- Speaker #0
Le père de la thérapie par le jeu, le psychologue américain Charles Schaefer, a dit « Nous ne sommes jamais plus vivants, plus pleinement nous-mêmes, ni plus profondément absorbés par quoi que ce soit, que lorsque nous jouons. » Passe-moi une carte.
- Speaker #1
Hein ?
- Speaker #0
Passe-moi une carte.
- Speaker #1
De quoi tu parles ? Ça va-tu ?
- Speaker #0
Je travaille mon traducteur d'émotions.
- Speaker #1
Ah, fallait le dire.
- Speaker #2
Et voilà.
- Speaker #1
Bonjour Caroline.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va, je suis avec mon ami, la carte.
- Speaker #1
Ah oui, encore. Mais pourquoi ?
- Speaker #0
Mais parce qu'aujourd'hui, on va parler d'un sujet spécial. Ah oui ? Ah oui, On va voir comment le théâtre peut travailler les choses de la vie de façon positive en amenant les jeunes ailleurs sans avoir besoin de l'utilisation des écrans.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Entre autres.
- Speaker #1
Ça se peut, ça ?
- Speaker #0
Oui. Oui. Si jouer, là, c'était pas juste... un divertissement, si ça amenait le jeune ailleurs, à quelque chose de plus positif dans sa vie.
- Speaker #1
Oui, parce que souvent, ce qui arrive aujourd'hui, on voit les jeunes, ils ne voient pas, puis c'est normal à leur âge, ils ne comprennent pas nécessairement la différence entre jouer, jouer devant un écran, être en train de dessiner, jouer dehors ou autre pour eux.
- Speaker #0
Jouer, c'est jouer.
- Speaker #1
Jouer, c'est jouer, s'amuser, et ils ont du fun à regarder un YouTuber, à faire autre chose, mais... ça n'a pas les mêmes valeurs de stimulation au niveau de l'imagination, de la créativité au niveau du cerveau, puis surtout du développement du cerveau à un jeune âge, que ce ne sont pas toutes les choses qui ont la même valeur. Puis malgré tout, il faut voir aussi que ce n'est pas parce que ton enfant ne passe pas tant de temps devant les écrans, mais qu'il passe 22 heures par semaine à dessiner, que c'est nécessairement tant positif.
- Speaker #0
Non, moi, mon père a toujours dit, tout est correct dans la vie, tant que c'est bien balancé. Tant qu'on n'est pas dans l'excès.
- Speaker #1
Voilà. Tout est une question d'équilibre.
- Speaker #0
D'autres suives.
- Speaker #1
C'est ça. Parce qu'on voit beaucoup de parents, on en parle, on l'entend, on le voit. Des fois, moi, je rentre à l'école le lundi matin et je vois le petit Jacob ou peu importe. Je fais « Eat boy » , tu le sais, juste en les observant. Qu'est-ce qu'ils ont fait de la fin de semaine ? Parce que que ce soit dans la causerie pour les plus petits ou si tu les écoutes moindrement, il y en a qui ont passé une fin de semaine entière à faire quelque chose. Alors qu'il y en a d'autres qui ont passé la fin de semaine dans le bois, puis tu sais, ils n'auront pas nécessairement le même comportement, le même niveau d'attention.
- Speaker #0
Ni l'énergie qui est différente aussi. Il y a beaucoup de parents qui s'inquiètent là-dessus parce qu'effectivement, on vit dans une société où il y a de plus en plus d'enfants anxieux, très jeunes, en très bas âge, et on cherche toujours à savoir, mais qu'est-ce qui rend les enfants anxieux ? ce sonnette. C'est un exemple, un bel exemple, c'est-à-dire de rester continuellement à faire quelque chose, toujours dans le même sens tout le temps, soit regarder devant un écran. Mais comme tu l'as dit tantôt, de faire juste un sport, puis vraiment de façon intense, c'est pas mieux non plus, il faut diversifier.
- Speaker #1
C'est ça, au niveau du développement, puis tu sais, c'est pas juste une question d'écran. Tu sais, je prends, en tout début d'année, je vais l'appeler Maria, une petite en première année, je la connaissais pas encore, premier cours, je veux leur montrer. Une vidéo de deux minutes qui introduit ce que j'allais leur montrer. Ça ne faisait pas une minute, c'est long.
- Speaker #0
Oui, d'abord oui.
- Speaker #1
J'étais comme, ok, si ça c'est long, l'année va être longue. C'est pas le temps là, tu sais.
- Speaker #0
Mais oui, puis en même temps, est-ce qu'on peut leur en vouloir, dans le sens qu'on est dans une génération, je trouve, de fast-food. Tu sais, McDo, ça fait longtemps que c'est là, mais c'est de plus en plus vite. Puis moi-même, je me suis rendu compte, dernièrement, où j'étais au... au service à l'auto, puis ça faisait cinq minutes que j'attendais, puis j'ai trouvé ça épouvantable. C'est parce qu'on n'est pas habitué, puis on veut nous donner un service rapide, donc on s'habitue à ça, on s'habitue à scroller, on s'habitue... L'humain est comme ça, il s'adapte, sauf que ce que ça fait au bout du compte, oui, les enfants sont anxieux, ils ont moins de patience, mais nous autres aussi. Donc, il y a des choses qu'il faut voir et reconnaître, puis juste ramener et recadrer dans autre chose. pour les amener justement à ouvrir les horizons puis voir la vie de façon différente.
- Speaker #1
C'est ça, parce qu'en leur permettant de vivre différentes expériences, de vivre différentes expériences de jeu, eh bien, ça développe différentes facettes. Puis aussi, ça peut provoquer la découverte d'une passion ou juste un grand intérêt pour quelque chose que le jeune n'aurait pas pensé, ne serait pas imaginé. Moi, j'ai une jeune, pas plus tard que jeudi dernier, qui vient me voir dans la cour d'école, elle dit... Je pensais jamais que j'aimerais ça l'impro, mais je tripe.
- Speaker #0
Oui, effectivement.
- Speaker #1
Parce que là, justement... C'est quelqu'un qui a un tempérament un peu anxieux et là, tout d'un coup, elle peut se laisser aller, elle peut se laisser... puis elle laisse de côté sa peur du jugement qu'on a parlé dans d'autres épisodes. Mais vraiment de « Ok, je suis créative, j'ai mon imagination, peu importe, je vois les autres aussi qui le font, donc je ne suis pas pire qu'un autre. » Puis tu sais, de voir à quel point ça les amène ailleurs.
- Speaker #0
Bien oui, effectivement, c'est bon de les... tu sais, de partir d'un personnage... Puis là, des années tranquillement pas vite dans l'improvisation, ou après ça, de leur faire jouer des répliques, mais avec le personnage qu'on aimait le plus en improvisation, les faire partir dans l'imagination. Aujourd'hui, j'ai fait un exercice très chouette avec mes élèves de première et deuxième année. On est présentement en train de créer un spectacle, et là, je leur ai dit, « OK, toi, ton personnage, c'est quoi sa plus grande peur ? » Et là, je ne sais pas, je ne me souviens pas de la pièce. C'est pas grave, c'est quoi sa plus grande peur ? Là, écoute, je cherchais, mais il y en a qui m'ont trouvé des affaires cool. Mais vraiment, il y a peur de... Il y en a une, elle me dit qu'elle a peur de tomber. Là, je dis, OK, Ariel, pourquoi elle a peur de tomber ? C'est parce qu'elle ne pourra plus danser. Si elle tombe et qu'elle se brise une jambe, puis oui, dans l'histoire, le personnage danse. Là, c'est des faire-parler. Après ça, je leur ai dit, OK, maintenant, trouve-moi une qualité au personnage. Il ne fallait pas nécessairement qu'il y ait de lien. Ça l'a travaillé la coccologie par à peu près des années à... Ok, mais attends, peux-tu dire qu'il aime beaucoup les chevaux ? Bien oui, pour le moment, c'est pas une qualité, mais... Oh là, il était parti, puis là, il avait des idées, mais... Quand ça n'a pas d'effet négatif, les laisser, on dit ok, puis t'as le droit...
- Speaker #1
D'agir en tant que bougie d'allumage, puis après ça, tu les laisses aller. Tantôt, tu parlais de fast-food, de malbouffe, ou peu importe. Des fois aussi, j'ai souvent discuté par le passé avec des parents, « Ouais, mais c'est quoi la différence ? » Ça dépend aussi du contenu, que ce soit des écrans ou d'autres choses. Si tu leur laisses lire une histoire qui va avoir des frayeurs et des terreurs nocturnes, c'est pas mieux. Mais c'est sûr que si tu les fais jouer à l'âge de 5-6 ans, comme malheureusement on voit beaucoup, à des jeux de 18 ans et plus, C'est peut-être pas le contenu adéquat, tu sais, c'est de choisir un contenu aussi qui va favoriser la stimulation. C'est pas obligé d'être plate, là, parce que souvent, on associe quelque chose d'éducatif à quelque chose d'ennuyant.
- Speaker #0
Tu sais, moi, j'ai fait avec ces jeunes-là les fardes de la fontaine. Moi, j'ai travaillé cette année la cigale et la fourmi, puis le corbeau et le renard. Mais je leur ai montré des choses avant, je leur ai bâché la matière, je leur ai montré des vidéos adaptées. Je leur ai expliqué l'histoire de Jean de La Fontaine, comment il en avait créé. Puis là, après ça, c'est des années. OK, maintenant, vous allez tous faire un petit bout. Mais là, j'ai montré les stéréotypes. Donc, le ventrui, il rit beaucoup. C'est un bon vivant. Le soldat, il est comme ça. Il a toujours le goût de se bagarrer. Puis là, il choisissait un stéréotype. Déjà, c'est cool. Les stéréotypes se rejoignaient. Je lui disais, OK, vous allez trouver des mouvements maintenant. Puis chaque petite équipe, vous allez avoir un extrait. Ils ont trippé leur vie. J'ai une petite qui a demandé au Père Noël d'avoir le livre des fables de La Fontaine. Je trouvais ça extraordinaire. Je me suis dit, « Hé » Elle ne connaissait pas ça. Je lui ai dit, « Tu as demandé ça ? Est-ce que c'est après qu'on ait fait l'exercice ? » Elle a dit, « Oui » Je vous dis, je venais d'allumer quelque chose chez cet enfant-là qui sortait d'un contexte ordinaire, qu'on était habitué. Ça l'a amené à faire, « Moi, j'aimerais ça. » Sa maman me disait, « Tous les soirs, on lit une fable de La Fontaine, avec la morale. » Je leur ai expliqué. Les enfants sont plus intelligents des fois qu'on pense, sont capables de comprendre. Il suffit de leur expliquer avec les bons mots, puis ça l'allume comme une chose. C'est ça,
- Speaker #1
puis des fois, comme je dis, d'être comme une bougie de l'image. Parce que je prends, je jasais avec une ado, pas plus tard que dimanche, ici au studio, qui était là, puis qui disait, ah, moi, les livres, je déteste. OK, mais qu'est-ce que tu as déjà essayé de lire ? Bien... C'est ça, si on n'insiste pas un petit peu, qu'on ne les amène pas à découvrir différentes possibilités de lecture et autres, qu'on ne les teste pas et qu'on abandonne des gens par temps, c'est ça le problème. Une belle expérience que j'avais faite, ça fait peut-être 7-8 ans, dans une classe où j'étais à Trois-Vierges à l'époque, avec la prof, on avait convenu, puis les parents étaient d'accord pour tenter, donc on avait une belle collaboration, on avait une quinzaine d'élèves à peu près. On avait fait un défi que pendant deux semaines, à chaque jour, les enfants devaient être troqués 30 minutes de temps d'écran pour une activité de leur choix dans certains cas. D'autres fois, je pense qu'il y avait quelques suggestions, si je me souviens bien. Et je n'avais pas trop d'attentes. Je me disais, bon, je n'ai aucun contrôle sur ce qu'ils vont faire en maison et tout. Mais, wow Après ça, j'avais eu le feedback de, je pense, 11 des 15 parents. Et là, la prof et moi, on se regardait et on n'en revenait pas. Anne, la prof, on avait vu les témoignages. Et pour simplement 30 minutes, ça ne veut pas dire qu'il ne passait pas une autre deux heures à faire un jeu vidéo, des télé ou peu importe. Mais il y en a qui, tout d'un coup, avaient retrouvé le goût à la lecture et qui sortaient des jeux de société pour la première fois depuis des mois, qui avaient le goût d'aller voir des amis sortir dehors, qui demandaient à leur famille « Hey, on fait-tu quelque chose ensemble ? » et tout.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
la socialisation qui ressortait. Mais en même temps,
- Speaker #0
il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Ça demande un plus grand effort de la part des parents. Parce que c'est tellement simple de faire « Tiens » . Mille heures d'un... On joue peut-être un peu au géo au départ, puis après ça, ça va se faire pas mal tout seul, mais oui, c'est dur, mais il faut pas lâcher. C'est là que des fois, on décroche, on est humain, nous autres aussi, mais je crois que ça vaut l'investissement de temps qu'on va mettre là-dessus pour développer quelque chose au niveau du cerveau, une imagination, une créativité, quelque chose qui sera pas consumé, consommé, consommé comme ça, rapidement, comme du fast-food. Puis, ça me fait penser à une autre activité que j'ai faite encore. Ouais, j'ai des activités chouettes. Avec les éreves de troisième, quatrième année cette année, donc deuxième cycle, j'ai pris des livres que, tu sais, pendant le temps de l'Halloween, je me suis dit, « Ah, d'après moi, c'est winner. » Tu sais, les livres de la collection Noir, c'est des livres d'horreur pour les jeunes. Puis, en arrière, c'est vraiment, il y a des lunes. Une lune, tu sais, mettons pour…
- Speaker #1
C'est plus soft, là.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu sais, mettons, neuf ans, deux lunes, trois lunes, puis je pense qu'il y en a jusqu'à quatre lunes. Je suis allée chercher les collections. Bon, évidemment, j'en ai acheté quelques-unes de collections sur Marketplace parce que j'aime beaucoup parler. OK, ça suffit. Donc, j'en ai acheté, il y en a en près à la bibliothèque. Et là, je leur ai dit, vous allez le lire en équipe. Déjà, je partais avec un point, il aime ça, c'est de l'horreur et on a le droit, bien ou pas. Et là, je leur ai dit, vous allez aller chercher un passage du livre que vous aimez bien. Et attention, on va le faire en théâtre d'ombre. Pis là, tu sais, c'est bien mon Dieu Non, non, c'est pas si compliqué là, tu sais, il y a une boîte à souliers, une boîte de... Ils l'ont amenée de la maison Pis là, tu mets un papier, tu colles, ils ont fait leur marionnette en carton, pis on a mis un éclairage, et ils ont refait tout le passage qu'ils voulaient jouer, ils l'ont joué en théâtre d'ombre, et moi, je faisais la narratrice. Donc, ils avaient pas besoin de parler, mais tout ce qu'ils ont dû imaginer dans leur tête pour arriver à créer quelque chose, il fallait qu'ils inventent l'univers, pis ok, comment je le vois ? Moi, je ne le vois pas comme ça. OK, on peut s'entendre. Ça a été super formateur. Il n'avait jamais fait ça du théâtre d'ombre. Ça a été le fun. Encore une fois, une fois en créativité, on jumelle la lecture, on y va avec des choses qui leur plaisent. Winner
- Speaker #1
C'est ça. Puis même sans avoir tout cet apparatus pour faire du théâtre d'ombre, souvent même avec les plus jeunes ou même avec un peu plus vieux, tu leur donnes des affaires plus cool pour faire des marionnettes. Ah oui,
- Speaker #0
bien oui.
- Speaker #1
Puis là, on part sur des histoires, il y a un monde des histoires, puis c'est fou à quel point, quand tu les mets dans un contexte où ils se sentent à l'aise de le faire, parce que des fois, c'est ça, c'est encore là, la peur du jugement quand ils sont devant les autres. Oui,
- Speaker #0
mais faut-tu, excuse-moi, mais à la base, tu prends quelque chose qui va les intéresser. Et le but, c'est de les faire lire maintenant. OK, bon, tiens, excuse-moi.
- Speaker #1
Non, non, c'est ça, c'est qu'il faut que tu choisisses les sujets, les sujets stratégiquement pour les attirer pour, OK, là maintenant... Je les ramène un petit peu, je les laisse découvrir. Ce n'est pas de l'assommer avec ça, ce n'est pas de lui imposer, mais de lui proposer différentes choses. OK, ça, ça va peut-être moins poigné pour un, mais ça va.
- Speaker #0
J'ai déjà entendu une expression que j'adore, c'est, on est un peu comme, tu sais, nous, on dirige le regard de l'enfant, tu sais, on est comme le coup, mais on le laisse quand même faire des choix, mais on sait quand même où est-ce qu'on veut les amener. Et qu'il choisisse ce passage-là au lieu de celui-là, puis qu'il choisisse ce livre-là au lieu de celui-là, puis, tu sais, rendu là, ce n'est pas grave. Lui Il a fait des choix, il est content. On part avec quelque chose qui aime ce genre de thriller-là, puis on lui amène une autre dimension, puis on lui montre des images de ce que ça peut avoir là. Tu sais, c'est fou, tout ce qu'ils ont dans la tête. Il ne faut pas perdre ça, c'est de la matière qui est ultra précieuse. Ça, plus tard, après ça, ça fait des enfants qui sont capables de penser plus loin, d'avoir des meilleurs sujets de discussion. Tu sais, quand tu as découvert, mettons, Agatha Christie. Agatha Christie, quand elle était jeune, au pas au primaire, mais mettons au début du secondaire, elle était capable d'en parler après. Tout ça rentre dans leur bagage culturel, et ils sont capables d'avoir une discussion. « Moi, je connais ça » Ils ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en apprentissage. Et c'est ça qui est beau et merveilleux.
- Speaker #1
Tu sais, il y a une très belle image que tu as déjà vue, puis je suis sûr qu'il y en a plusieurs qui l'ont déjà vue, où tu vois un enfant qui est à côté sur un mur, qui est en train de lire, puis tu vois tous les mots qui deviennent des illustrations, alors que si tu es juste dans un écran, tu te fais comme fider ça, tu vois juste, donc tu n'as pas... T'as pas besoin autant de travailler ton imagination, ta créativité, ça t'es donné sans effort. Donc c'est pour ça, c'est pas... les deux sont bons, puis oui, ça nous permet aussi de souffler en tant que parent, mais c'est justement de trouver l'équilibre, c'est pas d'interdire, c'est de doser d'une manière saine pour favoriser un sain développement. Parce que des fois, on pense bien faire, mais c'est à force de lâcher prise, lâcher prise, c'est là que ça...
- Speaker #0
C'est sûr qu'on a la paie, mais on le paye par la suite. Puis, un entre-deux que moi, j'ai découvert pour les amener à la lecture, c'est les livres audio. Ça les amène à imaginer. Puis, moi, il y a deux, trois ans, j'avais fait écouter El Capuchin sur audio. Le radio de Radio-Canada. Oui, exact. Puis, au début, il n'y a pas d'image.
- Speaker #1
Le roi des méchants, pour ceux qui ne connaissent pas.
- Speaker #0
Il faut que vous écoutiez ça, c'est drôle. Il y a des voix. Puis, les enfants, au début, bien là, il n'y a pas d'image. Là, c'était la panique. Il n'y avait pas d'image. Non, tu écoutes. Il n'y a pas d'image. Mais non, je sais qu'il n'y a pas d'image, mon chaton. C'est toi qui vas te les faire, tes images. Puis là, ça leur crée de l'anxiété. Mais aujourd'hui, ils sont capables de les apprécier parce que là, ils en ont écouté quelques-uns. Il y en a qui l'ont écouté à la maison. Puis ils reconnaissent le personnage. C'est ça que je leur ai dit. Écoute les voix. Est-ce que tu reconnais le narrateur ? Oui. Ah Là, il y a-tu juste El Capuche qui parle ? Non, j'entends un enfant. Très bien. Est-ce que tu entends d'autres choses ? J'entends des bruits. Super. Est-ce que tu entends autre chose ? Ah, j'entends de la musique, de l'ambiance. Bon Fait que là, on décortique et là, il s'imagine. Mais c'est un effort au début. Mais je trouve que c'est une transition entre « je ne vais pas me polir, je regarde juste des films » entre les deux. C'est de te lire une histoire.
- Speaker #1
Mais des fois, c'est de comment on représente ça puis de les amener à réfléchir. Bien, tu sais, ce n'est pas pire que si c'est moi qui est en train de te lire une histoire sans te montrer les images.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement. C'est juste que eux, c'est des professionnels qui lisent. Fait que c'est vraiment un peu plus très, très bon.
- Speaker #1
Moi, je suis sûr que tu es capable d'aussi bien dire que... Ah non,
- Speaker #0
mais c'est parce que je parlais de toi Ah
- Speaker #1
C'est pas fait que non Ah non, ça m'importe Mais c'est ça, donc, parce que toutes ces activités-là, depuis, tu sais, on en parle depuis le début de notre première saison, tu sais, ça développe la neuroplasticité, ça développe de nouvelles connexions, c'est là que c'est stimulant, ça garde vivant, ça garde pas... On fait pas juste taper sur le clou de la même connexion, qui repasse, qui repasse, qui repasse, puis qu'il y a là que ça... qui a solidifié et qui est devenue comme une grosse patate.
- Speaker #0
Mais attends, tu sais qu'il y a des enfants, on est des adultes aussi là, mais là on parle des enfants, qui continuent dans une chose parce qu'ils excellent tellement, qu'ils ne veulent pas essayer autre chose parce qu'ils ont peur de se tromper. Mais là-dedans, ils sont bons, donc ils font juste continuer. Mais ce n'est pas grave, souvent je leur dis, il n'y a pas une roche qui va te tomber sur la tête, il va y avoir un trou qui va s'ouvrir entre tes pieds si tu te trompes. Non, mais ils ne veulent pas déborder de ça parce qu'ils sont bons là-dedans, donc ils continuent là-dedans. Oui, mais attends un peu là. Essayons, c'est juste autre chose. Faut être surpris de prendre ça.
- Speaker #1
Oui, parce que tu sais, des fois, puis moi je me souviens même quand j'étais jeune, à un moment donné, je jouais beaucoup badminton, puis ma mère, « Oh, oh, chouette, une belle activité, il est bon. » Et là, tout d'un coup, début secondaire 2, je me fais voler ma raquette, et c'était fini.
- Speaker #0
C'est fini, c'est terminé, alors...
- Speaker #1
M'en ai moi pas pourquoi, là. Mais ce que je veux dire, à ce moment-là, c'est là de l'importance d'avoir une... panoplie d'activités qu'on a expérimentées pour s'en aller dans autre chose parce que sinon le jeune est perdu. Oui,
- Speaker #0
il ne sait plus quoi faire parce qu'il est bon dans une chose. Tu sais, ça arrive des dépressions sur des jeunes qui font des sports extrêmes, et là, oups, ils se blessent, terminé la future carrière ou juste comme ce qu'ils voulaient faire, en patinage artistique, peu importe, le sport. Et là, ils n'ont plus rien devant eux. Pour eux autres, ils n'ont plus rien. Parce que toute leur vie était centrée sur une chose. Là, ils ont l'impression qu'il n'y a plus rien qui les intéresse, il n'existe plus rien, alors qu'il existe un paquet d'affaires, mais ils n'ont rien exploré d'autre que ce sport-là, par exemple. Ça peut être bon pour n'importe quel exemple, mais tu sais,
- Speaker #2
c'est un exemple. Non,
- Speaker #1
non, puis c'est ça, puis c'est comme d'autres choses. Je me souviens très bien de mon grand-père qui, lui, n'avait jamais compris le trip. Si on voulait faire un mauvais journal, le trip de vouloir voyager, de s'en aller ailleurs. Je pense que le plus loin qu'il a déjà été, c'est parti de Québec, puis s'en allait à Montréal en char, dans toute sa vie. Mais c'est ça, c'est que tu ne t'ouvres pas sur autre chose, tu ne t'ouvres pas sur les gens, tu ne t'ouvres pas sur d'autres façons de penser, d'autres façons de voir, puis tu ne cherches pas. J'adorais mon grand-père, c'était mon idole quand j'étais jeune, mais je me suis toujours questionné, mais pourquoi cette fermeture à ce niveau-là ?
- Speaker #0
C'était peut-être une peur, puis en même temps, lui voyait des images dans les livres, à la télévision, il ne voit pas l'intérêt. Mais c'est tellement pas pareil. Quand tu es là, sur place, tu sens des choses, tu vois des choses, tu entends les trucs qui sont différents, mais il faut que tu le vives une fois. Sinon, tu te dis, je ne vois pas l'intérêt, j'ai tout ça gratuit à ma portée, pourquoi j'irais plus loin ? C'est parce que tu n'as pas été imprégné.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, c'est ça, c'est de continuellement trouver des situations pour, à travers le jeu, faire grandir les enfants, faire développer leur cerveau, qui va les aider après ça, tu sais, tant au niveau de socialisation, au niveau émotionnel, la gestion émotionnelle, qu'au niveau des apprentissages scolaires. Parce que sinon, si ce n'est pas leur façon de faire, tout d'un coup, qui est privilégiée, ils sont perdus encore une fois. Parce qu'ils n'ont pas... Tu sais, dans un problème, résolution d'un problème en mathématiques, OK, mais là, parce que je suis habitué de faire de même, mais là, il y a peut-être une autre façon d'aborder le problème qui t'amène à trouver la solution. Oui,
- Speaker #0
puis souvent, c'est parce qu'ils ne voient pas l'utilité aussi. Tu sais, en art dramatique, souvent, ils vont me dire, « Je vois que ça sert à un instant. Je vais te répondre. » Puis, ça sert à plein de choses, tu sais, prendre parole, avoir… Bon, tu sais, on en a nommé plein des choses positives. Puis, j'ai un petit peu d'anthoma, tu vois. encore aujourd'hui. Le spectateur s'en vient. « Ah oui, mais c'est gênant. Ah oui, mais c'est gênant. » J'ai dit, « Bon, là, à force de te le répéter, c'est sûr que ça ne peut pas être autrement que d'être gênant. » « Oui, oui, oui, mais là, c'est gênant. » J'ai dit, « Thomas, tu te souviens-tu de ce que je t'ai dit la dernière fois ? » « Oui, oui. » Il s'en souvenait. Lui, il joue beaucoup, beaucoup, beaucoup au hockey. Ce qu'il veut être dans la vie, c'est être un joueur de hockey. Il me rend courage. Vraiment, il en fait beaucoup. J'ai dit... Toi, quand tu vas être un joueur de hockey professionnel, j'ai dit ça la semaine passée, puis il me l'a répété cette semaine, j'ai dit, tu sais qu'il va y avoir des journalistes qui vont te poser des questions. Ça se peut que tu sois en avant et que tous les journalistes soient là. Oui, mais il va falloir que tu saches quoi répondre. Fait que tu vas te dire, non, non, non, j'y vais pas, je suis trop gênée, je suis trop gênée. C'est pour ça que je fais de l'art dramatique avec toi. Pour t'aider dans ta carrière de joueur de hockey. Puis là, il vient de réaliser que... Ça fait du sens ce que dit la madame. Mais oui...
- Speaker #1
Ou du moins, il voyait le bénéfice.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ça. Des fois, il ne voit pas l'intérêt de faire ça. Tu sais, tu dis mathématiques, il y en a qui disent, je ne sais pas pourquoi, bon, premièrement, j'essaie de leur expliquer que ça forme le cerveau, et mathématiques, c'est super bon pour la logique, tout ça, peu importe, puis je me suis moi-même un jour fait prendre avec ce que je disais. J'avais un pinceau à construire, puis là, je place ma piscine. Ah ouais Fait que là, dans mon rectangle, il y a aussi un arc. Puis là, il y a des angles. Puis là, je me dis, eh boy, il faut que je me ressorte mes maths. Mais il y a des choses qui sont venues, puis je me dis, my God, calculer l'air, la surface, savoir combien de bois je dois acheter. Je me trompe parce qu'à un moment donné, je ne suis quand même pas multimillionnaire. Ça sent bien, c'est tout. À l'époque, c'est de calculer l'air. Puis là, tu fais, bien, coudonc, ça servait tout ça. Mais c'est ça. Des fois, tu réalises sur le tard, et de leur expliquer dans des choses, dans des mots qu'ils comprennent, dans des choses qui sont concrètes pour eux. Puis là, c'est de valoriser aussi ce qu'ils font. C'est pas de faire, bien non, là, tu sais, joueur de hockey, joueur de hockey. Non. Quand tu vas être un joueur de hockey professionnel, déjà, tu as son attention. Et voici ce qui va se passer. Puis c'est pour ça que moi, je suis là pour t'aider.
- Speaker #1
Oui, donc ça c'est de les amener à expérimenter et donc de vivre à travers ça leurs émotions, de vivre à travers ça, un peu comme tantôt, tu vois, avec ta carte là.
- Speaker #0
Ben c'est exactement ça Ça m'amène au jeu de la semaine.
- Speaker #1
Ah oui ? Qu'est-ce que tu as à nous proposer cette fois-ci ?
- Speaker #0
C'est exactement ce que j'ai fait tantôt. C'est que vous partez d'une phrase très banale, ça peut même être ce qu'il y a sur une étiquette de lavage, quand on est sur un chandail, et là tu dois le lire ou tu dois dire une phrase simple et là tu joues avec les émotions. Tu le dis fâché, tu le dis triste. Et là, tu vois une gamme d'émotions à travers ça. Puis, tu peux demander à ton enfant, « OK, regarde, moi je vais te le faire. Quelle émotion j'avais ? » Alors, tu étais fâché. « Ah, t'as raison, mais pourtant j'ai juste dit j'aime ma poupée. » « Mais j'aime ma poupée » « J'aime ma poupée »
- Speaker #2
« J'aime ma poupée »
- Speaker #0
Et là, dans cet espèce de thermomètre des émotions, il les travaille, il les... Qu'est-ce que je voulais dire ? Il les essaie. C'est là qu'ils se rendent compte, oh attends un peu, il y en a plus que je pensais des émotions. Tu peux faire l'inverse aussi. OK, tu sais, t'es mon enfant, puis tu fais une émotion, puis moi j'essaie de deviner, et vice-versa. C'est toujours avec la même phrase.
- Speaker #1
Les jeunes trouvent ça drôle quand ils prennent le rôle du parent.
- Speaker #0
Mais oui, il faut que ça soit le fun. Puis tu sais, c'est pas obligé de durer trois heures, là, tu sais. Cinq minutes. Hey, on va faire un petit jeu, OK ? Regarde, dis-moi une phrase drôle. J'aime les bananes. Parfait, j'aime les bananes. On part avec les j'aime les bananes. Puis, fais-moi les fâcher. Sors une liste d'émotions s'il faut, mais tu laissais. Et là, il voit qu'il y a... Oh Puis tu peux être très fâché après ça. Un petit peu fâché. Moyen fâché. Et c'est comme ça qu'on leur apprend les émotions sur une phrase bien simple.
- Speaker #1
Tu sais, ça, vous pouvez le faire au besoin. Tu sais, si vous... équilibre Trouver l'équilibre, que si votre enfant ne fait que lire ou ne fait que regarder des youtubeurs, peu importe, ben, trouver un temps. Vous dites, hey, ok, à ce soir on va troquer un 5, un 10 minutes, pis tu sais, si vous voyez que ça fonctionne après un certain temps, quelques jours, ben tu sais, peut-être augmenter quelques minutes de plus, pis tu sais, de rééquilibrer, de proposer des activités différentes une fois l'autre.
- Speaker #0
C'est le fun aussi de s'intéresser à ce qu'ils regardent. Ils sont pas... Ils sont passionnés du rouge, bon parfait, on va en parler ce soir. Parle-moi du rouge Là, moi j'aime le rouge. Parfait. Pourquoi t'aimes le rouge ? De s'intéresser, même si ça va contre nos valeurs. Des fois, c'est un petit temps qui est payant. Tu ne veux pas ? Parfait. Maintenant, j'aimerais ça te parler de quelque chose que j'aime. Moi, j'aime ça te voir quand tu m'arrives avec des idées. On va essayer autre chose. Moi, je te propose un jeu. Toi, tu me proposes de m'expliquer tes choses. Là, on fait un échange, un partage. Pour lui, ce n'est pas juste du quaiquais. Des fois, les enfants disent « Arrête là avec ton crayon rouge, prends du bleu. » Non, c'est important pour lui. On peut lui montrer des dégradés de rouge, des rouges qui sont différents. Il va être un exemple.
- Speaker #1
Puis ton exemple m'amène à, quand tu dis, parler aussi de ce que nous, nous intéresse et autres, c'est pas mal ce qu'on va aborder la semaine prochaine, de voir comment nous, on est vraiment des modèles, souvent sans s'en rendre compte, pour nos éponges que sont nos enfants. et de voir à quel point ça va les former. Des fois, on ne s'en rend pas compte du coup. C'est des années plus tard qu'on voit qu'ils reproduisent nos mêmes comportements. Positifs ou négatifs. C'est ça, ça peut être d'un sens ou d'un autre.
- Speaker #0
Mais ils observent ces petits débits.
- Speaker #1
Ils observent. Souvent, c'est inconscient. Ma mère, avec l'âge, des fois, je la taquinerais. Ça m'écoute aussi. J'y reparle plus tard. Mais des fois, je revois ma grand-mère dans certaines réactions, alors qu'à l'époque, ah non, ma grand-mère, ma mère chialait après pour certaines de ses réactions, mais inconsciemment, tu sais, on les a... C'est juste normal, tu sais. Oui. On a beau chialer sur nos parents, faites attention à ce que vous dites, parce que c'est... on vient comme eux à un moment donné. Ben oui,
- Speaker #0
ben oui, qu'est-ce que tu veux. C'est juste normal.
- Speaker #1
On a vécu avec eux. C'est la neuroplasticité.
- Speaker #0
Eh oui, voilà.
- Speaker #1
À force de voir la même chose. Voilà.
- Speaker #0
Alors, si on vous a intéressé, on vous invite à nous suivre sur nos réseaux sociaux. On a une super page Facebook, on est sur Instagram, on est sur TikTok, on est sur YouTube, on est sur…
- Speaker #1
Qu'est-ce que je me demande ? Sinon, pour plus de détails, venez sur le site web aussi.
- Speaker #0
Ah, bien oui,
- Speaker #1
C'est ça. Puis vous allez voir tout plein de possibilités pour amener vos enfants dans un autre monde.
- Speaker #0
Eh bien, merci Charles.
- Speaker #2
Prête à se laisser dire, elle tremble sur la réplique. Son cœur court, sa gorge pique. On lui dit regarde-moi, tout à coup elle ose la voir. Il improvise, il se...