- Speaker #0
L'erreur est humaine, mais c'est aussi une porte vers la découverte, et c'est de l'auteur Samuel Beckett.
- Speaker #1
Bonjour Caroline Et bonjour Charles Bienvenue à un autre épisode de Scènes et neurones, où on est là pour vous aider à travers le théâtre et les neurosciences pour gérer le quotidien avec nos enfants et que ça devienne très agréable.
- Speaker #0
Très agréable, plus facile aussi, donc on vous donne des trucs.
- Speaker #1
Et voilà, et aujourd'hui, de quoi est-ce qu'on parle ?
- Speaker #0
On parle que les enfants souvent vont... éviter de faire des erreurs. Et le fait d'éviter de faire des erreurs peut créer d'autres problèmes.
- Speaker #1
Parce que la peur de se tromper, on le touche. On l'a encore chez les adultes, parfois, certainement, d'autres, mais on le voit, qu'on veuille se l'admettre ou non, et c'est normal. Mais là où ça devient problématique, surtout chez les enfants, plus il est jeune, plus ça peut devenir problématique. On en a parlé, c'est là où... que tout se forme et que le cerveau est une réelle éponge, ça peut causer des problèmes d'estime de soi, ça peut causer des problèmes d'anxiété de performance, d'avoir un perfectionnisme excessif, d'en venir à prendre la fuite, plutôt que d'affronter les problèmes et les obstacles qui nous permettent de grandir.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'enfants, beaucoup plus qu'on pense, qui ont peur de se tromper. Ils ont peur de se tromper justement avec les choses que tu disais tout à l'heure, c'est qu'ils ont peur de décevoir, ils ont peur de ne pas être à la hauteur, puis c'est de plus en plus fréquent.
- Speaker #1
Et c'est des attentes ou des standards qu'on se met, pour un enfant, je veux dire, qui parfois est réel, parfois ça vient d'un parent, ça peut être inconscient, ça peut être quelqu'un de l'entourage, ça peut être les pères de l'enfant dans la classe, dans une équipe, mais parfois c'est des attentes. perçues, pas nécessairement réelles aussi.
- Speaker #0
Exactement, puis nous les parents, souvent, on veut bien faire les choses, bon, maman, elle fait le lunch, elle fait ci, elle fait ça, puis tout est toujours comme bien fait parce qu'on est habitué, parce qu'on veut bien faire les choses, mais l'enfant nous voit aller à travers tout ça, et il voit que maman, bon, papa, essaie de ne pas faire d'erreur, essaie de bien faire les choses, et malgré nous, on leur met des standards qui... pour eux sont comme inatteignables et souvent c'est de là que ça part. Il y a d'autres facteurs, mais souvent ça part de nous et on n'est pas conscient que ça part de nous.
- Speaker #1
Non, parce que des fois on entend, puis encore aujourd'hui, tu sais, un enfant fait de la danse, un enfant fait du hockey ou autre, puis là on le voit déjà à Broadway, on le voit déjà à l'LNH, surtout avec les Canadiens en série, ça incite les jeunes encore, ça les stimule plus, mais le parent Pouce ! Puis ça on le voit, c'est plus visible. Oui,
- Speaker #0
ça aussi, ça on le voit, c'est vrai. Puis on le voit aussi au cinéma, on voit les parents qui veulent absolument que leur enfant devienne des vedettes. Mais ça, on dirait que c'est, pas que ça va, mais c'est un stéréotype qu'on a vu.
- Speaker #1
Par contre, comme tu le disais, dans le quotidien, on s'en rend même plus compte.
- Speaker #0
Non, puis c'est pas voulu, c'est ça l'affaire, c'est que ce n'est pas voulu.
- Speaker #1
Mais tu sais, les plus grands de ce monde l'ont dit, tu sais, qu'à travers des échecs. qu'ils ont grandi, qu'ils ont réussi à performer. Si on regarde le basketball américain, qui présentement sont dans les séries, celui qui est pour la plupart des gens considéré comme le meilleur joueur de tous les temps,
- Speaker #0
le plus connu je crois,
- Speaker #1
Michael Jordan, il a dit que c'est justement le fait de se tromper, le fait d'avoir cumulé autour de 300, je pense que c'est quelque chose comme 300 défaites dans sa carrière, d'avoir raté 26 000 tirs, quelque chose comme ça. Et d'avoir même, à la fin d'un match, raté à peu près 23 fois un petit gagnant qui est pas allé. Il a tout compté ça, lui. Il y a des statistiques derrière. Mais c'est ça qui l'a fait, qui a réussi. D'apprendre de ses erreurs, de se motiver à faire mieux la prochaine fois, de se pratiquer davantage, d'étudier les habitudes de ses adversaires et autres. C'est ça qui a fait la différence. On a juste à regarder dans la nature, c'est la même chose. Bon, tu sais, on connaît le lion. Il a une réputation surfaite, là, parce que c'est vraiment la lionne qui chasse. Et pendant que lui dort, là. Mais, tu sais, on l'appelle le roi de la jungle. Pourtant, oui, il fait peur, mais en même temps, il réussit pas souvent. Parce qu'un lion, c'est connu selon ceux qui ont analysé ces animaux-là, n'a réussi à attraper sa proie. Sa proie, excusez-moi. qu'une fois ou deux sur dix. Ça veut dire qu'il y a une quinzaine de pourcents de taux de réussite.
- Speaker #0
Oui, mais les enfants ne comprennent pas ça et c'est normal. Eux, il faut juste ressentir les choses. sans aller au fond de ce que ça veut dire. Puis des signaux qu'on peut avoir, nous en tant qu'adultes, qu'on peut voir aussi chez les enfants, ce n'est pas des signaux ou des choses qui vont nous donner l'impression que c'est une peur de l'échec. Alors par exemple, un enfant qui va refuser de faire un examen. On va dire, mais voyons, il refuse un examen, c'est quoi son problème ? Il préfère choisir par lui-même de ne pas. pas faire l'examen qu'il considère trop difficile que d'avoir quelques points mais d'être en échec. Parce que l'enfant, sans se rendre compte, il fait des choix et il préfère ne pas le faire. Puis à ce moment-là, c'est mal perçu par l'adulte parce qu'on se dit « bon, bien, c'est parce qu'il ne veut pas, ça ne lui tente pas » . Il est sémié,
- Speaker #1
il est paresseux. Mais c'est ça,
- Speaker #0
c'est des stratégies que d'évitement, comme ça, il a fait le choix et c'est correct pour lui dans sa tête. Ça ne veut pas dire que c'est correct. Il ne raisonne pas.
- Speaker #1
tout ça, mais ça reste que c'est ça. Moi-même, dans l'autre sens, au lieu de refuser de ça, quand j'étais jeune, ce qu'on parlait de perfectionniste tantôt, excessif, ça, c'était moi, ça. Moi, les dictées, quand il y avait une remplaçante, ça signifiait une dictée, j'étais « ouh ouh » , mais j'étais le seul de la classe qui faisait « ouh ouh » . Parce que moi, avoir une faute, c'était la fin du monde. Mais c'était pas une pression mise par mes parents, d'ailleurs, ma mère n'était pas... pas une référence en la matière, puis c'est quelque chose de méchant, elle dit « je suis bien consciente de ça, puis c'est correct, là » . Mais, tu sais, c'était moi qui me mettais cette pression-là, tu sais, tantôt, quand des fois on disait que c'était perçu au réel, parce que là aussi, c'était vraiment imposé à moi-même, mais c'est pas simple, parce que t'es jamais heureux de tes résultats, à moins d'avoir ça, puis quand tu l'as pas toujours, t'es pas heureux, ça m'a été longtemps le fardeau dans ma vie de comment ça a été. pesant de porter ce « il faut tout le temps que ce soit fait à la virgule près » . Mais malgré tout, c'est ça, c'est qu'il faut amener le jeune à réaliser que faire des erreurs, c'est simple et que c'est à travers le fait de faire des erreurs que le cerveau apprend mieux. Mais ce n'est pas juste de faire une erreur, c'est de la correction qu'on en fait par la suite.
- Speaker #0
Oui, les explications qu'on va donner et qu'on va l'encadrer à travers tout ça, mais il faut premièrement, en tant que parent, c'est de le... Voir, de le reconnaître, ça c'est pas toujours facile parce qu'on a d'autres perceptions nous aussi, on est des humains, mais l'enfant en fait il va vivre de l'anxiété, il peut avoir mal au ventre, il peut avoir des maux de tête, c'est pas trop ce qui se passe, pourquoi il veut pas faire son examen, il est pas étudié, alors que c'est pas nécessairement ça, mais il y a des symptômes physiques aussi chez l'enfant qui peuvent arriver, puis moi mon fils a toujours bien été à l'école, ça a toujours bien les notes suivait. Quand il y avait un, je ne me souviens plus comment il s'appelait, la seule à cote R au lieu de T, très bien réussi. En tout cas, il m'avait manqué une lettre pour dire « réussi » au lieu de « très bien réussi » . Il pleurait à toutes les fois. C'est de l'anxiété de performance. Je lui disais « mais c'est très bon » . « Oui, mais j'ai fait deux erreurs » . « Mais c'est très bon » . Toi, est-ce que tu as mis les efforts, parce que ça, ça en est des mots qu'on peut employer comme parent. Est-ce que toi, selon toi, tu as mis les efforts qu'il fallait ? Oui ou non ? Oui. C'est parfait Et si tu me dis non ? Ah bien là on va en jaser et on va travailler ensemble. Et si oui, il a mis les efforts ?
- Speaker #1
Et puis tu sais, quand tu parles de dire, encore une fois, quand on parle de neuroplasticité, du fait de devoir répéter, c'est pas une fois malheureusement, ça peut être fréquemment, avant que ça commence à rentrer petit à petit. Quand je disais par rapport au cerveau qu'il faut amener la correction, c'est parce que si on fait juste voir l'échec... Quand on dit qu'on va apprendre de ça, le cerveau se met en mode plus protection. Comment être sécurisé, comment ne pas trop se sentir mal là-dedans. Mais si on amène la correction, alors là, le cerveau va se coller sur l'ajustement qu'il y a à faire pour la prochaine fois, de comment mieux affronter les circonstances, peu importe quelles elles soient. Et c'est là que tu vas avoir un apprentissage, puis que tu vas voir le jeune se développer, conserver et augmenter son estime et sa confiance.
- Speaker #0
Quand tu parles de correction, tu parles de... d'avoir une discussion avec l'enfant.
- Speaker #1
C'est à travers la discussion avec l'enfant que tu peux l'amener à voir les choses différemment, que tu peux l'amener à peut-être lui indiquer que la pression que tu lui mets, ce n'est peut-être pas celle que lui passe. C'est diminuer justement la pression qui se met sur les épaules et d'amener un nouveau regard sur son résultat.
- Speaker #0
Oui, puis tantôt, tu parlais des pères aussi, puis tu parlais de la danse, puis peu importe ce qu'ils font, mais c'est souvent aussi un phénomène de groupe. Oh, il y en a qui sont meilleurs, puis là, pourtant, on est vraiment dans une société où... On n'est plus comme dans le temps où t'avais un capitaine, puis en éducation physique, choisis lui, choisis lui, toi t'es tout le temps le dernier. On n'est plus là-dedans du tout. Et malgré ça, il y a des enfants qui regardent et s'auto-jugent très, très sévèrement.
- Speaker #1
Ah oui, qui se traitent de bêtes ou qui craignent de savoir, ou qui craignent de faire, d'être ridiculisés devant les autres. C'est énorme, on en parlait dans l'un précédent, tu sais, quand on parlait d'images corporelles au dernier épisode. Tu sais, c'est ça, le jugement est facile.
- Speaker #0
Oui, il y en a en dramatique aussi, en théâtre, je le vois beaucoup, les jeunes qui viennent en avant, mais ils ont peur du ridicule. Puis même si on dit la phrase « le ridicule ne tue pas » , de un, il faut qu'ils comprennent ce que ça veut dire, mais ils ne sont pas toujours rendus à ce niveau-là non plus. J'essaie des fois de leur expliquer « ce n'est pas toi, c'est un personnage » , mais ce n'est pas facile et ils ont peur de se tromper, ils ont peur de dire n'importe quoi, ils ont peur de figer devant les gens. Même si je leur dis « Hey, c'est pas grave, on est là, on va t'encadrer là-dedans, si on est à la pièce de théâtre, on va mettre des souffleurs de chaque côté. » Des souffleurs, les gens qui vont dire les réflexes si tu te trompes. Malgré tout, c'est pas facile parce que c'est ça, ils sont entourés de gens qui sont performants, ils voient des choses, ils constatent des choses. Et même s'ils ne le verbalisent pas, ils l'entendent et ça se véhicule.
- Speaker #1
Puis tu sais, ce que je dirais la différence avec quand nous on avait leur âge, c'est que non seulement il y a tout ça, mais c'est amplifié par le fait que tout, bon c'est pas long, un commentaire, une photo est prise, est envoyée sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Ah les réseaux sociaux, ah ben oui.
- Speaker #1
Et avant, comme on dit, l'intimidation s'arrêtait à la cour d'école une fois sortie, on avait la paix pour le reste de la journée, la soirée, mais là ça se poursuit, tu sais, il y en a beaucoup qui continuent. Et c'est là la pression qui se met aussi, puis la pression qui se met en voyant ce que les autres réussissent. Mais ce qu'ils réussissent, c'est le nid grand mot, parce qu'on est juste sans ce qui fait notre affaire aussi sur les réseaux sociaux. Donc, ça peut paraître toujours plus rouge chez le voisin, mais...
- Speaker #0
Ils regardent leur like, ils regardent, bon, ils regardent leurs espèces de statistiques. Puis moi, j'ai toujours dit à la blague, mais en même temps, c'est pas faux, là, mais... Mon Dieu, une chance qu'il n'y avait pas les réseaux sociaux quand j'étais plus jeune Parce que j'en ai fait des nounouneries, puis aujourd'hui, tous les jeunes, et de plus en plus jeunes, On a un téléphone cellulaire dans les mains et le téléphone ne sert pas qu'à appeler, mais il sert à faire plein d'autres choses, qui est bien utile, mais qui peut devenir une arme aussi, dans le sens que tout est filmé. Une fois que tout est filmé, même si la police passe dans toutes les écoles primaires, secondaires, pour expliquer, on dirait que ça ne les concerne pas. Donc, cette pression-là... Ça arrive aux autres. Encore. Oui, ça arrive aux autres, mais quand ça arrive, là, on vient de changer la donne, envie de monter d'un grand niveau de performance. Au niveau de... Qui ils sont ? Qu'est-ce qu'on fait ? Et le regard des autres, évidemment.
- Speaker #1
C'est ça, tu sais, il y a des jeunes qui arrivent naturellement, tu sais, à leur renforcer un peu, dix-huit pieds vers dessus à la tête plus facilement, mais c'est pas souvent le cas, malheureusement. Tu sais, il y en a... Je vois pas ça comme une épidémie, là, mais tu sais, je vois ça comme quelque chose qu'on voit beaucoup plus fréquemment qu'on voyait, tu sais. Toute cette pression qu'on a, la peur du regard de vraiment pas pouvoir... C'est quoi que ce soit de... Oui,
- Speaker #0
mais c'est la baisse de l'estime de soi, là. Tu sais, je veux dire, c'est ça qui est pas drôle. On base l'estime de soi à travers les réseaux sociaux, à travers le regard des autres, et là, c'est une estimation qu'ils ont d'eux-mêmes qui est souvent erronée, malheureusement.
- Speaker #1
Ah, c'est ça. La même estime de soi, il y a une autre estime. C'est environ, mais... Oui, oui. L'environ n'est pas toujours mis à la bonne place. Mais c'est ça, tu sais, c'est... Mais se tromper, c'est normal. C'est, tu sais, c'est comme... Une citation très célèbre que certains connaissent sûrement, Thomas Edison, celui qui avait inventé l'empole électrique, disait « Ça a pris 10 000 fois avant d'arriver à créer l'empole électrique et que ça fonctionne. » Quand il m'a dit « Pourquoi tu n'as pas abandonné avant ça ? » en disant « Parce que j'ai trouvé 9 999 autres. » C'était que des façons d'apprendre d'une fois à l'autre ce qu'il n'avait pas fait de correct. Ils voyaient ça comme une étape, une marche dans l'apprentissage et non pas comme un échec. Donc, c'est toute la perception. Et c'est là où je reviens avec la neuroplasticité de comment marteler le message, pas appauvrir, pas confronter, parce que ça va être le mécanisme de protection. Bien oui, bien oui. Mais essayer d'y aller d'une manière relativement douce, de faire comprendre d'une fois à l'autre, c'est juste normal. Parfois, il faut juste qu'il travaille un peu plus fort, puis il va y avoir des résultats qu'il va ignorer.
- Speaker #0
D'arriver à dédramatiser aussi, ça aide. OK, c'est pas de dire « Hey, c'est pas grave » Non, mais écoute, j'entends ce que tu dis maintenant. Souvent je dis, on va ramener ça à l'échelle planétaire. On a la Terre, on ramène ça là. Tes deux points manqués sur ta dictée, on regarde ce qui se passe au niveau de notre planète, et on se dit « ouais, finalement c'est peut-être possible que ça » . Mais il faut arriver à trouver des exemples, de dédramatiser, ce n'est pas toujours simple, mais d'essayer de valoriser les efforts. Comme je disais tout à l'heure, moi je t'ai vu étudier, toi de ton côté, est-ce que tu as fait des lectures ? Ben si il dit oui, même s'il était en échec, comprends-tu ? Même s'il était en échec, s'il a travaillé, ben tu dis, ben bravo, ça va porter fruit éventuellement, c'est pas grave, là. C'est sûr que s'il est lazy, ben tu vas dire, ça vient, les résultats viennent avec, là, tu sais, il y en a quand même pas tant que ça, là, hein ? Des jeunes comme toi, qui n'étudiaient pas et qui avaient des bonnes notes.
- Speaker #1
C'est ça, mais ça le rattraperait plus tard, ça, par contre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, tu m'avais déjà dit, au Cégep, c'est ça,
- Speaker #1
en train de tomber au Cégep. C'est ça, quand tu n'as pas appris une méthodologie, et que tu n'en avais pas besoin, en disant que ça va toujours bien aller comme ça, mais qu'à un moment donné, la charge de travail est beaucoup plus importante, j'ai frappé un mur. Ce n'était pas parce que j'étais moins intelligent, c'était juste que je n'avais pas appris les bonnes façons de faire. J'en ai un que j'ai connu au secondaire, que j'ai retrouvé après ça à l'université, qui lui en arrachait au secondaire. Mais lui, il en a travaillé un coup. Je suis rendu à l'université, c'était dans le même programme que moi, c'était lui qui avait les meilleures notes.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
je te crois. Puis, l'égo, on va l'avouer.
- Speaker #0
Oui, tu as raison, parce que j'ai vu souvent des jeunes, tu sais, cumuler des échecs après échecs, avoir de la difficulté au niveau scolaire. Mais, c'est ça, il y a tellement de structures dans leurs apprentissages, même s'il échoue, il y a quelque chose qui se place, Puis là, après ça, bon. Tu vas aux primaires, secondaires, puis tu vois comme, tu vois, Radio-Cégep, la structure, c'est-à-dire, bon, je vais faire mes devoirs tous les soirs, bien, tu sais, aux primaires, c'est tant de temps, aux secondaires, c'est tant de temps, mais ne pas démordre de ça, probablement qu'on est en train de faire de la neuroplasticité. Et voilà, bien là, au moins, tu arrives au Cégep, à l'université, si tu te rends jusque-là, puis tu as déjà une méthode de travail, tandis que, tu sais, tu écoutes à peu près à moitié, puis tu réussis, mais à un moment donné, c'est ça, ça te rattrape, puis tu te bats à l'œil. Je ne sais pas comment faire pour étudier. On est dans des nations qui sont plus compliquées.
- Speaker #1
Ça ne tente pas nécessairement à 18 ans de commencer à passer une heure à étudier. Non,
- Speaker #0
ça a toujours bien été. Pourquoi j'aurais besoin de passer une heure tout d'un coup ?
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de ça à l'heure aussi. Je l'avoue très candidement.
- Speaker #0
Mais pour vrai, c'est comme en art dramatique, ça me fait rire parce qu'en théâtre, j'en ai des petites petites qui font des auditions. Parce qu'au Studio 14-6, on coach des jeunes acteurs, j'en ai déjà parlé, puis ils arrivent et ils ne savent pas leurs textes. Comment tu veux que je... Tu sais, déjà, c'est la base, apprendre ton texte. Mais c'est parce que c'est tellement facile, tu te vois être cute, sympathique, mais ça n'a pas le texte. Oui, mais, beau être sympathique ou pas, si tu ne sais pas ton texte, tu vas arriver à une audition, puis ça ne marchera pas, là. Puis tu vas arriver sur un plateau, excuse-moi, puis le réalisateur va dire, « Bien, ce n'est pas possible, tu vas être cute, tu vas être... » Mais là, tu ne fais pas le texte, tu es écrit, tu ne dis pas ce que tu devais apprendre. Ça fait que c'est ça, c'est quand un moment donné, il y a la base.
- Speaker #1
Tu parles de ça, des auditions, ça me fait penser, que ce soit pour le théâtre, que ce soit pour la télé, cinéma, pub, peu importe. J'avais vu un reportage où il disait qu'un acteur moyen, comédien moyen, il va être pris une fois sur 65.
- Speaker #0
Ben oui, j'en suis la propre.
- Speaker #1
Non, mais c'est ça. Donc, oui, les Claude Legault de ce monde, wow, ils n'ont peut-être pas 65 shots pour se faire prendre, mais la plupart des acteurs, c'est... L'ego peut en prendre pour son goût, si tu bloques à chaque fois et que tu n'es pas retenu. Peut-être juste parce que tu n'as pas de grain de beauté placé à la bonne place, ou parce que tu n'as pas un frisou comme le réalisateur a en tête.
- Speaker #0
Oui, mais tu sais, ça reste que la base, tu apprends ton texte. Tu ne peux pas toujours te fier sur le fait que tu lis une fois et que tout va être bon, tout va être dessus.
- Speaker #1
C'est ça. C'est un travail d'échec de voir justement, d'amener un correctif, d'amener une autre façon de faire les choses qui va t'aider. qui va amener le cerveau à progresser, à créer des nouvelles connexions neuronales, qui vont l'amener donc à ne pas se caler, ne pas se récombiner.
- Speaker #0
À accepter les échecs et faire « bon, pas grave » C'est ça,
- Speaker #1
mais de voir ça comme une occasion de grandir.
- Speaker #0
Exact. Puis je crois que c'est toi qui est sorti sur le site Internet, que vous devez peut-être connaître. Allô, prof, qui donne des trucs pour gérer l'anxiété, pour gérer… qui donne des conseils, ça se peut-tu ?
- Speaker #1
C'est bien pour juste au niveau des échecs, effectivement, de comment gérer tout ça. Le plus simple aussi, des fois, juste pour calmer un jeune, pour n'importe quoi, c'est de prendre des grandes respirations profondes avant tout. OK, alors. Parce que plus tu respires lentement... Plus que le cerveau dit, il n'y en a pas tant un gros problème. Parce que le stress, on respire plus rapidement et tout, l'anxiété c'est pareil. Le cerveau a ceci, ça, un danger, il y a le mammouth qui arrive, le toki qui vient pour te frapper. Plus que tu respires lentement, après ça, tu es capable d'amener le jeune. Mais si tu essaies d'y parler quand il est encore...
- Speaker #0
En fait, je pense que le départ, c'est de l'écouter, d'accueillir tout ça. Puis c'est ça, de ne pas dire, c'est pas grave, on va recommencer. Attends un peu, on l'écoute. On respecte, puis il y a des trucs qui se donnent un peu partout, puis bon, aujourd'hui on vous en donne aussi quelques-uns. Puis c'est cela, autant au niveau de la neuroplasticité que de mon côté au niveau des arts dramatiques. On a du beau travail à faire avec ces enfants-là, puis on est capable de les faire progresser.
- Speaker #1
Ce qui m'amène à te demander quel est notre jeu de la semaine à proposer ?
- Speaker #0
Bien, moi j'aime bien passer par à peu près n'importe quelle situation, passer par le jeu, ça aide beaucoup. Si vous avez des plus petits ou si vous avez quand même des jeunes qui ne sont pas trop encore dans l'adolescence, moi, j'irais avec un jeu de marionnettes. Les marionnettes, c'est fantastique pour faire parler les enfants. Donc, je mettrais une marionnette à l'enfant, puis vous auriez, vous aussi, une marionnette. Si vous n'en avez pas à la maison, un bas. Tu en as fait un petit bas, tu mets ça dans ta main, puis voilà, on a une marionnette. Et c'est de dire, OK, là, on va jouer à... L'élève et le professeur ou peu importe, mais amener l'enfant à faire des erreurs. Donc toi tu vas faire des erreurs. Toi tu vas te tromper dans des calculs qui sont simples, dans... peu importe, ok ? Donc tu vas te tromper. On va regarder ensemble comment moi je vais faire pour te calmer si tu es anxieux. Toi qu'est-ce que tu vas me dire ? Fait qu'on fait semblant. Souvent moi je perds mes improvisations avec... On décide d'un lieu. Faites parler l'enfant, vous allez voir c'est bon pour l'imagination, la créativité. On est où ? On est aux toilettes. On accepte, c'est correct. On est aux toilettes, parfait. Donc le lieu, le temps. On est-tu le matin, la nuit, on est-tu en 2050-quelque. Il va vous sortir quelque chose de farfelu, mais plus vous l'êtes, plus lui aussi va partir dans son imagination. Lieu, temps, l'action. Qu'est-ce qui va se passer ? Donc un petit résumé. Qui sont nos deux personnages ? Ok, toi tu es la maîtresse au moins. Le contraire, l'enfant peut être le professeur, puis le parent, l'enfant. Et c'est juste d'amener à discuter, soit d'une situation qu'ils ont vécue, ou juste de partir sur une bulle d'affaires où on se trompe. Là, c'est de voir comment l'enfant réagit, qu'est-ce qu'on peut lui dire. Est-ce que tu t'es senti bien ? Pas tellement. OK, mais est-ce que c'est grave ? Vous allez voir, les marionnettes, c'est fantastique. Si vous avez des grands qui sont un peu « welling » , ça marche, les marionnettes. Parce qu'il y a une... qui se fait entre nous et l'objet et c'est beaucoup plus facile. Ils l'utilisent beaucoup entre les plus beaux gens.
- Speaker #1
Pour les plus vieux, on peut penser aux marionnettes, mais c'est parce que souvent, justement, ils sont rendus à un âge, ils sont rendus à 10-12 ans, où là, ils commencent justement à ne plus vouloir se montrer, mais derrière... Ouais, c'est ça,
- Speaker #0
probablement.
- Speaker #1
Un castelet, un quart de marionnette.
- Speaker #0
La maison, la maison des marionnettes,
- Speaker #1
la castelet. ils sont cachés, donc ils ont moins l'impression que tu le mettes.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Ils vont peut-être vous voir ça ridicule, ça va être une belle occasion de faire des apprentissages, mais souvent c'est ça, c'est que du moment où ils sont détachés ou ados peut-être, on va trouver d'autres trucs, mais c'est peut-être, ok, mais parle-moi de ton ami qui a eu tel... peut-être que par le fait de le faire parler par l'intermédiaire d'un personnage ou d'une amie, souvent il y a peut-être des choses qui peuvent sortir.
- Speaker #1
C'est ça. Parce que bon, il y a des jeunes qui ont plus d'imagination que d'autres, mais des fois ça peut aider. Je pense juste à ta coquette ce matin qui arrive au cours. Moi, c'est un écureuil
- Speaker #0
Ah bon, d'accord. Mais comment tu veux que je le sache pour que tu aies un écureuil ? Bien, ça se voit, j'aime ça les écureuils. Bien oui, évidemment. Bien oui
- Speaker #1
Donc, il y en a qui sont plus pronds à ça. Mais voilà, donc c'est pas mal le contenu qu'on voulait vous livrer cette semaine et la semaine prochaine, on va être encore là évidemment. Mais cette fois-ci, un autre aspect qu'on a à gérer par moment, et j'en sais quelque chose, l'impulsivité.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Comment le théâtre va pouvoir nous permettre de canaliser cette énergie-là, toujours aidée évidemment par les neurosciences.
- Speaker #0
Oui, puis l'impulsivité, souvent ça vient avec autre chose, des choses avec lesquelles on a déjà discuté, puis il n'y a pas autre chose. Oui, l'impulsivité. Très bien l'improvisation par contre. Alors, nous, notre mot de la fin, c'est qu'on a des camps d'été. Cet été, tous les étés, on a des camps. Puis, on fait des choses différentes au studio catharsis. Au studio catharsis ? Même moi, ce n'est pas possible. Donc, on fait du théâtre, du cinéma, on fait du doublage, on fait des pubs. On fait aussi des vidéoclips, un projet de pub. En tout cas, tout ça dans une semaine. Je vous le dis, ils sont brûlés les enfants. Parce qu'ils travaillent de façon cérébrale. C'est presque autant qu'une activité physique, mais c'est au niveau du cerveau. C'est fantastique, les parents me disent qu'ils dorment bien le soir, je suis satisfaite. Donc, les quarts d'été, puis on vous parlera de cet automne, mais pour le moment, on va vous laisser là-dessus.
- Speaker #1
Merci bien, à la prochaine.
- Speaker #0
Oui, à la prochaine.
- Speaker #2
Une voix qui s'emballe, un enfant qui respire, prête à se laisser dire. Elle tremble sur la réplique, son cœur court, sa gorge pique. On lui dit « Regarde-moi ! » Tout à coup, elle ose la voir. Il improvise, il se trompe mais le rire brise La honte à force de jouer quelqu'un Il découvre qu'il vaut bien plus qu'il ne croit Scènes et neurones, ça bouge là-haut Démons qui tournent dans leur cerveau Ils apprennent à vivre en jouant des rôles La calme et l'âge qui serrent le dos Scènes et neurones, les cœurs sont pleins La peur s'incline, leur main dans la...