Speaker #0Méditation, habitez mon corps en vérité. A présent, installe-toi dans une posture simple. Assis, assise, les pieds posés au sol, le bassin soutenu, le dos disponible. Avant d'aller plus loin, laisse simplement ton corps arriver ici. Sentir les points d'appui, les pieds avec le support, le siège, peut-être les mains posées sur les cuisses. Ne cherche rien d'extraordinaire, sens seulement que tu es là, dans ce corps. Maintenant, reste un instant ici, puis laisse venir, sans les convoquer, toutes les phrases que tu as pu penser sur ce corps. Trop, pas assez, pas comme il faudrait, pas comme les autres. Tu n'as rien à corriger. Reconnais seulement que ces phrases existent, qu'elles sont là, parfois depuis toujours. Maintenant, Ausha du souffle. Pas pour le changer, juste pour remarquer comment il est là. En ce moment, l'air qui entre, l'air qui sort, et pendant que tu respires, pose-toi cette question, très doucement. Ce que je ressens là, maintenant, est-ce vraiment moi qui le ressens ? Ou est-ce une voix qu'on m'a appris à écouter ? Ne réponds pas trop vite, reste juste avec la question. Remarque à présent si une zone du corps demande déjà un peu plus d'attention. Est-ce le ventre ? Peut-être la mâchoire ? Ou la poitrine ? La gorge, sans corriger, sans forcer, laisse juste cette zone être reconnue. Peut-être qu'elle se détend un peu, peut-être pas, les deux sont possibles. Si une émotion est logée là, ne cherche pas à la nommer tout de suite. Sans seulement qu'elle a le droit d'être là, sans jugement, sans qu'on lui demande de se justifier. Maintenant, laisse un souvenir, un instant précis, où tu t'es sentie belle, ou simplement bien, dans ce corps. Pas parce qu'on te l'a dit, pas parce que le miroir te l'a confirmé, mais parce que ce jour-là, tu étais juste là, présente, sans te surveiller, avec un rire, une lumière d'été, une peau qui respirait, un moment où tu n'avais rien à prouver. Laisse cette sensation revenir, même faiblement. Tu peux te dire très doucement « Mon corps n'est pas un argument. Mon corps est un lieu où j'habite. » Laisse cette phrase descendre sans la répéter trop vite. « Mon corps n'est pas un argument. » Mon corps est un lieu où j'habite. Laisse cette phrase encore une fois descendre sans la répéter trop vite. Ce corps a déjà traversé beaucoup de choses, des transformations, des déséquilibres, des jours où il t'a semblé étranger, presque hostile, mais il a aussi porté tes joies, tes rires, tes élans. Il n'est pas ton ennemi. Il est ton compagnon de route depuis le début. Respire avec cela. Tu peux t'adresser à lui simplement. Toi, mon corps, je te reconnais. Je ne veux plus te traiter comme un problème à régler. Reste un instant avec cette parole. Maintenant, élargis doucement ta perception. Sens que tu n'es pas seul avec ce corps, avec ces questions. Tu peux t'ouvrir à une présence plus vaste que toi. Une présence qui ne juge pas, qui ne compare pas, qui ne demande rien en échange. Tu peux la nommer présence bienveillante ou simplement la sentir tout près autour de toi et déjà au-dedans de toi. Tu peux laisser monter quelques mots. Présence, tu connais ce corps. Tu connais ses doutes, ses efforts, sa fatigue de devoir plaire. Tu connais aussi sa beauté, même quand je ne la vois pas. Prends le temps de sentir chaque phrase au lieu de les enchaîner. Et si tu le souhaites, ajoute simplement « aide-moi à l'habiter » sans le combattre. Pas plus, juste cela. Laisse ces mots se déposer en toi. Aide-moi à l'habiter sans le combattre. Peut-être qu'à cet instant quelque chose se détend. Peut-être qu'au contraire, quelque chose résiste. Peut-être qu'une émotion monte. Peut-être que rien de net ne se passe. Tout cela a le droit d'être là. Tu n'as rien à produire, tu accompagnes seulement ton corps dans une lumière plus douce. Tu peux maintenant sentir que ce corps est le seul que tu habiteras toute ta vie. Sont à nouveau les pieds, les jambes, le bassin, le ventre. La poitrine, les épaules, la nuque, le visage ne va pas trop vite. Comme si tu revenais habiter chaque pièce de cette maison. Tu peux te dire, ce corps est à moi. Il n'a pas à ressembler à un modèle, il a juste à être vivant et habité. Laisse cette phrase résonner une fois, puis reviens au simple sentir. Entends à nouveau les sons autour de toi, sens l'air sur la peau, perçois la lumière à travers les paupières, commence doucement à bouger les mains, les pieds, la nuque, et quand tu te sentiras prête, ouvre les yeux. En gardant peut-être une conscience plus douce, plus proche de ce corps que tu habites et de la présence qui l'accompagne.