- Speaker #0
Encore là, dans certains contextes, il y en a qui vont comme être... Moi, je me décris comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je rentre dans une place, je prends toute la place, on sait que Charles est là. Je suis comme ça. C'est pas tout le monde qui est comme ça. Puis il a fallu que je travaille énormément là-dessus, dans mon approche, justement pour être capable d'amener ces jeunes-là à prendre la place qu'ils veulent avoir.
- Speaker #1
Dans le noir de la salle, une voix qui s'emballe, un enfant qui respire, prêt à se laisser dire. Elle tremble sur la réplique, son cœur court, sa gorge pique, on lui dit regarde-moi. Tout à coup elle ose la voix, il improvise, il se trompe mais le rire brise la honte. Ta force de jouer quelqu'un Il découvre qu'il vaut bien plus qu'il ne...
- Speaker #2
Bonjour, mon nom est Caroline Bernard. Je suis comédienne, enseignante en arts dramatiques depuis un peu plus de 25 ans et je suis propriétaire du studio Catarsis.
- Speaker #3
Bonjour, je suis Charles Perroud. Je suis biochimiste de formation, enseignant de pleine conscience basé sur la neuroclassicité du cerveau et également enseignant d'arts dramatiques au primaire.
- Speaker #2
Ton enfant n'a peut-être... pas peur de monter sur scène. Il a peut-être surtout peur de ce que les autres vont penser de lui et si la scène pouvait justement lui apprendre à apprivoiser ce regard. Alors aujourd'hui, on va tenter de faire réaliser aux enseignants, aux parents, aux gens qui entourent les jeunes, de ce qu'ils peuvent ressentir les jeunes, qu'est-ce qu'ils peuvent avoir qui peut les empêcher d'avancer. par peur du jugement. Des fois, c'est des petites choses qu'on ne peut même pas soupçonner. On va essayer de démystifier tout ça. Et je suis en compagnie d'un super invité qui est TES depuis maintenant 10 ans, qui s'appelle Charles. Bonjour, Charles Salut,
- Speaker #0
Caroline
- Speaker #2
Est-ce que tu peux nous expliquer, mis à part être un TES, qu'est-ce que tu fais d'autre dans la vie ? Pourquoi, nous, on t'a choisi pour venir ici ?
- Speaker #0
Ah Pour mes multiples talents. Selon certains, parce que je suis meilleur que d'autres. Je ne vais pas nommer de nom par respect, mais... Oui, oui. Je t'ai parlé de mon expérience aussi. J'ai fait du théâtre beaucoup au secondaire. J'aime beaucoup l'improvisation. J'aime l'humour, le cinéma. C'est varié. J'aime beaucoup les choses. Puis, pour en avoir vécu, je ne sais pas honnêtement pourquoi.
- Speaker #2
Mais parce que tu es bon. Moi, je t'ai vu aller. Moi, je t'ai vu aller. C'est ultra artistique. Puis tes interventions auprès des jeunes sont... Ce que j'ai vu, ça sort de l'ordinaire, mais c'est tellement... Tu sais, dans le sens que j'ai vu des façons que tu as d'interagir avec les jeunes et de t'adapter à chaque jeune. Tu ne fais pas la même affaire avec tout le monde. Tu es très ouvert.
- Speaker #0
Je fais un forfait individualisé. Je l'adapte vraiment à la personne que j'ai devant moi. Puis autant, quand c'est le temps d'être sérieux, je vais être sérieux, mais autant que c'est rare, tu vas voir un grand monsieur costaud, barbu, arriver avec une perruque blonde, une couronne sur la tête et partir dans son personnage.
- Speaker #2
Oui, et une barbe bleue aussi que j'ai déjà remarquée.
- Speaker #0
Oh my God À Noël, oui Oui Faut pas me dire que t'es pas game.
- Speaker #2
C'est ça. Et pourtant, je t'ai déjà dit que t'es pas game de te raser la barbe et ce n'est toujours pas fait. Bref...
- Speaker #0
Ça voit-tu, c'est l'exception à la rime.
- Speaker #2
Tu es sans mots.
- Speaker #0
Non, je suis avec Barbe.
- Speaker #2
Ah Un jour, je vais y arriver.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
Mais tu m'as dit que je voulais qu'il arrive. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. Oui, oui, oui, que je perde mon double menton. Je vais l'assumer. Ça se voit pas.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai que ça se voit pas. OK, bon, OK, bon. Alors, maintenant, on est plus sérieux. Donc, oui, on t'a choisi pour toutes ces belles qualités-là. Merci. que j'ai vu aussi. Puis, pour le sujet qu'on a choisi aujourd'hui, on est vraiment dans les jeunes, le jugement qu'ils ont envers eux-mêmes, la peur du jugement des autres, le fait qu'il y ait de la difficulté à être eux-mêmes. Nous, on va le ramener au théâtre, c'est sûr. Mais on s'est aussi rendu compte que des fois, nous, comme adultes, on ne se rend pas compte, on est des bonnels pour les enfants, mais on a, nous aussi, certaines limitations. Parce que nous aussi, on a peur d'être jugés, puis ça peut provenir de l'enfance, ça peut ne pas provenir de l'enfance aussi, mais je me demande jusqu'à quel point, tu sais, les adultes dans un milieu, disons scolaire, où... à la maison peuvent avoir une influence sur l'enfant. Donc là, j'imagine que tu as peut-être des exemples, tu as peut-être quelque chose là-dessus, ou ce que tu me dis. Effectivement, j'ai déjà remarqué que, mettons, un adulte qui est plus ouvert d'esprit, qui a moins peur du ridicule, fait en sorte que les jeunes ne sont plus portés à s'ouvrir. J'imagine que juste avec toi, parce que toi, clairement, le ridicule, tu ne le sais pas, tu l'as compris. Est-ce que tu sens que les jeunes sont plus ouverts ou ils vont plus oser avec toi ?
- Speaker #0
Ça va dépendre du contexte. Parce qu'au début, la peur du jugement est aussi de leur côté. Parce qu'eux se font une impression de moi après ma mort. Ça va dans les deux sens. Il faut que je leur montre que je ne suis pas juste un grand barbu qui parle tout le temps fort et qui est frustré. Je suis aussi... Quelqu'un qui aime rire, s'amuser, malgré le fait qu'on est dans un contexte où il faut quand même garder un certain cadre et une limite.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Dès que je peux sortir de cette limite-là, je le fais.
- Speaker #2
Oui, parce qu'à l'inverse, si tu es toujours « wouhou » , bien là, c'est peut-être…
- Speaker #0
C'est les collègues aussi qui peuvent être portés à faire « oh, mais là, s'il n'est pas assez sérieux, comment il peut amener nos élèves à l'aile ? » C'est avec tout ça que je dois jongler en même temps dans le cadre de mon rôle, mais oui. J'aime bien être out of the box, sortir des interventions communes.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Parce que ce n'est pas ma tasse de thé.
- Speaker #2
Effectivement. Puis là, en tant qu'adulte, tu es capable d'avoir le regard sur toi, de l'introspection. Mais un jeune, c'est plus difficile d'avoir cette… Ça fait qu'il faut les amener à comprendre, tu sais, cette foutue phrase qui dit « le ridicule ne tue pas » . On ne leur demande pas tous d'être des champions du clou. les entrées clounesques et tout ce qui englobe ça, mais d'arriver à être devant, faire des expos oraux, ça peut être simple. Ou juste poser une question, de ne pas avoir peur de se faire juger.
- Speaker #0
C'est vraiment drôle. C'est vraiment drôle, même nous, adultes. Avec les enfants, ça va être plus facile. Moi, je trouve ça plus facile. C'est un show que je leur donne.
- Speaker #2
Oui, gratis en plus.
- Speaker #0
Bien, techniquement, oui. OK, on va dire gratis. Mais c'est un show que je leur offre, tandis que devant des adultes, c'est plus confrontant.
- Speaker #2
Ok. Fait que tu penses que eux peuvent se limiter face à quelqu'un qui est comme toi ou tu penses que ça peut les aider ?
- Speaker #0
Les enfants que tu parles ?
- Speaker #2
Oui, les enfants. Est-ce que les enfants…
- Speaker #0
Encore là, ça va dépendre de la perception qu'ils ont, la perception que je leur dégage. Parce que j'ai fait plusieurs écoles, puis dans… le contexte n'est pas le même. Il y a des interventions où il faut que je joue plus le rôle de police, que je sois plus dans l'intervention constante et cohérente. Dans d'autres cas, certains élèves vont me voir dans un contexte où j'ai à faire des mesures contraignantes auprès d'un enfant. Si la première impression qu'ils ont de moi à ce moment-là, c'est un monsieur qui va me tenir et qui parle fort, ils ne seront pas portables d'un enfant. D'où le fait que j'aime beaucoup... M'imprégner de personnages, m'imprégner d'être coloré parce que c'est plus confortant de faire face à quelqu'un qui est capable de rire, de s'amuser, que celui qui est tout le temps sérieux. Puis je ne veux pas dénigrer ceux qui le sont tout le temps. C'est leur couleur à eux, leur approche d'intervention. Sauf que moi, je veux être l'intervenant que j'aurais voulu avoir.
- Speaker #2
Oui, OK. Est-ce que tu étais... T'étais aussi up la vie quand t'étais jeune. T'étais-tu aussi, t'sais, let's go, pas grave.
- Speaker #0
J'ai 31 ans. J'ai recroisé une de mes profs de maternelle dernièrement. Elle dit, t'as pas changé, puis tu parles encore autant.
- Speaker #2
OK, donc toi, t'as pas été confronté vraiment à ça, t'sais, d'être toi-même, puis de...
- Speaker #0
C'est au secondaire que ça a commencé. J'ai commencé à avoir plus la peur du jugement.
- Speaker #2
Pourquoi ?
- Speaker #0
Le bassin était plus grand, moins de gens que je connaissais aussi. Fait que c'était plus dur, j'ai trouvé ça plus dur de prendre ma place dans ce cas-là. Mais ça s'est réglé vraiment plus tard, vers secondaire 3-4, où est-ce que j'ai changé de réseau d'amis. J'ai commencé à faire du théâtre aussi beaucoup.
- Speaker #2
Hé là là, là tu fais mon bonheur. C'est en secondaire 3-4 que tu as commencé à faire théâtre,
- Speaker #0
impro ? Impro secondaire 2, mais j'en faisais avec la Maison des jeunes de mon quartier aussi. OK. C'est surtout là que j'en faisais. Non, pas vrai. Au primaire aussi, je faisais de l'art dramatique.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Je faisais beaucoup d'impro. J'adorais ça. J'ai tout le temps aimé ça. Ça m'a... L'humour et compagnie. Tu sais, je reviens tout le temps à ça, mais... Oui, oui. C'est des choses qui m'attiraient beaucoup aussi.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Mais ma première pièce de théâtre, c'était pour impressionner une fille.
- Speaker #2
Ça a-tu marché ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
Ah, zut
- Speaker #0
Je suis sorti avec sa soeur, mais ça... C'était une blague. Mais,
- Speaker #2
OK. Too much information.
- Speaker #0
C'était une blague.
- Speaker #2
D'accord. Mais non, mais c'est correct.
- Speaker #0
Bon, finalement, ça,
- Speaker #2
j'ai... On s'en parle off-camera, OK ? Donc là, OK. Moi, je veux faire le pont. J'essaie de faire un lien. OK, tu fais de l'impro, tu vas faire du théâtre. Et c'est là que... Il s'est passé quelque chose, parce que l'adolescence, c'est pas facile nécessairement pour tout le monde, il y a beaucoup de changements. Qu'est-ce qui a fait en sorte que quand t'as fait l'impro, ça t'a aidé justement à revenir le petit gars que t'étais, qui avait moins de gêne ? Est-ce que t'as un souvenir de « Hey, c'est parce que quand j'étais sur la scène, il y avait de quoi, j'étais pas vraiment moi, j'étais un personnage, ou t'en es foutu complètement, ou les gens se sont mis à rire, mais t'sais, vraiment rire, ça a augmenté la confiance en toi. » que fait la différence ?
- Speaker #0
Un peu de tout, je dirais. Ça a commencé dans un petit cercle avec des gens qui aimaient faire la même chose que moi aussi, des amis. Je me suis planté à quelques occasions qu'on a ri tous ensemble, que les autres se sont plantés, puis je riais aussi de la situation. Quand je dis planté, c'était vraiment juste s'enfarger. C'était pas au sens d'être mauvais complètement. C'est un mélange de tout ce que tu viens de nommer qui a fait qu'à un moment donné, Merci. Ça a débloqué.
- Speaker #2
Puis, bien, tu vois, moi, je réalise qu'il y a des jeunes qui viennent faire du théâtre, qui osent pas, mais tu sais, tu sens que ça leur tente, mais je trouve que quand t'arrives dans une gang qui font déjà du théâtre, du cinéma, les jeunes sont ouverts à la diversité. On dirait qu'ils sont déjà habitués d'être un peu en marge. Puis là, ils se retrouvent ensemble. En tout cas, moi, ce que j'ai remarqué, c'est qu'ils sont très ouverts aux nouveaux qui arrivent. Parce que c'est là qu'ils sont capables, un peu comme tu disais, d'être un peu différents, d'être un peu eux-autres même. Tu sais, s'ils ont le goût de faire des niaiseries, tout le monde en fait des niaiseries dans ce contexte-là. Fait que penses-tu que ça peut aider un jeune qui est gêné, qui est timide, qui a peur du jugement, de se dire « Crite-moi,
- Speaker #0
peut-être » . Je vais revenir souvent à cette phrase-là. Il faut l'adapter à chaque personne.
- Speaker #2
Oui, OK.
- Speaker #0
Parce qu'il y en a qui vont être capables d'en prendre. beaucoup. Si tout le monde se met à rire, à s'amuser, il y en a, il faut prendre ça à plus petit boucher. C'est là qu'il faut adapter l'approche à la personne qu'on a. Parce que si tout le monde, moi, dans certains cas, si le groupe, je vais reprendre ton exemple, j'aurais été dans un groupe où tout le monde était trop intense, ça m'aurait peut-être découragé.
- Speaker #2
Ah, bon, OK.
- Speaker #0
Je comprends. Mais de rentrer dans un groupe où c'est dosé en montagne russe un peu. Là, après ça, une fois que l'intensité pourra remonter, là, je vais être dans le même tramway que les autres, dans le même wagon pour embarquer dans le délire.
- Speaker #2
Je comprends. Puis au niveau de l'accueil, as-tu trouvé que, si on revient à toi, que c'est plus ouvert ?
- Speaker #0
Repose la question, s'il te plaît.
- Speaker #2
Est-ce que tu trouves... Bon, je reviens à ton contexte à toi dans le temps. C'est parce que moi, j'ai vu... J'ai remarqué des jeunes qui arrivent, qui sont timides, ils n'osent pas trop parler, mais ils voient les autres, puis sans nécessairement être en train de jouer, ils voient qu'il y a une certaine, je ne sais pas, légèreté, un certain bonheur à être là, d'enfin être eux-mêmes. Des fois, ça aide, mais on ne parle pas nécessairement dans le jeu, on parle juste dans l'accueil de tout ça.
- Speaker #0
Bien, c'était léger, justement, au début. Moi, ce qui a été parfait, parce que ça aurait été trop intense, ça m'aurait...
- Speaker #2
Ok, tu m'as dit que t'étais arrivé et que tout le monde a des rhumes ou est en train de réciter des trucs en transe. Ah non, ça,
- Speaker #0
ça m'aurait...
- Speaker #2
Ah, ok,
- Speaker #0
bon Je ne l'ai pas vécu tant, ce bout-là, l'extravagance de tout ça. Bon,
- Speaker #2
c'est ça. Peut-être que ça, ça t'aurait freiné.
- Speaker #0
Oui, ça m'aurait freiné, je l'avoue. Mais d'embarquer dans cette légèreté-là, cette folie-là, bien, une fois que... Je me suis embarqué dedans. Je me suis imprégné de cette folie-là. Là, j'ai pu libérer mon potentiel fou, disons-le comme ça.
- Speaker #2
Maintenant que tu as un public de profs, d'élèves, écoute, ça doit être fantastique.
- Speaker #0
Ça dépend des écoles.
- Speaker #2
Écoute, je n'arriverai pas de coincer.
- Speaker #0
Ça dépend des écoles. L'expérience aussi que j'ai eue, tu l'as nommée au début, ça fait 10 ans que je pratique. J'ai commencé en Maison des jeunes, après mon stage. Ça, c'était mon bac à sable où je pouvais libérer ma pleine folie. Puis, encore des jeunes avec qui j'ai gardé un certain contact me rappellent certaines des folies qu'on a faites ensemble. Il y a un toutou qu'on appelait Fwing.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Puis, je veux dire, le fouing, on le conjuguait à toute sauce. C'est quoi le fouing ? Je n'en sais pas encore. OK,
- Speaker #2
je ne voudrais pas te poser la question. C'est comme fouing
- Speaker #0
Je finissais mes phrases, puis...
- Speaker #2
Et fouing.
- Speaker #0
Mais les jeunes embarquaient dans ma folie aussi. Bien oui,
- Speaker #2
je comprends.
- Speaker #0
Certains trouvaient ça plus difficile de me suivre, mais j'avais une collègue aussi avec qui je travaillais qui apportait un peu l'équilibre plus calme que ma folie.
- Speaker #2
Ah
- Speaker #0
On se complétait vraiment bien. Quand j'ai commencé au scolaire, ça a été toute une autre game. L'adulte aussi, il faut qu'il te fasse confiance dans tout ça. Tout est interrelié. Si l'adulte ne comprend pas ta folie, ton approche, le groupe va le ressentir et il ne te ressuivra pas.
- Speaker #2
Oui, je comprends. Effectivement, ils vont te voir comme un clown.
- Speaker #0
Puis avec l'expérience que j'ai prise au cours des années, parce qu'en début de carrière, c'est comme on t'apprend les méthodes sérieuses, t'es by the book, tu es les contextes. Puis, attends, ça fait depuis 2019, je suis au scolaire. Depuis trois ans, je me dis « Hey, je vais libérer le kraken puis être vraiment l'intervenant que je veux être. »
- Speaker #2
Avec ta couleur à toi.
- Speaker #0
Avec ma couleur à moi. Puis c'est pas facile de suivre ma couleur tout le temps.
- Speaker #2
Non, mais je comprends. Je veux dire, je te... Je te vois aller, puis je me retrouve moi aussi. Moi non plus, je ne suis pas facile à suivre.
- Speaker #0
Mais par contre, autant que les enfants savent que je peux embarquer dans des délires, mais écoute, juste cette année-là, avec des sixièmes annonces, c'était peut-être un concours de prank.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
On s'était ciblé. Il fallait réussir à faire le plus de prank possible sans que l'autre s'en rende compte. On s'était donné cinq jours. La prof, au début, n'était pas sûre. Mais quand je lui ai expliqué que ça ne serait pas dans le contexte de classe, elle les a même aidés.
- Speaker #2
Ah, mais c'est ça.
- Speaker #0
C'était magnifique, mais c'était le brin de folie que j'apportais. Puis, écoute, comment on va dire ça ? Je suis tombé en arrêt maladie parce que je me suis blessé, je me suis fait une entorte. Puis, j'ai une enseignante qui m'a rapporté les paroles de son élève. Charles apporte la couleur qu'on a besoin dans cette école-là. C'est ça que j'essaye d'apporter comme personne, comme intervenant. Puis, bien, j'aime ça. J'aime ça aussi.
- Speaker #2
Ah, ça paraît ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Puis, tu sais, le brin de folie que tu amènes, est-ce que tu penses que les enfants qui ont peur du jugement, le fait que tu les amènes dans une espèce de monde foufou qui sort du cadre, est-ce que tu en as vu ? Tu en as-tu vu qui ont émergé ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Ah,
- Speaker #0
ben Mais ce brin de folie-là que j'apporte a permis à certains enfants... d'entrer en contact avec moi, d'amener leurs difficultés, leurs pages de jugement, parce que chez les tout-petits, on ne le voit pas. Mais plus on grandit, plus effectivement ça rentre. Puis souvent, je leur fais comprendre, « Hey, t'as raison, je te comprends. » Puis là, ils se retrouvent confrontés face à l'adulte, « Me comprends. » Oui, puis après ça, selon les défis de chaque personne, j'essaie de leur apporter à la petite bouchée certaines choses pour les voir émerger. Puis ça crée des très belles choses.
- Speaker #2
Oui, parce que c'est ça. Comme tu dis, c'est un pas à la fois. Tu sais, c'est pas une switch on off, là. Tu sais, la confiance, tout ça, c'est vraiment comme... On avait un exemple, un demeure. Tu sais, tu y vas un pas à la fois, une petite affaire à la fois, puis tu goes. Mais encore là,
- Speaker #0
dans certains contextes, il y en a qui vont comme avec... Moi, je me décris comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je rentre dans une place, je prends toute la place, on sait que Charlie est là. Moi, je suis comme ça. C'est pas tout le monde qui est comme ça. Puis il a fallu que je travaille énormément là-dessus, dans mon approche, justement pour être capable d'amener ces jeunes-là à prendre la place qu'ils veulent avoir.
- Speaker #2
Puis je comprends. Puis des fois, ça peut faire peur aussi. L'éléphant Mais comment tu y arrives, toi, un jeune qui bloque complètement, il n'est pas capable de lever la main, poser une question, parce que ça revient tout le temps. Oui, mais j'ai peur qu'on me niaise. J'ai peur que... Tu sais, ils ne vont pas en avant parce que... bloc, y'a-tu quelque chose qui fait que tu peux faire pour les aider à...
- Speaker #0
Oui, les scénarios sociaux.
- Speaker #2
Ah bon, vas-y donc.
- Speaker #0
On utilise surtout cette Ausha avec la clientèle TSA, ceux qui ont un trouble du spectre de l'autisme, pour leur apprendre certains contextes de vie. Mais avec des jeunes neurotypiques, normal, j'aime pas ce terme-là, mais neurotypiques, je leur dis, c'est quoi le pays qui va arriver ? Ils vont rire de moi. « K, si il rit de toi, ça va changer quoi à ta vie ? » « C'est-tu lui qui t'évalue ou c'est le prof ? » « C'est le prof. » « Impressionne le prof. Le reste, on s'en fout. » Même dans certains cas... Je dis, « Hey, moi, j'aimerais ça venir te voir. »
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Je dis, « Sois bon, sois pas bon, plante-toi, donne tout ce que t'as, mais fais-le. » Puis si tu te plantes, apprends de tes erreurs. Puis si tu l'as, tu vas juste avoir appris à travailler avec tes forces et tes lignes.
- Speaker #2
Oui, parce que ce que tu dis, tu as raison, il est plus petit, je reviens là-dessus, mais... Ils ont moins de limites. C'est pour ça que j'ai toujours dit que c'est drôle au primaire. Les tout-petits, je leur dis « tu es le chat, tu es le chien » et c'est parti. On est en train de faire du théâtre. Plus ça vieillit, plus on bouffe le chat puis le chien, mais ça revient un jour. Mais il y en a aussi des jeunes, que j'ai remarqué, qui sont étiquetés aussi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Parce que moi, je me souviens que l'année dernière, on m'a dit « oh, cet enfant-là, il n'ira pas en avant. Il va falloir que tu ailles doucement avec lui. » Puis j'ai fait, OK, bien, l'examen est déjà passé, mais merci de l'information. Puis je lui ai dit, non, mais pour vrai, je veux dire, moi, je suis pas à tout le monde, tu sais, sur le même pied. Je comprends, il y en a qui ont... Mais ça l'a... OK, ça l'a paru parce qu'il y avait de la difficulté au niveau du langage, mais pour le reste, il l'a fait. Puis après ça, il a dit, oh, c'est pas facile, l'art dramatique. Mais il a continué. Puis moi, j'ai fait comme si de rien n'était, puis...
- Speaker #0
Parce que t'as adapté ton approche à la personne que t'avais devant toi.
- Speaker #2
Oui, mais moi, là, si on m'avait dit avant l'examen... Ah non, non, mais j'en refais pas. C'est rare que je change mes noms. Tu comprends-tu qu'il y en a qui font « Oh non, non, il ne peut pas cet enfant-là » . Je comprends que c'est difficile, mais attends, est-ce qu'on peut lui donner une chance ? Est-ce qu'on peut essayer de voir comment on peut… On est aussi dans le… On y va vers le bas, je trouve, beaucoup. « Ah non, mais on va le prendre à part. » Non, non, mais attends un peu, on va faire le contraire. Allons-y avec… Y a-t-il des jeunes dans la classe que tu aimes moins parce que tu t'en es intimidé ? En tout cas, je trouve que souvent, il ne peut pas, il ne peut pas, il ne peut pas. Mais une gardeline même, il ne pourra jamais non plus.
- Speaker #0
Mais ma première question, c'est tout le temps qu'est-ce qu'on peut faire pour l'amener à accomplir sa tâche ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Puis peu importe la venue que je vais prendre, moi, je vais arriver au résultat. Là, je vais reprendre ton exemple d'expose orale. Moi, s'il décide que j'aimerais mieux le faire devant trois personnes, offrons-lui cette Ausha.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Puis des fois... oui, effectivement, il ne faut pas ne pas le confronter. Un exposé oral, il faut que tu le fasses. Ça fait partie de ton rôle, de ton emploi, de ton travail. Puis j'emploie beaucoup le terme, ton rôle, ton travail d'élève, c'est quoi ? Malheureusement, les euros, ça en fait partie. Puis moi, je leur dis tout le temps, je leur sors une pile de papier puis je leur dis, ça ne me tente pas de remplir ces papiers-là. Ou ça ne me tente pas d'aller en rencontre pendant deux heures, je décroche. Puis je leur dis. Pourquoi tu le fais ? Parce que j'ai pas le choix. Comme toi, t'as pas le choix de faire ton exposé en valve.
- Speaker #2
Ouais, ben c'est bon. Tu ramènes à toi, dans ta vie, c'est des vraies affaires.
- Speaker #0
Parce que souvent, les enfants aussi vont penser... Automatiquement, ils vont se dire, là-dessus, tu me comprends pas.
- Speaker #2
Ben oui.
- Speaker #0
Il a jamais été à ma place. Mais c'est pas ça.
- Speaker #2
Ben non, on n'est pas à Paris. Ah, à 30 ans, on apparaît On est ici,
- Speaker #0
là Oh my God Si j'avais pas vécu ce que j'ai vécu, j'entrais pas où je suis aujourd'hui. Effectivement Il a fallu que je me retrouve à des portes fermées pour être capable de... d'avoir le brin de folie que tu as vu dans mon approche auprès des jeunes.
- Speaker #2
Oui, mais tu as su aussi probablement t'écouter là-dedans. Tu n'étais pas fermé, il y a eu quelque chose qui s'est passé. J'ai comme l'impression que ce n'est pas tous les adultes qui le font non plus. Non. Mais toi, tu as eu quand même…
- Speaker #0
J'ai déjà eu à dire à des enseignants, puis on n'était pas d'accord du tout dans l'approche, il a fallu que je leur dise qu'on n'est plus dans les années 80, on n'est plus dans les années 50.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
On a évolué.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Fait.
- Speaker #2
Oui. Tu sais, tu restais en contact avec...
- Speaker #0
Ofcam.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Bien oui, on est restés en contact. Je fais des...
- Speaker #2
Dis-moi donc, les jeunes qui ont peur de tout ça, du jugement, de ce qu'ils projettent, d'où tu penses que ça part, ça ? Moi, c'est sûr qu'il y en a qui ont moins peur, puis il y en a d'autres qui ont tellement peur que ça les bloque. Ça part de où ? As-tu une idée ?
- Speaker #0
À la base, c'est des adultes. On parle d'enfants 0-5 ans, les seuls adultes qui voient réellement, c'est son entourage proche.
- Speaker #2
C'est là que ça se passerait, tu penses ?
- Speaker #0
Dans certains cas, oui, de ce que j'ai vu. Rendu à l'école, l'influence des pères embarque aussi. Je n'arrête pas de le dire, tout est interrelié. Si, mettons, quelqu'un qui fait du théâtre, qui est très introverti, se retrouve dans un groupe de sportifs assez bien calés, Mais il ne sera pas capable, il ne voudra pas prendre sa place parce qu'il ne se sentira pas qu'il fait partie du groupe.
- Speaker #2
Effectivement, ça fait que c'est beaucoup plus difficile, puis la peur du jugement va être exacerbée. Ah ouais, mais on fait quoi dans ce temps-là ?
- Speaker #0
On offre le menu individualisé.
- Speaker #2
Ah oui, c'est ce que tu disais tantôt, moi.
- Speaker #0
Non, mais on essaie justement, dans le meilleur des cas, on essaie de le payer avec des jeunes qui ont des intérêts semblables à lui.
- Speaker #2
Ouais, OK.
- Speaker #0
Surtout dans un contexte scolaire, mais sinon, pour l'aider à prendre sa place, c'est peut-être essayer lui aussi de le sortir de sa zone de confort pour voir, Je me pensais pas bon, mettons, au football. Bien, finalement, je suis pas pire. Je m'intègre bien dans le groupe. Tu sais, c'est d'inciter les autres aussi, hein ? « Hey, on a quelqu'un qui va être dans la gang. Apprenez-lui. »
- Speaker #2
Bien oui. Puis là, on est dans le contexte scolaire. Mais mettons qu'on a un parent qui vit ça avec son enfant, qui s'en rend compte, qui le voit. Quel conseil tu peux donner à un parent ou dans l'entourage du média, autre qu'à l'école, qui pourrait aider l'enfant à essayer de faire... Un petit peu, quelque chose de plus pour être capable de sortir de cette peur-là qui pourrit la vie, souvent.
- Speaker #0
C'est toute une question qui n'est pas facile parce qu'il n'y a pas de réponse universelle à ça. C'est d'écouter son enfant, de répondre dans ses besoins. La question, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider avec ta timidité, ta peur du jugement ? Qu'est-ce que je peux faire ? Ils ont la réponse, sauf que des fois, ne pas leur poser, c'est de garder la porte fermée.
- Speaker #2
OK. Bon, mais premièrement… Des fois,
- Speaker #0
il y en a qui ne le sauront pas.
- Speaker #2
Non, non, mais d'ouvrir la discussion.
- Speaker #0
Puis souvent, je ramène tout le temps ça au contexte scolaire, je vais te donner un exemple. Moi, j'ai un jeune, l'école, il était en troisième année quand je l'ai accompagné, l'école, ce n'était pas fait pour lui.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Fait que, out of the box, il y avait des moments dans la journée où est-ce qu'ils pouvaient venir avec moi. Puis ce qu'on faisait, c'était des travaux manuels.
- Speaker #2
Ah oui.
- Speaker #0
Je ne t'ai pas supposé, mais...
- Speaker #2
Non, mais les travaux manuels, tu peux faire des maths avec ça. Tu peux les faire en anglais. J'ai tout le temps dit que, tu sais, mettons, faire même la cuisine. Hey, c'est merveilleux ça. Une demi-tasse, un quart de tasse. Fais-la en anglais, fais-la en espagnol. Fais-la en... Tu sais, je veux dire...
- Speaker #0
Puis ce qui arrive, c'est souvent... Moi, dans le cadre de mon rôle, je suis capable d'offrir cette approche individualisée-là. Un enseignant a un mandat précis. Je dois apprendre maths, français, anglais, puis toute la panoplie de matières qui s'en suit. Il n'y a pas le choix. C'est le cadre qui lui oblige ça. Mais sans l'enseignant de ce contexte-là, il serait capable de l'amener aussi plus loin.
- Speaker #2
Oui, puis l'enseignant, il en a toujours une vingtaine devant lui. C'est plus difficile aussi de faire de l'individuel. Tandis que toi, tu peux te permettre d'aller rechercher le potentiel de cet enfant-là, mais de le prendre à part.
- Speaker #0
Puis de l'accompagner à petite dose aussi.
- Speaker #2
À petite dose, un pas à la fois, effectivement.
- Speaker #0
Il y en a, il faut que tu les confrontes. D'autres, il faut que tu amènes ça à petite dose.
- Speaker #2
Bien oui, je comprends. Là, je regarde ici, je vais essayer de trouver des questions autres, parce que tu réponds spontanément à tout ce que j'avais déjà préparé. C'est fantastique Qu'est-ce que tu conseillerais ? Ah Une bonne question. Est-ce que t'as... Oui, ça doit dépendre de chaque enfant, j'en confirme. Est-ce qu'il y a des signes que tu vois chez des enfants qui sont des signes précurseurs de « Oh, attends un peu, lui, plus ça va, plus je vois qu'il se referme, qu'il a peur... » Est-ce que t'as des signes physiques où, je sais pas, il mange plus, je sais pas. As-tu des exemples à me donner d'enfants où ce que là... Oh, attends, lui, là, ça commence. On ne sait pas pourquoi, mais il y a de quoi qui passe.
- Speaker #0
On peut associer ça à certains traits, des fois, dépressifs. L'enfant va se renfermer, l'enfant va avoir moins d'appétit, l'enfant peut être aussi plus dans les conflits. L'enfant, exemple, un enfant hoppe la vie, qui est tout le temps de bonne humeur, il va souvent être plus triste, plus solitaire, moins bavard. C'est tous des signes qui vont nous permettre de déceler ça. Des fois, là, c'est là que ça devient tout un casse-tête d'essayer de comprendre pourquoi. Puis c'est là que... Moi, où est-ce que je rentre en poste ? C'est pas le bon terme.
- Speaker #2
En ligne de compte ? Oui, d'accord, ça me fait plaisir.
- Speaker #0
Où est-ce que je rentre en ligne de compte ? C'est que je peux essayer d'amener l'enfant à, justement, compléter le casse-tête. Je dis tout le temps, chaque problème est un image. C'est un casse-tête. Si tu n'as pas tous les morceaux, comment tu peux l'assembler ton casse-tête ? Puis les enfants sont comme, j'aime pas les casse-têtes. Là, après ça, je leur explique.
- Speaker #1
Oui, j'en ai... Oui, oui, oui. Mais là, il doit y avoir des jeux que tu peux... Tu sais, des genres de casse-têtes qui doivent faire... Tu sais, si mettons, les casse-têtes, tu n'aimes pas ça, bien... OK, bien, un exemple de jeu que tu peux avoir sur ton cellulaire que tu préfères en sorte que tu comprends.
- Speaker #0
Mais je vais surtout travailler avec... Des fois, je vais être plus dans l'abstrait. Les jeux, mettons, il existe beaucoup les jeux, la cote et compagnie pour aider l'enfant. Non. Je vais vraiment essayer de travailler la perception.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Je dis tout le temps, oui, mais là... Il s'est chicané, mettons, il revient, il ne sent pas bien, il se dit, non, pas le problème, il y a tout le temps deux personnes. Qu'est-ce que tu as fait ? Mais là, non, non, ce n'est pas le même, je le vois. Puis, exemple, je prends mon téléphone. Je dis « Qu'est-ce que tu vois ? Dis-moi ce que tu vois là. » Elle va dire « Je vois une pochette noire. Moi, je vois de quoi d'orange. Parce que mon écran est orange. » Juste d'amener la compréhension, remettre les pièces à la bonne place, justement pour améliorer la perception de l'enfant à ce niveau-là.
- Speaker #1
J'aime ça parce qu'effectivement, tu leur parles, tu leur donnes des exemples concrets. Je retiens que tu sais des exemples concrets, des choses que tu as vécues ou des choses... par rapport à toi, c'est des trucs qui peuvent aider l'enfant parce que si tu vois des signaux déjà qui te mettent... En tout cas, ça te donne... ça te sonne une alarme. Tu fais « Oh, attends un peu, on va le ramener. » Puis là, d'essayer de parler, de donner des exemples de choses, puis après ça, parler de toi. « Oh, là, il sent que t'es un humain. » Parce que je pense qu'il y a ça aussi. S'il sent que t'es un être humain, qui n'est pas juste comme... Je ne suis pas un robot.
- Speaker #0
Je n'ai pas des compartiments. J'ai des émotions comme tout le monde. Puis j'en ai un, justement. Écoute, un moment donné, il est arrivé. Il s'exprimait avec tous les jurons possibles. Ça a duré 45 minutes. Je l'ai laissé ventiler. On était à peu près à la même distance que toi puis moi, on est en ce moment. Puis là, un moment donné, il dit, « Pourquoi tu réponds pas ? »
- Speaker #1
Avec cette voix-là ?
- Speaker #0
Non. OK,
- Speaker #1
bon, parfait.
- Speaker #0
Non, je... Là, je dirais pas oublié, mais... Bien, je dis... Puis un moment donné, il y en a un, il fallait que je le confronte. Si moi, ça fait 40 minutes que j'ai décroché, puis ça fait 40 minutes que j'entends... Ouf
- Speaker #1
Ouf Oui, d'accord.
- Speaker #0
Puis ça l'a franchi Oui. Pourquoi tu dis que je suis un chien ? Parce que tu m'engueules comme si je suis un chien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Depuis tantôt. Oh Mais là, c'est pas ça que je voulais. La perception, encore une fois. Je l'ai laissé sortir, le méchant. Ah oui ? Il s'est fatigué tout seul.
- Speaker #1
Puis tu as ramené ça à la garde ? Ben, c'est ça, tu as fait le jeu du miroir, regarde, c'est parce que moi je recevais ça, là, tu sais. Ah ouais, c'est pour ça que je voulais. Hé, il est assez fascinant.
- Speaker #0
Pis souvent, là aussi c'est mon aspect théâtrale qui est en bas, je vais leur faire ce qu'ils me font.
- Speaker #1
Ah oui, tu vas les mordre,
- Speaker #0
tu les mordes. Non, non, non. Dans le verbal, je vais me permettre de leur faire devant eux.
- Speaker #1
Oui, regarde.
- Speaker #0
Ouais. C'est déjà arrivé qu'un parent est rentré et qu'il se demandait pourquoi je sacrais. C'est une mise en contexte. Il a fallu que j'explique. Mais ceux qui me connaissent comprennent mon approche. Je ne surprends pas personne quand je prends ma voix au perché comme ça et que je m'aime à imiter l'enfant.
- Speaker #1
C'est ça, tu n'es pas en train de liésir. Non,
- Speaker #0
non, non. Je le dis à l'enfant. Tu vas voir, je n'essaie pas de t'imiter, je n'essaie pas de me moquer. j'essaie de te faire voir ce que tu me fais vivre pendant ce moment-là.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #0
Je m'imprègne de la personne qui est devant moi pour refléter, justement.
- Speaker #1
Vraiment bien. Écoute, wow Je continuerai sur cette lancée pendant trois heures, mais toute bonne chose a une fin, ça a l'air. Donc, Charles, je veux te remercier, franchement, d'être là avec nous. Merci beaucoup. Est-ce que tu as... préparer ou pas préparer en improvisation un petit mot de la fin. Un petit... Écoute, si j'avais un conseil à te donner ou un conseil aux parents ou... Tu sais, mettons, le spontanément, là, ressort tes skills d'improvisateur.
- Speaker #0
Restez à l'affût des signes. Écoutez ce que votre enfant vous dit.
- Speaker #1
Oui, ok.
- Speaker #0
Ce qu'il vous dit et les noms dits rattachés à ce qu'il dit.
- Speaker #1
Ouais. Hé, là, on rentre dans le sous-texte du théâtre. Écoute, on n'est pas là pour la tête, mais oui, je comprends ce que tu me dis.