Speaker #0Dans mes podcasts, je me demande très souvent comment parler d'eux. Au début, je les appelais les pervers narcissiques, ensuite ça a été des hommes toxiques, et aujourd'hui je parle plutôt de manipulateurs. Alors je vous ai posé la question, pour savoir quels termes vous utilisiez pour les définir. Et beaucoup d'entre vous m'ont répondu un peu tout en fait. Pour certaines c'était manipulateurs, d'autres toxiques, ou encore pervers narcissiques. J'ai même eu immature émotionnellement, macho, mascu, bref, ce qui m'a le plus frappée C'est à quel point les réponses étaient différentes. Alors je me suis posé une autre question. Est-ce qu'il n'y aurait pas un degré de conscience allant du déni total à la conscience distante et mesurée, froide donc, hors émotion, dans le mot qu'on utilise pour nommer cette dynamique, ce phénomène, cette personne ? Parce qu'au fond, les mots qu'on choisit pour parler de quelqu'un parlent aussi parfois de l'endroit émotionnel où nous, on est. Et personnellement, je crois que c'est exactement ce que ça a raconté chez moi. aussi. Alors aujourd'hui dans ce podcast, je vais vous parler de cette évolution-là, de ma propre évolution dans ce cheminement à travers ces mots. Je m'appelle Sandra Rocolin, je suis psychologue spécialisée dans les sorties d'emprise et dans ce podcast sans emprise, je décrypte pour vous chaque dimanche matin la psychologie des relations toxiques pour vous aider à y voir plus clair et progressivement aussi sortir du brouillard de toute forme d'emprise. Alors... pense à t'abonner et si tu veux soutenir le podcast, tu peux même partager cet épisode à quelqu'un qui en aurait besoin. Allez, c'est parti ! Déjà, on va commencer par quelque chose de très simple, un prérequis, on va dire, pour pouvoir parler après des mots que l'on va utiliser. Ce qu'il faut savoir en premier, c'est que les mots jouent un rôle majeur dans notre expérience. Les mots changent notre réalité intérieure. Pour illustrer ce principe, je vais prendre un exemple. Par exemple, si tu envoies un message à une personne et si elle ne te répond pas pendant plusieurs heures. Si tu te racontes « elle est occupée » , tu ne vas pas ressentir la même chose que si tu te racontes « elle m'ignore » . La réalité extérieure est exactement la même, la personne ne te répond pas. Mais les mots que ton cerveau met dessus vont complètement modifier ton état émotionnel, ton niveau d'angoisse, tes réactions et même parfois les sensations dans ton corps. Et c'est exactement pareil dans les relations. Et ça, personnellement, je l'ai vraiment compris intérieurement le jour où j'ai fait une marche sur le feu. Oui, tu as entendu, j'ai marché sur le feu. Alors, ce n'est pas une métaphore, c'est véridique. En vrai, une marche sur le feu, ce sont des braises à plus de 1200 degrés sur lesquelles on marche sans se brûler. Oui, et oui, oui, et c'était des vraies braises et j'étais pieds nus. Oui, il n'y a pas de feinte par rapport à ça, c'est des vraies braises et j'étais vraiment pieds nus. Et des centaines de personnes présentes ce jour-là avec moi ne se sont pas brûlées non plus. Et je l'ai fait à deux reprises tellement cette expérience m'avait transformée et marquée. Avant cette marche en fait, ce qu'il faut que tu saches, avant cette marche sur le feu, ce qu'il faut que tu saches c'est qu'il y a trois heures de conférence qui préparent notre mental à faire cette marche sans se brûler. Cette conférence prépare notre cerveau. On a travaillé l'histoire que l'on se racontait sur nos capacités à dépasser nos limites. Alors, ce n'est pas du tout le pensée positif, c'est vraiment une préparation mentale et physiologique. On prépare le corps, on prépare le système nerveux, on prépare le cerveau à traverser quelque chose qu'il considérait jusque-là comme impossible ou extrêmement dangereux. Tu vois un peu le parallèle que je veux te faire avec la relation toxique ? Et ça, ça montre à quel point Ce qu'on croit, ce qu'on anticipe et les mots qu'on utilise intérieurement peuvent modifier véritablement la réalité émotionnelle et parfois même la réalité physique dans ce cas-là, jusqu'à nous faire marcher sur le feu pieds nus sans se brûler. Donc voilà le principe de base sur lequel je voulais que l'on parte ensemble. Partant de ce principe, les mots que l'on utilise pour parler de quelqu'un ne sont jamais anodins. Et je crois que dans les relations, de manière générale, c'est exactement la même chose. Parce que les mots qu'on utilise pour parler de quelqu'un ne servent pas seulement à le décrire, ils servent aussi parfois à rendre émotionnellement supportable la relation que l'on est en train de vivre. Et ça, je me rends compte avec mes patientes, mais aussi avec moi-même, dans ce que je vis moi. Parce qu'au début, on ne dit pas toujours « je suis sous emprise » , on dit même rarement, voire jamais « je suis sous emprise » . Au début, on n'a pas forcément conscience de ce que l'on est en train de vivre. On va souvent utiliser des mots qui rendent encore la situation supportable psychiquement. Puis d'ailleurs, au début, ça peut l'être, supportable. On ne le voit pas vraiment venir. Mais du coup, on va dire, c'est compliqué. Il a du mal à gérer ses émotions. Il intimature émotionnellement. Et je veux vraiment que tu comprennes quelque chose d'important ici. Ce n'est pas forcément du mensonge, ce n'est pas forcément du déni volontaire, c'est souvent une manière progressive pour le cerveau d'approcher une réalité qui serait peut-être trop douloureuse à regarder d'un coup. Parce que les mots ont des conséquences émotionnelles énormes. Dire « il est immature émotionnellement » ce n'est pas du tout la même chose intérieurement que de dire « cet homme me manipule » . Parce que dans le premier cas, on peut encore changer les choses. peut évoluer, il peut grandir, ça suppose qu'il peut faire un travail sur lui, qu'il peut comprendre. Mais dans le deuxième, quand on dit cet homme me manipule, on commence à toucher quelque chose de beaucoup plus angoissant. Parce que si quelqu'un te manipule, alors ça veut dire que certains comportements ne sont peut-être pas accidentels. Et là, ça change complètement la lecture de la relation. Et je crois que c'est pour ça qu'on ne passe pas d'un mot à l'autre par hasard. Parce qu'à chaque fois qu'on change le mot, on change aussi la réalité psychologique qu'on est capable de regarder en face à ce moment-là. Et d'ailleurs, dis-moi en commentaire, quand tu penses à cette relation, est-ce que les mots que tu utilisais au début sont les mêmes que ceux que tu utilises maintenant ? Ça, ça m'intéresse vraiment de voir l'évolution que toi, tu peux avoir aussi. Parce que c'est là que je me suis rendu compte qu'il existe presque une sorte d'échelle de conscience dans les mots qu'on utilise. Comme si certains mots permettaient encore de minimiser et que d'autres obligeaient progressivement à voir la relation autrement. Et tu verras à la fin de cet épisode à quel point au fur et à mesure de ma propre relation, les mots que j'utilisais ont changé. Et en même temps que ma conscience de ce que j'étais réellement en train de vivre. Quand je repense à ma propre expérience, et dans une de mes relations toxiques du coup, je me rends compte qu'au tout début, je n'utilisais absolument pas les mots comme toxique, manipulateur, pervers, narcissique, mais alors pas du tout. Au début, le mot que j'utilisais surtout, c'était « il est sans filtre, il ne se rend pas compte » . Parce qu'il y avait déjà quelque chose de profondément inconfortable quand j'étais avec lui, chez lui. Et ça, ce n'était pas que chez moi, il y avait d'autres personnes aussi qui le ressentaient. Il y avait quelque chose qui m'était mal à l'aise. Et les autres étaient parfois même mal à l'aise aussi avec lui. Donc, c'est vraiment inhérent à lui. Ce n'était pas seulement inhérent. Ce n'était pas seulement dans mon propre vécu à moi. Parce qu'en fait, il pouvait être blessant, vexant. Il pouvait même être humiliant parfois. Mais bon, ce n'était pas de sa faute. Il était sans filtre. C'était... C'était... Ben voilà, il est gentil dans le fond. Vraiment, il y avait cette idée-là. C'était vraiment subtil. Et ça pouvait passer pour de la maladresse. Vraiment. Là, je vais t'en parler un peu, mais... J'ai fait toute une vidéo sur ce terme-là, comment faire la différence entre une maladresse, manipulation et perversion. Je te la mettrai en description si tu veux regarder un petit peu plus et vraiment faire cette différence-là. Parce que c'est très important de la faire, cette différence. Et donc, parce qu'à ce moment-là, je pensais vraiment que c'était de la maladresse, de la naïveté, de l'authenticité presque. Ce côté brut et manqué de filtre. Voilà, je ne lisais pas du tout ça comme quelque chose de... dangereux psychologiquement. Et c'est intéressant parce que là encore, les mots changent complètement la réalité qu'on vit. Parce que dire il est sans filtre, ce n'est pas du tout la même chose intérieurement que de dire cet homme me blesse ou cet homme me rabaisse. Quand on se dit il est sans filtre, ça rend encore la relation supportable. En tout cas, moi c'était quelque chose qui était Et... supportable, largement supportable à cette époque-là. C'était vexant, c'était blessant, je ne me sentais pas confort du tout. Parfois même, ça me gênait énormément et j'anticipais les gênes que je pourrais avoir. Mais si je m'étais dit, il me rabaisse, j'aurais commencé déjà à confronter beaucoup plus directement la souffrance que ça me renvoyait. Et c'est ce qui est important à comprendre, c'est qu'à cette époque-là, je pensais aussi que le problème venait peut-être de moi. Parce que je lui disais souvent, enfin lui me disait souvent que j'étais trop sensible, trop susceptible. Donc finalement, le mot sans filtre permettait aussi inconsciemment de protéger l'image qu'il voulait que j'ai de lui, tout en me remettant une partie du problème sur moi. Tu la vois la manip là ? Comme si le problème, lui, ce n'était pas ce qu'il faisait, alors que clairement ce n'était pas adapté. Mais c'était ma manière à moi de le vivre qui était un problème. Et ça, c'est retort. Et c'est du grand art dans la manipulation parce que ça passe totalement sous les radars ce truc-là. C'est subtil. Et je le retrouve énormément aujourd'hui chez les femmes que j'accompagne. Parce qu'avant de dire je suis sous emprise, encore une fois, il y a souvent toute une période où quelque chose nous fait déjà mal, mais où notre cerveau cherche encore des mots qui rendent cette douleur acceptable. Et là, moi, j'étais clairement dedans et beaucoup de mes patientes le sont aussi et beaucoup d'entre vous dans les commentaires. Tout ça, je le vois très bien que c'est encore cette mécanique-là qui est en action. et c'est normal. Moi, personnellement, c'est seulement après plusieurs années que le mot manipulation a commencé à apparaître dans ma tête. Manipulation. Pas encore manipulateur. Et oui, parce qu'il manipulait, mais il ne me manipulait pas moi, bien sûr. Moi, j'étais psy. Il ne me manipulait pas moi. Ça a bien évolué depuis. Mais bon, dans le travail, je voyais bien qu'il savait influencer parce que Merci. Dans son travail, il y avait un travail plutôt en lien avec les gens, il devait vendre des choses. Et donc du coup, je voyais bien qu'il y avait cette mécanique-là d'influence. Il savait mettre les failles déjà en évidence, retourner certaines situations, convaincre, faire passer des idées par des moyens détournés, prendre le dessus aussi psychologiquement dans certaines conversations. Donc oui, je voyais déjà qu'il manipulait. Mais je ne me disais pas encore qu'il était manipulateur. Et encore moins avec moi. Pour moi, c'était juste un mode de fonctionnement, sa manière d'interagir avec les autres, sa manière de communiquer, mais surtout de travailler aussi. Et ça aussi, c'est extrêmement important à comprendre, parce qu'entre quelqu'un qui manipule parfois et un manipulateur, psychologiquement, il y a vraiment un delta. Ce n'est pas du tout la même réalité. Dans le premier cas, ça reste quelque chose de ponctuel en plus, et de contextuel, presque normalisable. Dans ce domaine-là, forcément, il y a un petit peu de manipulation. Et dans le deuxième, ça commence à parler d'un fonctionnement relationnel beaucoup plus global. Il y a cette époque-là, le mot qui prenait encore le plus de place dans ma tête, ce n'était même pas manipulateur, c'était... Voilà, il n'a pas eu tous les codes. Il n'a pas intériorisé tous les codes de la bonne communication avec les gens. Il est maladroit parce qu'il avait énormément de mal à gérer ses émotions. Il est maladroit parce qu'il ne sait pas quoi faire de ses émotions. Et donc, il pouvait être effectivement très réactif, très excessif, impulsif, mais jamais violent. Jamais, jamais violent. C'est ça aussi qui fait que ça passe sous les radars. C'est qu'il n'y avait pas d'agressivité du tout. Ou alors, parce que quand je te le dis, je me rappelle d'une ou deux fois, mais voilà, sur... La dizaine d'années qu'on est restés ensemble, il y a eu des comportements qui m'ont fait peur, une fois ou deux, mais jamais vraiment, enfin c'était des cris, c'était de l'énervement fort, mais il n'y a pas eu de gestes d'agressivité envers moi. Donc voilà, ça passait sous les radars. Donc à ce moment-là, dans ma lecture de la relation, c'était il souffre, il ne sait pas se réguler, il faut lui apprendre. Il faut qu'il grandisse émotionnellement. Et là encore, les mots changent complètement la posture. Parce que si je m'étais dit toute autre chose, ça aurait changé ma posture dans cette relation-là. Là, vu que je me disais qu'il avait du mal à gérer ses émotions, j'avais envie de l'aider, j'avais envie de le comprendre, j'avais envie de le réparer, j'avais envie de l'accompagner, de l'éduquer émotionnellement même. Très souvent, je lui disais, mais là, regarde, si tu dis ça... Et forcément, qu'est-ce que tu penses que ça va impliquer émotionnellement chez l'autre ? Tu penses qu'il va réagir comment ? Donc voilà, si tu veux avoir telle émotion chez telle personne, lui faire plaisir, ça typiquement, c'est quelque chose qu'il ne faut pas dire. Dis plutôt, et voilà. Donc il y avait vraiment toute cette éducation, comme un enfant, vraiment. Et cette phase où on ne voit pas encore cette dynamique d'emprise, On voit plutôt l'homme blessé, mal construit, mal régulé, ou simplement un homme. Avec toutes les phrases qu'on entend aussi souvent. Les hommes c'est comme ça, ils communiquent moins, ils gèrent moins bien leurs émotions, ils ont du mal à parler, tout ça quoi. Et ça, ça participe parfois à rendre certaines violences relationnelles beaucoup plus acceptables psychiquement. Et je crois que beaucoup de femmes restent longtemps dans cette phase-là. Mais longtemps ! Parce que beaucoup d'entre vous me parlent de ce syndrome de la soeur. Comme si c'était évident qu'une femme doive éduquer émotionnellement son compagnon, être patiente, le soutenir, même quand il blesse. Bref, tu m'as comprise. Et puis parfois, il y a un moment où quelque chose bascule, un moment où ce qu'on voyait comme de la maladresse, de l'immaturité ou de la souffrance commence à devenir beaucoup plus évident, voire violent, pour continuer à être interprété de cette manière-là. Dans ma vie à moi, ça a été une séparation brutale dans un contexte d'infidélité. C'est là que ça a complètement éclaté tout ce que je pensais. Parce qu'à partir de ce moment-là, je n'étais plus face à quelqu'un d'immature émotionnellement, je n'étais plus face à quelqu'un de maladroit, brut, ou sans filtre, avec présence de manipulation. Non, là, j'ai commencé à avoir une vraie volonté de détruire de sa part à lui. Et ça, ça a été un énorme choc psychologique pour moi, parce que certaines choses devenaient choquantes, trop répétées, trop violentes, trop ciblées. Ça ne pouvait plus passer pour de la souffrance, de la maladresse. ou un manque de régulation émotionnelle. Il y avait vraiment quelque chose d'autre derrière, quelque chose de beaucoup plus froid parfois, beaucoup plus stratégique, beaucoup plus destructeur. Et c'est à ce moment-là que le mot pervers narcissique est arrivé dans ma tête. Parce qu'à ce moment-là, j'avais besoin d'un mot suffisamment fort pour essayer de comprendre ce que j'étais en train de vivre. Et je vais être honnête, vraiment honnête avec toi, ce mot, il m'a terrorisé, vraiment. parce que quand on commence à utiliser ce mot-là, la réalité psychologique devient beaucoup plus difficile à éviter. Parce que toxique, ça reste flou. Immature émotionnellement, ça laisse encore de l'espoir. Mais pervers narcissique, ça implique quelque chose de beaucoup plus grave. Ça oblige à envisager la manipulation, la volonté de détruire psychologiquement l'emprise. Et surtout, ça oblige aussi à regarder une autre réalité extrêmement douloureuse. Si cet homme est réellement dangereux psychologiquement, alors pourquoi je suis restée ? Et je crois que c'est exactement pour ça que ce mot provoque autant d'angoisse chez beaucoup de personnes. Parce qu'au-delà du mot lui-même, ce sont toutes les implications psychologiques derrière qui deviennent terrifiantes. Et honnêtement, si j'avais utilisé ce mot quand j'étais encore dans leur relation, je pense que ça aurait été encore plus violent psychiquement pour moi. Et là, j'ai une énorme pensée compatissante et admirative. pour beaucoup de mes patientes qui sont en train de passer ce stade-là. Et je voulais vous dire que c'est une vraie joie stimulante, parce que je sais que vous m'écoutez, c'est une vraie joie stimulante pour moi d'être à vos côtés dans cette étape cruciale de vos vies et de vous aider à passer à la suivante avec détermination. Parce que cette étape est extrêmement douloureuse, tout simplement parce qu'elle réveille une énorme dissonance cognitive. D'un côté, il y a cet homme me détruit. et de l'autre, je suis restée avec lui ou pour certaines de mes patientes, je reste encore avec lui. Et ça, le cerveau humain supporte très difficilement ce type de contradiction. D'où l'importance, quand on est dans cette étape, de chercher du soutien. Et c'est ce que j'ai fait moi aussi. Moi aussi, je suis allée voir ma psy. Moi aussi, je me suis documentée. J'ai vraiment cherché des solutions pour me sortir de cette contradiction-là. Et de cette chose-là, il m'a détruit autant, je voyais à plein d'égards, je voyais de la manipulation et pourtant je suis restée. Et donc il y avait vraiment cette douleur intérieure. Et si tu es aujourd'hui dans cette phase extrêmement douloureuse où une partie de toi commence à voir la réalité, mais où une autre n'arrive toujours pas à partir, à lâcher ou même à comprendre pourquoi tu restes, c'est pour ça que j'ai créé la masterclass d'1h30, sortir de l'amour toxique et ne plus y retourner. Je te la mets en description. Je t'invite vraiment à aller la regarder, je te l'offre vraiment, et tu vas pouvoir voir dans cette masterclass complète pourquoi on peut rester attaché à quelqu'un qui nous détruit, pourquoi le cerveau entre dans cette dissonance cognitive, pourquoi certaines femmes reviennent, et peut-être que toi aussi tu es revenu dans cette relation malgré la souffrance, et surtout, je te donne les premières étapes concrètes pour commencer à sortir du brouillard et de l'emprise psychologique. Je te la mets en description. Et je crois que c'est aussi pour ça qu'ensuite, dans mon histoire, j'ai commencé progressivement à changer de mot et à utiliser le mot toxique. Parce que ce mot-là était beaucoup plus supportable psychiquement pour moi. Pervers narcissique, c'était trop violent intérieurement, trop définitif, trop effrayant, trop chargé. Et ça me faisait trop peur. Donc le mot toxique, ça permettait de reconnaître la souffrance sans encore affronter... toute l'ampleur de ce que ça impliquait psychologiquement. Et c'était exactement Pareil chez mes patientes, et ça c'est exactement pareil chez mes patientes, parce que chaque fois qu'on parle de pervers narcissiques, il y a énormément de peur, de sidération parfois, comme si le cerveau se refermait immédiatement, je le vois, c'est assez flagrant, parce que derrière ce mot, il y a quelque chose de très angoissant, il y a l'idée du danger, de l'emprise, de la manipulation psychologique, ça fait dark quoi ! parce que parfois même on voit du sadisme. Et surtout, il y a la peur de réaliser qu'on a aimé quelqu'un qui nous détruisait profondément. Alors que toxique, c'est un mot beaucoup plus accessible émotionnellement. On peut plus facilement se dire, cette relation est toxique, que je suis avec un père narcissique. Tu sens là l'énergie, c'est pas la même. Et ça change énormément de choses psychiquement. Parce que le mot toxique permet encore une forme de nuance, une forme de flou aussi parfois. Il permet de reconnaître qu'on souffre, que quelque chose n'est pas sain, qu'il y a un problème dans la relation, sans encore avoir à regarder entièrement la violence psychologique derrière certains comportements. Et je crois que c'est aussi pour ça qu'à cette époque-là, j'ai commencé à utiliser ce mot dans mes vidéos, parce que c'était le mot que les gens arrivaient le plus facilement à entendre en fait. Quand j'en parlais, ça faisait moins peur. C'était un mot qui permettait encore d'ouvrir une porte sans déclencher immédiatement un effondrement psychologique ou du rejet. Et puis, il y avait aussi autre chose. Le terme pervers narcissique vient du champ psychanalytique. Alors que moi, mon approche est celle des thérapies cognitives et comportementales, donc progressivement, je me suis aussi éloignée de cette sémantique-là. Donc, c'est pour ça que tu verras dans pas mal de mes vidéos il y a quelques temps, j'utilise le mot pervers narcissique, mais que ça fait déjà pas mal de temps que je ne l'utilise plus du tout. Pas parce que les comportements n'existent plus, mais parce que je trouve Je trouvais que le mot toxique permettait parfois davantage aux femmes de commencer à regarder leur réalité, mais sans être immédiatement paralysées par la peur. Et puis aujourd'hui, j'utilise surtout le mot manipulateur. Ça, tu as dû le voir dans mes précédents podcasts, parce que je crois que ça correspond aujourd'hui à l'endroit où moi j'en suis. Dans ma compréhension des phénomènes d'emprise, dans mes recherches cliniques, mais aussi avec le recul, avec tout ce que j'ai vécu et avec... toutes les histoires de mes patientes, je me suis rendu compte d'une chose, c'est que dans beaucoup de ces relations, il existe une véritable mécanique de manipulation. Et ça, on ne le voit pas au début. Parce que quand on est dans la relation, on interprète encore énormément de choses comme de la maladresse, de la souffrance, de l'impulsivité, du manque de régulation émotionnelle ou simplement des différences de fonctionnement. Et c'est normal parce que... C'est ce que ça paraît être. Et puis de toute façon, on a effectivement des différences de fonctionnement. Donc on ne peut pas juger une relation dès le départ. On ne peut pas ne pas se livrer, vivre ce que l'on est en train de vivre en réfléchissant à tout. Donc on se laisse vivre dans la relation et c'est tout à fait ok. Mais dans ces relations-là toxiques, c'est avec le recul que l'on voit ça. On peut commencer parfois à voir apparaître quelque chose. de beaucoup plus stratégique avec le recul, quelque chose de beaucoup plus construit. Les culpabilisations, les inversions de responsabilité, le double discours, les moments où il nous fragilise et puis où il rassure derrière, les moments où il déstabilise, puis il revient extrêmement présent, le chaud, le froid, et surtout cette capacité très particulière à agir sur le psychisme de l'homme et à modifier progressivement sa perception. Sa confiance en elle, ses limites, son discernement et parfois même sa réalité intérieure. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, le mot manipulateur me semble être le mot le plus juste dans beaucoup de situations. Parce que clairement, au début, ça ne se voit pas. Ce n'est pas flagrant. C'est avec le temps. Donc, c'est pour ça qu'on est obligé de vivre certaines choses. Là, je te parle de vraiment manipulateur. aguerri, parce qu'il y a encore une fois des relations où dès le début il peut y avoir de la violence, là je ne te parle pas de ces relations avec de la violence dès le départ mais des relations plutôt vraiment toxiques, insidieuses où la manipulation est opérante avec le temps et moi c'est vraiment ces relations-là les femmes avec des relations comme ça qui viennent à moi parce que oui effectivement on a une emprise qui est lente, diffuse, vraiment cette grenouille qui se fait ébouillanter avec de l'eau qui chauffe graduellement. On est vraiment sur ça. C'est que la manipulation est opérante. Et puis très souvent on me dit oui mais il a des bons côtés. En fait, dans la manipulation, si ce n'était pas de la manipulation, ça ne serait pas de la manipulation. Alors pourquoi je dis ça ? Parce que forcément, il y a des côtés positifs. dans la relation que l'on vit avec ces personnes-là ? Forcément, parce que sinon, on serait déjà partis depuis longtemps. C'est parce qu'il y a cette alternance. Et c'est cette alternance-là, de bien, de mauvais, de chaud, de froid, de présence, d'absence, de compréhension, d'incompréhension, qui font qu'on est maintenu dans la manipulation. Et c'est pour ça que ce mot maintenant, j'utilise vraiment le mot manipulateur, parce qu'il permet vraiment de parler d'une stratégie relationnelle, d'une dynamique psychologique, d'un système d'influence, sans forcément entrer immédiatement dans des catégories psychiatriques qui peuvent parfois faire peur, figer ou créer énormément de confusion. Mais attention, quand je parle de manipulation, je ne parle pas forcément de quelqu'un qui planifie tout consciemment comme dans un film. Parce que justement, alors là je vais te renvoyer, si tu veux savoir, répondre à cette question que l'on me pose systématiquement, est-ce qu'il est conscient qu'il manipule ? Là je t'invite vraiment à aller écouter, après ce podcast-là, le podcast que j'ai fait, sont-ils conscients de la manipulation ? Parce que là tu vas avoir certaines réponses aussi. Et je parle justement du fait que certains mécanismes peuvent être très conscients, et que d'autres beaucoup plus automatiques. Donc si tu veux en savoir plus sur cette notion de conscience ou pas, je t'invite vraiment à aller regarder, aller écouter ce podcast, je te le mets aussi en description. Et je crois qu'aujourd'hui, si je préfère le mot manipulateur, c'est parce qu'il me permet de regarder la mécanique relationnelle en face. Pas seulement la souffrance qu'elle provoque, mais aussi la manière dont elle fonctionne. Et finalement, aucun de ces mots n'est neutre, comme tu l'as vu, ni choisi par hasard. Le mot qu'on utilise raconte aussi ce qu'on est capable de voir, de supporter et de reconnaître émotionnellement à ce moment-là. Et le plus important n'est peut-être même pas le mot parfait à utiliser. Je ne crois pas que le sujet soit de savoir si ton compagnon est toxique, manipulateur, pervers narcissique, émotionnellement immature, macho ou autre. Parce qu'au fond, le mot qu'on utilise à un instant donné raconte souvent surtout l'endroit émotionnel où nous. On est. Il raconte ce qu'on commence à voir, ce qu'on arrive à supporter et parfois aussi, ce que notre cerveau n'est pas encore prêt à regarder complètement. Et je crois que c'est important de comprendre ça sans se juger, parce que beaucoup de femmes culpabilisent énormément. Elles se disent « mais comment j'ai pu ne pas voir ? » ou encore « pourquoi j'ai minimisé pendant si longtemps ? » Mais en réalité, le cerveau humain fonctionne souvent de la manière progressive face à cette douleur psychique. Et on ne se passe pas toujours brutalement de « c'est compliqué » à « je suis sous emprise » . Entre les deux, il y a souvent tout un chemin intérieur, un chemin fait de confusion, de dissonance cognitive, de tentative d'explication, de minimisation, d'espoir, de peur, bref, et parfois même de survie psychologique. Alors aujourd'hui, je crois que le plus important, ce n'est pas forcément quel est le mot parfait. Le plus important, c'est de te... demander est-ce que le mot que j'utilise aujourd'hui m'aide à voir plus clairement la réalité ou au contraire est-ce qu'il m'aide encore à rendre supportable quelque chose qui me fait profondément souffrir. Parce que parfois changer un mot ce n'est pas juste changer un vocabulaire, c'est déjà commencer à sortir du brouillard. Si cet épisode t'a aidé pense à mettre un like ou des étoiles sur Spotify et Apple Podcast Pense aussi à le partager à une amie qui en aurait besoin. Je te dis à dimanche prochain et je te mets le prochain. 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