Speaker #0Parfois, vouloir quitter une relation toxique peut nous faire sentir être la méchante si le simple fait d'y penser, de l'abandonner, de le laisser nous renvoie à quelque chose qui est terrible. Déjà quand on se le dit comme ça, mais en plus aussi l'autre va nous renvoyer cet écho-là de la méchante et nous aussi c'est quelque chose au travers de la culpabilité que l'on peut faire émerger. Aujourd'hui, c'est ce dont on va parler. Bienvenue dans le podcast Sans Emprise, moi c'est Sandra Rocolin, je suis psychologue spécialisée en thérapie cognitive et comportementale et j'accompagne depuis des années des femmes dans les sorties d'emprise et la reconstruction après des relations toxiques. Et ces dernières semaines, j'ai reçu énormément de commentaires, de messages et de retours de votre part autour de cette notion de culpabilité. Cette culpabilité de vouloir partir, de penser à soi, alors de vouloir partir ou juste d'y penser, d'avoir... l'impression de le trahir et de l'abandonner. Alors aujourd'hui, j'ai vraiment envie qu'on en parle ensemble de ce sujet dont on parle finalement très peu alors qu'il est au cœur de nombreuses relations sous emprise. Ce sujet, on pourrait presque le résumer dans cette phrase, j'ai l'impression de le trahir si je pars. Parce que derrière cette phrase, il y a souvent beaucoup plus que de la culpabilité. Il y a aussi de la peur, de la honte, un énorme sentiment de responsabilité. Et parfois même la conviction profonde d'être une mauvaise personne simplement parce qu'on veut mettre fin à une relation ou parce qu'on y pense. Rien que ça, ça nous fait énormément souffrir. Et comme il y a encore quelques jours, une de mes patientes m'a dit exactement cette phrase, je me suis dit, ok, là, il faut vraiment qu'on en parle pour de bon. Et quoi de mieux qu'un podcast ? Donc reste bien avec moi jusqu'à la fin de cet épisode parce qu'on va voir ensemble pourquoi tu peux avoir l'impression de le trahir. Alors même que tu es celle qui souffre, et surtout comment commencer à te libérer de cette culpabilité ? Allez, c'est parti ! Quand on se dit « je sais que ça ne va pas, je sais que je ne suis plus heureuse, je sais qu'il me manipule, mais je ne veux pas lui faire du mal » , ça s'appelle le piège de la responsabilité émotionnelle. Parce qu'en face, lui est mal, lui souffre, lui pleure, lui dit qu'il a besoin de toi peut-être, qu'il ne peut pas vivre sans toi, qu'il a... peur de ta décision, que lui est encore prêt à faire des efforts. Ça, ils le disent, loin, en large et en travers, quand ils sont de nouveau en quête de te reconquérir. C'est vraiment, je vais faire des efforts. On est vraiment sur la promesse, on est sur l'espoir. Et cet espoir qu'il va continuer de se battre pour votre couple. Et c'est là que quelque chose de très important se joue psychologiquement si on est dans cette phase-là de la manipulation. Parce qu'à force, tu vas finir par te sentir responsable de son équilibre émotionnel à lui. Et attention, ça ne veut pas dire qu'il ne souffre pas. Il y a certainement cette souffrance. Bien sûr qu'il peut être sincère. Et que oui, effectivement, il a mal. Et là ? Je vais t'inviter à écouter un autre podcast après celui-ci, qui est « Sortir de la honte quand tu t'es fait avoir par un manipulateur » , parce que j'y aborde les trois types de mensonges que les manipulateurs utilisent. Et pourquoi ils sont si difficiles à repérer ? Je te le mets en description, parce que là, je ne vais pas rentrer dans cette notion de « est-ce qu'il souffre, est-ce qu'il ne souffre pas, vraiment, tout ça » . Et comment il le fait passer, parce que là, je le dis beaucoup dans celui-ci de podcast. Là, je vais vraiment être sur cette notion de Le fait que... Dans une relation saine, normalement, chacun doit aussi être capable de se porter émotionnellement lui-même. Or là, quand il nous expose tout ça, toute sa souffrance et tous les espoirs qu'il met, on ne se sent plus dans une relation où chacun s'autoporte. Non, on est dans une relation où on doit porter quelqu'un en plus de nous-mêmes. Et c'est précisément pour ça qu'on peut avoir cette sensation d'étouffée, que la relation devient lourde, qu'on sent qu'on n'a plus trop envie en fait, mais qu'en même temps on culpabilise énormément à l'idée de partir ou d'y penser. Ça c'est le vrai paradoxe de l'emprise. C'est qu'au fond, on se demande plus seulement est-ce que je suis heureuse, mais on va se demander comment lui va survivre si je pars. Et ce qui est compliqué, c'est que certains manipulateurs vont énormément appuyer là-dessus. Alors pas forcément toujours consciemment d'ailleurs, mais je ne vais pas traiter cette notion de conscience dans ce podcast-là, je l'ai déjà traité dans un autre podcast, je te le mets aussi en description. Mais il va multiplier les messages, il va être extrêmement présent, il va intervenir auprès des amis, auprès de la famille. Dans deux minutes d'ailleurs, je vais te parler aussi d'une anecdote personnelle à ce sujet. Tu vas voir, c'est un peu croustillant quand même. Il va faire passer des messages indirects aussi. Il va créer des situations émotionnelles dans lesquelles tu vas automatiquement passer pour la méchante. J'ai même vu des situations où au moment où la femme commence à sortir de l'emprise, c'est une de mes patientes actuelles, et son compagnon, peut-être qu'il va te reconnaître à l'écoute, mais voilà, son compagnon prend Voilà, maintenant qu'elle commence à s'émanciper, forcément, on commence à bien la sortir de l'emprise. Son compagnon sent qu'il perd le contrôle, donc qu'est-ce qu'il a fait là dernièrement ? Il a soudainement pris un animal, sans la concerter, sans rien lui dire, il a pris un chat. Et puis bien sûr, ce n'est pas lui qui s'en occupe, il a pris le chat, il l'a mis à la maison. Voilà, c'est un chat qui... C'est un petit chaton qui est un petit peu traumatisé. Bref, il le sait quand il le fait, ça. Donc là, on pourrait penser que c'est anodin vu de l'extérieur, mais psychologiquement, ça ajoute encore une couche de culpabilité à ma patiente, là, par exemple, entre autres. Voilà, parce qu'au moment de partir, tu n'as plus seulement l'impression de quitter la relation, tu as aussi l'impression d'abandonner. de devoir avoir encore un petit peu plus de charge et lui a rajouté une charge supplémentaire pour ne pas qu'elle réfléchisse, pour lui éviter de réfléchir, pour la saturer et puis aussi pour lui rajouter de la culpabilité. Parce qu'il trouvait maintenant, je pense, qu'elle en avait moins. Voilà, donc, on est dans cette mécanique-là, de leur côté. Donc, ça va être vraiment toi d'arriver à sortir de cette culpabilité. Et c'est aussi pour ça que beaucoup de femmes retardent énormément la séparation. Alors bien sûr, une rupture, même saine, c'est jamais facile. Donc c'est aussi pour ça qu'on retarde la séparation. Personne n'aime faire souffrir quelqu'un. Et souffrir non plus. Donc voilà, c'est normal que ce soit des situations compliquées. Mais dans une relation sous emprise, c'est encore autre chose. On part vraiment sur un step différent. Parce que pendant toute la relation déjà, nos besoins n'ont pas été entendus. Ça, c'est vraiment crucial à comprendre. Dans une relation saine, c'est difficile de partir. Dans une relation toxique, c'est encore d'un autre niveau. Donc, au moment où on veut partir, on sent bien instinctivement qu'on va être encore moins écouté. Et de toute façon, c'est ce qui se passe. Parce que pendant toute la relation, on n'a pas été écouté. Et donc au moment de partir et au moment d'exprimer une limite et d'exprimer quelque chose qui ne va pas plaire du tout à l'autre, ah ben non, il rejette ça en bloc. Il rejette ça en bloc et avec ses armes à lui, c'est-à-dire ses leviers de manipulation. Et souvent aussi, on veut que la rupture se passe proprement. Donc on veut faire bien les choses. On veut être respectueuse, on veut expliquer, rassurer, trouver les bons mots. Sauf qu'avec un manipulateur, le problème, c'est que le dialogue devient souvent un espace de remanipulation. Parce que lui va dire, viens on discute un peu, juste un peu, je veux juste comprendre, je veux juste parler, je veux juste parler une dernière fois aussi. Et très souvent, c'est précisément là qu'il recommence à... te culpabiliser, à séduire, à retourner la situation, et à te retourner littéralement le cerveau. Et c'est exactement à ce moment-là qu'il va te faire passer le message que c'est toi qui détruis tout, que c'est toi la méchante. Donc là, on voit, tu vois là, je t'ai parlé de deux choses où la rupture c'est difficile, et en plus on veut que ce soit fait proprement. Donc là, on est sur deux mécaniques où on ne va pas écouter nos besoins et où clairement... Ça nous rajoute des complications. Et parfois, ça peut aller encore plus loin. Il va se mettre potentiellement à pleurer. Potentiellement à pleurer pour la première fois devant toi. Tout ça, ce sont des manipulations. Mais voilà, il va aussi potentiellement faire des messages en boucle. Voilà, pas arrêter de te harceler. C'est à ce moment-là aussi qu'on voit le harcèlement. le harcèlement dans reviens avec moi dans le versant victime je vais me suicider ou quoi, ou dans le versant intimidation, il va potentiellement aussi se victimiser, je peux pas vivre sans toi, tu détruis ma vie tu es ma seule raison de vivre aussi, ça c'est ce que j'ai pas mal aussi entendu parfois même ils vont jusqu'à des menaces suicidaires, j'ai deux patients en ce moment c'est ça, donc c'est pas anodin, vraiment c'est pas anodin et c'est pas des choses non plus qui sont si rares que ça Ça nous paraît dans la relation, quand on le vit, vraiment quelque chose de... Oh là là, c'est énorme en fait. Et on ne le voit pas du tout. On ne se dit pas... Enfin, ce qu'on se dit, c'est... Maintenant, il n'irait pas jusqu'à là. Il n'irait pas jusqu'à me manipuler jusqu'à là. Là, ça dépasse tout. Là, c'est pour de vrai. Et en général, non. Quand on est face à un manipulateur, C'est pas plus pour de vrai. C'est juste qu'il voit qu'il y a une sortie d'emprise massive et donc il y va sur des leviers massifs. Alors moi je me suis retrouvée, là c'est l'anecdote dont je voulais te parler aussi, moi je me suis retrouvée confrontée, alors non pas à des menaces suicidaires, vraisemblablement lui il allait très bien vu qu'il était déjà avec une autre femme, mais très rapidement je me suis rendue compte qu'autour de moi il commençait à faire passer un message Sur l'image, il commençait à faire passer une image de moi particulière, complètement déformée. Alors même que c'était lui qui m'avait trompé, qui était parti, c'était lui qui faisait du mal, lui qui détruisait la relation, la famille au passage, il allait dire aux autres qu'il avait peur de moi. Il allait même aller jusqu'à raconter à notre médecin traitant des histoires pour montrer qu'il avait peur de moi. Et jusqu'à ma mère aussi. Et ma mère se retrouvait à me dire, mais Sandra, il a peur de toi. Non, non, non. Mais ça, ça a été aussi extrêmement perturbant. Et c'est aussi extrêmement perturbant dans les relations d'emprise. Parce que moi, j'ai vécu ça, mais j'ai plein de mes patients qui sont dans cette situation-là aussi. Ou on va les anticiper aussi, ces situations-là. quand on est dans la phase où comment annoncer la rupture, quoi dire, quoi faire, voilà, comment câbler ça, on va dire. Dans l'accompagnement, c'est ce qu'on fait aussi, dans certaines situations qui le nécessitent. Et donc, on va câbler aussi cette notion-là qu'il risque de faire une propagande autour pour malmener ton image, clairement. Et lui... C'est ça la victimisation, c'est se faire passer pour la victime alors même que c'est lui qui a tout enclenché. Dans ma situation c'était ça, mais dans d'autres situations c'est ça aussi. Et qui fait que, ben voilà, il va nous faire passer pour la méchante. Parce qu'au moment où tu commences toi enfin à vouloir te protéger, tu peux avoir l'impression de devenir officiellement la méchante de l'histoire. Voilà, parce qu'il aura fait une propagande de victimisation. Il y a autre chose aussi, quelque chose que je retrouve énormément, c'est que mes patientes, ou je le vois aussi dans vos commentaires, dans les messages que vous m'envoyez, que vous vous cachez. Alors peut-être que toi aussi tu te caches, tu caches tes recherches, tu caches potentiellement des séances aussi que tu fais chez le psy ou des recherches par rapport à tout ça. Peut-être aussi que tu écoutes ce podcast. Euh... en cachette, ou que tu préfères qu'ils ne voient pas. Et ça, c'est quand même quelque chose d'énorme quand on y pense. J'ai même très souvent mes patientes qui font nos séances dans la voiture. Elles quittent la maison, elles prennent leur voiture, elles vont se garer plus loin quelque part, où elles sont sûres de ne pas être dérangées. Et c'est seulement là qu'on peut enfin parler toutes les deux. Parce qu'à la maison, elles ne se sentent pas tout simplement... pas libres. Ou alors, j'ai aussi, pendant la séance, on les voit débouler, on voit débouler le manip quand elles font les séances à la maison, on voit débouler le manip d'un coup en ouvrant la porte pour savoir, soit directement, soit indirectement, à qui elles parlent, ce qu'elles disent. J'ai même, une de mes patientes, elle était allée dans la voiture, et le manip l'avait suivi, avait attendu, et avait ouvert la porte brutalement, et donc je l'avais vu derrière aussi. Il y a des situations comme ça aussi. Et c'est ce qui se passe souvent aussi. C'est que pendant la séance, ils sentent qu'il y a quelque chose, ils sentent qu'il y a un mouvement. Ou alors parce qu'elle est partie dans la voiture, ou parce qu'elle est... Hier encore, j'ai une patiente, elle était dans la maison, il était dans la maison aussi, mais il l'a appelée. C'est seulement après qu'il est venu, qu'il a toqué, parce qu'elle ne répondait pas. Mais j'ai des patientes qui, pendant la séance, vont appeler plusieurs fois. Donc ça coupe pendant la séance. Et ça peut être 2, 3, 4, 5, 10 fois pendant la séance d'une heure. Donc voilà, il y a ces mécanismes-là aussi. Alors bien sûr, il y a parfois aussi une dimension stratégique. Et ça, c'est notamment après quelques séances. qu'on commence à mettre en place un plan d'action pour potentiellement mettre en place des stratégies de défense et de contre manipulation parce que quand on commence à sortir d'une relation sous emprise on sait que l'autre risque d'adapter ses leviers de manip et c'est ce qui se passe dans ce que je vous ai dit précédemment mais avant même la stratégie qu'on pourrait avoir il y a surtout énormément de peur la peur de ces réactions Des questions interminables, la peur de devoir se justifier, de devoir expliquer pourquoi on voit une psy, ce qu'on travaille, ce qu'on dit en séance. La stratégie dont je te parle, c'est la stratégie de justement en dire le moins possible et de contre-manipuler, mais ça je vais y revenir plus tard. De ne pas dire ce qu'on fait ou où on va, ça peut être aussi, ça peut être soit tu te caches, parce que tu as honte, soit tu te caches par stratégie. Mais encore une fois, là, ça ne va pas être pareil dans ta tête. Selon ce que tu te racontes et comment tu le portes, ça ne va pas être pareil. C'est pour ça que je te parle de stratégie aussi. Et ce qui est très récent psychologiquement dans cette histoire, c'est que la plupart du temps, mes patientes, elles ne se disent même pas « ce n'est pas normal que je me cache » . Ça, c'est dans le cadre de, pas une stratégie, mais dans le cadre de te dire Voilà, je me cache, j'ai honte. Elles ne se disent pas que ce n'est pas normal de se cacher. Non, elles ont surtout l'impression que c'est elles qui font quelque chose de mal, que c'est elles qui ont un problème, que c'est elles qui trahissent, que c'est elles qui font les choses en douce et qui mentent. Et c'est justement de là que naît énormément cette culpabilité. Parce qu'au fond, elles ne se cachent pas seulement de l'autre, elles commencent aussi à avoir honte de leur propre besoin de se protéger. Et donc, ce qu'elle... peuvent se dire intérieurement, c'est je fais ça en cachette, je ne suis pas honnête, au final je suis comme lui. Et au lieu de se demander pourquoi est-ce que je ne me sens pas libre de le faire, le problème est encore retourné contre elle. Et ça, c'est extrêmement fréquent dans les relations sous emprise parce que à force que le manipulateur finit par déplacer la culpabilité, même sans sa présence, on intériorise. La culpabilisation est le fait de mal faire si on ne lui dit pas tout. Et ce n'est plus lui qui pose problème, c'est en soi, on culpabilise d'essayer d'aller mieux. Et ça, c'est extrêmement révélateur. Parce qu'avant même que le mental comprenne complètement l'emprise, le système nerveux, lui, il a souvent déjà compris. Quand tu écoutes un poste... casse uniquement dehors, quand tu supprimes certaines traces, quand tu caches un livre, quand tu fais une séance dans une voiture, ton corps lui, il est déjà en train de dire quelque chose. D'ailleurs, si tu te reconnais dans ce que je raconte aujourd'hui, pense à mettre un j'aime ou un avis 5 étoiles sur le podcast. Ça m'aide énormément à faire connaître le podcast sous emprise. au prix d'autres femmes qui vivent exactement la même chose et donc ça soutient énormément tout mon podcast. Donc merci pour ça. Et donc parfois, on va encore plus loin. Certaines de mes patientes m'ont partagé qu'elles avaient peur que leur téléphone soit surveillé sur écoute. Pour certaines, ça s'est même avéré vrai. Elles ont peur qu'ils lisent les messages. Peut-être que tu as peur qu'ils lisent tes messages, qu'ils regardent ton portal, qu'ils écoutent, qu'ils tombent sur un mail. Certaines de mes patientes créent même une adresse mail dédiée. D'autres changent complètement leur manière de communiquer avec moi. On doit s'adapter. En général, moi, je fais mes accompagnements au travers de WhatsApp. Donc, il va y avoir, on va parler, on va faire des visios WhatsApp. Et puis, tout le long de l'accompagnement, elles peuvent me joindre aussi à n'importe quel moment sur WhatsApp. pour me poser des questions, pour savoir, voilà, il a dit ça, comment je fais, comment je m'adapte, comment je... Voilà, donc dans l'impactante, on est vraiment sur cette notion-là de je suis disponible pour répondre un peu à n'importe quel moment, pour justement enlever ce doute et enlever cette culpabilisation le plus tôt possible. Mais des fois, le simple fait d'échanger sur WhatsApp peut poser un problème parce que... Il voit qu'elle est connectée ou des fois il peut aller voir aussi. Alors là, je ne vais pas dire ce qu'on va faire parce que s'il y a des manips qui écoutent, je ne veux pas que ce soit divulgué. Mais voilà, on va s'adapter parce que leurs peurs, elles sont à prendre au cerveau et elles sont légitimes. Il ne faut pas oublier le contexte. Donc dans une relation saine, et c'est ça le contexte, parce que dans une relation saine, encore une fois, normalement, on peut dire je veux voir une psy parce que j'ai besoin d'aller mieux. On peut même dire j'ai besoin qu'on travaille sur notre relation parce que j'ai l'impression que ça ne va pas. Et ça ne devrait pas provoquer de la peur, de la honte, de l'hypervigilance ou le besoin de se cacher. Et ce n'est pas parce que tu as déjà posé la question à ton compagnon Que ça veut dire que t'es pas sous emprise, parce que le nombre de personnes aussi qui viennent me voir, qui me disent « on a déjà essayé une thérapie de couple et ça n'a pas marché » ou « il m'a dit qu'il allait voir le psy » ou « il m'a dit oui, on pourrait le faire » mais que ça s'est pas fait en fait, on a été que sur des promesses. C'est pas parce que tu t'es sentie libre de dire, de vouloir aller faire une thérapie de couple qu'il n'y a pas d'emprise. Je mets un petit bémol, voilà. Et justement, ça me fait penser à moi, à ma propre histoire. Il y avait cette hyper vigilance. Ce qui m'a le plus marquée, moi, quand j'étais séparée, donc on était déjà séparés, c'était cette sensation de devoir faire attention à ce qu'il racontait et ce qu'il faisait passer autour de moi, l'image qu'il voulait donner de moi et donc de lui aussi, à tous les gens que... qui nous avait entourés. Parce qu'en réalité, il voulait me faire passer pour la méchante auprès de tout le monde, ok. Mais moi, je ne voulais pas endosser ce rôle-là. Je ne voulais pas porter ça. Et ça m'a demandé énormément de travail de réussir progressivement à m'émanciper de son regard et de ce qu'il essayait d'imposer de moi, sur moi aux autres. Parce qu'au fond, c'est aussi ça l'emprise. Ce n'est pas seulement quelqu'un qui te fait souffrir. C'est quelqu'un dont le regard sur toi finit par devenir plus important que ton propre ressenti intérieur. Et ça, c'est important parce que le nombre de personnes qui me disent que oui, mais si je me sépare de lui, si je le quitte, je vais vraiment être la méchante. Je vais auprès de tout le monde, auprès de ma famille. Et puis lui aussi, c'est ce qu'il pense. Il y a quelque chose que je retrouve énormément quand on veut quitter un manipulateur, c'est qu'on veut que ça se passe bien, que la rupture se passe bien, et elles veulent finir proprement, et elles veulent être clean, et elles veulent être authentiques, et elles ne veulent pas lui faire de mal. Et encore une fois, en soi, c'est sain de penser comme ça. Dans une relation saine, c'est normal de vouloir respecter l'autre, communiquer, expliquer. de vouloir terminer les choses proprement. Le problème, c'est qu'on n'est justement pas dans une relation saine. Et ça, c'est extrêmement difficile à intégrer émotionnellement. Parce que beaucoup de femmes ont encore ce fantasme, celui du dialogue. apaisé. Et peut-être que toi aussi tu peux te dire, on va juste discuter, je vais lui expliquer calmement, je veux qu'on puisse se quitter intelligemment et presque en bonne entente. Ça c'est un fantasme, parce que chez un manipulateur très souvent le dialogue devient un espace de re-manipulation. D'ailleurs si tu ne l'as pas encore écouté, écoute. Si le manipulateur sont-ils conscients de ce qu'ils font ? c'est celui dont je t'ai parlé tout à l'heure et je te le mets en description parce que ça va vraiment énormément t'aider à comprendre ce qui se joue dans ces moments là, parce que lui il voit pas cette discussion comme une clôture lui il voit encore cette discussion comme une possibilité de récupérer la relation et le contrôle c'est tout et c'est important de comprendre quelque chose, c'est que lui sa zone de génie, c'est l'oral c'est le face à face C'est l'émotionnel, c'est le moment où il peut de nouveau avoir accès à toi directement. Moi, je compare souvent soi à quelqu'un qui joue à domicile. Quand tu joues à domicile, tu connais le terrain, tu maîtrises mieux les paramètres, tu sais comment jouer. Et eux, c'est pareil. Dans le dialogue, ils savent exactement comment te récupérer émotionnellement, sur quel bouton appuyer. Alors, ils vont te dire, je veux juste qu'on parle, je veux juste comprendre. Après tout ce qu'on a vécu. On peut quand même discuter calmement, mais derrière, il y a souvent une énorme tentative de reculpabilisation. Et très souvent, après ces échanges, mes patientes ressortent complètement lessivées, perdues, confuses, pleines de culpabilité, avec de nouveau le doute. Parce qu'il les a réharponnés émotionnellement. Ça, c'est le piège du juste une dernière fois. Et pourtant, malgré ça, beaucoup ressentent encore le besoin de le voir une dernière fois. Parce qu'elles veulent être correctes, justes, rester alignées avec leurs valeurs. Et ça, il faut vraiment le comprendre. Ce n'est pas une faiblesse. C'est souvent l'empathie, les schémas d'abnégation, le besoin d'authenticité, le besoin de faire les choses proprement. Donc... Parfois, quand une patiente veut absolument avoir cette discussion, on ne s'interdit pas. Mais par contre, on va la préparer. On va la préparer ensemble, on va baliser, on va la structurer, on va anticiper certaines choses. J'ai une patiente, par exemple, qui voulait absolument le voir pour clôturer proprement. Il y avait cette notion-là de clôture proprement. Donc, on y va. On y va parce que c'est un besoin. Donc, on y va. Donc, on a préparé la situation ensemble. Le rendez-vous, ben voilà. On l'a fait faire au bar, dans un endroit en extérieur, dans un lieu public. On avait défini une durée maximum. Elle savait exactement quoi dire, quand et comment partir. Il y avait quelqu'un qui venait la récupérer après. On avait prévu le sas de sortie. Bref, tout était calibré. Parce qu'il y a encore une fois quelque chose d'extrêmement important à comprendre, c'est qu'on n'y va jamais la fleur au fusil. Face à un manipulateur, on ne fait pas la volo. Non ! on est obligé en face d'avoir une structure, de savoir exactement quoi faire, quand faire, voilà, tout calibrer. C'est un énorme travail psychologique, mais qui se fait pas à pas, un step by step, vraiment, vraiment. Il faut arrêter d'attendre qu'une rupture toxique ressemble à une rupture saine. Et l'écueil, c'est ça. C'est de se dire, j'y vais. Et moi, j'ai fait cette erreur-là. Vraiment, j'ai fait cette erreur-là d'y aller, la faire au fusil et de m'adapter, en fait. Mais non, parce que quand quelqu'un considère que si tu n'es pas d'accord avec lui, alors tu es contre lui, le manipulateur considère ça, c'est sa manière de raisonner, il n'y a pas de place pour un désaccord apaisé. Et souvent, c'est ce qui est très difficile aussi, c'est qu'au moment où tu essayes enfin de sortir de cette relation, Tu te retrouves plus seulement face à lui, tu te retrouves aussi face au regard des autres, des amis, de la famille, des proches, de ton propre regard aussi accusateur et culpabilisant, et parfois, voire tout le temps en fait, tu es tout le temps confronté à la version de toi qui est en train de raconter autour de lui, et qu'il est en train de te faire passer de toi à toi. Et moi aussi, comme je te le disais tout à l'heure, j'ai énormément essayé d'expliquer aux gens en fait, ce qui se passait réellement à l'intérieur. de faire comprendre aux autres ce que je vivais réellement la véracité des faits parce qu'en face il y avait aussi énormément de choses qui étaient racontées sur moi qui étaient complètement fausses et ça, ça a été un énorme dilemme pour moi notamment avec les amis et la famille parce qu'à un moment donné quand quelqu'un continue de t'atteindre au travers des autres tu te retrouves avec cette question extrêmement compliquée, moi je me suis retrouvée face à cette question est-ce que je demande aux gens de prendre position ? Et honnêtement, je sais que ça peut être très douloureux parce qu'il y a des moments où on aimerait juste que les gens voient, qu'ils voient ce qui se passe pour de vrai, qu'ils comprennent, qu'ils réalisent ce qui se passe vraiment. Donc oui, parfois j'ai expliqué certaines choses à certaines personnes, alors pas à tout le monde, parce qu'avec le temps, j'ai aussi compris quelque chose, c'est que certaines personnes sont capables d'entendre et d'autres non. Certaines sont capables d'entendre, mais pour autant de ne pas prendre position. Et ça, c'est aussi ce que j'ai fait. Et une partie du travail de ma propre sortie d'emprise, ça a été d'accepter que je ne pourrais pas convaincre tout le monde. Et d'accepter que certaines personnes resteront dans leur lecture des choses et sous son emprise. Et j'ai appris aussi progressivement à ne plus laisser ça définir ma propre valeur. Et dis-moi un petit peu aussi, si ça t'intéresse, en commentaire, que je fasse un podcast là-dessus, parce que sur cette notion des amis, La place des amis, de la famille et est-ce qu'on peut se permettre de leur demander de prendre position, comment, pourquoi ? Dis-moi un petit peu en commentaire si ça t'intéresse, à ce moment-là je ferai un podcast. Là je vais maintenant aborder le pourquoi on a l'impression de devenir la mauvaise quand on commence à se protéger. Parce qu'il y a aussi quelque chose de très perturbant psychologiquement, c'est qu'à partir du moment où tu commences à vouloir te protéger, à vouloir protéger tes besoins, poser des limites, préparer ton départ. très souvent le manipulateur va te faire sentir que tu es devenu quelqu'un de mauvais que tu as changé, que vraiment t'es plus la même et moi par exemple dans mon histoire il me disait que je voulais la guerre j'étais pas d'accord avec ses accords à lui donc ça voulait dire que je voulais la guerre alors que pas du tout mais simplement parce que j'étais pas d'accord j'étais juste pas d'accord avec lui et ça je le retrouvais énormément chez mes patientes aussi ça va être tu es froide tu es démissionnaire tu me fais du mal, tu me détruis Et forcément, à force d'entendre ça, on finit par se demander, mais au final, c'est pas moi le problème ? Parce qu'il y a quelque chose de très compliqué aussi, c'est que quand on commence à se protéger face à un manipulateur, on est obligé parfois d'agir différemment de ce qu'on ferait habituellement. Et ça, beaucoup de femmes le vivent extrêmement mal, parce qu'elles ont l'impression de faire quelque chose en cachette, d'être malhonnête, de mentir, de manipuler à leur tour. Préparer un départ discrètement, chercher un logement sans le dire, référencer des documents, garder des preuves, voir une scie pour en parler, tout ça, ça donne l'impression de devenir comme lui des fois. Et pourtant, ce n'est pas du tout la même chose. C'est vraiment pour ça aussi que je voulais aborder ça, parce qu'il y a une énorme différence entre manipuler quelqu'un pour le contrôle et adapter son comportement pour se protéger psychologiquement. Et si elles vivent ça aussi mal, c'est justement parce qu'elles ne sont pas manipulatrices à la base. Donc si toi c'est ça, dis-toi bien que si ça te gêne, c'est parce que tu manipules pas à la base. Parce que t'es sincère, authentique, empathique, bienveillante. Et que tu détestes certainement, profondément, mentir, cacher et faire les choses dans le dos. Et c'est aussi pour ça que tu peux rester aussi longtemps dans une relation toxique et avoir des difficultés à en sortir. Parce que tu dois fonctionner avec la loyauté, l'authenticité et la sincérité. Alors qu'en face, il y a parfois quelqu'un, voire clairement quelqu'un, qui utilise justement ces qualités-là pour te maintenir sous emprise. Et c'est aussi pour ça que dans les accompagnements, je ne pars jamais du principe que la personne doit absolument se séparer de suite. Parce que psychologiquement, c'est beaucoup trop violent. Le cerveau dit immédiatement « danger » . Et très souvent, on travaille en deux temps. D'abord, on retrouve du discernement, on sort de l'emprise psychique, on retrouve des repères, on revient à soi. Et ensuite seulement, on regarde ce que la personne peut vraiment faire, ce que ma patiente peut vraiment faire. Et comment elle peut sortir, et c'est là qu'on aborde, il y a toute une partie... Une première partie où on restructure psychologiquement, on apaise le système nerveux, on sort de l'emprise psychique à proprement parler. Et un second temps seulement, où là, on va travailler sur le pratico-pratique. Quoi dire, quoi faire, comment, à quel moment ? Et c'est pour ça que c'est important de comprendre qu'au départ, on ne se sépare pas, on ne part pas dans la séparation. Parce que très souvent, alors j'ai des patientes qui clairement arrivent en... En me disant, voilà, je veux me séparer, je suis déter, je veux qu'on y aille. Donc là, on passe d'abord à la deuxième étape et on structure en même temps la véritable sortie d'emprise psychique. Voilà, on module, mais très souvent, c'est d'abord, on ne part pas sur la séparation, on part sur une sortie d'emprise psychique, une régulation du système nerveux. Et quand le discernement est arrivé, là, on voit ce qu'on fait. Voilà, ici, c'est plutôt à court, moyen, long terme. ou pas de séparation. Parce qu'il y a des personnes qui veulent sortir de l'emprise, mais qui ne veulent pas tout chambouler dans leur vie. Peut-être que c'est quelque chose qui arrivera après. Mais c'est important ça aussi, parce que c'est une vraie bascule, c'est une énorme nuance. Parce qu'au début, beaucoup de femmes voient le fait de consulter comme une trahison, comme le début d'une séparation, comme quelque chose de grave. Alors qu'en réalité, au début... On essaye surtout de retrouver de la clarté, du discernement et un peu de liberté intérieure. Et donc, on va baisser cette culpabilité. Parce qu'au fond, on ne peut pas continuer à fonctionner exactement de la même manière tout en espérant obtenir des résultats différents. Face à un manipulateur, on est obligé d'apprendre de nouveaux outils, de nouvelles stratégies, une nouvelle manière de se protéger. Et ça ne fait pas de toi quelqu'un de mauvais, ça fait de toi quelqu'un qui essaye enfin de sortir d'un système qui était en train de l'étouffer. Et au fond, je crois que la vraie question de ce podcast, ce n'est pas est-ce que je le trahis si je pense à partir, mais la vraie question c'est pourquoi est-ce que j'ai l'impression de le trahir si je pense à partir ? Parce que quand une femme me dit... J'ai l'impression de le trahir très souvent. J'ai envie de lui répondre, évidemment ! Évidemment que tu ressens ça ! Parce que pendant des mois, voire pendant des années, voire des dizaines d'années, tu as évolué dans un système où chaque fois que tu t'écoutais toi, c'était présenté comme un problème. Chaque fois que tu avais un besoin, tu étais jugé comme égoïste. Chaque fois que tu posais une limite, tu étais dur. Chaque fois que tu n'étais pas d'accord, tu voulais la guerre. Donc forcément, le jour où tu veux reprendre ta liberté, le jour où tu veux sortir de son contrôle, tu as l'impression de le trahir. Parce que finalement, tu as fini par intérioriser sa façon à lui de voir les choses. Et sa façon à lui de voir les choses, c'est très souvent très simple. Soit tu es avec lui, soit tu es contre lui. Soit tu fais ce qu'il veut, soit tu le rejettes. Soit tu garantis ses intérêts, soit tu le trahis. Donc la vie ne fonctionne pas comme ça, en vrai. Les relations saines ne fonctionnent pas du tout comme ça. Les êtres humains ne fonctionnent pas du tout comme ça. Et c'est souvent là que quelque chose commence à changer chez mes patientes, pas forcément parce qu'elles partent, quand elles partent, mais pas forcément quand elles prennent une décision, mais quand elles commencent à voir les mécanismes, les leviers, voir que la manipulation, voir quand la manipulation arrive. Et là, elles récupèrent quelque chose de précieux. c'est le discernement elle commence à voir la matrice oui c'est comme dans Matrix donc elle commence à voir ah tiens là il me culpabilise ah là il se victimise ah là il essaye de me faire peur ah tiens là il utilise exactement le même levier que d'habitude tu vois cette distanciation c'est à dire ça c'est une vraie sortie d'emprise là on est en dehors on n'a plus cette réaction émotionnelle On voit les choses se dérouler, on voit comment il fait, ce qu'il fait et on est en extérieur si on voit, on observe. C'est à partir de ce moment-là que quelque chose s'apaise parce qu'on n'est plus à l'intérieur, on n'est plus complètement dedans. On commence à regarder le mécanisme de l'extérieur parce qu'on a aussi régulé le système nerveux. Et quand on regarde le mécanisme de l'extérieur, hors émotion, il perd déjà une grande partie de son pouvoir. Alors si je devais te laisser avec une idée aujourd'hui, ce serait celle-ci. Si tu as l'impression de le trahir, ce n'est pas forcément parce que tu es en train de le trahir, c'est peut-être simplement parce que tu es encore sous l'influence de l'emprise. Parce que pour lui, oui, tu es en train de le trahir, puisque tu arrêtes de faire comme il veut, puisque tu arrêtes de garantir ses intérêts, que tu arrêtes de t'oublier. Mais ça, ce n'est pas la définition saine de l'amour. Dans une relation saine, l'amour, ce n'est pas continuer à souffrir pour que l'autre n'ait pas mal. L'amour, c'est vouloir que les deux aillent bien. Moi pour toi, toi pour moi. Et quand il n'y a plus que l'un des deux qui compte, alors on n'est déjà plus vraiment dans de l'amour. Et si tu veux commencer à retrouver du discernement, à comprendre pourquoi tu n'arrives pas à partir, pourquoi tu culpabilises autant et comment sortir progressivement de ce système qui te maintient prisonnière, je t'invite vraiment à regarder la masterclass que je te mets en description « Sortir de l'amour toxique et ne plus y retourner » . parce que c'est vraiment avec cette masterclass là que tu vas y arriver. J'en parle en profondeur. Et si cet épisode t'a plu et que tu veux soutenir le podcast, pense à mettre un like 5 étoiles, déposer un avis ou un commentaire et pense aussi à t'abonner pour ne pas manquer l'épisode de dimanche prochain. Je t'embrasse, bye !