- Speaker #0
Le psychologue américain John Dewey a dit,
- Speaker #1
l'art enseigne la patience de l'attention.
- Speaker #2
Bon,
- Speaker #0
t'es contente de ton café ? Oui, j'ai mon café. Avez-vous l'impression d'avoir constamment une petite bombe à faire de mer en vos mains ? C'est sensoire, alors quand est-ce qu'elle va exploser ? Comment est-ce qu'on peut aider un enfant impulsif à mieux se réguler ? L'impulsivité, c'est quoi ? Si on s'attarde quelque peu à la définition de l'impulsivité, on peut dire qu'elle représente le caractère irréfléchi d'une personne ou d'une conduite. Concrètement, l'impulsivité, c'est un manque d'autocontrôle qui amène les enfants à réagir rapidement, qui les empêche de réfléchir avant d'agir et qui souvent les amène à réagir fortement. face à une situation ou une émotion qui est négative.
- Speaker #2
Donc, si on peut dire, c'est que la différence entre ça et l'impatience, parce que ça peut être mélangé un peu, c'est que l'impatience, c'est beaucoup plus réfléchi, ça ne tente pas d'attendre, puis tu choisis de ne pas attendre.
- Speaker #0
Hein ?
- Speaker #2
Alors que l'impressivité, c'est un peu, tu agis sans réfléchir aux conséquences. Exactement. Tu le fais, soit verbalement, soit en action.
- Speaker #0
Oui, puis... pour l'avoir vécu toi aussi, c'est souvent des enfants, on a des adultes aussi, mais souvent, il y a des enfants qui, après coup, vont regretter aussi. Parce que ça sort comme ça, c'est pas toujours gentil, ça vient de leur fond intérieur, souvent, ça sort, puis souvent, il y a une grande période de tristesse par la suite, parce qu'ils sont pas fiers non plus.
- Speaker #2
Non, puis tu sais, il reste, quand tu dis une grande période, ça peut être... Mettons qu'on est dans la classe, ça peut être le reste de la période et encore...
- Speaker #0
La journée.
- Speaker #2
La journée, le temps que le switch se passe. Donc, ça peut être long. On en reparlera tantôt, mais moi-même, toi, à d'autres niveaux, on a un peu de ça en nous, donc on sait de quoi on parle par rapport à ça et ce que ça peut amener comme conséquence. Exactement. C'est ça, donc c'est pas tout. Puis ça, c'est quelque chose qu'il faut être capable d'en venir à... à l'affirmer ou à le confirmer, à se l'avouer, qu'on n'a pas toujours le filtre, ou qu'on n'a pas toujours le mécanisme de se restreindre, de passer à l'action sans réfléchir aux conséquences, comme on disait tantôt. Puis ça peut être confrontant.
- Speaker #0
C'est très confrontant, puis ça ne veut pas dire qu'on le sait non plus. Parce que surtout les enfants, ils ne savent pas nécessairement ce qui se passe, c'est après coup qu'ils réalisent.
- Speaker #2
C'est ça, puis avec les jeunes, souvent il faut... Il faut le ramener à comprendre pourquoi c'est important d'attendre, qu'est-ce que ça pourra amener d'attendre, parce que sinon, il n'y a pas d'intérêt de savoir là ou je veux ça là.
- Speaker #0
Bien oui, bien oui. Puis, tu sais, on a un bon exemple là-dessus, on en parlait. Tu sais, un feu, un feu ça brûle. Donc, un feu, ça peut tout détruire sur son passage, mais si le feu, on le canalise, on le ramène à... Un endroit où il y a le droit de brûler, comme dans un foyer, et là, le feu est positif. En théâtre, si on arrive à canaliser l'impulsivité de l'enfant, ça ne peut qu'être positif, mais il faut que ce soit encadré.
- Speaker #2
C'est ça, parce que le feu, dans un foyer, on va préchauffer, on est bien, avec un bon café, ou autre chose. Et, tu sais, il nous éclaire, tu sais, c'est réconfortant. Puis le théâtre, bien, tu sais, quand tu parles que c'est un peu comme la même chose, qu'il faut l'encadrer, bien, c'est ça. Tu sais, au théâtre, tu peux pas dire ce qui te passe par la tête quand ça tente.
- Speaker #0
Non, c'est ça, exactement. Mais par contre, ces enfants-là sont d'excellents acteurs dans une situation où on doit improviser, on doit tout de suite réagir. C'est les premiers, ils sont capables de le faire. Mais ça a été travaillé en amont et ça a été amené de façon positive. Donc, ils savent quand c'est le bon moment, ça se travaille.
- Speaker #2
Oui, oui. Parce que ça, je le vois, tu sais, je suis en train de faire de l'impro avec plusieurs de mes classes, puis j'ai des jeunes qui, sans tout connaître les problématiques, je vois bien que c'est très impulsif, c'est très TDAH ou peu importe. Puis ceux qui arrivent à comprendre... Les bases de l'improvisation, personnages, jeu, temps, action et tout ça, vont amener quelque chose de « wow » dans l'impro, vont amener ce petit plus, cette petite magie, alors que ceux qui font juste « ok, je peux libérer mon côté impulsif, puis ok » . Ils sont à l'aise, mais ça ne veut pas dire que c'est intéressant.
- Speaker #0
Non, puis là, tu vois, l'impro, on en parle souvent, mais comme il y a un cadre, c'est calqué sur le hockey. D'ailleurs, ça vient d'ici, au Québec, si vous n'étiez pas au courant. Donc, c'est calqué sur des règles de hockey. Donc, quand on implique les règlements et qu'on les fait suivre à la lettre, ces règlements-là, exemple, ne pas parler, un manque d'écoute sur le banc, quand tu parles et que ce n'est pas le bon moment, il y a des pénalités. C'est des enfants qui arrivent à très très bien évoluer dans un cadre comme celui-là, avec des règles bien précises, qu'il faut vraiment mettre, comme dans la vie, mettre en place quand c'est le bon moment, mais qui au moment où ils vont jouer, ça sort, c'est juste wow Quand ils ont compris, quand ils ont essayé, qu'ils ont fait « ok, c'est ça qui se passe » , c'est incroyable,
- Speaker #2
c'est ça. Mais tu sais, parce que souvent on entend improvisation, on a l'impression « Ah, on peut faire ce qu'on veut » . Non, il y a le cadre. Quand on parlait du théâtre, puis on parlait du feu, c'est toutes les images qui se rejoignent. Il faut que ce soit dans ce cadre-là. Et c'est sûr que pour les jeunes, c'est davantage difficile à ce niveau-là, des fois, d'avoir le référent ou de se contrôler, parce que si vous ne le saviez pas, le cerveau des enfants est encore... Un grand développement à ce niveau-là, particulièrement les zones liées au contrôle des impulsions. Donc, c'est juste logique. Souvent, on entend parler du jugement, que ça vient juste à l'âge adulte. Et encore, il y a certaines études, pour exemple, qui parlent plus de 25 ans et même encore. Oui,
- Speaker #0
j'en connais, qui sont très vieux,
- Speaker #2
tout ça. C'est ça. On connaît tous des exemples. Mais c'est ça, on me disait tantôt, on l'a vu au quotidien, puis je m'en suis beaucoup rendu compte moi ces dernières années à essayer de travailler ça, à essayer de prendre, ok, compter un, deux dans ma tête avant de sortir quelque chose. Parce que tantôt tu parlais des jeunes qui regrettaient, souvent regrettaient d'avoir dit des choses. C'est pas nécessairement que je regrettais le propos, mais je regrettais de la manière que ça a été dit, les mots qui ont été employés pour vouloir dire la même chose. pas reçu. De la même façon, oui.
- Speaker #0
Mais des fois, c'est les propos aussi. La possibilité, quand ça sort, ça sort. Mais c'est juste que les enfants, on n'est pas obligés de tout leur expliquer non plus, mais si on leur met un cadre, je sais que je me répète, mais ça peut tellement être possible. Ça peut tellement être bien. Puis les arts, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? C'est bon pour toutes ces affaires-là.
- Speaker #2
Voilà. Puis, tu sais, quand tu parles de cadre, tu sais, moi, j'avais il y a quelques années, on en a parlé. Des fois, je travaillais beaucoup au niveau de l'utilisation des écrans et je posais la question aux jeunes du troisième cycle, donc 10-12 ans, qui a un cadre défini à la maison pour l'utilisation, que ce soit en temps ou en contenu. Et ça dépendait des milieux, mais je dirais que c'était très variable. Des fois, il y en avait très peu, d'autres quand même une bonne proportion. Mais quand je demandais, c'est là que les parents pourraient être surpris des fois, qui croient qu'ils pourraient... bénéficier d'un cadre, même si ça ne fait pas toujours leur bonheur, une vaste majorité des mains, je dirais près de 80%, levé la main parce qu'ils viennent à comprendre qu'ils en ont besoin de ce cadre-là, qu'ils ne sont pas capables de se réguler eux-mêmes. C'est là qu'on rejoint l'impulsivité à ce niveau-là. C'est ça, le cadre, comme dans tout, vient vraiment aider. Puis le théâtre est un des meilleurs endroits pour ça, pour...
- Speaker #0
Oui, je sais. Donc, nous en arts dramatiques, ce qu'on fait au niveau de l'enseignement, c'est qu'on apprend à attendre avant d'exploser. On développe l'écoute parce que c'est ça, comme tu disais tantôt, on ne peut pas parler n'importe quand. Si on est en train d'apprendre des textes, il faut apprendre à écouter l'autre pour savoir quand est-ce que c'est notre temps de parler. Et non seulement ça, mais d'apprendre à recevoir l'énergie, l'émotion de l'autre pour pouvoir dire sa phrase, sa réplique. Avec l'énergie que le personnage doit avoir,
- Speaker #2
mais pas que ce soit décalé,
- Speaker #0
non, mais en réception de l'autre, c'est important. Donc, reconnaître les émotions à la base, c'est ultra important, que ce soit nos émotions ou les émotions de l'autre, ça fait une différence. Parce que déjà, si on se constate dès les premiers mots, dès le premier regard, avec du ressentiment que, oh, on voit que chez l'autre, il y a quelque chose qui se passe. Un sentiment de « je ne me sens pas bien » , de colère, c'est de faire tout de suite un « oh, attends, je pense que je suis en train de déceler quelque chose » . Déjà là, on peut mettre un arrêt. Il y a toutes sortes d'autres choses, de transformer l'énergie en expression, vivre des succès, respecter le cadre, on n'arrêtera jamais d'en parler. Puis ça, ça crée des nouvelles expériences qui sont positives.
- Speaker #2
Au niveau de la volale, ces nouvelles expériences-là, ça crée des nouvelles connexions. Et plus on les répète, on se répète, mais c'est ça, d'un nouveau placité, plus on les reproduit de différentes façons, les chemins se solidifient, les chemins deviennent plus la route principale, la route naturelle de comment les jeunes vont réagir par le sud, comment ils réapprennent parfois à agir.
- Speaker #0
Est-ce que c'est toi qui m'as montré ça ou j'ai déjà vu ? Puis ce serait quand même intéressant si j'arrivais à mettre la main sur cette vidéo-là, que tu vois des neurones, je pense, qui sont… En tout cas, ça a été… c'est au microscope, c'est tellement petit. Puis je pense que si au moment où ils apprennent quelque chose, ça fait clic et on les voit se… c'est comme se loquer, se barrer. C'est pas toi qui m'as montré ça ? Je vais le trouver sinon, mais c'est très intéressant.
- Speaker #2
Je sais ce que tu veux dire, mais je pense pas que c'est moi qui t'avais montré ça, mais c'est ça, c'est des connexions. Des pompes sodium potassium en terme scientifique, c'est ça. D'accord. Moi, j'avais un prof au cégep, pas au cégep, à l'université, que pour lui, la vie ne se résumait qu'à ça. Des pompes sodium potassium, je repasse toujours la ligne.
- Speaker #0
Bien,
- Speaker #2
je l'apprends. C'est ça que je disais. Mais c'est ça, c'est les connexions qui se font. Puis, tu sais, il y en a un paquet de connexions. Il y a des dizaines de milliards.
- Speaker #0
Mais c'est ça, quand on les voit, c'est parce que moi, l'an dernier, j'enseignais à des premières années, vraiment, j'enseignais le CCQ, j'en faisais beaucoup, et je leur ai montré ça. Et là, ils ont compris quand je dis « oui, mais là, t'es neurone » , j'ai montré, c'est pas long, mais on les voit qui se promènent, puis ça vient s'accrocher, puis là on fait « j'ai vu quelque chose, c'est le mien » . Après, bref, fin de parenthèse.
- Speaker #2
C'est ça, ça rejoint ce qu'on disait tantôt par rapport aux besoins, que l'enfant comprenne le besoin, le pourquoi. qu'on leur demande d'attendre. Pourquoi ? Tu sais, pourquoi ? Tu sais, parce qu'on est presque quotidiennement en milieu scolaire, tu es en train d'essayer de répondre à un, il y en a trois autres qui t'envahissent et qui te répondent et qui essaient de parler par-dessus pour eux avoir leur réponse à eux. Tu as beau faire, tu sais, mettre un doigt ou mettre une main pour dire stop, attends une minute, peu importe, qui se ressent, qui rembarque.
- Speaker #0
Moi, j'avais montré quelque chose à mon garçon quand il était tout petit, puis vraiment, ça a changé la dynamique pour tout le monde. Quand il voyait que je parlais avec quelqu'un, puis qu'il voulait me dire quelque chose de bien important, il ne voulait pas l'oublier, je lui ai dit « mets ta main sur mon poignet » . Quand j'avais sa main sur mon poignet, je savais qu'il voulait me parler. Je continuais, puis après ça, je lui avais dit « Lucas, qu'est-ce que tu veux me dire ? » Et là, lui, il savait que je l'avais vu, parce que c'est important, même si on leur dit « attends, eh ! » Sa main est là, je finis ma conversation et là je suis à toi. Moi je ne peux pas l'oublier parce que sa main est sur mon poignet. Lui, il peut me dire, c'est sûr que quand on en a 31, on n'aurait jamais assez de deux bras pour avoir toutes les mains. Mais un à un ou deux enfants, ça se fait très bien. Puis pour vrai, ça calme l'impulsivité d'un côté, parce qu'il sait que, OK, elle sait que ma main est là, puis tant que je ne l'aurais pas à lever. elle va devoir me répondre. Puis moi aussi, de mon côté, ça me dit « il ne faut quand même pas que je l'oublie » .
- Speaker #2
Il y a un autre petit truc qui est un peu lié à ça, c'est que pour ceux qui ont, parce qu'il y a des enfants et même des adultes, qui vont dire « oui, mais je vais oublier ce que j'ai à dire » .
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #2
Donc, c'est peut-être les amener à prendre l'habitude de prendre une petite note sur un petit tapis ou autre, qui va leur faire « ok, tu sais, point principal, ah oui, j'allume et je me souviens de ce que je voulais dire » , parce que c'est ça aussi le problème, c'est que souvent... Ils ne veulent pas attendre plus parce qu'ils savent qu'ils vont louvrier. Mais oui,
- Speaker #0
mais oui, mais nous sommes des humains. C'est ça,
- Speaker #2
au niveau d'attention, il ne s'en va pas s'améliorer en général. Puis ça, ça m'amène d'ailleurs un peu à l'autre comparaison qu'on peut... Donc on peut évoquer, puis je suis sûr qu'il y a plusieurs de nos auditeurs qui connaissent ou qui ont déjà entendu parler de ce test-là, le fameux test de la guimauve.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Où tu voyais, bon, on a vu des versions plus récentes là où tu t'enfermais un enfant avec... Enfermé,
- Speaker #0
mais où il s'en allait ? Ah non,
- Speaker #2
bien dans une pièce là, mais il n'était pas, c'était pas par un double tour là, c'était juste, il était dans une pièce seule, on le laissait et on disait, voici une guimauve. Puis au bout de tant de temps... Tu as des enfants de 4 ans. 4-5 ans en tout cas. Mais si tu ne la manges pas dans les prochaines minutes, X minutes, tu vas en avoir une deuxième. Mais l'expérience initiale qui a été faite, et en science, ce n'est généralement pas quelque chose que tu le fais une fois et ça devient la vérité. Tu fais quelque chose de reproduit, tu le vis sur un tel. À Stanford, fin des années 60, début des années 70, il y avait suivi 550. enfants de 5 ans. Et il ne leur avait demandé pas, et peut-être à l'époque c'était moins pire, 4-5 minutes, d'attendre 15 minutes.
- Speaker #0
Quel âge pour les enfants ?
- Speaker #2
5 ans. D'attendre.
- Speaker #0
Avec toujours la guimauve.
- Speaker #2
Toujours la guimauve. Et ce qui est le plus intéressant dans ce qu'ils avaient pu observer, pu découvrir, c'est non seulement, bon, il y avait une certaine proportion qui attendait, d'autres non, mais ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont suivi ces enfants-là par la suite. pendant un bout de temps, pendant un certain temps. Et ce qu'ils ont découvert est assez fascinant. Ce qu'ils ont découvert, c'est que les enfants qui n'étaient pas capables de contrôler l'impatience... Oui,
- Speaker #0
parce qu'il y en a qui... On l'a vu dans les vidéos. Il y en a qui le mangent, il y en a qui le sentent. Il y en a qui font juste goûter un petit peu. On avait... Excuse-moi, là. Mais c'était tellement drôle. Il y en a, je pense, une petite fille qui avait mangé tout l'intérieur en pensant que les parents ou la personne qui faisait le test n'allait pas se rendre compte.
- Speaker #2
C'est quand même un jeu nu, mais bon, continue. C'est ça. Mais tout ça pour dire que ceux qui n'avaient pas réussi à attendre ce temps-là, c'est des enfants qui, au fil des années, ont développé en vieillissant beaucoup plus de problèmes de dépendance, de tout ça. De problèmes de santé, de problèmes, bien, je ne dis pas de problèmes, mais d'avoir des études moins longues, souvent associées au niveau de vie, au niveau de salaire. Et donc... Et aussi, ce qui est intéressant, parce qu'on a parlé beaucoup dans un couple d'épisodes précédemment, de confiance en soi. Il y avait moins de confiance parce que, tu sais, « Non, je ne serais pas capable d'attendre, etc. » Et ça, c'est intéressant. Et ça, on peut faire un grand parallèle avec, quand on parle de dépendance, avec celle qui nous afflige beaucoup présentement dans la société. Les écrans. Les écrans. On l'a vu en Suède, qui ont commencé à réduire, à ressortir. qui avaient été les précurseurs de l'utilisation des écrans dans les écoles, aillent sortir et de voir à comment le test de la guimauve est une bonne comparaison avec ça. Les réseaux sociaux, on n'est pas capable d'attendre. On a des notifications qui viennent à nous, puis « Oh Je suis capable d'attendre » Non, Si on le voit avec tout autant les adultes que les jeunes, moi-même, à un moment donné, j'avais mon téléphone dans ma poche arrière. J'étais rendu à un point que je m'imaginais parfois, je croyais que mon téléphone m'avait encore vibré. Alors que non. Alors que non, j'étais tout le temps en train de regarder, j'ai fait « wow, minute là » .
- Speaker #0
Mais en tant qu'adulte,
- Speaker #2
on peut en venir avant que ça déborde, à se gérer, à trouver des solutions. Mais c'est sûr que pour un jeune, il va falloir l'accompagner là-dedans. Mais là tu vois,
- Speaker #0
ça m'amène à penser à... C'est la solution souvent facile d'un adulte de donner la tablette, donner le cellulaire, parce que ça calme l'enfant. Tout le monde est plus calme, sauf que là, ce qu'on se rend compte, c'est qu'il y a des répercussions plus tard. Donc, de donner tout de suite quelque chose au lieu d'attendre à patienter, on le disait tantôt, il pleure, on lui donne tout de suite ce qu'il a besoin, ce qu'il veut, ce qu'il peut, peu importe. D'aller le... Donc, calmant un besoin sur le coup, on est en train de créer d'autres choses pour plus tard, négativement.
- Speaker #2
Quand tu dis qu'il pleure, on lui donne ça. C'est ça. L'enfant, inconsciemment, va associer « ok, je pleure, je vais avoir ça » .
- Speaker #0
Oui, ça veut dire que plus tard, on est en train de créer peut-être par nous, les adultes, cette espèce d'impulsivité-là qui, toute réserve, aurait pu être peut-être évitée. Si dès l'enfance, dès la base, on n'avait pas été si prompt à combler un besoin que l'enfant avait.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Ou un moment. On le dit souvent dans le développement du cerveau chez les jeunes enfants. L'ennui est essentiel.
- Speaker #0
Oui, bien oui. C'est dur comme parent, parce que tu sais, quand on a un chat qui passe notre petit temps, on dit « Allez, chez nous, on en peut plus » On est sur le bord de notre petit-débé, mais non On résiste, mais ils disent... Je suis en train de comparer les enfants à des minets. Non, mais c'est pas ça que je dis, là. Mais moi, j'ai le droit parce que je suis en théâtre, je suis une comédienne. Non, mais c'est vrai, ils disent. Non, non, non, c'est un peu le même principe. Dans le sens que si on attend, si on est patient, si on arrive à mettre de côté notre impatience nous-mêmes face à ces... Demande insistante que ça vienne du milieu ou de l'enfant. Non mais, je pense que c'est pour le mieux.
- Speaker #2
C'est ça. Et c'est peut-être pas y aller du tout au rien. C'est y aller comme dans d'autres choses progressivement. Que ce soit pour obtenir un moment de votre attention, que ce soit pour avoir eu le temps d'utiliser la tablette ou peu importe. C'est pas dire « Ok, dans deux heures tiens, on va voir » . D'un coup, c'est de y aller progressivement. Si vous avez un souci par rapport à ça, de voir à comment, petit à petit, on étire un petit peu la sauce. De justifier encore là, tu vieillis, tu vas être capable d'attendre davantage, etc. Mais c'est ça, il faut, comme on disait tantôt, que les enfants comprennent. S'ils ne comprennent pas...
- Speaker #0
Non, c'est ça, ça ne fait pas de sens.
- Speaker #2
Ça ne fait pas de sens, parce qu'on le disait. Le cerveau a besoin de comprendre, ils n'ont pas la capacité de jugement, de tout analyser ce qu'on a. Puis, tu sais, ce qui est vrai et ce qui n'est pas vrai, tu sais, ça va de l'âge de 8 à 14 ans. Donc, rendu à l'adolescence avant que le cerveau cache tout ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux vraiment dire qu'il y a des enfants de 14 ans qui croient encore au Père Noël ?
- Speaker #2
Peut-être pas sur ce bout-là, mais il y a bien d'autres affaires qui vont peut-être...
- Speaker #0
s'imaginer qu'ils ont des peurs.
- Speaker #2
Oui, oui, oui, je comprends. C'est ça. On en est pas mal là. Mais ça, on le voit donc beaucoup, je dirais, de manière croissante au niveau scolaire. Oui.
- Speaker #0
On achète la paix souvent. D'acheter la paix, ben, ça ne nous amène pas la paix plus tard. Ça ne nous amène pas la guerre non plus. C'est pas trop produit. Mais ça amène la paix temporairement, mais bref, c'est pas possible.
- Speaker #2
Donc, qu'est-ce qu'on peut faire avec eux pour essayer de les amener progressivement à pratiquer ?
- Speaker #0
Rien, il n'y a rien à pratiquer. Ah, il n'y a rien à pratiquer. OK, bien, on a terminé. Non, mais on peut faire des jeux de théâtre que j'aime bien, mais c'est juste de se dire, « Hey, on va se prendre un cinq minutes de… » On n'est même pas obligé de dire, on va faire du théâtre ou de l'impro. On est autour de la table, puis on joue à un jeu ou on parle en famille de la journée ou peu importe. Ça peut être des moments qui sont déjà placés dans votre horaire, on soupre ensemble, et là, on se dit, OK. Là on parle, mais avant que ce soit quelqu'un d'autre qui parle, on attend trois secondes dans notre tête. Donc, on fait un exemple ?
- Speaker #2
Bien,
- Speaker #0
je suis contente que tu aies compris ce que je voulais dire.
- Speaker #2
Mais là, tu sais...
- Speaker #0
Hé Ton trois secondes Ok, on avait fini, ok, c'est bon Tu sais,
- Speaker #2
là c'est un exemple bien banal, mais... Le fait est que c'est qu'après ça, on peut amener l'enfant à comprendre qu'on ne va pas dire les mêmes mots, on ne va pas utiliser la même façon de s'exprimer en ayant pris le temps, pris cette pause. Et on le fait déjà naturellement, mais je suis ouvert, en tout cas du moins en tant qu'enseignant, en intervenant dans les jeux scolaires, de « ok, va respirer pendant une année, va te calmer, va te donner des moyens. Après ça, on en discutera parce que sinon, ça sort tout croche, ça sort… »
- Speaker #0
Mais là, ça m'amène à quelque chose, Charles.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Caroline, si on a même les enfants dans ce jeu-là d'attendre trois secondes avant de parler, j'ai l'impression que dans le cerveau, on est peut-être en train de placer quelque chose. Parce que là, on attend. Je vous le dis, c'est sûr, sûr, sûr que les deux, trois premières fois, ça ne sera pas un succès. Ce n'est pas grave, on continue. convaincu qu'à force de le faire, il va se placer quelque chose dans la tête ou à un moment donné, les jeunes comme les moins jeunes, de prendre un temps des fois avant de répondre. C'est sûr que trois secondes, il est long, je pense. Mais éventuellement, ce sera peut-être une seconde, mais dans la vie de tous les jours, j'ai l'impression qu'il va y avoir quelque chose qui va avoir été appris et intégré.
- Speaker #2
Bien sûr, on fait du bête avec ça.
- Speaker #0
Et voilà
- Speaker #2
Donc, la semaine prochaine.
- Speaker #0
Mon Dieu, oui, la semaine prochaine.
- Speaker #2
Parlant de cerveau et de neurones, on va voir la puissance du jeu. Le jeu, en général, pourquoi chez les enfants, c'est aussi un besoin neurologique et pas juste d'étente ou d'amusement. C'est si important.
- Speaker #0
Effectivement. Et puis moi, de mon côté, je vous invite le 31 mai 2026, si vous avez un petit dimanche tranquille, on sera au cinéma de l'œil. Parce qu'au cinéma de l'œil, c'est l'apothéose, ça va être le spectacle de la session de théâtre printemps 2026 et les films des enfants, des groupes qu'on a tournés cet hiver. Donc on va avoir un beau spectacle, on ne sait jamais.
- Speaker #2
À partir de 4 ans, les jeunes.
- Speaker #0
Oui, à partir de 4 ans, ça va être vraiment, c'est un bon moment à passer. C'est de 9h30 à 11h30. Et puis, on ne sait pas, peut-être qu'il va y avoir un déclic.
- Speaker #2
Juste à inviter notre site web et à nous écrire pour ça. Puis d'ailleurs, on a vu un bon exemple hier. On avait un papa qui disait, « Hey, on peut-tu y aller, même si mon enfant n'était pas là ? » Parce qu'il disait, « J'ai l'impression que ça pourrait l'amener à avoir un déclic et aller chercher quelque chose. »
- Speaker #0
Oui, on vous invite, venez faire un tour. Vous allez passer quand même un bon moment. S'il n'y a pas de déclic, il n'y a pas de déclic, mais il va peut-être se faire plus tard aussi. Studio 146, on va essayer. Alors,
- Speaker #1
bonne semaine. Bonne semaine. Après elle a se laisser dire, elle tremble sur la réplique Son coeur court, sa gorge pique, on lui dit regarde-moi Tout à coup elle ose la voir, il improvise, il se trompe Mais le rire brise la honte, force de jouer quelqu'un Il découvre qu'il vaut bien plus qu'il ne croit. Scènes et neurones, ça bouge là-haut. Démons qui tournent dans leur cerveau. Ils apprennent à vivre en jouant des rôles. La calmage qui serre le dos. Scènes et neurones, les cœurs sont pleins. La peur s'incline leur main dans la...