- Speaker #0
Bonjour, bienvenue chez Reset Your Mind. Aujourd'hui, nous allons parler argent et patrimoine, car je sais à quel point ce sujet reste toujours assez sensible à évoquer. C'est vrai, après tout, on parle souvent d'amour, de projets, de construire à deux, mais beaucoup moins d'argent et encore moins de droits, et presque jamais de ce qui se passe lorsque ça devient vacillant. Pourtant, un couple sur deux ignore les règles de son propre régime matrimonial et comme l'a si judicieusement précisé mon invité, un mariage, ça finit toujours mal. Soit un décès, soit un divorce. Malgré tout, les décisions patrimoniales majeures sont prises à l'aveugle jusqu'au jour où la réalité juridique frappe, rattrape l'histoire personnelle. Trop tard, trop cher, trop long. Et si le droit n'était pas seulement là pour réparer, mais aussi pour préserver, pour prévenir ? Aujourd'hui, je reçois Maître Chloé Belloy. qui est avocate en droit pénal et droit de la famille, femme d'affaires aux facettes, elle pratique entre Paris et les Émirats. Après 13 années à voir des couples découvrir trop tard les conséquences de décisions prises sans accompagnement, elle a décidé de prendre le problème à l'envers et de lancer Moneday, la première plateforme de conseil juridique préventive dédiée aux couples et aux familles. Et vous me connaissez maintenant, vous savez à quel point j'aime voir les choses un peu à l'envers. ou en tout cas de voir les deux facettes d'une même situation. L'ambition de Chloé est simple mais radicale. Remettre de la clarté, du droit, de la conscience, avant que les conflits apparaissent. Alors dans cet épisode, forcément, nous allons parler argent, dans le couple, de droits d'actifs, de transmission, d'ignorance, qui coûte souvent très cher et envenime des situations suffisamment laborieuses, mais surtout ce qui change lorsqu'on décide enfin de savoir et de reprendre le lead aussi sur cette partie-là. A toi qui écoute cet épisode, je le répète souvent, Reset Your Mind n'est pas un espace pour performer plus coûte que coûte, c'est un espace pour déprogrammer ce qui a tenu trop longtemps sous l'eau, les fausses obligations, les exigences qui ne sont pas les tiennes, les rôles que tu as endossés pour être à la hauteur. Ici, nous ne cherchons pas à améliorer pour améliorer, nous invitons à refaire surface, à libérer de l'espace dans la tête, à relâcher la pression inutile et tout le tout ce qui fait que l'on t'a fait croire que tu devais serrer les dents pour avancer, pour avoir de la valeur, pour mériter ta place. Reset Your Mind, c'est un lieu où on remet du fun, de la légèreté, du vrai et surtout où tu redéco cette évidence simple, oubliée pour ton fondatrice. Tu es assez, déjà assez pour créer une vie personnelle et professionnelle qui te ressemble vraiment. Bonjour Chloé, je suis enchantée de t'avoir à mon micro.
- Speaker #1
Bonjour Stéphanie, merci beaucoup de me recevoir.
- Speaker #0
J'aime régulièrement faire des épisodes dédiés à des parcours inspirants, des thématiques connexes à ma thématique de cœur, qui est plutôt le leadership, le monde du travail. Je décide de mettre des parcours de femmes inspirantes à l'honneur. Et lorsqu'on s'est rencontrées, effectivement, j'ai tout de suite été inspirée par la manière et l'énergie que tu dégages, la manière dont tu prends ce sujet, dont tu adresses ce sujet, avec beaucoup de... de conviction, mais aussi beaucoup de positif.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est un peu dans mon mindset. On dit souvent, t'es avocat, tu sais, on dit souvent, t'as les avocats conseils, ceux qui ne portent jamais leur robe d'avocat à part, c'est des blagues entre avocats à part, à la rentrée du barreau, une fois dans l'année, ou leur prestation de serment, peut-être parfois c'est tout dans leur vie d'avocat, et les avocats de palais, les avocats contentieux, donc ceux qui vont plaider. Donc on te dit, ah oui, si t'es avocat contentieux, tu aimes le conflit, t'aimes la bagarre, alors je pense pas que ce soit la réalité. Tu n'as pas peur du conflit quand tu es avocat, évidemment, puisque ton but, c'est de les gérer. Mais pour autant, c'est encore mieux quand ça se passe bien. Donc, essayer de trouver des solutions rapides pour nos clients. Moi, un conflit qui s'éternise, je trouve ça délétère pour tout le monde.
- Speaker #0
Ça, ce que tu viens de dire là en quelques mots, c'est un peu toute ta philosophie et toute ton mindset qu'on retrouve aussi à travers les sujets sur lesquels tu te bases, qui a amené ta carrière. Mais avant de rentrer dans ta carrière, qui est Chloé Belloa derrière le maître ?
- Speaker #1
Alors d'ailleurs, le maître qui n'est pas un double maître. Moi, je suis née à Châteauroux, dans le centre de la France, de parents qui n'étaient pas du tout avocats. Je crois qu'il n'y avait même pas un seul avocat dans ma famille. Et je me rappelle très bien d'une amie de mes parents qui était avocate, plutôt pénaliste, et de mon père qui m'a dit un jour, « Surtout, ne fais pas ça, ce n'est pas du tout un métier pour une femme. » Je ne sais pas si c'est l'esprit de contradiction qui était déjà bien présent. mais du coup c'est le métier que j'ai choisi je suis arrivée à Paris j'ai fini mes études à Stan parce que j'en avais assez marre de la vie Castel-Roussine donc je suis arrivée toute seule à Paris à 16 ans et mon rêve c'était d'être actrice de faire les cours Florent donc le deal que j'avais trouvé avec mes parents c'était ok tu fais les cours Florent mais tu fais quelque chose de sérieux à côté donc je me suis inscrite à ASS et j'ai fait mes études de droit qui m'ont passionnée Vraiment, j'ai découvert ce monde et j'ai adoré. On peut imaginer les grands amphis, des professeurs incroyables qu'on avait la chance d'avoir. Et puis, finalement, dans ces sujets où je n'étais pas la plus mauvaise, je me suis laissée prendre au jeu. Tout en continuant le cours Florent en cours du soir. Et puis, un jour, quand il a fallu décider entre l'acteur studio à New York et un stage chez Kelly Dry et Warren dans un cabinet d'avocats à New York, j'ai fait le choix du cabinet d'avocats. Et puis, je ne regrette pas du tout, d'ailleurs.
- Speaker #0
Est-ce que ces deux passions t'ont pas un peu servi quand même ? Parce que ce côté prestance, jouer un rôle quand on est avocat et que l'on plaide. il y a quand même aussi des ponts. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Exactement, il y a des ponts. Et je me rappelle Francis Piner, qui est l'un des premiers avocats avec qui j'ai travaillé, qui m'avait dit « Moi, j'aime ce métier parce que ça te permet d'avoir mille vies en une vie. » Et c'est vrai que quand tu es acteur, actrice, tu es quand même au service du réalisateur. C'est-à-dire que, alors évidemment, ça dépend du réalisateur, mais tu es au service d'un texte, d'une histoire qui a été écrite par quelqu'un d'autre. Et quand tu es avocat, tu as un réel pouvoir d'action finalement dans la vie des gens, dans l'histoire qu'on te raconte, la manière dont tu vas interagir avec tes clients, pas seulement la décision de justice, parfois des simples mots pour apaiser quelqu'un, quel côté qu'il soit, ça peut changer des trajectoires humaines, ça peut dénouer un dossier. Et je pense que c'est ce qui m'a convaincue entre les deux, c'était l'impression de pouvoir être utile par l'outil du droit. Et évidemment, avec ce jeu de rôle que tu peux avoir devant une juridiction, mais aussi ce rôle que tu peux avoir différemment en fonction des clients, de leurs besoins, de ce qu'ils vont avoir besoin d'entendre comme accompagnement. Et ça, je trouve que c'est magique dans mon métier.
- Speaker #0
Tu démarres ta carrière dans le droit pénal. Petit à petit, tu complètes plutôt dans le droit de la famille. Pourquoi ?
- Speaker #1
Alors en fait, déjà, j'ai commencé par le droit des affaires, parce que j'avais été sélectionnée pour un magistère droit des affaires. Tout le monde voulait faire des fusions acquisitions, et moi dans la classe de 30, je répondais toujours, et vous, vous voulez faire quoi ? Actrice ? Je me rappelle que la prof avait dit à l'époque, le CRFPA, ça vous sera hyper utile, donc l'examen d'entrée à l'école d'avocat, ça vous sera super utile quand vous serez actrice. Parce que j'ai encore le mail d'ailleurs. Donc tout le monde cherchait les stages dans les gros cabinets, et puis moi j'avoue que franchement, tout ce qui était contrat... Ce n'était pas vraiment mon truc, j'avais besoin de l'humain. J'ai quand même fait un stage dans un gros cabinet, qui est le premier qui m'a donné ma chance d'ailleurs, parce que, encore une fois, je ne connaissais absolument personne. Chez Auguste et Debouzy, mon confrère Camille et Eric m'ont dit « Ok, viens » . C'était mon premier stage en contentieux, donc c'était contentieux arbitrage et propriété intellectuelle, et avec des gros clients qui étaient plutôt des corporate, des sociétés. Et c'était passionnant, mais c'est vrai que je n'avais pas accès aux clients. Évidemment, j'étais stagiaire. Je me suis rapidement dit, ce n'est pas tellement pour moi. Et donc, j'ai cherché mon stage final à cette époque. Et c'est là où je suis arrivée chez Francis Piner. Là, j'ai 22 ans, je suis aux A6 pour le procès Carlos. C'est extraordinaire. Et là, je me dis, c'est exactement ce que je veux faire. Et puis, au fur et à mesure, un peu comme on a eu en droit social, le droit pénal avec le harcèlement et tous ces sujets-là, on a eu malheureusement dans le... beaucoup de pénales de la famille, des violences, on en parle beaucoup aujourd'hui, mais il faut réaliser qu'il y a 13 ans, ce n'était pas du tout le cas. C'était vraiment des épiphénomènes et ce n'était pas géré en parallèle. Donc on avait vraiment les deux segments. Aujourd'hui, quand on parle de protection des violences avec des ordonnances de protection, avec des sujets hybrides entre droit pénal et droit civil, ça n'existait pas, ou en tout cas très peu pas dans les mêmes conditions à l'époque. Et donc, au fur et à mesure, on envoyait ça à beaucoup nos dossiers. de droits de la famille à d'autres confrères. Et ce qui était plus compliqué parce qu'on perdait en réalité la gestion d'une partie du dossier, d'un accompagnement du client. Et donc, je me suis formée au fur et à mesure sur le sujet du droit de la famille. Et puis, aujourd'hui, je fais vraiment droit pénal et droit de la famille. Et malheureusement, souvent, ces sujets sont…
- Speaker #0
Très connu. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
En fait, tu as vraiment identifié les liens, les ponts entre ces deux sujets et ici. compléter cette expertise parce que sinon tu te retrouvais bloqué par moment à pas pouvoir adresser j'imagine comme tu le souhaitais.
- Speaker #1
Je trouvais que je perdais vraiment dans la connexion humaine et dans le rapport que j'avais avec mon client tu vois à la rigueur si tu dis sur un sujet je vais avoir besoin et ça arrive très souvent de l'avis d'un fiscaliste de l'avis de quelque chose de... ça va pas vraiment gêner le sujet humain mais en revanche c'est tellement imbriqué dans les affaires de violence parfois des questions basiques mais on va y revenir d'argent Ok, je suis victime de violence, mais je n'ai pas les moyens de partir. On fait quoi concrètement ? Comment ça va se passer ? Si tu n'es pas capable d'adresser ces sujets-là et de comprendre comment ça va fonctionner, ne serait-ce que la chronologie de répondre à ces inquiétudes-là, oui, je trouve que tu n'es pas efficace dans ton métier. Donc, si tu n'as pas la compréhension globale... Moi, j'avais l'impression d'être défaillante dans le conseil que je donnais à mes clients.
- Speaker #0
Et en 2026, justement, parce que tu disais, il y a 13 ans, on n'en parlait pas tant que ça. Aujourd'hui, 2026, malheureusement, on en parle quand même plus. Heureusement qu'on en parle plus, mais malheureusement, ça veut dire aussi qu'il y a encore beaucoup de situations très compliquées. Qu'est-ce que tu vois encore le plus aujourd'hui en 2026 chez les couples et dans les familles, justement ?
- Speaker #1
Alors, ce serait difficile de dire ce que je vois le plus, mais en tout cas, je vois beaucoup de choses. frustration. On a quand même des chiffres qui sont énormes, un couple sur deux qui va divorcer et des procédures, quand les gens ne trouvent pas un accord, qui sont extrêmement longues, 3 ans, 5 ans, 10 ans pour divorcer. C'est ce que je dis souvent, mais à une époque où ta question c'est de savoir si tu veux faire un Amazon Prime ou un Amazon normal pour avoir ta livraison le jour même, ou dans l'heure, ou le lendemain, quand tu dis à ton avocat on a pris la décision, on veut divorcer, on te dit ok, mais si vous n'êtes pas d'accord... ça peut prendre 3 ans, 5 ans, 10 ans, qui est parfois 2 fois, 3 fois, 4 fois la durée du mariage. C'est compliqué. Donc ce temps judiciaire décorrélé du temps humain, c'est une vraie difficulté. Et ce que je vois beaucoup, en tout cas dans tous les cas, c'est des frustrations parce qu'il y a des incompréhensions au départ. Et moi, c'est vraiment pour ça que j'ai créé Money Date. C'est que souvent, les gens, comme ils n'ont pas compris leurs droits, quand tu viens voir l'avocat au moment de la séparation ou au moment d'un décès, comme tu en parlais tout à l'heure, et que tu comprends enfin ce qui va se passer parce qu'enfin, tu n'as plus le choix. Maintenant, il faut regarder ce qui va se passer. Il faut t'y intéresser. Là, ça peut être des situations catastrophiques. Et en fait, cette découverte-là, accompagnée de l'émotionnel, soit de la perte, soit de la séparation, qui est dans tous les cas un deuil aussi, parce que tu fais le deuil de ta vie de famille, le deuil de tes... de tes projets, de ce que tu avais projeté, imaginé, c'est très compliqué d'arriver à une solution rationnelle pour se projeter dans l'avenir. Tu as même des clients qui sont incapables quand tu leur demandes comment vous imaginez, même ce serait quoi votre meilleure issue. Ils n'ont tellement pas anticipé, ils n'ont tellement pas voulu voir l'option 2 qu'ils sont totalement bloqués. C'est extrêmement compliqué.
- Speaker #0
Parle-nous justement un petit peu de Money Date. Parce que là, en fait, de ce constat-là, de cette temporalité-là, de cette méconnaissance, la frustration est forcément envenimée, est forcément amplifiée. Et toujours là, tu as décidé du coup de créer Money Date pour venir en amont de cette situation qui pourrait potentiellement être un contre-courant de ton business, mais pas du tout.
- Speaker #1
Oui, en fait, je me suis dit deux choses. Je râlais souvent. Moi, j'aime bien râler. C'est mon côté très français. mais dans le bon sens du terme, c'est-à-dire que j'aime bien râler, mais pour trouver des solutions. Je suis assez solution-driven, ce qui est d'ailleurs une erreur qu'on apprend, on en parlera peut-être plus tard, mais sur les modes alternatifs qu'on développe aujourd'hui dans la médiation, quand tu es un médiateur, c'est très compliqué de ne pas aller forcer vers la solution et de la laisser émerger par les parties elles-mêmes. Mais du coup, face à ce constat, c'est mon indignation, tu vois, j'endorme son, je me suis dit, j'ai deux solutions. page. je peux dire, je vais m'en plaindre et puis je laisse mes clients comme ça et puis tant pis. Soit je me dis, écoute, tu fais tout le temps le même constat. Pourquoi tu n'essayes pas de prendre le problème à l'envers ? Comment tu pourrais faire autrement pour que les gens n'arrivent pas dans ton bureau sans connaître leurs droits ? Et donc, je me suis dit, ça passe par l'éducation comme énormément de choses. Et donc, il faut que j'amène cette connaissance aux gens. Alors, ce n'est pas un sujet rigolo, c'est hyper tabou, ça n'intéresse personne, ce n'est pas sexy. Ok, mais je me suis dit, si on n'essaye jamais de l'aborder, et puis ça peut être abordé de manière quand même un peu légère, obligée d'être avec des tableaux Excel insupportables et des rendez-vous dramatiques. Voilà, on peut l'aborder d'une manière plus détendue. Et c'est pour ça que j'avais trouvé le nom Money Date. C'était d'essayer de présenter, vraiment essayer de parler de droits et d'argent, mais dans un contexte sympa. Ça n'a pas à être anti-sexy ou horrible. brisons ce tabou. Et c'est hors de ce constat que je me suis dit, je vais essayer d'éduquer les gens, d'apporter cette information avant pour que les choses se passent autrement.
- Speaker #0
Si je te posais cette question de si MoneyDate n'existait pas, qu'est-ce que les gens continueraient à perdre sans le savoir ? Qu'est-ce que les gens qui ne prennent pas ce date, ce MoneyDate, vont continuer de perdre sans le savoir ? Quelques exemples.
- Speaker #1
Beaucoup de temps et beaucoup d'argent.
- Speaker #0
Beaucoup de points de vie aussi, de sérénité, je pense.
- Speaker #1
Ah ouais, je pense que, évidemment, la charge mentale d'un contentieux, les gens sous-estiment, mais parfois, quand tu reçois les conclusions adverses, nous, on a l'habitude en tant qu'avocat, les gens vont se focaliser sur un détail que le juge ne regardera même pas. Ils s'en foutent totalement, ça ne va pas l'aider à la décision. Mais toi, de lire de la partie en face que je ne sais pas, tu es un mauvais parent, c'est extrêmement violent. Une cliente me disait hier, tu épouses quelqu'un, une fois que tu es divorcée, tu rencontres une autre personne. Il y a beaucoup de déceptions là-dessus. Et à la rigueur, quand tu as compris les règles du jeu au départ, bon, tu en fais ton affaire, tu les acceptes. Par amour, tu peux accepter énormément de choses. Mais quand tu ne veux pas voir les règles du jeu parce que ce n'est pas romantique. C'est un peu comme sauter sans parachute. Forcément, la chute, elle risque d'être extrêmement douloureuse.
- Speaker #0
Il y a vraiment aussi ce jeu de posture, de rôle, où chacun, justement, se détache. Et ces pics, ces pointes qui peuvent être échangées peuvent faire énormément de mal.
- Speaker #1
Énormément. Et puis, il ne faut pas... On en parle moins, mais dans les violences... parler plus évidemment des féminicides, on va parler des violences physiques, on commence à parler des violences morales, de tout l'impact, aussi burn-out, c'est tout ce qu'on peut vivre dans le travail qui a longtemps été ignoré, parce que comme ça n'est pas visible, c'est plus difficile à caractériser, mais on a aussi tout le sujet dont on parle moins, des violences financières. Moi, quand j'ai encore des gens qui viennent devant et qui me disent qu'ils n'ont même pas de compte personnel...
- Speaker #0
Tu sais que c'est compliqué, ça va être compliqué sur cette base-là.
- Speaker #1
C'est quand même très difficile. Et dans toutes les situations, c'est-à-dire que je ne parle même pas d'une séparation, mais c'est ce que je dis souvent à mes clients, imaginez demain, on n'est pas dans le divorce, mais votre époux ou votre épouse décède. Vous ne connaissez rien de la gestion de votre famille. Vous ne savez pas combien coûte le loyer, s'il y a des emprunts, où sont les comptes bancaires, la complexité de ça, parce qu'on n'a pas voulu aborder le sujet, sans même parler d'un couple qui va extrêmement bien. Ça peut mettre vraiment les gens dans des situations très dangereuses et très difficiles à vivre.
- Speaker #0
Ce côté ne pas savoir, même s'il ne se passe rien de désagréable, c'est quand même compliqué. Un accident de vie, ça peut arriver, une hospitalisation d'urgence ou un déplacement qui se prolonge parce qu'on est coincé, il n'y a plus d'avion pour rentrer ou que sais-je, ça arrive. Monnaie d'aide, concrètement, à qui est-ce que c'est dé... destinée ? Parce que très souvent, quand on aborde ces sujets-là, moi je sais que dans mes coachés, par exemple, on dit très régulièrement sur ces sujets d'argent ou de négociations salariales, oui, non, mais je ne suis pas assez haute, je n'ai pas assez d'économie, je n'ai pas assez de biens, propriétés ou autres pour adresser ces sujets-là. Mais à qui est-ce que c'est destiné ? Et qu'est-ce que vous y faites concrètement dans ces échanges, dans ces rencontres ?
- Speaker #1
Alors, c'est destiné à tout le monde. C'est-à-dire que tu sois célibataire, paxé, en concubinage, en train de te séparer, fiancé, toutes les situations, même célibataire, ça veut dire que tu vas potentiellement un jour avoir un héritage, je sais pas, tu veux pas que telle personne en bénéficie ou autre, toutes les personnes sont concernées. À partir du moment où tu es majeur et où tu as, je veux dire, un euro sur ton compte bancaire, le droit va s'appliquer à toi que tu le veuilles ou pas. Donc ça intéresse tout le monde. Il n'y a pas de différence de genre, il n'y a pas de différence de quelle que soit ta sexualité, la forme de ton couple, ton régime matrimonial si tu es marié. Ça intéresse tout le monde. Ça vraiment, le public est extrêmement large et il n'y a pas non plus de frontières puisqu'on en parlera peut-être un moment, mais évidemment aujourd'hui, où tu as des populations de plus en plus nomades qui vont travailler un peu partout et des éléments, ce qu'on appelle d'extranéité. des doubles nationalités, un bien à l'étranger, un mariage qui a évolué ailleurs, une expatriation. Tu as de plus en plus de sujets complexes juridiques, mais dans chaque pays, tu as des règles différentes. Le droit international privé existe et donc, le droit va s'appliquer à toi que tu le veuilles ou non.
- Speaker #0
C'est hyper important de le rappeler, parce qu'effectivement, aujourd'hui, on est beaucoup plus nomades, on bouge, on se marie pas que dans son pays, on se marie avec des personnes de nationalités différentes. effectivement ça se complexifie énormément et pour peu qu'il y ait des enfants qui arrivent et encore une fois même si tout va bien même dans le meilleur des mondes qu'est-ce qui se passe s'il y en a un des deux qui décède justement par un gros enfant ce genre de choses les assurances tout chaque jour tu vas avoir des gens qui confrontaient une situation de la vie à un imprévu vont être obligés de regarder et de se dire ah ouais mais en fait c'est arrivé à des clients quand il y a
- Speaker #1
pas longtemps, on faisait leur testament aux Émirats. On regarde, ils me disent, bah oui, mais ça, on a des assurances sur les prêts. Je dis, ok, bah envoie-moi les documents, on va regarder. Les assurances qui payaient depuis 10 ans, elles ne fonctionnaient pas si tu n'étais pas résident fiscal français. Je leur explique, Andréa, les documents. Je dis, mais attends, en fait, tu vois, toutes tes assurances, tu me dis, tu ne laisseras pas de dette à tes enfants. mais elle ne fonctionne pas. Ça fait dix ans que tu payes ça pour rien. Ils n'avaient même pas regardé. C'était toutes petites choses. Et encore une fois, tout allait bien. Le but, c'était simplement de mettre en place pour que s'il se passait quelque chose, pour leurs enfants, il n'y ait pas de difficulté. Parce que pour moi, en vrai, un money date, prévoir les choses, c'est un acte d'amour. Au lieu de dire que ça n'est pas romantique, c'est bien tout le contraire. C'est le défaut d'anticipation qui crée des problèmes pour ceux qui restent ou pour les gens qui vont se séparer parce que rien n'a été discuté. et envisager. Et donc lors des money dates, ça dépend. Soit tu peux avoir des money dates avec une seule personne qui va leur se renseigner parce que t'as plutôt une situation de crise ou simplement quelqu'un qui a envie de comprendre parce qu'il envisage de se marier ou une expatriation ou autre. Quels vont être ses droits, ses devoirs, ses zones de risque ? Et puis ça peut s'arrêter là. Tu peux avoir des gens qui vont faire ça pour mettre en place après des testaments, un contrat de mariage, un changement de régime matrimonial. Ça va être, si tu veux, comme un audit patrimonial de ta situation. Ensuite, un audit du cœur et de ton esprit pour savoir qu'est-ce que tu veux. Tu as des gens pour qui la conception du mariage va être très différente de d'autres personnes. Des gens qui vont dire, moi dans ma culture, le mariage c'est forcément 50-50. Ça, c'est extrêmement personnel. Et le but, ça va être de dire aux gens, voilà, les règles aujourd'hui de votre situation, c'est ça. C'est un domaine dans lequel on peut faire du sur-mesure total. Qu'est-ce que vous voulez ? Et on trouve les outils juridiques pour le mettre en place.
- Speaker #0
Il y a vraiment ce côté poser les choses, pour apprendre à connaître les personnes que tu as en face, quelles sont leurs valeurs, leurs positions, leurs postures par rapport à ce qu'ils souhaitent construire et qu'est-ce qui est possible de faire ou pas.
- Speaker #1
Et puis parfois, de toute façon, tu vois, on parlait d'IA et quand tu poses tes questions à ChatGPT, qui va te répondre peut-être un peu ce que tu as envie d'entendre parce que tes questions, elles sont orientées. Tu as des gens qui n'ont même pas conscience, qui vont te dire « moi, je veux absolument me marier » . C'est un cas typique en rencontre. Une femme qui va dire « moi, je veux absolument me marier » . Si tu ne le fais pas, c'est que finalement, tu n'as pas envie de t'engager avec moi. Et parfois, c'est plutôt, je ne fais pas des clichés, mais c'est la majorité des situations qu'on rencontre. Un homme qui va dire « moi, j'ai déjà été mariée, écoute, ça va, on est ensemble et tout, mais tu n'as pas besoin du mariage, ça ne change rien » . Essayez de comprendre quelles sont les peurs de chaque côté, Quel est le besoin de chaque... de côté ? Quel est le besoin de protection ? Est-ce que finalement, c'est vraiment le mariage ? Est-ce qu'il y a un sujet religieux derrière ? Est-ce que c'est uniquement s'il arrivait quelque chose ? Dans ce cas-là, ça peut se résoudre peut-être avec un testament. Comprendre le sous-jacent, comprendre quel est le besoin de chacun des deux, qui peuvent être parfois les mêmes, parfois différents, parfois avec des événements de la vie changeants. L'un qui va arrêter son emploi pour s'occuper des enfants, est-ce que ça devient une situation juste ? un niveau de vie tellement décalé que si on fait 50-50 sur tout, il y en a un qui va avoir à la gorge et qui va avoir plus d'épargne pour rien faire, et à côté de ça, l'autre qui va avoir l'impression de trop dépenser aussi. Tu as des besoins et des intérêts différents qui ne seront pas toujours alignés.
- Speaker #0
Et tu as les yeux d'en parler sereinement et de manière à rester constructif.
- Speaker #1
Et pas de le voir comme une attaque. Ce n'est pas « tu veux mon argent » ou « t'es radin » .
- Speaker #0
c'est pas deux sujets l'argent est toujours très compliqué tout de suite on le voit ça devient très très vite épidermique il y a tout de suite des réactions en plus qui sont pas forcément les nôtres quand on redescend un petit peu on se rend compte que non en fait on peut passer outre mais la première c'est tout de suite la
- Speaker #1
levée de bouclier t'as un attachement très psychologique à l'argent tu as des gens qui ont un type d'attachement anxieux Tu leur dis, mais tu aurais besoin d'avoir combien sur ton compte bancaire pour être serein ? Ils auraient ce montant, ils ne le seraient pas. Parce que tu as été élevé comme ça, parce que peut-être que ça a été un tabou familial. Et au contraire, tu as des gens qui sont des flambeurs. Tu as vraiment un attachement psychologique au départ à l'argent qui fait que tu vas gérer différemment. Et nous, on le voit souvent au moment du divorce, quand les gens t'expliquent un peu les critiques qu'ils adressent. à l'autre, de toute façon, ah bah oui, il ne va pas faire attention ou au contraire, il ne va rien dépenser. Il n'y a pas de jugement à avoir là-dessus. Chacun fait comme il a envie de le faire. Et en fait, ce que je trouve extrêmement dommage, et c'est pour ça que j'ai créé Money Date, c'est qu'une simple discussion, essayer de pointer en avant et de comprendre, et surtout quand ça se passe bien, parce que c'est tellement plus facile d'en parler quand ça se passe bien. ça se passe bien. Moi, c'est ça qui est important pour moi. Telle valeur. Tu peux avoir des gens qui ont exactement les mêmes valeurs, mais parce qu'ils ont un type d'attachement différent à l'argent, ils vont vouloir gérer les choses de manière différente parce qu'ils vont avoir besoin de protection, de sécurité, quand d'autres vont avoir besoin de profiter pour se sentir mieux. Donc, des gens avec les mêmes valeurs, mais des styles d'attachement à l'argent différents. vous rentrez en conflit sur des tout petits sujets qui finissent par devenir des gros sujets. Et puis alors, si rien n'a été prévu, rien n'a été discuté, parce que du coup, à chaque fois qu'on parle d'argent, on s'engueule, donc ça ne sert à rien, j'arrête, on n'en parle plus. Là, le red flag, il est là. Si tu arrêtes d'en parler, c'est que tu sais que le jour où ça va se finir, ça va très, très mal se passer.
- Speaker #0
Oui, mais c'est dingue. À quel point l'argent... Je suis très alignée avec tout ce que tu viens de dire parce qu'on a vraiment différents types d'attachement à l'argent, mais à quel point l'argent, ça cristallise les passions, pas forcément dans le bon sens. Je le vois quotidiennement avec les entrepreneurs ou les quatre dirigeants que j'accompagne, même investir en eux ou investir leur temps ou dans leur entreprise ou dans leur business ou dans leur carrière. Tout de suite, ça vient ramener à la surface des choses inconscientes. Oui. C'est vraiment positif. Quand je t'écoute, il y a une chose qui m'épatte et m'inspire énormément, c'est que tu es avocate de formation, mais que tu es aussi très business-orientée, une entrepreneuse. Il y a une femme business, une businesswoman derrière cette robe noire. Quand est-ce que tu as compris qu'il y avait ça aussi en toi ?
- Speaker #1
Alors ça, je pense que c'est grâce à mon papa. Il m'a dit, « Sois pas avocate. » il m'avait aussi dit si tu fais l'ENA je te déshérite tu vois on n'a pas de problème à parler d'argent dans la famille et lui c'est un chef d'entreprise qui a monté ses entreprises et d'ailleurs avec qui je travaille aussi maintenant dans le bâtiment qui n'a du coup rien à voir avec ce que je fais et je me souviens quand j'ai commencé à être avocate et qu'il me donnait des dossiers je lui donnais mon raisonnement juridique et il me disait mais Chloé Merci. Ok, je comprends le droit, mais en fait, le business, ça ne marche pas comme ça. Il faut que tu t'ouvres l'esprit parce que, comme j'avais cette vision uniquement de juriste pour résoudre les problèmes, je n'arrivais pas à avoir la vision d'ensemble. C'était assez compliqué pour moi d'envisager ça. Et donc, j'ai fait l'ESSEC en grande école. J'étais déjà avocate, donc je le faisais sur toutes mes semaines de vacances. On appelle les semaines bloquées plus des cours du soir. Et là, ça m'a vraiment ouvert l'esprit sur... le marketing. Je me souviens, on avait des avocats brillants qui venaient et qui disaient vous avez des avocats brillantissimes, des excellents juristes, mais si tu es un excellent juriste et que tu n'as pas un client parce que personne ne le sait, tu ne peux pas gagner ta vie. Et à côté de ça, peut-être des juristes beaucoup moins bons, mais des excellents orateurs qui pouvaient avoir des résultats fabuleux devant des juridictions. Je pense qu'il faut être... Tu ne seras jamais... parfait, chacun ses points faibles, ses points forts. Mais je me suis dit assez rapidement qu'il fallait quand même diversifier ses compétences. Et puis, j'ai toujours aimé cet esprit, je suis assez curieuse.
- Speaker #0
J'aime bien découvrir des nouvelles choses. J'ai tendance à m'ennuyer assez rapidement, donc j'aime bien quand ça bouge. Et donc, je pense que j'ai toujours eu cette envie d'être moi aussi créatrice de valeur. C'était un peu ce que je disais souvent, ça me rejoint à Money Date, parce que j'ai beaucoup d'amis qui travaillent dans le marketing, dans le luxe, et où tu apportes une expérience positive à tes clients. tu vois ils sortent d'une boutique, ils sont heureux, ils viennent voir ton produit, ça leur amène. Moi, souvent, quand on vient me voir, t'as envie de dire aux gens « Bon, ben, je sais que c'est pas forcément la personne que vous avez envie d'appeler, parce que tu m'appelles pas dans les bons moments. » C'est un peu difficile, en tant qu'avocat aussi, de te dire que t'interviens toujours dans la vie des gens, en comptant sur eux, quand ça se passe mal. T'as envie de dire aux gens « Bon, ben, j'espère qu'on se rappellera pas » , ou même eux te disent « Bon, ma maître, j'espère que je vous rappellerai pas » . Il y a un côté un peu frustrant. et je me suis dit aussi qu'avec Money Date, j'avais envie d'apporter ça à mon exercice, c'est-à-dire que les gens se disent, après cette consultation, « Waouh, génial, merci, j'ai eu cette vraie expérience positive et je repars et je vais pouvoir reprendre le pouvoir sur peut-être un sujet que j'avais délaissé. »
- Speaker #1
Effectivement. cette petite phrase de bon j'espère que je ne reviendrai pas ou d'arriver quand c'est trop tard c'est tellement tellement dommage et hyper frustrant mais pour tout le monde alors quel serait justement ton meilleur conseil business à un jeune ou une jeune avocate qui se lance qui va devoir un peu trouver son positionnement et continuer de se former continuer de s'ouvrir comme tu l'as dit si judicieusement juste avant parce que quand on a discuté pour préparer cette interview tu me disais quand même que 75% des avocats sont au SMIC, contrairement à ce qu'on peut imaginer. Donc, quel serait ton meilleur conseil ?
- Speaker #0
Alors déjà, de se former. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a quand même une difficulté. Il y a beaucoup d'avocats qui sortent sur le marché et beaucoup moins de cabinets qui recrutent, notamment parce que tu as des collaborateurs qui vont être remplacés par de l'intelligence artificielle. Je me rappelle quand j'étais à New York en 2013, le managing partner de chez Cravas, donc un des plus gros cabinets américains, m'avait dit, tu sais, je recrute plus d'informaticiens que d'avocats. et c'était il y a 13 ans. Et du coup, face à ça, quand tu ne trouves pas de collaboration pour prêter serment, sinon tu dois t'installer. Et donc aujourd'hui, avec des espaces finalement de coworking et autres, tu peux assez facilement t'installer. Sauf que tu vas arriver dans une profession où OK, tu as appris le droit, mais tu n'as pas appris la gestion d'un cabinet, la facturation, la fiscalité, l'URSSAF, la gestion client, potentiellement la déontologie. Moi, j'ai été membre du conseil de l'ordre. déontologiquement des avocats qui font des choses où ils se mettent en danger, mais parce qu'un avocat qui débute... Oui, par méconnaissance. Souvent, il n'y a pas du tout de volonté de mal faire. Mais par méconnaissance, parce que quand tu as un client et que tu en as peu, tu n'as pas envie de le perdre, donc tu deviens peut-être l'esclave de ton client et tu acceptes des choses, notamment pénales, que tu n'aurais pas dû accepter. Mon premier conseil, ce serait, tu ne vas pas être autonome et indépendant tout de suite. Forme-toi. Travaille avec un avocat qui va t'apprendre, qui va te montrer comment ça fonctionne. Parce que si tu n'as pas compris à gérer un client et à gérer aussi tout l'administratif, très rapidement, tu vas être dépassé par les dettes et par les charges. Et ça va être extrêmement compliqué. Et moi qui fais encore des instructions, donc tu as des avocats qui sont poursuivis par l'ordre. Quand tu vois des avocats qui te racontent, c'est des situations horribles. en pleurs, qu'ils ont été totalement dépassés et qu'ils se retrouvent en liquidation parce qu'ils ne peuvent plus faire face à leur dette, alors que c'est des gens qui ne travaillent pas. Des gens qui travaillent énormément, qui ont parfois laissé leur santé. C'est des situations catastrophiques. Je trouve ça vraiment extrêmement dommage. D'ailleurs, souvent, quand tu leur demandes « est-ce que tu aurais fait autrement ? » , ils te disent « ouais, j'aurais fait autrement, je me serais peut-être associée » . parce que c'est aussi un métier où tu peux être très rapidement seul, isolé, à gérer beaucoup de poids, des clients, des pressions qui ont besoin de toi. Donc si toi-même, tu ne vas pas bien aller aider des gens qui eux-mêmes ne vont pas bien, c'est compliqué. Et puis, il faut trouver le ressort, la ressource en toi. Donc si toi déjà, tu es complètement submergé, ça va être compliqué. Donc c'est ça, te former auprès de quelqu'un qui sait, ne pas rester seul. Tu vois, par exemple, au barreau de Paris, tu as énormément d'associations fabuleuses. l'UGA, l'Union des Jeunes Avocats, mais plein, l'ACE, qui vont donner des formations gratuites, qui vont organiser des événements pour que les avocats restent pas seuls, soient formés, tu as une permanence même de soutien psychologique au barreau de Paris. Tu as énormément d'initiatives, les gens critiquent beaucoup l'ordre, les choses sont pas parfaites, mais il faut rappeler que les avocats qui sont élus, ils sont bénévoles, qui donnent énormément de leur temps et qu'ils essayent vraiment de... de faire les choses bien pour que ça se passe le mieux possible pour leurs confrères. Donc il y a vraiment un soutien à aller chercher auprès de l'ordre plutôt que de le voir comme celui qui va me prendre mes cotises et m'embêter si je ne respecte pas la déontologie et le disciplinaire. Ça va au-delà de ça. Et puis après, il y a tellement de manières d'exercer. Tu as tout type de structure. Conseils, contentieux, petites, moyennes, grosses structures, en France, à l'étranger. avocats en entreprise aussi à l'étranger et des domaines extrêmement divers et des domaines aussi toujours nouveaux qui peuvent apparaître. Il faut trouver ce qui te plaît. Mais il y aura toujours un domaine où tu vas être bon parce que ça te plaît. Moi, je suis vraiment de ceux qui pensent que quand tu fais quelque chose avec passion et que tu travailles, il n'y a aucune raison que ça ne marche pas. Et c'est ce qu'un de mes confrères, Kirill Borgachev, m'avait dit à l'époque quand je me posais la question de m'installer. Il m'avait dit, tu sais Chloé, des gens qui travaillent et qui aiment ce qu'ils font, font, j'en connais pas, qui n'y arrivent pas. Donc je suis assez convaincue de ça aussi. Donc si tu réunis ces conditions, que t'es formée, que tu ne restes pas seule, et que tu... Parfois ça prend du temps, et parfois c'est le dossier qui va te trouver plus que toi qui vas aller le chercher, mais que tu trouves le domaine dans lequel tu vas être bon parce que tu vas t'y intéresser, parce que ça te passionne, dans ce cas-là, ça va, ça devrait fonctionner.
- Speaker #1
Merci. Plein de passion, encore une fois, d'alignement, et pas seulement du rationnel, mais aussi beaucoup de... de cœur, tu as évoqué ça tout à l'heure. Oui,
- Speaker #0
moi j'adore, je me rappelle la campagne du vice-batonna avec Jean-Jacques Hudevilleur, qui est le fondateur d'un cabinet qui s'appelle UGGC. On avait fait ensemble la campagne du batonnage, j'avais accouché 15 jours avant, et donc tu fais de mon deuxième enfant, la première avait un an à l'époque, et donc le deuxième avait deux semaines. Et j'allais dans les cabinets, et j'avais, on n'a pas gagné, mais j'ai un souvenir incroyable de cette campagne, où tu rencontres plein de confrères, et où tu vas leur dire, voilà, Tu peux être maman, avoir ton cabinet, avoir des bébés, et encore aimer ce métier et encore le faire parce que tu as tellement, et notamment de femmes et de consœurs qui vont quitter la robe parce que tu as des horaires compliqués, des audiences. C'est imprévisible. Moi, j'ai encore des disputes aujourd'hui avec Marie qui va me dire « Ah, mais tu ne veux pas savoir gérer ton emploi du temps. » Mais en fait, c'est juste que tu n'as pas la main sur ton emploi du temps. Quand tu es convoquée à 9h pour une juridiction et que tu passes à 15h, comment tu veux gérer ta journée ? Et en attendant, tu es dans la salle du tribunal avec parfois même pas d'Internet pour avancer sur tes dossiers. Et tu ne vas pas facturer à ton client le temps d'attente entre 9h et 15h. C'est un métier qui peut être assez ingrat dans la gestion du temps. Et ça, pour une femme, pour une maman, pour un homme aussi d'ailleurs. Mais bon, dans les chiffres, celles qui quittent le barreau dans les cinq premières années sont majoritairement des femmes. C'est un vrai sujet.
- Speaker #1
Alors ça, ça pourrait effectivement faire l'objet d'un deuxième épisode parce que je crois qu'il y a un vrai sujet autour de ça, autour de la santé mentale aussi. Tu en parlais tout à l'heure du poids. En tout cas, pour aujourd'hui, on va clôturer ici. Merci mille fois, Chloé, de ce partage, de tous ces éléments. Je mettrai les liens vers ton profil et vers ton site pour parler de Money Day, pour ceux que ça intéresse, celles et ceux qui sont intéressés. Je vous dis à la semaine prochaine, si vous avez aimé cet épisode ou si vous... Bon, si quelqu'un autour de vous peut être intéressé par ce qu'on a évoqué aujourd'hui, partagez-le. Parfois, les plus petites actions comme juste un partage peuvent faire toute la différence. À très vite !
- Speaker #0
Merci Stéphanie !