Speaker #0Est-ce qu'il est conscient qu'il me manipule ? Est-ce qu'il le fait exprès ? Ces questions reviennent systématiquement à un moment donné quand on commence à sortir du déni d'une relation toxique. Et je crois bien que toutes mes patientes me l'ont posé à un moment donné. Comme si la réponse à cette question pouvait tout changer. Ou comme si le fait qu'il ne soit pas conscient rendait la situation moins grave. Comme si son absence d'intention pouvait presque effacer les crises d'angoisse, les pleurs, la confusion, l'épuisement. Et le fait de ne plus se reconnaître. Et je crois qu'en réalité, si cette question nous obsède tant, c'est parce qu'elle nous permet encore de garder un peu d'espoir. Parce que tant qu'on se dit, il ne fait peut-être pas exprès, alors on peut encore croire qu'il va comprendre, qu'il va changer, que la relation peut redevenir comme au début. Et aujourd'hui, justement, on va parler de ça. On va parler de conscience, d'intention, de manipulation et d'empathie, mais surtout du piège psychologique. immense qui consiste à chercher absolument à savoir si l'autre voulait vraiment nous faire du mal. Je m'appelle Sandra Recolin et je suis psychologue spécialisée en thérapie cognitive et comportementale et experte dans les relations toxiques et les sorties d'emprise émotionnelles. Et chaque dimanche vers 8h, on décrypte ensemble les mécanismes psychologiques de relations d'emprise pour une vie plus saine et épanouie. Et si tu ne l'as pas encore fait, c'est maintenant que tu peux t'abonner. Allez, on va plonger direct dans le sujet. Alors, est-ce qu'ils sont conscients ? Est-ce que ces manipulateurs, ces personnes toxiques, ces pervers narcissiques, ces manipulatrices sont conscients de faire du mal ? Et la réponse, alors tu vas adorer, ça dépend. Je sais que ce n'est pas la réponse simple qu'on aimerait entendre, mais la réalité psychologique, c'est rarement totalement noir ou blanc. Donc il existe différents niveaux de conscience et dont on va parler. Il y a des personnes qui savent très bien ce qu'elles font. Ça, on ne va vraiment pas se leurrer. Il y a vraiment des personnes qui le savent très très bien. Ces personnes, entre autres, elles savent très bien culpabiliser, retourner les situations, utiliser le silence, souffler le chaud, le froid, mentir effrontément même parfois, manipuler les émotions, bref, et puis aussi faire passer l'autre pour le problème. Et parfois même, quand on les confronte, elles savent exactement quoi dire pour récupérer le contrôle. Et ça, dans mon histoire, je l'ai vraiment vécu et j'en suis encore bouche bée. Alors, c'est façon de parler, parce que maintenant, je sais quoi dire, quoi faire et comment répondre à ça. Mais c'est surtout pour dire que cette incohérence, c'est-à-dire que quelqu'un qui va mentir et que vous allez voir qu'il ment, quelqu'un qui va vous manipuler, que vous allez le voir, très souvent, il ne va pas sortir les choses du chapeau et dire, oui, c'est vrai, tu as raison, je te manipule. Alors, des fois, ils peuvent le faire, mais là encore, très souvent, c'est pour manipuler derrière. donc attention c'est pas parce que Il vous a dit ça, il ou elle vous a dit ça, que ça veut dire que ça y est, il est exemple de tout soupçon. Non, non, ça peut être encore des manigances derrière. En tous les cas, moi, je vois que dans mon histoire personnelle, ça m'avait énormément interpellé de voir que je pouvais des fois le confronter directement à sa manipulation et il essayait encore de retourner le cerveau. Donc voilà, c'est vraiment pour dire que et de retourner le cerveau, même si ce n'était pas cohérent. Parce que très souvent, ce n'est pas cohérent. Donc, c'est là où, nous, notre cerveau va essayer d'aller chercher la cohérence. Et donc, une des cohérences possibles, c'est qu'il ne soit pas conscient de ça. Je vais m'arrêter là parce que c'est vraiment le déroulé de tout ce podcast. Et je veux quand même vous maintenir à gare sur ce que je vais dire. Donc, je reviendrai vraiment sur ça. Et puis, il y a aussi des personnes qui sont beaucoup moins conscientes. Il y a des personnes qui ont appris des fonctionnements extrêmement toxiques. Alors ça peut être dans leur enfance, leur famille peut être toxique, il y a eu des relations précédentes aussi qui ont forgé ça, ou qui fonctionnent énormément dans la défense, l'évitement, le besoin de contrôle. Moi j'ai beaucoup de mes patientes qui me disent, oui mais il est très évitant, oui ok, il est très contrôlant, mais oui mais c'est parce qu'il a peur, il a peur de l'abandon, il a peur, voilà il a peur pour moi, ou des mécanismes narcissiques aussi très rigides. Il peut y avoir tout ça, mais attention. Ce n'est pas parce qu'une personne souffre qu'elle ne fait pas souffrir. Il y a vraiment cette chose-là qui est extrêmement importante à comprendre. Parce que beaucoup de victimes restent bloquées dans une compassion infinie. Par exemple, toi, il se peut que tu comprennes les blessures de ton compagnon, ses traumatismes, son passé, ses peurs, ses fragilités. Et à force de vouloir le comprendre, le ou la comprendre, tu vas finir. par ne plus te protéger toi-même. Et c'est ça en fait qui est extrêmement délétère. Et surtout, il y a une confusion énorme Entre comprendre et excuser. Je vais te le redire ça, parce que c'est extrêmement important. La confusion énorme entre comprendre et excuser. Comprendre quelqu'un, ce n'est pas accepter de se détruire pour lui, de se sacrifier. Et parfois, je vois des personnes passer des années à essayer de savoir oui, mais est-ce qu'il est manipulateur conscient ou pas ? Est-ce que c'est un véritable pervers narcissique ? Non, je ne crois pas que ce soit un pervers narcissique, ce n'est pas jusque-là. il n'est pas comme ça, il a bon fond. Alors, la vraie question, c'est plutôt, la vraie question est vraiment une vraie question que je te poserai aussi à la fin, mais déjà pour commencer et pour amorcer cette réflexion que tu peux te faire, c'est pourquoi est-ce que moi, je continue de rester dans une relation qui me détruit psychologiquement ? Parce qu'au bout d'un moment, ce qui compte, ce n'est pas uniquement l'intention, est-ce qu'il a l'intention de me faire du mal ? Mais c'est aussi l'impact de ce qu'il fait, les conséquences de ce qu'il fait, ce que ton corps vit, ce que ton système nerveux endure et ce que tu deviens dans cette relation. Et ça, beaucoup de personnes en emprise finissent par l'oublier. Donc là, je vais attaquer le piège psychologique justement qu'il y a derrière cette question. Parce qu'en réalité, la plupart des personnes ne cherchent pas seulement une réponse quand elles posent cette question, mais il y a quelque chose de caché derrière. Elle cherche surtout, et peut-être que toi, tu cherches à te rassurer en te posant cette question. Parce que s'il y a une chose de très difficile à accepter dans les relations toxiques, c'est que quelqu'un peut nous aimer et nous faire énormément de mal en même temps. En fait, c'est ça que le cerveau a du mal à comprendre, et c'est tout à fait normal. Donc il va préférer des choses simples. Il y a les gentils, il y a les méchants, il y a les victimes, il y a les bourreaux. Mais dans une relation d'emprise, tout est beaucoup plus... fou parce qu'il y a aussi des moments de tente, des excuses, des pleurs, des promesses, des oublis, des silences, des moments où l'on retrouve presque la personne du début. Tout ça, c'est mélangé. Et c'est justement ça qui crée la confusion mentale. Parce que quand quelqu'un est capable d'être doux parfois, on a du mal à accepter qu'il puisse être destructeur aussi. Le cerveau, lui, va chercher une explication. Et donc, il cherche quelque chose qui permettrait de rendre la situation moins douloureuse psychologiquement, vu qu'on est dedans. Et souvent, l'explication qu'on choisit, c'est il ne le fait pas exprès. Et puis, alors, on choisit, ou lui-même, il nous le dit, moi, je vois, dans ma vie perso, ce qu'il me disait, c'est je n'ai jamais eu la moindre intention de te faire du mal. Texto ! C'est vraiment ça. Je n'ai jamais eu la moindre intention de te faire du mal. Alors que, clairement, c'était ça. C'était, il me faisait du mal. Et il savait qu'il me faisait du mal. Donc, on ne peut pas dire qu'il n'avait pas cette Merci. conscience-là. Et très souvent aussi, ces personnes jouent sur le fait que ils ont eu une enfance difficile, des traumatismes, la peur de l'abandon et sur le fait qu'ils ne se rendraient pas compte de ce qu'ils font et qu'eux-mêmes souffrent. Et donc, du coup, ça, ça peut alimenter le fait, pour la victime, de continuer à espérer. Alors, pour la victime, je sais que ce terme-là, c'est pas... Mais pour toi, d'espérer, voilà. Je ne vais même pas te catégoriser en victime parce que très souvent, ce n'est pas comme ça qu'on se vit quand on est face à eux. Parce que justement, ça voudrait dire qu'on part du principe qu'ils sont conscients de ce qu'ils font. Et c'est comme ça qu'on peut se vivre en tant que victime. Donc, je ne vais pas parler de victime. Comme ça, moi, ça ne va pas t'interpeller sur ça. Mais clairement, quand ils jouent sur ce tableau-là, alors est-ce qu'ils en ont conscience ou pas, encore une fois ? En tous les cas, conscience qu'il joue sur ce tableau-là. Après, on peut se poser cette question. En fait, c'est comme un miroir dans un miroir dans un miroir. En fait, c'est infini. Et tu vas voir comment on peut vraiment y répondre dans ce podcast. Et là, c'est chemin faisant. Mais donc, du coup, à partir du moment où la personne se vit comme « ce n'est pas de ma faute, je n'avais pas l'intention de te blesser, j'ai mes traumatismes » , voilà. Qu'est-ce que tu vas faire toi ? Tu vas continuer à espérer. Donc tu vas te dire, si je lui explique mieux, si je suis plus patiente, si je trouve les bons mots, alors peut-être qu'il va enfin comprendre. Et d'ailleurs là, ça m'intéresse de voir un petit peu si tu avais, toi, la preuve absolue que cette personne n'a pas du tout conscience de ce qu'elle te fait souffrir. Est-ce que tu serais prête à faire, enfin qu'est-ce que tu serais prête à faire justement pour continuer à y croire ? Quel sacrifice tu serais prête à faire ? Tu vois, c'est parce que c'est vraiment ça la question que ça vient chahuter en nous. Est-ce qu'il est conscient ou pas du mal qu'il fait ? C'est du coup moi, jusqu'où je suis prête à aller ? Parce que s'il n'est pas conscient de ce qu'il fait, peut-être que je suis prête à aller un petit peu plus loin quand même dans le sacrifice que si j'étais sûre qu'il était conscient. On ne se positionne pas du tout de la même façon. Et ça, tu peux me le dire en commentaire un petit peu. Jusqu'où tu es prête à aller si toutefois, tu pars du principe qu'il n'est pas conscient du mal qu'il te fait. Parce que le problème, c'est que pendant que tu essaies de comprendre l'autre, tu commences progressivement à minimiser ce que toi, tu es en train de vivre. Les crises d'angoisse, ça peut devenir du stress. L'épuisement, ça devient une période compliquée. du stress, quand je dis crise d'angoisse, devient du stress chronique, quelque chose de fort. Mais ça passe sous les radars. L'hypervigilance, ça devient constant. Et la souffrance devient presque secondaire face au besoin de sauver la relation. Je vais te la refaire celle-là. La souffrance devient presque secondaire face au besoin de sauver la relation. Et ça, c'est quelque chose que je retrouve extrêmement souvent dans les relations d'emprise. Les personnes finissent par devenir expertes des émotions de l'autre. mais complètement déconnectés des leurs. Et je veux vous parler un petit peu justement des troubles de la personnalité narcissique et antisociale et cette notion de conscience de faire du mal parce que c'est assez central et c'est très important à comprendre aussi parce qu'on entend énormément parler de pervers narcissiques, manipulateurs toxiques. D'ailleurs même moi dans mes podcasts je ne sais pas trop comment les appeler donc j'essaye de les appeler avec la nomenclature la plus généralistes possibles, c'est pour ça que je les appelle manipulateurs. Mais derrière ça, il existe parfois de vrais fonctionnements psychopathologiques, mais dont on ne peut pas, en un mot, c'est difficile à réduire tout ça en un mot. Mais je vais quand même l'aborder ici pour que tu saisisses un petit peu ce qu'il y a derrière ces terminologies de pervers narcissique, manipulateur toxique. Alors, c'est pour les hommes ou pour les femmes ? Donc ça concerne autant les femmes et les hommes, manipulateurs, pervers narcissiques, toxiques. Donc il y a notamment deux troubles de la personnalité. Le trouble de la personnalité narcissique et le trouble de la personnalité antisociale qui sous-tendent ces profils-là. Alors attention, je ne suis évidemment pas en train de dire que toutes les personnes toxiques ont un trouble de la personnalité. On ne pose pas de diagnostic comme ça. Mais comprendre certains fonctionnements peut aider à mieux comprendre ce qu'on vit. Donc, dans les troubles de la personnalité narcissique par exemple, Ce qu'on retrouve souvent, c'est un besoin énorme de contrôle, une difficulté à gérer la frustration, une hypersensibilité à la critique. Alors moi, j'adore les appeler les taquins susceptibles parce qu'ils savent très, très bien taquiner, taquiner humilié. Mais ils vont appeler ça de la taquinerie. Ça va, je rigole. Voilà, ça, c'est typiquement ça. Mais eux, par contre, dès qu'on leur fait une petite remarque, une petite vanne, là, non. C'est par contre là, ils vont, eux, nous prêter des intentions claires. de leur faire du mal. Et ça aussi, c'est assez significatif de ce trouble de la personnalité. Ils ont aussi très souvent besoin d'avoir raison. Ce sont des personnes qui se retrouvent rarement en train de dire oui, je suis vraiment désolée, j'ai tort, et puis qu'est-ce que je peux faire pour réparer ? Et faire la chose qu'ils ont dit qu'ils allaient faire pour réparer. Parce que c'est ça aussi. Et ils ont aussi une difficulté à reconnaître leur tort, voilà. Donc, besoin d'avoir raison et difficulté à reconnaître les torts. et parfois une empathie très limitée émotionnellement. Ce qui fait que certaines personnes peuvent sincèrement souffrir, mais rester malgré tout extrêmement destructrices dans leur relation. On ne nie pas le fait qu'ils souffrent. Mais le problème, ce n'est pas tant qu'ils souffrent, c'est qu'ils sont extrêmement destructeurs pour la relation. Parce qu'au moment où elles se sentent menacées, ou ces personnes-là se sentent menacées, critiquées, abandonnées, ou remises en question, leur priorité devient... Souvent de se protéger elle-même, même si ça implique leur protection d'elle, de mentir, de manipuler, de culpabiliser, d'inverser les rôles ou de détruire psychologiquement l'autre. Et parfois quand on est face à des choses qui sont très difficiles, on peut se protéger. quelqu'un qui présente aussi des troubles antisociaux là je vais te la faire après l'antisociaux mais là on peut retrouver quelque chose de beaucoup plus froid c'est les traits antisociaux ça va être une capacité à mentir alors encore plus facilement que les troubles de la personnalité narcissique manipulé alors sans aucune culpabilité utiliser les autres Utilisez les autres. On est vraiment dans l'avoir. L'opportunisme, voilà. Mais ça peut être caché. S'il y a les deux, s'il y a le combo des deux, clairement, le narcissisme fait que, les troubles de la personnalité narcissique, fait qu'ils arrivent à mettre une belle enveloppe. Il y a vraiment un masque social important qui fait qu'on ne voit pas de prime abord qu'ils utilisent les autres. Mais par exemple, typiquement, là ça me revient des exemples en tête, c'est, moi je disais toujours, mais... Quand tu donnes, c'est donner. Quand tu vas aider les gens, tu donnes. Mais en fait, non, lui, ce n'était pas donner, en fait. C'était échanger. Mais ça avait la forme du don. Donc c'est quelqu'un qui était souvent là pour les autres, en vernis social. Mais par contre, à chaque fois, il savait exactement comment l'autre pouvait lui rendre l'appareil. Une aide quelconque. Et d'ailleurs, il n'aidait pas les gens qui ne pouvaient pas l'aider lui aussi. Mais ça, ça ne se voit pas. Il faut vraiment le décortiquer pour le voir. Ce sont aussi des personnes qui transgressent les règles. Les traits antisociaux qui ont des traits antisociaux transgressent les règles. Les règles, c'est bon pour tout le monde, mais pas pour lui. Et puis, c'est là où il y a le double standard aussi. C'est-à-dire qu'ils vont établir des règles qu'ils vont dire qu'il faut respecter, mais par contre... ils les imposent à tout le monde, mais eux les transgressent. Eux-mêmes transgressent leurs propres règles, les doubles standards. Et puis aussi, ce sont des gens qui sont tout à fait capables de maintenir une double vie ou d'instrumentaliser complètement les émotions de l'autre. Ce trait-là, antisocial, il est bien costaud quand même. Et donc ça, ça peut être extrêmement déstabilisant parce que ces personnes peuvent parfois paraître très convaincantes, très calmes, très crédibles. voire même très charmante socialement. C'est des personnes qui peuvent avoir un charisme important. Mais encore une fois, le piège, c'est de transformer ça en enquête psychologique permanente. Parce que beaucoup de personnes passent des années à essayer de savoir est-ce qu'il est narcissique, est-ce qu'il est antisocial, est-ce que c'est un pervers narcissique ? Alors qu'au fond, la question la plus importante, c'est pas celle-là. Vraiment, la question la plus importante, c'est qu'est-ce que cette relation est en train de me faire... devenir. En fait, c'est revenir à soi. Parce qu'au bout d'un moment, le problème n'est plus seulement le diagnostic éventuel que l'on peut poser de l'autre, le problème c'est les angoisses, la confusion mentale, la perte de confiance, l'isolement, l'hypervigilance, le fait de ne plus savoir qui on est. C'est ça. Et ça, que la personne soit consciente à 20%, 80%, 100% du mal qu'il te fait, ton système nerveux, lui, il vit la même chose. Et il le vit quand même. Et puis là, on va aborder le vrai problème. Enfin, le deuxième vrai problème. C'est que s'ils savent, est-ce que pour autant ils vont changer ? Parce que ça, c'est encore admettons. Ils savent qu'ils sont conscients et ils disent qu'ils veulent en changer. Mais est-ce qu'ils sont capables de changer ? Et je crois que du coup, cette... confusion énorme dans les relations toxiques, c'est de croire que prendre conscience va automatiquement entraîner un changement. Comme si le fait qu'ils reconnaissent enfin les choses allait tout résoudre. Alors évidemment, la prise de conscience est importante. Ça, c'est le départ. Mais comprendre quelque chose ne veut pas dire être capable de le changer. Et ça, on le voit partout en psychologie et dans la vie quotidienne. Par exemple, on sait très bien que fumer n'est pas bon pour la santé. Pour autant, même si on a envie d'arrêter, c'est plus compliqué que ça. Il y a des personnes aussi qui sabotent leurs relations. Et même si elles en ont conscience et que ça les fait souffrir, elles vont continuer. Donc, entre vraiment comprendre son fonctionnement et je fais un vrai travail durable dessus, il y a un monde et c'est là qu'il faut être extrêmement attentif parce que beaucoup de personnes toxiques Ça veut reconnaître juste assez de choses pour recréer de l'espoir. Et elles vont dire, je sais que j'ai un problème, je vais changer, je vais faire des efforts, je vais consulter, je ne veux pas te perdre. Et parfois, sur le moment, elles le pensent. Sincèrement, mais le vrai sujet ce n'est pas que ce qu'une personne dit à un moment de peur et de crise, parce que c'est de ça dont on parle, le vrai sujet c'est qu'est-ce qu'elle fait durablement quand la tension redescend ? Est-ce qu'il y a une vraie remise en question, une régularité, une stabilité, une capacité à entendre l'impact sur l'autre sans retourner la situation ? Donc un vrai travail thérapeutique du coup, et avec des changements visibles dans le temps, à court, moyen. et long terme, ça c'est ce que je dis en long, en large, en travers à mes patientes. Ou est-ce qu'on revient toujours aux mêmes disputes, aux mêmes mensonges, aux mêmes humiliations, aux mêmes inversions de culpabilité, aux mêmes montagnes russes émotionnelles ? Parce que dans l'emprise, les moments d'espoir sont extrêmement puissants. Et parfois, ce ne sont pas des moments de violence. C'est des moments d'espoir qui peuvent maintenir encore plus dans la relation. Ce sont les moments où l'on croit. enfin retrouver la personne du début. Et ça, c'est quelque chose de très difficile à lâcher psychologiquement, parce que les personnes s'accrochent, et donc peut-être que toi, tu t'accroches pas seulement à la réalité actuelle, mais tu t'accroches aussi, et peut-être même surtout, à son potentiel, aux promesses, aux rares moments de douceur, à l'idée que cette fois, c'est différent le nombre de patientes que j'ai entendu dire. Voilà, à chaque fois quand j'y suis retournée, je pensais que ça allait être différent. Et puis non, en fait, pas du tout. C'est reparti de plus belle. Alors, sur un temps plus ou moins long ou court. Mais à un moment donné, il faut regarder les comportements vraiment sur la durée. Pas les paroles, pas les excuses, pas les moments émotionnels. Les comportements répétés. C'est vraiment, s'il y a un tips aujourd'hui, en plus de ceux que je vais vous donner à la fin. de ce podcast. Mais le type, ça a commencé à retenir vraiment maintenant, c'est les comportements répétés qu'il peut avoir sont beaucoup plus importants que la conscience ou pas conscience du mal qu'il fait. Parce qu'en psychologie, ce sont les comportements répétés qui racontent la réalité d'une relation. Dans le dernier podcast que j'ai fait, Manipulateur et également Menteur, je vais te mettre le lien en description, je parle vraiment de ces mensonges, les trois types de mensonges qu'ils peuvent avoir. enfin qu'ils peuvent mettre en place et qui peuvent passer sous les radars beaucoup mais tu vas comprendre aussi pourquoi à des moments potentiellement il va avoir des émotions donc tu vas te dire bah oui mais voilà il est vraiment pas bien il a des émotions et c'est quelqu'un qui ressent c'est pas un antisocial c'est pas voilà mais en fait ça peut être justement un mensonge non pas sur une situation mais sur une émotion il va potentiellement et ces personnes sont capables de faire ça, de mentir sur la nature de l'émotion qu'ils ressentent, c'est-à-dire substituer une émotion à une autre. Je ne vais pas rentrer dans le détail sur ça, mais c'est extrêmement important à comprendre aussi, donc je t'invite vraiment à écouter ce podcast à la suite de celui-ci pour mieux comprendre cette mécanique-là derrière les mensonges qu'il peut y avoir. Donc là maintenant, pourquoi cette question te maintient dans l'emprise ? C'est le passage vraiment où on va comprendre, toi, ton fonctionnement. Et qu'est-ce qui fait que ça te maintient ? Parce que finalement, je crois que la vraie question, ce n'est même plus est-ce qu'il le fait exprès, mais ça peut être, pourquoi est-ce que j'ai autant besoin qu'il ne le fasse pas exprès ? Parce que souvent, si cette idée est si difficile à lâcher, c'est parce qu'elle protège encore quelque chose en nous. Alors, on va pas se leurrer, elle protège ton espoir, l'attachement, le projet de vie, la vie aussi qu'on a construite, le foyer potentiellement. L'image qu'on avait de la relation, qu'on a de la relation, et parfois même l'image qu'on a de nous-mêmes. Parce qu'accepter qu'une personne nous fasse souffrir de manière répétée et continue, malgré tout, c'est extrêmement violent psychologiquement, si elle en a conscience. Si on se dit qu'elle en a conscience, c'est... Moi, très souvent, quand je pense à cette vie-là que j'ai eue, et que je vois maintenant... que je vois la matrice en fait, que je vois qu'en fait il avait conscience à plein de moments de ce qu'il faisait, des stratégies qu'il mettait en place et tout, c'est vertigineux. Et quand j'ai commencé à le voir, dans la première année on va dire de la séparation, j'ai commencé vraiment à ouvrir les yeux sur tout ça. J'ai eu quatre conjonctivites d'affilée. Je ne suis pas sujette aux conjonctivites, mais c'est pour te dire que le corps parle aussi. quatre conjonctivites en deux mois, et puis des conjonctivites, qu'attention, costauds ! Mais c'est assez significatif de, punaise, ça y est, je voyais l'étendue des dégâts. Et encore, je voyais pas tout, parce que maintenant, avec le recul, j'en vois encore plus ! Donc, bon, voilà, il y a vraiment un travail de ton côté à faire aussi, de prise de conscience progressive, potentiellement. pour te permettre de voir les choses pour ce qu'elles sont et enlever ce film un petit peu qui se maintient. par le besoin que tu pourras avoir toi de protéger cet espoir, cet attachement, ce projet de vie, ce foyer, tout ça. Parce que c'est extrêmement violent aussi non psychologiquement. Donc le cerveau, qu'est-ce qu'il va chercher ? Il va chercher des sorties de secours à ça. Il ne veut pas se rendre compte de tout ça. L'une des plus fréquentes de sorties de secours que le cerveau va faire, c'est « oui, mais il ne se rend pas compte » . Voilà, parce que s'il ne se rend pas compte... Voilà, ça va. Je me revois encore plein de fois où je voyais qu'il gazelait. Je voyais que... Puis je me disais, bon, allez, lâche le... Je lâchais le truc parce que déjà, ça me fatiguait. Ça me fatiguait. Et puis en plus, ça aurait tourné en question. Parce que tant qu'on croit ça, qu'il ne se rend pas compte, ou que ce n'est pas de sa faute, ou qu'il n'a pas l'intention, qu'il n'a pas fait exprès, on peut encore essayer de sauver la relation. Et je vais même te dire quelque chose d'important. beaucoup de personnes en emprise deviennent obsédé par le fait de comprendre l'autre. Moi, j'en faisais partie. J'analysais et donc, beaucoup de personnes analysent les blessures de l'autre. Son enfance, ses réactions, ses traumas, ses comportements. On va chercher des diagnostics, on va épier ses émotions, on va le comprendre, le comprendre, essayer de le comprendre, essayer... Et donc, en fait, tu comprends là, toi, que quand je dis ça, en fait, on est focalisé sur le partenaire, en fait, et pas sur soi. Pendant ce temps, On ne se regarde plus, on ne regarde plus notre propre souffrance, on ne regarde plus qu'on est anxieuse à cause de ça, qu'on est fatigué à cause de ça, qu'on perd notre estime à cause de ça, qu'on fait potentiellement des crises d'angoisse ou qu'on s'isole, ou même qu'on a la sensation de devenir folle et qu'on ne se reconnaît plus du tout. Mais comme si comprendre l'autre était devenu plus urgent que se protéger de soi-même, et parfois même aussi... Quand on veut se protéger soi-même, le truc aussi c'est qu'ils savent retourner la chose et nous faire passer cette protection de nous-mêmes comme de l'égoïsme. Et ça c'est quelque chose qu'on retrouve énormément dans des relations d'emprise. Les personnes victimes de ces relations deviennent hyper connectées aux émotions de l'autre et totalement déconnectées de leurs propres émotions. Toutes mes patientes, j'avais envie de dire pratiquement toutes, mais toutes, toutes, la première chose que l'on fait ensemble, C'est de les reconnecter à elles. C'est de les reconnecter à leurs besoins. Parce que la plupart, voire toutes, ne savent plus ce dont elles ont besoin. Alors, j'ai une patiente, là, dernièrement, qui me disait, mais je sais, oui, je sais m'occuper de moi, je vais faire mon yoga, il y a certaines lectures que je sais que j'aime, voilà. Mais par contre, ça peut être ça. Il y a des personnes qui sont complètement déconnectées de ça, que même ça, elles ne savent plus ce qui leur... plaît, vraiment, ce qui les anime, ce qui les fait vibrer, parce qu'il n'y a plus de vibration intérieure. Mais même quand on sait partiellement ça, quand on a une hygiène de vie qui nous convient, on peut aussi être complètement déconnecté de nos propres limites et de nos propres besoins quand il s'agit du couple. Ce n'est pas parce que on va avoir notre vie pro et notre vie avec les copines ou... Notre vie sportive qui est là, que ça veut dire qu'on est connecté à soi. Non, on est déjà un peu plus connecté, ça oui, mais pas complètement connecté. Et on peut être complètement déconnecté de nos besoins, nos limites et nos émotions quand il s'agit du couple. Et du coup, cette hyper-connexion à l'autre fait qu'on devient expert de quand il va mal, quand il va exploser, quand il va revenir, quand il va nous rassurer. Mais on ne sent plus du tout qu'on est épuisé, qu'on a peur, qu'on vit sous tension. et qu'on est en train de s'effondrer psychologiquement. Et parfois, la reconstruction commence exactement là, le jour où on arrête progressivement de se demander comment elle fonctionne, est-ce qu'il le fait exprès, et pour revenir à soi, vers, et moi, qu'est-ce que je ressens réellement dans cette relation ? Après, je sais que cette question, elle est difficile à se poser, et puis de toute façon, même quand on se la pose, du coup, qu'est-ce qu'on fait derrière ? Et très souvent... La lucidité ne suffit pas. Très souvent, le cerveau reste attaché malgré la souffrance. Donc c'est important de savoir comment commencer à sortir concrètement de ces mécanismes d'emprise. Et dans les podcasts, c'est assez difficile pour moi de l'expliquer à chaque fois. Donc c'est pour ça que j'ai créé une masterclass, Sortir de l'amour toxique et ne plus y retourner, pour t'expliquer vraiment cette chose-là, pourquoi la lucidité ne suffit pas, et comment faire pour que tu arrives à sortir concrètement de ces mécanismes d'emprise. Si tu veux, je te l'ai mise en description. Elle est totalement gratuite. Elle dure 1h30. Et là, je t'explique vraiment tout ça en long, en large et en travers. Et tu auras enfin des outils concrets pour sortir de ces mécanismes d'emprise. Alors, est-ce que certaines personnes toxiques... Elles savent très bien ce qu'elles font ? Oui. Est-ce que d'autres sont beaucoup moins conscientes de leurs mécanismes ? Oui aussi. Est-ce que certaines souffrent réellement ? Bien sûr. Mais aucune de ces réponses ne doit t'amener à minimiser ce que toi tu es en train de vivre. Parce qu'il y a quelque chose de très important que beaucoup de personnes oublient dans les relations d'emprise, une explication n'est pas une excuse. Comprendre quelqu'un ne doit jamais obliger, t'obliger toi, à t'abandonner toi-même. Et parfois... Je vois des personnes devenir extrêmement dures avec elles-mêmes. J'ai des patientes qui viennent et qui me disent « Je devrais être plus patient, je devrais être plus compréhensive. » « Il souffre, ce n'est pas de sa faute, il a eu une enfance difficile. » Alors ça, je l'entends à tout bout de champ. « Il a eu une enfance difficile, ses parents en même temps avec les parents qu'il a. » Voilà, il ne le fait pas exprès ou l'autre version c'est « Il a bon fond. » Mais pendant ce temps-là, pendant que tout ça s'est répété en boucle, La santé mentale, ta santé mentale, elle, elle ne va pas aller en s'améliorant. Elle va s'effondrer. Et je crois qu'à un moment donné, il faut remettre le focus au bon endroit. Pas uniquement sur est-ce qu'il est conscient, mais aussi sur est-ce que moi je vais bien dans cette relation ? Est-ce que je me sens en sécurité émotionnellement ? Est-ce que je peux être moi-même ? Est-ce que mon état psychologique s'améliore ou se détériore ? Tu peux très bien te dire à un instant T, voilà, je vais commencer à observer et puis dans deux mois, je vais voir. Parce qu'au fond, la relation la plus dangereuse, ce n'est pas forcément celle où l'autre est le plus méchant. On aurait tendance à se dire ça, ben oui, mais voilà, non, il n'est pas méchant, il a bon fond. Oui, mais souvent, c'est celle où petit à petit, tu commences à disparaître toi-même les plus dangereuses. Et je crois que c'est ça le vrai danger de l'emprise. Ce n'est pas seulement ce que l'autre fait, c'est ce que la relation finit par te faire croire à toi, sur toi-même. Le fait que tu exagères, le fait que tu es trop sensible, le fait que tu demandes trop, que tu es le problème, et que tu mérites pas mieux en fin de compte, et que de toute façon, n'importe quel homme, c'est pire, ou c'est pareil. Et que l'amour doit forcément faire souffrir. La plupart du temps, moi, je dis à mes patientes, parce que quand on discute de tout ça, je dis mais dans le couple, le couple, c'est pas censé faire souffrir. Le couple, c'est l'amour, c'est le soutien l'un l'autre. Il peut y avoir des moments compliqués, mais il y a quand même une tendance, c'est-à-dire que dans un couple sain, il va y avoir 20% de moments compliqués, inhérents au couple, quoi. Et puis 80%, ça roule. Dans les relations toxiques, c'est l'inverse. Il y a 20% de ça va, et 80% de c'est compliqué. OK ? Donc c'est vraiment important de voir cette tendance-là. Alors si aujourd'hui tu écoutes cet épisode et que tu te reconnais dans ce que je te décris, j'aimerais vraiment que tu retiennes une chose. Tu n'as pas besoin d'obtenir une preuve absolue de son intention pour prendre ta souffrance au sérieux. Et parfois, commencer à sortir de l'emprise, c'est justement arrêter de chercher à tout comprendre chez l'autre pour recommencer enfin à t'écouter toi. Je te dis à la semaine prochaine et je te parlerai d'un super projet que j'ai avec Maître Héloïse Kawahishi qui est une super avocate spécialisée en divorce avec des personnes toxiques. Je t'en dis pas plus. D'ici là, prends soin de toi et à dimanche prochain et n'oublie pas de t'abonner. Bye !