. Donc la vision et l'ambition finalement qui grandissent tous les jours. C'est tout ça qui vient donner l'énergie de continuer tous les jours.
- Speaker #0
Ce n'est que le début, si je comprends bien. Que le début et de toute façon, c'est le plan A. Il n'y a pas de plan B parce que ça ne peut que marcher. C'est une détermination qui est juste dingue quand même.
- Speaker #1
Oui, il y a à la fois cette détermination. Moi, quand je le fais, il n'y a pas de plan B réellement. On va y arriver. Et en même temps, en l'analysant objectivement dans la vie de n'importe quelle startup. Il y a 100 façons d'échouer, en fait. Donc on sait aussi qu'il y a des risques, il y a énormément de risques, il y a beaucoup de choses qui sont aussi indépendantes de notre volonté et qui peuvent faire que ça s'arrête demain. Mais ça n'empêche qu'il y a cette détermination d'aller toujours de l'avant et s'il y a des difficultés, de les contourner aussi, de trouver des solutions et d'avancer.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de personnes qui rêvent d'entreprendre, surtout depuis quelques années, où on voit ce boom de freelance, d'entrepreneurs, de solopreneurs aussi, et puis ce monde des startups. qui attirent et qui envoient beaucoup de paillettes, mais beaucoup exitent avec ce recul-là de quelques années. Quels conseils tu partagerais justement à ces personnes qui en rêvent ?
- Speaker #1
Chaque expérience est différente. Au final, chaque chemin est différent. Mais si on a l'envie d'y aller, je pense qu'il faut y aller. Et il faut se faire confiance et puis tester au final. On peut se rendre compte justement que ça ne va pas du tout. C'est très différent de ce qu'on imaginait. Il y a beaucoup de fantasmes aussi autour de l'entreprenariat. Mine de rien, c'est très difficile. Le fait d'y aller permet de se faire sa propre opinion, sa propre expérience, de voir si ça convient ou pas, si c'est quelque chose qu'on veut continuer de faire ou pas. Mine de rien, en France, il y a quand même énormément de sécurité. L'une des choses qui m'a permis de sauter le pas, c'est d'avoir pu partir en culture conventionnelle. pu toucher le chômage pendant un certain temps. Et ça, ça sécurise justement cette phase de test. On peut toujours tester, voir, apprendre. C'est une super expérience. Soit ça fonctionne et on trouve son bonheur et on continue. Et dans ce cas-là, c'est merveilleux. Soit on peut se rendre compte que ce n'était pas fait pour nous et on passe à autre chose. Et l'expérience justement de Two Way montre un petit peu ça. Les premiers associés qui finalement sont passés à autre chose se sont rendus compte que ça n'allait pas, mais il n'aurait jamais su s'il n'avait pas essayé. Donc, il faut le faire.
- Speaker #0
Il y aurait toujours été dans ce j'aimerais, je veux, mais pas... Ce vœu pieux d'idéaliser, en plus, la plupart du temps, mais qui ne correspond pas à la réalité. Donc, la meilleure solution...
- Speaker #1
Exactement. Et ça peut être justement l'expérience qui permet de tester autre chose, de se rendre compte que... finalement, ce qui nous plaît, c'est de travailler dans un grand groupe où on voyage, on a une exposition internationale, par exemple, où on a des responsabilités, on a des grandes équipes, ce qui n'est pas le cas tout de suite en startup. Ça peut permettre aussi de mieux apprécier le monde un peu plus corporate.
- Speaker #0
La balance, l'équilibre qui se fait. C'est bien, justement, de passer d'un côté ou de l'autre. En tout cas, je retiens aussi ce que tu disais de j'avais envie, je ne voulais pas avoir le regret, qui est important. Pour terminer un peu cet entretien, qu'est-ce que tu dirais à la Chirine d'il y a 10 ou 15 ans ?
- Speaker #1
Alors la Chirine d'il y a 10 ou 15 ans, elle n'était pas du tout dans l'entrepreneuriat. Je pense qu'à l'époque, je savais même pas ce que c'était un business plan. Et ça ne m'intéressait pas non plus. Autant les dernières années où j'étais dans l'innovation, je voulais vraiment passer côté start-up. Autant avant, ce n'était pas du tout un sujet. Je n'ai pas de message particulier en fait. C'est...
- Speaker #0
continue, suis ton chemin et c'est ce qui te mènera.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Et quel serait ton mot de la fin alors, Chérine ? Dis-moi. Je te laisse le dernier mot avant de conclure de toute cette expérience de toué, de maman, ce monde du marché financier qui est quand même très particulier.
- Speaker #1
Dis-moi de la fin. Moi, je pense à un truc qui est quand même génial et qui fait qu'aujourd'hui, j'apprécie énormément ce qu'on fait, c'est le fait de vraiment apprécier nos clients. dans le sens les utilisateurs si j'ai un conseil vraiment pour les gens qui se posent la question de l'entrepreneuriat ou de se lancer c'est vraiment de choisir un domaine où ils ont beaucoup d'empathie pour leurs clients humains la personne qui va utiliser le produit ou le service parce que c'est ce qui fait que demain vous aurez envie de leur créer des choses des solutions développer des choses pour eux de travailler avec eux etc et moi je pense finalement Dans le cas de Tuwe, c'est le fait que moi, j'adore travailler avec les traders. C'est des gens qui sont extrêmement smarts, qui sont aussi très directs, qui vont dire quand ça ne va pas ou quand ils aiment ou ils n'aiment pas. Qui, malgré l'image qu'on se fait d'eux, qui sont souvent très pédagogues. J'ai eu énormément de... Le nombre de fois où on a été voir un trader qu'on rencontrait pour la première fois. qui prenaient le temps en fin de journée. On voyait que la journée a été longue et pénible et qu'ils prenaient une heure pour nous expliquer ce qu'ils faisaient, son job, etc. Donc, c'est des gens qui sont, mine de rien, très ouverts, qui prennent le temps de partager, qui sont très smarts. Moi, je le retrouve plein de qualités. C'est ce qui fait que j'apprécie énormément ce que je fais parce que j'apprécie les gens pour qui je travaille, finalement, et pour qui je développe des choses.
- Speaker #0
qui te proposent justement de la valeur, de venir compléter cette valeur, de leur faciliter leur quotidien.
- Speaker #1
Et ça, ça s'applique un petit peu, quelle que soit l'industrie ou le monde dans lequel on travaille. Il faut vraiment apprécier les gens pour qui on construit des choses. Sinon, au bout d'un moment, à la fois, on n'a pas l'empathie de se mettre à leur place, de voir comment les aider. Et en plus, on risque de se démotiver, de ne pas vouloir continuer là-dessus. Je reviendrai sur le point d'avant qui est d'oser et puis de... de bien choisir une idée ou un cas où vraiment on a de l'empathie pour les gens pour qui on construit des choses.
- Speaker #0
Une vraie connexion à l'autre et à ses utilisateurs qu'on a envie de servir. Merci beaucoup, Chérine. Il y a une chose que je retiens, moi, de cet échange, c'est que tu n'as pas entrepris parce que tout était clair, parce que c'était cool, parce que c'était tendance. Non, pas du tout. Tu as plutôt entrepris parce que... Tu n'avais pas envie de vivre avec ce regret de ne jamais avoir osé franchir le cap, tout en prenant le risque de « peut-être que ça ne me conviendra pas » . Avec cette lucidité-là, je trouve, et cette conscience-là de dire « ok, pas de plomber, mais je veux tenter, quand bien même cela ne me plairait pas, mais je veux quand même y aller » . C'est vrai qu'on parle beaucoup de stratégie, de timing, de marché de produits. Bien sûr, c'est capital, mais entreprendre, par essence, c'est quand même un peu, même beaucoup... de la folie, à l'heure où la gestion de risque, justement, prime sur toutes les décisions, y compris dans ce monde où tu nous as ouvert un peu les portes, là, quelques instants, et d'ailleurs, encore merci, il faut un sacré brin de folie à préserver, de détermination pour aller jusqu'au bout, pour faire d'aussi grandes choses. Je vais retenir ça, détermination, déterminer, c'est vraiment un mot, quand je t'écoute, qui me vient à l'esprit. Merci beaucoup ! Kérine, ça a été un plaisir de t'avoir. Je me permettrais de mettre le lien vers ton profil LinkedIn dans les commentaires de l'épisode si on en veut justement d'en savoir plus sur comment fonctionnent les salles de marché. Je suis certaine que tu auras plein de choses encore à nous apprendre. Et quant à nous, nous nous retrouvons la semaine prochaine pour un nouvel épisode, bien évidemment. Et si vous avez aimé cet épisode, abonnez-vous, partagez-le autour de vous, puis surtout continuez à vous poser les bonnes questions. À très vite et encore merci Kérine.
- Speaker #1
Merci à toi, Johnny.
- Speaker #0
A toi qui écoute cet épisode, je le répète souvent, Reset Your Mind n'est pas un espace pour performer plus. coûte que coûte. C'est un espace pour déprogrammer ce qui a tenu trop longtemps sous l'eau. Les fausses obligations, les exigences qui ne sont pas les tiennes, les rôles que tu as endossés pour être à la hauteur. Ici, nous ne cherchons pas à améliorer pour améliorer, nous invitons à refaire surface, à libérer de l'espace dans la tête, à relâcher la pression inutile et tout ce qui fait que l'on t'a fait croire que tu devais serrer les dents pour avancer, pour avoir de la valeur, pour mériter ta place. Reset your mind, c'est un lieu où on remet du fun, de la légèreté du vrai et surtout où tu redécouvres cette évidence simple, oubliée pour ton fondatrice, tu es assez, déjà assez pour créer une vie personnelle et professionnelle qui te ressemble vraiment Si cet épisode t'a plu, alors n'hésite pas à le commenter ou le noter sur ta plateforme préférée ou tout simplement le faire suivre à une personne qui aurait besoin de l'entendre. Parfois, il suffit d'un micro-pas pour changer fondamentalement de point de vue. Et puis, Reset Your Mind commence à être connu. Alors j'ai très envie de voir jusqu'où nous pouvons aller ensemble. À la semaine prochaine !