- Speaker #0
Bienvenue chez Reset Your Mind, vous écoutez le 95e épisode. Aujourd'hui, je reçois une femme qui a fait un choix que je trouve très courageux, celui de se réinventer, sans renier ce qu'elle était. Virginie Legrand est chef à domicile, à la tête de communication. Depuis plus de 12 ans, elle construit une activité indépendante, exigeante et profondément incarnée, au croisement de la cuisine, de la transmission et de la communication. Virginie, tu as choisi l'entreprenariat, tu as choisi la passion et surtout le choix de durée parce que ça fait déjà plus de 12 ans que tu es à ton compte chef à domicile indépendante. Mais aussi en parallèle de ton activité, ce que j'ai adoré, c'est que tu es hôte hôtesse de podcast où tu regroupes deux fois par mois quatre passionnés de la food mais au sens très large. Producteurs, artisans, vignerons, restaurateurs, vraiment tout ce monde. cet écosystème de la food, toutes celles et ceux, en fait, pour qui l'activité est avant tout une passion, je dirais, et une question de goût. Alors, pour toi, nourrir n'est pas seulement cuisiner, et on le sent très vite quand on échange avec toi, c'est aussi créer des conversations, ouvrir des espaces, raconter des parcours et des histoires. Donc, j'avais très envie avec toi aujourd'hui de parler de reconversion, d'endurance entrepreneuriale aussi, de doute, de réalité terrain, de la vraie vie, et comment construire une activité qui nourrit. financièrement, émotionnellement et humainement sur la durée. Bonjour Virginie, sois la bienvenue.
- Speaker #1
Bonjour Stéphanie, mais quelle introduction lumineuse et remplie de dynamisme.
- Speaker #0
Alors je suis enchantée de t'avoir à mon micro, mais dis-nous en plus si tu veux bien comment te présenterais-tu, qui est Virginie ?
- Speaker #1
Je suis donc Virginie Legrand, j'ai 45 ans, je pense que je suis une identité plurielle, très hybride. Mon premier métier, c'est évidemment d'être chef à domicile. Donc, j'organise des événements chez les particuliers, essentiellement autour de la gastronomie, mais autour de l'émotion et de la créativité culinaire. Et c'est vrai qu'à côté, j'ai des activités, mais qui ont un sens et une cohérence. Donc, j'ai écrit deux livres. J'ai un podcast qui s'appelle « Passion sans modération » . Et je fais aussi beaucoup de conférences dans les entreprises ou dans les réseaux d'entrepreneurs.
- Speaker #0
Il y a toujours un moment charnière dans la vie. Quel qu'il t'a fait dire, justement, je me lance chef. À domicile, il y a plus de 12 ans maintenant, presque 13, je crois. C'est quoi le moment de bascule ?
- Speaker #1
Le moment de bascule, ça a été un échec. Un échec modéré. En fait, moi, j'ai été prof dans le privé hors contrat pendant 11 ans et demi. Et au bout de 11 ans et demi, mon chef d'établissement m'a proposé d'ouvrir une école. En fait, un ami a lui ouvré une école et il m'a dit, est-ce que ça pourrait être la suite de tout parcours, d'avoir la direction pédagogique d'une école ? Donc, j'ai dit oui, évidemment. Donc, j'ai abandonné mon poste, que j'aurais pu reprendre. Du coup, l'année d'après, ça, c'était en juin 2013. Je rentre dans cette école en septembre 2013 et je sens que c'est bancal, ce n'est pas très fluide. On me veut, mais on ne me veut pas. J'avais 32 ans, j'étais trop jeune, pas d'expérience de direction. Bref, j'avance quand même en tâtonnant et de manière très inconfortable. Et en fait, au mois d'octobre, vacances d'octobre 2013, deux mois après, on me dit, écoute Virginie, finalement, on ne peut pas te garder. L'école est en redressement judiciaire. Le plan galère, quoi. Le plan galère sur lequel on m'avait mis. Moi, je cuisinais depuis une grosse quinzaine d'années pour ma famille, pour des réceptions que j'organisais à la maison. Jamais l'occasion m'était venue de me dire « je vais en faire mon métier » . Et là, en une nuit, je me suis dit « ok, je pense que c'est un signe hors de question de revenir dans l'éducation, l'enseignement. » C'est l'occasion de me laisser cette liberté de m'exprimer, cette liberté d'avoir une deuxième vie, voire même de naître vraiment. Parce que je pense que la vraie Virginie, elle est là devant toi. au sein de communication.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on fantasme beaucoup sur les réconversions, les reconversions passion que tu as à la fois mises dans ton activité, mais dans le nom même de ton entreprise. Je me lance et je deviens chef à domicile il y a 13 ans. C'est un monde très particulier, pas encore plus connu que ça. Avec tout un imaginaire aussi de qu'est-ce que c'est qu'être chef à domicile, j'imagine. Comment de cette nuit où tu dis c'est ça que j'ai envie de faire, est-ce qu'il y a quelque chose qui me fait vibrer ? Comment ça se passe les premiers mois, les premières années dans cette activité-là ?
- Speaker #1
En fait, on ne parle même pas de premier mois, on parle de premier jour et de première semaine. C'est-à-dire que dans la nuit, je me dis, je me lance. Donc là, on est en début novembre 2013, j'y matricule en décembre 2013. Voilà, donc on n'attend pas. J'aurais très bien pu passer mon CAP, faire une école, etc. Mais là, j'aurais basculé dans la restauration et aller en restaurant. Je savais aussi tout de suite, quand j'ai mis en marche mon logiciel, que je voulais du domicile, tout de suite. je voulais travailler à domicile, pour la chaleur, pour l'intimité, pour le rapport à l'autre, pour ce lien que tu crées, que tu n'as pas. Arrêtez de le dire, ce n'est pas parce que tu passes à la fin du service en disant ça vous a plu, pas plu. Non, tu ne crées pas pour les gens, parce que la foule est anonyme. Tandis que chez un particulier, la personne me contacte. Hier, j'ai échangé avec quelqu'un qui me fêtait les 80 ans de son papa. Je vais être attendue. On va créer le menu ensemble et je vais être attendue le moment où j'arrive avec mes caisses, je suis attendue. Et je vais passer un moment divin avec eux, pour eux notamment. Pour revenir juste à Communique Passion, parce que ça a aussi un sens, ça m'est apparu la nuit d'après, ce nom. Je ne voulais pas parler de papy, de chef, de marmite, de toc, je ne voulais pas. Ce mot valise est arrivé et plein de gens m'ont dit, bon, ce n'est pas du tout de la cuisine ça. Et effectivement, j'aimais déjà ce mot passion est arrivé chez moi, Communique Passion. Beaucoup de gens, quand je faisais des réseaux d'entrepreneurs, pensaient que j'étais une agence de com. Et en fait, je crois qu'aujourd'hui, ça ne pouvait pas être le plus joli terme pour mon entreprise parce qu'effectivement... j'aime communiquer ma passion, mais j'aime aussi rencontrer des gens qui communiquent leur passion. D'où cette idée d'écosystème. Donc, pour revenir à ta question de base, oui, le fantasme de la reconversion, oui, le fantasme de la restauration, oui, la difficulté du syndrome de l'imposteur et de rentrer dans un milieu pour lequel je n'étais pas du tout prédestinée parce que les chefs, aujourd'hui, même ceux qui sortent de Top Chef, ont fait leurs études en fonction de ça. Ils ont un CAP à 15 ans, 16 ans, souvent, ils n'ont pas continué leurs études. Après, ils ont plein de talent, je ne dis pas le contraire. Mais la majeure partie, c'est ça. C'est quand même une ligne toute tracée. Tu fais ton CAP, tu fais Ferrandi, tu rentres dans des écoles ou des maisons assez prestigieuses, tu fais de l'étoilé, tu fais de l'hôtellerie ou une école hôtelière. Et puis après, tu montes ton resto. Moi, j'explose tout ça. Et je crois que j'en suis très, très fière.
- Speaker #0
Il y a un côté fierté, certainement, et tu as bien raison, parce que c'est quand même assez impressionnant. Mais il y a aussi ce côté d'écouter soi d'abord. que j'entends dans ce que tu as dit.
- Speaker #1
Oui, j'ai mis du temps à comprendre. En fait, c'est en faisant tous ces interviews, parce qu'en fait, les interviews, c'est une manière de coacher aussi et de se découvrir, parce que vous me posez des questions forcément sur lesquelles je n'ai pas travaillé. Et ce côté intuition, je n'ai pas compris tout de suite que c'était une intuition. C'est maintenant, tu vois, en rétro-pédalant. Par contre, ce que je sais et ce que je dis aujourd'hui de manière très vraie, c'est que je savais que ça allait marcher.
- Speaker #0
Ah, c'est fou, ça !
- Speaker #1
Ouais, je savais qu'en fait, il y avait quelques... Ça m'émeut beaucoup parce que ça fait un peu perché, mais je le savais. On m'a dit, est-ce que tu as douté ? Jamais. Sur la tête de ma fille, jamais. Alors, je ne pensais pas que ça allait prendre cette proportion-là. Je ne me voyais pas faire un podcast, je ne me voyais pas partir à l'étranger, je ne voyais pas être femme forte, tu vois. Mais par contre, je savais que là où j'allais, c'était pile poil où je devais être et que ça allait m'ouvrir sur moi.
- Speaker #0
Comment tu as réussi ? fois à dire c'est là où je dois aller, c'est là où je devais être. Il y a quoi ? Il y a des petits signaux ? Il y a des petits... Une grosse claque ?
- Speaker #1
Déjà le signal de la nuit où je me suis réveillée en disant ce sera ce nom-là, ça m'a bouleversée. Je me suis dit waouh, le truc qui pop comme ça alors que je ne m'étais pas posé la question. Et puis la vitesse, je n'ai pas réfléchi. On dit souvent oui j'attends pour me lancer. Non, non, moi je dis tout de suite vous allez traverser votre peur en fait, vous n'allez pas. Mais en fait je crois que je n'ai même pas eu peur. Ça faisait... vraiment 15 ans que je m'appropriais la cuisine, que déjà la cuisine était un langage, alors que je n'avais pas encore l'occasion de mettre des mots sur ce qu'était la cuisine, mais je sentais que c'était quelque chose de très fort et de très puissant. C'était plutôt la créativité même que j'aimais élaborer, explorer, découvrir. Je sentais que j'avais une curiosité folle et je pense que m'a été donnée cette opportunité de m'épanouir dans les deux, voire les trois. valeurs qui m'incarnent, la curiosité, la créativité et la générosité. Et je pense que les trois, ça faisait un peu le triptyque gagnant dans lequel je me suis lancée en me disant c'est là. Donc il n'y a pas un moment phare, mais c'est au fur et à mesure où tout s'est enchaîné, ça a été fluide.
- Speaker #0
Quand je pense, j'ai l'impression que chaque pièce, chaque journée, chaque action venait conforter cette décision, ce... Je suis là où je dois être.
- Speaker #1
Mais 12 ans après, je me dis la même chose sur... plein de choses différentes. Tu vois, ce podcast qui est arrivé il y a trois ans, je l'ai lancé, là encore, mais d'un coup, sans réfléchir. Tu vois, j'en suis à mon 90e, j'ai reçu plus de 300 personnes, alors que ce n'est pas mon métier. Ce n'est pas du tout mon métier. Mais j'ai eu des appels. En fait, maintenant, j'écoute beaucoup ces appels-là. J'écoute beaucoup mon intuition, j'écoute beaucoup mes envies. Et je sais qu'aujourd'hui, maintenant, c'est assez facile, même si on parlera aussi des coulisses qui sont loin d'être toutes roses, mais dans mon mindset, Pour moi, rien n'est impossible aujourd'hui.
- Speaker #0
Justement, tu parles de cette durée et des difficultés qu'on rencontre. 12 ans, c'est être entrepreneur. Tout simplement, ce n'est pas un sprint. C'est clairement un marathon. Et bien sûr, voir un ultra trail, ça ne se construit pas de la même manière. Qu'est-ce qui t'a le plus surprise dans cette durée, justement ?
- Speaker #1
J'ai bien aimé la formulation. Qu'est-ce qui est plus dur que ce que tu imaginais ? Et qu'est-ce qui est plus beau que ce que tu imaginais ? Ça, j'ai trouvé ça très bien. Alors, on va commencer par le négatif. Alors, évidemment, ce qui est dur, c'est l'incertitude, l'insécurité, l'irrégularité financière. Moi, j'ai tout le temps été salariée. Alors, je n'étais pas fonctionnaire, comme j'étais dans le hors-contrat, mais j'étais salariée. Et surtout, petite parenthèse non négligeable, moi, j'avais les vacances de prof. Donc, c'était quand même pas mal. Donc, quand tu passes des vacances de prof à plus de vacances du tout, en tout cas, plus de congés payés, Là aussi, ça fait un peu dingo. Mais je pense qu'à chaque fois, je pousse le truc au max pour me sortir à fond. Donc, l'irrégularité financière, ce qui est très dur, c'est les décisions à prendre et la solitude dans laquelle je peux me trouver pour les décisions. Moi, je travaille avec mon mari, mon mari qui est beaucoup dans la logistique, l'opérationnel, les devis, la compta, les listes de courses, etc. Il peut m'accompagner en prestat, il peut faire des prestats aussi, mais c'est moi qui porte, c'est moi qui porte tout. De se sentir seule, même si je suis très entourée, mais d'être seule dans... Quand est-ce que je dis oui ? Quand est-ce que je dis non ? Qu'est-ce que ça va provoquer ? Qu'est-ce que ça va provoquer chez l'autre, chez moi ? Donc ça, c'est dur. Cette charge mentale invisible qui... Ce poids du décès très indécideuse de... Moi, il faut préciser aussi que du coup, je travaille avec mon mari. Donc, communication fait vivre ma famille. Donc du coup, je n'ai pas un salaire à côté d'un homme qui travaille. On peut se dire, même s'il y a des mois compliqués, non. Donc là, il faut que ça envoie. C'est pour ça que j'ai une grosse, grosse force de travail. Et récemment, j'ai compris la difficulté des autres de travailler avec les autres, des collaborations avec les autres, des confrontations, des conflits.
- Speaker #0
Des discussions délicates.
- Speaker #1
Voilà, des discussions délicates et puis se heurter, je le dis, mais aux jalousies, aux opportunismes. Et ça, je l'ai découvert il y a trois ans, donc au bout de neuf ans. Après, moi, j'ai un cycle. J'ai deux phases. J'ai la première phase avant le Covid, où j'étais à six ans, où j'étais très, tranquille, je communiquais pas sur les réseaux, je faisais mon job, mais j'avais pas marketé, j'étais pas brandée, j'avais pas de storytelling, comme j'étais pas dans la com, et il y a eu le après. Et le après, ça a été tellement dur pour moi, ce confinement, parce que j'ai perdu cette passion. Et là, en fait, où les gens ont vu, et mes clients, et mes partenaires, et ma famille, ont vu à quel point c'était quelque chose d'intérieur, et qui m'ont tellement vu mal, parce que vide et désincarné, que là, ils se sont dit, ok. Et à partir de là, je me suis dit, soit je me remets en tant que professeur, parce que le milieu a été très, très sinistré. Ça a été très dur. On ne faisait pas de visio, on ne faisait pas... Voilà, le télétravail, ça ne nous parlait pas. Nous, on a été dans une sphère à part. On voyait la vie qui continuait pour beaucoup. Et nous, on était... Il n'y avait plus rien. Donc, ça a été très dur. C'est pour ça que je me suis rapprochée beaucoup de ces gens-là qui souffraient comme moi, plutôt que mes potes qui adoraient faire des apéros visio, parce qu'eux, ils étaient contents, ils travaillaient en visio. Donc, ça a été très dur à ce moment-là. J'ai brisé des amitiés pour ça, mais ce n'est pas grave. C'était l'occasion aussi. Parce qu'on n'avait plus le même langage, on n'avait pas les mêmes peurs. Enfin, ils n'avaient pas de peur d'ailleurs. Le salaire était là et ils n'allaient pas sur site. Donc du coup, c'était quand même assez royal. Et je me suis dit, soit il y a des potes restaurateurs qui ont tout fermé, soit je l'arrête, soit si je reprends, alors là, on monte dans un TGV. Voilà. Donc, j'ai sorti mon premier bouquin, j'ai fait une campagne Ulule sur LinkedIn. C'est là que j'ai commencé à exposer sur LinkedIn. C'est là que les gens ont commencé à voir qui j'étais. Et quand on a déconfiné, alors on a eu deux déconfinements, mais je me suis dit, OK, là. Là, j'y vais. Je n'attends plus. J'ai tellement peur que tout s'arrête que j'ai dit oui à beaucoup de choses. Je suis partie au Festival de Cannes travailler. Après, je suis partie à l'étranger. Ensuite, j'ai fait mon deuxième bouquin. Le podcast est arrivé. Et là, je me suis dit, OK, l'hyperactivité, c'est la boulimie peut-être, mais c'est quelque chose. Je sais que là, je vais y aller.
- Speaker #0
Mais chaque émotion est intéressante à laisser prendre sa place. Puisque là, OK, c'est aussi la peur qui t'a permis de dire, allez, tu prends l'option A ou l'option B et la peur t'a dit, dans tous les cas, il faut que tu choisis.
- Speaker #1
Mais complètement.
- Speaker #0
Quand tu as choisi cette voie-là, la peur a été aussi un peu ton carburant pendant quelques temps.
- Speaker #1
Mais extraordinaire. Et en fait, à partir de là, pour revenir à ce que je disais sur les autres, c'est vrai que ça fait un peu prétentieux de dire ça, mais d'ailleurs, les gens me disent qu'il faut arrêter de dire que ça fait prétentieux de dire ça parce que c'est aussi l'action. Mais c'est vrai que tout ce que je fais, je le fais très bien et ça marche. Voilà, mes deux bouquins, ça a été jusqu'au bout. J'ai fait deux campagnes Ulule. Il faut quand même être taré parce qu'une campagne, c'est déjà très dur. J'en ai fait une deuxième. Et là, spoiler alert, je vais sortir un troisième bouquin, sûrement 2026-2027, et je vais en refaire une troisième parce que, en fait, c'est un rendez-vous avec les gens, la campagne.
- Speaker #0
Est-ce que tu te rends compte à quel point c'est fort de réussir à twister un truc très désagréable ou très... Bon, un peu stressant. Donc, quelque chose d'ultra positif. Là, en fait, c'est un rendez-vous. Je vais en faire une troisième. Limite, c'est normal.
- Speaker #1
Ouais. Je me rends compte. Et du coup, ça crée chez les autres. Elle réussit tout ce qu'elle fait, etc. Mais alors, voilà, on verra aussi. Ça déclenche aussi d'autres choses. Mais parce que je travaille énormément. Et donc, voilà. Donc après, maintenant, j'aime m'entourer de gens qui me regardent. Alors, moi, je ne suis pas du tout dans l'ego. Je ne suis pas du tout dans « oui, j'adore forcer l'admiration. J'adore… » Moi, moi, moi, je ne suis pas du tout comme ça. Je pense que c'est ce qui fait aussi que les gens m'apprécient parce que, oui, je peux être fière de moi. Oui, je peux me dire « ouais, ouais, maintenant, tu me veux, donc tu payes. » Parce qu'il y a ça aussi. Maintenant, on vient… on vient me voir et on me dit, je veux un truc pour 30 balles. Non, on va un petit peu recadrer les choses. J'ai de la valeur. Et en fait, il y a des gens qui n'aiment pas parce que ça leur renvoie, je ne vais pas parler à une coach, mais ça leur renvoie leurs insécurités, leurs imperfections, le fait qu'eux, ils ont envie de faire, mais qu'ils ne font pas. Et ça, ce n'est pas mon problème, en fait. Ce n'est pas mon problème, c'est leur histoire. Tu ne veux pas être dans l'action, tu es dans l'apathie, tu es dans l'inertie, pas de problème. Moi, je suis à fond dans le mouvement et ça marche. plus tu es dans le mouvement, plus tu as cette dynamique.
- Speaker #0
Le mouvement, l'énergie, l'appel à l'énergie, l'autocité, donc bien sûr.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, pour être sur la deuxième partie, qu'est-ce qui est plus beau que prévu ? Je vais essayer de ne pas pleurer parce que moi, je suis hyper sensible. Donc, la fidélisation de mes clients, un soutien inconditionnel de la part de ma communauté, à la fois sur les réseaux sociaux, mais en même temps dans le vrai parce que oui, j'ai 31 000 personnes sur LinkedIn, mais je fais aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup d'événements dans le réel. On ne pourra pas me dire « ah oui, tu es une leader d'opinion, mais finalement c'est fake » . Donc ça, on oublie. Les rencontres inattendues, que je provoque aussi beaucoup. L'impact émotionnel de mes prestations. C'est-à-dire que j'arrive maintenant à assumer que je suis une hypersensible, à assumer que l'émotion est quelque chose, c'est l'ingrédient de plus dans mes prestations. Et ça, je le dis de plus en plus parce que les gens qui me font venir chez eux me disent « ok, ce n'est pas juste que tu nous offres de toi, c'est une expérience émotionnelle, c'est une expérience relationnelle, c'est une expérience sensorielle, on n'est pas dans la transaction » . Voilà, c'est pour ça que je ne suis pas traiteur à dire, voilà, je viens, je te pose les trucs et je me barre. Non, moi, j'ai besoin de la relation avec le client. La liberté d'action, même si elle peut être aussi négative, parce qu'on est libre. Là, tu vois, je suis en vacances, mais je ne suis pas très libre parce que, finalement, là, depuis ce matin, je travaille. Et voilà, c'est à moi aussi d'agir et d'être agile dans mon emploi du temps. Et la dernière, spéciale dédicace à toi, c'est vraiment la transformation personnelle. Que ce cheminement-là d'entrepreneuriat, il n'y a pas une seule journée où je ne m'analyse pas. il n'y a pas une seule journée où je n'ai pas un moment même de trois minutes d'introspection de gratitude de reflet sur moi c'est ça en permanence et ça me nourrit en fait tout le temps tout le temps oui oui tu vois je dis souvent à mes coachés justement mais parfois mieux vaut cinq minutes là maintenant tout de suite qu'une
- Speaker #0
heure rêvée qui n'arrivera jamais et là-dedans ce que tu dis il n'y a pas une journée sans qu'au moins trois minutes hey je suis chère de moi j'ai travaillé pour ces moments de gratitude, ces moments d'observation et pas uniquement de manque. Je ne sais pas si j'ai passé la comparaison que tu évoquais aussi, qui est dans notre monde actuel quand même assez exacerbé, alors que je dis toujours que c'est intéressant de se comparer à partir du moment où c'est pour inspirer, pour t'inspirer, pour te mettre en action, pour y aller, pour oser. Je pense que si tu passes ton temps à te comparer juste pour dire à quel point eux sont bien et moi je suis nul, là, il n'y a aucun intérêt.
- Speaker #1
Et puis après, c'est des minutes aussi de prise de conscience. Tu vois, même des prises de conscience de douleur en disant « Ah ouais, je me rends compte que là, c'est de plus en plus compliqué de collaborer avec des gens qui ne comprennent pas ce que je veux, qui ne comprennent pas mes limites. » Donc, ça peut être la gratitude, la fierté, mais ça peut être aussi des moments où je me pose et je me dis « Waouh, c'est dur ! » Mais j'essaie de comprendre pourquoi c'est dur. Puis après, j'en tire les conséquences en me disant « Ok, ça n'ira pas plus loin. Oui, c'est dur de dire non. Oui, c'est dur de dire oui. »
- Speaker #0
Cette transformation intérieure que tu évoques, je trouve qu'elle est clairement sous-estimée quand tu deviens entrepreneur, quand tu te lances. C'est un vrai parcours à accepter de traverser et de jalonner. Oui, de traverser. Parce que oui, tu ne ressors pas indemne, quelle que soit la durée, quel que soit le parcours.
- Speaker #1
Bien sûr. Et c'est vrai que c'est un truc que je dis souvent parce que je le sens. Un entrepreneur qui réussit, là encore, on parle de réussite intérieure, pas forcément de réussite.
- Speaker #0
C'est une seule définition.
- Speaker #1
Et tu as un entrepreneur qui se connaît. Et moi, si aujourd'hui, j'arrive à aller pile où je veux aller, avec qui je veux le faire et avec qui je ne veux pas le faire, c'est parce qu'en permanence, je vais travailler sur moi. Et c'est pour ça que ça heurte aussi. Parfois, j'ai du mal à avoir le même langage avec les gens et que de plus en plus, je m'oriente vers des gens qui sont entrepreneurs, qui ont travaillé leur introspection, leur intériorité, leur spiritualité, leur rapport à l'argent, leur rapport aux autres, leur rapport à eux-mêmes et avec quand même une durée. Parce que c'est vrai que 12 ans, tu ne travailles pas de la même manière. Et puis après, ça dépend. tellement de choses aussi. Moi, je suis entrepreneur, mais je suis en plus entrepreneur dans l'événementiel. Donc, je travaille en décalé avec les gens. C'est compliqué tout ça, mais je pense que j'ai voulu ou l'univers a voulu me mettre dans un truc très dur. plein de plans. Et en fait, j'ai dit, OK, plus c'est fou, plus j'y vais parce que j'ai envie de construire vraiment une identité, mon identité et de me connaître. Et je sens que je ne suis pas la même qu'il y a un an, je ne suis pas la même qu'il y a deux ans et je ne serai pas la même dans trois ans, je le sais.
- Speaker #0
Deux ans, c'est long quand même et je t'en souhaite encore plein, plein, plein de ventes fortes. Qu'est-ce qui use une entrepreneur sur la durée comme ça ?
- Speaker #1
Moi, j'ai une... double charge. J'ai évidemment une charge mentale dingue de tout gérer et puis j'ai une charge physique. Moi, je suis fatiguée physiquement. Aussi des prestations. Debout. Moi, je porte beaucoup de caisses pour aller chez les gens et leur faire tout un repas avec une mise en place millimétrée avec 3-4 éléments dans chaque recette. Il y a quand même pas mal de choses à porter. Donc c'est dur, parfois je rentre à minuit alors que je me suis levée à 5h et quand je prends la voiture à minuit, que je sors de prestat, c'est très compliqué. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui j'essaye de plus en plus de venir avec quelqu'un, donc d'avoir quelqu'un qui me seconde en cuisine, qui me seconde en salle et du coup qui m'aide à porter les caisses. Là c'est très pragmatique mais je crois que les gens ne se rendent pas compte aussi à quel point c'est dur. L'incertitude, c'est dur parce que l'incertitude est un peu chronique en fait. Tu vois moi là, en février c'est très calme en général. Donc, j'en ai profité pour créer plein de choses. Je me suis dit, je ne vais pas être là et me dire, oui, je vais glander. Non, moi, je ne peux pas glander. Donc, j'ai créé plein de trucs, parce que je n'aurais pas eu le temps si j'avais été en prestat. Et encore, je pense que l'univers m'a dit, autant tu vas être mise en pause, comme ça, tu vas créer. Parce que là, j'ai cinq projets sur le feu en 2026. Normal, tout est normal. Et voilà, donc j'ai pu commencer là-dessus. Et puis après, l'incertitude calendaire. C'est-à-dire, tu vois, là, je commence à remplir des dates en avril, en mai. En mars, j'ai quelques prestats. Mais par contre, en septembre, je n'ai pas de prestat. Donc, je me dis…
- Speaker #0
Comment est-ce que tu vas dealer avec cette incertitude ?
- Speaker #1
Pourquoi ? En fait, je vois que maintenant, ça commence à venir facilement et que j'ai compris. C'est vrai qu'au tout début, c'était difficile. Et là, maintenant, je sais que l'agilité avec l'argent appelle l'argent. C'est assez dingo aussi, ça.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
Et que plus je suis là à forcer, il faut de l'argent, Là, tu vois, janvier, février, ça a été très dur pour nous. On a découvert, machin, mais on s'en fout. On sait que là, je commence à remplir Mars, j'ai des belles prestations pour Mars. J'ai des belles prestations en juin. là, on commence à remplir. remplir les mariages, les trucs comme ça. Petit comité, toujours moins. Donc après, c'est la confiance, en fait. C'est la confiance de mon réseau, c'est la confiance en ma communication, c'est la confiance aux événements que je fais où je vais être hyper visible. Là, tu vois, je suis sollicitée à trois reprises jusqu'à juin pour faire des conférences devant des chefs d'entreprise. Bon, je sais que derrière, ça va appeler des choses. En tout cas, ça va titiller. Donc, c'est confiance.
- Speaker #0
C'est confiance aussi en toi et en ta capacité d'être rayonnée quelque part et d'attirer.
- Speaker #1
Exactement. après donc c'est l'absence de filet qui est dur, c'est ça l'incertitude et surtout, ce qui est très dur et ça tu vois j'ai beaucoup bossé avec tes questions j'ai noté l'auto-exigence excessive et je me suis dit waouh c'est exactement ça c'est à dire que j'essaye de me décentrer de voir tout ce que j'ai accompli de me dire ok donc c'est bon tu sais faire, tu sais t'entourer arrête de te flasher ce qui me renforce c'est mon réseau, j'en parle tout le temps, mais c'est une pierre à mon édifice qui est hyper importante. Et en fait, j'ai quatre réseaux. J'ai le premier réseau qui sont mes ambassadeurs, mes clients fidèles qui me recommandent. J'ai mon réseau LinkedIn que j'ai créé depuis le Covid et qui est quelque chose de très très ancré parce que j'ai un engagement, tout le monde commente. Et là, en fait, aujourd'hui, c'est assez fou parce que j'ai en général trois postes LinkedIn qui me taguent quasiment par semaine. Donc ça bouge.
- Speaker #0
investir en soi, investir dans sa marque personnelle, investir dans la communication. Alors, c'est pas du ROI immédiat, instantané. Bien sûr. Mais aux autres, c'est un investissement sur lui.
- Speaker #1
C'est surtout une image que tu renvoies. Tu renvoies l'image d'être proche des gens, de donner pour les gens, d'être généreuse. Et après, j'ai mon réseau de podcast. C'est ça aussi que j'ai créé, un autre réseau. Et après, le réseau fort, qui s'est ouvert aussi. Là, on fait... Les filles nous donnent des événements qui sont... Par exemple, Lucie a le question TEDx. Moi, je ne peux pas y aller parce que je travaille, mais on aurait pu y aller. Une des femmes Forbes est la directrice exécutive éditoriale de LinkedIn, ce qui est quand même dingo. Donc, on a eu une masterclass faite par elle dans les locaux de LinkedIn spécial Forbes. Là, on a deux, trois événements qui vont se créer aussi pour nous. Voilà. Donc, à chaque fois, c'est ouvrir des portes. Mais par contre, c'est du temps. Et quand on me dit, je n'ai pas le temps de communiquer sur LinkedIn, je n'ai pas le temps d'aller dans les soirées réseau, en face, je te dirais, comment marche ton activité ? Ça ne marche pas. peut-être un petit peu comprendre pourquoi.
- Speaker #0
Alors avant de passer justement sur le podcast, parce que j'ai très envie que tu nous parles du podcast aussi, cette deuxième activité, c'est quoi tes trois gros apprentissages sur ces douze années ? Parce que là, tu en évoques en fait à demi-mot.
- Speaker #1
J'ai senti cette idée. Alors les trois apprentissages sur l'argent, tu vois, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est que c'est une énergie qui circule. Ça, il faut l'accepter. Il faut l'accepter, ça. Sur la confiance, elle vient après avoir traversé la peur. c'est-à-dire d'être passée par des moments immensément difficiles sur beaucoup de plans, perso et pro et l'apprentissage sur moi-même et là j'ai mis, je suis beaucoup plus ambitieuse que je n'osais l'admettre quand je me suis lancée, et quand j'ai écrit le truc j'ai fait waouh, c'est bien c'est la phrase que je voulais, ça résonne ça résonne,
- Speaker #0
et on a le droit ?
- Speaker #1
sans s'excuser, sans culpabiliser mais pourquoi ?
- Speaker #0
ça c'est complètement fait avec le tête mais c'est surtout que plus on ose et plus ça marche, et plus on a envie d'oser et de... continuer à oser.
- Speaker #1
C'est une gymnastique pour moi. Et du coup, c'est devenu même un jeu.
- Speaker #0
Un entraînement.
- Speaker #1
J'ai encore les gens qui me voient comme ça se disent « c'est facile, c'est fluide » . Oui, à l'instant T, viens voir mon petit chemin. Je t'emmène avec moi sur le...
- Speaker #0
Ça fait 12 ans. Ça fait 12 ans que tu as du recul, que tu as traversé le COVID en étant dans ce milieu-là de la restauration, à domicile en plus. J'imagine même pas l'enfer que ça a dû être pendant des mois. On voit toujours le côté immergé de l'iceberg avec les paillettes, mais on voit rarement celui qui est en dessous.
- Speaker #1
C'est bien aussi d'en parler, et moi j'en parle même en communication, même en conférence, quand les gens me regardent comme ça, avec des yeux émerveillés, genre du popopopo.
- Speaker #0
Attendez, un instant.
- Speaker #1
J'ai des choses à vous dire.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Pourquoi le podcast ? Justement, masculons sur cette activité-là. Pourquoi le podcast ? Pourquoi ajouter un média à une activité déjà existante ? tentes ? Qu'est-ce que c'était pour toi ? C'était un moment d'échange avant tout, un outil strat, de la respiration personnelle aussi peut-être ?
- Speaker #1
Alors je pense que c'était à la fois très stratégique et très personnel. J'ai voulu créer ce podcast parce que j'ai voulu trouver un support pour rencontrer les gens, clairement. On parle toujours de rencontre, le point commun c'est la rencontre, c'est l'autre, c'est moi et l'autre, l'autre et moi. Et en fait, le podcast commençait à frétiller un peu il y a trois ans et demi et Merci. Je faisais pas mal d'interviews aussi. Et à un moment, quelqu'un me dit, t'as une jolie voix, tu devrais faire un podcast. Et là, je le regarde, je dis, mais arrête de me titiller. Tu vois, là, tu m'as mis sur un truc. Pourquoi pas, en fait ? Moi, je suis souvent sur le pourquoi. Et en fait, ça a été très vite. Ça, c'était en juin 2022. Puis, en 2022, je découvre le Sudmodule. En août 2022, je pars en vacances. Je laisse 40 notes vocales à des gens de mon réseau dans la food. Je leur dis, je fais un podcast, est-ce que vous venez ? Les 40 me disent oui. Et du coup, j'enregistre en septembre 2020.
- Speaker #0
Donc ouais, il n'y a pas besoin de tout soit parfait, tout soit millimétré, tout soit pensé, tout soit anticipé. Mais il y a aussi, ça revient à ce que tu disais au début, il y a aussi, en fait, c'est une espèce d'évidence. Et en plus, ça répond. Et en plus, les gens sont OK, ils sont partants. Let's go ! Il y a un petit peu ce côté, alors que certains qualifiant peut-être de naïf, d'insouciant, j'en sais rien, mais c'est ce côté de j'ai envie d'y aller. Et là,
- Speaker #1
on pense à Lucie. J'ai peur, mais j'y viens.
- Speaker #0
Mais complètement. Tout à fait.
- Speaker #1
Petite dédicace à ma Lucie. Mais c'est exactement ça. Donc, à la fois, c'était stratégique parce que j'allais aller rencontrer des gens que je n'aurais jamais pu inviter. Tu vois, viens, on va manger au resto. Viens, je te paye un cocktail. Je ne serais pas venue. Là, les gens aiment parler aussi d'eux. Tu vois, ils aiment parler d'eux. Moi, c'était aussi de me positionner autrement et puis, accessoirement, le kiff perso.
- Speaker #0
Moi, j'aurais voulu être journaliste. Je n'ai pas fait d'études, mais je sais que j'adore les mots, j'adore les gens. Donc, interviewer, c'était rentrer dans leur univers. Moi, je ne suis pas une journaliste lambda qui pose des questions basiques, en fait, parce que tu as des gens qui sont venus dans le podcast qui m'ont dit « Ah oui, on voit très bien que tu as bossé, tout mon truc. » Mais ce n'est pas tant que j'ai bossé, c'est comme je fais partie du milieu. Je sais, parce qu'il y a des journalistes qui font, il y a trois, quatre podcasts foot qui marchent très bien, mais c'est des entrepreneurs. Ce n'est pas des gens qui sont dans le métier. Ou alors, ils font ça à côté, mais ce n'est pas des gens qui sont dans le métier. Donc moi, je connais les coulisses de l'artisanat, les coulisses, la peur, le rapport, les clients, les denrées, le sourcing. Tu vois, il y a plein de choses, le temps qu'on passe, la passion. Donc voilà, c'était surtout nourrir ma curiosité. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je vois que ça m'a ouvert des portes. Du coup, ça a transformé aussi parce que là, tu vois, j'ai reçu une nana qui fait des liqueurs que j'ai adorées. Eh bien, je fais son déjeuner presse au mois de mai.
- Speaker #1
Oui, mais oui, c'est aussi ces connexions-là qui créent des choses inattendues et surprenantes. Mais aujourd'hui, c'est 300 invités quand même en trois ans, quelque chose comme ça. Tu m'as dit que tu en étais au plus de 90 d'épisodes. Bravo, bravo, parce que je sais à quel point ce n'est pas toujours évident d'organiser et de tenir cette rigueur et de faire en sorte que les gens en trouvent. Il y a un côté, tu évoquais tout à l'heure, je suis une hard worker. Enfin, j'ai ce côté-là où je travaille beaucoup, je l'ai toujours été. Et puis, cette passion. Cette passion de partager, d'essayer de faire bouger les lignes, faire bouger les manières de penser, c'est ce qui m'anime aussi. De la même manière, de se connecter à d'autres personnes et avoir des retours d'expériences différents comme celui qu'on est en train de faire aujourd'hui. C'est ça qui me motive et qui me fait me lever le matin. Mais 300 personnes à réunir une fois tous les 15 jours, c'est pas pour quand même.
- Speaker #0
Et puis dans un lieu, je me déplace aussi, ça me mobilise trois heures, ça me prend mon temps sur mon autre métier. Effectivement, harmoniser les agendas. Mais j'adore et je vois l'évolution. Là encore, c'est pareil. Quand j'ai commencé, c'était petit, c'était tranquillou. Et en fait, depuis un an et demi, je sens une bascule. Je sens une bascule. Pour te dire, j'ai la RP d'un chef étoilé qui m'a envoyé un mail il y a trois jours en me disant « Monsieur Eric Guérin voudrait venir dans votre podcast » . Et là, tu te dis…
- Speaker #1
Du coup, maintenant à toi.
- Speaker #0
Et là, ce n'est même pas une question d'argent parce que c'est moi qui paye aussi. Parce que du coup, il y a… Le studio à louer, c'est un investissement. Je le fais payer quand vraiment on vient me voir et que c'est un groupe qui veut travailler sur son truc, etc. Mais sinon, je l'offre. J'ai été invitée sur des jurys de cuisine. Tu vois, je suis invitée dans 3-4 endroits qui vont être dingos parce qu'ils me sont redevables aussi, parce que je leur ai offert cette petite respiration-là pour eux. Et à chaque fois, c'est un moment de cocon et un moment de fusion très, très émotionnel et très forte. On n'est pas juste à présenter qui l'on est. Il n'y a pas d'égo.
- Speaker #1
C'est hyper important ce que tu es en train de partager là à tous les entrepreneurs, hommes ou femmes qui nous écoutent parce que j'en accompagne beaucoup et très souvent, au bout d'un moment, on s'épuise parce qu'on n'est que dans l'entreprise, dans le business. On oublie de se réénergiser. Donc ça, c'est la première chose. Et de faire des choses dans lesquelles on se sent bien, même si a priori, il n'y a pas d'héroïne immédiate, ne serait-ce que pour la connexion et cette nourriture intellectuelle. Et tu le décris très bien. Oui, c'est un investissement, ça c'est le deuxième point. Mais les investissements en tant qu'entrepreneur, même si a priori le ROI n'est pas immédiat non plus, il y a toujours quelque chose. Il n'y a pas juste la valeur temps ou argent d'investir. On n'est pas dans la dépense et on attend quelque chose de concret, comme je le disais tout à l'heure, transactionnel, mais on est dans la création. Et chaque investissement, temps, énergie, argent, c'est de la création. Je pense que c'est important de le rappeler.
- Speaker #0
Bien sûr. C'est très bien dit, ça. Oui, exactement.
- Speaker #1
J'ai envie de te demander, par rapport à ce métier de chef à domicile, comment est-ce que toi, tu le vois évoluer dans les prochaines années ? Alors, soit chef à domicile, soit peut-être en activité communication, parce que c'est mouvant, quand même, tout ça. C'est la vie, donc c'est du fluide, c'est du vivant, si je puis dire.
- Speaker #0
Une activité où il y a un mot aussi que j'ai longtemps... compris, le vivant. On en parle beaucoup et j'avais du mal à comprendre. Alors moi, maintenant, ce qui va se jouer, c'est mon positionnement, que j'ai envie d'être bookée pour des expériences premium qui me fassent vibrer. Je n'ai plus envie d'être dans des prestats, même si le budget est beau, une prestat où je suis un prestataire. Je continue encore à en accepter quelques-unes parce que ça fait aussi partie de remplir la trésor, mais j'ai envie de développer des choses beaucoup plus... qualitative. Donc là, je suis en train de voir un partenariat avec des demeures patrimoniales pour pouvoir être référencées comme leur chef à domicile pour des événements. J'ai envie de faire l'étranger. Voilà, clairement. J'ai eu la chance de partir faire une prestat pour un client français, un client qui m'a emmenée à Zurich, et un autre client français qui m'a emmenée à Londres, où j'ai fait un dîner de travail pour des partenaires Bénélux. Et je suis partie fin octobre à Tallinn, en Estonie, pour faire un dîner à Cormes et Vins pour un vigneron français. 70 personnes, 7 pièces à corps, mais et vin dans un restaurant. C'était incroyable. Et en fait, j'ai adoré ce one-shot. J'ai adoré ce... Je pars 2 jours, 3 jours. Alors, je fais aussi beaucoup de provinces. Là, tu vois, j'ai été contactée pour une conférence à Angers. J'ai déjà travaillé à Angers. Je suis partie travailler à Lille-de-Ré, à Toulouse. Enfin, tu vois...
- Speaker #1
Moi, je t'attire aussi. Ce côté nomade.
- Speaker #0
Nomade. Ah, mais de toute façon, moi, je dis toujours, je suis une chef nomade. Chef à domicile, c'est chef nomade. Mais ce côté nomade, En fait, moi, je ne veux pas rester dans le non-vivant. Tu vois, c'est ça, de me sentir morte, vide. Je ne veux pas, alors plein de raisons, mais du coup, voilà, ça m'attire beaucoup. Et j'ai maintenant envie d'aller créer des événements aussi. Là, tu vois, moi, je crée beaucoup d'événements networking parce que longtemps, je faisais des événements qui ne me plaisaient pas ou je perdais mon temps. Donc maintenant, je crée mes soirées networking moi-même. Je fais venir mon réseau, c'est moi qui fais à manger, etc. Et d'ailleurs, le 16 avril, j'en organise une grosse autour du podcast. On va être 150. Ça va être un truc énorme. Je commence à teaser là un petit peu parce que je vais avoir des partenaires, j'ai un lieu dingo, j'ai un chef étoilé qui vient avec moi. Enfin, voilà, ça va être dingo. Oui,
- Speaker #1
mais vraiment, c'est expérientiel que tu as envie d'aller.
- Speaker #0
Expérientiel. C'est toujours expérientiel. Et là, en fait, je me dis, ce qui serait ouf, en fait, quand j'ai été coachée par Julie, elle a commencé en me disant, où tu te vois ? Si tu ne donnes pas de limites, qu'est-ce que tu voudrais ? C'était dur au début parce que tu vois, tu as des freins, tu as tes croyances limitantes, capables, pas capables. et j'ai verbalisé, j'ai dit, je veux incarner la créativité culinaire à l'étranger. Et du coup, voilà, je suis là-dedans et j'ai envie, alors après, toutes les questions, évidemment, d'organisation, parce que là, je suis sur beaucoup de choses à la fois, mais peut-être 2027, je voudrais organiser, là, je suis en Allemagne en ce moment, je suis à côté de Munich parce que je suis une ancienne germaniste, je suis une ancienne prof de lettres, mais prof d'allemand aussi. Et là, tu vois, on passe six jours en Bavière et en fait, j'ai envie d'organiser un événement networking à Berlin.
- Speaker #1
En fait, avec toi, tout est vraiment possible.
- Speaker #0
j'ai envie je dis je vais voir ça va forcément déboucher ça va forcément amener quelque chose de positif en plus ouais parce que pour moi il n'y a pas de notion d'échec alors je touche du bois pour l'instant tout ce que j'ai tenté ça a marché très bien parce qu'après je me donne les moyens pour être honnête avec toi un de mes projets la 2026 c'est de créer un autre podcast mais de créer un podcast autour de l'entrepreneuriat mais la même chose une table etc donc je suis en train de créer un pilote avec 4 émissions parce que j'ai trouvé le studio etc et en fait je me dis donc là en vidéo et je me dis ok tu vois c'est le 16 mars on va tourner le pilote je vais faire 4 vidéos 4 podcasts d'une heure et j'ai déjà mes 4 invités donc j'ai déjà mes 16 invités avec 4 thématiques différentes et il y a d'ailleurs une thématique Forbes où il y aura Lucie et en fait je me dis au pire des cas si après ça marche pas que j'arrive pas à le vendre etc bah déjà j'aurais communiqué sur ce podcast là j'aurais posé des questions à ces 16 personnes là je me serais nourrie nourrie déjà
- Speaker #1
tu auras eu déjà un héroïque dessus.
- Speaker #0
J'aurais adoré, là, j'étais en train de finaliser le verbatim, le truc, je vais faire un petit teaser sur LinkedIn. Voilà, moi, déjà, c'était le mouvement. Après, il n'y a pas d'idée d'échec. Ah ben, finalement, je ne vais pas le vendre. Finalement, il va tomber dans les oubliettes, mais je l'aurais fait, en fait. Donc, pour moi, il n'y a zéro souci là-dessus.
- Speaker #1
Et ça, je pense que c'est vraiment, encore une fois, hyper important en tant qu'entrepreneur, il y a une façon de voir les choses. Il y a aussi une façon de... de rendre ces expériences, ces tests positifs et productifs.
- Speaker #0
Ben oui, j'adore cette philosophie.
- Speaker #1
Enfin, ce n'est pas si facile que ça à faire, attention, soyons très clairs,
- Speaker #0
mais c'est un cheminement,
- Speaker #1
c'est à nourrir, c'est à entretenir et c'est capital, c'est ce qui fait la différence, je pense, entre des personnes qui sont alignées, qui décollent, qui ont un business qui fonctionne et des personnes qui sont toujours dans le labeur, dans la difficulté.
- Speaker #0
Oui, mais je reviens encore à ton fonds de commerce. C'est si tu ne te connais pas, tu n'avanceras pas. C'est sûr. Moi, il y a plein de gens maintenant, quand j'en parle, je leur dis voilà, moi j'ai été coachée, à la fois en perso, en psychothérapie, parce que forcément j'étais gros nœud à résoudre aussi sur plein de plans, et à la fois sur le côté professionnel en coaching. Voilà, tout le côté mental en fait.
- Speaker #1
Tout est lié au mental. Mais complètement. Forcément que j'adore ce que tu dis. C'est pas moi qui vais le dire, le contraire. Mais être coachée au quotidien et régulièrement, c'est juste capital. On a des paliers de vie en plus par moment. On va débloquer un nœud, génial. On va pouvoir évoluer, mais l'évolution n'est jamais le meilleur. plutôt des escaliers. Et donc, pourquoi rester bloqué en bas quand on a un nouveau step à aller chercher ? Pourquoi pas justement se faire accompagner pour aider à dénouer ses nœuds plus rapidement et faire ce petit pas de côté qui, parfois, peut tout changer ?
- Speaker #0
De toute façon, moi, je vois la différence entre les gens qui sont dans cette même mentalité d'évolution, de progression et de perfectibilité, parce que ce n'est même pas la perfection, on ne l'atteint pas. De la même manière que le bonheur, la phrase dit « le bonheur n'est pas final » . c'est pas la destination mais c'est le chemin tu vois à quel moment on dit ah ouais je suis pleinement heureux moi tu vois aujourd'hui je suis heureuse malgré toutes les contraintes que je peux avoir toutes les contrariétés que je peux avoir je me trouve heureuse parce que justement je suis dans l'élan je suis dans la création je suis dans le vivant et même si pas mal de gens me disent oui mais t'es hyperactive c'est pas normal etc. laisse moi on fait ce qu'on peut déjà on fait ce qu'on peut mais surtout j'ai envie de si j'allais même plus loin moi j'adore l'idée d'impact en fait tu vois d'impacter les autres, parce que je sens bien que à mon contact, ils ont... Moi, le plus beau compliment qu'on puisse me faire, et on le fait très souvent, c'est à ton contact, on a envie de créer. À ton contact, on a envie de se projeter. À ton contact, on a envie de créer une soirée, de créer un projet, d'écrire un livre, de faire un poste. Voilà, on y croit à ton contact. Mais moi, c'est ça que je veux impulser aux gens, inspirer. C'est ça, c'est pas juste de dire « Eh, regardez-moi, je suis la meilleure » , parce que j'en ai vu des trucs aussi comme ça. Mais là encore, la différence, c'est l'égo.
- Speaker #1
Ah oui, complètement. Je pense que l'ego, quand on est entrepreneur, c'est important d'apprendre à le dealer, à le manager un petit peu.
- Speaker #0
Exact. Dealer avec son ego, ça, j'adore.
- Speaker #1
Virginie, dis-moi, pour conclure, je vais te laisser le mot de la fin quand même, mais si tu devais laisser un message à celles et ceux qui hésitent à se lancer justement dans leur passion, mais qui ont peur, peur de perdre la sécurité, la stabilité, ou qui ont peur tout court, quel que soit l'arrivée d'un offre. qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire sans enjoliver ?
- Speaker #0
Non, sans enjoliver, de prendre conscience qu'en fait, l'entreprenariat, c'est quelque chose de très exigeant, qu'il faut être rigoureux, constant, très discipliné, que c'est instable, mais que c'est excessivement formateur. Parce que ça révèle à la fois ce que tu as en toi, et ça révèle aussi beaucoup ce que tu as autour de toi.
- Speaker #1
J'ai une phrase que je me répète à moi-même assez régulièrement, et en tout cas qui me tient du jour où justement j'ai décidé de basculer.
- Speaker #0
c'est Ausha,
- Speaker #1
ça va se couler mais ça en vaut la peine ça en vaut la peine et il y a vraiment ce côté, tu parlais de bonheur aussi, de joie en fait mais c'est pas forcément conforté c'est pas forcément tout beau tout rose avec des paillettes et compagnie c'est aussi, et je le perçois énormément dans ce que tu dis, c'est cette fierté ok, il y a eu des moments sacrément difficiles il y en aura d'autres, et il y en aura d'autres tout à fait, mais c'est cette fierté de se dire ouais mais j'y vais, j'avance et je peux être fière de moi. Alors merci. Merci pour cette énergie, cette bouffée d'ambition, cette bouffée de fierté parce qu'on a le droit et qu'on est à notre place aussi dans ces moments-là. Donc merci de tout ton temps Virginie, vraiment. Je mettrai bien évidemment un lien dans les commentaires de l'épisode, ton profil, ton site et le podcast aussi pour pouvoir aller explorer ce monde que tu animes avec tant de passion. Merci beaucoup. Si cet épisode t'a plu, alors n'hésite pas à le commenter ou le noter sur ta plateforme préférée ou tout simplement le faire suivre à une personne qui aurait besoin de l'entendre. Parfois, il suffit d'un micro-pas pour changer fondamentalement de point de vue. Et puis, Reset Your Mind commence à être connu. Alors j'ai très envie de voir jusqu'où nous pouvons aller ensemble. À la semaine prochaine !