- Speaker #0
Mets ta tenue de sport, tes écouteurs dans les oreilles, enfile tes baskets et je te propulse vers ton objectif. Je vais être dans ta tête, ta petite voix mentale qui t'accompagne pour atteindre ton but sans te blesser et en y prenant du plaisir. Chaque semaine dans ce propulse, je te partage des conseils kinés. T'aide à faire sauter tes verrous mentaux et te fais visualiser la nouvelle version de toi-même. Ferme les yeux, je t'embarque dans mon univers. Je partage mon expérience à multi casquettes, de femme, triathlète, libérale en kiné du sport et préparatrice mentale. J'ai à cœur de vous partager des astuces, outils, anecdotes et conseils pour que, comme moi, vous puissiez vibrer de votre passion. Bon matin, chers auditeurs. Une fois par mois, j'ai le plaisir d'accueillir un invité. Nous allons découvrir ensemble son parcours, son expérience et surtout ce qui se cache dans sa tête. Bonjour chers auditeurs, aujourd'hui dans ce Propulse, on a la chance d'interviewer Audrey Baldassar. Audrey, elle est comédienne. Salut Audrey ! Coucou ! Elle est humoriste et j'ai pu aller la voir à La Rochelle, à la Comédie, vendredi soir, grâce à une amie qu'on a en commun qui est astrologue, donc on fait une petite dédicace et un grand merci à Sonia, qui se reconnaîtra et écoutera le podcast. Du coup, elle nous a mis en contact parce qu'elle m'a offert l'accès à une place gratuite. Et merci aussi à Audrey d'avoir pu faire rentrer et assister à ce spectacle qui retrace un petit peu sa vie de pompier dans une ambulance et puis toutes les péripéties et anecdotes qu'elle peut nous raconter. Du coup, avec beaucoup d'humour, beaucoup d'engagement, J'ai beaucoup apprécié ce spectacle. Est-ce que Audrey, tu pourrais te présenter un petit peu plus et que nos auditeurs connaissent un peu ton parcours et ta vie ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Moi, je suis un peu une humoriste de la montagne en fait. Je trouve que tu as donné pas mal d'infos déjà. Ça fait 7 ans que j'ai quitté mon village et que je suis partie vivre à Paris. Mais effectivement, moi, j'ai été pompier pendant 10 ans. Je travaillais dans un parc accrobranche sur les pistes de ski. ski, j'étais pisteuse et j'ai fait pas mal de montagnes, ce que mon père est guide. Donc j'ai un peu un parcours atypique et j'ai un spectacle qui s'appelle en piste du coup parce que je trouve que la métaphore est marrante de se dire que tout est possible quand on sort un peu du chemin qui est tout tracé. Donc voilà pour mes petites présentations. Après je ne sais pas si vous voulez que je rentre un peu plus dans le personnel. Je suis célibataire parce que j'ai du mal à m'engager dans mes relations. J'ai un schéma de pensée en arborescence et je suis TDAH. Je plaisante. Tu es hyper gentille parce que tu me laisses parler. Attention, coupe-moi la parole Marine, je parle trop.
- Speaker #0
D'accord, je retiens. Mais au moins, on va avoir un bel échange, ça va être chouette. Du coup, tu nous racontes que tu es pompier et que tu travaillais pas mal dans une ambulance, tu as fait pas mal de jobs un peu différents, un parcours atypique. et qu'est-ce qui t'amène à être... La humoriste et être sur une scène là comme vendredi soir finalement.
- Speaker #1
La mort avant tout,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
La peur de mourir. Non, je me suis dit, je ne sais pas, mais depuis que je suis toute petite, c'est vraiment un truc qui m'attire. Et je pense que le fait d'avoir été un peu hyperactive et fille unique, j'avais besoin de me canaliser. Mes parents m'ont fait faire du théâtre quand j'étais petite. J'ai trop kiffé. Et je me suis dit, c'est grave ça que j'ai envie de faire. sauf qu'il fallait... d'abord rassurer mes parents sur le fait que j'allais avoir un vrai métier et tout ça. Donc j'ai gardé ça dans un petit coin de ma tête. Et il s'avère que quand j'étais pompier et que j'ai dû soutenir des victimes, aider des gens qui avaient peur et tout ça, c'était souvent l'humour qui me permettait d'être la plus à l'aise, la plus efficace, de rassurer les gens. Donc c'est un biais que j'ai toujours utilisé. Et je me suis dit, peut-être un jour, viens avant de mourir, t'en fais quelque chose. Donc voilà, à un moment donné où je me suis lancée, j'ai eu très peur, évidemment, comme quand on fait du hors-piste. Et je me suis dit, vas-y, freestyle et on y va sur les blagues, on essaie d'écrire des trucs. Mais je trouve ça vraiment génial qu'aujourd'hui mon parcours puisse toucher toutes sortes de gens. Là, c'est assez ouf de pouvoir raconter ma vie, tout ce que j'ai fait. Voilà, je suis hyper contente d'être sortie de mon village.
- Speaker #0
C'est ouf, est-ce que du coup, pour toi, c'était aussi une soupape en fait, de ce que tu vivais, et de pouvoir l'évacuer par l'humour aussi, toi, de ton côté ?
- Speaker #1
Ah bah oui, carrément, ouais. Oui, oui, bien sûr. De toute manière, c'est un peu, t'as vu, c'est un peu ce que je dis dans le spectacle, dans le milieu de l'urgence, dans le médical et tout ça, on a quand même un rapport à l'humour noir qui est assez libre, quoi, tu vois, on a besoin de... De toute façon, je pense que l'humour, à la base, c'est quand même pour ça que c'est beau et que c'est utile, c'est que ça a des traumas, t'as des trucs qui sont noués dans ton corps et qui... qu'il reste des tensions et je pense que l'humour ça dénoue tout ça et ça soulage donc après on rigole pour différentes raisons chaque humain quoi on fait ça pour différentes raisons mais en tout cas ouais moi je trouve que c'est chanmé de désamorcer des trucs qui nous ont traumatisés, qui nous ont fait peur donc ouais carrément, carrément riez je vous le dis, c'est aussi efficace que le psy et allez voir des psys quand même,
- Speaker #0
soignez-vous les deux oui du coup Du coup, oui, ça te permet d'aider finalement les victimes, de décompresser entre collègues et puis toi d'exécuter un petit peu tout ce que tu vivais. Mais j'aimerais bien encore plus creuser dans ta tête et savoir vraiment ton parcours de vie, comment t'en es arrivé. Quelle a été la première scène sur laquelle t'es montée, par exemple ? Eh bien,
- Speaker #1
franchement... Si je compte pas cette petite scène quand j'avais 9 ans et que j'ai fait ma première représentation de théâtre, parce que c'est celle-là, la vraie première scène, et j'étais avec ma mère, d'ailleurs. Mais non, sinon, je pense que c'est une plateforme d'acrobranche. Parce que j'ai été... Je m'occupais, du coup, j'étais opératrice dans un parc et je m'occupais de la sécurité, donc j'étais censée expliquer les règles de sécurité aux gens. Et je pense que je l'ai jamais fait de manière normale, quoi, entre guillemets. je suis en février J'avais toujours des gros groupes devant moi, je leur faisais des vannes tout le temps. Et je me rappelle que mes collègues, ils m'envoyaient toujours prendre des 30-40 personnes. Je me mettais sur des plateformes et je faisais un show et tout. Et la fin de mon initiation, c'était une tyrolienne. Et je me souviens que je la faisais dans n'importe quel sens et que les gens m'applaudissaient. J'ai toujours été un peu lourde quand même, on va pas se mentir. Sauf que je me suis dit, en fait, c'est génial de pouvoir le faire au milieu des mélèzes. à 1500 mètres d'altitude, mais ça me terrifiait de le faire en vrai. Et je me suis dit, à un moment donné, il va peut-être falloir s'y confronter et monter vraiment sur scène. Et figure-toi que rentrer dans un incendie ou arriver sur une fracture ouverte et monter sur scène et faire du stand-up, franchement, c'est le stand-up qui m'a fait le plus peur. C'est vraiment le truc que je risque à ce moment-là. Ouais, ouais. C'est fou parce qu'il y a une telle adrénaline, il y a vraiment... Beaucoup de choses que j'ai connues en montagne et que j'ai connues dans mon taf de pompier qui m'ont mis dans l'urgence vraiment et dans le « ok, il faut être classe et il faut gérer ses émotions » et il y a des grosses montées d'adrénaline. Mais franchement, je pense que la peur de monter seule sur scène avec un micro, elle est incomparable.
- Speaker #0
Ok, c'est hyper intéressant à entendre. Et qu'est-ce qui t'a permis finalement de passer ce cap ? La mort, Marine !
- Speaker #1
on revient toujours à ça est-ce que c'est vraiment ça qu'on est motivé à vivre qu'on pousse nos limites c'est que vraiment en fait je me suis dit bon après moi j'ai des parents qui m'ont donné un peu ce sentiment de fais quelque chose de ta vie si tu sens que t'es pas au bon endroit ils avaient à la fois très peur que je devienne humoriste parce que c'est quelque chose qu'ils connaissent pas du tout et rien à voir quand tu viens d'un petit village comme ça mais Mes parents, ils avaient un vrai travail avant. Mon père était ingénieur. Et en fait, du jour au lendemain, moi, j'avais une dizaine d'années. Ils ont tout plaqué. Ils ont acheté une auberge à la montagne. Mon père est devenu guide. Donc, il y a eu un tournant déjà dans ma vie quand j'avais une dizaine d'années. On allait souvent à la montagne. Je faisais déjà ski et tout ça. Mais voilà, mes parents ont décidé de suivre leur intuition et de vivre leur rêve. Et du coup. Du coup, je pense que moi, je l'ai fait avant d'avoir un enfant parce que c'est vrai que ça m'a un peu traumatisé leur changement de carrière, même si je les remercie de ouf. Mais je me suis dit, vas-y, je vais avoir 30 ans et ce truc-là me trotte dans la tête et je continue. Je suis ridicule, je suis sur une plateforme d'Acrobranche en train de dire aux gens, n'hésitez pas à m'applaudir. Tu vois, c'est ce que j'ai, quoi. Vas-y, fais-le pour de vrai. Donc, il y a eu ça. Il y a eu un déclic parce que j'ai rencontré une meuf qui était musicienne et qu'elle m'a offert un cahier, un crayon et qu'elle m'a dit vas-y, écris des blagues. Et voilà. Et après, tu sais, les alignements de planètes, j'imagine que vous en parlez un petit peu parfois avec notre astrologue préféré. Il y a des petits, tu sais, des petits cadeaux de l'univers. Donc, quand la vie, elle te dit, regarde, tu es sur la bonne voie. que ça fonctionne et il y a plein de choses positives qui arrivent. Donc à partir de là, j'ai senti le petit moteur et je me suis dit « Ok, go, sur sur cette vague et vas-y, fonce quoi ! »
- Speaker #0
Oui, tu as suivi ton instinct, tu as osé. Et quelle a été ta première « vraie scène » du coup ?
- Speaker #1
Ma première vraie scène, il y en a eu plusieurs comme je te le disais parce que j'ai fait aussi un peu de théâtre à plusieurs avec des partenaires. Il n'y a pas de troupe. C'était très amateur. Par contre, ma première vraie scène en solo, c'est dans une cave, une petite cave dans le Vieux-Nice. Et c'est un endroit où j'ai créé mon comédie-club parce que le mec qui avait ouvert ce bar, on avait commencé le théâtre ensemble. Et j'ai pris, je pense, une décharge de bonheur et de panique. Mais c'était tellement indescriptible. Je pense que je n'aurais pas pu faire un métier plus cool, tu vois. Une fois que t'as été pompier et que t'as vécu des trucs assez intenses, t'as ce besoin un peu... Après, en plus, à la montagne, c'est des grosses interventions de pompiers. Je sais qu'en ville, on peut intervenir sur tout. Mes potes pompiers à Nice, ils peuvent autant ramasser des SDF que des gens bourrés. Plus loin à la montagne, on faisait des bêtes d'intervention. On récupérait des gens fracassés sur les pistes de ski. Et donc, j'avais un peu quand même ce besoin de vivre les choses, de ressentir des choses un peu intenses. Voilà, première scène, en général, ça se passe bien parce que tu as un peu la... C'est l'adrénaline de la première et puis tu n'as pas de temps de comparaison. Et en général, à la deuxième scène, tu vides et ça fait très mal. Et tu te rends compte que là, il va falloir travailler.
- Speaker #0
Et du coup, maintenant que tu es super structurée, tu as des tournées un petit peu à droite à gauche, tu as des, comment on dit, sûrement un manager et tout ça. Quel est un peu ton rythme de vie, tes récurrences, ton rythme dans la semaine ? Comment ça se passe ? Parce que moi, je connais très bien les auditeurs des sportifs de haut niveau qui enchaînent des entraînements, qui doivent avoir des temps de repos et tout ça. Mais toi, quel est ton rythme ?
- Speaker #1
Je ne te cache pas, moi, j'ai travaillé au CREPS de Boulouris, c'est dans le Var, pendant longtemps. Donc, j'ai bossé longtemps avec des sportifs et des sportifs de haut niveau. Et même moi, à cette époque-là, j'étais en train de passer un BPJ. donc j'avais une petite A la fois, j'ai l'air d'être faire du théâtre, mais j'avais un rythme que j'ai appelé un peu « calé sur le soleil » . Je ne sais pas comment te dire. Il y a quelque chose quand même de l'ordre de « je me lève quand il fait jour et je ne me couche pas mille ans après qu'il fasse nuit » . Quand tu es humoriste, franchement, il n'y a plus rien qui va. Il n'y a plus rien de « normal » . Des fois, tu commences ton travail et il est 23 heures. Donc, c'est assez intense. Il y a énormément de trajets parce que oui, effectivement, maintenant, je fais pas mal de tournées. Donc, ce côté un peu enraciné que j'avais avant à la montagne avec le petit train-train, les petites habitudes. Je me lève avec ma petite discipline, je fais un réveil musculaire, tout ça, tout ça. Je te cache pas que là, il y a des fois où je mange à 2h du matin, je me couche à 3h. Il faut que je reprenne un train à 8h, c'est un peu dur. Oui. Et surtout, je pense que, je ne sais pas si le corps est fait pour bouger aussi rapidement dans l'espace, tu vois. Quand tu prends genre 8 trains dans la semaine, j'ai l'impression que tes cellules, elles n'arrivent pas à suivre le mouvement du train. Donc, ça va très vite. Et moi, pour le coup, j'ai vraiment besoin de moments de pause, quoi. Donc, il y a vraiment au minimum une fois par mois, il y a au moins 3-4 jours où je retourne à la montagne et où je veux entendre du silence, voir le ciel. ciel, les étoiles et tout ça. Et aller faire des câlins aux arbres. C'est hyper cliché ce que je viens de dire, mais je le fais tout le temps.
- Speaker #0
Trop bien. Du coup, tu as vraiment des temps de repos, ton endroit ressource et tes rituels un petit peu qui te ramènent à toi.
- Speaker #1
J'essaye. Franchement, ce n'est pas facile d'adapter. Il y a des fois où on subit. Tu n'as pas le choix. Mais bon, par contre, c'est complètement ouf parce que dans la même semaine, je peux aller jouer Dieu. à Bruxelles, à Genève, à Paris et à Nice, tu vois, dans la même semaine, c'est fou. Tu rencontres plein de gens, tu parles avec 800 personnes différentes. Donc ouais, c'est un peu énergivore, mais ça compense, c'est équilibré avec ce que ça t'apporte aussi, quoi.
- Speaker #0
Et comment ça en est venu de petites caves, de petites scènes sûrement autour de Nice, à passer à Paris, puis après à monter, à trouver sûrement des producteurs et tout ça ? Merci.
- Speaker #1
Ça, c'est long. En réalité, à l'époque, il n'y avait pas les réseaux sociaux. En plus, quand j'ai vraiment commencé, on était juste sur Facebook. J'abuse, on dirait que je suis un dinosaure. Mais c'est un peu vrai. Franchement, les réseaux, c'est arrivé au moment du Covid et tout. Donc, c'est arrivé un peu plus tard. Moi, j'avais déjà été embauchée dans une pièce. Et franchement, moi, tout est parti du fait que j'ai organisé mon comédie club à Nice, parce qu'il n'y en avait pas trop. j'ai fait jouer une meuf que j'aimais bien qui elle avait un projet de monter une pièce de théâtre elle m'a pris dans sa pièce et à partir de là on est parti en tournée et quand je suis arrivée à Paris et que j'ai vu la réalité du milieu en tout cas le milieu des comédies club des humoristes je me suis dit waouh en fait il y a beaucoup de monde il y a un très gros niveau et j'avais envie de faire ça j'avais commencé par là mais j'étais un peu terrifiée quand je me suis dit waouh ça va être compliqué de me mesurer à Merci. à toutes ces personnes, il y a pas mal de compètes. C'est aussi pour ça qu'on peut comparer, la métaphore, elle fonctionne de ouf avec le sport, même si moi, je n'ai pas fait beaucoup de compètes en ski et tout ça, notamment. Moi, j'étais plus dans le freeride, freestyle et tout. Là, je me suis retrouvée avec pas mal de concurrents et de concurrentes, même si à Nice, il n'y avait pas du tout de meufs, quasiment aucune meuf. Et j'étais un peu... La seule meuf sur les plateaux, tu sais, j'étais la tout charme de la soirée. À chaque fois que j'allais dans un comédie club, on me présentait comme ça. Quand je suis arrivée à Paris, je me suis rendue compte que bon, ok, il y a de la concurrence, mais c'est ça qui te tire vers le haut aussi. Et donc, je me suis sortie les doigts, j'ai commencé à travailler. Et franchement, pour sortir des caves et commencer à être payée par ce métier, à cette époque-là, vu qu'il n'y avait pas les communautés sur Instagram et tout, ça prenait du temps. Ça allait faire parler de soi, ça allait être... Fallait avoir de l'expérience, donc fallait bider un certain nombre de fois, fallait montrer que tu méritais ta place. Et ce qui est un peu moins le cas, c'est pas du tout une phrase de rageuse, mais c'est un peu moins le cas aujourd'hui parce que si t'as pas beaucoup d'expérience mais que t'arrives avec 300 000 abonnés sur Instagram, tu vas plus facilement avoir la possibilité de jouer quoi. On va t'ouvrir les portes des comédies club peut-être un petit peu plus facilement. Et moi je te cache pas que je suis arrivée dans une époque où il commençait à y avoir le MeToo stand-up un peu... enfin le MeToo stand-up, pas du tout, juste hashtag MeToo, et on se rendait compte que les meufs n'avaient pas assez de place dans les comédies club, et j'avais la chance, en plus de ça, d'être une meuf et d'être lesbienne, double quota. Donc ça a permis vraiment, je jure, ça m'a ouvert des portes, c'est horrible à dire, mais il y a eu de la discrimination positive, il y a ma première émission de télé, je l'ai faite parce que, je cite, le producteur m'a dit j'ai besoin d'une lesbienne.
- Speaker #0
Ah oui, c'est très difficile.
- Speaker #1
C'est trop marrant.
- Speaker #0
Dans ce sens-là, tant mieux. Parce que souvent, on est confronté à la problématique inverse.
- Speaker #1
Ouais. Donc, j'ai accepté. J'ai dit, OK. Mais en même temps, ouais, il y a un gros taf. Mais le meilleur endroit pour s'entraîner, franchement, c'est les petites salles, les petits comédie-clubs, les caves. C'est ce qu'on appelle, nous, les plans merguez, quoi. Enfin, tu vois, les plans bourbiers, un peu, où tout ce qui fait que tu vas réussir à te confronter à... Toutes les problématiques, tous les aléas, tu sais, genre tu as 10 personnes dans une cave, il y en a un qui est bourré, il y en a une autre qui n'arrête pas d'aller faire pipi, donc tu vois, elle casse ses blagues parce qu'elle n'arrête pas de se lever. Ce genre de trucs, en fait, hyper important pour apprendre à savoir qui tu es sur scène et à gérer le public, quoi.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu parles un petit peu de travail un peu comme des entraînements répétés, ça passe par quoi ? Est-ce que ça passe par quelqu'un avec qui tu travailles ? travailles ta voix ou est-ce que tu retravailles tes textes avec quelqu'un ? C'est quoi le staff qu'il y a autour de toi finalement ?
- Speaker #1
Ça, je ne vais pas te mentir, il n'y en a pas en fait. Ça fait partie des trucs les plus challengeants au début d'une carrière humoriste, c'est que tu es seule. Donc, il faut quand même avoir une santé mentale assez stable parce que du coup, tu es obligée d'être très auto-centrée vu que Quand tu commences à écrire tes blagues, ça vient de toi. Et puis, c'est quelque chose qui met l'ego à l'épreuve parce que c'est très dur comme discipline de devoir faire rire les gens parce que c'est quelque chose qui doit être efficace tout de suite. Ce n'est pas comme apprendre un texte d'une pièce de théâtre, la jouer et se dire peut-être que le public a kiffé. Non, là, quand tu arrives et que dès la première blague, tu prends un bide, tu prends pleine gueule. Il n'y a pas de coaching pour ça. Le seul moyen de t'entraîner à ça, c'est d'aller prendre des bides Merci. toute seule. Parce que quand tu es seule avec ton micro, même si tu as ton meilleur pote qui t'a dit franchement, allez, chanmé cette blague et qu'il est dans le public, il n'expérimente pas le vide avec toi. Donc ça, c'est le plus dur dans la partie de... dans la partie de l'entraînement. Et en plus, au début, il n'y a pas grand monde pour te coacher. C'est toi qui dois y aller toute seule et te mettre en danger et te dire, si, si, là, je vais y aller. J'ai l'impression quand même que pour faire ce métier, il y a une partie de nous qui n'a pas le choix. Il y a un peu un truc de l'ordre. Il faut que je transcende quelque chose. Il faut que j'arrive à le faire. Parce que franchement, au bout de 10 scènes, t'as pas t'as pas ça t'a pas apporté quelque chose dans ta vie tu t'y retournes pas c'est impossible c'est trop douloureux au début et en plus il y a quelque chose d'un peu triste parce que tu te dis putain je suis censée faire rire les gens et en fait ça me terrifie ça me rend triste, il y a personne qui me soutient au début parce que t'as tes potes qui sont dans la salle et qui vont te dire ouais ouais franchement c'est bien t'as grave d'énergie tu vois ce genre de compliment mignon que tu comprends que t'as juste pas été très drôle mais mais euh euh Oui, non, ça arrive beaucoup plus tard. Je rencontre des potes qui commencent à m'aider dans l'écriture, qui me valident, qui m'aident à répéter. Tout ça, c'est vraiment un process qui est long et c'est d'abord toi avec ton mental. Il n'y a que ça d'abord. Ok, dis à ton égo de se suicider et prends des bides à répétition.
- Speaker #0
Ok, et toi, tu le vivais un petit peu comme... Un échec sur lequel il faut rebondir, se relancer et avoir de la résilience ou plutôt c'était apprentissage, répétition, répétition ?
- Speaker #1
Franchement, non, moi, je ne l'ai jamais vécu comme... Alors, je ne l'ai jamais vécu comme un échec parce que j'ai toujours, je pense, eu un capital sympathie, tu vois, un truc qui fait que quand je bide, ce n'est jamais très douloureux. C'est-à-dire qu'au pire des cas, j'ai quand même... toujours cette sympathie du public et j'arrivais à faire des twists et à rebondir, à retomber sur mes pattes. Même si il y avait des blagues qui marchaient pas, j'ai travaillé ce qu'on appelle son clown, tu vois. Donc mon personnage comique, c'est quand même des bons moments. Par contre, quand ça fait un an, un an et demi que tu commences à monter sur scène, que tu écris un spectacle et que tu te rends compte qu'il y a des choses qui évoluent pas trop, Je pense qu'on a aussi ce truc, nous les meufs, de se sentir légitime. C'est un peu compliqué parfois, surtout quand tu es dans le boys club et que tu n'es au milieu que de mecs qui ont la testostérone à bloc et une confiance en eux incroyable. J'avais beaucoup le syndrome de l'imposteur. Il y a des fois où j'ai souffert de ça, de me sentir seule. Et de me dire, elles sont où les meufs ? Pourquoi ? Ils sont où mes meilleurs potes dans ce milieu ? Et au début, bah... Ça prend du temps de trouver son petit noyau et de trouver les gens avec qui tu as envie de bosser. Et la chance que j'ai après, c'est que j'avais commencé dans le Sud et que je me suis fait des potes quand même assez rapidement. Mais quoi qu'il arrive, oui, il y a des moments où tu expérimentes le doute et j'arrête en fait. J'en ai marre, je suis épuisée. Quel est l'intérêt ? Je vais où comme ça ?
- Speaker #0
mais qui qui transpire dans ton spectacle, c'est que tu as toujours l'énergie. Donc, je pense que tu arrives... En tout cas, tu as sûrement peut-être travaillé ça, mais de rebondir et de relancer tout de suite derrière, même s'il y a peut-être pour toi quelque chose d'un petit peu moins bien, tu arrives à repartir.
- Speaker #1
Oui, franchement, ça, je pense que pour le coup, tu vois, c'est mon père qui m'a appris tous ces trucs-là, qui m'a enseigné tous ces trucs-là. Puis comme moi, j'ai fait beaucoup de ski, j'ai appris quand j'étais toute petite. Merci. Je ne me souviens pas spécialement avoir chuté mille fois et avoir dû me relever, pour rester dans la métaphore de « on rate, mais on recommence et on se remet en selle » . Par contre, j'ai fait pas mal de freestyle et moi, j'ai été jusqu'à la rupture physique. Vraiment, je me suis pété les deux genoux, j'ai eu des problèmes de dos, j'ai eu des gros fracs en ski. Mais je sais que pour rentrer mon premier 3-6, je me suis pété. pris des pelles, laisse tomber quoi, et au bout d'un moment, tant que mes ménisques ou mes ligaments ils avaient pas lâché dans mes genoux, j'y retournais là je me suis dit, pareil en fait, tant que j'ai pas une brisure de l'ego ou que il se passe pas un truc grave y'a rien qui m'empêche de remonter sur scène et surtout le plaisir que je ressentais il était quand même beaucoup plus fort que tous les doutes et que toutes les chutes que tous les échecs et franchement y'a un peu ce truc Merci. que j'adore comparer comme on a fait aussi beaucoup de rando beaucoup d'alpi avec mon père et j'ai fait pas mal de trials dans ma vie il y a quand même un peu ce truc de quoi qu'il arrive, regarde autour de toi regarde le paysage à chaque étape du parcours peu importe si tu vises le sommet et si tu veux aller le plus haut possible hum Quoi qu'il arrive, fais des petites pauses, garde l'endurance et fais des petites pauses et regarde déjà le chemin parcouru. Parce que tu as déjà fait tout ça comme dénivelé, donc tu ne vas pas redescendre. Viens, on continue de monter et on voit, il y aura toujours un sommet plus haut qu'on pourra atteindre. Mais quoi qu'il arrive, la vue, elle est belle. Donc moi, j'essaie de m'accrocher un petit peu à ça, tu vois.
- Speaker #0
J'adore, j'adore cette métaphore. Parce qu'on peut toujours aller plus loin, mais déjà, voilà, c'est un peu... c'est le chemin qui est important, qui on va rentrer, ce qu'on va vivre. Toi, tu parles justement d'un parcours un petit peu hors piste, hors du commun et c'est ça qui est le plus beau. Trop bien. Du coup, tu ne me parles pas pas mal de doute, de s'être un peu imposteur, de confiance, de peur finalement des fois de monter sur scène et d'être confrontée au public. Est-ce que tu as des outils de préparation mentale ? Est-ce que tu as été accompagnée ? Est-ce que tu utilises des tips, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Alors maintenant, je suis accompagnée. J'ai une coach. Franchement, c'est génial parce que ça passe souvent quand même beaucoup par la méditation, le yoga. Il y a beaucoup de choses comme ça qui, franchement, qui ne me paraissaient pas du tout être mon délire parce que moi, je suis une bourrine, tu vois. C'est une meuf qui... qui se pète les genoux en ski, qui a besoin d'aller se faire mal, entre guillemets. Donc moi, tout ce qui est statique, on respire, on fait du pilates et on travaille en isométrie, je ne suis pas à mon délire, tu vois, à la base, moi, je suis plus dans le dynamisme. Oui, tu as vu, j'ai utilisé le champ lexical, comme je sais que votre délire, à vous les sportifs. Franchement, ça, je ne pensais pas, mais ça m'a fait beaucoup de bien. De toute manière, je n'ai pas eu le choix parce que je me suis pété le dos et j'ai eu des hernies discales assez jeunes. À force de me tasser les lombaires et de mal me réceptionner sur des diguères, j'ai fait des petits séjours à l'hosto et tout. Et donc, on m'a appris à me détendre, à respirer et à m'étirer. Ce que je ne faisais pas du tout dans ma vie avec mon daron qui me disait juste « Tu vois le sommet, il faut passer là, il faut que moi je t'enlève et tout. » Et du coup, ça... c'est quelque chose qui me sauve encore aujourd'hui déjà qui me sauve du mal de dos et de tout le stress parce que mine de rien je pense que quand t'es en compète constamment que tu ressens les grosses montées d'adrénaline avant une scène importante comme avant une épreuve sportive je pense qu'il y a plein de choses similaires dans ce que tu ressens et si t'as pas et la bonne alimentation et la bonne récup et le bon sommeil Merci. Au bout d'un moment, tu as les épaules qui sont comme ça et tu es juste une contracture géante en fait. Donc j'avoue, j'essaie de me discipliner et ce n'est pas toujours facile. Il y a des fois où souvent après la rochelle, je suis rentrée à l'hôtel et j'ai dû manger dans ma chambre un plateau de trucs frits. Et j'étais vraiment dégoûtée. Je me suis dit, je suis en train de manger du poulet frit, des onion rings alors qu'il est 1h du matin et que demain je pars à 8h. Il y a des trucs sur lesquels il faut lâcher prise aussi. Je pense que ça, c'est hyper important. Je pense qu'il y a une grosse partie mentale. Et ça, moi, j'ai eu plus de mal. Et c'est là où ma coach, aujourd'hui, elle m'aide beaucoup. C'est de la prépa scénique et physique. Mais il y a vraiment ce truc aussi de... Je ne peux pas tout contrôler. Il y a des choses... J'imagine que ça, c'est une grosse différence avec le sport. Parce que j'ai vu comment se préparaient mes petits sportifs de haut niveau quand j'étais au Creps. Je me souviens qu'on leur... On leur disait des dingueries. Il y avait vraiment des trucs de l'ordre de trois jours avant la compète, vous avez interdiction de vous masturber, interdiction de baiser avec vos copines. Et tout. C'est fou, quoi. Alors que je pense que pour les humoristes, ça ne fonctionnerait pas de la même manière. Je pense qu'il y a des trucs sur lesquels tu es bien plus efficace quand tu te laisses un peu aller et que tu te détends. Et bon, après... Je pense qu'il y a un équilibre à trouver parce qu'il y a aussi des humoristes qui vont trop loin et qui se disent « Attends, là, le public, il est dans une ambiance, tout le monde est bourré. Moi aussi, je vais me bourrer la gueule avant de monter sur scène. » Bon, il faut faire attention parce qu'il peut y avoir aussi ce genre de dérive. C'est ça qui est dur dans ce métier, c'est que, mine de rien, on exerce notre travail dans un endroit où les gens se détendent.
- Speaker #0
où les gens font la fête donc moi je sais qu'il y a plein de mes amis qui ont des fois qui n'ont pas compris que eux quand ils viennent boire un spectacle un festival, n'importe quoi ils boivent des bières ils se mettent minables, ils sont trop contents, ils rigolent et ils sont là, viens boire un coup et machin en fait moi c'est mon travail et on peut très rapidement tomber dans ces travers de boire au travail par exemple, moi ça m'est déjà arrivé plein de fois de boire des coups avec le public Merci. avant de monter sur scène, sans monter sur scène torchée, tu vois, je me suis dit, il faut que je fasse attention quand même, parce que j'ai 35 ans, là, je peux pas m'enquiller trois pointes à chaque fois que je monte sur scène, parce que des fois, je le fais trois fois par soir. Donc, il y a un truc sur l'hygiène de vie qui est pas facile. Et autant, quand j'étais sportive, parce que maintenant, je me suis beaucoup moins qu'avant, même si je m'oblige à aller à la salle d'escalade. Il y a vraiment ce truc de... J'avais, bah ouais, je faisais attention un petit peu plus à... J'ai deux polarités. L'époque où j'étais cette meuf de la montagne qui fait attention à ce qu'elle mange, à combien elle dort, etc. Et la meuf de Paris qui doit aussi apprendre à s'en foutre et à accepter que parfois, là, bon bah, l'hygiène de vie est nulle, l'air qu'on respire est très pollué, c'est pas grave. Et je mange du McDo à minuit et demi. Mais franchement, ça me rend pas plus malheureuse. Je trouve que c'est important aussi de se dire les trucs sur lesquels on peut lâcher.
- Speaker #1
Oui, c'est important. Du coup, je reviens un petit peu sur tout ce que tu nous as dit. Donc, tu trouves ton équilibre dans à la fois ta surénergie et tu as réussi à te recentrer grâce à des outils type la méditation, le yoga, des choses comme ça. Ça t'apporte un équilibre. Tu essayes d'avoir une hygiène de vie quand tu peux alors que tu es dans le monde de la fête. Et du coup, c'est hyper délicat parce qu'en fait, il y a un rythme qui est complètement… désorganisé et puis donc tu apprends finalement ce côté de lâcher prise un petit peu que tu vas avoir pour arriver sur scène des fois finalement détendu toi aussi et dans un bon mood donc ouais c'est hyper hyper pertinent parce que tu fais des beaux parallèles avec les sportifs quoi c'est vraiment ça a l'air d'être un dépassement de soi et ce qui ressort pas mal je trouve c'est ça a l'air d'avoir une boussole au loin on sait j'ai l'impression que tu sais où tu vas et c'est ça qui t'anime et qui fait que malgré des fois des difficultés, des spectacles qui peuvent être peut-être moins bien réussis d'après toi, tu arrives à te dire, allez, je continue, je me relance, j'en fais encore plus, d'autres et tout ça. Est-ce que tu pourrais nous dire quel est ton rêve, ton graal un peu plus loin ?
- Speaker #0
Franchement, moi déjà, je wesh suis. Je suis quelqu'un qui a beaucoup de motivation, donc le moindre échec, entre guillemets, ou en tout cas le moindre questionnement, le doute, je le mets dans un mouvement et j'essaye d'en faire quelque chose. J'avoue, cette année, l'année 2025, ça a été assez intense parce que je me mets plein d'objectifs. Ce n'est pas forcément des résolutions, mais j'ai des to-do listes constantes, tu vois, de quand même, je suis à Paris, je suis loin des chamois et de mes montagnes, ce n'est pas pour rien. J'ai fait tout ce sacrifice. Merci. quand même pour atteindre des petits objectifs. Je pense que ça, c'est un truc qu'on fait en tant que sportive aussi, tu vois. Tu vois, d'un seul coup, se faire un chrono ou alors faire, je ne sais pas, tel couloir à ski parce qu'on ne l'a jamais fait. Et donc, j'ai gardé ce truc-là. Et j'ai coché pas mal de cases l'année dernière. Je voulais vraiment… Moi, j'ai toujours voulu être humoriste, mais j'ai toujours aussi voulu être comédienne, tu vois, jouer autre chose et ne pas résumer tout. toutes mes angoisses à « Haha, c'est marrant, on va faire des blagues » . Je trouve qu'il y a une place dans ma vie, pour que je puisse faire autant de blagues, c'est qu'il y a aussi une place au drame. Ce n'est pas du tout pour faire la meuf ouin ouin, mais il y a aussi des choses dures que je trouve essentielles à verbaliser, comme ça peut être fait dans le cinéma. Pour moi, une bonne comédie, c'est une comédie dramatique. Il doit y avoir quelque chose qui vient de toucher dans les tripes, exactement. Je pense que c'est pour ça que mon spectacle fonctionne aussi. parce que J'essaie de connecter avec les humains, j'essaie de trouver les parallèles qui font que les gens se sentent concernés, parce que sinon mon parcours, il ne compte rien à personne. Et donc j'ai essayé de faire ça dans différents domaines, et je me suis dit que ça me rendrait vraiment malheureuse de ne pas réussir à faire de l'image et à faire du cinéma au moins une fois dans ma vie. Et je me suis dit que l'avantage qu'on a en tant qu'humoriste, c'est que mine de rien, j'écris. je peux créer mes propres opportunités. Quand je n'ai pas de travail, il suffit que je reste une journée sur mon ordinateur, que j'écris des blagues et le soir, elles peuvent exister et j'ai un sketch et si je veux, je peux me filmer, faire du contenu sur les réseaux. Donc c'est si, tu vois, de pouvoir faire ça. Parce que moi, j'ai plein d'écoles et j'ai plein de potes qui sortent d'écoles de théâtre et qui m'ont dit, c'est tellement vertigineux quand tu sors d'une école de théâtre. que tu as été formée et que là, tu te retrouves vraiment lâchée dans la jungle de l'humour, quoi, de l'asie artistique. Donc, en fait, il faut être serveur. Il n'y a pas de travail. Tout le monde se bat pour avoir des castings et il n'y en a pas. Donc, j'ai essayé de créer les mêmes opportunités mais en écrivant une série avec mon ex et on a eu le petit bitumique. Tu l'as vu peut-être, je ne sais pas.
- Speaker #1
Non, mais ça m'intéresse et puis ça peut peut-être intéresser les auditeurs. Comment on trouve ça ? Ça s'appelle comment ?
- Speaker #0
Ça s'appelle Les Rieuses. Soit tu mets Les Rieuses sur YouTube, soit sur ma page Instagram, j'ai partagé des épisodes aussi. Et l'histoire, en gros, c'est comment est-ce qu'on peut résister à l'oppression à travers le rire. Donc c'est un monde dystopique dans lequel les femmes ont perdu le droit de rire. C'est une sorte de endman's tale de l'humour. Donc c'est ça. qui, en semblant d'être dans un pressing, en réalité, elles ont un comédie-club clandestin et elles font des vannes et elles essayent de créer une révolution. Et en fait, là, je pense que c'est cette série qui résume le mieux tous les objectifs à venir. J'ai envie de continuer à créer mes opportunités, j'ai envie qu'on pense à moi et qu'on pense à toutes les femmes talentueuses qu'il y a dans ce métier. sans qu'on ait à forcer tout le temps pour dire on existe, on aimerait bien être entendus c'est vraiment important de libérer notre parole au maximum et moi je me sens presque encore pas assez engagée dans mon spectacle il y a des choses vraiment qui me pèsent et que j'ai envie de dire donc ça, ça fait partie de mes objectifs et j'ai envie de faire tous les supports que ce soit sur scène face à une caméra voilà, donc là c'est mes objectifs de l'année et être Merci. la plus fière de moi possible arrêter d'avoir des doutes même si je pense que c'est ça qui me fait avancer mais en avoir le moins possible apprendre à les gérer et les transformer vraiment les transcender finalement ouais c'est ça mais
- Speaker #1
après qui n'en a pas je pense qu'à la veille de partir sur son Ironman ou sa compétition de tel ou tel sport on n'est jamais sûr de Merci. de la réussite et du résultat. Et c'est aussi ça, ce petit stress-là qu'on cherche. Et je pense que là, vous, en tant que... toi, en tant que comédienne, c'est ce passage sur la scène, au moment où tu dois rentrer sur la scène, là où il y a tout le monde qui t'attend et qui te regarde, ça doit être vraiment une grande adrénaline. Ouais,
- Speaker #0
carrément. Toi, tu fais de l'Ironman, du coup ?
- Speaker #1
J'en ai fait deux et je fais pas mal de triageons, j'ai fait un peu de trial, enfin, je suis un peu plus forte.
- Speaker #0
C'est vraiment une discipline que je respecte. Les triathlètes, mes respects. Mais alors, mon Dieu, j'ai vu les prépas, les entraînements et tout. Il faut être tellement sec. Comment faites-vous ? Je ne sais même pas. Et je trouve que c'est vraiment noble. Donc, faire un Ironman, je trouve ça ultra respectueux. Et être triathlète, waouh. Et parfois, ce truc de combiner les disciplines, ça me parle aussi dans le milieu, dans le métier d'humoriste. Parce que tu ne dois pas juste être bon ou bonne en endurance. Il y a du sprint. En fait, c'est comme s'il y avait plusieurs disciplines, surtout maintenant qu'il y a les réseaux. Donc, il faut être bon dans au moins trois disciplines. Gérer ta carrière, gérer ton image et gérer, quand tu montes sur scène, l'instant. Oui,
- Speaker #1
ça se voit. C'est un beau parallèle. Et toi, est-ce que les réseaux, ils te servent ou des fois, ils te desservent ?
- Speaker #0
Plus maintenant parce que j'y travaille avec ma coach, mais moi, je ne suis vraiment pas une meuf des réseaux. Je n'étais pas une meuf du téléphone à la base. C'est-à-dire que moi, tu m'appelles trois fois d'affilée, je le vis comme un viol. C'est vraiment abusé. Je me dis que c'est hyper intrusif en fait. Et donc non, non, les réseaux ne me desservent pas du tout. au contraire il nous il nous Ils nous servent en tant qu'humoristes. Mais il y a des dérives. Et en tant qu'humain aussi, même quand ce n'est pas ton travail et tout ça. Donc, il faut faire attention de ne pas se faire happer par ce truc. Cette espèce de gros monstre. Franchement, moi, ça me terrifiait. Je n'avais pas du tout envie de jouer la pute d'Instagram. Parce que c'est vraiment comme ça que je le verbalise. Je ne vais pas faire la pute. Je monte sur scène. Si tu aimes bien, viens me voir. Mais j'ai beaucoup lu d'humoristes à la fin des comédies club. qui était juste, tu sais, le public sort et au lieu de parler avec les gens parce qu'on vient de vivre un moment ensemble, ben je voyais des juristes qui tenaient leur téléphone avec un vieux QR code et qui attendaient juste que le public flash leur QR code et j'étais là mais... Là, franchement, vous avez pété un câble pour gagner 10 abonnés. Parce qu'en plus, c'est ton estime de toi que tu fais descendre. Parce qu'il y a plein de gens qui vont passer devant ton QR code et qui vont te snobber, en fait, et qui ne vont pas le scanner. Donc, c'est horrible ce que ça raconte de toi. Tu es vraiment prêt à tout pour juste gagner 10 abonnés. Je trouvais ça affreux. Donc, moi, j'ai pendant longtemps décidé de refuser de jouer le jeu. Et là... J'ai vu que mes copains et mes copines qui faisaient deux vidéos par semaine minimum ont commencé à remplir beaucoup plus leur salle que moi. Donc, ma prod m'a engueulée. Elle m'a dit, je t'ai déjà dit en fait, c'est que tant que tu ne voudras pas faire des vidéos, tu n'es pas obligé de faire des trucs qui ne te plaisent pas. Tu peux faire des trucs qui t'amusent et tu verras. Et effectivement, là en septembre, j'ai fait deux, trois vidéos qui m'ont fait rire. Et franchement… Il y en a une qui a fait 1,5 million, j'ai rempli trois dates avec, c'est incompréhensible, vraiment. Je ne l'explique pas, mais bon, je me suis dit, ok, ça marche, je vais le faire, mais je ne te cache pas que ça me coûte encore. Je ne le subis pas de manière ultra violente, mais quand tu es une meuf et que tu es humoriste, il faut savoir que tu es quand même la cible numéro un des fous, des pervers, des gens violents, c'est hyper... Tu reçois vraiment beaucoup de messages de haine et de commentaires sur ton physique. Et ce n'est pas mon cas. Donc, j'ai la chance. Pour l'instant, je pousse du bois. Mais j'ai beaucoup de copines qui m'ont fait comprendre que c'est chaud d'être une meuf sur les réseaux et de se mettre en avant parce qu'il y a beaucoup de haters et c'est assez dégueulasse.
- Speaker #1
Oui, on n'imagine pas ça. Quand on voit d'extérieur, on est juste dans le public et on suit quelqu'un. Sur les réseaux qu'on aime bien et qu'on aime ce qu'il dégage, on ne se dit pas qu'il doit gérer tout ça en amont. Il faut être armé, mais tu as l'air de dégager quelque chose qui fait que tu as un sourire, une force de vie qui fait que tu arrives à te barricader et créer ton monde et écrire finalement ton histoire, ton passé pour le raconter et puis maintenant à écrire ton avenir. C'est chouette.
- Speaker #0
Ah, trop mignonne.
- Speaker #1
J'essaye. Je vais te poser une dernière question avant de conclure. Si tu avais une baguette magique mentale là et que tu pouvais tout créer, qu'est-ce que tu aimerais changer ou obtenir ?
- Speaker #0
Waouh, j'adore cette question, mais qu'est-ce que c'est dur. Tu me poses une colle marine. Si j'avais une baguette magique, qu'est-ce que je... Franchement, je ne sais pas si je ferais quelque chose d'utile, mais je ferais en sorte qu'on ait beaucoup plus de place pour s'exprimer, nous les meufs, et que le combat soit un tout petit peu moins difficile, même si on en a besoin. Je ne voudrais pas rendre les choses faciles parce que ça enlèverait justement toute notre force et tout ce qui fait que c'est beau. Mais franchement, il y a des fois où je me dis « Putain, pourtant j'ai été pompier pendant 10 ans et j'ai été dans un univers très mascu quand même. » Tu vois, c'était compliqué dans les casernes et tout ça. Mais j'ai vraiment halluciné quand j'ai vu comment c'était dans le monde du théâtre et dans le monde de l'humour. d'accord, donc en fait on chie sur les femmes tout le temps quoi donc ça la société j'ai mis du temps à prendre conscience je viens d'un village où il y a 110 habitants je vais pas te mentir, le féminisme c'est tranquille, il y a des gens qui sont assez engagés, il y a des gens de gauche mais c'est le même village qu'Eric Ciotti donc ça rame un peu à certains niveaux et je pense que si j'avais une baguette magique je ferais en sorte que déjà au moins Sur cet aspect-là de l'humanité, les gens s'écoutent et se respectent un peu plus, parce que de toute manière, c'est la fin du monde, Marine. Je terminerai sur ces mots très graves. Mais tu vois, je me dis qu'en fait, le féminisme et l'égalité entre ces deux genres, c'est la base de tout. Donc j'essaierai de faire en sorte que ça soit... un tout petit peu moins vain pour nous les femmes de se battre parce qu'il y a des fois où on a l'impression que c'est dans le vent et où c'est épuisant. Donc voilà, je ferai avec ma baguette magique et je ferai en sorte qu'il n'y ait plus de féminicide.
- Speaker #1
Un beau message de transmettre cet espoir et ces petites graines à travers le podcast et ton ambition. C'est vrai que je le vois dans le sport. J'ai pu interviewer, ce sera dans l'épisode numéro 3 du podcast, une boxeuse pro et qui disait vraiment que ce n'est pas du tout les mêmes niveaux de reconnaissance et même de rémunération. pour une femme dans le sport. Et j'imagine que c'est une petite bataille incessante dans le milieu de l'humour, de la comédie, du spectacle. Aussi, quoi.
- Speaker #0
Ouais, ben ouais. C'est une lutte permanente dans la société, tu vois.
- Speaker #1
Mais c'est grâce à travers justement des spectacles engagés et l'humour qu'on peut faire passer des messages et faire changer un petit peu les mentalités. Je trouve que maintenant, on voit des enfants et c'est vraiment qui vont dire, voilà, j'ai une maman, ou non, là, mon doudou, il est non genré, enfin, des choses comme ça, et je trouve que ça évolue bien aussi, c'est marquant. En conclusion, merci d'avoir passé ce moment en compagnie de la petite voix dans ta tête, qui veut te donner le sourire, t'inspirer et te propulser plus haut. Je voulais te remercier, car sans toi, ce podcast n'aurait pas d'âme. Alors n'hésite pas à le partager à toute personne en quête d'un brin de bonheur. Le mental n'est pas inné, il se travaille. Dis-moi en commentaire vers quoi tu te propulses. Quel est ton objectif à toi ? Ta flamme en ce moment. Je t'invite à noter l'épisode et à toi aussi à passer à l'action dès demain pour initier rien qu'un petit changement. Osez !